boshab

Sous le coup d’une motion de défiance initiée contre lui par quelques députés nationaux de l’Opposition, le Vice- Premier Ministre en charge de l’intérieur et Sécurité, Evariste Boshab est sur une chaise éjectable. Sauf changement de dernière minute, la motion de la peur sera examinée au cours de la plénière de ce lundi 04 mai 2015 après un report de 48 heures.
Les députés nationaux surtout de l’opposition attendent de pied ferme l’examen de cette motion afin de sanctionner ce haut dignitaire du régime Kabila.

Déjà à la plénière de jeudi 30 avril dernier consacrée à la question orale avec débat dressée par le député Frédéric Apaka Tombila au Ministre de ‘Agriculture, es députés signataire de la motion de défiance ont réclamé au Bureau de l’Assemblée nationale inscription de cette motion à l’ordre du jour en raison de sa primauté sur toute autre initiative parlementaire.

Le président de la chambre basse a rassuré ses pairs que l’initiative n’était pas occultée mais devrait être examinée samedi dernier ou ce lundi 04 mai 2015. Répondant à l’intervention d’un élu qui a estimé que cette motion était vexatoire et relevait de la mauvaise foi d’un groupe de députés, Aubin Minaku Djaladjoko a souligné que le Bureau n’avait pas le pouvoir de décider du bien fondé ou non d’une motion de défiance, de la déclarer vexatoire, infondée ou de mauvaise foi… mais qu’il examinée samedi dernier ou ce lundi 04 mai 2015. Répondant à l’intervention d’un élu qui a estimé que cette motion était vexatoire et relevait de la mauvaise foi d’un groupe de députés, Aubin Minaku Djaladjoko a souligné que le Bureau n’avait pas le pouvoir de décider du bien fondé ou non d’une motion de défiance, de la déclarer vexatoire, infondée ou de mauvaise foi… mais qu’il appartient à la plénière de la rejeter ou pas. Sur un ton conciliant, le patron de l’Assemblée nationale a appelé les députés à s’assumer et d’être responsables de leurs actes.

En effet, lorsque l’Assemblée nationale faux dans sa mission, le président de la République a le pouvoir constitutionnel de la dissoudre.

Trois fois interpellé

Rappelons que la motion de défiance contre Evariste Boshab intervient après avoir été interpellé trois fois par les élus nationaux .pour s’expliquer sur diverses questions de l’actualité notamment le projet de révision de la loi électorale, e découpage territorial, la découverte d’une fosse commune avec 421 corps dans .un cimetière à Maluku dans la partie Est de Kinshasa, etc.

Du côté de l’opposition, le temps semble venu pour écrouler le baobab afin que les jeunes aient aussi droit à la lumière du soleil. Mais la chute de cet homme fort du régime apparait difficile compte tenue de sa position au sein de la majorité présidentielle et ses fonctionnaires de secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel qui a le plus d’élus à l’Assemblée nationale.

Mais certains analystes estiment que toutes les hypothèses sont permises. Car l’échec cuisant du meneur de la “ fronde des révisionnistes constitutionnels “ en février 2015 a fortement amenuisé la confiance du chef de l’Etat envers certains de ses hommes béquilles. Et cela est vrai, affirment des sources concordantes il y a de quoi s’inquiéter aujourd’hui au Palais du peuple.

A savoir sur la motion de défiance

A propos, de la motion de défiance, l’opinion notera qu’elle est l’une des initiatives de contrôle parlementaire inscrites à l’article 138 de la Constitution.

Elle vise un membre du gouvernement à l’opposé de la motion de censure qui vise tout le gouvernement. Selon l’article 147 de la Constitution, si la motion de défiance est adoptée par l’Assemblée nationale, le membre du gouvernement qu’elle vise est réputé démissionnaire. De même dans le cas d’une motion de censure, lorsqu’elle est adoptée à l’assemblée nationale, le Gouvernement sera réputé démissionnaire. Et le premier ministre remet au Président de la république la démission dans les 48 heures.

Selon l’article 148, “ En cas .de crise persistante entre le Gouvernement et l’assemblée nationale, le président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents d l’Assemblée nationale et du Sénat, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale.

A l’alinéa 2 de la même disposition, le constituant précise qu’“ aucune dissolution ne peut intervenir dans l’année qui suit les élections, ni pendant les périodes de l’état d’urgence ou de siège ou de guerre, ni pendant que la République est dirigée par un Président intérimaire “.
A la suite de la dissolution de l’assemblée, la CENI convoque les électeurs en vue de l’élection, dans es 60 jours, d’une nouvelle assemblée nationale.
Voilà le scénario qu’une motion de défiance est capable de créer. Quant à ce qui concerne la fronde contre Boshab, les heures qui viennent nous en diront plus.

Par Martinez Ngyaluka