25 octobre 2013

JB Mpiana au Zénith de Paris, les Combattants divisés en Europe !

*Tout le monde en parle. JB Mpiana jouera ou pas le 21 décembre en la salle Zénith de Paris ? Cette question circule sur toutes les lèvres dans la communauté congolaise de France, Belgique jusqu’en Allemagne.  Après la conférence de presse tenue à l’hôtel Méridien en pleine capitale française par l’artiste pour confirmer sa soirée dans cette salle mythique, les états-majors de Combattants ou résistants «Bana Congo» sont mobilisés pour faire la contre publicité sur l’événement. Tout Schengen est en émoi. Mais, les avis sont partagés dans les milieux de Congolais qui n’ont plus assisté à un concert d’une star congolaise depuis bientôt 4 ans en Europe.

Certains compatriotes de la diaspora dont quelques figures emblématique dans le mouvement de Combattants ont réagi en faveur de l’artiste. Ils soutiennent le projet initié par le producteur haïtien qui compte sur les recettes de cette production de JB Mpiana pour soutenir les femmes et les enfants victimes de conflits armés à l’Est du Congo.

Par contre, d’autres sont dans l’extrémisme radical. Ils ne trouvent pas la raison d’être de ce spectacle malgré la bonne foi de son promoteur.

D’après notre correspondant basé à l’Hexagone, un groupe de Combattants venu de Bruxelles séjourne déjà dans la Ville lumière pour mener une campagne contre le rendez-vous du 21 décembre. Ils ont promu  de déchirer toutes les affiches publicitaires qui seront placées dans les grandes artères parisiennes ou encore dans les métros et autres endroits fréquentés par les Congolais.

A en croire notre source, les Combattants basés en Belgique, ensemble avec ceux de la France peaufinent des stratégies dangereuses pour saboter l’évènement. ‘‘JB Mpiana doit préparer des cercueils pour toutes les personnes qui vont mettre leur patte au Zénith le 21 décembre. Aucun musicien congolais ne peut se produire en Europe aussi longtemps que la guerre va perdurer à l’Est du pays’’, a lancé un Combattants sur sa page facebook.  

JB Mpiana demande pardon ! 

Qu’à cela ne tienne, JB Mpiana persiste et signe. Il entend bouger encore pour la énième fois cette salle parisienne à la date annoncée par son producteur. ‘‘Le producteur a déjà réservé la salle en payant les droits exigés par l’Etat français et aussi il a rempli toutes les formalités nécessaires auprès du responsable de Zénith. Vouloir ou pas, Wenge BCBG et Papa Chéri vont jouer le 21 décembre. Ce sera un concert de rassemblement et de solidarité entre les Congolais.  J’espère que la France est un pays des Droits. Si nos frères combattants nous reprochaient quelque chose dans le passé, aujourd’hui moi je demande Pardon au nom de tous les musiciens congolais’’, a déclaré la star congolaise devant la presse.

32 ans de carrière,  Jean-Bedel Mpiana wa Tshituka mieux connu sous le nom de JB MPIANA Papa Chéri, est l’un des artistes les plus talentueux de sa génération et l’une des plus belles voix de la musique congolaise.

Né le 2 juin 1967 à Kananga (Kasaï-Occidental), c’est un chanteur et auteur-compositeur de haute facture de la rumba congolaise moderne. Deux jours après sa naissance, il va rejoindre la ville de Kinshasa, ville qui le verra naître grandir artistiquement. Encore adolescent et étudiant, JB MPIANA participe à la création de l'orchestre Wenge Musica en 1981 dont il sera désigné président du groupe jusqu’en 1997. Très bon chanteur à la voix ténor, auteur-compositeur zaïrois, il navigue au sein du groupe avec l'un des pionnés de l'orchestre.
 Sa puissance vocale et son charisme indubitable ont fait de lui un musiciens phare de la fameuse 4ème génération de la musique au Congo-Kinshasa. Un des fondateurs du Clan Wenge avec Werrason, Alain Makaba, Didier Masela en 1981, JB Mpiana  était la figure emblématique de cet orchestre.

C'est par lui, en majeure partie, que le groupe Wenge Musica 4x4 Tout Terrain a eu à se gagner une place dans l'histoire de la musique du Congo-Kinshasa, et cela grâce à son savoir-faire. Il est le premier artiste musicien de sa génération à obtenir une récompense en Or à titre personnel, à savoir : auteur de la Meilleur chanson de 1988, Mulolo ; meilleur chanteur du Zaïre en 1991. Il est le premier jeune musicien de sa génération à se produire au Zénith de Paris et à l'Olympia, en 1999 et aussi à obtenir un disque d'Or.

Papa Chéri, leader des œuvres…

Sur le plan discographique, JB Mpiana est aussi le seul artiste musicien du Congo qui a fait des merveilles, accomplis des grandes œuvres et obtenu des grands prix dans son plus jeune âge; Révélation de l'année avec Wenge en 1987 quand il n'avait que 20 ans grâce à sa chanson ‘‘Kin ebouger’’ qui n'est pas encore sortie dans un album. JB Mpiana est à remercier à 50% pour la puissante et explosive carrière musicale de Wenge Musica dès sa naissance, en sa qualité de président du groupe, meneur de jeu et meneur de chant jusqu'à sa décadence en décembre 1997 suite à un conflit d'argent, jalousie et leadership. Déjà, à l'époque, ses copains du groupe l’appelaient Mukulumpa en langue  Tshiluba, ce qui veut dire « Le Grand ». Détenteur d’un disque d'or à 32 ans en 1999 pour la meilleure vente de son premier album en solo « Feux de l’amour », alors qu’il n’avait que 30 ans. Composé de 10 chansons inspirées du chanteur,  "Feux de l'amour" donna son nom à la musique congolaise et tout ce qui lui ressemble le « Ndombolo ». Non seulement « Feux de l'amour » va faire bouger avec la danse Ndombolo, mais on découvre en JB Mpiana un grand intérêt pour les textes, une richesse thématique.

