Auteur de la question orale adressée au ministre de la Défense, le député Martin Fayulu a expliqué que ce boycott était dicté par le souci de respecter le peuple congolais.

Les députés nationaux membres de l'Opposition politique ont boycotté, hier mercredi 30 mai, le débat à huis-clos organisé en la salle des Congrès du Palais du peuple, siège du Parlement de la République, sur l'insécurité qui prévaut à l'Est du territoire national.

S'adressant à la presse, le député national Martin Fayulu Madidi a déclaré que cette attitude est motivée par le respect qu'il voue au peuple congolais qui a droit à l'information.

Nous avons posé la question au vice-premier ministre et ministre de la Défense pour qu'il vienne expliquer ce qui se passe réellement à l'Est de notre pays, car nous avons appris que le Gouvernement a encore signé un énième accord avec le Rwanda, et nous voulons en savoir plus “.

L'élu du peuple s'est demandé s'il faut décréter le huis-clos pour débattre d'une question d'intérêt national.

Il a affirmé qu'il s'agit là d'un manque de respect total au peuple et qu'il ne peut pas cautionner ce comportement.

Prenant le peuple à témoin, Martin Fayulu a démontré que cette question n'est pas sensible parce que le Rwanda a livré l'information y afférente par l'entremise de son ministre de la Défense, alors qu'en RDC, cette information est considérée comme secrète.

“Je pense que ce n'est pas un secret -défense parce qu'on ne devrait pas parler aujourd'hui des, manoeuvres militaires, ni de la stratégie militaire, encore moins de la façon dont nos forces répliquent “, a enchaîné Martin Fayulu.

De son avis, qu'il s'agissait seulement de savoir les résultats de l'accord' signé entre le Rwanda et la RDC en mars 2009 d'une part, et d'autre, les raisons réelles de cette guerre que le Congo Démocratique vit depuis 20 ans.

 

La MONUSCO interpellée

 

Pour sa part, le député Roger Lumbala a émis le voeu devoir la MONUSCO remettre à la justice congolaise les 11 hommes armés qui se sont présentés à ses responsables.

L'élu du peuple a soutenu que la mission onusienne aura ainsi permis d'identifier ces personnes et de connaître leur nationalité.

L'opinion retiendra que le bureau de l'Assemblée nationale avait convoqué hier une séance plénière principalement consacrée au contrôle parlementaire.

Dans ce cadre, le vice-premier ministre et ministre de la Défense et anciens combattants était invité à répondre à la question orale avec débat formulée par le député Martin Fayulu Madidi sur le nouvel accord signé entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, sur la situation sécuritaire à l'Est du pays.

Une autre question orale le avec débat était adressée par le député Jemsi Mulengwa au ministre de l'intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières. Cette seconde question portait sur l'insécurité qui prévaut à l'Est du pays.

Effectivement, ces deux membres du Gouvernement de la République se sont présentés dans la salle des Congrès pour fournir des informations exigées par les élus du peuple.

Dans son mot d'introduction, le président de la Chambre basse a indiqué que la RDC étant dans une circonstance exceptionnelle, le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale n'autorise pas de tenir un débat public sur la situation sécuritaire au moment où les troupes congolaises sont en pleine opération.

Aubin Minaku a ainsi décrété un huis-clos auquel seuls les députés et les agents administratifs ayant une tâche spécifique en rapport avec les travaux étaient autorisés à prendre part.

C'est alors que les députés de l'Opposition lui ont exprimé leur mécontentement, avant de quitter la salle des Congrès.

Marcel TSHISHIKU