05 février 2016

PISTES DES SOLUTIONS DANS LA GESTION DES FONDS POUR LA RÉHABILITATION DU PETIT SÉMINAIRE DE KABUE

kabue bâtiment écroulé

Je salue les derniers échanges apaisés et tempérés entre le président des Anciens du petit séminaire de Kabue et Pierro Ndibu, un ami et Ancien du même petit séminaire. D’abord, une mise au point: La proposition d’utiliser le compte de l’association des Anciens de Kabue n’est pas venue de son président mais plutôt de nous et nous en portons la responsabilité.

Notre position est basée sur les commentaires reçus de différents intervenants  mieux renseignés sur la situation sur terrain. Le bâtiment du petit séminaire de Kabue ne s’est pas écroulé par suite d’un ouragan ou d’un tsunami, mais par l’usure du temps. Le recteur devait en prendre conscience bien avant et lancer le message de détresse comme il l’a fait là. Il ne fallait pas attendre jusqu’à ce que le bâtiment s’écroule pour ensuite crier au secours! La même dégradation des installations a été constatée au grand séminaire de Kabue. Pourquoi est-ce que nous n’en parlons pas ici? Tout simplement parce que le recteur de cet établissement a réagi à temps. Il a cherché des fonds et a réhabilité les bâtiments qui posaient problème, il a créé une ferme avec des étangs de poissons et même il a remis en marche le barrage de Bulantampi dont les installations étaient à l’abandon depuis plusieurs années. (voir images en bas!)

Beaucoup d’intervenants parlent de l’opacité de la gestion du diocèse. Un des intervenants a utilisé l’exemple du projet « les chantiers de l'archevêque Madila » pour illustrer ses propos. L'archevêque n’a jamais rendu compte de ce que sont devenus ces chantiers, ni du chemin pris par l’argent récolté pour ces chantiers. Par ailleurs, le diocèse abandonne ses prêtres retraités, ce qui ne pourra même pas encourager les vocations au sein de la jeunesse. Actuellement, nous avons un prêtre malade, abandonné par son diocèse en Belgique. Un ancien du diocèse de Kananga et qui fut même professeur de l'archevêque Madila. A la procure de Kananga, il y a un prêtre retraité qui vit parmi ses tas de livres dans une chambre d’à peine une dizaine de mètres carrés. C’est un prêtre qui a formé d’autres prêtres et qui a rendu d’énormes services à l’Eglise et la nation. Lorsqu’il est tombé malade, il a dû se rendre à Kinshasa pour se faire soigner par des moyens privés de sa famille. Nous nous demandons si le diocèse connaît le nombre de ses prêtres à l’extérieur et ce qu’ils y font.

Revenons au problème qui nous concerne, à savoir la réfection des bâtiments du petit séminaire de kabue. Afin d’assurer les contributeurs éventuels et les gens de bonne volonté, nous proposons la création d’un compte dénommé « projet réhabilitation du petit séminaire de Kabue ». Ce compte sera géré par un responsable de l’association des anciens du petit séminaire de Kabue et un responsable du diocèse. L’association des anciens du petit séminaire et le diocèse formeront un comité dont la mission sera de suivre l’avancement des travaux de réhabilitation. Le comité nommera un porte-parole qui aura comme mission d’informer les contributeurs sur l’avancement des travaux à travers les médias. Dans ce comité, nous souhaitons qu’il y ait au moins un ingénieur en bâtiments pour un meilleur contrôle et suivi des travaux.

L’écho rencontré par le message de détresse a montré que le petit séminaire de Kabue est un patrimoine commun à tous les Kasaiens et toutes les Kasaiennes. Nous ne pouvons pas accepter que Kabue se meure par la négligence de ceux qui sont censés le gérer et ne pas dire les choses comme elles sont est une sorte de complicité.

