13 mai 2018

CEUX QUI CONTINUENT DE TUER DANS LE KASAI SONT LES MÊMES QUI TUENT À BENI ET EN ITURI

M23

Ne nous voilons pas la face! Ceux qui nous tuent au Kasai  sont les mêmes qui nous tuent à Beni et  en Ituri.  Leur mode opératoire reste le même. Ils nous tuent à l’arme blanche; ils nous décapitent à la machette. Ceux qui perpétuent les massacres de pauvres civiles dans les villages du Kasai, à l’abris des regards, sous le silence total sont ceux-là même qui circulaient à bord des kashinyi katoke, ces camionnettes blanche qui enlevaient des jeunes gens il n’y a pas longtemps dans la ville de Kananga.

La poplulation devrait ouvrir les yeux et ne pas accepter la version facile consistant à mettre tous les massacres sur le dos des miliciens Kamuina Nsapu qui n’existent pratiquement plus. Ceux qui tuent au Kasai, ce sont les militaires rwandais qui ont installé des tentes dans la brousse loin de la ville, qui n’obéissent qu’aux ordres de Kinshasa et qui font des razzias dans les villages pour tuer et exterminer la population du Kasai. Ils travailleraient en complicité avec la milice de Kabila dénommée Bana Mura.  Voir aussi http://www.jeuneafrique.com/463828/politique/rdc-la-milice-bana-mura-plus-feroce-que-les-kamuina-nsapu-dans-le-kasai-selon-lonu/.

La population devrait ouvrir les yeux, sinon nous mourrons jusqu’au dernier avec la complicité des nôtres qui pactisent avec l’occupant.

Lumbamba Kanyiki

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15 mars 2018

RECRUDESCENCE DE L’INSÉCURITÉ AU KASAI CENTRAL: LE GOUVERNEUR KAMBAYI RÉPOND MAIS NE CONVAINC PAS

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A la lecture, sur 7sur7, de la réponse du gouverneur du Kasai Central Denis Kambayi au mémorandum des prêtres de l’archidiocèse de Kananga sur la recrudescence de l’insécurité, nous avons l’impression que monsieur Kambayi vit dans une bulle, déconnecté du vécu des Kasaiennes et des Kasaiens. D’après lui, puisque le Kasai Central sort d’une période de conflits suite au décès du chef coutumier Kamuina Nsapu, les prêtres et curés, ceux-là mêmes  qui vivent au quotidien avec la population meurtrie, ne devaient pas dénoncer le climat actuel de recrudescence d’insécurité. A l’entendre, c’est tout à fait normal qu’il y ait encore au sein de la ville de l’insécurité parce que la région sort de la période de conflits. Mais ce dont parlent les prêtres, c’est d’un phénomène nouveau,  les prêtres relaient les cris alarmants de la population qui  dénoncent bien l’existence de « Kashinyi katoke », une camionnette blanche qui enlèvent des jeunes gens au grand jour. Ils dénoncent les enlèvement des paisibles citoyens qui, pour retrouver leur liberté, les familles doivent débourser des sommes importantes alors qu’ils n’ont commis aucun délit.  Ils dénoncent la gâchette facile de ces gens indisciplinés, assoiffés du sang, qui tuent très facilement.

Et qui en sont les auteurs? Des hommes en armes qui emmènent leurs victimes dans des endroits bien déterminés. Ils parlent bien des Rwandais qui ont érigé leur camp avec des tentes et disposent des containers-cachots.  Censés sécuriser la province dans le cadre de leur soi-disante zone opérationnelle, ces gens, au vu de leur mode opératoire,  ont mission non avouée de terroriser les paisibles citoyens, de piller leurs biens,  de les tuer, bref de semer le chaos! Mais dans quel but?

Il est tout à fait inutile de trouver des tireurs des ficelles chez des frères et soeurs qui vivent dans d’autres coins du monde alors que ceux-ci s’inquiètent, á juste titre, de l’avenir de leur province et de la sécurité de leurs membres de famille restés au pays.

Par ailleurs, monsieur Kambayi regrette que les médias aient exploité le mémorandum qui lui était adressé avant que, lui-même, l’ait parcouru. Voilà comment ceux qui nous dirigent fonctionnent:  monsieur le gouverneur reçoit un document important, signé par plusieurs personnes et non des moindres parce qu’il s’agit quand même des prêtres de sa province. Il le classe dans un tiroir quelque part et remet à plus tard son exploitation. Mais plus tard quand, monsieur le gouverneur puisqu’il s’agit des vies humaines?

A quoi peut-on s’attendre après la réponse de monsieur Kambayi? Ce qui est vrai est que, dans sa bulle où il s’est enfermé, monsieur Kambayi comme les autres prétendues autorités politico-administratives savent bien ce qui se passe au Kasai Central. Ce sont des malheureux au service de l’occupant. Ils sont devenus  sourds aux cris de leurs frères et soeurs; ils sont devenus aveugles  à leur sang qui coule au quotidien. Seul comptent, pour eux, les miettes qui tombent de la table de leur « rais ». Et c’est malheureux!

Lumbamba Kanyiki

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10 mars 2018

INSÉCURITÉ AU KASAI CENTRAL: DES PRÊTRES DE L’ARCHIDIOCÈSE DE KANANGA RÉAGISSENT PAR UN MÉMORANDUM

M23

Dans un document d’une dizaine de pages dont copie nous est parvenue, des prêtres de l’archidiocèse de Kananga adressent un mémorandum aux autorités politico-administratives de la province du Kasai Central pour dénoncer l’insécurité grandissante et le climat de psychose qui se sont installés depuis plusieurs mois au sein de la population qui aspire à la paix. Ce qui est frappant et étonnant est que le nom de leur autorité religieuse en la personne de l’archévêque  Marcel Madila ne figure pas parmi les signataires. D’ailleurs, logiquement parlant, c’est lui qui devait prendre ses responsabilités comme nous le voyons dans d’autres provinces pour parler au nom de la population meurtrie. Les prêtres dénoncent le manque de réactions de la part des autorités politco-adminstratives qui ont carrément abandonné la population aux mains des gens sans foi ni loi. Nous dénoncons à notre tour le silence  de Marcel Madila qui aurait choisi le camp du pouvoir contre le peuple congolais.

Du reste, ce que les prêtres ne dénoncent pas tout haut dans ce mémorandum, c’est que, en réalité, ce sont les soldats rwandais qui supervisent tous ces rafles et  enlèvements. Comme dans notre précédent article, nous demandons aux responsables de la MONUSCO de déployer leurs éléments pour protéger la population qui se trouve en face des brigands de grand chemin, assoiffés du sang des Congolais.

Veuillez lire le mémorandum des Prêtres de Kananga dans les lignes qui suivent!

