20 avril 2015

Adolphe Muzito donne l’alerte:Nouvelles provinces et élections locales; la faillite de l’Etat, la vérité en chiffres

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Les opérations liées aux élections provinciales, urbaines, municipales et locales ainsi que celles relatives à l’installation des nouvelles provinces et entités locales relèvent, constitutionnellement, de la responsabilité du Gouvernement central.

Les dépenses y relatives pourraient ainsi être financées par le budget du Gouvernement central dans l’hypothèse où celui-ci disposerait des crédits à cet effet.
Le Gouvernement pourrait s’en sortir en recourant à des ressources extraordinaires, pour ces dépenses, qui restent ponctuelles. Cela pourrait se faire dans le cadre d’un budget rectificatif que le Gouvernement pourrait présenter au Parlement, au second semestre de l’année en cours.
La présente réflexion n’a donc pas pour préoccupation d’examiner les difficultés financières du Gouvernement liées à ces dernières opérations. Nous sommes conscient de leur coût élevé et de leur impact sur le budget du Gouvernement central, qui du reste ne l’a pas programmé pour l’année en cours.
Notre préoccupation ici concerne plutôt l’examen de la capacité financière de nouvelles provinces et entités territoriales décentralisées, à supporter leurs dépenses courantes, qui seront issues du démembrement et des élections locales, c’est-à-dire :
a) les crédits de fonctionnement et des rémunérations du personnel des nouvelles provinces, de leurs institutions et administrations ;
b) les crédits de fonctionnement et rémunérations des élus locaux, du personnel administratif et d’appoint desdites entités.
La réflexion porte sur la situation financière des dites provinces et ETD pour la période qui couvre le second semestre de l’exercice 2015 et l’exercice 2016, après leur mise en place.
Après leur mise en place les nouvelles provinces ainsi que l’ensemble des ETD, au niveau actuel de leur potentiel fiscal et de la rétrocession leur versée par le Gouvernement central, seraient-elles capables de couvrir leurs dépenses de rémunération du personnel politique et administratif ?