Des chansons comme : « Cavalier solitaire », « I love you», « Recto verso », « Masuwa », « Bana Lunda », « Top Modèle », « Conseil Patcho », « Papito » ont suscité un succès foudroyant au Grand leader charismatique de Wenge Musica. Cette élévation va susciter des tensions au sein de l’orchestre qui finira par se scinder en deux cette même année, en décembre. C’est ainsi que la dislocation historique interviendra dans le groupe et parmi les fans en 1997. En effet, JB Mpiana prend la tête de Wenge BCBG "Les Anges Adorables", avec à ses côtés le guitariste Alain Makaba, le percussionniste Titina et des chanteurs Blaise Bula, Alain Mpela, Tutu Kaludji, Roberto Ekokota et Aimélia Alias. En fait presque tout l'effectif l'avait suivi sauf 3 autres membres de grandes places dans la version originale et quelques nouveaux venus. Juste après la scission, JB Mpiana et son groupe prennent la direction de l'Europe pour enregistrer « Titanic », titre révélateur de la scission du groupe original. Dans cet album, JB Mpiana va s'illustrer avec « RDC » dans lequel il met en exergue la richesse culturelle de son pays et dans « Omba », une chanson qui sera plébiscitée comme la meilleure à la suite d’un vote du public.

1999 : JB Mpiana à la conquête de salles mythiques 
 En 1999 JB Mpiana et ses lieutenants ont démystifié l'Olympia et le Zénith de Paris. C’était le début de la conquête de salles et stades mythiques en Europe et en Afrique.  En juin 2000, il sort son 2ème album en solo intitulé "T.H": "Toujours Humble" à 16 titres en 2 volumes. Un succès pour lequel il reçoit son 2ème  disque d'Or et tant d'autres grandes récompenses comme : meilleur chanteur une fois de plus, meilleur album, meilleur chanson « 48 Heures Gecoco », meilleur compositeur avec « Grâce à toi germain », meilleur artiste. Avec ce chef d'œuvre, il entre de pleins  pieds dans la world music, en gardant ses racines et en s'ouvrant vers d'autres styles musicaux tels que le rap, la salsa etc. Avec des chansons comme : « Walay Danico », « Education », « Le sultan de Brunei », « Dit moi amour », « La rose verte », « Bye bye Julie », « Aminata Syllat » etc.

 En 2001, JB Mpiana et son ensemble vont sortir un double album intitulé « Internet », un autre grand succès. Il sera récompensé de nouveau  en qualité de meilleur compositeur avec « Sans te toucher » et reçoit aussi le prix de la meilleure chanson « Jeannette », et tant d'autres. Parmi les meilleures chansons de cet album citons : « Beazodegeum », « Consolation », « Sens unique », « love airlines » et tant d’autres.  La même année,  il se produit au Spectrum à Montréal et le 22 septembre 2001 JB Mpiana affronte Bercy, une grande salle omnisport en France.

Le couronnement de ce succès fut sa prestation au stade des Martyrs de Kinshasa au mois de décembre 2001 où il attire plus de 200 milles spectateurs établissant ainsi un record pour la musique congolaise.

Toujours égal à lui-même, JB Mpiana possède une discographie bien garnie et constituée des chefs-d’œuvre qui défendent valablement sa carrière contre vents-et-marées. C’est ce qui lui a valu plusieurs surnoms tels que : « Bin Adam », « Souverain 1er » « Papa Chéri », « Maréchal Mukulu wa Bakulu », « Héros national », « Salvadora de la patria », « l'homme qui a mis l'eau dans coco », « l'homme qui a sucré la banane », « Moto pamba », « Mwana Congo ». Tous ces noms de scène motivent l’artiste à travailler encore davantage pour faire plaisir à ses adeptes qui se retrouvent dans sa bonne musique.

Jordache Diala

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19 septembre 2013

Racisme et violence, Condoleezza Rice raconte l'Alabama des années 1960

17/09/2013 à 08:52
L'ancienne secrétaire d'État de George W. Bush s'est confiée sur la chaîne de TV MSNBC. L'ancienne secrétaire d'État de George W. Bush s'est confiée sur la chaîne de TV MSNBC. © Mike Ehrmann / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Condoleezza Rice a grandi à Birmingham, Alabama, dans les années 1960. Le racisme et la violence battaient leur plein. Elle raconte, pour la première fois.

À 10 h 22, le 15 septembre 1963, 26 enfants pénètrent dans l'église baptiste de la 16e rue, à Birmingham (Alabama), pour préparer le sermon "The Love That Forgives" quand une bombe secoue le bâtiment. Quatre adolescentes africaines-américaines, Addie, Denise, Carole et Cynthia, meurent sur le coup. Les responsables de ce crime, des suprémacistes blancs proches du Ku Klux Klan, ne seront pas inquiétés avant de nombreuses années, John Edgar Hoover, le patron du FBI, ayant donné l'ordre de dissimuler les preuves. Cinquante ans plus tard, dans une interview télévisée accordée le 6 septembre au révérend Al Sharpton (visible sur http://tv.msnbc.com), Condoleezza Rice, l'ancienne secrétaire d'État de George W. Bush, évoque ce drame pour la première fois. "L'église de mon père se situait à environ 2 miles [3,2 km] de la 16e rue, et c'était comme si le sol avait tremblé. J'avais 8 ans et, comme tous les enfants de mon âge, je me suis demandé : "Pourquoi ces gens nous haïssent-ils tant ?""

L'église visée était un point de ralliement des militants pour les droits civiques, dont Martin Luther King, et des enfants de la Children's Crusade contre la ségrégation. "Grandir dans la grande ville la plus ségrégationniste des États-Unis, surnommée Bombingham en raison de sa violence, c'était comme vivre dans un monde parallèle. Nous n'avions aucune relation avec les Blancs. Mais, dans notre petit voisinage de la classe moyenne, quelques familles et enseignants tenaient à nous montrer que notre horizon n'était pas limité."

