Kasai Direct

02 août 2022

L’homme en toi (contre les discriminations)

L’homme en toi n’a pas de couleur.
Le caméléon qui fait son chemin
épouse la couleur du lieu de son passage

L’homme en toi ne connaît de frontières.
Grains de blé emportés par le vent
poussent sur la colline et dans la vallée

L’homme en toi n’a pas de religion
La parole de Dieu est imprimée dans son coeur.
Il aime d’amour; il hait la haine.

L’homme en toi n’est ni homme ni femme;
C’est le souffle à l’image du créateur
dans sa mission divine.

L’homme en toi n’est ni grand ni petit
Car, devant Dieu, le tout puissant
nous sommes tous, ses enfants.

L’homme en toi n’est ni riche ni pauvre
Que signifie richesse? Que signifie pauvreté?
Toutes, vanité qui va s’évanouir!

Pourquoi me hair, ô homme frère,
Toi et moi, voyageurs sur cette terre,
Affaiblis par la chair, poussière qui retourne à la poussière?

L’homme en toi, porteur des stigmates de l’éternité
Sitôt, son voyage terminé,
Retournera au Père!

Lumbamba Kanyiki

 

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01 août 2022

Le miracle par le travail

tomates de mon jardin potager

Voyez ces tomates! Je les ai cueillies aujourd'hui dans mon jardin potager. C'est le troisième bassin que je cueille depuis que la plante a atteint sa maturité, et il y en a encore qui vont mûrir! Au départ, j'ai planté une et une seule graine qui m'a donné ce foisonnement que vous voyez là (voir photo en bas). C'est cela que j'appelle le miracle de Dieu. D'une graine sortiront plus de 10 Kg de tomates! Il en est de même des feuilles d'amarante sur la photo en bas. Quelques graines répandues sur une terre fertile nous donnent de la nourriture pour notre propre consommation pendant tout l'été.

J'ai utilisé mon travail du jardin pour montrer le miracle que nous pouvons obtenir de la terre, par nos efforts,  J'exhorte celles et ceux qui croient encore à l'évangile de "Nzambe, kita, sala!" et celles et ceux qui attendent tout de Fatshi bêton de se ressaisir et de retourner à la terre nourricière. Dieu nous a tout donné pour être heureux. Il est inutile de continuer à l'embêter par de vaines prières: Nzambe, kita-sala!

plante de tomates

biteku

poireau et biteku

 

Lumbamba Kanyiki

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29 juillet 2022

Mon petit cœur

Mon petit cœur bat depuis le ventre de ma mère
Moteur infatigable,
il bat tic,tac, tic, tac, toujours et toujours
au rythme des nuits et des jours
au rythme des saisons et des années
comme l’horloge de l’Éternel

De mon petit cœur qui bat
coulent des larmes des souffrances
Mais aussi des fleuves de joie et d’amour.
Mon petit cœur peut devenir grand
quand il donne en partage,
quand il s’offre en sacrifice
Mon petit cœur peut aussi devenir lourd,
lourd des larmes des orphelins,
des veufs et des veuves,
lourd des injustices de ce monde.

Tic, tac, tic, tac
mon petit cœur continue à battre
toujours et toujours,
Prodige du tout puissant

Mon petit cœur bat, il bat très vite.
De ma faiblesse humaine jaillit
un torrent de méchanceté et de médisances,
Ô hommes et frères,
il ne sollicite que votre indulgence!

Pauvre serviteur au service de mon être,
mon petit cœur qui bat
me rappelle en me réveillant dès l’aurore
de me mettre au service de l’autre
pour encore plus d’amour.


Lumbamba Kanyiki

 

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28 juillet 2022

L’intuition de mère

mère avec bébé

Son cœur a failli chavirer lorsque l’infirmière a franchi la porte de la chambre de l’hôpital, poussant devant elle un chariot de médicaments. En tout cas, Malu, qui était venue visiter son neveu malade, était sûre d’avoir retrouvé sa fille lui ravie par son père voici près de trente ans déjà, tant la ressemblance avec elle était forte. La seule différence résidait dans la couleur de peau; celle de la fille étant plus claire à cause du métissage. L’infirmière s’est dirigée vers l’enfant qui dormait sur le lit. Des gestes mécaniques, habituels: consultation de la fiche accrochée au bas du lit, prise de température. Elle a été rejointe par la mère qui, en fait, était la petite-sœur de Malu.

- Comment est sa température aujourd’hui ? a-t-elle demandé.

- Ça va. Elle ne fait plus de fièvre. Je ne voudrais pas perturber son sommeil. Lorsqu’elle va se réveiller, donnez-lui une cuillerée de ça, a-t-elle dit en lui remettant un petit flacon entre les mains.

Mais au moment où elle allait sortir avec son chariot, Malu s’est approchée d’elle et l’a abordée:

- Je rends grâce à mon Dieu qui a provoqué cette situation- en montrant le neveu dormant dans son lit- afin que je te retrouve!

- Que vous me retrouviez? Mais je ne vous connais pas, madame! lui a répondu l’infirmière, étonnée.

- Jusqu’à présent, tu ne me connaissais pas; mais maintenant, tu vas me connaître. Est-ce que nous pouvons nous regarder dans un miroir, s’il te plaît? Joignant le geste à la parole, elle l’a précédée vers la salle de bains.

Mais l’infirmière a protesté, prétextant le temps qu’il faisait et le volume du travail qui l’attendait dans la distribution des médicaments du soir. Comme Malu insistait, elle s’est résolue à la suivre dans la salle de bains. Christine, qui ne comprenait rien à l’emballement de sa sœur, leur a emboîté les pas. Toutes les trois se sont ainsi retrouvées devant le miroir de la petite salle de bains. Malu a approché son visage de celui de la jeune fille:

- Tu ne remarques rien?