I. Découpage : Impasse budgétaire de nouvelles provinces pour l’Exercice 2015
Nous partons de la clef habituelle de répartition des 40% des recettes à caractère national, telle que fixée par le Gouvernement de la République, au courant de la période 2012 – 2015, pour voir si, avec la quotité de ces recettes, soit 241 milliards de FC en 2015, les 26 provinces pourront couvrir les dépenses de fonctionnement, celles des rémunérations de leur personnel et rétrocéder aux entités administratives, les 40% qui leur reviennent.
Comme on l’a relevé dans la précédente tribune, le Gouvernement en 2015 repartit de la manière ci-après les 2.033 milliards de FC, soit 40%, alloués aux 11 provinces :
- les 1.790 milliards de FC affectés aux investissements provinciaux et aux rémunérations des personnels des domaines à compétences exclusives (EPSP, Santé, Agriculture, Affaires coutumières,….) ;
- les 241 milliards de FC aux fonctionnements des provinces et leurs entités administratives (rémunérations du personnel politique) et fonctionnement des institutions provinciales et des ETD.
En répartissant le crédit de fonctionnement (241 milliards de FC) entre les 26 provinces, on constate qu’en moyenne chacune de nouvelles provinces va encaisser une tranche inférieure à 14 milliards de FC, crédit minimum de fonctionnement versé au Maniema en 2015.
En accordant ainsi à chaque nouvelle province ce minimum de 14 milliards de FC pour son fonctionnement, le crédit total nécessaire pour le fonctionnement de ces 26 provinces s’élève à 411 milliards de FC.
Par rapport au crédit total de fonctionnement disponible pour les 26 provinces en 2015, soit 241 milliards de FC, le montant de 411 milliards de FC ne peut être couvert que partiellement par ces 241 milliards de FC.
D’où l’impasse de 170 milliards de FC qui implique le déficit de toutes les nouvelles provinces en dehors de l’Ituri et du Haut Katanga.
Le déficit ou besoin de financement pour les 19 nouvelles provinces va donc s’élever à 170 milliards de FC (soit 411 milliards – 241 milliards de FC) pour ledit exercice, comme l’indique l’Annexe n°1.
Il est à noter bien évidemment qu’il faut considérer plutôt la moitié de ce besoin de financement, soit 85 milliards de FC, car celui-ci ne couvre que la moitie de l’année, c’est-à-dire le dernier semestre 2015.
Ce déficit pour 2015, soit 170 milliards de FC lié au découpage ne va pas être couvert en 2016, en dépit du fait que le budget en ressources propres du Gouvernement central va augmenter de près de 12% (notre hypothèse, Tableau ci-après). La quotité additionnelle de la part que le Gouvernement central va verser aux nouvelles provinces, soit 44 milliards de FC (285 milliards de FC – 241 milliards de FC) en 2016, ne va pas couvrir ce besoin de financement lié à l’opération du démembrement (170 milliards de FC).
Evolution du budget de l’Etat et prise en charge du coût lié aux nouvelles provinces (Budget 2016)
II. Elections locales : Déficit inhérent à la mise en place des organes délibérants et exécutifs locaux issus des élections locales
L’impact sur les budgets des ETD est ici double. Il concerne les dépenses de rémunérations des personnels politiques et administratifs des ETD et les dépenses de fonctionnement de celles-ci.
2.1. Elections locales : Impact lié aux rémunérations des personnels politiques et administratifs des ETD (Annexe n°2)
Avec les nouvelles provinces, la République Démocratique du Congo compte 1.433 Entités Territoriales Décentralisées (ETD) dont 97 villes, 336 communes urbaines, 267 communes rurales, 474 secteurs et 259 chefferies.
A l’issue des élections locales et municipales projetées en 2015, le personnel politique des institutions locales aura un effectif de près de 40.948 dont 16.452 élus comprenant :
- 1.344 Conseillers urbains élus au suffrage indirect à raison de 4 conseillers par commune urbaine ;
- 194 Maires et Maires adjoints ;
- 7.844 Conseillers communaux (pour une moyenne de 13 conseillers par commune) ;
- 1.206 Bourgmestres et Bourgmestres adjoints ;
- 3.318 Conseillers de secteurs ;
- 474 Chefs de secteurs ;
- 1.813 Conseillers de chefferie et
- 259 Chefs de chefferie.
A cela s’ajoute 2.963 Echevins dont 291 urbains, 1.206 communaux et 1.466 pour les secteurs et chefferies.
Quant au personnel d’appoint, il est estimé à 21.533 avec une moyenne de 2 agents pour les membres des bureaux des organes délibérants et exécutifs locaux.
Avec un barème de :
- Maire 500 $
- Maire Adjoint 450 $
- Conseiller Urbain 400 $
- Echevin 400 $
- Bourgmestre 400 $
- Bourgmestre Adjoint 350 $
- Conseiller communal 300 $
- Chef de secteur ou chefferie 400 $
- Conseiller de secteur ou chefferie 250 $
L’impact annuel des rémunérations est de 110 milliards de FC soit 118 millions de USD qu’il faut rechercher en 2016.
2.2. Elections locales : Impact lié aux dépenses de fonctionnement des ETD (Annexe n°3)
Si le fonctionnement minimal d’une ETD est estimé à 5.000 $ pour une ville, 3.500 $ pour une commune et 1.300 $ pour un secteur ou une chefferie, l’impact annuel est de 40 milliards de FC, soit 43 millions de USD.
Les ressources additionnelles de la rétrocession en 2016 soit 44 milliards de FC ne pourront pas couvrir non plus les dépenses additionnelles liées aux rémunérations des ETD et au fonctionnement des organes issus des élections locales et municipales, soit 150 milliards de FC, c’est -à- dire :
- 110 milliards de FC de rémunérations des ETD
- 40 milliards de FC de fonctionnement des ETD.
Comme on le voit le fonctionnement des organes issus des élections locales et municipales combiné avec celui lié à l’installation de nouvelles provinces nécessite des crédits de 320 milliards de FC en ressources courantes, soit :
- 170 milliards de FC de l’impasse de nouvelles provinces
- 110 milliards de rémunérations des ETD
- 40 milliards de FC de fonctionnement des ETD, que le budget des provinces et des ETD ne pourront couvrir en 2016 et qu’il faudra chercher.
Il nous revient de rappeler que le Gouvernement central ne verse pas aux provinces la totalité de l’enveloppe des 40 %. Les provinces, elles aussi, de ce fait, éprouvent du mal à le faire au profit des ETD, sur les quotités leur versées par le pouvoir central, comme sur leurs ressources propres.
Deux raisons expliquent clairement cette situation :
D’abord, celle liée à la modicité des montants que leur verse le Gouvernement central, deuxièmement celle liée au faible taux de mobilisation de leurs budgets en ressources propres, qui se situe autour de 30 et 40%.
Pour cette raison, les ETD auront ainsi des difficultés pour couvrir les déficits ci-haut relevés de leurs budgets.
Il apparait clairement qu’après leur installation en 2016, les 1.433 ETD seront dans leur quasi-totalité en faillite, puisqu’elles ne disposeront pas de crédits nécessaires, soit 150 milliards de FC pour financer leur fonctionnement et payer les salaires des élus et du personnel administratif.

III. Démocratie locale et tendance à l’augmentation du train de vie de l’Etat au détriment des dépenses de développement local
Nous rappelons que le budget du Gouvernement congolais en ressources propres connaît, depuis 2001, un taux d’accroissement très impressionnant.
Il est passé de 300 millions d’USD en 2001 à 6 milliards d’USD en 2015. Ce dont le pays doit se féliciter.
Cependant, il reste encore très bas par rapport aux défis d’un pays qui a un grand retard à combler, dans la construction d’un appareil de l’Etat digne de sa taille.
Le Gouvernement au courant de ces dernières années (2001-2015), a toujours eu tendance à consacrer les augmentations successives des ressources publiques, à l’amélioration du train de vie de l’Etat pour ramener celui-ci à la normalité. D’où l’augmentation dans la période plus que proportionnelle des dépenses de souveraineté au détriment de celles des infrastructures.
C’est ainsi que le budget en ressources propres du pays bien qu’ayant passé de 2 milliards de USD en 2008 à 6 milliards de USD en 2015, les quotités relatives au social (salaires) et aux infrastructures, n’ont pas respectivement augmenté dans les mêmes proportions.
Bien au contraire, c’est le train de vie de l’Etat qui a augmenté plus que proportionnellement.
Cette tendance qui correspond à un besoin légitime de rattrapage, présente un danger.
Nous pouvons illustrer cette affirmation avec un petit exemple historique. En 2008, avec un budget de 2 milliards de USD en ressources propres, le Gouvernement de la République, avait signé un accord de financement de 3 milliards de USD avec les partenaires au profit du programme des infrastructures publiques. Ce programme prévoyait des décaissements annuels sur 5 ans de 600 millions de USD.
Ce crédit a, à ce jour été faiblement mobilisé. Cependant, entre 2008 et aujourd’hui, le Gouvernement a su augmenter son budget en ressources courantes qui sont passées de 2 milliards à 6 milliards de USD, soit une augmentation de 4 milliards de USD.
Bien que le crédit chinois n’a pas été mobilisé significativement pour financer l’ambitieux programme des infrastructures, les ressources nationales propres qui ont augmenté dans l’entretemps, n’ont pas été utilisées pour combler le gap.
Et, on constate tristement que les infrastructures routières n’ont pas été modernisées, celles commencées n’ont pas été parachevées (RN 1) à cause d’un certain penchant de notre part à chercher à normaliser le confort de l’Etat et son train de vie à chaque fois que ses ressources budgétaires augmentent.
On peut dire que la démocratie locale avec la mise en place des entités des organes politiques à la base est en train de prendre le pas sur la construction, le développement économique et le renforcement administratif desdites entités.
Pour financer les nouvelles charges liées à l’installation des organes des entités locales, le Gouvernement devra orienter les ressources courantes additionnelles, aux salaires d’un personnel politique improductif, au dépens de la modernisation des routes de dessertes agricoles et des dépenses de salaires des enseignants dont 250.000 unités restent non payées depuis de nombreuses années.