Mémorandum des prêtres du Kasai Central

Lumbamba Kanyiki

 

PRESBYTERIUM DE KANANGA

 

Archidiocèse de Kananga

B.P. 70 Kananga

Kasayi Central

RD CONGO

 

 

 

 

  Transmis copie à :

 

– Au Maire de la ville de Kananga

– Au Directeur Provincial de l’ANR

– Au Directeur Provincial de la DGM

–  A l’Inspecteur Provincial de la PNC

– Au Commandant 21ème Région Militaire

-Au Commandant Secteur Opérationnel

– A la Monusco Kananga

 

 

MEMORANDUM A L’ENDROIT DE MONSIEUR LE GOUVERNEUR

                   DU KASAYI CENTRAL

 

  1. Préambule

A  la tenue du forum de paix sur le Kasayi au mois de septembre 2017, la population de Kananga, en particulier et celle du Kasayi, en général avait nourri l’espoir de voir la paix enfin revenir sur l’espace Kasayen, après les conflits armés des miliciens de Kamuina N’sapu contre l’Etat congolais. Mais hélas, cet espoir n’a duré en fait que l’espace d’un matin. Car, la province du Kasayi continue à subir des affres de la violence et d’une insécurité grandissante.

Au regard de cette insécurité et des conséquences qu’elle charrie pour la population, nous nous faisons le devoir d’effectuer cette démarche auprès de vous, autorité  en charge de la Province du Kasayi Central pour exprimer notre vive indignation, face au silence entretenu en rapport avec des faits graves, qui nécessitent votre implication.

  1. Contexte

Le contexte actuel que nous vivons à Kananga est marqué par une forte psychose due aux enlèvements des personnes devenus monnaie courante et des arrestations arbitraires. Cette psychose nourrie par la présence  d’un véhicule non immatriculé et identifiable par sa couleur blanche, que beaucoup appellent « kashinyi katoka » et d’autres « shinarambo »portant à son bord des hommes en uniforme des FARDC, non autrement identifiés, plonge la grande majorité de notre population  dans le désespoir. Des enlèvements de personnes, du style d’un épervier attrapant les poussins, ont été opérés et continuent d’être opérés en plein air, le jour comme la nuit, et des cris de détresse et d’indignation de la population ne semblent pas avoir reçu un écho dans le chef des dirigeants provinciaux.

Au regard de ces actes graves, nous nous interrogeons pour savoir comment comprendre de tels actes dans une ville où des services de sécurité, à savoir la PNC, l’ANR et les FARDC sont omniprésents. Comment peut-on expliquer le silence radio de nos autorités provinciales, à qui revient la charge de protection des personnes et de leurs biens. En tout état des causes, nous osons croire, comme cela se fait dans d’autres nations, que nos autorités provinciales devraient fournir une explication à la population et sanctionner des personnes qui se rendent coupables de tels actes.

A notre grand étonnement,  nous constatons avec regret que jusqu’à  ce jour, la justice ne s’est saisi d’aucun cas en rapport avec ces enlèvements. Comment dans ces conditions, la population ne pourrait-elle pas penser que ces actes sont commis par des personnes, avec la bénédiction des dirigeants. Nous croyons fermement que la mise aux arrêts des personnes qui se sont rendues  et qui se rendent coupables de tels actes pourrait soulager la population qui se sent aujourd’hui frustrée.

Par ailleurs, à l’intérieur de la province, l’insécurité continue à persister dans le territoire de Demba, secteur de Lombelo et à la frontière du Kasayi  Central et du Kasayi du côté de Kakenge.  Cette insécurité qui cause mort d’hommes requiert votre implication et votre engagement ferme pour y mettre un terme.

Sur des tronçons routiers, la multiplicité des barrières et des frais qui y sont exigés à tout passant constitue une vive préoccupation pour la population. Les souffrances endurées par des commerçants ambulants appelés couramment les « Bayanda » et autres usagers de la route nécessitent, Monsieur le Gouverneur,  votre attention particulière et une solution urgente.

  1. Constats

A cette période cruciale que traverse notre pays en général et notre province en particulier, nous constatons des faits qui sèment la désolation dans le cœur de notre population, comme dans celui de tout homme épris de dignité humaine, de justice et de paix.  Depuis l’aube de cette nouvelle année, des cas d’insécurité ne cessent de se multiplier dans la population de manière inquiétante jusqu’à ces jours. Pour preuves :

– En date du 03 janvier 2018, à Tshikaji, quartier Lubi- a mpata, Commune de Nganza,  une fille de 12 ans, répondant au nom de Mujinga,  vendeuse des pains s’est vue tirée dessus par un militaire du seul fait qu’elle réclamait ses 300FC du pain consommé par ce militaire. Heureusement, la fille a été prise en charge à l’hôpital Bon Berger de Tshikaji et a survécu. Mais le militaire après ce forfait a tourné son arme contre lui-même et s’est donné la mort, d’après nos sources.

– Le 04 janvier 2018, à Bikuku, quartier Plateau, Commune de Kananga,  un garçon du nom de Marcel Buabua, taximen de son état, a été abattu à bout portant par un militaire au niveau de l’arrêt de bus de Bikuku. La cause de l’assassinat n’était autre que le fait de n’avoir pas transporté ce militaire jusqu’au camp Bobozo, étant donné qu’il avait déjà une autre cliente sur sa moto.

La même date du 04 janvier2018, à la cité de Ntambue Saint Bernard, quartier Lubi-a –mpata, un policier assis devant sa maison a été criblé des balles  par un militaire de passage devant sa maison. Ce policier a survécu miraculeusement et le militaire est aux arrêts.

Le 05 janvier 2018, à Kanyuka, groupement de Bena Mutshipayi, Commune de Lukonga, des militaires FARDC placés en poste de surveillance des éventuelles manifestations publiques ont ravi aux passants vélos, sacs de maïs, des maniocs et de l’argent. Nos sources renseignent que ces militaires n’étaient pas ravitaillé  par leur hiérarchie.

Le 08  janvier 2018, dans le quartier de Kamupongo, Commune de Ndesha, les hommes armés et en tenue des forces de l’ordre ont cassé dans la nuit  la porte de Monsieur Jérémie Ntuite et emporté tous les biens de la maison.

Le 11 janvier 2018, à Lumumba III, quartier Itabayi, Commune de Lukonga, des hommes armés et en tenue de la PNC et des FARDC ont saccagé nuitamment trois maisons aux environs de 2 heures du matin. D’après les habitants de ce quartier, des vols en mains armées sont récurrents dans ce quartier.

Le 13 janvier 2018, au quartier Mabondo, Commune de Lukonga, des personnes armées et en tenue de la PNC ont saccagé et pillé cinq maisons, parmi lesquelles celle de Monsieur Katende. Ces hommes ont même violé une fille et sa mère en présence du mari. Parmi les assaillants, les victimes ont reconnu trois policiers, notamment, messieurs Jean Paul Ntumba et Mbayi Kazubu, aux arrêts. Le troisième, sous-commissaire Kabamba, a pour sa part pris le large.

