02 avril 2017

Kadima Lutulu et Kadima Lubilu

chanteur de xylophone

Au temps d’avant, deux grands musiciens vivaient dans un village. L’un s’appelait Kadima Lutulu et l’autre Kadima Lubilu. Kadima Lutulu était connu pour son calme, organisant toujours ses concerts avec minutie et faisant toujours tout pour satisfaire son public. Kadima Lubilu, lui, c’était un homme agité qui ne terminait pas ses concerts. Il enchaînait souvent ses chansons rapidement, l’une après l’autre et disparaissait avant même l’heure prévue.

Un bon matin, Kadima Lutulu se leva et dit à son entourage : « Je m’en vais jouer chez le bon Dieu ». Ainsi commença son voyage. En cours de route, pendant qu’il traversait les villages, les gens qui le connaissaient, le voyant avec son xylophone, lui demandaient :

-          Où vas-tu ainsi Kadima Lutulu ?

-          Je m’en vais jouer ma musique chez le bon Dieu ; Chez le bon Dieu, je vais jouer ma musique pour le louer !

-          Mais aurais-tu l’amabilité de nous faire écouter ce que tu vas jouer au bon Dieu ?

Alors, Kadima Lutulu installait calmement son xylophone et jouait aussi longtemps que ses congénères le souhaitaient. Sa voix mélodieuse et le rythme endiablé du xylophone les enivraient et ils en réclamaient davantage : « bis, bis, bis ». Et Kadima Lutulu de jouer au point même d’oublier son voyage. Enfin, il reprenait sa route vers le pays du bon Dieu où il finit par arriver après plusieurs jours de route.

-          Seigneur Dieu, Je viens de mon village ici chez toi pour chanter ta gloire et te louer. C’est cela l’objet de ma présence ici chez toi. Je chanterai aussi longtemps que tu voudras, mon créateur, si tu me le permets.

-          Que ta volonté soit faite, mon fils !

Le bon Dieu donna à Kadima Lutulu un endroit où il s’installa avec son xylophone et commença à jouer. Pendant quatre jours, il joua, du matin au soir, de son xylophone et chanta en honneur du bon Dieu. Au quatrième jour, ce dernier vint le remercier. « Je suis ravi de ta musique, mon fils. Maintenant, il est temps pour toi de rentrer dans ton village »

Le bon Dieu remit deux mottes de terre à Kadima Lutulu comme cadeau et lui dit : Quand tu arriveras dans ton village, casse ces mottes de terre, l’une après l’autre. Et tu verras ce qui en sortira. C’est ça le cadeau que je te donne, mon fils.

Kadima Lutulu prit les deux mottes de terre, remercia le bon Dieu et retourna dans son village. Étant arrivé, il convoqua ses concitoyens,  leur fit rapport de son voyage et montra les deux mottes de terre reçues du bon Dieu. Suivant les instructions reçues, il cassa l’une par terre et voici, il en sortit des vaches, des chèvres, des moutons, des poules, des canards, des dindons, des pigeons, des pintades, etc. De la deuxième motte sortit des jolies femmes aux longs cous et aux bassins larges, des jeunes filles et des jeunes garçons, beaux comme des anges. Kadima Lutulu les distribua à tous ses congénères qui en furent très contents.

Le jour suivant, Kadima Lubilu se leva de bon matin et dit à son entourage : « Moi aussi, je m’en vais chez le bon Dieu. Vous verrez, il me donnera beaucoup plus que ce qu’il a donné à Kadima Lutulu ». IL commença son voyage. Lorsqu’il traversait les villages, les gens qui le connaissaient, le voyant avec son xylophone, lui demandaient :

-          Kadima Lubilu, tu vas où comme ça ?

-          Je m’en vais jouer chez le bon Dieu, chez le bon Dieu, je vais jouer ma musique pour le louer.

-          Aurais-tu l’amabilité de nous faire écouter ce que tu vas jouer au bon Dieu ?

-          Je n’ai pas beaucoup de temps, je suis pressé d’arriver chez le bon Dieu, maugréa-t-il.

-          S’il te plaît, Kadima Lubilu, fais-nous écouter ne fût-ce que quelques chansons, insistaient-ils 

Alors, à contre cœur, Kadima Lubilu installait en hâte son xylophone et leur jouait rapidement quelques extraits des chansons.  Lorsqu’ils lui demandaient de rejouer certains morceaux, il leur rétorquait : « La route est encore très longue devant moi » et hop ! Il reprenait son xylophone et le voilà sur la route vers le pays du bon Dieu.