L’ETAT CONGOLAIS EN FAILLITE NON DECLAREE
La RDC est un Etat en faillite non déclarée et cela dès sa naissance. Elle n’est pas encore parvenue à sortir de cet état. Bien que son budget connait un taux de croissance impressionnant depuis 2001, celui-ci n’a pas encore atteint son niveau optimal du fait du retard historique à rattraper économiquement parlant.
La tendance pour le Gouvernement, entre-temps, de privilégier le retour à la normalité dans son effort de refondation de l’Etat (renforcement de la défense, de la justice, de la diplomatie et en perspective de la mise en place des institutions locales) ne devrait pas nous faire oublier certaines obligations pour lesquelles, l’Etat est, là aussi, en retard de normalisation.
Notre Etat, en effet, peine encore :
- à payer ses factures d’eau et d’électricité ;
- à subventionner ses entreprises publiques, toutes aussi, en faillite non déclarée ;
- à payer les salaires de 250.000 enseignants non mécanisés ;
-à payer sa dette intérieure ;
- etc.
Si ces créanciers étaient organisés en force sociale, la faillite de l’Etat serait déjà déclarée.
En plus de ce passif, les dépenses des nouveaux élus, à la base, vont constituer une menace à l’équilibre politique et social déjà précaire. Car le Gouvernement va, à travers ces nouveaux élus, se créer un type de créanciers (dont du reste les prestations seront sujet à caution), qui vont le mettre en difficulté, par leurs revendications.
Que faire ?
Propositions
Puisque le programme de la mise en place de nouvelles provinces est résolument engagé,
1. Pour financer les déficits financiers desdites provinces, le Gouvernement doit obtenir le vote rapide par le Parlement de la loi relative à la caisse de péréquation dont les fonds pourront dégager, de manière exceptionnelle, des ressources pour faire tourner les nouvelles provinces, en attendant l’augmentation, dans la période, du budget courant de l’Etat.
De manière exceptionnelle, parce que la vocation des ressources de la caisse est de financer les dépenses d’investissement dans le but d’équilibrer le développement des provinces.
Le Gouvernement devra éviter de financer les déficits de nouvelles provinces avec les crédits des investissements provinciaux ou des rémunérations du personnel des domaines de compétences exclusives (Santé, EPSP, Agriculture, Affaires coutumières,….).
2. Pour les déficits consécutifs à la mise en place des organes délibérants et exécutifs des entités locales
1) Mise en garde
a) Pour la caisse de péréquation
Le Gouvernement doit s’interdire de financer dans la période le déficit courant des ETD avec les ressources du fond de péréquation, une fois ce fonds mis en place, car ce serait le détourner de leur objectif constitutionnel, celui de corriger les déséquilibres de développement des provinces.
b) Pour les crédits d’investissements provinciaux
L’option du Gouvernement consistant à consacrer 50% de l’enveloppe de la rétrocession aux investissements provinciaux est appréciable, même si nous aurions aimé voir le Gouvernement donner aux provinces la gestion de ces crédits.
Le Gouvernement devrait s’interdire d’orienter ces crédits aux financements des déficits courants des entités locales ni réduire leur augmentation au profit des finances desdits déficits.
c) Les crédits des rémunérations du personnel
(EPSP, Santé, Agriculture, Affaires coutumières,…)
Ces crédits devraient plutôt augmenter pour rattraper les arriérés salariaux de ces secteurs et financer de nouveaux recrutements.
2) Faute des ressources pour couvrir les charges liées à la mise en place des organes délibérants et exécutifs des ETD, le Gouvernement devrait reporter pour 2021 les élections locales en attendant que le pouvoir central atteigne le seuil budgétaire annuel de 10 milliards de USD en ressources propres et que les gouvernements provinciaux améliorent la capacité de mobilisation de leurs ressources propres, et mettent à profit cette période pour :

o construire et moderniser les routes provinciales et de desserte agricole ;
o financer l’équipement des ETD ainsi que le renforcement des capacités de leurs personnels politiques et administratifs.

Fait à Kinshasa, le 20 avril 2015.
Adolphe MUZITO

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18 avril 2015

RDC : l'affaire Muyambo, arnaque ou manipulation politique ?

Photo difusée sur le compte Twitter de Jean-Claude Muyambo. Photo difusée sur le compte Twitter de Jean-Claude Muyambo. © D.R.

L'ex-bâtonnier du barreau de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo est détenu depuis le 20 janvier à Kinshasa. La justice congolaise l'accuse d'avoir vendu un immeuble qui ne lui appartenait pas. L'intéressé et ses proches dénoncent une affaire politique. Qui dit vrai ?

