15 mai 2015

Burundi : entêtement suicidaire de Nkurunziza

Burundi : entêtement suicidaire de Nkurunziza

Il ne s’y attendait peut-être pas car il a été surpris par la réaction du peuple burundais qui s’est exprimé à haute voix sans peur ni honte pendant plus de deux semaines, contre la violation de sa constitution arrachée pat les larmes, les souffrances et les morts à l’issue des négociations politiques entre les différentes forces protagonistes tenues pendant de longs mois en 2004, dans la ville historique d’Arusha, en Tanzanie.

Pierre Nkurunziza n’est pas encore au bout de sa surprise et de son étonnement, lui qui a continué à croire que lr pouvoir est toujours au bout des armes de ses miliciens dénommés les « lmboneralure ». Cet homme est arrivé au pouvoir à la suite de ces négociations politiques destinées à mettre un terme à la longue guerre civile entre les deux communautés, tusti et hutu, partant curieusement la même langue, partageant les mêmes traditions et habitant ensemble dans les mêmes villages depuis des millénaires.

Elu la première fois par les deux chambres réunies en congrès au mois d’avril 2005 conformément aux Accords politiques conclus à Arusha, il a ensuite été réélu en 2010 pour un second et dernier mandat de cinq ans. Alors que l’opinion tant intérieure qu’extérieure s’attendait à le voir respecter scrupuleusement la constitution en ne briguant pas un troisième mandat, voilà que le chef d’Etat en exercice au Burundi s’est permis sans vergogne, de se moquer de la loi fondamentale régissant son pays. En invoquant des arguments fantaisistes ne résistant pas à la moindre critique et violant superbement la constitution et surtout les accords politiques ayant mis fin à la longue guerre civile qui a déchiré le pays de 1993 à 2006.

Des assassinats en cascade

Aveuglé, enivré par le pouvoir et sourd devant les signes de temps et l’évolution du contexte politique international, Pierre Nkurunziza a raté l’occasion d’inscrire son nom dans le Panthéon de l’histoire de ce pays qui compte le plus grand nombre des dirigeants assassinés ou chassés du pouvoir par les armes. Du Prince Louis Rwagasore, le tout premier ministre du Royaume et héros de l’indépendance assassiné en 1962 par des extrémistes tusti burundais dirigés par un certain Anicet Ntakiyicha sous l’instigation des milieux d’affaires grecs en passant par son successeur, Pierre Ngendandumwe, un hutu lui aussi assassiné en 1963 par un extrémiste tutsi rwandais à la sortie de la Clinique Royale où il était venu rendre hommage à son épouse qui venait d’accoucher d’un joli bébé, d’autres dirigeants dont le Prince Ntare V qui avait fait un coup d’Etat contre son propre père, le Roi Mwambusta 1er en 1967, à été renversé par le capitaine Michel Michornbero avec l’appui de Mobutu, pour être assassiné en 1972 lors de la tentative d’un coup d’Etat préparé par un groupe des jeunes officiers hutu dirigés par le capitaine Marc Ndayahose pour renverser le régime militaire du président Michel Michombero. Il s’en suivit un massacre de près de 300.000 hutu sous prétexte d’avoir préparé un génocide contre les tutsi.

Grâce au concours des éléments parachutistes dépêchés par Kinshasa, le président Michel Michombero parvint à redresser la situation. En 1976, un groupe d’officiers tutsi conduits par le colonel Jean-Baptiste Bagaza prirent le pouvoir par la force et Michel Michombero fut obligé de partir en exil en Somalie où il mourut cinq ans après. En 1976, empêtré dans des règlements des comptes avec l’Eglise Catholique romaine et en conflit permanent avec le régime de Kinshasa, le colonel Bagaza fut renversé par un coup d’Etat juste au moment où il ‘se trouvait au Sommet des Chefs d’Etat de France et d’Afrique au Québec. Son remplaçant Pierre Buyoya, organisa la démocratie qui aboutit aux élections générales tenues en 1992 qui virent la victoire de la coalition des partis politiqués hutus dirigés par feu Melchior Ndadaye. Lequel sera assassiné en 1992 par des extrémistes militaires tutsi et voilà comment la deuxième guerre civile a été déclenchée jusqu’aux négociations politiques d’Arusha en 2004. Pierre Buyoya revint encore une fois au pouvoir pour réconcilier le Burundais avant de céder le pouvoir â un président hutu du nom de Cyprien Ntaryamira, tué le 6 avril 1994 avec le président Juvénal Habyarimana dans le crash de l’avion présidentiel de retour des négociations politiques inter rwandaises à Arusha. Les burundais portèrent leur choix sur un autre hutu du nom de Sylvestre Ntibantunganya qui dirigea le pays pendant cinq ans, .avant d’être remplacé par un autre hutu du nom de Marc Ndayizeye.

Pendant toute cette période, la guerre civile faisait toujours rage entre l’armée régulière dominée par les tutsi4et la rébellion menée par des hutu qui occupait les 3/5ème du pays. Ainsi donc, l’histoire politique du Burundi ‘est parsemée d’assassinats des chefs d’Etat et de gouvernement.

Entêtement suicidaire

Pierre Nkurunziza n’a pas pris en compte ce nombre effrayant de ses prédécesseurs assassinés dans l’exercice de leurs fonctions ni la comptabilité macabre des victimes de ces longues guerres civiles qui ont endeuillé tant son pays. Cet homme qui a rejoint la rébellion hutu en 1999 devrait songer au nombre des morts, des destructions méchantes, des déplacements forcés des populations burundaises tant à l’intérieur que vers les trois Etats voisins, notamment la RDC, le Rwanda et la Tanzanie où ils ont vécu dans des camps pour réfugiés pendant plus de vingt ans.

Pierre Nkurunziza n’a pas voulu entrer dans l’histoire comme celui qui aurait été le tout premier chef d’Etat burundais à avoir appliqué les accords politiques signés à Arusha qui ont installé la paix, la sécurité et surtout la cohabitation pacifique entre les deux communautés parlant la même langue, ayant vécu ensemble pendant des siècles, partageant les mêmes coutumes et traditions et condamnées à vivre ensemble ad vitam aeternam.

Pierre Nkurunziza n’a pas voulu comprendre qu’après la présidence de la République, il y a toute une vie. Il lui aurait suffi de relire la riche histoire de certains Etats africains pour se rendre compte que de dignes fils de ce continent ont goûté aussi et avant lui aux délices du pouvoir suprême mais ont résolu de se conformer au principe sacro-saint de l’alternance au pouvoir : Mathieu Kérékou, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Ketumile Masire, Jerry Rawlings, Nicéphore Soglo, Kenneth Kaunda et tous ses successeurs jusqu’à l’actuel chef d’Etat zambien, Joachim Chissano, Léopold Sédar Senghor, Sam Mujoma, Thabo Mbeki, les deux successeurs de Jomo Kenyatta; Jonathan Goodlack, Olusegun Obasandjo, etc. Ceux-ci n’ont pas voulu effectuer un passage en force alors qu’ils en avaient aussi les moyens. Des moyens, certes efficaces, mais qui ne résistent pas devant l’ouragan de l’histoire. Et comme le disait l’un des dictateurs qui a commis les mêmes erreurs comme lui, à savoir feu le maréchal Mobutu, « devant l’ouragan de l’Histoire, un fruit mûr ou pas mûr finit par tomber ». Croyant que cela n’arrive qu’aux autres, il a vite oublié les journées, glorieuses de Ouagadougou qui ont mis fin à un régime ayant régné sans partage au Burkina Fasso pendant 27 ans. A qui le prochain tour?