Images du grand séminaire de Kabue:

Prospectus grand séminaire kabwebâtiment du grand séminaire en voie de réhabilitationchamps du grand séminaireun étang de poissons au grand séminaireBarrage de bulantampi

Lumbamba Kanyiki

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31 janvier 2016

L’UNION DES KASAIENS DE L’ETRANGER (UKE) RECOIT MUKENGE SHA BANTU À BRUXELLES

 

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Le comité d’administration de l’UKE (Union des Kasaiens de l’Etranger) a organisé ce week-end une réception en honneur du premier gouverneur du Kasai Occidental Barthélemy Mukenge Sha Bantu de passage à Bruxelles. Plusieurs notables du Kasai Occidental y ont été conviés. C’était une occasion pour la jeune génération de pouvoir échanger sur la situation actuelle de la RDC et du Grand Kasai avec les vieux de chez nous, considérés comme bibliothèques vivantes.

Voici en images quelques moments clés de cette réception:

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Kasai Direct

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28 janvier 2016

MONSIEUR L’ABBÉ ALPHONSE KANUBANTU A ÉTÉ CONDUIT À SA DERNIÈRE DEMEURE CE LUNDI

 

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Monsieur l’abbé Alphonse Kanubantu, décédé mercredi, le 20 janvier 2016 en Belgique a été conduit ce lundi, 25 janvier  à sa dernière demeure. Veuillez voir ci-après les quelques images des funérailles et de l’enterrement!

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Kasai Direct

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11 janvier 2015

La liberté d’expression en famille

Isabelle a seize ans. Elle est très belle, mince, portée sur des longues jambes interminables. C’est une bonne élève qui fait la joie de sa mère et le bonheur de son père. Isabelle, que les copains appellent Isa, a une soeur qui est juste son opposée: treize ans, rondelette, elle n’aime pas  beaucoup l’école. Elle est un peu jalouse de cette grande-soeur que ses parents lui présentent souvent comme modèle. Elle s’appelle Martha.

Un soir qu’elle rentre à la maison, Isa s’entend appeler “MR” par Martha.

– Bonsoir, MR.  Chloé a appelé cet après-midi, juste après que tu es partie. Elle veut que tu la rappelles sans tarder; c’est important, elle a dit”.

– Maintenant, je m’appelle MR? Et ca veut dire quoi, MR?

– Devine, tu trouveras peut-être! répond Martha.

Isabelle passe au salon, décroche rapidement le téléphone et forme le numéro de Chloé. Elle porte le téléphone sans fil à son oreille gauche, sort du salon et s’engoufre dans sa chambre. Trente minutes plus tard, elle rentre au salon pour remettre le téléphone en place. Ses parents sont devant la télé comme d’habitude.

– Papa, je peux te déranger un peu?  Martha m’a surnommée MR.  Je ne sais pas ce que ca veut dire et de toutes les facons, ca ne me plaît pas. Elle doit arrêter de m’appeler comme ca.”

– C’est la liberté d’expression”, lui répond son père sans détourner son regard de la télévision.

Un jour plus tard, Isa rentre vers dix-sept heures de l’école. En ouvrant la porte de sa chambre, elle tombe sur un dessin d’une mante religieuse placé sur son bureau. Le coin gauche porte deux lettres majuscules: “MR”.  Lisa est en colère. MR veut donc dire “Mante Religieuse!”  Sa soeur la compare donc à une mante religieuse à cause de ses longues jambes! Elle prend le dessin et la montre à ses parents. “Voilà le merveilleux dessin de votre fille!  Je suis maintenant MR, Mante Religieuse!

– C’est la liberté d’expression” répond de nouveau son père sans même jeter un coup d’oeil sur le dessin.

– Ah bon? rétorque Isa, décue.  Elle claque la porte du salon et en quelques enjambées,  atteint la porte de sa soeur qu’elle pousse violemment. Cette dernière, assise dans son lit avec des écouteurs dans ses oreilles, sursaute en voyant la mine de sa soeur qui fait irruption dans sa chambre. Celle-ci s’avance vers elle et lui assène deux fortes gifles sur les joues, la prend par la gorge et la jette contre le mur.