L'arrestation

Tout commence à la mi-janvier. Nous sommes peu de temps avant les manifestations de Kinshasa contre le projet de réforme de la loi électorale. Le Katangais Jean-Claude Muyambo, ancien cadre de la majorité, le premier à s'être opposé publiquement à une possible candidature du président Joseph Kabila en 2016, se rend en avion à Kinshasa le 10 janvier. Il compte y lancer le Scode et alliés, un regroupement politique autour de la Solidarité congolaise pour la démocratie, qu'il dirige.

À son arrivée dans la capitale congolaise, il est immédiatement contacté par Vital Kamerhe. Le leader de l'UNC (Union nationale congolaise) veut le voir d'urgence. Il lui annonce que depuis qu'il a quitté Lubumbashi, le Parlement tente de faire passer la loi électorale, que le texte "va entraîner le glissement vers le maintien de Kabila au pouvoir". Les deux hommes s'accordent sur la nécessité de mobiliser la rue et leurs partisans. Des manifestations sont annoncées pour le lundi 12 janvier. Kamerhe et Muyambo sont en tête de cortège, mais ce jour-là, l'engouement n'est pas à la hauteur de leurs espérances.

>> Lire l'interview de Muyambo : "Pourquoi nous disons non à la révision constitutionnelle" en RDC

Une nouvelle marche est annoncée pour le 19 janvier. La veille, Muyambo se sent suivi. Par précaution, il décide de passer la nuit au siège de l'UNC. Mais à 1 heure du matin, la police commence à encercler le bâtiment. Les heures passent, les manifestations ont lieu (avec les débordements que l'on connaît), mais ni Kamerhe ni Muyambo, coincés, ne peuvent y participer.

L'ancien bâtonnier est finalement autorisé à regagner son domicile à 17 heures. Il est arrêté le lendemain à 3 heures du matin et conduit dans une cellule de l'ANR. Vers 13h, il est présenté devant le procureur général de la République. Ce dernier lui présente un mandat d'amener datant du 15 janvier et signé par le procureur de Lubumbashi.

Jean-Claude Muyambo est mis en examen pour abus de confiance et stellionat (vente d'un bien sans en être propriétaire) puis il est transféré à la prison de Makala. Officiellement, il n'y aurait aucun lien avec les manifestations de Kinshasa. Mais ses avocats dénoncent une "affaire politique".

L'affaire de l'immeuble

Que lui reproche-t-on ? L’affaire remonte en 2002. Un citoyen grec, Emmanuel Alex Stoupic, exproprié lors de la zaïrianisation enclenchée sous l’ère Mobutu, tente de récupérer ses immeubles dans la province du Katanga, dans le sud de la RDC. Il entre alors en contact avec le cabinet de Me Muyambo. Ce dernier accepte de le représenter devant les instances judiciaires.

Une copie du document signé par Emmanuel Alex Stoupic en 2002 accordant au cabinet Muyambo les pouvoirs d'ester en justice en son nom

 

Seulement voilà, la procédure tire en longueur. Stoupic s’impatiente. En 2014, il décide de retirer sa confiance au cabinet de Muyambo, estimant que ce dernier l’a floué et qu’il aurait vendu un de ses immeubles à son insu. Muyambo est interpellé au parquet de Lubumbashi. Il explique alors au magistrat instructeur que le dossier sur les immeubles de son client était toujours pendant devant les juridictions congolaises. Pis, pendant 12 ans, son client n’aurait pas payé d’honoraires à ses défendeurs. Aucune poursuite ne sera finalement engagée contre Muyambo.

Et le 26 juin 2014, c’est Stoupic lui-même qui revient sur sa décision. Dans une lettre dont Jeune Afrique s'est procuré une copie, il présente même ses excuses à Muyambo pour la plainte déposée à son encontre et "réitère [son] engagement fait en 2002 pour que [le cabinet de Muyambo] puisse poursuivre les différentes procédures judiciaires et administratives" en son nom.

Le dossier est clos. Temporairement. Parce qu’il rebondit au lendemain des manifestations de Kinshasa du 19 janvier.

L'état de santé

Muyambo affirme avoir été torturé par les agents de l’ANR lors de son arrestation. Il en veut pour preuve l’état de son pied dont les orteils ont été broyés. Il a été transféré le 26 mars à l’hôpital SOS Médecin de Kinshasa où il a reçu la visite de nombreuses personnalités de l’opposition.

Voir l'image sur Twitter

Craignant que l’on doivent l’amputer, ses avocats ont demandé le 16 avril a ce qu’il soit transféré dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Ils attendent aujourd'hui la réponse des autorités.
 


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Opposition congolaise | RDC : l'affaire Muyambo, arnaque ou manipulation politique ? | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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17 avril 2015

Fosse commune de Maluku : le député Alexis Mutanda sort du silence

Alexi_Mutanda

Depuis la découverte de la fosse commune à Maluku, contenant quelques 421 corps, des réactions fusent de partout pour exiger la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante et sérieuse afin de faire la lumière sur ce prétendu charnier.

C’est aussi l’avis du député national Alexis Mutanda Ngoy Muana, qui est sorti du silence pour réagir en appelant à la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante pour tirer au clair cette affaire, que beaucoup qualifient d’inhumaine.

Alexis Mutanda n’approuve pas la version du gouvernement sans une enquête sérieuse. Les affirmations du gouvernement sont qu’on a enterrés des indigents dans la fosse commune. L’élu de Mbuji-Mayi attend les enquêtes pour se faire une idée claire sur ce dossier.

Pour lui, cette affaire est révélatrice de beaucoup de chose, c’est pourquoi il tient toujours à la mise en place d’une commission d’enquête afin d’établir la vérité.