Par F.M.

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11 mai 2015

RDC : dialogue politique piégé à Kinshasa

joseph_kabila

Le président Joseph Kabila tente une nouvelle ouverture politique en proposant un dialogue avec l’opposition, qui craint une simple tentative de partage du pouvoir en vue d’une possible transition.

Un dialogue pour quoi faire ? C’est sans doute cette question que doit se poser l’opposition congolaise après la visite d’un émissaire du président Joseph Kabila la semaine dernière aux QG des principaux partis. C’est le responsable des services de renseignements congolais (ANR), Kalev Mutond, qui a joué les intermédiaires. Lorsque l’on connait le climat délétère qui règne actuellement à Kinshasa et le rôle de l’ANR dans la répression des opposants politiques, on imagine l’ambiance de ces rencontres à Kinshasa. Les geôles de l’ANR sont en effet régulièrement dénoncées par les ONG des droits de l’homme comme des lieux de détentions extrajudiciaires.

Enième tentative d’ouverture

L’invitation au dialogue de Joseph Kabila intervient après deux tentatives avortées d’ouvrir le débat avec l’opposition et d’élargir sa majorité. En septembre 2013, le président congolais avait lancé en grade pompe les Concertations nationales. Objectifs affichés : consolider la cohésion nationale et mettre fin « au cycle infernal des violences à répétition ». Si les rebelles du M23 ont bien été vaincus en novembre de la même année, la violence n’a pas cessé à l’Est du pays, comme le montre encore les massacres de ce week-end à Beni. A part la loi d’amnisties, aucune autre disposition des Concertations nationales n’ont été appliqué et le dialogue avec l’opposition, notamment sur le calendrier électoral, est resté au point mort. Fin 2014, le président Kabila avait une autre opportunité de tendre la main à l’opposition en remaniant le gouvernement d’Augustin Matata Ponyo. L’ouverture a été « minimaliste », réduite à l’entrée au gouvernement de Thomas Luhaka, le secrétaire général du parti d’opposition, le MLC, aussitôt démis de ses fonctions.

Vers une transition ?

Cette troisième main tendue laisse donc sceptique les opposants congolais. Deux pièges sont à éviter : la simple opération de partage du pouvoir et de débauchage et l’éventualité d’une transition politique à venir. Car pour se maintenir au pouvoir, le président Joseph Kabila, voit les différentes options s’évanouir les unes après les autres. La communauté internationale et l’exemple Burkinabé interdisent toute modification de la Constitution. Et les violentes manifestations de janvier 2015 (42 morts au bas mot) ont étouffé le projet de faire glisser le calendrier électoral en liant la tenue des élections de 2016 au recensement de la population – voir notre article. Pour faire glisser le calendrier, le camp présidentiel possède encore d’autres tours dans sa manche : la loi de décentralisation, précipitée et non-financée, qui peut retarder les élections provinciales de 2015 et donc la présidentielle de 2016. Et enfin, le manque de financement des scrutins (sept en moins de deux ans) qui pourraient également retarder le processus électoral.

« Félix Premier ministre ? »

Pour faire glisser le calendrier et au vu des manifestations violentes de janvier à Kinshasa et de la contestation qui grimpe au Burundi pour les mêmes raisons, Joseph Kabila doit à tout prix trouver un consensus politique pour se maintenir au-delà de 2016. La majorité des observateurs de la politique congolaise note que cette proposition de dialogue tombe à point nommé. Chacun craint en effet la négociation d’une possible transition politique entre la majorité et l’opposition (du moins ceux qui accepteront le dialogue). Pour le moment, les différents leaders de l’opposition sont divisés sur la question. Comme souvent : UNC (Vital Kamerhe) et MLC (Jean-Pierre Bemba) se tiennent à distance et « renoncent à tout partage du pouvoir ». Ces deux partis attendent le retour du président Kabila sur leur contre-proposition de calendrier électoral déposée à la Commission électorale (CENI) fin avril 2015 – voir notre article. A l’UDPS, comme toujours, la position est flottante entre Bruno Mavungu, secrétaire général du parti, plutôt sur la ligne du refus de l’UNC et du MLC et Félix Tshisekedi, le fils du leader historique de l’UDPS, Etienne Tshisekedi. Si un dialogue « à minima » est bien présent dans le mémorandum de l’UDPS transmis au président Kabila, Félix apparaît de plus en plus comme le partisan d’une ouverture politique assumée vers la majorité présidentielle. A Kinshasa, la machine à rumeurs tourne à plein régime et propose même « Félix Premier ministre », comme son père sous Mobutu dans les années 1990. Même si cette option est plus qu’irréaliste et sans intérêt stratégique pour Joseph Kabila, le débat sur la participation de l’opposition à un possible gouvernement d’union nationale est relancé. Et c’est sans doute cela que cherche une fois de plus Joseph Kabila : diviser l’opposition à défaut de pouvoir faire l’unanimité dans son propre camp.

Christophe RIGAUD

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L'UDPS vers une humiliation totale

drapeau udps

Les bruits persistants courent selon lesquels l'UDPS serait prête à accepter le poste de premier ministre pour travailler avec Kabila. De notre enquête faite dans les milieux de l'UDPS à Kinshasa, certains cadres sont outrés. Ils soutiennent que cette option ne viendrait pas du Lider Maximo dont les positions tranchantes sont déjà connues de tous: Il ne sera jamais le premier ministre d'un Kabila, l'imposteur. Par contre, un autre courant (minoritaire) qui soutient Félix Tshisekedi est d'accord pour partager le pouvoir avec Kabila. Selon les tenants de ce dernier courant, l'UDPS doit s'impliquer dans le système, vu l'insécurité qui se sévit sur toute l'étendue du pays. Ils se disent que pour pouvoir gagner les futures élections, ils doivent être dans le système et à côté de Kabila. Un cadre de ce parti nous aurait même dit que si l'UDPS n'accepte pas ce poste, Kabila le donnera à Kamehre et eux n'auront que les yeux pour pleurer.

Pour la diaspora congolaise de l'Europe comme de l'Amérique, l'UDPS est en train de creuser sa propre tombe. Ce parti, depuis un certain temps, vogue à contre-courant. Le 19, 20 et 21 janvier, au plus fort de la contestation contre la proposition de la loi électorale qui aurait permis le glissement à Kabila au delà de 2016, non seulement l'UDPS avait refusé de participer au soulèvement populaire, mais elle avait demandé à ses membres de ne pas y prendre part. Heureusement, ce mot d'ordre n'avait pas été suivi.  Quelques jours plus tard, le secrétaire général de ce parti a essuyé un échec cuisant lorsqu'il a voulu organiser sa propre marche. Il est regrettable que certains cadres de ce parti puissent encore penser au partage du pouvoir avec Kabila alors que cette proposition avait été faite en son temps par le docteur Mpuila et rejetée par Etienne Tshisekedi. A l'époque, on avait même parlé du crime de lèse-majesté!

Maintenant que tous les autres membres de l'opposition se sont mis d'accord pour poser des préalables avant d'aller aux élections, c'est de nouveau l'UDPS qui fait cavalier seul. Comment ne dirait-on pas que les cadres influents de ce parti se sont laissés corrompre par Kabila? En effet, ils sont nombreux qui pensent même que l'UDPS, dont les caisses seraient vides, chercherait auprès de Kabila de l'argent pour sa future campagne électorale!!! 

Ce qui est vrai et ce que l'UDPS devra comprendre, c'est que le peuple a déjà ouvert les yeux. Il ne suivra pas l'UDPS aveuglément pour son passé d'être la fille aînée de l'opposition. Qu'elle ose seulement accepter la primature, le peuple lui réservera un échec sans précédent aux futures élections, si jamais elles auront lieu. Qu'ils se le disent!

