Réclamé instamment par la CPI en tant qu'ancien lieutenant de Thomas Lubanga identifié sujet rwandais, couvert par Kinshasa officiel qui prétendait trouver en lui un élément indispensable pour la pacification du Kivu, puis soudain traqué par les FARDC qui étaient à deux doigts de le capturer vif et qui ont été sommés de stopper net cette opération de chasse à l'homme, Bosco Ntaganda a eu juste le temps de se sauver dans la nature, il y a environ un mois. Depuis lors l'opinion n'a plus de ses nouvelles. Les sphères officielles n'en parlent plus, elles qui avaient apparemment décidé de se débarrasser cette fois-ci de cet homme devenu pratiquement encombrant. Dans cet intervalle, il y a eu des tractations dans la coulisse d'abord à Kigali, ensuite à Gisenyi en face de la ville de Goma au Nord-Kivu, entre des officiels congolais et rwandais. Si au moins Kigali a informé l'opinion au Rwanda de ce autour de quoi avaient tourné ces conciliabules, à Kinshasa c'était le silence radio. On nie même qu'il y a eu des documents signés de part et d'autre sanctionnant ces négociations secrètes, alors que certaines stations périphériques disent le contraire.

A l'ère actuelle du développement prodigieux des technologies de l'information et de la communication et où des gens surfent aisément sur Internet, les nouvelles comme elles qu'on considère faussement comme des secrets d'Etat ou secret-défense, transpirent à travers le monde, Les gens s'informent en suivant les chaînes de TV et les stations de radio étrangères. Le pouvoir devrait faire effort pour améliorer son image de marque par des actions de bonne gouvernance qui parlent d'elles-mêmes, pour dire la vérité au peuple plutôt que de s'installer dans la mystification, l'arrogance et la modulation du chant des sirènes qui ne passent jamais la rampe dans ce pays, avec un peu- pie frustré et blasé. On en est bien conscient; mais on ne peut pas se comporter autrement quand on e déjà juré de faire sentir sa volonté de puissance, c'est-à-dire tout régenter par défi, advienne que pourra. Nous sommes dans un pays où des actes de haute trahison sont banalisés parce que telle est la volonté de la haute hiérarchie qui en st l'auteur, vassalisant l'entourage des béni-oui-oui et tétanisant de peur bon nombre d'élites politiques, intellectuelles, religieuses et sociales.

Il en avait cuit à Vital Kamerhe, alors tout-puissant Président de l'Assemblée nationale, de s'être inquiété publiquement de l'entrée des troupes rwandaises au Kivu soi-disant pour liquider les FDLR sans que le parlement en  ai été préalablement informé. Des négociations sourdes de Kigali et de Gisenyi au moment où l'affaire Bosco Ntaganda est laissée dans un flou artistique, ne pouvaient-elles pas mettre la puce à l'oreille d'Aubin Minaku et des députés de la majorité pour faire leur examen de conscience ? L'information défile régulièrement sur la Toile, apprenant aux internautes que l'oiseau s'est envolé vers le bercail des montagnes et collines, à l'instar de deux précédents oiseaux. Comme Jules Mutebusi et Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda s été exfiltré au Rwanda. Le stop à la chasse à l'homme au moment où Bosco Ntaganda était poursuivi dans ses derniers retranchements pour être pincé facilement par Didier Etumba et ses hommes, des tractations à Kigali et è Gisenyi, autant de manoeuvre pour permettre au gibier de potence de la CPI de regagner sain et sauf son havre d'origine, accueilli discrètement avec faste en reconnaissance de bons et loyaux services rendus pour la conquête de l'espace vital qui est l'objet des préoccupations, de la mère patrie juchée sur des montagnes et collines.