Très ému par le traitement inhumain et dégradant réservé aux dépouilles de ces Congolais, Alexis Mutanda estime que « la journée porte ouverte » organisée dernièrement à la Morgue Centrale de l’Hôpital Maman Yemo par l’Hôtel de Ville de Kinshasa est une insulte au peuple congolais et n’a rien changé dans les pensées des gens.

Une enquête crédible

Comme Amnesty International, le parlementaire appelle le gouvernement de la RDC à accepter l’assistance technique de la MONUSCO pour mener une enquête crédible, indépendante et efficace sur cette affaire et, plus particulièrement, à publier des éléments sur le sexe et l’âge de la personne , la cause du décès et le dossier de la morgue où le corps a été conservé avant la fameuse inhumation.

» Les autorités congolaises doivent accepter l’assistance technique de la MONUSCO, Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, afin de faire la lumière sur cette affaire de fosse commune découverte récemment à la périphérie de Kinshasa.

Il est crucial qu’une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les meilleurs délais « , souhaite Alexis Mutanda.

» Au lieu de nous inviter à la morgue pour voir de quelle manière dont nos sœurs et frères sont conservés, l’Hôtel de Ville de Kinshasa devrait renforcer la capacité de cette morgue afin d’accueillir dans les meilleures conditions les corps de ceux qui sont morts », a-t-il ajouté.

Découpage territorial

Promulguée le lundi 2 mars par le chef de l’Etat, la loi de programmation déterminant les modalités d’installation des nouvelles provinces est diversement commentée par des Congolais. Si elle a été saluée par les acteurs politiques en Ituri, en Province Orientale comme par des jeunes à Mbandaka (Equateur) cela n’est pas le cas dans d’autres provinces du pays.

Pour l’élu de Mbuji Mayi, le découpage territorial est constitutionnel, mais déplore le retard avec lequel ce processus vient d’être mis en marche par le gouvernement de Kinshasa. Il craint que cela cache quelque chose derrière son application.

Loin d’être un prophète de malheur, Alexis Mutanda craint de voir le pays être buté à de nombreux problèmes qui risquent aussi de créer de mécontentement dans le pays. Surtout quand on sait qu’avec 11 provinces, on avait des difficultés à résoudre des fonctionnaires, militaires et autres, qu’est-ce qui va arriver avec 26 qui exige plus d’administration, plus des salariés et autres problèmes.

Avec 11 provinces, le gouvernement s’était montré incapable de subvenir aux besoins de la population, ce qui risque d’être pire avec 26 provinces?, s’interroge t il.

L’installation des nouvelles provinces risque de basculer le pays dans une crise au regard des réactions sur terrain depuis la promulgation de cette loi par le Chef de l’Etat. « Pourquoi un tel projet et pourquoi mettre à exécution ce projet seulement maintenant et à quelques mois de la fin des mandats des institutions du pays?

Pire avec 26 provinces

Ce cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social et député national, élu de la ville de Mbuji-Mayi, Alexis Mutanda ne siège pas à l’Assemblée nationale conformément à l’option levée par son parti, tordant ainsi le cou à la radio trottoir.

Alors président de la commission électorale permanente de l’ Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Alexis Mutanda a profité lors de son séjour en Belgique du micro d’Etienne Ngandu, du site Congoone, pour mettre en exergue les nombreuses irrégularités ayant entaché les élections de novembre 2011 et confirmer, avec chiffres à l’appui, selon la compilation faite par le Bureau de coordination de la campagne de l’UDPS, que c’est bien Etienne Tshisekedi qui a été élu président de la République.

Par Godé Kalonji et Lucien Kazadi

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16 avril 2015

Vidéo: Massacre de janvier 2015 à Kinshasa

Voici les images qui prouvent le massacre de janvier 2015 perpétré par les militaires de régime Kabila. Ce qui énerve le plus, c'est la façon dont on traite les Congolais même après leur mort. Suivez!

Voici encore les images qui prouvent le massacre de Congolais du 19au25 par J. kabila et son régime

Kasai Direct

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La face cachée des fosses communes : les vrais-faux indigents nous interpellent

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Les débats sur les fosses communes de Maluku ont eu la particularité de réveiller les consciences sur le niveau fort élevé très suspect de mortalité dans les familles kinoises. Qui pouvait croire que ce taux pouvait atteindre le chiffre diabolique de six cents décès par mois dans une ville de près de dix millions d’habitants ? En d’autres termes, la capitale congolaise enterrerait officiellement 7.200 personnes par an, sans compter ceux des Congolais indigents qui meurent et sont enterrés clandestinement dans des cimetières de fortune situés dans les zones périphériques de la capitale.

Des chiffres effarants, scandaleux et insoutenables dans un pays considéré comme l’un des plus riches en ressources naturelles sur la planète terre et situé au cœur du Continent. En proclamant ces chiffres la main sur le cœur, les autorités congolaises n’ont-elles pas évalué le danger que cela représente sur le plan national et même international ? Comment peut-on d’une part se vanter d’avoir maîtrisé les équilibres macroéconomiques, d’avoir rétabli l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national et placé sur l’orbite de la croissance à deux chiffres de notre pays pour atteindre le niveau des Etats émergents d’ici l’an 2020 et d’autre part faire un aveu constant d’un tel taux de mortalité fort élevé dans la capitale ?

Comme pour dire que si les cultivateurs et autres habitants de Maluku n’avaient pas saisi la Monusco sur la présence des odeurs nauséabondes dans un périmètre situé aux alentours d’un ancien cimetière, l’opinion n’aurait jamais su que les services urbains enterraient par mois plus de deux cents corps d’indigents, des fœtus et autres personnes inconnues dans des tombes..