– Que ca soit la dernière fois que tu me traites de mante religieuse, compris?”

Martha sort en pleurant de sa chambre et va se plaindre  chez son père. Le père, qui a tout suivi à partir du salon, entre dans la chambre d’Isabelle.

– Isa, c’est de la barbarie, ce que tu viens de faire là.

– C’est la liberté d’expression, lui rétorque Isa sans détacher son regard du livre qu’elle a commencé à lire.

– Non!, crie le père

– Si! insiste calemement Isa “et ca sera toujours comme ca!”

Tshiamba ya Bende

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21 septembre 2014

Le week-end de retrouvailles

Ce week-end était vraiment spécial. Kutekemenyi Masanka connu sous le surnom de Kutex, un ami de longue date de passage à Bruxelles pour un stage, était chez nous en visite de courtoisie, accompagné de François Balumuene Balos. La soirée était très animée, d'abord autour de plats de Nzaula aux poissons fumés, de Meshi'a mansamba et des makayabu. Ensuite, nous avons passé le reste de la soirée à nous rappeler du beau vieux temps passé au petit séminaire de Kabue. Les histoires d'enfance dont  nous n'avons cessé de nous marrer.

Par téléphone-conférence, nous avons accueilli Jean-Marie Kabongo Kazadi de Nice, en France qui nous a égayés avec les contes et les devinettes du Kasai. De lui, nous retiendrons surtout l'histoire du match officié par l'arbitre Kutex et qui s'était terminé "en queue de poisson". Je m'en vais vous la raconter pour assouvir votre curiosité.

Un soir au petit séminaire, deux équipes de deuxième s'affrontaient sur un terrain. Pour mémoire, à propos des terrains,  il y en avait quatre identifiés par des lettres alphabétiques A,B,C et D.  A un certain moment, il y a eu une discussion entre les deux équipes autour d'un but validé par l'arbitre. Et pourtant l'équipe adverse avait vu un hors-jeu à la place. Le match fut donc interrompu et Kutex s' empara de la balle. Des longues minutes s'écoulèrent sans que les deux équipes trouvent un compromis. Finalement, un des joueurs demanda à Kutex: "Si Mukuta Senkole (le surnom donné à monsieur l'abbé Réné par les élèves) apparaissait maintenant et qu'il constatait la situation, qu'est-ce que tu lui dirais?". Kutex de répondre calmement de sa grosse voix d'adolescent: "Je lui dirais que le match s'est terminé en queue de poisson!" Voilà l'histoire du match qui s'était terminé en "queue de poisson". Nous remercions notre ami "Marie-Jean" pour nous avoir rappelé ces bons souvenirs.

Dommage que notre ami Kutex soit reparti hier. Nous aurions voulu qu'il reste longtemps avec nous. Mais, les bons moments ne durent pas, chacun étant attiré par ses devoirs et ses occupations. Ainsi va la vie.

Voici en images les quelques moments de ce qu'a été cette soirée.

DSC03427

Kutex et Christian Kanyiki

Ki meshi aa

Bon appétit

Lumbamba Kanyiki

 

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12 août 2014

Drôle de dernier adieu

Il y a quelques jours, nous nous retrouvons dans un cimetière de la place, non pas pour visiter les morts, mais plutôt pour y enterrer un des nôtres. Une foule nombreuse et compacte s'est amassée autour de la tombe: 99% des Noirs et quelques amis blancs, amis du défunts. Sous le soleil de plomb qui brille et nous empêche de bien respirer, je choisis de me mettre un peu à l'écart, à l'ombre d'un grand arbre. Les chansons et les je-vous-salue-Marie vont bon train. 