L'Amérique raciste d'il y a cinquante ans

Salles de cinéma ou restaurants réservés aux Blancs, brigades de protection (auxquelles participait son père) contre les Night Riders du Klan... Rice raconte l'Amérique raciste d'il y a cinquante ans. "Un jour que nous rentrions de chez mes grands-parents, une bombe a explosé. Mon père nous a poussés dans la voiture et a démarré en trombe, en disant : "Je vais prévenir la police." Ma mère lui a répondu : "Prévenir les flics ? C'est probablement eux qui ont posé la bombe !""

Des parents à qui Condi rend hommage : "Ils m'ont convaincue que, si je le voulais, je pouvais devenir présidente des États-Unis." Et elle ajoute : "Nous sommes toujours attirés par les modèles qui nous ressemblent, mais si j'avais attendu qu'une femme noire spécialiste de l'Union soviétique soit mon modèle, j'attendrais encore..."

 

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : États-Unis | Racisme et violence, Condoleezza Rice raconte l'Alabama des années 1960 | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 

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14 septembre 2013

RDC : L’Abbé BADIDIKE encourage Caritas Congo à toujours rester près des œuvres de l’Eglise

M. l'Abbé Jean-Pièrre Badidike à KinshasaKinshasa, le 11 septembre 2013 (caritasdev.cd) : Monsieur l’Abbé Jean-Pierre BADIDIKE, ancien Coordonnateur de Caritas-Développement Kisangani, en République démocratique du Congo, encourage  Caritas Congo à toujours rester près des œuvres de l’Eglise, même dans les diocèses les plus enclavés. Le prêtre a adressé ses encouragements à Caritas Congo lors d’une interview accordée à Kinshasa le 8 septembre 2013 à caritasdev.cd (à lire ci-dessous in extenso). (Click here to read the English Version)

Le prêtre a dans cette interview  dit un mot  de son passa8ge à Caritas-Développement Kisangani, de ses expériences dans le  domaine du partenariat, du terrain, etc. Il s’est dit émerveillé par l’implication de la Caritas Congo dans la mobilisation de fonds dans le pays même,  plutôt que d’avoir toujours la main  tendue vers les pays du Nord où la crise financière réduit de plus en plus l’espace de la solidarité, rapporte caritasdev.cd

Question (Q ) :  Votre nom est lié  à la vie de l’Eglise catholique de Kisangani  comme ayant été responsable d’un de ses  secteurs importants, à savoir la Caritas-Développement Kisangani. Qui étiez-vous exactement ?

Réponse (R)  : J’ai été Directeur de Caritas, en d’autres termes Directeur du service des urgences, pour reprendre l’appellation actuelle. C’était pendant  trois ans, de 2001 à 2004. J’ai aussi été Coordonnateur de Caritas-Développement Kisangani de 2004 à 2006.

Q : Durant les années où  êtes-vous resté à la tête de la Caritas-Développement Kisangani   que doit-on retenir  d’important concernant les activités menées en ce temps-là ?

R : Les activités étaient diversifiées.  Sur le plan du service de la santé par exemple, l’urgence était consacrée à la consolidation de l’appui aux centres de santé et à la recherche des partenaires, pour soutenir les infrastructures et amoindrir les coûts médicaux au profit des personnes démunies.

Sur le plan du service  de la promotion du développement, la priorité était consacrée à l’accompagnement des paysans, notamment les agriculteurs et les maraîchers, afin de les autonomiser à augmenter leur production.  Une attention soutenue a aussi été accordée aux programmes de micro-crédit pour les ménages pauvres et les femmes seules.

Par rapport au service des urgences, la priorité   était la redéfinition des structures des personnes à assister et des instances à utiliser. Les besoins étant énormes dans ce domaine, nous devrions nous inscrire dans le cadre d’un programme  qui encourage à sortir de la simple assistance vers la prise en charge. Les catégories étaient les orphelins, les personnes vivant avec le VIH ou leurs familles, les enfants de la rue, les personnes à mobilité réduite ou vivant avec handicap, les  élèves démunis, les femmes chefs des ménages, les filles-mères et désœuvrées, etc. Mais au passage il y a eu des appuis occasionnels  à la   réinsertion des enfants soldats et aux  militaires démobilisés.

Q : Quelles expériences pouvez-vous transmettre au réseau de Caritas en matière de partenariat?

R : Si je peux dire que la grande expérience c’est de comprendre que les bailleurs aussi bien à obédience ecclésiastique  que  simplement civile la transparence dans la gestion et l’implication des bénéficiaires sont une règle d’or. Par conséquent,  des compétences techniques de haut niveau sont requises dans le chef des personnes consacrées ou  des laïcs qui travaillent dans nos structures. Cependant, les exigences actuelles de gestion dépassent le simple cadre requis par le droit de l’Eglise. Il y a donc à espérer que cette dernière intègre ces nouvelles exigences de gestion et de partenariat dans ses orientations pastorales et ses manuels de procédure.

Q : Que vous a appris d’important votre travail comme Coordonnateur de Caritas-Développement Kisangani ?

R : Caritas-Développement Kisangani m’a appris le sens d’une Eglise famille.  La Caritas elle-même est déjà une famille où riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes, clergé et laïcs ont leur place. On a besoin de tout le monde. En effet,  les pauvres ne doivent pas se sentir marginalisés, tandis que les riches enrichissent le sens  de la solidarité et du partage. Pour paraphraser Albert Camus, nous dirons : « Il y a parfois de la honte à être heureux tout seul « .

Q : Que    demandez-vous aujourd’hui  à la  Caritas Développement Kisangani ? Qu’attendez-vous d’elle ?

R : J’attends de la Caritas-Développement Kisangani la poursuite des efforts fournis depuis quelques années, pour obtenir une intégration effective des trois secteurs de la pastorale sociale. J’attends aussi  d’elle la poursuite des efforts vers la professionnalisation des services et du personnel. Enfin, j’attends  d’elle la  création des moyens solides d’autonomie et de prise en charge.

M. l'Abbé Badidike, et l'Evêque Président de la commission Episcopale Caritas-Développement

Q :  Quel est aujourd’hui votre mot à Caritas Congo en tant qu’ancien coordonnateur d’une Caritas Développement dans un diocèse au pays ?