- En effet, nous avons une certaine ressemblance. Plusieurs personnes se ressemblent, madame. Je suis aussi d’origine congolaise; mais je ne pense pas que nous ayons un quelconque lien de parenté.

- Pourquoi es-tu si sûre?

- Mais tout simplement parce que ma mère à moi est morte depuis longtemps!

Les trois dames sont maintenant sorties de la salle de bains, et la jeune femme a déjà la main sur son chariot qu’elle s’apprêtait à pousser. Malu a voulu dire quelque chose, mais sa sœur l’a tirée vers elle: laisse la fille; elle a un grand tour de salles à faire. Qu’est-ce qui te prend comme ça?

Lorsqu’elles sont restées seules, Malu était vraiment perturbée. Elle a voulu reparler de l’infirmière, mais sa sœur l’a dissuadée. La fille parlait avec assurance de la mort de sa mère, donc Malu ne pouvait être sa mère. C’est impossible,lui a-t-elle dit.

Il était environ 22 heures lorsque Malu a pris congé de Christine et son fils. Elle passait devant le bureau des infirmières, lorsqu’elle a entendu ces dernières murmurer et puis: Au revoir, „maman“! C’était la même infirmière qui visiblement avait déjà parlé de la situation à ses collègues. Malu s’est approchée d’elles, en souriant, mais pas vaincue du tout.

Lorsqu’elle est arrivée tout près du groupe, l’une des filles s’est écriée:

- Mais la ressemblance est très forte entre vous deux! Compare ton regard au sien, a-t-elle dit à sa collègue en se retournant vers Malu qui les regardait en souriant. Oh mon Dieu, et même le sourire est le même!

- Mais ma mère à moi est déjà morte. a dit l’infirmière, en regardant par terre, l’air triste.

- Tu avais quel âge lorsque ta mère est morte? a demandé Malu.

- Je devais avoir trois ans. C’est mon père qui me l’a dit.

- Mais il t’a quand même montré sa tombe au cimetière pour que tu sois si sûre; à moins qu’il ne l’ait pas vraiment aimée de son vivant?

- Elle est morte en Afrique, au Congo.

- Oui, ta maman est morte en Afrique comme lui aussi serait mort dans un accident de circulation au Sénégal comme ses parents me l’ont fait comprendre avant de couper tout contact avec moi! lui a-t-elle rétorqué avec sarcasme.

Et là, Malu s’est décidée à sortir ses dernières cartouches. Si elles atteignaient l’objectif, elle gagnerait; mais au cas contraire, elle vivrait le ridicule.

- Il ne s’appelle pas Bernard Chathrain par hasard, ton papa? Et toi, tu ne serais pas Jeannette? a-t-elle lâché en fixant la fille dans les yeux.

Les collègue de la jeune femme ont crié „Oh!“ à l’unisson. Elle a porté ses deux mains sur le cœur, son visage s’est tout d’un coup décomposé; blême, elle a attiré à elle une chaise pour s’asseoir, a ouvert sa bouche pour dire quelque chose, a battu les lèvres plusieurs fois l’une contre l’autre; mais aucune parole n’est sortie de sa bouche. Comme sa gorge lui brûlait, elle a simplement dit d’une voix à peine audible: „À boire, s’il vous plaît“. Ses yeux ne voyaient pas la bouteille pleine d’eau qui, pourtant, était juste devant elle sur la table avec des verres vides. Malu savourant sa satisfaction, la regardait tranquillement avec pitié.

- Donnez-lui de l’eau, s’il vous plaît; elle va s’évanouir. a-t-elle dit aux infirmières.

Une des collègues lui a tendu un verre qu’elle a vidé d’un trait. Ayant retrouvé un peu d’esprit, elle a dit dans un souffle, sans vraiment s’adresser à quiconque: Dites-moi que je rêve. N’est-ce pas? Est-ce bien réel ce que je vis là? Maman, est-ce que tu peux m’expliquer ce qu’il s’est réellement passé, j’aimerais comprendre.

Juste à ce moment-là, le téléphone, posé à côté des bouteilles d’eau, s’est mis à sonner. L’une des infirmières a décroché, a écouté une voix dure, métallique, qui donnait des ordres, puis s’est tournée vers ses collègues, leur demandant de préparer rapidement une chambre privée pour une patiente qui allait sortir bientôt de la salle d’opération.

Malu a pris congé de Jeannette qui avait retrouvé ses esprits, après le choc. Sur son chemin de retour, elle a cherché à joindre son fils, qui était en vacances au Congo, mais n’obtenant pas de réponse, elle lui a laissé un message vocal: „ Henry, appelle-moi dès que tu peux. C’est très important“

Cette nuit-là, elle n’a pas pu dormir. Après la joie, elle est submergée par une vague de colère, dirigée contre son ancien mari. De tout le temps, elle savait qu’il n’était pas mort et qu’il avait fait tout ce scénario comme dans un film pour brouiller les pistes et la séparer définitivement de sa fille. Mais pourquoi cette méchanceté? Elle n’a jamais trouvé une réponse qui la satisfasse. Puisqu’elle a retrouvé Jeannette, elle se réjouissait du visage qu’il ferait en les voyant ensemble. Vraiment, les voies de Dieu sont insondables, s’est-elle dit.