Arrivé chez le bon Dieu, il lui dit : « Seigneur, je viens ici chez toi pour chanter en ton honneur. Mais je ne resterai pas longtemps. Demain déjà, il faudra que je rentre chez moi. » Le bon Dieu lui dit : « Que ta volonté soit faite, mon fils » et lui indiqua une place pour installer son instrument et commencer sa musique. Il joua toute la journée et le lendemain, comme il l’avait dit, il arrêta sa musique et rangea son xylophone. Le bon Dieu vint, le remercia et lui remit aussi deux mottes de terre. « Quand tu arriveras dans ton village, tu les casseras par terre, l'une après l'autre. C’est mon cadeau pour toi, mon fils. Kadima Lubilu arracha les mottes de terre de mains du bon Dieu et se mit à courir vers son village. Il arriva, essoufflé, et convoqua les villageois : Venez vite voir les cadeaux que le bon Dieu m’a donnés. Tout le monde accourut, petits et grands, pour voir ce que ramenait Kadima Lubilu. Il cassa la première motte par terre. Il en sortit des guêpes, des abeilles, des fourmis et des serpents venimeux qui se répandirent dans la population et les piquèrent. De la deuxième motte, sortirent des lions, des léopards, des renards, des crocodiles et tous les prédateurs qui se jetèrent sur les villageois, les poursuivirent et tuèrent plusieurs d’entre eux dans leur fuite.

Moralité : Dans la vie, il faut savoir cultiver la patience pour mieux vivre. L’agitation n’apporte que malheurs et regrets.

Lu pour vous dans "la notion de Dieu chez les Balubas du kasai" par le P.R. Van Caeneghem et réécrit par nous.

Lumbamba Kanyiki

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03 mars 2017

Le règne du Chien et du Lièvre

 

le chien et le lièvre

Tous les animaux vivaient sans roi à cette époque-là. Ils avaient limogé leur roi léopard, jugé trop violent et moins intelligent pour être roi. La force physique seule ne suffit pas à être roi! Par ailleurs, leurs ennemis communs, les humains les chassaient régulièrement et les poussaient plus loin, dans les contrées où il était difficile de trouver à manger et à boire. Un grand rassemblement de tous les animaux fut convoqué afin de discuter de la situation. Ils convinrent de se choisir un roi ; celui-ci devait être un bon connaisseur de la race humaine et aussi un négociateur avéré.  Au dernier tour des élections, ils restèrent deux : le Chien et le Lièvre. La majorité des animaux portèrent leur dévolu sur le Chien, jugé plus proche des hommes et capable de défendre leurs intérêts chez ces derniers. Le lièvre fut très déçu à l’annonce de la décision des autres animaux. La réunion terminée, tous les animaux se retirèrent chez eux. Quelques mois plus tard, La saison sèche, qui suivit à la saison de pluie, dura plus longtemps. Partout jusqu’à perte de vue, les plaines étaient asséchées, car, du ciel gris ne tombait aucune goutte d’eau. Les squelettes des arbres offraient un spectacle désolant ; les animaux, maigres, affamés et déshydratés allaient chercher plus loin la nourriture et de l’eau à boire. Comment conjurer le mauvais sort ? Ils vinrent cette fois auprès de leur chef et lui demandèrent de convoquer un grand rassemblement afin de discuter de la famine persistante qui risquait de les tuer tous. Tout le monde répondit à l’appel. Mais le roi Chien constata que le Lièvre n’était pas avec eux. « Où est le Lièvre » demanda-t-il ? Les autres répondirent qu’il n’était pas encore là. Ils attendirent pendant longtemps avant de commencer la réunion. Quelques instants plus tard, ils virent deux longues oreilles, dépassant l’herbe sèche, avancer en faisant des petits bonds rapides vers le lieu du rassemblement. C’était le Lièvre. Sur son épaule un grand sac. « Pourquoi est-ce que tu es en retard ? » demanda le Chien ? Je viens de consulter  le vieux sage afin de conjurer le mauvais sort qui s’est abattu sur nous ». Le Chien s’empressa d’en savoir plus : 

- Et que t'a-t-il dit, le vieux sage ?

- Il m’a donné un remède pour conjurer le mauvais sort.

Joignant le geste à la parole, il plongea sa main dans le sac, en sortit un gros vieil os qu’il jeta devant le Chien. Celui-ci sauta du podium où il se tenait et se jeta sur l’os sous les regards étonnés des autres animaux. Ils le désavouèrent, le jugeant trop gourmand et égoïste pour être roi. A sa place, ils désignèrent le Lièvre comme leur nouveau roi..

A partir de ce jour-là, le Chien et le Lièvre devinrent des pires ennemis, le Chien cherchant toujours à récupérer le pouvoir que le Lièvre lui avait ravi par ruse.   