R : J’ai d’abord le mot d’émerveillement vu les récentes  œuvres engagées par la Caritas Congo pour sa visibilité, dans un esprit qui répond au mieux au contexte de notre monde globalisé et compétitif. Je suis ensuite émerveillé par l’implication de la Caritas Congo dans le mobilisation de fonds dans le pays même, plutôt que d’avoir toujours la main tendue vers les pays du Nord où la crise financière réduit de plus en plus l’espace de la solidarité. J’ai un mot d’encouragement pour que  Caritas Congo reste toujours près des œuvres de l’Eglise, même dans les diocèses les plus enclavés. Enfin,  j’ai le mot de remerciement envers tous ceux qui ont contribué  à ce que la Caritas Congo aille toujours de l’avant, contrairement aux autres structures de l’Eglise où on voit plus de fissures que des marques de  reconstruction.

Q : Quel a été votre parcours après avoir quitté Caritas-Développement Kisangani et ce depuis jusqu’à ce jour ? Qui étiez-vous, où étiez-vous avant de devenir Coordonnateur de  Caritas-Développement Kisangani ?

R : Quand j’ai quitté Caritas Kisangani, je suis allé en Belgique pour suivre mes recherches doctorales en philosophie à l’Université catholique de Louvain. Ses recherches ont été sanctionnées par un diplôme de docteur en philosophie obtenu en 2012. Parallèlement à mes études, j’avais une insertion pastorale dans le diocèse de Tournai, en qualité de doyen et curé de cinq paroisses. Entre-temps, j’étais également membre du conseil presbytéral du même diocèse. En marge de cette mission, je suis cofondateur  du groupe Epiphanie, groupe de prêtres congolais en Belgique impliqués dans la révolution de l’intelligence et de la réalité socio-politique au Congo (Kinshasa). Je suis prêtre de l’archidiocèse de Kisangani depuis 1988. J’ai été enseignant, vicaire de paroisse, aumônier de jeunes, professeur au grand séminaire et au philosophat intercongrégationnel, économe diocésain… Dans les activités para-ecclésiastique, je fus secrétaire de la Société civile de Kisangani, militant de droits de l’homme, notamment dans le groupe Justice et Libération. Je fus  collaborateur de la presse extérieure, notamment RFI et la Voix de l’Amérique. J’ai été  le représentant de l’ambassade de l’Ordre Souverain  de Malte pour la Province Orientale, mais en passant soit dit je fus  membre de plusieurs associations de réflexion  et d’aide sociale. C’est à ce titre que je suis éditeur du livre « Guerre et droits de l’homme en République démocratique du Congo »  (2009). Evidemment dans le cadre de mes recherches scientifiques je suis l’auteur d’une dizaine d’articles scientifiques.

Q : Qu’avez-vous retenu d’important sur les difficultés de terrain ou le terrain lui-même et que vous tenez à transmettre comme  connaissances capitalisées  aux autres concernant les projets ?

R : Ce que j’ai    retenu d’important c’est qu’on peut engager beaucoup d’efforts sur le terrain, mais aussi longtemps qu’un pourcentage minimal d’au moins 60 pour cent de personnes n’ont pas compris le sens du développement, la force de la pesanteur va toujours nous entrainer vers le bas. D’autre part, le changement commençant toujours par la tête, cela veut dire le cerveau,  les mentalités représentent  une des grandes difficultés que l’on rencontre sur le terrain. Malheureusement, cela se fait voir même dans le chef des personnes qui ont  fait de grandes études ou qui se présentent comme leaders auprès des autres.

Q : Vous intéressez-vous encore à ce jour  à la vie de la Caritas-Développement Kisangani et que faites-vous ou que pouvez-vous faire  pour elle ?

R : Oui, je m’intéresse toujours à la vie de la Caritas-Développement Kisangani, parce que je suis arrivé à celle-ci au moment où des idées de restructuration étaient en vogue dans le réseau Caritas Congo. Dès le départ, j’ai été impliqué dans la conception et la redéfinition de la place de la Caritas dans les structures de l’Eglise et dans l’imaginaire populaire de notre peuple. Et cela ne peut avoir des fruits que si ça continue. Voilà pourquoi je reste proche de la Caritas Kisangani par les appuis en idées ou en contact avec d’autres structures au pays et surtout à l’étranger. Je suis abondamment consulté et je fais du lobby pour que la Caritas, car on ne peut pas mettre un enfant au monde et ne plus se soucier de son avenir, ni de son épanouissement.

Q : Que pensez-vous souligner de très important, à la fin de cette  interview ?

R : J’ai trop de sujets qui me viennent en tête, mais je n’en retiendrai que deux. Le premier c’est la destination universelle des biens. Comme nous sommes dans un monde où la religion et l’appartenance sont des cordes sensibles,  par lesquelles certaines personnes passent pour influencer l’opinion souvent négativement, j’aurai voulu que dans l’Eglise comme dans la Société civile le sens de l’universalité l’emporte sur  les autres  labels de nos identités (ethniques, régionaux, nationaux, religieux, professionnels, générationnels ou sexuels).  En deuxième lieu, mon expérience dans les milieux associatifs m’a appris le respect pour le leadership.  Une société, une entreprise, une Eglise, une association qui n’a plus de leader dans lequel elle s’identifie est vouée à la disparition ou tout au moins à la léthargie. Alors, ayons l’obligation de protéger le leader quand nous en avons ou d’en créer s’il en manque. Or être leader c’est aussi un don de Dieu et cela n’est pas donné à tout le monde, tout au moins pas à la même hauteur. Un leader c’est un poteau indicateur, c’est une boussole et il nous indique le nord.[198/2013]

Propos recueillis par JOSEPH KIALA

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13 septembre 2013

Le coût excessif de la dot encourage le concubinage



L’argent de la dot qui établit le lien du mariage entre familles africaines est devenu un casse-tête pour les jeunes prétendants. Le coût de la dot a haussé le ton au point de devenir exorbitant et brade la valeur de ce geste symbolique. Dans certaines familles, elle a pris des allures d’une facture globale incluant tous les frais et les dépenses consentis durant l’éducation et la formation de la jeune fille offerte en mariage. Cela implique les frais de scolarisation, de logement, d’habillement et d’alimentation.