Un colosse aux pieds d'argile

Des gens intelligents et réfléchis qui ne s'expliquaient pas la protection dont Kinshasa assurait Bosco Ntaganda qu'il refusait obstinément de livrer à la CPI, étaient persuadés qu'en cas de fortes pressions exercées par la communauté internationale sur les dirigeants congolais, Kinshasa manoeuvrerait, de mèche avec Kigali, pour que Bosco Ntaganda soit, en dernier ressort, exfiltré au Rwanda comme l'ont été Jules Mutebusi et Laurent Nkunda, tous des commandants successifs du poste avancé au Kivu pour la conquête de l1espa- ce vital (afflux d'immigrants d'expression kinyarwanda, exploitation des minerais avec la plaque tournante à Kigali, persécution et déplacement des autochtones fuyant l'insécurité). Il y a même d'autres révélations troublantes qui signalent que le fameux M23 est l'oeuvre du rusé Paul Kagame. Ses éléments d'avant- garde sont recrutés et formés à Kigali. Ils ont pour mission de combler le vide laissé par Bosco Ntaganda et de poursuivre son travail de conquête de l'espace vital en RDC pour le Rwanda. Cette information a été diffusée par une station périphérique dernièrement.

Est-ce le soubassement des tractations de Kigali et de Gisenyi, d'où il appert que la RDC manque de ressort et se voit contrainte de faire les quatre volontés du Rwanda en position de force.

Un nain d'une superficie de 26.238 km2 domine un géant d'une superficie de 2.345.409 km2 Comment ce colosse en est-il arrivé à ce niveau ignominieux d'humiliation et de soumission ? Ceux qui passent pour les élites politiques, intellectuelles, religieuses, sont-ils fiers de cette décadence que connaît leur pays et dans laquelle il s'enfonce de plus en plus ? De quelles apathie et nonchalance semblent-ils tous frappés au point d'être incapables de se réveiller de leur torpeur comme s'ils étaient hypnotisés et envoûtés collectivement 9 Voilà la conséquence des tripatouillages électoraux des scrutins du 28 novembre 2011. Où est la capacité des institutions et leurs dirigeants à rabaisser le caquet au petit Rwanda qui fait avaler des couleuvres à ce colosse aux pieds d'argile au coeur du continent africain?

Et pourtant il n'y a guère longtemps le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda étaient à la botte et à la remarque de ce pays alors le Zaïre de Mobutu !

On n'a copié sur Mobutu que les caractéristiques négatives d'oppression, de répression, de sadisme, de pillage des ressources naturelles, d'enrichissement sans cause d'une oligarchie, de destruction du pays, mais pas celles positives de grandeur, d'honneur, de prestige, de dignité, de protection de l'intégrité territoriale, de rassemblement des Congolais, de formation des élites militaires, etc.

Des agents rwandais de la cinquième colonne

Bosco Ntaganda est exfiltré dans son pays après avoir accompli sa mission au même titre qu'avant lui Jules Mutebusi et Laurent Nkunda. Quel est le bilan de sa contribution déterminante à la pacification du Kivu ? Le M23 est un cadeau empoisonné qu'il laisse au gouvernement congolais pour continuer la déstabilisation du Kivu.

Tout bien considéré, depuis l'AFDL de feu Laurent Désiré Kabila, le Rwanda est devenu un pays plutôt ennemi qu'allié de la RDC.

Il est la base arrière de déstabilisation de la RDC à partir du Kivu. C'est au Rwanda que se retirent, trouvent asile et vivent tranquillement des agents rwandais de la cinquième colonne après avoir commis plusieurs crimes en RDC, comme Mutebusi, Nkunda et aujourd'hui Ntaganda.

Les rapports entre ces deux pays sont comme le mariage de la carpe et du lapin. Comment est-il logiquement concevable de faire confiance à ce pays et de convenir avec lui de traquer les FDLR qui sont justement son propre fonds de commerce en RDC, sans que cela soit considéré comme un acte de haute trahison ? Les FDLR, le CNDP, le M23, sont tous des légionnaires rwandais en opérations en RDC pour la conquête de l'espace vital dont leur pays a grandement besoin. C'est pour cela que tous ceux qui arrivent au terme de leur mission de dévastations et de massacres au Kivu sont exfiltrés au Rwanda.

Jean N'SAKA wa N'SAKA/Journaliste indépendant