Lumbamba Kanyiki

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16 juin 2016

Conte: Dijiba échappe au lion

Dijiba devait se rendre avec sa famille chez son oncle dans un village éloigné pour une fête de mariage. Une de ses cousines allait se marier. Le village où son oncle habitait était à deux heures de marche, séparé de la sienne par une grande brousse. Son père, le vieux Dijiba lui dit : Attends-nous ! Ta mère et moi allons d’abord rendre une courte visite à ton grand-père qui est malade. Ensuite, nous ferons le chemin ensemble. Cette brousse est très dangereuse pour que tu fasses seul ce trajet. Mais Dijiba qui voulait au plus vite revoir ses cousines qu’il n’avait pas vues depuis plusieurs mois, refusa la proposition de son père. « Vous me trouverez là-bas ; vous marchez lentement et moi, j’ai hâte de revoir mes sœurs ». Alors, son père lui proposa, de nouveau, de prendre son fusil avec lui, mais le petit refusa: « Le fusil est trop encombrant. De toutes les façons, ca fait longtemps qu’on ne rencontre plus de prédateurs sur le chemin. Ils s’en sont allés loin dans la forêt, fuyant les humains ». Sur ces mots, Dijiba prit son sac dans lequel il avait rangé son joli costume, sa belle chemise blanche et ses chaussures pour la fête et commença son voyage.

Après une longue marche, il était très content de voir au loin les toits des cases d’où s’échappaient, des légères fumées blanchâtres qui disparaissaient dans le ciel. Il accéléra sa marche lorsque tout à coup, il entendit tout près de lui le rugissement d’un lion. Pris de panique, il regretta de n’avoir pas pris son fusil comme son père le lui avait proposé. Il regarda autour de lui et ne vit que des roches qui ne pouvaient être d’aucune aide en cas d’attaque du fauve. Il se pencha et en ramassa une de la taille d’un poing. Mais lorsqu’il se releva, il aperçut à sa droite un phacochère, très gros et puissant prêt à bondir ; à sa gauche, deux yeux bruns foncés l’observaient et lui et le phacochère, se demandant lequel de deux il allait prendre en chasse. Juste en ce moment-là, un aigle surgissant de nulle part vint effrayer le phacochère qui se mit à courir à toute vitesse. Le lion, attiré par la brusque débandade du phacochère se lança aussitôt à sa poursuite. Dijiba, apeuré, abandonna son sac et s’enfuit vers le village.

Quelle ne fut pas sa surprise en y rencontrant son père et sa mère en train de causer paisiblement avec son oncle et sa tante devant leur case. Comment êtes-vous déjà arrivés ici ? Demanda-t-il, étonné, à ses parents. Pour toute réponse, son père lui jeta son sac à ses pieds en lui disant : Tu devras à l’avenir faire beaucoup attention. Tu n’auras pas toujours la même chance qu’aujourd’hui.

J’ai demandé à Mulekelayi  qui m’avait raconté ce conte : « Peux-tu m’expliquer comment les parents de Dijiba sont arrivés chez son oncle avant lui alors qu’ils avaient d’abord rendu visite à son grand-père malade? » « Dans les temps anciens, me répondit Mulekelayi, les initiés se déplaçaient dans les airs assis sur un petit tapis qui prenait la forme d’un oiseau pour les communs des mortels. Un voyage effectué sous cette forme n’était lié ni au temps ni à l’espace. Mais cette pratique tend à disparaître aujourd’hui parce que cette génération s’est prostituée et a renié ses propres racines.

Alors, faites attention ! A chaque fois que vous verrez des oiseaux en train de voyager sur vos têtes, dites-vous que ce ne sont, peut-être, pas de vrais oiseaux, mais des humains sur des petits tapis volants !

Lumbamba Kanyiki

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09 mars 2016

Boucle d'Or et les trois ours

trois ours et boucle d'or

Les trois  ours vivaient dans leur maison dans la forêt. Les trois, c'était l'ours père, l'ourse mère et leur fils, l'ourson fils. Un jour, les ours s'assirent à table pour prendre une bouillie, mais elle était trop chaude. Ils sortirent se promener dans la forêt, le temps que la bouillie se refroidisse. Pendant qu'ils étaient partis, vint une petite fille appelée Boucle d'Or. Elle vit la maison et s'en approcha. A travers la fenêtre, elle remarqua que personne n'était présente. Elle ouvrit la porte et entra.  

Boucle d'Or entra dans la cuisine et découvrit la bouillie. Elle avait très faim et la bouillie était son mets préféré. D'abord, elle essaya la grande assiette que le père ours avait laissée. "Uh", cria Boucle d'Or, "Elle est trop chaude. Je ne peux pas la manger". Ensuite, elle essaya l'assiette moyenne, celle que la mère ourse avait laissée, mais elle était trop froide. Enfin, elle essaya la plus petite qui appartenait au fils ourson. "Voilà, celle-ci est parfaite", cria Boucle d'Or et mangea toute la bouillie.