Le 15 janvier 2018, à Katambayi, quartier Lubi-a mpata, Commune de Nganza, des militaires ont incendié une dizaine des maisons en paille au motif qu’elles appartiendraient aux familles des miliciens en fuite.

Le 15 janvier 2018 toujours, dans la localité 20 Mai au quartier Plateau, Commune de Kananga, un groupe de garçons a été aperçu à bord de la jeep du secteur opérationnel en direction du camp Bobozo. Parmi ces garçons, nos sources renseignent qu’on a reconnu monsieur Simon Betu Tshikondo, âgé d’une trentaine d’années. Sa famille l’a retrouvé au cachot de T2 et une caution de 500.000FC a été exigée pour sa remise en liberté.

Le 16 janvier 2018, au quartier  Kamupongo, Commune de Ndesha, un corps sans vie a été ramassé au coin de l’école Mamu Kalendu. Pour les habitants du quartier, il s’agissait du corps d’un voleur de renom qui serait lynché par des personnes de ce quartier non autrement identifiées.

Le 17 janvier 2018, au quartier Kele Kele sur avenue Kinshasa, Commune de Katoka, des personnes armées ont cassé la porte de Monsieur Kalonji et ont emporté tous les biens de la maison, ainsi que 300.000FC.

Le 23 janvier 2018, au Commissariat de Katoka, Commune de Katoka, un policier du nom de Joli Lumu a tiré sur un garçon qui est mort sur place.

Le 25 janvier 2018, des coups des fusils ont été entendus aux alentours de l’aéroport. Nos sources informent qu’à cette occasion, les FARDC en poste ont obligé tous les Bayanda ou tireurs des charges à vélo de baisser leurs pantalons jusqu’aux genoux pour voir s’ils portaient sur eux des insignes des miliciens.

Le 26 janvier 2018, à Katole, quartier Tubuluku, villages de Tshimpidinga et Tshidiadia, des villages situés aux environs de l’aéroport ont été vidés de leurs habitants à cause des tracasseries des militaires. Nos sources soulignent qu’une fille aurait attrapé une balle dans la jambe pendant des patrouilles des militaires.

Le 31 janvier 2018, au Parquet de grande instance, une fille du nom de Tshiame, dont l’âge varie entre 18 et 19 ans a été trouvée au cachot du parquet, après quatre jours de détention,  au motif qu’elle n’aurait pas payé 8000 Fc de  l’argent requis  pour la tresse de ses cheveux.

Le 02 février 2018, à Muamba Mbuyi et Ngala Kashi, les militaires ont arrêté une dizaine des garçons et les ont amenés au camp Bobozo, au motif qu’ils sont des miliciens.

Le 03 février 2018, au quartier Tshinsambi, localité Kamulumba, monsieur Kabamba Kapinga, âgé de 22 ans, a été arrêté par des policiers à 19 heures. Ces policiers lui ont administré des coups et mis au cachot où il est mort 48 heures après.

Le 07 février 2018, au quartier Tshinsambi, localité de Kamulumba, monsieur Emmanuel Ngalamulume a été enlevé et amené les yeux bandés à un lieu inconnu. Il sera libéré après intervention de quelqu’un qui prétendait le connaître.

Le 09 février 2018, au quartier Dikongayi, Commune de Lukonga, monsieur Stéphane Tubadi a été kidnappé à 19 heures au niveau de la paroisse Notre Dame et amené au camp Bobozo. Il s’est échappé au moment où les militaires commis à la garde s’étaient endormi. Il a passé la nuit dans un canal tout près de la rivière Nganza.

Le 12 février 2018, à Katole, quartier Mpemba, Commune de Kananga, le Chef de  localité Katole, monsieur Badibanga Kamenga a été retrouvé sans vie, sans tête et sans bras à côté d’une rivière. Il avait été enlevé avec son épouse et son fils quatre jours avant. Un groupe des miliciens lui reprochait ses liens étroits avec des militaires.

Toujours le 12 février 2018, au quartier Nganza Nord, Commune de Nganza, messieurs Mbayi et Jean Paul Ntumba ont été enlevés par des militaires à bord de la voiture blanche et amenés en direction du camp Bobozo. Ils ont retrouvé la liberté en date du 13 février, après le versement de 150.000 Fc chacun, via m-pesa par leurs parents.

Toujours le 12 février 2018, au quartier Mabondo, Commune de Lukonga, Lumumba IV, monsieur Daou Lukusa, taximen de son état, a été appréhendé et sa moto confisquée par des militaires à bord de la voiture blanche. Il sera remis en liberté après versement de 100.000 Fc au niveau de la route Ilebo par le propriétaire de la moto.

Le 13 février 2018,  à Tshilumba, au quartier Tukombe, Commune de Katoka, mesdames  Tshiela et Manyayi ont été enlevées par des militaires à bord de la jeep blanche. Elles seront libérées après intervention de plusieurs personnes et le versement de 50.000 Fc comme rançon.

Le 20 février 2018, au quartier Lumumba 1er, Commune de Lukonga, des personnes armées et en tenue des militaires ont cassé la porte de la maison de monsieur Tshipamba dans la nuit. Sa femme a été menacée de viol au cas où elle ne donnerait pas l’argent. Une somme de 700.000 Fc, 10 chaises en plastics, 1 téléviseur, 1 radio, 1 matelas, 1 sac contenant les habits de la femme et des assiettes ont été emportés par ces intrus.

Toujours le 20 février 2018, au niveau de l’hygiène, à l’entrée de l’avenue Macar, quartier Kele Kele, Commune de Kananga, monsieur Amiel Muepu Kalambayi, étudiant de son état en L1 Economie à l’Unikan, a été enlevé à 19 heures par des militaires à bord de la voiture blanche. Il a été mis de force sur la jeep et a reçu une piqure sur la nuque et amené à une destination inconnue. Un appel adressé à son ami Prince Mbuyi a signalé son arrestation et exigeait 500 dollars pour sa vie sauve. On lui arraché 170 dollars plus 30.000 Fc, 2 téléphones et ses souliers ketch.  Il a été libéré le vendredi, 23 février 2018,  après versement de 500 dollars  en deux tranches sur le compte et le numéro de téléphone de la victime.

Le 21 février 2018, à Ndesha, des personnes armées et habillées en tenue militaire ont cassé la porte de monsieur Buana, directeur d’une école de la place. Ils ont emporté la somme de 300.000Fc, ainsi que les valises contenant des habits et 10 chaises.