Malu se trouvait engluée, jusqu’à trois heures du matin, dans ce blues. Jeannette lui a demandé de l’aider à comprendre. Elle s’est dit qu’elle allait lui raconter comment ils étaient heureux avant et quelque temps après sa naissance, son papa travaillant comme jeune professeur, expatrié, dans un grand collège de la place; et elle comme secrétaire de direction au cabinet du gouverneur régional; comment tout avait basculé lors de leur voyage en France; comment son père et ses parents avaient manigancé pour qu’elle y reste, sans son consentement; comment elle était rentrée au Congo sans elle et combien elle en avait souffert; comment elle avait piégé son père sur le conseil de sa famille afin d’avoir un autre enfant qui pouvait aussi la consoler; comment elle avait appris la nouvelle de la prétendue mort de son père et comment la famille de ce dernier avait interrompu les contacts. Et finalement, elle lui parlerait des démarches entreprises et avortées pour retrouver ses traces jusqu’à ce que le destin l’ait mise enfin sur son sillage. Prise dans ce flot de pensées, elle ne s’est pas rendu compte à quel moment le sommeil l’a emportée.

Le lendemain matin, c’était la sonnerie de son portable qui l’a réveillée. Au début, sous les effets du sommeil, elle a voulu l’ignorer; mais comme elle n’arrêtait pas, elle était obligée de prendre l’appel. C’était Henry.

- Maman, je viens de voir ton appel de la nuit. Tout va bien? a-t-il demandé, la voix pleine d’appréhensions.

- J’ai retrouvé ta sœur.

De l’autre bout du fil, Henry a cru n’avoir pas bien compris ce que sa mère lui disait. C’était comme si la vie s’était arrêtée. Après un moment, il a relancé la conversation.

- Tu as retrouvé Jeannette?

- Exact.

- Alors, ca, c’est la meilleure! Et comment ça s’est passé?

Après avoir écouté sa mère, Henry lui a promis de rappeler avec vidéo dans l’après-midi pour voir sa sœur.

Ayant  raccroché, Malu pensait que sa tête allait exploser, tant les douleurs étaient violentes. Comme elle était hypertendue, elle a d’abord pris sa tension artérielle par mesure de prudence. Dieu merci, elle n’était pas mauvaise du tout. Elle s’est ensuite enfermée dans la salle de bains, en est sortie quelques minutes plus tard; puis, sans prendre son petit-déjeuner, elle a pris sa voiture pour le home de personnes âgées où elle prestait depuis des années. Elle était en train de prendre sa pause petit-déjeuner, lorsque son portable s’est mis à vibrer. C’était Jeannette. Malu a compris directement que c’est sa sœur qui lui avait passé ses coordonnées. Ayant une journée de libre après sa garde de la veille, elle voulait venir à la maison pendant la journée voir sa mère. Rendez-vous a été donc pris pour l’après-midi, le même jour.

Après son travail, Malu est rentrée rapidement chez elle, pour mettre son appartement en ordre, avant que Jeannette n’arrive; mais lorsqu’elle a engagé sa voiture dans le parking, devant son immeuble, quelle était sa surprise de voir sa fille sortir de la sienne et de venir à sa rencontre! „Bienvenue chez ta mère!“ lui a-t-elle dit, tout simplement en l’embrassant sur les deux joues, mais au fond d’elle-même, elle brûlait d’envie de la transporter comme un bébé!

Son appartement se trouvait au deuxième niveau. Malu a ouvert la porte d’entrée et a laissé entrer sa fille. Jeannette a traversé l’anti-chambre sombre; sa mère l’a dirigée ensuite vers le salon suffisamment éclairé malgré les rideaux qui étaient tirés. Jeannette a immédiatement reconnu parmi les photos suspendues aux murs une photo d’elle à l’âge d’environ trois ans. Elle a expliqué avoir vu la même photo dans l’album de son père. Elle s’en est rapprochée, l’a caressée de ses doigts effilés tout doucement.

- Et celui-là, c’est qui? a-t-elle demandé en indiquant une photo à côté de la sienne.

- C’est ton petit-frère Henry.

- Oh mon Dieu! Je ne savais pas que j’avais un si beau petit-frère!

Sans même demander la permission de sa mère, Jeannette a aussitôt pris le cadre entre ses mains tremblantes et s’est mise à regarder la photo de près. „Il a beaucoup de traits de papa: même visage, même regard , sauf que Henry a des cheveux en boucles alors que papa est chauve.

Malu lui a remis deux albums entre les mains, puis s’est excusée pour aller se mettre à l’aise. Quelques minutes plus tard, elle est revenue au salon, toute fraîche, portant une robe en coton fleurie sur fond blanc. Jeannette a essuyé les larmes qu’elle ne pouvait arrêter de couler sur ses joues. Malu, qui jusque-là faisait preuve de maîtrise, s’est effondrée à côté de sa fille sur le canapé de velours brun. Les deux se sont retrouvées l’une dans les bras de l’autre, en train de pleurer, inconsolables. Elles sont restées ainsi enlacées, laissant libre cour à leurs émotions. Jeannette s’est remise à tourner les pages de l’album, puis s’est adressée à sa mère:

- Je savais au fond de moi que quelque chose n’était pas en ordre; mon père ne m’a jamais montré les photos de moi, bébé ou âgée de quelques mois comme celles-ci, a-t-elle dit en montrant les photos. Parfois, je me demandais si je n’étais pas adoptée et qu’il ne voulait pas me l’avouer. Et, en plus, il n’a gardé aucune photo de toi!

- Peut-être qu’il a déchiré les miennes qu’il avait prises lors de notre voyage en France.

Jeannette s’est remise à pleurer. Puis, prise d’une soudaine colère, elle s’est mise debout, s’est éloignée un peu de sa mère, a sorti son portable et a composé un numéro. L’attente n’a pas été longue.

- Ah, Jeannette, c’est toi! Comment ça va, ma grande? Tu n’as pas bonne mine, je vois. Il y a un problème? C’était sa belle-mère, l’épouse de son père qui réagissait sur appel-vidéo.

- Ca va, maman! Je peux avoir papa, s’il te plaît?

- Attends, je te le passe !