Aveux contradictoires

Aussi curieux que cela puisse paraitre, malgré la forte onde de choc provoquée au sein des populations kinoises et congolaises par la découverte des « tombes communes ou fosses communes », celles-ci ont malheureusement tourné cela en dérision face aux contradictions flagrantes et spontanées observées du côté des autorités politico-administratives centrales et provinciale tout comme au niveau des deux chambres du parlement. Lesquelles ne se sont pas privées, de leur côté, de rivaliser de qualificatifs caricaturaux selon le camp politique où l’on se trouve. Chaque jour qui passe, l’opinion est sevrée des termes apparemment synonymes. Là, il est question d’une tombe commune, tandis que de l’autre côté, il s’agit des fosses communes. C’est la guerre des sémantiques et des articles des lois sur les procédures des funérailles en RDC depuis l’époque coloniale.

Un nouvel Ogaden au Sud du Sahara

A en croire ces chiffres effrayants fournis par les autorités politico-administratives centrales et provinciales, la capitale serait aujourd’hui habitée par des populations plongées dans une telle misère que l’on dénombre un taux fort élevé des 7.200 décès par an. A ce rythme là, il est à craindre que l’on en arrive à un manque criant des espaces pour enterrer les gens d’ici dix ans. Dès lors que les cimetières existant affichent pleins et certains ont été fermés car ayant atteint l’âge requis par le législateur.

Ce taux effarant de mortalité à Kinshasa n’a rien à envier à celui atteint il y a plus de vingt ans par le territoire semi-désertique de l’Ogaden en Ethiopie. Pour lequel la communauté internationale a dû procéder à une immense mobilisation internationale pour obtenir des vivres, des médicaments, des fonds d’assistance, des équipes des médecins, infirmiers, logisticiens, pharmaciens, secouristes, etc. Des vedettes mondiales de la chanson furent mobilisées pour rédiger une belle chanson vendue par des centaines des millions des dollars pour voler au secours de ces populations souffrant de la faim et dont le taux de mortalité avait atteint des chiffres inimaginables. Kinshasa n’est pas très loin de ce tableau apocalyptique si l’on en croit à ce que les autorités politico-administratives viennent de livrer au public à la faveur de ces « tombes communes ou fosses communes de Maluku ».

L’heure des doutes

Profitant de la découverte de ces « fosses communes les autorités politico-administratives du pays ont lancé une vaste campagne de sensibilisation et de conscientisation au sein des populations par médias interposés et au niveau de deux chambres du parlement. Avec comme objectif de rejeter en bloc les accusations formulées par les forces politiques et sociales proches de l’opposition. Lesquelles soutiennent que ces fosses communes de Maluku contiendraient, entre autres, des corps des victimes des trois journées chaudes du mois de janvier dernier ainsi que d’autres congolais ayant été exécutés clandestinement par des agents des services pour leur appartenance politique.

Des activistes de l’Opposition, de la Société civile, des ONG internationales de défense des droits de l’homme ainsi que des partenaires extérieurs ne paraissent pas convaincus par les versions officielles. C’est la raison majeure de l’exigence d’une enquête crédible et transparente, avec la participation d’experts étrangers. En clair, le gouvernement congolais est appelé à jouer la carte de la vérité en mettant, sur la place publique, les listes des morts, indigents et corps , leurs identités, leurs adresses de résidence, leurs fiches médicales, leurs certificats de décès et d’inhumation.

Dans une capitale où les citoyens, en dépit de leurs problèmes sociaux, se saignent aux quatre veines pour s’acheter des uniformes, louer des funérariums, des instruments de musique, ou groupes musicaux, des cameramen et photographes, en vue de rendre les derniers hommages à des êtres chers disparus, la thèse de l’abandon massif des corps dans les morgues suscite bien de doutes. 421 corps abandonnés entre janvier et mars 2015 et 178 corps abandonnés entre le 19 mars et le 13 avril, cela est difficile à croire. La redevabilité exige que les gestionnaires de la chose publique ne cachent rien.

Les vrais-faux indigents nous interpellent. Le meilleur moyen de leur rendre hommage, c’est de clarifier le feuilleton de Maluku.

En attendant l’issue des enquêtes déclenchées par le Parquet Général de la République, l’opinion est de plus d’avis que le Congo sombre dans une situation de misère indicible qui contraste avec le tableau reluisant que les officiels ne cessent de vendre à l’extérieur.

F.M.

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L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

Il s’agit là d’une lourde hypothèque qui peut peser sur la stabilité du pays et la sécurité collective

En même temps qu’elle peaufinait des stratégies politiques qui devraient permettre le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays au terme de son second mandat constitutionnel, la Majorité présidentielle développait des manèges de toutes sortes pour rendre le pays ingouvernable en cas d’échec de sa funeste entreprise !

Parmi ces manèges figurent en bonne place, on s’en doute, le découpage territorial qui se traduira concrètement par la mise en place de 26 provincettes après l’émiettement de 11 préexistantes dont la ville de Kinshasa !

De nombreux cadres de la Majorité présidentielle étaient mobilisés pour sillonner l’ensemble du territoire national aux fins d’expliquer le bien-fondé de ce découpage aux populations de régions de l’arrière-pays en prenant soin toutefois de dissimuler les intentions malveillantes qui se cachaient derrière cette initiative.

Alors que l’option consistant à créer de nouvelles provinces avait suscité un enthousiasme débordant au sein d’une frange importante de la population, la Majorité présidentielle en fait aujourd’hui un instrument privilégié de sa stratégie de diversion pour éloigner l’alternance à la tête des institutions du pays !