Alors, Boucle d'Or se décida de rester un peu et, jetant un regard autour d'elle, elle découvrit trois chaises. La première était trop dure, l'autre trop molle, mais la troisième était parfaite. Boucle d'or s'en approcha et s'assit, mais la chaise se rompit! Boucle d'Or tomba à travers la chaise par terre! Elle pleura un peu, se remit debout et se dit:" Maintenant, je dois trouver un autre endroit pour m'asseoir confortablement."

Boucle d'Or entra dans la chambre qu'elle trouva et vit trois couchettes des ours. "Voilà, voilà" se dit-elle, "C'est le bon moment de faire une petite sieste". Elle s'approcha des couchettes. La première était trop vieille. La seconde était trop sale. Et la troisième était parfaite, et Boucle d'Or se coucha dans la couchette. Elle était si gracieuse que Boucle d'Or s'endormit aussitôt.

Les trois ours ne tardèrent pas à rentrer pour manger leur bouillie. Le père ours contempla la cuillère dans sa bouillie et s'ecria "quelqu'un a mangé ma bouillie!" La mère ourse contempla aussi sa bouillie et cria: "quelqu'un a aussi mangé ma bouillie." Alors, Le petit ours regardant son assiette vide pleura: "Quelqu'un a mangé ma bouillie et a mangé toute ma bouillie!"

Alors, les ours, affamés et très en colère, remarquèrent leurs chaises. Le père ours dit, "Quelqu'un s'était assis dans ma chaise!" Et la mère ourse dit aussi, "quelqu'un s'était assis dans ma chaise" Et le fils ourson, voyant sa chaise cassée, pleura, inconsolable "quelqu'un s'est assis dans ma chaise et a même cassé ma chaise!".

Le père ours dit aux autres, "Il se peut que notre voleur soit encore dans notre maison. Nous devons regarder partout." "Exact, exact" répondirent la mère et le fils.

Tous les trois entrèrent dans la chambre et contrôlèrent leurs couchettes. "Quelqu'un s'était couché dans ma couchette", dit le père ours d'une grande voix. "Et quelqu'un a dormi aussi dans ma couchette", dit la mère ourse. Le fils ourson inspecta aussi sa couchette et vit Boucle d'or qui dormait. "Voilà! Voilà!" cria le petit ours, "Quelqu'un s'était couché dans ma couchette et y est encore!"

Boucle d'Or qui dormait profondément se réveilla en sursaut et vit les trois ours. Ils étaient très en colère et criaient sur elle. Tout celui qui pouvait voir les ours crier ainsi ne devait être que terrifié! Boucle d'Or était si terrifiée qu'elle courut en rond dans la chambre et sauta par la fenêtre. Elle s'enfuit si vite qu'elle ne revint plus jamais à la maison des trois ours.

Les trois ours préparèrent encore beaucoup de bouillie, ils réparèrent la chaise du petit ours et vécurent plus heureux chez eux. C'était le conte de Boucle d'Or et les trois ours.

D'après le texte en latin: Auricoma et tres ursi

Traduction: Lumbamba Kanyiki

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13 septembre 2015

L’excellent nageur chez le bon Dieu (Mombedi wa dilambu kwa Nzambi)

L’excellent nageur ( mombedi wa dilambu) se trouvait débout au bord d’une grande rivière. Le narrateur ne nous dit pas ce qu’il y faisait. Toujours en est-il qu’ il eut un fort glissement de terrain qui entraîna notre nageur dans la rivière. Il n’eut aucune inquiétude puisqu’il savait nager. Il se mit alors à nager, cherchant un bon endroit par où il pouvait sortir de l’eau.

Pendant qu’il nageait, d’autres personnes qui étaient sur le rivage le virent dans l’eau. Ils lui tendirent une longue perche afin de le sortir de l’eau. Mais notre nageur repoussa leur offre : « Ne vous en faites pas ; je trouverai un bon endroit par où je pourrai sortir de l’eau ». Il continua son chemin, en train de nager. Un peu plus loin, il rencontra des voyageurs dans leur pirogue. Ceux-ci se rapprochèrent de lui : « Monte, camarade ; nous te ramènerons au rivage ». L’excellent nageur refusa de nouveau : Ne vous en faites pas; je trouverai un bon endroit par où je pourrai sortir de l’eau ». Les voyageurs s’en allèrent et disparurent. L’excellent nageur continua son chemin, jetant un regard à gauche, jetant un regard à droite, à la recherche d’un bon endroit pour sortir de l’eau. Tout à coup, il entendit un bruit de moteur au-dessus de lui. C’était un hélicoptère qui volait par là, au-dessus de la rivière. L’ayant aperçu, le pilote ordonna à son équipage de lui lancer une corde pour le repêcher. Mais notre nageur refusa net. Par gestes de la main, il lui montra qu’il n’avait pas besoin d'aide. Il allait s’en sortir par lui-même. Ceux-ci continuèrent leur chemin.