Lumbamba Kanyiki 

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08 mai 2015

SOS : la RDCongo … toujours à recoloniser !

leopoldII

Dans certains cercles de la communauté internationale, l’on continue de soutenir depuis plus de deux décennies, l’idée du démembrement du territoire de la République Démocratique du Congo. Certains « experts » pensent que cet Etat serait trop « grand » et trop « riche » pour laisser sa gestion aux gouvernants qui ne se montreraient pas à la hauteur de leurs responsabilités. La pauvreté ambiante depuis le départ du colonisateur belge en 1960 serait imputable à l’incapacité des congolais de créer des richesses dans un espace géographique gâté par la Providence en ressources naturelles. Ce schéma a failli être mis en œuvre pendant les années sombres des guerres de « libération » à répétition, entre 1996 et 2003, menées par de vraies-fausses rébellions congolaises instrumentalisées par les voisins du Congo, en l’occurrence l’Ouganda et le Rwanda, avec dans les coulisses des multinationales intéressées par les minerais et le pétrole. Mais, le sentiment fort de vouloir vivre ensemble perçu chez les populations congolaises, en dépit de leurs diversités ethniques et tribales, et même des divergences entre leaders politiques et seigneurs de guerre, a émoussé l’enthousiasme des partisans de la balkanisation.

A défaut de faire éclater la RDC en Républiquettes, le « Plan B » serait plutôt plaqué sur une nouvelle forme de « recolonisation », laquelle consisterait à occuper, militairement, des pans entiers de son territoire par des armées des pays voisins, et à exploiter ses ressources naturelles, contre la volonté de ses filles et filles ou avec la complicité de certains d’entre eux.

C’est dans cette logique qu’il faudrait expliquer les nouvelles velléités d’infiltrations militaires ougandaises et rwandaises sur le corridor Nord (Province Orientale) et Est (Nord-Kivu) du grand Congo.

Il y a deux semaines, les armées de l’Ouganda et du Rwanda se sont signalées concomitamment dans les territoires de Beni (Parc de Virunga) et de Nyiragongo. Repérés, leurs éléments se sont volatilisés dans la nature, après des échauffourées avec des troupes loyalistes congolaises. Le mardi 05 mai 2015, deux casques bleus tanzaniens de la Monusco ont trouvé la mort dans une embuscade attribué aux rebelles ougandais ADF. Mais, à l’analyse, il apperaît qu’il s’agirait d’un coup de militaires ougandais. Cela paraît d’autant vrai que le même jour, un hélicoptère des Nations Unies a essuyé des tirs de la part d’une force suspecte. Et hier jeudi 07 mai 2015, des autochtones de Arum ont dû évacuer leurs villages à la suite du survol du territoire congolais par deux avions de chasse battant pavillon ougandais.

L’alerte d’Orlando Von Einsiedeln

Dans son film sur le Parc de Virunga, le réalisateur Orlando Von Einsiedeln a mis à jour les enjeux cachés de l’insécurité récurrente entretenue par des forces négatives à travers cet espace « vert » classé patrimoine universel. Il a démontré, noir sur blanc, que de forces occultes font tout pour rendre ingouvernable cette partie du territoire congolais, de manière à ouvrir, toutes grandes, les portes de l’exploration et de l’exploitation pétrolières, aux multinationales présentement bloquées par le véto de la communauté internationale, représentée par l’Unesco. Prisonnier de sa coopération avec cet organisme international, le gouvernement congolais n’ose pas cautionner la violation de l’interdit.
Mais, en suivant attentivement le scénario du film précité, tout patriote congolais digne de ce nom ne peut cacher son indignation face aux propos d’un employé d’une multinationale qui affirme que la « RDC est à recoloniser ». A son avis, l’unique alternative qui vaille la peine pour transformer les ressources naturelles congolaises en richesses réelles et engager le pays dans la voie de la prospérité, c’est de placer celui-ci sous la tutelle d’un autre Etat, même voisin.

C’est dire combien l’on est convaincu, dans certains milieux occidentaux, que les Congolais sont incapables d’impulser leur propre bonheur, en dépit de leurs fabuleuses ressources minières, forestières, pétrolières, énergétiques et autres.

Le Congo aux Congolais …

D’où, les Congolais devraient ouvrir l’œil et le bon. Il leur faut, ici et maintenant, faire une lecture correcte des guerres et rébellions qui n’en finissent pas de secouer leur pays, surtout dans ses parties Nord et Est, que certains « experts » considèrent comme le « coffre-fort » national. C’est bien beau de clamer, à longueur de journée, que le Congo devrait revenir aux Congolais. Mais si la défense de la patrie et de son territoire n’est pas organisée, si n’importe quelle armée étrangère ou force négative peut s’y permettre un safari militaire quand elle veut et où elle veut, la devise « Le Congo aux Congolais » risque de se muer en slogan creux.

D’où, les Congolais devraient cesser de rêver. Plutôt que de croire que la paix viendrait du ciel comme une manne ou que l’émergence pourrait être atteinte sous le coup d’une baguette magique, ils devraient montrer aux autres qu’ils sont capables de prendre totalement en charge leur système de défense, de travailler dur, bien gérer et de planter le décor d’une émergence économique, industrielle, sociale profitable à tous, de manière équitable.

Par Kimp

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04 mai 2015

Elections au Bénin, au Nigeria, au Togo et crise politique au Burundi et au Congo-Brazzaville

 

André Mbata - Kopie

Le Prof André Mbata tire des leçons

NDLR
Le dimanche 26 avril 2015, le peuple béninois s’était rendu massivement aux urnes pour élire les Députés, membres de l’Assemblée nationale qui constitue l’unique chambre du Parlement dans ce pays où il n’y a donc pas de Sénat. Le Prof André Mbata Mangu, le constitutionnaliste congolais bien connu pour son opposition aux révisions ou aux changements de constitutions en vue d’instaurer des « monarchies présidentielles » en Afrique était spécialement invité pour observer ces élections au pays qui inventa la « Conférence nationale ». Contacté par C-NEWS à partir de Cotonou, il tire les leçons de ces élections et parle également de récentes élections au Nigeria et au Togo ainsi que de la situation au Burundi et au Congo-Brazzaville.

C-News : Prof André Mbata à Cotonou en Afrique de l’ouest, mais pourquoi faire ?


J’étais invité à Cotonou comme observateur des élections législatives du dimanche 26 avril dernier. Je suis un habitué du Bénin où je suis venu plusieurs fois sur invitation de l’Association des juridictions constitutionnelles d’Afrique dont la présidence est actuellement assurée par le Prof Théodore HOLO, Président de la Cour constitutionnelle du Bénin. Mon dernier séjour en Afrique de l’ouest avait eu lieu à Abuja en août 2014 lorsque j’avais été invité par la Commission électorale indépendante (IEC/CENI) qui préparait alors les élections présidentielles de 2015 pour leur demander d’éviter les massives fraudes qui avaient emmaillé les élections législatives et présidentielles de 28 Novembre 2011 en RD Congo.

C-News : Apparemment, vous aimez bien l’Afrique de l’Ouest ?