Le 24 février 2018, au quartier Tshinsambi, Commune de Kananga, monsieur Enoch Ilunga Wishiye, âgé de 16 ans et habitant dans la paroisse Saint Clément, a été enlevé et amené à un lieu inconnu, qu’il ne sait pas décrire. Son père sera contacté pour verser 500.000 Fc  via m-pesa. C’est ce que sa famille payera en guise de rançon et Ilunga a été  abandonné à côté de la résidence officielle du Gouverneur du Kasaï  Central.

Le 27 février 2018, vers 15h00’, monsieur Amba a  été arrêté par quatre policiers du CIAT Ter Nganza de Kananga II, au motif qu’il est milicien, sans document ni mandat d’arrêt. Il a été relâché le 28 février par l’Auditorat militaire pour insuffisance des preuves.

Le 02 mars 2018, au quartier Abattoir, Commune de Lukonga, mademoiselle Bambi Falonne étudiante à l’Unikan a été enlevée à Tubuluku, quartier Plateau, Commune de Kananga. Elle a été libérée après intervention de plusieurs acteurs nationaux et internationaux.

Toujours le 02 mars 2018, devant l’ISP Kananga, vers 11h00’, sept motos avec chacune trois policiers ont arrêté  Madame Betu Ntumba Bety et l’ont acheminée au cachot de District ville, au motif qu’elle est milicienne. Elle a été relâchée le samedi, 03 mars 2018, après versement d’une caution de 130 dollars américains.

Le 04 mars 2018, au quartier Kele Kele, Commune de Katoka, monsieur Tshilanda provenant du côté de Tshibashi sur une moto  a été tabassé par des militaires, sa moto ravie et lui-même jeté dans un ravin. Il a été découvert par des femmes qui allaient puiser l’eau en train de ramper et a été amené, d’après nos sources, auprès du Gouverneur pour expliquer ce qui lui était arrivé.

Le 05 mars 2018, Madame Charlie Musawu  a été appréhendée au niveau du marché Dibambe, dans la Commune de Lukonga. Elle a été relâchée, après qu’une somme de 150.000Fc lui ait été arrachée.

Le 07 mars 2018, aux environs de 6h00’, au niveau de la paroisse Christ-Roi de Ndesha, Madame Misenga Bakole, résidant à Kamilabi, a été kidnappée par la jeep blanche. Une piqure lui a été administrée au coup. Elle a eu la vie sauve en s’enfuyant au niveau du marché Tshiamba Ndiba. Elle se trouve actuellement aux soins.

  1. Notre mission prophétique

Eu égard à notre mission prophétique, et au regard des cas d’arrestations arbitraires, d’enlèvement et d’insécurité qui ne cessent de se multiplier, nous prenons en mains notre responsabilité pastorale pour dénoncer tous ces cas et sollicitons l’implication des toutes les autorités politico-administratives pour un retour rapide de la paix dans la ville de Kananga et dans l’ensemble de notre Province.

Il nous serait préjudiciable, en tant que pasteurs de laisser passer inaperçus tous ces cas, comme s’il s’agissait des faits divers et de ne pas faire entendre le cri de détresse de notre population, qui aspire à une paix durable. Aussi nous faisons-nous le devoir  de formuler quelques recommandations à vous les dirigeants, aux forces de l’ordre et à la population elle-même.

  1. Recommandations

1° Aux autorités provinciales

– De prendre toute la mesure de l’insécurité qui est réelle à Kananga ces jours-ci et qui sème la psychose dans la population ;

– De sanctionner de manière exemplaire tous les auteurs des enlèvements qui sont décriés ces jours, afin de rassurer la population ;

-De travailler à la cohabitation pacifique entre les hommes en uniforme et la population ;

– De réduire le nombre de barrières érigées sur nos routes afin de permettre la circulation libre des personnes et des biens ;

– De demander aux agents de l’ordre de cesser toute tracasserie de la population.

2° Aux forces de l’ordre

– De cesser de provoquer la population en exhibant les armes ;

– De rompre avec la culture de la gâchette facile et des arrestations arbitraires, sous prétexte de traquer  des miliciens ;

– De chercher à gagner la confiance de la population ;

– De capitaliser la discipline militaire et de contrôler les militaires et les policiers.

3° A la population

– D’être solidaire de ceux qui sont enlevés ou arrêtés injustement ;

– De savoir dénoncer tout comportement de nature à violer les droits humains et toute        tendance à la guerre.

– De cultiver la paix dans son milieu ;

– De combattre la peur ;

– De dénoncer auprès des autorités provinciales quiconque est fauteur des troubles

Conclusion

La population du Kasayi Central veut vivre en paix. Nous en appelons aux autorités politico-administratives d’œuvrer en faveur de cette paix dont on a tant besoin ces jours. Comment expliquer qu’avec une seconde  zone opérationnelle qui englobe les provinces de l’ex-Katanga et les provinces du Kasayi, et  un secteur opérationnel pour toutes les provinces du Kasayi  l’augmentation des cas d’insécurité ? Pour cela, nous demandons la suppression du secteur opérationnel au Kasayi Central. Nous demandons aussi que des forces de l’ordre qui sont déployées sur terrain, à l’intérieur de la province cessent de tracasser la population et que les autorités provinciales les convient à la collaboration avec les habitants des villages où elles sont affectées.

Fait à Kananga, ce 07 mars 2018

Presbyterium  de Kananga

 

 

               

                                

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09 mars 2018

LA POPULATION DU KASAI CENTRAL PRÉOCCUPÉE PAR UNE INSÉCURITÉ GRANDISSANTE CAUSÉE PAR LES MILITAIRES RWANDAIS

M23

Les Kasaiens du Kasai Central vivent ce dernier temps dans une insécurité grandissante causée par les militaires rwandais qui ont été déplacés par Kabila au centre du pays en 2011. Ils dénoncent des enlèvements qui s’opèrent dès la nuit tombée par ces militaires qui circuleraient chaque soir à bord d’une camionnette blanche et enlèveraient des jeunes filles et garcons qu’ils rencontrent sur leur passage. Les autorités de la province sont incapables de dénoncer ces crimes perpétrés par ces assassins venus du Rwanda.