Et la dot prend davantage l’ascenseur quand la prétendante au mariage a fait des études supérieures. Cette façon de faire peut être considérée comme une déviation par rapport à la culture de la dot selon les rites africains. Les familles qui se complaisent dans cette situation font non seulement montre d’une ‘frénésie boulimique’ exagérée mais de plus, elles hypothèquent les chances de leur fille d’obtenir une demande en mariage.

Et pourtant, s’il faut situer ses origines, la dot est une coutume ancestrale instituée depuis la création du monde et constitue un acte symbolique réunissant les aspirations d’un jeune couple à se passer la corde au cou. Et à l’époque, elle ne nécessitait pas trop d’extravagances en termes d’objets et d’argent à remettre à la famille de la bien-aimée. Dénaturée au fil des âges, elle est finalement devenue un fond de commerce, un moyen de faire fortune ou d’apaiser la misère de certaines familles infortunées.

Face à une telle situation, le prétendant se sent pressée comme un citron. Quant à la jeune femme victime de ce mercantilisme, elle encourt le risque de coiffer Sainte Catherine, c’est-à-dire, de demeurer célibataire après l’âge de 25 ans, compte tenu de la conjoncture économique actuelle. D’après notre enquête, les tenants de cette pratique de la dot exorbitante soutiennent que c’est un moyen qui permet d’organiser le mariage coutumier qui se termine invariablement par une tapageuse fête avec trompettes et tambours.

« Oza na mbongo oza na nionso, oza na mbongo oza na ngenge", cette phrase en lingala, une des quatre langues nationales de la RDC, signifie « Quand tu as l’argent, tu as tout ». Ceci pour dire que celui qui a l’argent, peut tout se permettre. Or, l’argent réputé bon et mauvais serviteur à la fois, comporte en lui-même les germes de la dépravation et peut pousser une personne à creuser sa propre tombe.

La cupidité de certaines familles les mène à la dérive. Aussi cette boulimie incontrôlée d’argent fait que les hommes qui en ont deviennent arrogants, présomptueux et multiplient les conquêtes sous prétexte d’être en mesure de s’acquitter de la dot.

Par conséquent, bon nombre de filles se retrouvent dans des foyers polygames où elles ne bénéficient d’aucune considération de la part de leurs maris. Avec la conjoncture économique difficile qui sévit en RDC, trouver un travail adéquat et surtout rémunérateur est devenu une mer à boire pour tout jeune en âge nubile.

Faute de pouvoir constituer la dot revendiquée par la famille de leur dulcinée, les jeunes gens se complaisent dans la fameuse formule "Yaka to vanda". Ce qui signifie littéralement "Cohabitons ensemble" ou l’union libre. Ainsi, des couples informels se constituent et prennent de l’ampleur sans que les familles des conjoints aient voix au chapitre.

A trop vouloir maximiser le gain ou le profit, on arrive à tout gâcher ou à tout perdre. La femme est le socle de la société. De ce fait, il est impérieux qu’elle soit respectée et valorisée. Toute pratique dégradante liée à une quelconque instrumentalisation de sa personne doit par conséquent être bannie. Elle doit être valorisée par le mariage.

Saint Hervé M’Buy

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Une héroine dans l’ombre (suite 6)

Les premiers contacts de Ndaya avec les fils de madame Eyenga se déroulèrent normalement. Lorsque madame Eyenga ouvrit bruyamment la porte, ils étaient tous à la table de la salle à manger en train de discuter. « Bonsoir à tous » cria-t-elle d’une voix pleine de gaieté malgré la fatigue de la journée. Comme d’habitude Nancy accourut, donna rapidement des bisous à sa mère et se jeta dans les bras de Ndaya qu’elle embrassa fortement. « Est-ce que maman était gentille envers toi ? » demanda-t-elle à Ndaya, tout en gardant son bras gauche autour de ses épaules. Cette dernière acquiesça de la tête. Madame Eyenga jeta à sa fille un regard réprobateur. « Je ne me reconnais pas avoir une réputation de casseuse » lui répliqua-t-elle. Les deux fils vinrent à l’encontre de leur mère.  « Alors, mes grands, on a fait un bon voyage ? », leur lança-t-elle en les embrassant. Le premier lui répondit qu’il n’y avait rien de grave à signaler sur son camion tandis que le deuxième lui disait avoir eu quelques ennuis avec les pneus. Puis, se tournant vers Ndaya qui était en conversation avec Nancy, l’un d’eux demanda : « C’est… Ndaya ? » Celle-ci acquiesça timidement de la tête. Ils se serrèrent calmement la main. « Moi, c’est Paul » commença le premier. « Et moi, c’est Ingo », enchaîna le deuxième.

Le reste de la soirée se passa rapidement, les garçons, tenant chacun un verre de bière en main, faisaient, à tour de rôle, rapport à leur mère sur leur voyage. Des carnets et feuilles diverses passaient d’une main à une autre. Madame Eyenga vérifiait ses comptes.

Pendant ce temps,  Ndaya et Nancy s’étaient isolées dans la chambre de cette dernière. Spacieuse avec un grand lit trônant au milieu. En face de celui-ci, était placée une grande garde-robe en bois rouge. Sur la porte coulissante était fixé un très grand miroir. Au fond, contre la fenêtre se trouvait le bureau de Nancy. C’était là qu’elle s’asseyait soit pour étudier ou faire ses devoirs. Les livres et les cahiers y étaient jetés ici et là dans un grand désordre. Sur les murs roses étaient collés des posters des stars du cinéma et de la musique. Nancy alla ouvrir la garde-robe et lui sortit quelques robes. « Essaie ça », lui dit-elle. Comme Ndaya se gênait, elle lui expliqua aussitôt : « Je sais que tu travailles et tu pourras t’acheter tout ce que tu voudras ; mais en attendant, tu peux porter certaines de mes robes. Tu ne peux, tout de même pas sortir toujours dans une même tenue ! » Ndaya les prit et la remercia de sa générosité.