Tout peut ne pas y être rose et ils sont aussi confrontés à de nombreux problèmes. Cependant, lorsqu’on est originaire d’une Afrique centrale et des Grands Lacs avec des pays comme le Congo-Brazzaville, le Burundi, la RDC, et le Rwanda où les dirigeants pensent s’éterniser au pouvoir par des fraudes constitutionnelles et électorales et croient qu’ils doivent y rester jusqu’à ce que Le seigneur revienne, comment ne pas aimer cette Afrique de l’ouest où le constitutionnalisme et la démocratie font du chemin avec ses « Y en a marre » et ses « coup de balai citoyen » comme celui qui avait corrigé Abdoulaye WADE au Sénégal ou au Burkina Faso, celui qui vient de jeter le régime de Blaise COMPAORE à la poubelle de l’histoire? Comment ne pas aimer ce Bénin dont le peuple inventa la « Conférence nationale » avant de se donner une Constitution qui n’a pas été changée depuis 25 ans pour permettre à un individu de s’éterniser au pouvoir selon les rêves des dirigeants et des tambourinaires du pouvoir au Congo, au Burundi, au Rwanda et en Uganda ?

C-News : Comment se sont passées les élections législatives béninoises du 26 avril 2015?

Pas un seul mort ou un blessé, pas de bagarre entre candidats et leurs militants, pas d’usage de la, police, de l’armée et des services de sécurité, pas de confiscation des médias publics pour contribuer à la victoire des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), le parti au pouvoir que dirige le Président Boni YAYI. Ces élections étaient absolument paisibles et libres et globalement transparentes. Avec 32 sièges sur 83 dans une Assemblée nationale ou elles avaient la majorité absolue (60), après 10 ans pouvoir, les FCBE sont en chute libre. L’Opposition devient majoritaire avec à sa tête l’Union pour la Nation (UN) qui remporte 15 sièges. Le PRD, RB-RP, Alliance Eclaireur remportent respectivement 10, 7 et 3 sièges.
Alliance Soleil, FDU et AND gagnent 4 sièges chacun tandis que ABT et UB vont se conter de 2 sièges chacun. Par ailleurs, alors qu’ailleurs les frères et sœurs du Président n’ont pas de problème à se faire élire généralement par fraudes et avec le concours de la CENI et des Cours constitutionnelles, Chaby YAYI, le fils cadet du Président est interdit de siéger à l’Hémicycle. Comme ce fut le cas d’Abdoulaye WADE avec Macky SALL, Boni YAYI perd également son combat contre Mathurin Coffi NAGO, Président de l’Assemblée nationale, avec qui il était entré en conflit pour son opposition à la révision de la Constitution et qui vient d’être réélu Député. NAGO pourrait aussi se présenter à l’élection présidentielle de 2016.

C-News : Avez-vous noté des irrégularités ?

Elles n’ont pas manqué. Le chauffeur d’un responsable de la CENA (Commission électorale nationale autonome) a été appréhendé avec des urnes dans sa voiture et aussitôt mis aux arrêts. Plusieurs coupures de courant ont empêché le déroulement du scrutin et du dépouillement. Certains bureaux avaient ouvert tardivement. La campagne électorale des FCBE s’était poursuivi la vielle et même le jour de l’élection. Le Parti au pouvoir avait multiplié les « pauses des premières pierres » et inaugurations des chantiers tout comme il faisait installer des lampadaires solaires dans les grandes artères de Cotonou pour influencer l’électorat. Le jour même de l’élection, Boni YAYI avait encore un message aux électeurs en leur disant qu’il les adorait et en leur demandant de lui faire confiance.

C-News : cette campagne de dernière heure a-t-elle payé ?

Pas du tout, parce que les FCBE qui espérait un minimum de 60 sièges n’en ont remporté que 32. Le plus grand péché de Boni YAYI et de son parti aura été d’avoir songé un moment qu’ils pouvaient réviser la Constitution. Une telle importunité face au souverain primaire, ça se paie toujours très bien dans les urnes même si on avait fini par se raviser. J’ai vu un peuple mûr, capable de corriger les tambourinaires du pouvoir et leur demi-dieu de président, les politiciens du ventre qui ne juraient que par lui ou par l’émergence du Bénin sous son leadership considéré comme exceptionnel et qui le flattaient au quotidien avec des propos du genre : «poussa nayi esili naino te » (Oh Roi ! Ton désir nous dévore !).

C-News : Vous parlez des Béninois comme d’un peuple politiquement mûrs ?

L’un des plus mûrs du continent et qui font encore honneur au continent et à la race noire. Tenez, une constitution exemplaire considérée comme sacrée et non révisée depuis 25 ans. Des Présidents qui quittent calmement le pouvoir à la fin de leurs mandats constitutionnels et dont deux, Nicéphore SOGLO et Mathieu KEREKOU, vivent toujours au pays en toute simplicité et honores de leur peuple pour les services rendus à la Nation. Et lors de la campagne électorale, pas de boissons, pas de baguettes de pains, pas de pagnes, pas de képis, pas de T-Shirt, pas de billets de banque à distribuer pour acheter les votes. Dans ce pays que d’aucuns appellent « le Quartier Latin d’Afrique », si pauvres soient-ils, les Béninois votent pour les idées. Ils ne monnaient pas leurs voix.

C-News : Avez-vous des inquiétudes pour le futur ?

Non, la démocratie ne cesse de se consolider dans la paix. On est bien loin ici de l’Afrique centrale et des Grands Lacs qu’un auteur (CONRAD) appelait naguère l’ « Empire des ténèbres ».

C-News : Pouvez-vous commentez les propos du Président Boni YAYI le jour de l’élection : « Mon éducation ne me permet pas de vous décevoir… Et je ne serai candidat en rien. Mon nom ne figurera plus sur aucun bulletin dans l’avenir.» ?

On comprend que la politique ne saurait pas être laissée à n’importe qui, en tout cas pas à des criminels, des menteurs, des escrocs, des détourneurs ou des voleurs mais plutôt à des personnes « bien éduquées ». Ces politiciens qui déçoivent leurs peuples ou les roulent pour se maintenir au pouvoir et toutes ces personnes qui se lancent dans leurs propagandes sont donc « mal éduquées ». Le malheur de l’Afrique est que nous avons de nombreux présidents, politiciens et intellectuels bradés de diplômes, mais « mal éduqués » parce qu’ils déçoivent ou ont déçu leurs peuples. Par cette importante déclaration, le Président Boni YAYI tenait à envoyer un dernier message à son peuple. Contrairement aux dirigeants capables de tout raser pour rester au pouvoir et que l’on rencontre facilement en Afrique centrale et des Grands Lacs, lui Boni YAYI s’en va en avril 2016 et il l’a officiellement annoncé au lieu de se comporter comme les « taiseux » et autres « dribleurs de fin de match » qui pensent qu’ils ont encore plus d’une année devant eux et veulent faire croire à tous qu’ils travaillent. Son nom ne figurera plus sur aucun bulletin. Et passant de la parole à l’acte et pour que personne ne doute de sa bonne foi, au lendemain même de l’élection, le Président Boni YAYI réunissait son gouvernement pour convoquer le scrutin présidentiel de mars 2016, soit près d’une année à l’avance. C’est cela aussi le Bénin, un pays et un peuple conduits par des dirigeants « bien éduqués ».

C-News : Que pensez-vous des dernières élections présidentielles au Nigeria ?