Le mercredi 21 février 2018, le neveu d’un habitant de Kananga qui a requis l’anonymat a échappé à un enlèvement.  Il était en compagnie de deux autres jeunes gens quand soudain une camionnette blanche a fait son apparition au niveau du rond-point Basonga à Ndesha. Deux jeunes gens ont réussi à s’échapper au moment où les militaires tentaient de les attraper. Le troisième garçon qui  trainait les pas a été embarqué sans ménagement. Les deux jeunes qui s’étaient enfuis ont immédiatement alerté la famille de leur ami dont le père était lui-même officier à l’auditorat militaire de Kananga. Aussitôt informé de la situation, le père s’est mis à la recherche de son fils. Il a fait le tour des lieux de détentions possibles de la ville, en vain. 24 heures plus tard, après un échange d’informations avec ses supérieurs hiérarchiques, il apprend qu’il existe d’autres lieux de détention inaccessibles dans le campement réservé aux militaires rwandais. Lorsqu’il s’y rend, il va être ridiculisé et refoulé par les Rwandais qui lui disaient : « Qui t’a permis de venir ici ? Ton grade d’officier congolais c’est quoi ? Ne reviens plus ici… ». Malgré l’intimidation dont il a été l’objet, l’homme ne s’est pas découragé. Après plusieurs démarches, il a fini par obtenir une recommandation d’un haut gradé rwandais et est revenu au campement en compagnie cette fois-ci d’un autre officier rwandais. Enfin il  a découvert qu’il y a sur ce campement un container caché derrière les tentes. On ne le laisse pas s’en approcher. Après lui avoir demandé, avec mépris, le nom de son fils, les soldats rwandais lui ramènent quelques instants plus tard son enfant en lui disant : « tu as eu de la chance ! ».

Le jeune homme racontera plus tard à son père que les  soldats rwandais viennent chaque nuit vers deux heures du matin et sortent cinq jeunes du container; quelques minutes plus tard, ils entendent seulement des coups de feu. Pendant sa première nuit passée dans le container-cachot, cinq jeunes gens ont été emmenés et ne sont pas revenus. Le jour suivant, cinq autres ont été sortis  toujours vers deux heures du matin; ils ne sont pas revenus non plus dans le container.

Ces militaires rwandais sont en train de terroriser la population non seulement à Kananga, mais aussi à l’intérieur de la province où ils tuent,  extorquent du bétail des pauvres villageois  et les chassent de leurs terres pour les remplacer plus tard par des sujets rwandais. Ce qui est incompréhensible, c’est le silence des autorités provinciales. Elles sont au courant de ces crimes perpétrés par les soldats rwandais, mais préfèrent se taire.

Nous demandons à la MONUSCO de déployer ses éléments pour la protection de la population ainsi que leurs biens. Car tout laisse croire que les Rwandais sont dans une campagne d’extermination de la population congolaise avec la complicité d’autres congolais!

Lumbamba Kanyiki

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25 février 2018

MARCHES DES CHRÉTIENS DISPERSÉES À COUPS DE GAZ LACRYMOGÈNE DANS PLUSIEURS PAROISSES DE KINSHASA, MAIS LA POPULATION RÉSISTE

marche du 25 février 2018

La police de Kabila ainsi que sa garde présidentielle ont dispersé violemment les Chrétiens qui voulaient marcher dans plusieurs paroisses de Kinshasa ce matin, faisant usage de gaz lacrymogène. Les observateurs sur place font états des plusieurs blessés,  des arrestations et confiscations des biens privés notamment dans les paroisses de Matete, Masina sans fil et Ngiri-Ngiri où la population a répondu massivement à l’appel des Laics du CLC. A la paroisse  Saint Jean-Baptiste de Bumbu, un militaire a été démasqué au sein des marcheurs qui l’ont lynché. Il a été finalement récupéré   par ses frères d’armes. La situation est explosive: la population tente coûte que coûte à marcher pour exiger le respect des accords du 31.12.2016. Quelques images:

Lumbamba Kanyiki

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18 février 2018

LA CONSTITUTION CONGOLAISE TOTALISE 12 ANS D’EXISTENCE DEPUIS SA PROMULGATION LE 18 FÉVRIER 2006

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18 février 2006-18 février 2018, la Constitution congolaise totalise 12 ans de son existence depuis qu’elle a été promulguée. A cette occasion, l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique, IGDPA dont l’objectif est la promotion de la Démocratie, la bonne gouvernance,la Paix et le Développement en Afrique invite, à travers le message ci- bas, toutes les Congolaises et tous les Congolais,  à rester debout pour défendre leur liberté chèrement acquise et faire échec à ceux qui veulent se maintenir au pouvoir par des voies illégitimes et illégales.

L’IGDPA annonce que cette semaine qui  commence sera la semaine de la Constitution dont l’anniversaire sera célébré dans la méditation et la prière jusqu’au 25 février 2018.

Voici ci-après le message de l’IGDPA à l’occasion du 12 ème anniversaire de la Constitution! Il est signé  Prof André Mbata Mangu,  Directeur Exécutif de l’IGDPA, Professeur des Unversités.

Kasai Direct

 

MESSAGE DE L’IDGPA A L’OCCASION DU 12e ANNIVERSAIRE DE LA CONSTITUTION DE LA RD CONGO 

Depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo (RDC) avait été confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales était la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. En vue de mettre un terme à cette crise chronique de légitimité et donner au pays toutes les chances de se reconstruire, le peuple Congolais dans son écrasante majorité avait adopté par référendum (du 18 au 19 décembre 2005) cette  Constitution qui avait été promulguée par le Président de la République le samedi 18 février 2006.

L’Histoire garde nettes les images de ces millions d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, malades et bien portants bravant la pluie et la chaleur sur les collines et dans les plateaux, dans les forêts et dans les savanes ou sur les eaux des lacs, du majestueux fleuve Congo et de ses nombreux affluents, pour aller exprimer leur volonté de vivre dans une République réellement démocratique qui garantisse à chaque citoyenne et à chaque citoyen le droit à une existence digne et heureuse. Impitoyable et incorruptible, l’Histoire garde également forte l’image d’un jeune Président de la République présentant au peuple congolais et au  monde entier cette nouvelle Constitution dont il s’engageait à être le garant et qu’il allait plus tard jurer solennellement de respecter et de défendre, devant Dieu et la Nation.

Douze ans après son entrée en vigueur, les immenses espoirs de reconstruction d’une nation puissante et prospère au cœur de l’Afrique qui appartienne à toutes ses filles et à tous ses fils se sont malheureusement évanouis. L’Etat de droit démocratique et social auquel notre peuple a toujours aspiré reste un chantier largement inachevé. Les gouvernants font preuve d’une délinquance sans précédent vis-à-vis de la Constitution et de la gestion de la Res publica considérée comme leur bien privé. La violation des droits de l’homme et la corruption dans tous ses états ont été érigées en règle fondamentale de gouvernance d’un Etat fantomatique dont certains ont du mal à affirmer l’existence. Le pays va mal, très mal, et bat tous les records négatifs. En dépit de fabuleuses ressources naturelles dont il regorge, les dirigeants ont réussi à transformer le paradis en enfer pour la majorité de leur peuple. Les habitants de certaines des terres les plus riches du monde sont paradoxalement comptés  parmi les femmes et les hommes les plus pauvres de la planète. La nation déjà balbutiante a été condamnée à l’inanition par ceux-là même qui étaient censés la protéger et assurer sa grandeur. Les antivaleurs ont pris le dessus sur les valeurs qui fondent la République et une « République démocratique » qui dès lors n’existe que de nom.