Lorsque ses yeux se portèrent sur les cahiers ouverts sur le bureau, les pensées se bousculèrent dans sa tête. Pourquoi n’avait-elle pas poursuivi ses études ? Chez les Bashilang, presque toutes les filles ne dépassaient pas le cap de la deuxième C.O (cycle d’orientation). Elle se rappela encore les paroles de sa mère : « Les filles, on doit les épouser lorsqu’elles ont encore le lait maternel sur la langue ». Que des bêtises ! Se dit-elle. Car, là, à cet instant, elle se trouvait confrontée à une autre réalité.

Elle prit entre ses mains un des cahiers, l’ouvrit. Nancy avait une belle écriture. Elle tourna les pages, l’une après l’autre et lut à haute voix le titre souligné en rouge: Les grandes civilisations de la savane…Puis, elle ferma les yeux, tourna enfin la tête pour cacher ses larmes à Nancy.  Cette dernière, ayant reconnu le chapitre de son cours, lui dit sans détourner la tête de la garde-robe, qu’elle n’aimait pas beaucoup l’histoire, car elle avait l’impression d’apprendre les mensonges. Son cours préféré, c’était la chimie et les mathématiques. Elle apprit à Ndaya qu’elle rêvait de devenir médecin pour soigner les enfants. Ndaya, attirée par la curiosité, aurait voulu continuer à lire les civilisations de la savane, mais se rappelant qu’elle devait écrire une lettre à ses parents, elle demanda du papier et un stylo à Nancy. « Je voudrais écrire à mes parents » lui dit-elle. Celle-ci, lui ayant remis un carnet de feuilles à lettres et un stylo entre les mains, lui dit : « Tu peux t’asseoir sur mon bureau et rédiger tes lettres, comme tu veux ; mais j’aurais voulu que tu essaies d’abord les robes »  Ndaya se gênait de se déshabiller là en sa présence. Ce que Nancy remarqua aussitôt. « Nous sommes entre nous, filles ; je ne vais tout de même pas te sauter ! » lui lanca-t-elle en riant. Ndaya rit aussi aux éclats. S’étant assurée que la porte était bien fermée, elle commença à essayer, une à une, les robes que lui tendait Nancy.

Tout à coup, quelqu’un frappa à la porte et entra sans attendre une autorisation. C’était madame Eyenga. Elle jeta un coup d’œil admiratif à Ndaya, dans une belle robe qui faisait ressortir toute sa taille.  « Magnifique » lui dit-elle et se tournant vers sa fille, elle lui demanda si elle était déjà prête pour les examens. Lorsqu’elle reçut les assurances qu’elle voulait, elle s’adressa à Ndaya. « Demain à six heures, n’oublie pas » puis, elle leur souhaita le bonsoir et alla dormir. Ndaya s’assit sur la chaise que lui avait présentée Nancy et commença à écrire sa première lettre à ses parents. (A suivre)

Lumbamba Kanyiki

 

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05 septembre 2013

Alleon sera présente ce week-end du 06 au 08.09.2013 au festival de Düsseldorf dénommé Afrika Tage

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Nous venons d'en avoir la confirmation. Après des annonces faites sur facebook et dans son shop en ligne en rapport avec sa nouvelle collection, Alleon se rapproche tout doucement mais sûrement de vous. Alleon sera bien présente au festival de musique de Düsseldorf, dénommé "Afrika Tage", qui se déroule du 06 au 08 septembre dans Freizeit Park, sur Ulenbergstr. 11, 40223 Düsseldorf. Un grand marché des produits africains est aussi ouvert en marge de ce festival.

Ce vendredi, à partir de 16 heures, si vous avez le temps, passez simplement, ne fut-ce que par curiosité, au stand d'Alleon pour y admirer cette nouvelle collection. Une collection qui s'adapte à toutes les saisons et toutes les circonstances. Il y a des tenues classiques que vous pouvez porter à l'école, à l'unif ou au bureau. Certaines coupes conviennent pour le temps libre  ou pour les soirées entre amis. Une cabine d'essayage est mise à votre disposition dans le stand.

 

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A côté de ces fringues, vous y trouverez aussi d'autres accessoires comme les sacs à mains, les bracelets et boucles d'oreilles de la même collection dans un design original et typiquement africain.

Alleon associe les couleurs vives du wax africain aux coupes classiques du type occidental. La matière utilisée est d'une qualité supérieure et les prix proposés hors concurrence. Et c'était même le but recherché par le créateur de cette mode: mettre à la disposition de la jeune fille moderne, africaine , européenne, asiatique ou américaine,  une tenue qui puisse rehausser sa beauté et la mettre en confiance.

Avec sa nouvelle collection, Alleon, c'est la réponse de l'Afrique au rendez-vous mondial de la mode. Pour ce week-end, rendez-vous est donc pris à Düsseldorf, au stand d'Alleon! Venez-y nombreux!

Kasai Direct

 

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Baloji reprend Fela Kuti (en écoute)

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Entre un boeuf avec Bono et une tournée brésilienne, l’ancien Starflam Baloji se retrouve sur une compile hommage à Fela Kuti, inventeur de l’Afrobeat. Le titre est disponible en téléchargement gratuit.

“Red Hot + Fela”, c’est le nom de la compilation tribute que le label new yorkais Knitting Factory consacre au roi Fela, créateur de l’afro beat, militant politique en son pays (le Nigéria) et sorcier chaman jusqu’à sa mort en 1997 d’une maladie liée au virus du SIDA (l’argent récolté par les ventes du disque sera d’ailleurs reversé pour la recherche contre le SIDA… Bref!).