Je félicite les Nigérians et la CENI du Nigeria qui ont aussi fait l’honneur du continent en rejetant le modèle des élections frauduleuses de novembre 2011 en RDC ainsi que je le leur avais conseillé lorsque leur Commission électorale m’avait fait l’honneur de m’inviter en août 2014.
Sans problème, le Président Good Luck JONATHAN et le parti au pouvoir ont accepté leur défaite et félicité le président élu, Muhammadu BUHARI. Ainsi s’accroit le nombre de cas où un président en exercice perd les élections organisées sous son régime. Mais pas surprenant dans cette Afrique de l’ouest comme on l’a déjà vu au Sénégal et au Bénin. Un gouvernement légitime est aussi un gouvernement fort. C’est ce qui explique, par exemple, la réaction énergique du nouveau gouvernement nigérian qui n’a pas hésité à rappeler son Ambassadeur en Afrique du Sud en réponse aux attaques xénophobes dont les Nigérians avaient été victimes au pays de Jacob ZUMA.

C-News : Au Togo, les choses ne se sont pas passées comme au Bénin ou au Nigéria ?

C’est la honte. Le Togo est le prototype même de la monarchie présidentielle. Ici, une famille (les EYADEMA) est au pouvoir et règne depuis 1962. Pendant qu’on attendait encore les urnes de certaines circonscriptions électorales, comme avec l’Abbé MALU MALU et le Pasteur Ngoy MULUNDA respectivement en 2006 et en 2011 en RDC, le Président de la CENI togolaise annonçait la victoire de « son » Président à la surprise même des autres membres de la CENI qui proclamaient à leur tour Jean-Pierre FABRE comme le président élu du Togo. Aucune surprise ne pouvant provenir de la Cour constitutionnelle acquise au régime, une nouvelle crise est en cours. Appelée à intervenir, on verra si l’Organisation internationale de la Francophonie pourra démentir sa réputation de « machin » et de complice des autocrates en Afrique francophone.

C-News : Le Congo-Brazzaville et le Burundi sont aussi de la Francophonie?

Au Congo-Brazzaville, le Président Denis SASSOU NGOUESSO qui a aussi construit une « monarchie présidentielle » depuis près de 40 ans serait en train d’envoyer ses ministres, les barons de son parti (PCT) et ses propres enfants pour récolter des signatures et des memoranda même contre paiement des espèces sonnantes et trébuchantes en vue de faire changer la Constitution qui lui interdit de se représenter. Au Burundi, le Président « Pasteur » a décidé de mettre son pays à feu et à sang en recherchant un troisième mandat en violation de l’Accord d’Arusha. Je ne vois pas la Francophonie intervenir autrement après que la France eut vainement tenté de sauver Blaise COMPAORE au Burkina Faso. Les peuples congolais et burundais n’auront qu’à se prendre en charge.

C-News : Et en RDC?

N’en déplaise aux oiseaux de la basse-cour de notre célèbre ferme, nous avons déjà réglé le problème dans ce pays. Pas de changement ni de révision de la Constitution pour déverrouiller l’article 220 qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. La Messe a été dite et bien dite avec toutes les hosties consommées. Nous restons vigilants même si les « Alléluia » et « Amen » ont déjà retenti. Dialogue ? Bien sûr que le dialogue est nécessaire et permanent en démocratie, surtout lorsqu’il faut montrer à certains la voie de la sortie, mais si inclusif ou global soit- il, il ne devrait pas se faire contre la Constitution ni avoir pour objectif ou effet le glissement du mandat présidentiel qui arrive définitivement et impérativement à son terme en décembre 2016.

Propos recueillis par Mathieu Kepa/Cnews

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Boshab : Quitte ou double !

boshab

Sous le coup d’une motion de défiance initiée contre lui par quelques députés nationaux de l’Opposition, le Vice- Premier Ministre en charge de l’intérieur et Sécurité, Evariste Boshab est sur une chaise éjectable. Sauf changement de dernière minute, la motion de la peur sera examinée au cours de la plénière de ce lundi 04 mai 2015 après un report de 48 heures.
Les députés nationaux surtout de l’opposition attendent de pied ferme l’examen de cette motion afin de sanctionner ce haut dignitaire du régime Kabila.

Déjà à la plénière de jeudi 30 avril dernier consacrée à la question orale avec débat dressée par le député Frédéric Apaka Tombila au Ministre de ‘Agriculture, es députés signataire de la motion de défiance ont réclamé au Bureau de l’Assemblée nationale inscription de cette motion à l’ordre du jour en raison de sa primauté sur toute autre initiative parlementaire.

Le président de la chambre basse a rassuré ses pairs que l’initiative n’était pas occultée mais devrait être examinée samedi dernier ou ce lundi 04 mai 2015. Répondant à l’intervention d’un élu qui a estimé que cette motion était vexatoire et relevait de la mauvaise foi d’un groupe de députés, Aubin Minaku Djaladjoko a souligné que le Bureau n’avait pas le pouvoir de décider du bien fondé ou non d’une motion de défiance, de la déclarer vexatoire, infondée ou de mauvaise foi… mais qu’il examinée samedi dernier ou ce lundi 04 mai 2015. Répondant à l’intervention d’un élu qui a estimé que cette motion était vexatoire et relevait de la mauvaise foi d’un groupe de députés, Aubin Minaku Djaladjoko a souligné que le Bureau n’avait pas le pouvoir de décider du bien fondé ou non d’une motion de défiance, de la déclarer vexatoire, infondée ou de mauvaise foi… mais qu’il appartient à la plénière de la rejeter ou pas. Sur un ton conciliant, le patron de l’Assemblée nationale a appelé les députés à s’assumer et d’être responsables de leurs actes.

En effet, lorsque l’Assemblée nationale faux dans sa mission, le président de la République a le pouvoir constitutionnel de la dissoudre.

Trois fois interpellé

Rappelons que la motion de défiance contre Evariste Boshab intervient après avoir été interpellé trois fois par les élus nationaux .pour s’expliquer sur diverses questions de l’actualité notamment le projet de révision de la loi électorale, e découpage territorial, la découverte d’une fosse commune avec 421 corps dans .un cimetière à Maluku dans la partie Est de Kinshasa, etc.

Du côté de l’opposition, le temps semble venu pour écrouler le baobab afin que les jeunes aient aussi droit à la lumière du soleil. Mais la chute de cet homme fort du régime apparait difficile compte tenue de sa position au sein de la majorité présidentielle et ses fonctionnaires de secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel qui a le plus d’élus à l’Assemblée nationale.

Mais certains analystes estiment que toutes les hypothèses sont permises. Car l’échec cuisant du meneur de la “ fronde des révisionnistes constitutionnels “ en février 2015 a fortement amenuisé la confiance du chef de l’Etat envers certains de ses hommes béquilles. Et cela est vrai, affirment des sources concordantes il y a de quoi s’inquiéter aujourd’hui au Palais du peuple.

A savoir sur la motion de défiance

A propos, de la motion de défiance, l’opinion notera qu’elle est l’une des initiatives de contrôle parlementaire inscrites à l’article 138 de la Constitution.

Elle vise un membre du gouvernement à l’opposé de la motion de censure qui vise tout le gouvernement. Selon l’article 147 de la Constitution, si la motion de défiance est adoptée par l’Assemblée nationale, le membre du gouvernement qu’elle vise est réputé démissionnaire. De même dans le cas d’une motion de censure, lorsqu’elle est adoptée à l’assemblée nationale, le Gouvernement sera réputé démissionnaire. Et le premier ministre remet au Président de la république la démission dans les 48 heures.

Selon l’article 148, “ En cas .de crise persistante entre le Gouvernement et l’assemblée nationale, le président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents d l’Assemblée nationale et du Sénat, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale.