Au moment où nous commémorons le 12e anniversaire de la Constitution, toutes les institutions politiques sont devenues illégitimes et ont perdu tout mandat de gouverner démocratiquement le peuple congolais. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le pays est de nouveau confronté à une crise politique qui rappelle celles qu’il avait connues avant l’entrée en vigueur de la présente Constitution et dont l’une des causes ou la cause fondamentale est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. La RDC constitue un cas paradigmatique de la mauvaise gouvernance et du gaspillage inouï des richesses africaines au profit d’un groupe de prédateurs locaux et de leurs complices que sont les multinationales et certains gouvernements étrangers qui les soutiennent au sein de la communauté internationale.

Sur un continent où des progrès démocratiques notables sont enregistrés dans plusieurs pays, la RDC est devenue le symbole même de la négation du constitutionnalisme, de la démocratie, des droits de l’homme et de la mauvaise gouvernanceVoici le pays de tous les espoirs devenu aussi paradoxalement le pays de toutes les inquiétudes, ce qui justifie notamment la présence du  contingent onusien le plus important depuis la création de l’ONU en 1945.

L’IDGPA est une organisation non-gouvernementale indépendante dont l’objectif majeur est de promouvoir la démocratie, la (bonne) gouvernance, la paix et le développement en Afrique à travers la recherche, la formation, et le lobbying. L’Institut saisit l’occasion de la commémoration du 12e anniversaire de la Constitution de la République pour réaffirmer sa foi, sa volonté et sa détermination à œuvrer sans relâche pour l’avènement d’un Etat de droit véritablement démocratique partout en Afrique et invite l’ensemble du peuple Congolais à garder la même foi et la même détermination.

En adoptant cette Constitution après des décennies de pouvoir autoritaire, le peuple congolais entendait envoyer au monde entier le message que plus jamais un tel régime ne serait toléré dans le pays ! L’on comprend ainsi plusieurs innovations introduites par le constituant primaire : l’interdiction de parti unique érigé en une infraction imprescriptible de haute trahison, la reconnaissance de l’opposition politique, la protection des droits humains et des libertés fondamentales et la séparation des pouvoirs sur base de la suprématie de la Constitution. Aussi, toute révision constitutionnelle est formellement interdite en ce qui concerne la forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ainsi que les droits et libertés de la personne et les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées qui ne peuvent jamais être réduits.

Contrairement à une tradition instituée depuis 2016, l’IDGPA n’organisera pas de conférence et célèbrera autrement le 12e anniversaire de la Constitution qui intervient à un moment particulièrement douloureux où les valeurs fondamentales de la République et de la démocratie pour lesquelles plusieurs milliers de Congolais avaient risqué et perdu leurs vies sont de nouveau méconnuesCette célébration qui commence le dimanche 18 et se clôturera le dimanche 25 février 2018 se fera dans la méditation et dans la prière autour de cet instrument sacré car sacrée, la Constitution l’est et le reste incontestablement. Du reste, son adoption par référendum en 2005 était l’expression de la prise de conscience et de la détermination de « Nous peuple congolais » d’assumer « nos responsabilités devant Dieu, la Nation, l’Afrique et le Monde » en bâtissant un pays plus beau qu’avant.

C’est le lieu de rappeler la disposition du tout premier article de la Constitution relative à l’hymne national de la République. « Debout Congolais » n’est pas une simple exhortation, mais un devoir sacré que le peuple congolais s’est imposé depuis l’indépendance et qui devrait revêtir une résonnance particulière en ce 12eanniversaire de la Constitution. L’exécution de cet hymne national nous rappelle que ce pays appartient à tous les Congolais et que nous sommes tous à la fois testateurs et légataires d’un serment d’autant plus inviolable qu’il est « immortel ». Nous n’avons pas reçu des Pères de l’indépendance tout comme nous ne léguerons pas à notre postérité un quelconque serment de servitude vis-à-vis de qui que ce soit, mais plutôt un « Serment de Liberté » et un serment de « liberté pour toujours » !

Les Congolais ont donc le devoir de rester debout et de lutter en permanence pour la liberté qui est notre bien le plus précieux et qu’il est plus facile de perdre que de conquérir et de conserver. Cette liberté requiert la démocratie qui est inscrite en lettres d’or dans le nom de la RDC. Un peuple qui se veut indépendant et libre n’est pas un peuple qui dort, qui pleurniche ou qui se contente des lamentations à longueur des journées ou au fil des années. C’est plutôt un peuple responsable qui s’assume, un peuple debout et un peuple qui lutte pour conserver son indépendance et sa liberté et que ni les coups de tonnerres, ni  un feu descendant du ciel, ni les privations matérielles, ni les intimidations, ni les persécutions, ni les grenades lacrymogènes, ni les jets d’eau chaude, ni les chiens policiers,  ni les cliquetis des armes, ni la terreur de la nuit, ni les flèches qui volent le jour, ni les chants des oiseaux, ni le rugissement des lions, ni le bourdonnement des abeilles  ne pourraient jamais décourager pour l’amener à renoncer à l’indépendance ou à la liberté chèrement acquise.

Dans le contexte de la délinquance constitutionnelle et de l’illégitimité des institutions et de leurs animateurs, la Constitution elle-même prescrit un autre devoir tout aussi sacré que celui de se mettre debout. Il s’agit du devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation des dispositions de la Constitution qui aura survécu contre tous les projets machiavéliques et diaboliques des artisans de l’inanition de la Nation.

Prof André Mbata Mangu

Directeur exécutif de l’IDGPA

Professeur des Universités

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20 janvier 2018

LE CHEF SPIRITUEL ET REPRÉSENTANT LÉGAL DE L’EGLISE KIMBANGUISTE SIMON KIMBANGU KIANGANI POUR LA MARCHE DU 21 JANVIER 2018

église kimbanguiste

Par une note de service envoyée à tous les pasteurs et les secrétaires exécutifs nationaux, Simon Kimbangu Kiangani, le chef spirituel et représentant légal de l’Eglise kimbanguiste demande à tous leurs adeptes de se réunir demain, le 21 janvier devant leurs églises respectives à partir de 9 heures 30 et de commencer une marche avec des rameaux en mains.

Il les exhorte à mieux interpréter la prophétie de Dieu car nulle part il est écrit que le quatrième président de la République Démocratique du Congo serait le dernier. Ils doivent donc marcher pour chasser les politiciens sans scrupule qui ont détruit le pays et détruit tout le système social pour leur enrichissement personnel.