Baloji s’est retrouvé dans ce projet et, non content d’y côtoyer des gens comme Tony Allen (l’ancien batteur de Fela), des membres d’Alabama Shakes, de TV On The Radio ou de My Morning Jacket, il signe deux titres du disque: un en collaboration avec Tony Allen, justement (“Une expérience incroyable”, selon ses mots – Tony Allen étant un des meilleurs batteurs de l’Histoire, on rappelle) et le titre d’ouverture qui fait aussi office d’éclaireur, “Buy Africa”, en écoute et téléchargement gratuit ici.

Baloji & L’Orchestre de la Katuba, “Buy Africa”

Avec ce titre, Baloji se réapproprie l’Afrobeat comme il s’était réapproprié la rumba ou la soul des pionniers avec une aisance qui confirme le talent du garçon.

Concernant les paroles (en français) rajoutées sur la rythmique folle, Baloji explique à Speakeasy (repris par le Wall Street Journal… oui, oui, ce Wall Street là!) que “le sujet de la chanson n’est pas ce que son titre laisse entendre. Ce n’est pas à propos de l’exploitation des ressources africaines, mais sur le fait que les Africains devraient soutenir leur économie”. Il ajoute: “Ce n’est pas sur un rejet simpliste de la mondialisation mais sur le fait d’être soi même impliqué et de faire pencher la balance”. Quant à la musique: “ça a été enregistré sans overdub, et c’est la chose la plus importante pour nous”.

DZ

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26 août 2013

La maison de mode Alleon au festival ALafia à Hambourg

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Il s'est tenu à Hambourg, du 23 au 25 de ce mois, un grand festival et un marché ouvert dénommé Alafia Festival. Plusieurs artistes et entrepreneurs d'origine africaine y étaient pour présenter leurs oeuvres et créations . La maison alleon, créée cette année par Christian Akulayi Kanyiki,  y avait ouvert un pavillon dans le cadre de la promotion de ses produits.

Dans son concept, alleon ouvre l'Afrique sur le monde dans le domaine de la mode. Sous le label "alleon", Les créateurs de cette maison associent le wax africain au style occidental. Alleon est donc l'expression de ce mélange des cultures où chacun apporte un peu de sien pour le bonheur de tous.  Lorsqu'alleon a marqué sa présence sur le net, le feedback était largement positif. Les Africaines comme les Européennes, amoureuses de la mode, l'ont accueillie à bras ouverts. Ce sont des articles de meilleure qualité, vendus à des prix défiant toute concurrence.

Les produits d'alleon sont exposés dans une boutique en ligne sous l'adresse www.alleon-cologne.com et sur facebook sous le compte Alleon. Il y en a pour toutes les tailles. Ci-dessous, quelques photos de la présence d'alleon au festival alafia Hamburg 2013.

 

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20 août 2013

Ces églises et religions qui abrutissent les noirs

 

« Quand les blancs sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous la terre. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous les avons rouverts, nous avions la Bible et eux la terre. » Jomo Kenyatta, père de la nation et ancien président du Kenya. Pour moi, être agnostique ou athée signifie surtout être capable d’avoir une pensée critique sur le rôle de la religion dans la vie des personnes d’origine africaines et antillaises. On a peu écrit sur les aspects négatifs de la religion dans la vie des noirs, préférant souvent n’évoquer que des aspects positifs. Oui, la religion était une bouée à laquelle nos ancêtres se raccrochaient afin de pouvoir naviguer dans un monde blanc raciste qui leur rappelait sans cesse leur infériorité. Mais, la religion a également été la cause et le prétexte de bien de brutalités dans la vie des personnes de race noire. S’il fallait donner une note globale au rôle qu’ont joué les religions dans l’histoire et la vie des Noirs, en particulier les judéo-chrétiennes, je dirais qu’elles méritent un bon 05/20. Car il y a tout simplement trop nombreux cas où la religion a été à la fois outil de libération, mais aussi et surtout un outil d’oppression dans la vie des Noirs. Par exemple, la Bible a été constamment utilisée pour justifier l’asservissement des indigènes aussi bien en Afrique que sur les autres continents. La religion définit des comportements qu’un peuple doit avoir envers Dieu, les hommes, son environnement, les animaux et toute autre vie… Derrière sa religion et sa civilisation, chaque peuple pratique et véhicule sa propre tradition, sa propre culture. Ne soyez pas étonnés que les religions actuelles ne proposent que les us et coutumes des peuples qui les ont créées, « les prophètes » qui y sont apparus n’ont évolué que dans leur propre communauté et fait de ces peuples les élus au détriment des autres. Au contact très violent avec les religions étrangères, les noirs d’Afrique ne les ont point embrassées comme on semble le croire, mais au contraire férocement combattues. Mais par un savant dénigrement de l’Histoire, des hommes, des symboles et cultes africains, les colonisateurs ont réussi à asservir les noirs. Le serpent par exemple, qui était pour nos ancêtres le symbole de l’éternité, de la réincarnation devient le mauvais, le mal. L’individu noir ayant égaré son parcours historique, ses traditions, se retrouve déraciné, à défendre, à pratiquer des cérémonies, des gestes, des pensées, des paroles qui lui sont étrangers. Depuis des décennies je suis sidéré de voir des noirs et surtout des africains rejeter en bloc leur Histoire, leurs ancêtres, leurs croyances ancestrales au profit de religions qui ont toujours été à l’origine de leur malheur. Je trouve particulièrement dangereux ces noirs qui pensent que nous ne sommes rien sans la religion de Jésus (ou d’Allah). Il devraient comprendre que nous, les Noirs, étions des peuples avec nos coutumes et nos civilisations AVANT d’être endoctrinés, et que beaucoup d’entre nous continueront de l’être. Ce n’est pas de suggérer que la religion ne peut pas être un outil utile pour examiner les problèmes auxquels font face les Noirs, mais, plus souvent elle est généralement un outil de conservatisme maintenant les simples d’esprit dans l’obscurantisme. Il n’y a qu’à voir la prolifération des églises dites « de réveil » dans les milieux extrêmement pauvres et défavorisés. De même, l’Afrique noire et l’Amérique latine sont devenu les principaux viviers de moutons de panurge pour les églises. S’il est vrai que certains ont utilisé la religion dans le bon sens, ce n’est pas la seule façon de faire, et notre incapacité à reconnaître ces divers aspects sape nos choix et nos perceptions au moment d’aborder les problèmes qui affligent nos communautés. Le Révérend sud-africain Desmond Tutu est une personnalité religieuse noire qui utilise son rôle dans la religion pour étudier les enjeux auxquels est confrontée la communauté noire dans laquelle il vit. C’est toute autre chose que ces pseudo-pasteurs (qui par un curieux hasard sont souvent Congolais). Ces charlatans participent à la dégradation de la perception des Noirs en insistant sur l’idée nous sommes de simples brebis égarées, manquant de discernement et de vrai sens religieux Ils devraient prendre en compte la diversité et la réalité des cultures divines africaines, au lieu d’insister à montrer aux yeux de tous le coté imbécile heureux du nègre. Par ailleurs, quand le Pape en personne se permet de dire aux africains que  »l’on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs » mais qu’ »au contraire [leur] utilisation augmente le problème », ou bien quand un évêque brésilien excommunie une femme pour avoir fait avorter sa fillette de 9ans victime de viol, je me pose de sérieuse questions sur le but des religions. Aussi admiratif que je puisse être devant quelqu’un comme Desmond Tutu ou Al Sharpton, en tant qu’agnostique et noir, j’insiste sur le fait que ni la religion, ni croyance en Dieu, sont nécessaires. Je ne dis pas que les Noirs doivent adopter une forme de nihilisme culturel, parce que l’on peut être athée ou agnostique et être très optimiste quant au potentiel de transformation positive de la vie des gens. Je suis tout simplement d’avis que les Noirs n’ont pas besoin de religions. Nous avons absolument besoin de structures pour se rassembler, et si souvent cela a été le principal rôle de la religion dans la vie des africains et descendants d’africains, cela peut être fait sans la religion et la croyance en Dieu. Les Noirs, et particulièrement ceux d’Afrique ont besoin de trouver leur ego, et je ne pense pas que nous soyons en mesure de le faire en retournant à la même vieille fable judéo-chrétien vers laquelle nous avons si souvent été tournés. Il est temps pour nous d’entrer en contact avec nos propres mythes culturels africains, et de voir ce que nous pouvons en extraire, pour le meilleur. Source : Anga Magazine