A l’alinéa 2 de la même disposition, le constituant précise qu’“ aucune dissolution ne peut intervenir dans l’année qui suit les élections, ni pendant les périodes de l’état d’urgence ou de siège ou de guerre, ni pendant que la République est dirigée par un Président intérimaire “.
A la suite de la dissolution de l’assemblée, la CENI convoque les électeurs en vue de l’élection, dans es 60 jours, d’une nouvelle assemblée nationale.
Voilà le scénario qu’une motion de défiance est capable de créer. Quant à ce qui concerne la fronde contre Boshab, les heures qui viennent nous en diront plus.

Par Martinez Ngyaluka

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30 avril 2015

Au cours d’un entretien à bâtons rompus :Le député Alexis Mutanda analyse la situation politique de l’heure

mutax alexis

L’élu de Mbuji-Mayi a apporté des analyses pertinentes face aux sujets soulevés concernant la démocratisation de la RD Congo depuis de 25 ans déjà, les élections provinciales, dont l’opération de réception et traitement des candidatures a été lancé depuis le 15 avril dernier, la situation des Congolais à l’étranger notamment en Afrique du Sud, et autres!

Une fois de plus Alexis Mutanda Ngoy Muana, sous sa double casquette d’acteur politique et d’opérateur économique, n’a pas hésité à répondre aux différentes préoccupations des journalistes sur les questions d’actualité du pays. L’entretien a eu lieu le dimanche 26 avril dernier à son domicile de l’avenue Kokolo, quartier Mbinza-Pigeon, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa.

L’élu de Mbuji-Mayi a fait des analyses pertinentes face aux sujets soulevés concernant la démocratisation de la RD Congo depuis de 25 ans déjà, les élections provinciales, dont l’opération de réception et traitement des candidatures a été lancée depuis le 15 avril dernier, la situation des Congolais à l’étranger notamment en Afrique du Sud, le découpage territorial ainsi que l’incursion des armées étrangères dans le pays.

D’entrée de jeu, le député national Mutanda a retracé l’historique du processus démocratique en RD Congo. Il est parti de l’accession du pays à l’indépendance, avec une incise sur les premières élections démocratiques, avant d’aborder l’arrivée au pouvoir du maréchal Mobutu en 1965 puis l’ouverture politique en avril 1990.

Durant ce parcours, le pays a connu de nombreux obstacles; en commençant par la mort de Patrice Emery Lumumba, qui a fait que très rapidement Mobutu a pris les rênes de la RD Congo, en instaurant dans un premier temps « un parti unique » qui va devenir « parti Etat ». Après l’ouverture politique, le président Mobutu s’est ainsi mis à bloquer les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Alors que tout le monde dans le pays s’était réjoui d’avoir désormais la liberté de parole, de mouvement et autres ,le Premier ministre élu de la CNS, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, n’avait pas eu l’occasion de travailler. « Toujours des obstacles à la démocratie », a regretté l’élu de Mbuji-Mayi. Ainsi, pour Alexis Mutanda, la démocratisation du pays n’a pas commencé le 24 avril 1990.

Il a aussi parlé de la période de transition que la RD Congo, alors le Zaïre, avait connue pendant de 7 ans, avant l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) avec à sa tête Laurent Désiré Kabila.

Ce dernier n’a pas fait 3 ans, avant être assassiné. Il a fallu « l’Accord de paix de Lusaka » pour voir les belligérants, qui avaient embrasé l’Est du pays, s’engager à mettre fin à la série de rébellions dans cette partie du pays, a encore fait savoir le patron des entreprises de presse La Tempête des Tropiques, CNTV et Trinitas FM.

Il a, en outre, fait allusion au « Dialogue de Sun City », ayant abouti au partage du pouvoir 1+4 entre le Mouvement de libération du Congo (MLC) appuyé par l’Ouganda, le Rassemblement des Congolais pour la Démocratie du Congo (RCD) appuyé, lui, par le Rwanda, ainsi que le gouvernement soutenu par le Zimbabwe, la Namibie et l’Angola.

Alexis Mutanda n’a pas manqué de parler des élections de 2006, qui s’étaient terminées dans un bain de sang et celles de 2011 qui ont été un véritable fiasco. Tout en rappelant que  » la démocratisation veut dire aussi des élections libres, transparentes et justes », Alexis Mutanda regrette que toutes les élections organisées en RDC ont été catastrophiques.

Et d’ajouter : « le peuple congolais attend depuis toujours la démocratisation. Elle ne se fait pas jusque-là de manière satisfaisante ».

A ce sujet, il conclut qu’il ne voit pas encore la mise en place d’un Etat de droits réel. Cadre de l’UDPS, Alexis Mutanda a cité comme exemple la dernière marche organisée le 24 avril 2015 par son parti politique, pour réclamer des explications sur « la fosse commune de Maluku » qui a été sévèrement réprimée par des éléments de la police. « Compte tenu de tous obstacles, on ne peut donc pas prendre de champagne ni dire que nous sommes dans un pays démocratique ».

Elections

Concernant les élections, dont l’opération de réception et traitement des candidatures a été lancée le 15 avril dernier, l’élu de Mbuji-Mayi veut savoir où est-ce que la Commission Electorale Nationale Internationale (CENI) va trouver les milliards de dollars nécessaires pour la tenue de toutes échéances électorales.

Il regrette au passage que les jeunes majeurs, estimés aujourd’hui à plus de 10 millions, ne vont pas user de leur droit de voter pour les élections provinciales, urbaines, municipales et locales. Ainsi pour lui, le processus électoral est mal parti.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle l’opposition a toujours exigé le dialogue, afin de savoir si les contraintes soulevées par la CENI ont trouvé des solutions. Pour le député national Mutanda, le dialogue va permettre d’avoir des explications de la part de la structure chargée de l’organisation des élections, pour bien réussir le pari électoral.

« Quand on veut vraiment faire du bien à ce peuple, il faut avoir la même compréhension des choses, concernant les élections », fait remarquer Alexis Mutanda qui soutient encore qu' »aucun parti politique sérieux, de l’opposition ni de la majorité, ne peut refuser de prendre part aux élections qui vont permettre aux élus de devenir les députés nationaux, sénateurs, même Président de la République ».

Xénophobie

Parlant de la vague de xénophobie qui règne en Afrique du Sud, Alexis Mutanda a vivement condamné les actes de violence dont ont été victimes des étrangers vivant au pays de Nelson Mandela, notamment des Congolais.

Il a fait allusion aux excuses du président sud-africain Jacob Zuma. Et tout en regrettant que le pays de Mandela soit tombé si bas, le député Mutanda n’a pas manqué de relever la responsabilité des autorités du pays, qui ne mettent pas en place une bonne politique permettant aux enfants de ne pas chercher à s’expatrier.

Pour lui, l’Afrique du Sud n’est pas le seul pays qui maltraite les Congolais. Il a rappelé les refoulements en masse des Congolais de Kinshasa par les autorités du Congo-Brazza, sans oublier le refoulement systématique toujours des Congolais de Kinshasa d’Angola qui se fait chaque jour. Pour sa part, le gouvernement n’a jamais donné des explications.

Le pays ne défend pas et ne protège pas ses citoyens. « Pourquoi est-ce que des Congolais sont de plus en plus nombreux à vouloir vivre à l’étranger, c’est parce que les conditions sont difficiles au pays », a-t-il aussi soutenu.

C’est également le cas des immigrés au niveau de la Mer Méditerranée, où des Africains ont été nombreux à mourir en voulant traverser la mer pour se retrouver en Europe. Selon l’élu de Mbuji-Mayi, les responsabilités sont aussi partagées entre les dirigeants africains et les pays de la communauté internationale. « Les principes démocratiques ne sont pas respectés par la même communauté internationale qui les a instaurés en imposant des dirigeants aux pays africains ».

Par Lucien Kazadi T.