Ainsi l’Eglise Kimbanguiste rejoint les laics de l’Eglise catholique et  ceux de l’Eglise du Christ au Congo dans une méga-marche réclamant la stricte application des accords du 31 décembre 2016. Voir le message ici:

Lumbamba Kanyiki

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17 janvier 2018

LES DEUX GRANDES EGLISES DU CONGO UNIES DANS LEUR APPROCHE POUR LA CAUSE DU CONGO

classe politique congolaise

« Ngando akimi mbula akoti na ebale! » comme disent les Bangala. Le crocodile de Kabila a fui les gouttes de pluie du cardinal Monsengwo Pasinya, archévêque de Kinshasa pour se réfugier dans le fleuve de l’Eglise protestante. Les familles biologique et politique de Kabila avaient choisi l’Eglise du Christ au Congo pour commémorer le dix-septième anniversaire de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila. C’était très mal tombé pour elles puisque cette Eglise était la cible de beaucoup de Congolais qui condamnaient son silence alors qu’ils attendaient qu’elle envoie ses adeptes se joindre aux laics de l’Eglise catholiques pour se battre pour la libération du Congo. Elle a dû donc faire amende honorable.

Le sermon du Révérand pasteur Francois-David Ekofo a tourné autour de trois parties essentielles: l’adresse à la classe politique congolaise, l’avertissement aux voisins qui envient le Congo et veulent sa répartition et un appel au soutien de la communauté internationale.

Adresse à l’intention de la classe politique congolaise

D’entrée de jeu, l’orateur du Jour, le pasteur Francois-David Ekofo, a rappelé aux dirigeants présents dans la cathédrale du centenaire, pleine comme un oeuf, le serment leur laissé par Laurent-Désiré Kabila: « Ne jamais trahir le Congo ».  Poursuivant son sermon, il leur a encore rappelé que les Congolais ont recu un Congo uni et riche. Ils ont donc la mission de le transmettre  tel qui l’est aux générations futures. Illustrant ses propos par une image, il s’est dit préférer toujours dans l’athlétisme la course de relais dans laquelle les athlètes se remettent un passage de témoin jusqu’à l’arrivée. « On choisit toujours le meilleur au départ; car de l’action de celui-ci dépend la victoire finale ». Le tableau qu’il a dépeint ensuite du Congo était de plus sombre: le pays est  compté parmi les plus pauvres de la planète alors qu’il renferme des richesses incommensurables qu’il a même énumérées: le pétrole, le coltan, l’or , le diamant, etc; un Congo qui importe des produits alimentaires alors qu’il a des millions d’hectares des terres arables, « C’est inadmissible » s’est écrié le pasteur Ekofo devant les Kabilistes; un Congo aux dimensions d’un continent mais dont les routes sont impratiquables, un Congo où tout le monde n’est pas égal devant la loi et où les gens ne circulent pas librement. Il ne croit même pas vraiment en l’existence d’un Etat de droit au Congo, car  les lois ne sont ni respectées ni appliquées. « A celui à qui on donne plus, on exigera aussi plus » a dit le pasteur Ekofo, Dieu nous demandera ce que nous aurons fait de toutes les richesses dont il nous a comblés »

Tous les visages qui étaient animés au début du sermon dans la salle sont devenus de marbre. Certains comme Henri Mova, Boshab, Olenga Nkoyi, Ruberwa, Tambwe Mwamba, les têtes retirées dans leurs épaules comme des tortues se sont enfoncés dans leurs sièges, souhaitant même disparaître. Olive Lembe, gênée par des propos inattendus faisait semblant de jouer avec son portable. Ses enfants tournaient leurs têtes dans tous les sens. Les applaudissements nourris au départ lorsque le pasteur a déclaré que le Congo appartient aux Congolais, étaient devenus timides. A la fin, il n’y en avait plus. Toutes les têtes étaient tournées vers le sol comme les tournesols le soir après le coucher du soleil. La Kabilie, honteuse et confuse, a recu une douche froide dont elle se souviendra toujours.

Avertissement aux voisins du Congo

« Nous ne céderons aucun millimètre de notre territoire national » tel était le message adressé par le pasteur Ekofo aux voisins du Congo qui le destabilisent depuis des décennies. Illustrant ses propos par l’exemple d’un petit pays, la Suisse, entouré par les grands mais qui a aussi, à sa manière, prospéré, il a encouragé les petits pays, voisins du Congo à demander à Dieu de les inspirer pour leur prospérité et de ne pas continuer de lorgner le grand Congo. « Nous sommes peut-être faibles aujourd’hui. Une partie de son territoire que le Congo perdrait aujourd’hui sera, à coup sûr, récupérée par nos enfants demain » a-t-il martelé. Ici, il a fallu voir le visage de ruberwa! Très ennuyé, l’homme qui ne jure que par la balkanisation du Congo, toujours affecté au ministère de la décentralisation avec mission de trouver des terres pour les « Banyamilenge », tribus inventée par des esprits cyniques et malvaillants pour balkaniser notre pays, cherchait où poser son regard tant les caméras étaient braquées sur lui!  Zoé s’est incliné et sa soeur Janet a fait semblant de s’occuper de l’enfant qu’elle portait. Mawa trop!

Appel au soutien de la communauté internationale

Le pasteur Ekofo leur a rappelé le cours immuable de l’histoire des civilisations qui ont dominé ce monde. Il y a eu d’abors les Egyptiens, puis les Grecs, les Romains. Aujourd’hui, on parle des Américains, la première puissance du monde. Qui ne dit pas que demain, ce sera aussi l’Afrique? leur a-t-il demandé? Le Congo constitue, avec sa superfucie et sa population, un grand marché pour le futur. Si les riches d’aujourd’hui consentent à aider le Congo « malade » à se relever, ils en tireront des dividendes sûres dans le futur. Il a encore illustré ses propos avec des exemples très pratiques.

Réactions

Les réseaux sociaux ont failli exploser avec des réactions venant de toute part. Plusieurs louent le courage du pasteur Ekofo qui est désormais entré dans l’histoire du Congo comme l’homme qui a savonné la médiocre classe politique congolaise après le cardinal Monsengwo.

Ils sont aussi plusieurs qui préfèrent voir les deux grandes Eglises travailler, la main dans la main, pour chasser les imposteurs qui  sont désormais isolés. La claque recue par la kabilie résonnera pendant plusieurs jours et rétentira comme une victoire du peuple qui se débarrasse petit à petit de la peur.

Lumbamba Kanyiki

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10 janvier 2018

URGENT: L’HONORABLE ANDRÉ CLAUDEL LUBAYA EST ARRIVÉ AUJOURD’HUI À KANANGA

lubaya à kananga 1

L’honorable André Claudel Lubaya est arrivé aujourd’hui à Kananga, chef-lieu du Kasai Central. A sa descente d’avion, il a été accueilli par une marée humaine qui l’a accompagné jusqu’en ville.