Pendant que sa belle-mère passait le portable à son père, Jeannette s’est approchée de sa mère et a attendu pour voir la surprise de son père. Les yeux de monsieur Bathrain se sont ouverts grandement en reconnaissant son ex-épouse à côté de sa fille. La surprise a été foudroyante; car il ne s’attendait nullement à la rencontrer un jour. „Merde!“ a été sa dernière parole avant de s’écrouler. Le portable a suivi le mouvement de la chute et montrait maintenant un plafond blanc. Aussitôt, Jeannette a entendu un cri strident de sa belle-mère qui percait ses tympans:

- Bernaaaaaard, ô mon Dieu!

Reprenant le téléphone et remarquant Malu à côté de Jeannette, elle lui a demandé à brûle-pourpoint:

- Qui est cette dame à côté de toi?

- C’est ma mère, ma mère biologique.

- Comment ta mère biologique? Ta mère biologique est morte depuis longtemps en Afrique!

- C’est ce que papa nous a tous raconté. C’est la raison pour laquelle je voulais qu’il m’explique.

En bonne infirmière, Jeannette instruisait sa belle-mère sur la façon de réanimer son père; mais celle-ci, désemparée, n’arrivait pas à exécuter tout ce qu’elle lui disait. Finalement, elle lui a demandé d’appeler rapidement le service d’urgence.

Reprenant la place à côté de sa mère, Jeannette s’est pris la tête entre les mains, sans comprendre ce qui lui arrivait. Malu l’a entourée de son bras droit, en guise de consolation. Après quelques minutes de réflexion, elle a repris son portable  et a appelé son mari, lui demandant de la rejoindre sans tarder chez sa maman après lui avoir indiqué l’adresse de cette dernière. C’est entre ses bras qu’elle s’est effondrée deux heures environ plus tard, lorsque la nouvelle de la mort de son père est tombée. Selon la belle-mère qui l’a annoncée, monsieur Bathrain est mort sur le coup. Il avait depuis trois ans des petits soucis du côté de son cœur, mais il ne voulait pas alarmer ses enfants. Alors, la vue de son ex lui a causé un grand choc que le cœur n’a pas pu supporter.

Les obsèques ont eu lieu une semaine plus tard. Jeannette et ses deux sœurs qui vivaient au Canada ont fait le déplacement; en revanche, Henry avec qui elle était maintenant en contact régulier, n’a pas voulu écourter ses vacances au Congo pour les obsèques d’un père qu’il n’a jamais connu et qui ne l’a jamais connu. Il a expliqué à sa sœur qu’il avait déjà pris toute une série de rendez-vous avec des médecins qui devaient faire le checking de ses grands-parents avant son retour en Belgique. „Je préfère plutôt m’occuper de vivants que de morts“ lui a-t-il lancé froidement au téléphone.

Lumbamba Kanyiki

 

 

 

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02 juin 2022

Lu pour vous „Pour une mentalité du développement du Kasai Occidental: état des lieux et perspectives“ par Philippe Kanku Tuben

 

Gare de Kananga

 Ce texte est un article scientifique écrit par le professeur Philippe Kanku Tubenzele et paru dans le semeur du Kasai du premier semestre 2009, à Kananga, Kasai Occidental aujourd’hui Kasai Central. Il y analyse la mentalité des habitants de Kananga et de ses environs afin de voir si elle est favorable à l’amélioration de leur bien-être et si elle peut les conduire à leur épnouissement.

L’auteur commence d’abord par faire un constat amer d’échec des efforts consentis par les Occidentaux, après la deuxième guerre mondiale, de sortir les Africains de leur mode de vie traditionnelle et de les emmener dans la modernité, le développement. Leurs idéologies respectives, ‚libérales pour les uns et marxistes pour les autres et les capitaux investis ne leur ont pas permis d‘obtenir des résultats escomptés. Le développement, selon l’auteur, est d’abord une question de mentalité. Le peuple doit prendre conscience de ses conditions de vie et il n’y a que lui qui devra engager des actions de son développement.

Parlant justement de la mentalité au Kasai Occidental, le professeur Kanku Tubenzele recourt d’abord aux „cinq choix culturels fondamentaux de l’Afrique“ du professeur Godefroid Kä Mana, sur lesquels se fonde la mentalité des peuples africains:

1) Le respect du monde invisible et de l’ouverture permanente à la transcendance; Le respect de Dieu ou des dieux et des esprits des ancêtres; se laisser guider par eux;

2) La communauté: elle définit l’identité de l’individu; C’est la valeur cardinale même de l’existence sociale;

3) La tradition: le respect des us et coutumes et l’application des règles coutumières. C’est le fondement même de la conduite de l’Africain;

4) La confiance dans le destin: vivre selon son destin, malgré la souffrance. Rester serein en toute circonstance, accepter tranquillement tout ce que la vie nous impose;

5) La vie envers et contre tout: malgré les humiliations, la honte et les multiples défaites, accepter la vie telle qu’elle apparaît.

Nous allons démontrer, dans les lignes ci-bas, comment le professeur Kanku analyse la mentalité des Kasaiens à partir des points ci-haut cités:

1. Le respect du monde invisible et de l’ouverture permanente à la transcendance: Les WestKasaiens vivent dans l’attentisme. Ils espèrent tout de Dieu et des esprits des ancêtres. Ils n’ont donc pas de responsabilité personnelle sur leur propre vie.

2. La communauté: ce point favorise le clanisme, le tribalisme, l’ethnicisme. Mettre sa communauté au-dessus de tout encourage les clivages et des conflits permanents entre les peuples et ne favorise pa la justice attibutive et distributive. Il n’existe donc pas une distribution proportionnelle des avantages sociaux;

3. La tradition: la tradition n’évolue pas; c’est le statu quo. Bien sûr, chaque peuple a sa tradition, mais le peuple qui ne vit que selon sa tradition a peur de la nouveauté;

4. La confiance dans le destin: les Kasaiens ont la mentalité apathique, défaitiste; "kulala kwa panshi, nkuetu kua kale"

5. La vie envers et contre tout: Ils n’ont pas le sens du risque. Ils acceptent tout ce qui leur arrive, même la médiocrité de la vie.