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29 avril 2015

2016 : le plan de glissement en marche !

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La nouvelle guerre qui vient d’être lancée au Kivu ajoutée aux dépenses imprévues que pourraient occasionner le découpage du pays en 26 provinces et l’installation de celles-ci parmi les stratégies de maintien de l’actuel chef de l’Etat au pouvoir après l’échéance constitutionnelle de 2016.

On parle chaque jour avec passion en République démocratique du Congo du calendrier électoral et des manœuvres orchestrées par le pouvoir pour obtenir le renvoi sine die des élections et, par ricochet, le prolongement illégal de la durée de vie du régime politique en place dans ce pays !

A ce jour, des spécialistes des questions politiques en RDC invitent les Congolais et les leaders de l’opposition à se détourner de ces deux thèmes largement dépassés pour tourner leur regard critique vers deux faits nouveaux dont on ne parle malheureusement aujourd’hui que du bout de lèvres. A savoir la perspective d’une nouvelle guerre à l’Est du pays et les dépenses imprévues de l’Etat qui menacent de tout remettre en question !

Oui. Il n’est pas abusif d’affirmer qu’une réelle hypothèque pèse déjà sur ma tenue d’élections crédibles et apaisées en RDC.
En effet, s’agissant d’une nouvelle guerre qui menace de se produire dans la partie orientale du pays, on relève l’amoncellement des causes qui pourraient être à l’origine de celle-ci : les frustrations nées de la déroute du Mouvement politico-militaire du 23 mars 2009 (M23) auxquelles restent arrimés le Rwanda et l’Ouganda pour faire payer leurs turpitudes à leurs anciens protégés congolais (de l’AFDL, RCD, RCDL-ML, etc) ; les éventuelles prétentions de souveraineté du Rwanda sur les terres congolaises voisines de ce pays après la bornage effectif de la frontière commune (bornage qui pose déjà d’énormes problèmes dans les environs immédiats de la ville de Goma où il y a eu récemment usage de armes de guerre) les dépenses imprévues de l’Etat, notamment celles relatives à la mise en place de nouvelles provinces et à l’organisation de prochaines élections.

Un appui déjà aléatoire !

En ce qui concerne particulièrement les dépenses en rapport avec la mise en place de nouvelles provinces, aucun sou n’avait été prévu dans le cadre du budget de voies et moyens de l’exercice en cours tant et si bien que le gouvernement est obligé ici et maintenant de procéder à une compression drastique de ses dépenses afin de réunir un fonds à destiner auxdites provinces de création récente (Cfr une correspondance du Premier Ministre datée du 20 avril2015).

S’agissant des élections crédibles et apaisées à tenir dans les délais constitutionnels, les mêmes spécialistes de questions de gouvernance en RDC mettent l’Equipe en place de l’Exécutif central au défi en indiquant sans crainte d’être contredits que l’appui au processus électoral en cours ne doit être considéré que comme un appoint et que, à cause de l’inflexibilité du régime face aux conditions fixées par celle-ci, l’appui promis devient à ce jour, de plus en plus aléatoire. Combien de Congolais font-ils attention à ses deux difficultés qui risquent de surprendre tout le monde.

Par KAMBALE MUTOGHERWA

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25 avril 2015

Avec cette nième invasion rwandaise au Nord-Kivu : La RDC, un jouet pour le Rwanda !

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Depuis la fin du régime Mobutu et l’avènement du régime AFDL, les troupes rwandaises pénètrent en RDC quand et comme elles veulent.

Après les FDLR, le M23 et autres, aujourd’hui c’est le Rwanda défense force (RDF) qui tient la vedette. Ces éléments estimés à une centaine de soldats, ont effectué mardi dernier une incursion sur le sol congolais, précisément dans la localité de Kasizi, en territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu.

Le gouverneur de province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a confirmé jeudi 23 avril sur les antennes de la radio onusienne l’incursion des troupes rwandaises.

» Je confirme l’infiltration des éléments de l’armée rwandaise sur le sol congolais, à l’intérieur du territoire national, à presque un kilomètre sur la colline appelée Musongoti « , a confié le gouverneur depuis Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Dans leur patrouille pour vérifier l’information livrée par les gardes du parc, les éléments des Forces Armées de la RDC (FARDC) ont essuyé des tirs de la part des rebelles du RDF alors qu’ils s’approchaient des zones envahies. Un soldat des FARDC a été grièvement blessé par balle à Musongoti. Il a été admis en soins médicaux à l’hôpital général de Rutshuru.

Le gouverneur Paluku a écrit officiellement au Mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL pour vérifier ces allégations.

Au cas où elles seraient confirmées, Julien Paluku ne demanderait pas plus aux troupes rwandaises que de regagner leur territoire et d’arrêter une fois pour toutes les provocations.

Puisque la meilleure défense, c’est l’attaque, la RDC devrait rendre la monnaie de la pièce au Rwanda. Sinon, l’inaction des autorités actuelles de la RDC risque encore d’être perçue comme un aveu d’impuissance et de prêter flanc à ceux qui les accusent de faire le jeu du Rwanda.

En juin 2014, les militaires congolais et rwandais s’étaient affrontés sur la colline de Kanyesheja, dans la localité de Kabanyana II, en territoire de Nyiragongo, à une trentaine de Km au Nord de Goma. Les FARDC avaient aussi riposté à une provocation des RDF qui avaient tenté de s’installer sur une colline de Kanyesheja sur le territoire congolais.

Par G.O.

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21 avril 2015

Prof André Mbata parle du « Grand Soir » du régime et du « Triangle du glissement » Ministère de l’Intérieur-CENI-Cour constitut

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André Mbata Mangu (AMB) est Professeur des Universités et sans aucun doute l’un de plus brillants universitaires congolais et dans tous les cas le constitutionnaliste congolais le plus respecté au pays et à l’étranger. Il est l’auteur de deux ouvrages sur Barack Obama, d’un récent ouvrage sur Nelson Mandela, d’un autre ouvrage sur l’abolition de la peine de mort et le constitutionnalisme en Afrique ainsi qu’une centaine d’articles dans des revues scientifiques de renom. Dans une interview exclusive accordée à Congo News (C-N), Le Prof des Universités fait l’eschatologie du régime et parle du « Grand Soir » de la monarchie présidentielle, du respect de la constitution, du procès Kamerhe, de la Cour suprême de justice, de la Cour constitutionnelle, de la CENI, des réponses d’ Evariste Boshab à la question orale avec débat de Christophe Lutundula à l’Assemblée nationale, des manifestations de xénophobie en Afrique du Sud, et aussi de lui-même.

C-News: Prof, comment allez-vous ? On vous croyait condamné à l’exil après votre agression en Afrique du Sud !
AMB : Je vais bien et me voici de retour au pays. C’était ne pas me connaître que de me croire condamné à l’exil pour avoir fustigé la monarchisation du pouvoir présidentiel en Afrique et m’être inscrit en faux contre la révision de l’article 220 de la Constitution congolaise. Ce pays nous appartient à nous tous et nul ne peut être condamné à l’exil par une coterie au pouvoir qui aurait tort de croire en être le propriétaire.