Tout à coup, tout devient calme, silencieux. C'est l'heure des derniers adieux. Le cercueil gît déjà au fond de la tombe. La grande soeur du défunt avance, s'incline devant son frère et l'interpelle: " Bien aimé..." commence-t-elle en français châtié. "J'ai prié Jésus-Christ pour te guérir et t'accorder encore son souffle de vie. Je sais qu'il m'a écouté parce que tu as encore survécu pendant quatre mois...". J'entends encore sa voix d'une oreille distraite. D'ordinaire, les moments comme ceux-là sont très pathétiques. C'est le moment où tout le monde est en pleurs. Mais là, je reste de marbre. Aucune larme ne coule de mes yeux. La soeur du défunt  continue son monologue pour terminer par "Je demande à la vierge Marie que tu aimais tant prier pour qu'il t'accueille au paradis auprès de son fils Jésus. Amen".

Irrité, gêné, je me tourne vers mon voisin débout à ma droite: "As-tu bien observé cette scène? Une foule de Noirs à un enterrement d'un Noir, en train de chanter en français et dire un dernier adieu à un des leurs en français. Et où est notre part là dedans?"  Et nos ancêtres? Ne méritent-ils pas d'être honorés?" Mon jeune frère me regarde étonné, ne sachant pas où je veux en venir. Je lui pose encore une question: "As-tu déjà vu ou entendu en Afrique ou ailleurs un Blanc ou une Blanche dire un dernier adieu à un des siens en tshiluba, lingala, swahili ou en wolof?".

C'est sûr que là, Mon jeune frère me prend pour un fou. "Tudi ba mayi tshiowesha ba bende" je lui dis avec tristesse. Tant que nous renierons nos racines, elles nous renieront aussi et nous continuerons toujours à tournoyer, ne sachant où aller". Je m'en vais à pas pressés, déçu, n'ayant pas écouté le "kasala" de nos mères.

Tshiamba ya Bende

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06 juillet 2014

La mort du porc-épic

Le parc grouillait de cris d’oiseaux en ce dimanche de juillet. Le soleil dardait ses rayons sur la pelouse bien coiffée et entretenue, jetant les ombres des arbres sur des allées tièdes. Ici et là, un couple, main dans la main, passait tranquillement. Les enfants couraient joyeusement devant leurs parents.

A la sortie d’un virage, un porc-épic traverse une allée. Il est brutalement immobilisé par les battements des ailes  venant d’un arbre très proche. Il gonfle son manteau sombre et pointe ses piquants au dehors. De l’autre côté de l’allée, un autre porc-épic à demi couché, une femelle, l’attend en se grattant. Tout d’un coup, un chien se rapproche et tente de le renifler. Il sent le danger et se jette en arrière.

Juste au moment où le porc-épic veut reprendre son chemin, un croassement fort s’élève de l’arbre. De nouveau, il s’immobilise et tend ses piquants menaçants.

Au loin, les bruits des chevaux se font entendre. Ils se rapprochent très vite, montés par des cavaliers aux torses bombés. Sans faire attention à la pauvre bête, ils continuent leur route, laissant derrière eux un nuage de poussière.

Un amas de chair dans une tache de sang est le seul témoin d’une vie qui s’en est allée. Toute la scène se déroule sous les yeux de la femelle, impuissante.

Tshiamba ya Bende 

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29 décembre 2013

Encore une histoire de chat

Chat sous la voiture

Il est tard dans la soirée. Je viens de passer plus d'une heure dans un bouchon, venant d'une soirée entre amis. Kanyeba m'accompagne. Elle s'est assoupie dans le siège de la vieille Corsa de notre fille. "Nous devons passer par L. pour acheter du pain" me dit-elle dans un souffle lorsque nous sortons de l'autoroute.