« Je suis arrivé aujourd’hui, pour vous rencontrer. Merci pour l’accueil. Merci pour l’amour. Merci pour la chaleur. Merci pour la fraternité. Merci, merci Kasai. Kasai, je vous aime. Je suis là, je serai toujours là, pour vous servir, parce que je vous aime, KasaÏ. » a déclaré le président de l’Union  Démocratique Africaine Originelle dans son allocution.  Place aux images:

 

Lumbamba Kanyiki

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03 janvier 2018

DECLARATION DU COMITE LAÏC DE COORDINATION: NUL NE PEUT SE CROIRE PLUS FORT QUE NOUS TOUS RÉUNIS!

massacre du 311218

Nous publions dans les lignes qui suivent la déclaration du Comité Laics de Coordination après la répression barbare de la marche du 31 décembre par le pouvoir en place.

Le Comité Laic de Coordination condamne d’abord la répression barbare de la marche ayant causé une dizaine de morts, plusieurs centaines de blessés, et des arrestations arbitraires.  Il dénonce et condamne l’utilisation  des balles réelles et des gaz lacrymogènes dans les églises considérées comme des lieux sacrés. Ensuite, il remercie les Congolaises et les Congolais pour avoir défié le pouvoir et avoir répondu massivement à son appel pour la marche pacifique du 31 décembre 2017. Il s’incline devant la mémoire des compatriotes qui sont tombés et lance un message de solidarité pour l’organisation des obsèques dignes de leurs rangs. Il  remercie toutes les Congolaises et tous les Congolais de la diaspora qui se sont associés à eux pour exiger le respect des accords de la Saint Sylvestre. « Nul ne peut se croire plus fort que nous tous réunis », déclare le Comité Laic de Coordination. Il demande enfin aux Congolaises et Congolais de se tenir prêts pour d’autres actions jusqu’à l’application intégrale des accords du 31 décembre 2016.

Veuillez lire ci-bas la déclaration du Comité Laic de Coordination.

Lumbamba Kanyiki

Chers frères et sœurs,

Chers compatriotes,

Ce Dimanche 31 Décembre 2017, Nous avons été des millions à travers notre pays à nous être mobilisés, au-delà des étiquètes politiques, au-delà de considérations individuelles, pour dire STOP à la souffrance du peuple
Nous avons marché pour dire à la face du monde que nous reprenons notre destin en main.
Le pouvoir en place n’a pas hésité à tirer à balles réelles sur la population, à exercer sur elle des sommations; il n’a pas hésité à lancer des gaz lacrymogènes dans les églises pendant des cultes, à séquestrer des fidèles dans des paroisses, constituant en cela une violation grave des lieux sacrés.
Malgré cette violente répression, malgré de nombreuses barricades placées pour encercler des quartiers et des paroisses de la capitale, la population a montré à la face du monde sa détermination ; elle n’a pas cédé à la peur, elle a marché avec courage et discipline.
Nul ne peut se croire plus fort que nous tous réunis!
Le bilan provisoire est lourd : il y a eu parmi nous une dizaine de morts, des dizaines des blessés et des centaines d’arrestations.
Nous pensons à nos Compatriotes qui ont perdu leur vie ainsi qu’à leurs familles; nous leur disons que leurs sacrifices ne resteront pas vains.
Nous savons que nous pouvons compter sur la solidarité des Congolaises et congolais pour organiser les obsèques de nos compatriotes, mais aussi pour contribuer à la prise en charge des soins de nos blessés.
Nous félicitons ceux de nos militaires et policiers congolais qui ont compris le sens et le message de ces frères et sœurs qu’ils ont laissé, par endroits, manifester pacifiquement.
Nous félicitons également nos compatriotes qui ont marché à Dakar, à Paris, à Bruxelles, à Londres, à Genève, et ailleurs dans le monde ;
Par notre marche de ce dimanche 31 décembre 2017, nous venons de prendre rendez-vous avec l’histoire;
C’est une marche d’espoir pour un renouveau certain dans notre pays;
Une marche d’espoir pour près de 4 millions de nos compatriotes déplacés, certains après avoir subi des barbaries sans que ceux qui nous gouvernent n’esquissent le moindre regret;
Une marche d’espoir pour des familles brisées par des violences, des viols, des massacres, des tueries et des pillages de leurs biens;
Une marche d’espoir pour nos compatriotes qui croupissent dans des geôles sans motif et sans procédure respectueuse de la justice;
Une marche d’espoir pour qu’enfin règnent la paix et la prospérité dans notre pays.
Oui chers compatriotes, il faut que ceux qui s’accrochent au pouvoir dans notre pays sachent que le pouvoir nous appartient, que le pays nous appartient à tous.
Nous avons décidé de reprendre notre destin en mains, pour construire un avenir meilleur pour nos enfants; pour dire HALTE à la dictature.
Nous sommes un peuple béni, à qui Dieu a donné une terre riche.
Notre patrimoine nous appartient à tous. Et il nous revient à tous d’assumer nos responsabilités, comme l’ont fait certains de nos compatriotes avant nous.
Ils sont nombreux à avoir payé de leurs vies pour contribuer à notre liberté.
Nous pouvons être fiers de les avoir honorés par la marche de ce 31 décembre 2017.
Nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nos enfants nous regardent, le monde entier nous regarde, notre conscience nous interpelle.
Nous nous donnons quelques jours pour enterrer dignement nos compatriotes, morts pour la patrie ; et pour soigner nos blessés.
Les Congolaises et les Congolais ne laisseront plus de répit au pouvoir en place.
Ils exigent le respect et l’application stricte de l’accord de la saint-Sylvestre à savoir:

  1. Une déclaration publique du Président de la République qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession conformément à la constitution ;
  2. La mise en application effective, intégrale et de bonne foi de l’accord de la saint- sylvestre, notamment des mesures ci-après :
  3. La libération de tous les prisonniers politiques ;
  4. La fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays;
  5. La fin du dédoublement des partis politiques ;
  6. La libéralisation des espaces médiatiques et particulièrement de la RTNC;
  7. La réouverture des médias injustement fermés;
  8. La restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections;
  9. L’utilisation du calendrier récemment proposé par la CENI comme outil de travail pour l’élaboration d’un calendrier consensuel;
  10. Le libre exercice des activités politiques par tous.

Ce message adressé au Président de la République, au pouvoir en place et à tous ceux qui bloquent la mise en application de l’accord de la saint-sylvestre n’est plus un message du seul Comité Laïc de Coordination, mais celui des millions et des millions des congolais, d’ici et d’ailleurs, qui se sont exprimés ce 31 décembre 2017, avec une détermination d’aller jusqu’au bout.

En attendant, nous vous demandons de rester mobilisés et prêts à répondre massivement au prochain appel du Comité Laïc de Coordination.

Que Dieu bénisse les Congolaises et les Congolais.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

Fait à Kinshasa, le 31 Décembre 2017.
Pour Comité Laïc de Coordination,
Professeur Thierry NLANDU Professeur Isidore NDAYWEL

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