Un article de Direct.cd Lisez la version originale ici: Ces églises et religions qui abrutissent les noirs | Direct.cd

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17 août 2013

«C’est de la musique de chez nous!»

Le rappeur belgo-congolais Baloji sera samedi soir sur la scène du Pukkelpo

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p. Le festival rock s’ouvre à d’autres styles, l’époque elle-même est au brassage des cultures. Pour en finir avec la «world music».

Il n’y a pas que le rock au Pukkelpop. Preuve par deux: un des meilleurs concerts de jeudi a été donné par des Touaregs, Bombino, et samedi, c’est le rappeur belgo-congolais Baloji qui terminera le festival sur la petite scène. Car si les grands raouts musicaux de l’été sont souvent présentés comme des manifestations bien ciblées (rock à Werchter et au Pukkelpop, alternatif à Dour, électro à Tomorrowland, world à Couleur Café…), la réalité est bien plus métissée.

«C’est la troisième fois que je joue au Pukkelpop. On était déjà venu avec Starflam», lance directement Baloji. Alors, quand on lui demande son sentiment, en tant qu’artiste world, de jouer dans un festival rock, la réponse fuse: «Ce que je déteste avec cette expression de world music c’est qu’il y a un côté fantasme occidental. Cette vision d’une Afrique dans le besoin, des gens toujours souriants qui jouent du djembé dans des vêtements traditionnels… C’est très lié à une perception occidentale et passéiste du monde.» Et d’enchaîner: «On ne dit pas de Kanye West qu’il est world parce qu’il sample Otis Redding. Par contre, si je sample Franco… En fait, dès que c’est africain, c’est world, ça n’a pas de sens!»

L’époque est en effet au brassage culturel. Ainsi, un groupe comme Vampire Weekend est autant influencé par la musique africaine que Baloji. Les uns sont blancs et new-yorkais, l’autre est européen d’origine africaine, mais la base est commune: un mélange d’Occident et d’Afrique. «On essaie de représenter une musique de diaspora, continue le rappeur, on assume le fait d’avoir une double identité, d’avoir été bercé par la musique africaine un peu malgré nous étant gamins, et d’avoir ensuite grandi en écoutant du rap et du rock. A partir de là, on trouve des jonctions de manière très naturelle.»

On en aurait donc fini avec cette vision Live Aid de l’Afrique, très clivée, finalement, entre «eux et nous». Aujourd’hui, tout le monde sort de la même marmite, ce que Baloji résume dans une de ses chansons avec cette phrase-slogan: «Ce n’est pas de la world music, c’est de la musique de chez nous!»

Une phrase qui est d’ailleurs entendue et comprise aux quatre coins du monde. Car Baloji, qui s’est construit un réseau international grâce aux réseaux sociaux (Le Soir du 29 juillet), est aujourd’hui fort demandé. En automne, notre homme enchaînera des tournées en Scandinavie, au Brésil, aux Etats-Unis et en Afrique de l’Est. Il a aussi un projet de film qui traîne depuis deux ans et est actuellement en production, et un pied ancré dans la mode.

Et au niveau discographique? D’abord, Baloji a deux titres sur une compilation hommage à Fela Kuti («Red Hot Fela»), dont un en collaboration avec l’ancien batteur de Fela, Tony Allen («Une expérience incroyable»). Ensuite un album est en préparation («On a une vingtaine de titres écrits»). Enfin, un EP est prêt à sortir, mais attend preneur («Un gros indépendant, normalement»). Sur cet EP, on entendra «moins d’instruments traditionnels, beaucoup de programmations» et pas mal d’invités prestigieux parmi lesquels Metronomy, Four Tet et Jamie XX.

Justement, The XX joue samedi soir au Pukkelpop: «Oui, on va essayer de faire un truc ensemble…» Tous dans la même marmite!

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