Je pensais que les Balubas où qu'ils se trouvaient gardaient la même éducation telle que nous l'avons reçue de nos parents. Je me suis trompé. Je me disais que les Balubas où qu'ils se trouvaient respectaient, du moins en grande partie, les us et coutumes reçus de leurs parents. Là aussi, je me suis trompé. J'en suis arrivé à distinguer les Balubas du Kasai et d'ailleurs. Je ne m'attarderai pas sur les Balubas du Kasai. Ce sont ceux-là qui respectent leur mode de vie et leur culture, du moins la plupart. Au contact des autres peuples, ils sont restés les mêmes et ont gardé leur identité.

Les Balubas d'ailleurs. Ils vivent ailleurs ou sont nés ailleurs et ont acquis les habitudes du milieu où ils vivent. Les Balubas d'ailleurs sont des assimilés dans la culture de leurs pays d'accueil. De leur propre culture, ils n'en gardent que quelques souvenirs. Ce sont ceux-là qui parlent le tshiluba rarement. L'homme et la femme peuvent être du Kasai, ils connaissent le tshiluba, mais toute fois préfèrent communiquer en lingala ou en français.

Les Balubas d'ailleurs, surtout de Kinshasa, respectent la religion Kitendi (habillement) et préfèrent les apparences. Ils peuvent ne pas avoir beaucoup d'argent, mais ils chercheront à s'habiller au-dessus de leurs moyens, au risque de sacrifier même la famille. "Poussa ambiance; bana baliya matembele lobi." (Amuse-toi bien; les enfants se nourriront des légumes demain!) Souvent, lorsqu'ils ne peuvent se défendre de ce qu'ils ne peuvent remplir convenablement leur rôle de parents, on les entend dire: "Je ne peux tout de même, pas sacrifier ma vie pour les enfants" Mais le muluba du Kasai a appris que "Kapumbu kakatu kapungila mibanga yaku to."

Le Muluba d'ailleurs dira à son enfant: "Fais la vie tant que tu es encore jeune et tant que tu le peux, si tu meurs et que tu laisses ton argent, ce sont plutôt les autres qui en profiteront". Le carpe diem, quoi! Les épicuriens en savent quelque chose. Il apprendra à sa fille comment profiter du mari (koleyila mobali) Tandis que le Muluba du Kasai dira à son enfant: "Wadia kamue walama kamue, bualu makelela udiku"

Pendant que le Muluba du Kasai dira à sa fille qui se marie: "tu te maries une et une seule fois; tu n'as plus de lit ici chez moi, le Muluba d'ailleurs dira à sa fille, "Dès qu'il se joue de toi, plie bagage et rentre ici."  Chez les Balubas d'ailleurs, c'est souvent le flou total et artistique. L'homme et la femme vivent dans deux mondes différents. Lorsqu'ils sont en présence des étrangers, ils jouent au parfait amour. Alors, comme d'habitude, dans des telles situations, ce sont les enfants qui en souffrent. Dans certains milieux, les amis connaissant bien les habitudes des Kasaiens s'étonnent lorsqu'ils observent les comportements des Balubas d'ailleurs. Le Tshibawu n'existe plus? se demandent-ils. Bana betu, tuyaya kunyi?

D'ailleurs, un de mes frères voulait appliquer la génèse 24. C'est-à-dire qu'il voulait comme Abraham chercher une femme muluba pour son fils. Je lui ai demandé de faire beaucoup d'attention. En effet, 'il mettrait beaucoup de temps avant de découvrir chez les filles balubas d'ici les mêmes signes que les ouvriers d'Abraham attendaient de la fille qui allait devenir la femme d'Isaac. Les Balubas d'ailleurs ne sont plus comme ceux de chez nous. "Kulu kumuenesha muana dikenga" lui ai-je dit.

Tshiamba ya Bende