Après avoir nagé des heures durant, sans trouver un bon endroit par où il pouvait sortir de la rivière, le pauvre nageur manqua des forces et mourut, noyé. Son âme fut transportée chez le bon Dieu. Fâché, il demanda au bon Dieu : « Toute ma vie, je n’ai fait que te prier et respecter tes préceptes. Alors, pourquoi n’es-tu pas venu à mon secours lorsque j’étais dans la détresse ? » Le bon Dieu lui répondit : « Je suis venu à ton secours à trois reprises ; tu n’as pas voulu de mon aide ! ». « C’est pas vrai », rétorqua le nageur, "Je ne t’ai pas vu à mon secours" . Tout souriant, le bon Dieu lui rappela la perche tendue par les gens sur le rivage, les voyageurs dans la pirogue et l’équipage de l’hélicoptère. Notre nageur resta bouche bée!

Le bon Dieu reprit la parole et dit à l’excellent nageur qu’il se manifestait chez ses enfants de plusieurs façons : Il se manifeste dans les pauvres, les orphelins et les veuves à la recherche d’un toit, à la recherche de quoi manger et de quoi se couvrir les corps ; il se manifeste dans l’assistant social qui apporte de l’aide aux indigents ; il se manifeste dans l’infirmière et le docteur qui soignent les malades ; il se manifeste dans l’avocat qui défend les opprimés; il se manifeste dans un passant que l'on croise sur la route, qui nous réchauffe le coeur d'un bon sourire et nous dit seulement bonjour. « N’attendez pas que je vienne comme vous le voulez, vous, car personne ne peut me voir et continuer à vivre ». 

Ce conte m’a été raconté par Klari Kabasele Luambila en Belgique. A bon entendeur, salut !

 

Lumbamba Kanyiki   

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29 août 2015

Le diable et le chevreau

Il y a beaucoup de milliers d’années que les hommes se racontent toujours ce conte écrit en latin. Nous l’avons traduit pour vous.

Autre fois, la chèvre vivait avec son chevreau en forêt. Un jour, la chèvre, qui voulait sortir pour chercher de la nourriture, dit au chevreau:

-  Reste dans la case et garde bien la porte fermée. Il est très dangereux de circuler dans la forêt. En effet, le diable, notre pire ennemi, y habite et            souvent, il se transforme en loup. Attends-moi ici ! Je dois aller chercher de quoi manger. Tu ne sortiras à aucun moment de la case de peur que le diable ne t’attrape. Alors, la chèvre s’en alla.

Le chevreau gardait toujours dans sa tête les paroles de la chèvre. Il l’attendait depuis plusieurs heures et la peur le gagnait petit à petit. Soudain, le loup s’approcha de la case et frappa à la porte. « C’est moi, ouvre la porte », dit-il au chevreau en imitant la voix de sa mère.

Mais le chevreau était malin. Il jeta secrètement un coup d’œil par la fenêtre et vit le loup. Alors, il lui répondit : « Va-t-en ! Tu n’es pas la chèvre, car je vois le loup ! Je suis sûr que tu es le loup qui es là, débout devant notre case ! »

Ainsi, le chevreau put se protéger contre tous les dangers que représentait le loup. Par contre, ce dernier, très en colère, se retira dans la forêt.

Moralité : Les enfants qui obéissent aux parents vivent longtemps.

Traduit du latin par L. Kanyiki

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17 août 2015

Il y a toujours un plus fort que soi

L’écureuil descendit du palmier où il mangeait ses noix de palme et se rendit à la rivière pour se désaltérer. C’était par un après-midi nuageux.  Pendant qu’il était penché et buvait de l’eau, il fut dérangé dans sa quiétude par un bruit insolite derrière lui. Le bruit des frottements de feuillage glissant sur un corps qui s’émeut prudemment. Inquiet, il se retourna pour se retrouver en face de deux yeux bruns et féroces qui lançaient des éclairs. L’hyène qui passait par là comme par hasard le regardait d’un air de reproche.

-          Qu’est-ce que tu fais sur mon domaine ?», lui  demanda-t-il.  

-           Je voulais juste étancher ma soif, oncle, lui répondit l’écureuil.

Pendant que les deux discutaient, le boa qui était à un arbre non loin de là observait la situation et pensa à en tirer profit. Il descendit tout doucement et se rapprocha d’eux, sans faire du bruit. Mais ni le boa, ni l’hyène et ni l’écureuil ne remarquèrent le bout de la tête qui flottait sur la rivière et avançait vers le rivage.