Toujours, selon l’auteur, tous ces points cités ne peuvent nullement favoriser le développement du Kasai Occidental., aujourd’hui Kasai Central. C’est pourquoi il propose des solutions axées sur les trois points suivants: le travail, la solidartié et la liberté créatrice.

1. Le travail: ici, il ne s’agit pas nécessairement d’un travail rémunérateur, mais plutôt de la praxis entendue comme une activité permanente et régulière qui permette au peuple de maîtriser le monde qui les entoure.

2. La solidarité: Les Kasaiens doivent développer la solidarité non seulement entre individus, mais aussi entre communautés au-delà de leurs différences, pour vivre en harmonie.

3. La liberté créatrice: c’est libérer l’homme, le rendre responsable de son devenir, de son destin, capable d’utiliser les pouvoirs qui sont en lui pour son épanouissement, son développement.

Dans sa conclusion, le professeur Kanku Tubenzele soutient que le développement commence par la mentalité d’un peuple. La mentalité actuelle au Kasai Occidental ne peut en rien favoriser son développement. Il propose l’éducation du changement de mentalité dans les écoles et les universités par le cours d’éducation à la citoyenneté. Il propose, en outre, de divulguer ce cours dans les églises et les associations.

N.B: les parutions du semeur du Kasai sont disponibles sur www.kuetu.com

Lumbamba Kanyiki

 

 

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15 mai 2022

Dis donc ! Il est ministre ! (récit court)

publicité 1

Monsieur Van der B est mort sans avoir reconnu son fils abandonné en Afrique. C'était la plus grosse bêtise de sa vie. Son enterrement s'est déroulé dans la stricte intimité sous un ciel belge gris, ce matin-là. Juste quelques personnes, des membres de famille et des amis proches, tous vêtus de noir, autour d’une tombe fraîchement creusée à côté de celle de son épouse, morte un peu plus d’une année auparavant, d’après la date mentionnée dessus. Dans le pré carré, on voyait d’abord sa petite sœur, une octogénaire, traits tirés avec de grosses lunettes sombres qui cachaient ses yeux. A côté d’elle, sa fille aînée, une divorcée d’environ 55 ans, avec ses deux filles d’environ 28 et 25 ans; et son fils, un jeune homme, massif, bâti comme un buffle, la cinquantaine révolue. Le prêtre, dans sa soutane blanche, au milieu du groupe, officiait la cérémonie de la mise en terre. Il demandait à la Sainte Vierge Marie d’accueillir son « fervent » serviteur au paradis et de lui donner une place de choix auprès du Père, etc.

Au moment où il allait purifier, pour la énième fois, le cercueil avec l’eau bénite que portait son servant de messe, il a été interrompu par des pas pressés de quelqu’un qui arrivait en courant. L’intrus, un métis aux cheveux crépus grisonnants, essoufflé par la petite course, a ralenti les pas, puis s’est arrêté juste devant le cercueil. Il s’y est recueilli et puis, s’épongeant le visage, a pris sa place dans la foule qui s’interrogeait du regard, sans jamais comprendre quelque chose. Le prêtre a poursuivi sa cérémonie là où il l’avait suspendue. Puis, les mots d’adieu au défunt se sont succédé : celui de la soeur d’abord, ensuite celui de la fille aînée. Le garçon, lui, s’est abstenu. L’inconnu a suivi en silence tout ce qui se disait sur le défunt : un homme serviable, aimé dans son village, très bon père de famille, etc. Il avalait tous ces éloges que les gens prononcent toujours, lorsqu’ils sont pris par l’émotion d’une perte tragique.

Après l’enterrement, le métis a voulu s’éloigner de tout ce monde qui, d’ailleurs, lui était étranger. Car, même s’il s’était préparé à des émotions fortes à la rencontre éventuelle de son père, il ne pouvait s’imaginer se retrouver à l’enterrement de ce dernier. C’en était trop pour lui ; il avait besoin de s’isoler pour réfléchir.

Il a déjà fait quelques pas vers la sortie lorsqu’une main a caressé son épaule droite. C’était la sœur du défunt.

- Excusez-moi monsieur , moi, je suis la sœur du défunt, sa petite sœur. Mon nom, c’est Véronique, Véronique Van der B.. Et vous, vous êtes ?

Pendant qu’elle se présentait, elle a été rejointe par sa nièce et son neveu, curieux de connaître l’inconnu.

- Si vous êtes la sœur du défunt, c’est que vous êtes ma tante. Moi, je suis son fils. Je m’appelle Pierre Van der B. Comme vous pouvez le voir - il a continué en montrant sa tenue ordinaire- je ne savais pas que je venais à l’enterrement de mon père, je suis vraiment bouleversé.

Ç’a été une bombe. La fille du défunt a regardé son frère qui, à son tour, a regardé sa tante. Tous surpris.

- Comment vous êtes « son fils » ? Notre papa ne nous a jamais parlé d’un fils qu’il aurait eu dans n’importe quel coin du monde ! s'est emportée la fille aînée, hors d’elle. Elle s’est retournée vivement vers sa tante :

- Papa vous avait déjà parlé de ça ?

La tante a marqué une pause qui semblait durer une éternité. En effet, elle s’est rappelé une dispute qu’il y avait eue à la maison. Elle devait avoir vingt-cinq ans à l’époque. Son frère qui revenait d’Afrique, en vacances, avait annoncé aux parents sa liaison avec une Congolaise qu’il comptait épouser. Son père avait piqué l’une de ces colères qu’on ne lui connaissait pas d’habitude. Et c’était la fin de son aventure en Afrique. Mais tout ça, elle n’avait pas besoin de le leur dire maintenant.