Le parking est presque vide quand nous arrivons devant le supermarché. Nous sommes sûrement les derniers clients. Les éternels retardataires.  D'habitude, je laisse Kanyeba faire, seule, ses achats, mais je l'accompagne cette fois-ci, question de dégourdir les vieux os restés longtemps assis dans l'autoroute. Et puis, vous savez? Si je ne l'accompagne pas, je risque de dormir dans la voiture parce que Kanyeba ne fait jamais les courses de cinq minutes! Elle vous dit qu'elle achète du pain et vous revient avec un cadi plein! Fatigué comme je suis, je n'ai pas le temps de traîner dehors. En plus, il faudra que je promène Mwenda Nende resté chez notre voisin.

En sortant du supermarché, j'apercois un chat couché sous une Opel Corsa. "Kanyeba, tu vois? Encore un chat en-dessous de notre voiture!" je lui montre, tout étonné.  "Wikala kambishi!" crie celle-ci au chat. (Sois un chat et rien d'autre qu'un chat!). Je m'approche de la voiture et pointe la clé de contact en direction de la voiture pour ouvrir les portières. Rien ne se passe. J'appuie un peu plus fort sur le bouton. Rien. "Ça commence bien!" je me fâche. Mais, en me rapprochant davantage, je suis surpris de constater que la voiture en question n'est pas la nôtre. Celle-ci se trouve un peu plus loin. Deux voitures séparent les deux Corsa de même modèle et de même couleur, gris métallisé!

Ah! Naturellement, il n'y a aucun chat en-dessous de notre voiture. Kanyeba et moi, nous glissons vite à l'intérieur et hop! Nous voilà partis en riant de nos superstitions plein nos têtes.

Tshiamba ya Bende

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05 novembre 2013

Isa, dis-moi que je rêve!

A chaque fois, c'était toujours la même scène. Triste départ. Des torrents des larmes. Bak et Isabelle se trouvaient sur le pont du bateau qui allait emporter Bak vers l'Afrique. Le vent d'octobre soufflait sans arrêt charriant les gros nuages de pluie en direction de l'océan. Bak, 23 ans était deuxième officier sur le  bateau Kananga et il était à son troisième ou quatrième voyage en mer. Ça faisait quatorze mois qu'il s'était lié pour le meilleur et pour le pire à Isabelle Bak, née Bercier, une jeune fille belge de 22 ans. Des fois, il maudissait ce métier qu'il avait choisi d'exercer depuis son jeune âge. La sirène gémit longuement. Le capitaine Bak accompagna sa bien-aimée à la rampe qui menait sur la terre ferme. Ensuite, il se dirigea vers la cabine, en évitant à tout prix de regarder derrière lui. Les premières gouttes de pluie précipitèrent Isabelle à l'abri d'où elle pouvait  voir le bateau s'éloigner jusqu'à devenir un point minuscule dans l'océan atlantique.  Elle s'engouffra dans sa petite Corolla qui prit la direction de leur appartement...

Quelques instants plus tard dans le bateau. La porte de la cabine s'ouvrit précipitamment sur un matelot en sueur:  " Nous avons remarqué de la fumée noire sortir d'un de moteurs, commandant, mais nous ne pouvons pas déterminer avec exactitude de quoi il s'agit". Le premier officier se retourna doucement et regarda le matelot, incrédule. " Mais ce bateau sort de l'entretien, mon ami! Comment expliquer cela?", lui demanda-t-il. "Je ne sais pas, mon commandant" rétorqua le mécanicien pour toute réponse. Alors, le commandant disparut de la cabine pour quelques minutes. Lorsqu'il y revint, sa décision était prise. Il prit le téléphone, s'entretint avec le port pour communiquer la situation et annonça sa décision de retourner immédiatement au port pour contrôle.

En ce moment, il pleuvait des cordes. On dirait que le bon Dieu déversait des seaux d'eaux des cieux sur la terre! Le bateau rentra au port sans gros problème. Tous les membres d'équipage en sortirent, valises en mains. Le commandant informa Bak que son épouse était en route pour le reprendre. Alors il proposa à Bak de le ramener à la maison. En effet, le domicile de ce dernier se trouvait sur son passage, donc ça ne le gênait nullement de le prendre à bord de leur voiture.