-          Tu n’as pas le droit de passer sur mon domaine et surtout pas de boire mon eau !, dit l’hyène à l’écureuil. Avant que ce dernier ait répliqué, Il sauta sur lui et en fit une bouchée.

Après avoir englouti le pauvre écureuil, l’hyène sentit un mouvement bizarre derrière lui. Curieuse, elle se retourna prudemment pour se retrouver en face d’un gros boa qui l’observait.  

-          Qu’est-ce que tu fais sur mon domaine ?, lui demanda le boa, tout furieux.

-          Je voulais juste me désaltérer, oncle, excusez-moi !, lui répondit l’hyène.

-          Tu n’as aucun droit de venir vaquer sur mon domaine. Tu vas payer chèrement, pauvre téméraire !

Mais au moment où le boa allait monter à l’attaque, il vit l'hyène disparaître dans le fond de la rivière. Il fut happé par le crocodile que ni le boa, ni l’hyène n'avaient vu venir. Le boa jura entre les dents. Fâché et déçu, il se retira dans la brousse qui bordait la plage et se cacha. On ne sait jamais ! Tout était de nouveau calme sur le rivage.

Quelques instants plus tard, le soleil apparut dans un ciel bleu, jetant ses rayons doux sur toute la plage. Tout à coup, le crocodile sortit de l’eau et voulut prendre un bain de soleil. Il vint se coucher dans le sable chaud et ferma les yeux. Ce fut une erreur fatale de sa part. Le boa qui n’était pas loin chargea et attaqua le crocodile. Un combat acharné s’engagea entre les deux. Le boa cherchant à s’enrouler autour du crocodile pour l’étouffer et le crocodile mordant le boa et le repoussant de ses pattes pour l’empêcher d’avoir une prise sur lui. Au bout des quelques heures que dura le combat, le boa réussit à prendre le crocodile par la gueule et s’enroula tout autour de lui. La mort du pauvre crocodile n’était désormais qu’une question de temps.

Non loin de là, un chasseur et son fils, ayant parcouru forêts et savanes sans avoir trouvé du gibier, voulurent se rafraîchir à la rivière avant de rentrer à la maison. Lorsqu’ils y arrivèrent, ils furent attirés par les râles du crocodile. Ses narines grandement ouvertes se dilataient désespérément à la recherche de l’air. Mais ni le boa, ni le crocodile ne remarquèrent la présence du chasseur et son fils.

Le jeune homme prit son fusil et voulut tirer sur les deux bêtes. « Arrête, petit inexpérimenté ! », lui souffla son père en le tenant fermement par le bras. « ca ne sert à rien de gaspiller tes balles ». Ils restèrent là, débout, les yeux rivés sur les deux bêtes. Finalement, le crocodile rendit le dernier soupir. Le boa, voyant que le crocodile ne bougeait plus, le lâcha et commença à l’avaler. D’abord la tête passa dans la grande gueule qui se dilatait à un rythme régulier. Puis, vint le tronc qui était plus gros et rond. Il donna beaucoup de difficultés au boa qui ouvrit encore plus grande sa gueule au grand étonnement du chasseur et son fils. Par des petits mouvements réguliers, le corps du crocodile fut attiré dans les entrailles insondables du boa. Finalement, sa queue disparut dans la gueule du boa.   

Epuisé par le combat et par le poids du crocodile désormais dans son ventre, le pauvre boa n’eut pas le temps de savourer sa victoire. Car, le chasseur qui était à l’affût, sortit sa massue et l’abattit à trois reprises sur sa tête. Après l’avoir achevé, il envoya son fils couper un long bâton auquel ils l’attachèrent. Enfin, ils l’emmenèrent triomphalement au village.

Lorsque le chasseur et son fils dépecèrent le boa, ils sortirent le crocodile. A l’intérieur du crocodile, ils trouvèrent l’hyène et dans le ventre de ce dernier se trouvait l’écureuil.  

Moralité : Il se trouve toujours un qui est plus fort que soi

 

Lumbamba Kanyiki

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27 mai 2015

La cultivatrice et le corbeau

L’histoire se passe quelque part, dans la brousse, au Congo vers la fin de la saison sèche. En prévision des premières pluies qui n’allaient pas tarder à tomber, tous les cultivateurs se rendaient aux champs pour les travaux de défrichage. Plus une famille était nombreuse, grand était le champ à cultiver. C’est la raison pour laquelle même les enfants participaient aux travaux de champs. Tous les villageois y allaient tôt le matin et en revenaient tard le soir. Parmi eux, il y avait une jeune cultivatrice, mère d’un bébé de quelques mois, mais elle n’avait personne qui pouvait s’occuper de son bébé.