 

- Jeanne, est-ce que nous pouvons parler de tout ça plus tard ; en effet, les gens se dirigent déjà au restaurant et nous devons être là pour nous occuper d’eux, lui a répondu sa tante Véronique.

- Il n’y a pas de "plus tard" avec ce monsieur, a rétorqué la nièce, très énervée. On ne peut pas débarquer comme ça, à l’improviste, le jour de l’enterrement de notre père pour troubler nos esprits. Et s’il prétend n’avoir pas su qu’il venait à l’enterrement, comment y est-il arrivé ?

Pierre n’a pas du tout compris la colère de celle qui devait être sa sœur. Il a marqué une petite pause, le temps de digérer les propos qu’elle venait de prononcer. Puis, la regardant droit dans les yeux, il a répliqué :

- D’abord, en venant au monde, nous ne choisissons ni nos parents ni nos familles ni nos pays et continents. Soyez contente d’avoir connu papa et d’avoir grandi entre les deux parents ; mais sachez aussi que c’est tout à fait légitime qu’un fils cherche à connaître son père. Si vous étiez à ma place, vous ne feriez pas autrement !

Ensuite, pour lever tout équivoque, il a expliqué comment il avait mené, pendant plusieurs années, des démarches pour retrouver son père, comment il était tombé sur ses traces deux ans auparavant comme par un pur hasard, comment son père lui avait opposé un refus catégorique de le rencontrer. Plus tard, puisqu’il tenait tout de même à le connaître et lui poser quelques questions qui le préoccupaient, il a repris contact avec lui, le harcelant presque afin de faire sa connaissance. C’était un mois avant son décès. Cette fois-là, il était plus ou moins abordable, et avait même accepté de le recevoir. La dernière semaine avant le décès, il a voulu, à plusieurs reprises, prendre un rendez-vous avec lui, mais le téléphone ne répondait plus. C’est ainsi qu’il a préféré venir ce matin-là. Mais en arrivant à l’adresse indiquée, il a sonné plusieurs fois ; personne n’est venu lui ouvrir la porte. Jetant un coup d’œil à la maison voisine, il a vu un monsieur qui travaillait dans son jardin. C’est grâce à ses indications qu’il est venu juste à temps pour assister à l’enterrement.

 La tante, à son tour, lui a expliqué que, si son père ne répondait pas à ses multiples appels, c’est parce qu’il était déjà à l’hôpital, gravement malade. Pierre sentait par les regards que la fille aînée échangeait avec son frère qu’il n’était toujours pas le bienvenu. Alors, il a sorti une carte de visite qu’il a tendue à sa tante :

- Au cas où vous auriez envie que nous continuions notre entretien , vous savez au moins où me trouver.

Mais avant que la tante ait jeté un coup d’œil sur la carte, sa nièce l’a happée et mise en morceaux.

- Disparaissez ! Nous n’avons pas besoin de vous ici! lui a-t-elle crié.

Pierre l’a simplement regardée avec pitié, puis, il s’est incliné devant sa tante et s’est dirigé calmement à la sortie du cimetière. Dehors, l’air était lourd, chargé d’humidité. Il a traversé la grande route comme un automate, sans savoir quelle direction prendre, puis il a continué à déambuler, la tête en feu. Quelques instants plus tard, il a stoppé un taxi qui passait et s’est laissé tomber sur le siège arrière comme un sac de pomme de terre. « Bruxelles » a-t-il grommelé au chauffeur. Il était très fâché à cause de l’humiliation qu’il venait de subir, et aussi très déçu de la nouvelle tournure des évènements. Tous les efforts déployés pour rien. Jamais, se disait-il, il n’aurait des réponses à ses questions. Il ne saurait jamais pourquoi son père les avait abandonnés, sa mère et lui : Et pourtant elle l’avait beaucoup aimé et l’avait même attendu plusieurs années avant de se rendre à l’évidence. Il s’est souvenu du jour où, adolescent, il avait surpris sa mère, pleurant seule dans sa chambre à coucher, avec, entre les mains, une photo sur laquelle il y avait lui, Pierre, assis entre ses deux parents. Une photo qu’il avait déjà vue, prise dans leur maison en ville, du temps où monsieur Van der B. travaillait comme médecin à l’hôpital général et elle comme infirmière. Lorsqu’elle avait remarqué sa présence, elle s’était essuyé les larmes, et avait remis la photo dans sa valise d’où elle l’avait tirée, puis elle lui avait simplement dit : « Va faire tes devoirs ! ». À partir de ce jour-là, voyant la douleur de sa mère, il s’était juré de ne plus jamais la faire souffrir. Et il avait tenu parole.

                                                                                                                  * * *

Lorsque la famille est arrivée au restaurant, les amis du défunt étaient déjà installés à une table longue, placée au fond de la salle. En face, un buffet composé des sandwichs, des croissants, des baguettes coupées, des saucissons, de la pâtée de foie, du fromage, du jambon, des cruches de jus, des thermos de thé et de café, etc. Bref, tout ce dont ils avaient besoin pour un petit-déjeuner copieux. La tante est allée s’asseoir entre deux vieux amis de son frère, pour ne pas se mettre à côté de sa nièce qui lui a manqué du respect en lui arrachant la carte de visite tout à l’heure. Sur le champ, elle n’avait pas réagi, d’ailleurs les circonstances ne le permettant pas. Néanmoins, elle lui avait exprimé sa colère par le regard foudroyant qu’elle lui avait jeté.