Lorsque Bak descendit de la voiture, il courut vite, poussa la porte d'entrée de l'immeuble et s'engouffra dans l'ascenseur, songeant déjà aux gros yeux de bonheur que son Isa, comme il aimait l'appeler, allait faire en le voyant entrer par surprise à la maison. Mais poussant la porte du salon, il ne vit personne. Peut-être qu'elle se repose après avoir trop pleuré sur le bateau. Vite, il se débarrassa de ses chaussures et marcha sur la pointe de pieds vers la porte. Il voulait que la surprise fût totale lorsque, en se réveillant, elle l'apercevrait à côté d'elle. Tout doucement, il saisit le poignet de la porte, le tourna et ouvrit. La chambre était dans la pénombre, éclairée seulement par des petites bougies rouges. Isa était bien là, sur le lit, la tête enfouie dans un oreiller et un mec musculeux était sur les genoux derrière elle. Les yeux de Bak voyaient, mais sa tête refusaient de croire. Alors, il s'écria: "Isa, dis-moi que je rêve!". A ces mots, les deux amoureux sursautèrent, pris de panique.

Dehors, la pluie tombaient de plus belle avec un vent violent qui soufflait dans les arbres dans un chant lugubre. Les éclairs déchiraient le ciel tout gris, suivis de tonnerres qui faisaient vibrer toutes les vitres de leur appartement. La bouche de Bak s'était séchée. Il tira sur la cravate pour la desserrer un peu. Il sentait comme si une boule de feu lui brûlait la gorge. Il tituba et manqua de s'effondrer.  Alors, il alla dans la cuisine, se versa un verre d'eau avec des glaçons et revint s'asseoir au salon, la tête entre les mains.  Quelques instants plus tard, la porte d'entrée claqua. Mais il resta impassible. A quoi bon? Il connaissait son rival. Un cousin à Isa. Le fils de son oncle maternel. 22 ans comme elle. Isa,elle, n'eut pas le courage de sortir du lieu de son adultère.

Après un temps qui dura comme une éternité, Bak alla vers elle et la trouva déjà moulée dans un peignoir rose. "J'ai cru rêver, mais la réalité est têtue" commença-t-il. "Tu as déjà fait ton choix que je respecte aussi. Désormais, il n'y a rien entre nous deux. Prends toutes tes affaires et suis ton amant". Plus tard, il cria dans un souffle plein de désespoir "Si j'avais écouté ma mère!" ´En effet, il se rappela les discussions interminables qu'il avait toujours eues avec sa mère en rapport avec son mariage. "Choisis-toi une fille de chez nous!" Ne cessait-elle de lui dire "Je ne suis pas la première à l'exiger, mon fils; lis au moins genèse 24 et tu me donneras raison".

Eh oui! La voix d'Isa le sortit de ses pensées. "Je m'excuse de ce que tu as vu, Bak. Sache seulement que mon amour envers toi n'était pas feint. Dans la vie, il y a des choses qu'on ne sait pas expliquer facilement, mais sache tout de même que je t'aime ". Elle étendit la main pour caresser sa joue, hésita et la laissa tomber finalement. Puis, comme une automate, elle remplit une valise avec des robes qu'elle tirait pêle-mêle de la garde-robe. Elle ramassa quelques paires de chaussures, vida les tiroirs les uns après les autres. Enfin les yeux remplis de larmes, elle prit la direction de la sortie et sans un regard derrière elle, elle disparut dans l'obscurité qui enveloppait petit à petit la ville. La pluie venait de cesser, mais le vent impétueux soufflait encore sans relâche et dépouillait les arbres de leurs feuilles mortes. 