Lorsque la cultivatrice arrivait au champ, elle donnait d’abord du sein à l’enfant. Elle aménageait ensuite un bon endroit à l’ombre d’un grand arbre et le couchait lorsqu’il dormait. Enfin, elle prenait sa houe et se mettait au travail. Le problème de la jeune cultivatrice était que le bébé se réveillait après quelques minutes de sommeil et commençait à pleurer, obligeant la mère à interrompre son travail pour s’occuper de lui.

 « Tu t’es déjà réveillé ? Mais qui s’occupera de toi pendant que je travaille ?», se plaignait la cultivatrice. « A ce rythme, je ne pourrai pas terminer mon champ. De quoi allons-nous vivre ? ». La cultivatrice travaillait alors des heures durant avec le bébé sur son dos, ce qui n’était pas facile. La situation de la cultivatrice avec son bébé qui pleurait tout le temps était connue de tous les villageois, mais personne ne venait l’aider.

Un jour, comme à l’accoutumée, elle vint très tôt matin avec son bébé, l’allaita, le berça du mieux qu’elle pouvait avec sa voix douce et le coucha en-dessous de l’arbre. Mais le bébé se réveilla en pleurs après seulement quelques minutes de sommeil. Grande fut la tristesse de la jeune femme qui se mit à pleurer à chaudes larmes : « Seigneur, qui pourra s’occuper de mon bébé ? Je n’ai personne ! »  

Sur le grand arbre, un vieux corbeau venait régulièrement se reposer. Il écoutait chaque fois les plaintes de la cultivatrice en-dessous de l’arbre. Ce matin-là, pris de pitié, il descendit et se posa en face de la femme dans un frou-frou des ailes qui effraya cette dernière. " Jeune femme, du haut de cet arbre, j’entends toujours tes pleurs et tes lamentations." lui dit-il. " Si tu veux, je m’occuperai de ton bébé afin que tu finisses vite ton champ comme les autres. Mais tu ne diras à personne que c’est moi qui garde ton bébé"  lui proposa-t-il.  

La cultivatrice accepta la proposition du corbeau et l’accord fut conclu entre les deux. Le corbeau prit le bébé et s’envola avec lui, laissant la mère travailler dans son champ. A partir de ce jour-là, le corbeau venait chaque matin prendre le bébé et l’emmener avec lui, laissant la mère défricher son champ qui s’agrandissait de jour en jour. Il le lui ramenait le soir avant son retour à la maison.

Les autres cultivateurs  ne tardèrent pas à remarquer le silence dans le champ de la cultivatrice, eux qui étaient déjà habitués à entendre les pleurs lointains du bébé. Une villageoise voulut en savoir plus et vint demander à la cultivatrice : « Qu’est-ce que tu fais pour calmer ton bébé ? En effet, nous avons constaté qu’il ne pleure plus comme avant ? » La jeune cultivatrice oublia le deal qu’il avait conclu avec le vieux corbeau et eut le malheur de révéler la vérité à la villageoise.

Le matin suivant, la femme allaita son bébé comme elle en avait l’habitude et le confia au corbeau. Ce dernier le prit et s’envola avec, mais lorsqu’il ramena l’enfant le soir au moment où la mère l’attendait pour rentrer à la maison, eh voilà, le bébé était mort !

Moralité : Bimpe kulama ludimi ! 

C'est le conte tel qu'il nous a été envoyé par mamu Adolphine Mushiya.

Lumbamba Kanyiki

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20 mai 2015

La souris et la chauve-souris

La Souris et la Chauve-souris étaient des grandes amies. La Souris, dans sa tête, ne voyait même pas les ailes de son amie, Chauve-souris. « Nous sommes de la même race », se disait-elle. « D’ailleurs, elle mange ce que je mange ». De son côté, la Chauve-souris aimait aussi la Souris et jamais il ne lui était arrivé de se demander pourquoi la Souris n’avait pas d’ailes comme elle.

Les temps changent et avec eux, les mœurs aussi. O tempora O mores ! Avec le temps donc, la Chauve-souris eut des mauvaises pensées envers sa vieille amie.  « Moi, Chauve-souris, je vole et je vois du pays. Je ne suis, donc, pas comme la Souris qui court à travers savanes et forêts et ne sait même pas gouter au plaisir des airs ! », se disait-elle. Puisqu’elle se sentait supérieure, elle changea aussi tout son comportement envers la Souris. Les visites qui, jadis étaient réciproques, devinrent à sens unique : La Chauve-souris venait chez son amie, prenait part aux repas que cette dernière lui offrait, mais jamais elle ne voulut inviter son amie chez elle.