Le petit-déjeuner s’est déroulé en silence, brisé par moment par les amis du défunt qui se racontaient l’une ou l’autre anecdote impliquant le défunt. Presque en face d’elle, un couple était en conversation ; la femme chuchotait toujours quelque chose à l’oreille de son compagnon en jetant des regards furtifs tantôt à Véronique, tantôt au reste de la famille, assis au début de la table. Véronique priait de tout son cœur pour que les autres ne revinssent sur Pierre. Dieu merci, tous sont restés sages, gardant des questions pour plus tard, probablement. Au bout d’environ une heure, le petit-déjeuner est fini. Comme dehors la pluie maintenant menaçait de tomber, tout le monde voulait rentrer au plus vite. Les amis du défunt ont été les premiers à s’en aller. Véronique, qui ne voulait pas rencontrer sa nièce et son neveu, est allée régler la facture avec le restaurateur, puis elle leur a lancé un « au revoir » du bout de lèvres et a pris à pied la direction de son domicile.

Le soir, Jeanne était seule chez elle, au salon, ses deux filles s’étant déjà retirées dans leurs chambres. Pendant tout l’après-midi, elles avaient reçu des amis venus les consoler. La dernière visiteuse venait de partir ; Jeanne, crevée, voulait déjà entrer dans la salle de bain pour se préparer à dormir, lorsque son téléphone s’est mis à sonner. Elle a jeté un coup d’œil sur le petit écran, c’était sa tante Véronique. Prendre ou ne pas prendre ? se demandait-elle, surtout qu’elle l’a boudée pendant tout le temps au restaurant. Mais comme le téléphone sonnait sans interruption, elle s’est décidée à regret d’en finir une fois pour toutes.

-  Bonsoir tante, quoi de neuf, a-t-elle demandé en faisant un effort pour paraître polie.

- Tu es devant ta télé ? 

- Non, je me prépare à aller au lit.

- Va vite sur RTBF, il y a une émission importante ; Dépêche-toi, sinon tu vas rater ce que je voudrais te montrer.

Jeanne a rapidement allumé la télé, se demandant ce qu’il y avait de très important qui pût mériter un appel aussi tardif. Les premières images montraient une vue d’ensemble du plateau : cinq personnes assises en demi-cercle devant l’assistance. Vraisemblablement quatre invités installés deux de chaque côté du modérateur. C’était une émission politique.

- Tante, c’est une émission politique. Moi, la politique, ce n’est pas mon truc. Je vois une, deux, trois...cinq personnes dont un monsieur noir. Pas d’intérêt pour moi.

- Regarde bien ou attends que la régie rapproche les images ! a insisté la tante.

- Mais tante, ce que je suis très fatig...Oh mais ce n’est pas ton neveu de ce matin ? Elle a réagi vivement en découvrant Pierre sur le plateau.

- Lis ce qui est écrit en-dessous de son image !

- Mais dis donc ! Il est ministre ! Ministre des Affaires Étrangères du Congo !!!

- Oui, tu as bien lu.

Silence. Reprenant la parole, Véronique lui a dit :

- Mon frère, de son court séjour en Afrique, en est revenu avec quelques proverbes des Africains qu’il me répétait souvent, entre autres celui-ci : ne prive jamais à manger à celui qui est déjà rassasié ! Tu as compris, Jeanne ? Ne prive jamais à manger à celui qui est déjà rassasié ! Dors bien , ma fille!

Et elle a raccroché.

 

Lumbamba Kanyiki

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08 mai 2022

BONNE FÊTE DES MÈRES À TOUTES ET À TOUS!

ma mère

En ce jour où nous fêtons les mères, je dédie ce poème d’abord à ma mère et, ensuite, à travers elle, à toutes les mères du monde. Car, pour nous, Africains, chaque femme est une mère. Mes pensées pieuses vont aussi à ma belle-mère qui nous a quittés, cette année, au mois de mars. Que la terre de nos ancêtres lui soient légère et que l’Eternel daigne lui réserver une place de choix pour tout ce qu’elle a pu réaliser dans sa vie sur terre en tant que mère!
Bonne lecture!

Ma mère

Belle de ton amour, belle de ton savoir,
tu voulais faire de moi ta force, ton vainqueur, ton héro.
Par la volonté de ton coeur
et par la résilience de ton âme,
tu m’envoyas dans leur école pour apprendre la science,
mais la meilleure école fut la tienne,
celle qui m’apprit à être un homme et à respecter l’homme.
Maîtresse, tes valeurs sont une ceinture à ma taille.
Elles sont une énergie renouvelée, infinie,
me populsant, infatigable, dans les hautes mers
Tes valeurs me rappellent à toi, me rapprochent toujours de toi
Ô mais tes valeurs, c’est simplement toi!

Le monde me trouvera humain
parce que tu m’as donné du coeur;
aimable parce que tu m’as donné l’amour;
courageux parce que tu m’as donné du courage;
sage parce que tu m’as donné la sagesse;
intelligent parce que tu m’as donné le savoir.
Mais le monde ne te tiendra pas rigueur pour mes défauts
inhérants à la faiblesse de ma nature humaine

Merci ma mère!

Merci d’avoir sacrifié ta vie pour rendre la mienne meilleure
Merci de ta résilience
Et Merci pour tout!

Lumbamba Kanyiki

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11 avril 2022

GRAND KASAI: CE QUI NOUS MANQUE

immokasai kananga

A la fin de leurs études, des étudiants finalistes en électroniques d’un institut supérieur technique de Kinshasa recevaient les derniers conseils de leur professeur expatrié: Bientôt, vous allez sortir, le vent en poupe, ingénieurs électroniciens. Un grand diplôme. Un bel avenir en perspective; mais ce n’est pas aussi simple que ca. Votre pays est pauvre; les débouchés sont limités; il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui vont vous engager. Mais Dieu vous a presque tout donné: l’espace, la forêt, la brousse, etc. N’ayez pas honte! Commencez par couper du bois et faites-en des braises. Vendez-les; vous obtiendrez un fonds nécessaire à vous acheter de l’outillage dont vous avez besoin pour votre travail. Et vous vous lancerez dans l’exercice de votre métier.