Lumbamba kanyiki

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27 octobre 2013

Un chat perdu ou un sorcier?

GRIBOUILLE, magnifique chat blanc & tigré gris, joueur, curieux & affectueux (69)-dsc04515.jpgHier, j'ai vécu une aventure insolite. Je me réveille comme d'habitude. Un coup d'oeil au réveil m'apprend qu'il fait déjà 8 heures 33. Je vais au salon, remonte le  premier volet de la fenêtre. Une lumière éclatante m'aveugle les yeux. "Bonne journée", me dis-je. Je remonte le deuxième volet, mais au troisième qui ouvre sur le balcon, surprise. Un gros chat blanc avec une grande tache grise sur le dos me regarde avec des yeux hagards. Comment est-il arrivé là, au deuxième niveau? Debout sur les pattes de derrière, il se soulève, gratte sur la vitre à la recherche d'une entrée. Comment est-il arrivé là, et seulement chez moi, sur mon balcon?  Je dois signaler que mon appartement se trouve dans un grand immeuble à trois blocs de trois étages chacun.

Pendant que je cherche à comprendre, Kanyeba apparaît derrière moi. Je lui indique du menton le chat sur le balcon . " Wikala kambishi!" crie-t-elle, prise de panique.  "Sois un chat! Si tu es un esprit maléfique, que le feu du saint-esprit te brûle et te consume!" poursuit-elle. J'ai toujours entendu les gens raconter les histoires des sorciers retrouvés les matins, accrochés sur les tours des églises ou au-dessus des grands immeubles en Afrique. Le chat serait-il un sorcier venu du village pour nous faire du mal?

Un moment, la tête se remet à raisonner. Je me dis que le chat ne serait pas venu d'en bas. Il ne peut, en tout cas, pas grimper les murs ou, avec ses griffes, monter en s'agrippant aux barres de fer lisses soutenant les balcons. Au-dessus de moi, c'est le dernier niveau. Une famille y habite. Mais ils n'ont pas de chat! Je m'en vais, à tout hasard, leur demander si un chat serait monté chez eux et, peut-être, se serait sauvé par la fenêtre. Le fils du voisin, un jeune homme dans la trentaine m'apprend que son voisin de l'étage d'un autre bloc a un chat. Il se pourrait que ce soit lui qui serait en cavale et aurait atterri chez moi. Mais lorsqu'il descend voir le chat sur mon balcon, il se met à hésiter: "Non, je ne pense pas que ce soit celui-ci. Je ne suis pas sûr". Ce qui ajoute la peur et l'inquiétude en moi.

Je sors et demande à quelques voisins de l'immeuble. Ils jettent un regard sur le balcon, mais personne ne reconnaît le chat. J'entends même l'un d'eux s'écrier : "Le pauvre, qu'il est mignon!". Oui, oui, il est mignon, mais c'est peut-être un esprit maléfique venu de l'Afrique pour me tuer. me dis-je intérieurement en reprenant le chemin de mon appartement.

Quelques minutes plus tard, pendant que je suis en train de me creuser ma tête pour comprendre, j'entends sonner à ma porte. En l'ouvrant, j'apercois la fille de mon voisin du premier étage."Monsieur Tshiamba ya Bende, j'ai appris qu'un chat se trouve sur votre balcon. C'est le chat de notre voisin du troisième étage. Je l'ai reconnu tout de suite puisque des fois la famille me le confie lorsqu'elle voyage. Dieu merci, me dis-je. Je laisse entrer Rida. Elle prend avec aisance le chat dans ses bras et me demande avec sourire si je peux le caresser. "Il est tout mignon et inoffensif", me dit-il. "Non merci, Rida. Je n'aime pas les chats", je lui lance avec soulagement.

Je l'entends encore descendre les escaliers en parlant doucement au chat: "Et toi, petit rebelle, promets-moi que tu ne te sauveras plus de chez toi!"

Tshiamba ya Bende 

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