A chaque fois que la Souris voulait s’inviter chez la Chauve-souris, elle recevait la même réponse de cette dernière : «  ma chère, j’ai beaucoup à faire ce dernier temps. Les affaires m’obligent à sortir et à prendre les airs pour aller loin, très loin. Mais dès que j’aurai du temps libre, tu viendras me voir ». Finalement, la Souris se sentait flouée. « Tu me le paieras un jour », se disait-elle dans son for intérieur.

Un jour, la Souris se leva de bon matin avec un plan bien arrêté. Elle tendit des pièges dans tous les palmiers autour de sa case. C’était un travail épuisant. Après l’avoir terminé, elle alla se reposer sous la véranda, se disant que son amie n’allait pas tarder à venir lui rendre visite.

Comme elle s’y attendait, la Chauve-souris vint après quelques minutes. Elles mangèrent et burent ensemble. Au moment du départ, la Souris dit à la Chauve-souris : « Pendant cette période, mes palmiers produisent de très belles noix ; tu peux t’en servir un peu avant de rentrer chez toi ». La Chauve-souris remercia et prit son envol.

Se rappelant la proposition de son amie, la Chauve-souris fit un virage vers le premier palmier qui se trouvait sur sa gauche. Elle s’y posa, mangea des noix de palme, mais ne se rendit pas compte d’un nœud qui l’avait prise à l’une de ses pattes. Lorsqu’elle voulut s’envoler, elle fut retenue par la patte. Elle tira de toutes ses forces en battant les ailes, mais rien n’y fit.

Prise de panique, la Chauve-souris appela au secours. La Souris qui l’entendait ne put venir la détacher. Pour toute réponse, elle lui dit : « Débrouille-toi, chère amie, je ne sais pas venir là haut, car, je n’ai pas d’ailes comme toi ! La Chauve-souris se débâtit, sans succès, jusqu’à épuisement total.

Un Serpent qui passait par là, attiré par le parfum que dégageaient les noix de palme, trouva la pauvre Chauve-souris prise au piège de la Souris. Il ne se fit pas prier. Oubliant les noix de palme pourtant bien charnues, il se jeta sur l’infortunée et n’en fit qu’une bouchée.

Moralité : La vengeance est un plat qui se mange froid !

C’était le conte raconté par mamu Adolphine Mushiya   

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12 mai 2015

Les deux chasseurs

Dans un village, il y avait deux chasseurs qui avaient l’habitude de chasser ensemble. L’un était natif du pays et l’autre venait de l’étranger. Le chasseur étranger était de loin meilleur que l’autochtone. Mais à chaque fois qu’il tirait sur une bête, l’autochtone revendiquait le gibier : « C’est à moi !» et le chasseur étranger ne pouvait rien dire. La même situation se produisait tous les jours qu’ils allaient à la chasse.  

N’en pouvant plus, le chasseur étranger porta l’affaire devant les habitants du village. Ceux-ci, ne sachant comment trancher contre leur frère, le conseillèrent d’aller se plaindre chez le chef du village. Ce dernier, non plus, ne sut comment rendre le jugement dans un litige  opposant son sujet à un Etranger. Ce dernier, triste et déçu, rentra chez lui. Les jours s’écoulèrent ainsi. Comme d’habitude, les deux allaient à la chasse ; comme d’habitude, ils trouvaient les bêtes et tiraient et comme d’habitude, « C’est à moi! », criait le natif et s’en emparait.

Mais un jour vint qui ne ressemblait pas aux autres jours. Les deux compères se rendirent de bon matin à la chasse. Après quelques heures d’une chasse infructueuse, ils remarquèrent derrière un buisson une forme sombre qui passait. Ils se dirent que c’était un phacochère et se mirent à l’affût. L’étranger, dégaina son arme, ajusta et tira. Aussitôt l’autochtone cria : « C’est à moi !». Il se précipita pour ramasser l’animal, mais fut surpris de trouver une femme gisant dans son sang sur le sol, atteinte par les balles. Les débris de sa cruche cassée s’étaient répandus près d’elle. Elle allait à la rivière puiser de l’eau pour le ménage.

Les villageois qui étaient dans le parage ayant entendu le coup de fusil et le « C’est à moi !» du chasseur natif du pays, accoururent pour voir la bête qu’il avait tuée. Ils furent surpris de découvrir le cadavre de la pauvre femme baignant dans son sang.  « Tu as tué la femme d’autrui ! », l’accusèrent-ils. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans tout le village. Les policiers alertés vinrent arrêter le chasseur natif du pays. Il fut condamné plus tard à la peine capitale pour meurtre.

Moralité : Est pris qui croyait prendre

C’était le conte de maman Adolphine Mushiya. Il m’a été apporté par José Kassongo de retour du pays. Merci, Jose et merci à maman Adolphine.

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