Le Kasai se meurt aujourd’hui. Nous sommes intelligents, nous avons de grands diplômes, mais ce qui nous manque, c’est l’esprit d’initiative. Nous sommes restés dans le vieux schéma: étudier, obtenir un grand diplôme, chercher du travail et faire carrière.Dans notre culture et dans notre éducation, il n’y a pas de place pour l’initiative individuelle et pour la créativité en matière d’emploi. Le constat en est que chaque année, les universités et instituts supérieurs déversent sur le marché d’emploi, des milliers de chômeurs qui tournent les pouces ou jouent aux dames en-dessous des manguiers, attendant que le gouvernement leur trouve de l’emploi par le canal des investisseurs. Et si les investisseurs ne venaient pas?

Dans l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis, nous avons appris que certains esclaves refusaient la liberté qui leur était accordée et préféraient rester vivre avec leurs anciens maîtres, parce qu’étant incapables de se prendre en charge! Plusieurs d’entre-nous gardent encore aujourd’hui les tares de la colonisation. Ils négligent le travail de la terre, et attendent de devenir des „évolués“ au service d’un maître blanc! Je m’en vais illustrer ceci par une autre anecdote.

Un sujet belge, aventurier, est descendu à Kinshasa vers les années 80. Mécanicien de son état, il était muni d’une boite d’outillage tout simplement et un peu d’argent en poche. Usant de sa peau blanche comme d’une carte d’assurance dans un pays où les gens croient encore qu’être blanc signifie être riche, il n’a pas eu de difficulté pour obtenir tous les papiers nécessaires à son établissement. Il a loué un hangar dans les environs de Kintambo, et a engagé deux mécaniciens zairois. Au bout de quelques années, son garage s’est agrandi et il a engagé beaucoup d’autres Zairois à son service. Tuetu, tudi ba mayi, tshiowesha ba bende (nous sommes semblables à l’eau qui rend les autres propres, mais se salit, elle-même)!

Le cas du développement du Kasai nous préoccupe tous; mais combien ont pris une quelconque initiative? Combien ont ne fût-ce qu’un lopin de terre qu’ils cultivent chez-nous? Combien ont ne fût-ce qu’un poulailler au coin de leur parcelle? Nous sommes fiers d’être Baluba, mais nous sommes les premiers à déserter le Kasai pour bâtir ailleurs, profitant des conditions favorables que cet ailleurs nous offre! Mais pourquoi ne pas créer les mêmes conditions chez nous?

J’étais dans le Bas-Zaire vers les années 80 pour des raisons professionnelles. C’est là où j’ai constaté que la force d’un Mukongo se trouve dans l’amour de sa région: chaque homme politique y avait sa résidence, sa ferme ou son commerce. les villas avaient poussé même dans des villages avec, dans un coin de la vaste cour, une gigantesque antenne parabolique pointée vers le ciel! Ils vivaient chez-eux, au village comme en Europe, captant toutes les chaînes de télévision du monde entier! C’est ainsi que Mobutu ne pouvait se permettre de punir un Mukongo en le reléguant dans son village natal, puisqu’il pouvait bien y vivre comme à Kinshasa ou en Europe.

Le développement doit commencer par la base, et il est une affaire de tous. Nous devrions, chacun dans son domaine, commencer quelque part. Mais les activités champêtres devraient être, à mon avis, notre dénominateur commun. Nous n’allons pas développer le Kasai à Kinshasa ou en Europe. C’est dire que nous devons déjà songer au grand retour. Ici, nous encourageons les initiatives des UKE (Union Kasaienne de l’Extérieur) dirigée par nos frères Diela et son frère Kayembe Bob et de l’association “La maison du Kasai“. Malheureusement, certains, au lieu de se joindre à eux, préfèrent multiplier inutilement d’autres associations de développement.

„Tozela obele bapaya, tozela obele crédit spécial!“ Mobutu Sese Seko

Lumbamba Kanyiki

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08 avril 2022

UN AMI CHERCHE SES AMIES

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Monsieur Ngoyi Mulumba, un ancien du Lycée Buena Muntu des années 1978-1980 à Kananga, connu sous le surnom de Boudio, est à la recherche de ses amies Tshibola Kayombo et Kanunka Nsabua. Pour le moment, monsieur Ngoyi Mulumba vit à Londres avec sa famille.
Nous demandons à tous ceux et toutes celles qui ont des informations sur ces amies ci-haut citées de bien vouloir s’adresser à Kasai Direct sur son site kasaidirect.net ou sur son blog www.grandkasai.com qui retransmettront. D’avance merci!

Lumbamba Kanyiki

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02 avril 2022

NÉCROLOGIE: MAMU SOPHIE TSHIBOLA TSHIBWEBWE N’EST PLUS

mamu sophie

La famille Kayembe Ditu Emmanuel et Tshibola Tshibwebwe Sophie a   le profond  regret de vous annoncer la mort inopinée de leur mère, belle-mère, grand-mère, arrière grand-mère, tante et belle-soeur. Décès survenu le 27 mars 2022 après une courte maladie. L’enterrement  est prévu pour ce lundi, 04 avril 2022 à Lubumbashi.

Le programme se présente de la facon suivante:

11h30: levée du corps à la morgue des cliniques universitaires

12 h00: messe suivie des absoutes à la chapelle Mater Dei du Lycée Twendelee

13 h00: enterrement au cimetière des sapins II

14h00: retour et bain de consolation au domicile familial sis Rue Kindu 290, quartier 1er, commune de la Ruashi, référence: arrêt bus Ambassade.

 

Pour la famille
Madame Irénée Ngolela Munyingela

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