En effet, agissant de concert avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Majorité présidentielle a obtenu que les prochaines élections se déroulent au même moment que la mise en place de nouvelles provinces dont la loi de programmation sera promulguée dans les jours qui viennent alors que les moyens attendus ne s’y prêtent pas.

Concrètement, le budget prévu dans le cadre de l’organisation de prochaines élections l’avait été sur la base de dépenses de 11 provinces et non de 26. Ce qui signifie que les provinces nouvellement créent sont de ce fait exclues de la course électorale avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

On ne peut vraiment s’offusquer d’affirmer qu’il s’agit là d’une lourde hypothèque sur la stabilité du pays et la sécurité de milliers et de milliers de Congolais qui verraient ainsi leurs rêves se briser à travers des élections promises à tous mais auxquelles ils ne participeront plus par la faute de la Majorité au pouvoir !
Nous y reviendront prochainement avec plus de détails.

Par Kambale Mutogherwa

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MP : le G7 contraint désormais à la résignation

frondeurs

Contrairement à beaucoup d’informations diffusées en début de semaine par la presse nationale, la famille politique à laquelle appartient Joseph Kabila a tenu sa deuxième réunion consécutive du mois en cours dimanche dernier à Kingakati en abordant des sujets qui méritent de retenir l’attention particulière de tous les Congolais !

En effet, au cours de cette réunion tenue, comme la précédente, en l’absence du précité, il a été question d’un véritable procès interne contre le Groupe de 7 partis politiques membres de la Majorité présidentielle qui ont toujours réclamé un débat de fond sur des questions essentielles en rapport avec l’avenir du pays après les échéances politiques majeures de 2016 ?

D’après de nombreux témoignages, cette réunion politique qui avait des allures d’une véritable inquisition tournait autour de la décision de la Majorité présidentielle de rester inflexible sur la question du maintien de Joseph Kabila au pouvoir malgré les dispositions constitutionnelles qui mettent définitivement un terme à son deuxième mandat en 2016 ; de s’opposer farouchement à ma retouche combien vitale du calendrier électoral global publié par la CENI ; de défendre avec opiniâtreté la mise en place de nouvelles provinces malgré les germes de conflictualité qu’elle porte en elle, etc.

Le G7 invite à choisir

Selon les mêmes témoignages, le Groupe de sept partis politiques membres de la Majorité présidentielle ont opposé des arguments solides à la partie adverse sur toutes les questions posées par elle mais sans effet, la raison du plus fort étant toujours la meilleure.

A l’issue de discussions ainsi engagées, le modérateur de la réunion a passé la parole au maître de céans qui a conclu en disant plus ou moins ce qui suit : « La Majorité présidentielle ne reculera pas devant qui que ce soit. Ses décisions et positions restent inchangées en ce qui concerne l’avenir proche du pays et elle n’entend pas se laisser impressionner par qui que ce soit, n’en déplaise aux vociférations de ceux qui rament à contre-courant » !

Visiblement très sûre de l’efficacité de ses stratagèmes politiques de combat pour empêcher l’alternance en 2016, la Majorité présidentielle renvoie le G7 à ses études et lui fait rabattre le caquet en déclarant, nous citons : « Ou les frondeurs du G7 renoncent définitivement à leurs exigences réformistes ou alors ils quittent définitivement la famille » !

C’est donc clair. Le G7 doit choisir entre son maintien et son départ. L’opinion nationale qui n’a pas l’habitude de garder sa langue en poche dit qu’elle redoute l’humiliation du G7 qui sera tenté de garder ses avantages matériels en échange de son honneur et de sa dignité. Qu’en pensent les observateurs avisés de la scène politique congolaise ?

Par Kambale Mutogherwa

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14 avril 2015

Les 4 vérités de Kyungu à la Majorité Présidentielle: « c’est de la crasse », « ce sont des hypocrites »

Gabriel-Kyungu

« Je ne suis pas Kabiliste » a répondu Gabriel Kyungu Wa Kumwanza à une question, plus que tendancieuse, lui posée par Jean-Marie Kasamba, un journaliste systématiquement aligné sur le pouvoir. « Baba wa Katanga» a nuancé en disant « qu’il est dans la mouvance Kabikiste », c’est-à-dire membre de la famille politique du chef de l’Etat et pas Kabiliste (Majorité présidentielle, MP en sigle). Kyungu a sorti une autre phrase choc : « aucun homme ne me fait peur ». Avant d’ajouter « j’ai peur d’avoir peur ». Et sur la même lancée, il clôt en disant « qu’il n’a peur que de Dieu ». Comme pour assumer ses propos, il a redit qu’il était opposé au découpage territorial pourtant appuyé par le président de la République. Il a promis de sortir les 1 millions de signatures déjà récoltées par lui pour faire échec au démembrement du Katanga. Mais dit-il, le moment n’est pas propice pour le faire vu l’état
d’esprit actuel. Rendez-vous dans 2 ans a-t-il promis. Il a aussi critiqué le non-respect par le gouvernement central de la rétrocession. Il est aussi revenu dans ce face-à-face avec Kasamba, sur les résolutions du congrès de son parti, Unafec, qui va présenter des candidats à tous les niveaux. Kyungu s’est dit surpris par l’ampleur qu’a prise cette affaire. Pourquoi fait-elle autant des vagues s’est-il interrogé ? Il s’est réjoui d’avoir donné des insomnies et des migraines aux membres de la MP. Une famille politique, déclare-t-il, truffée d’hypocrites. Il a même utilisé un mot plus fort pour qualifier la Majorité présidentielle. « C’est de la crasse » dit-il. Fustigeant par la même occasion leur contribution dans leur réélection de Joseph Kabila en 2011. Contrairement à lui et à Moïse Katumbi, qui y ont largement contribué à leur propre frais, les plus bavards de Kinshasa, n’ont été presque d’aucune
utilité dans cette réélection mais curieusement parlent beaucoup. Sur ces relations avec Katumbi, Kyungu les a louées. En les comparant d’avec celles qu’il avait entretenues avec Etienne Tshisekedi dans les 80 et 90 et Ngunz Karl Bond. C’est vraiment quelqu’un qui a vu des montagnes et qui n’est nullement impressionné par les vallées dit une sagesse swahili qu’il a récemment employée dans une des réunions de la MP. Mais par les enquêtes et autres investigations au Katanga, Kyungu dit ne rien avoir à craindre car d’ailleurs précise-t-il il n’a aucune entreprise minière.

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01 avril 2015

L’alternance au Nigéria, une lecon pour la République Démocratique du Congo

Muhammadu Buhari

Les Nigérians, partisans de Buhari, fêtent, ce jour, la victoire de ce dernier annoncée après les élections présidentielles du week-end passé.  Presque tous, balais en mains, sillonnent les rues et les grandes artères du pays pour fêter la victoire de la force des urnes ayant balayé Goodluck Jonathan du pouvoir.

Non seulement les Nigérians, mais aussi le monde entier salue la victoire de la démocratie et de l’alternance pacifique dans ce géant d’Afrique. C’est pourquoi, ceux qui suivent de près les élections au Nigéria qualifient les deux protagonistes d’ hommes forts qui sortent gagnants de ces élections. D’ailleurs, après l’annonce des résultats, le président sortant Goodluck Jonathan a téléphoné à son concurrent et l’a félicité pour sa victoire.

Ceci est une lecon de démocratie et de l’alternance que les jusqu’auboutistes kabilistes doivent apprendre. Le vent du changement qui souffle partout en Afrique doit arriver au Congo, de gré ou de force.

Muhammadu Buhari a gagné le scrutin du week-end dernier avec 53,95 % des suffrages exprimés contre 44,96% du président sortant.

Lumbamba Kanyiki

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25 mars 2015

Les Américains réclament leurs enfants adoptés en RD Congo

Les Américains réclament leurs enfants adoptés en RD Congo

C’est peut-être un autre front que les USA veulent ouvrir contre les autorités congolaises. A la ligne de mire, la Sous Secrétaire d’Etat américain en charge des Questions Consulaires, Michelle Bond, en séjour depuis quelques jours en RD Congo. L’émissaire de Barack Obama vient pour une question d’emblée sociale mais ayant une forte implication politique. “ Je suis venue ici pour les centaines d’enfants congolais adoptés par des familles, américaines “, a déclaré Michelle Bond à la presse au sortir d’une audience lui accordée par le président de Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko.

Question hyper délicate
Au cours de son entretien hier vendredi 2,0 mars 2015 avec le patron de la chambre basse du parlement congolais, la sous secrétaire d’Etat Américain en charge des affaires consulaires, Michelle Bond, accompagné par l’Ambassadeur des USA en RDC dit avoir parlé de la situation de enfants congolais adoptés par des parents américains mais toujours bloqués en RDC sur décision du gouvernement congolais. Elle a précisé en outre que la plupart de parents adoptifs ont terminé la procédure légale et disposent des documents d’adoption. Cependant, l’adoption des enfants a été suspendue en RDC par un moratoire du Gouvernement.

Par cette mesure, les autorités congolaises ont voulu protéger nos enfants contre certaines pratiques devenues récurrentes dans les pays d’adoption. Il a été rapporté par certains médias internationaux que certains réseaux de trafic d’enfants africains opèrent sous le mode d’adoption mais soumettent par la suite ces derniers aux pratiques contre nature (pédophilie, zoophilie…).

Réagissant à cette préoccupation soulevée par la presse congolaise, l’émissaire de l’administration américaine a souligné que les enfants adoptifs sont protégés tant par la loi congolaise, que par la loi américaine. “ Puisqu’ils sont encore très’ jeunes, ces enfants devront quitter la République Démocratique d Congo accompagnés de leurs parents adoptifs “, a fait savoir Madame Michelle Bond.

Quid des parents gays!

A la question de savoir quand est ce que ces enfants rejoindront leurs nouvelles familles adoptives aux USA, la diplomatie dit l’ignorer. Tout ce qu’elle sait est que les familles d’adoption ont rempli toutes leurs formalités procédurales en matière d’adoption. Mais quand ces enfants vont quitter la RDC pour les USA. La question reste posée.

Signalons qu’avant les Américains, les officiels belges venus.au début du mois de mars courant ont aussi formulé la même demande en faveur de leurs concitoyens ayant adopté des enfants en RDC. Eux, s’ont allés loin en soulignant que ces enfants ne sont plus congolais dès lors que leurs parents adoptifs ont rempli la procédure légale.” li s’agit des enfants mineurs pour la plupart qui vivent loin de leurs familles “, a indiqué un officiel belge après un entretien avec le président de l’Assemblée nationale.

Il reste à savoir si les USA comme les Européens obtiendront gain de cause au moment où les autorités congolaises semblent jalouses de l’avenir de la RDC.
Certains analystes estiment que l’équation reste difficile même au niveau du parlement d’autant plus que certaines familles d’adoption, sont constituées des couples gays. La loi congolaise n’autorisant pas le mariage homosexuel, comment le gouvernement pourrait-il laisser les enfants congolais aux mains des personae non gratta ? C’est toute la question.

Par Martinez Ngyaluka

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