C-News: Que s’est-il bien passé en janvier dernier en Afrique du Sud ?
AMB:
Je remercie d’abord les medias indépendants dont Radio Okapi, Congo News et Le Phare qui avaient aussitôt alerté l’opinion sur l’agression dont j’avais été l’objet. J’avais reçu des messages de sympathie et d’encouragement de plusieurs personnalités scientifiques africaines, congolaises, européennes et américaines ainsi que ceux des responsables politiques de l’opposition et même de la majorité au pouvoir à Kinshasa. Je n’avais jamais cru que j’étais tant suivi et que le combat que je menais pour le respect de la Constitution et l’Etat de droit démocratique au Congo était en réalité le combat de tout un peuple. Ce qui s’était passé en Afrique du Sud était un attentat contre ma personne. La première réaction des auteurs de cet attentat qui étaient armés de revolvers était de tirer sur moi et non d’exiger un quelconque bien. Ce qui a fait penser à un commando envoyé mais qui était condamné de fuir suite à l’intervention de la garde. L’enquête reste ouverte contre des inconnus qui semblent avoir été en mission commandée.

C-News: Vous aviez eu peur?
AMB : Bien sûr, mais c’est depuis longtemps que j’ai dominé la peur. En m’opposant aux Léviathans, à leurs sbires, aux thuriféraires et aux tambourinaires du pouvoir en Afrique et en enseignant un droit constitutionnel autre que celui de l’ inanition de la nation dans un monde dominé par la prostitution politique et intellectuelle, je ne me suis jamais douté que j’étais le constitutionnaliste le moins aimé des régimes autoritaires.

C-News: Vous sentez-vous à l’aise au pays ?
AMB : On n’est jamais mieux que chez soi. Et puis, si ailleurs l’assassin peut être cagoulé, ici au moins, tout le monde sait facilement d’où le coup viendrait. Et puis, j’étais content de retrouver mes étudiants de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

C-News: Comment se sont déroulées ces retrouvailles ?
AMB : L’accueil ne pouvait qu’être délirant. Mes étudiants avaient été les premiers à m’inonder de messages de sympathie. L’UNIKIN est en effet l’unique université du pays à bénéficier de mes services, ayant moi-même été formé dans cette université. C’est ici que je remplis mon devoir patriotique de contribuer à la formation des dirigeants congolais de demain qui seront plus respectueux de la Constitution de leur pays et des droits de leur peuple. D’ailleurs, je viens de terminer avec eux mon cours de droit constitutionnel.

C-News: Que leur avez-vous dit ?
AMB : Bien de choses et surtout le respect de la Constitution, des droits humains et des leurs propres devoirs comme citoyens de la République. Je termine ce cours avec la conviction que tous les aspirants à la monarchie présidentielle trouveront devant eux une génération nouvelle appelée à leur barrer la route et qui ne tolérera plus d’hérésies en matière constitutionnelle comme celles qui leur avaient été servies, une génération qui ne saura plus se nourrir des dogmes ni de slogans mais deviendra le premier rempart de la Constitution et de l’Etat de droit démocratique.

C-News: Prof, pourriez-vous revenir sur certaines idée-force et certains concepts qui vous sont attribués tels que la « monarchie présidentielle » et les «tambourinaires du pouvoir »?
AMB : Pas trop de choses à la fois. J’avais utilisé pour la première fois l’expression de « la vie après la présidence » en 2007 lorsque je présentais une communication inaugurale lors du Forum africain sur la gouvernance qui se tenait à Ouagadougou au Burkina Faso au cours d’une séance présidée par Blaise Compaoré en présence de l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano et du président rwandais Paul Kagamé. Je la concluais en invitant les Chefs d’Etat africains, y compris Blaise Compaoré, l’hôte du Forum, à ne pas chercher à se cramponner au pouvoir et à quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne les quitte.

C-News: Quelle était alors la réaction de Compaoré ?
AMB : Sa réaction était celle propre à tous les autocrates. Il était si sûr de lui-même. Il doit à présent se mordre les dents dans son lieu d’exil où il est allé seul alors que tous ceux qui ne juraient que par son nom ont disparu dans la nature.

C-News: C’est le même conseil que vous aviez donné à Joseph Kabila dans une lettre ouverte datant de septembre 2013 et à laquelle il n’a jamais répondu ?
AMB : Comme citoyen de la République, je lui conseillais de tirer les leçons de l’histoire récente de notre pays et de l’Afrique avec les dirigeants comme Mobutu et Compaoré et de se retirer du pouvoir en 2016 après avoir fait ses adieux au peuple congolais qui l’aura accepté à la tête de l’Etat pendant 15 ans. Le peuple congolais et d’autres peuples d’Afrique ne toléreront plus. Il y a une vie après la présidence.

C-News: Et la monarchisation du pouvoir présidentiel ?
AMB : Des hommes généralement jeunes qui arrivent au pouvoir à la suite du décès de leurs pères en violation des dispositions constitutionnelles en la matière comme on l’a vu au Togo, au Gabon, et en RDC ; des fils préparés pour succéder à leurs pères comme c’était le cas au Sénégal, en Egypte, en Lybie et actuellement en Uganda, au Congo-Brazzaville ou en Guinée équatoriale ; des sœurs, frères, cousins, cousines, oncles, tantes, femmes et mères des présidents qui se comportent comme des membres d’une dynastie royale et qui ont préséance sur les membres du gouvernement ; des Présidents qui croient s’éterniser au pouvoir par des violations constitutionnelles et des fraudes électorales avec l’ aide d’une armée de courtisans ; c’est à tout cela que renvoie le concept de « monarchie présidentielle ».

C-News: Et qui appelez-vous les « tambourinaires du pouvoir » ?
AMB : Il s’agit en réalité des thuriféraires et des flatteurs du pouvoir, des politiciens du ventre, des journalistes du ventre, des intellectuels du ventre, des professeurs du ventre, des pasteurs et évêques du ventre et de tous ces hommes et femmes sans scrupule qui ont vendu leur âme au diable et sacrifié des valeurs sur l’autel de leurs intérêts matériels en se mettant au service des monstres qui gouvernent.

C-News: Que pensez-vous de la justice dans notre pays ?
AMB : Le Congo n’est pas seulement malade de sa classe politique et intellectuelle, mais aussi de ses cours et tribunaux. Contrairement au prescrit de la Constitution, il n’y a pas de justice indépendante. Elle interpelle, juge et condamne ceux que le pouvoir en place voudrait interpeller, juger et condamner.

C-News: Un commentaire sur la Cour suprême de justice?
AMB : Jamais dans l’histoire du Congo on n’a connu une Cour aussi asservie au pouvoir et aussi incompétente que la Cour suprême de Justice condamnée constitutionnellement à disparaître. On peut se souvenir de ses arrêts iniques dans les contentieux électoraux de 2006 et 2011 lorsque cette Cour avait validé des résultats frauduleux, allant même jusqu’à insinuer en 2011 que le droit n’interdisait pas à un candidat à une élection présidentielle d’obtenir plus de 100% de voix dans une circonscription ! En 2011, les magistrats de la Cour suprême avaient été internés dans un hôtel de Kinshasa pour décider du contentieux électoral.

C-News: Et l’Affaire Kamerhe ?
AMB : Ce procès de la honte de la justice aura révélé au monde entier son instrumentalisation par le pouvoir en place et aussi l’incompétence des magistrats de la Cour suprême de Justice du Congo. Tout le monde dans la MP comme dans l’opposition sait que les élections de 2011 avaient été un cocktail de fraudes et avaient été dénoncées par tous. Dans cette affaire instruite par le parquet général sur injonction de l’ancienne Ministre de la Justice, le Procureur général et l’ensemble des juges de la Cour se sont accordé le pouvoir de juger Mr Kamerhe. Pourtant, même un étudiant de la première année de la Faculté de Droit sait que Mr Kamerhe n’est plus justiciable de la Cour suprême depuis son départ de l’Assemblée nationale. Tenez, uriner en public est une infraction d’attentat aux bonnes mœurs. Est-ce pour autant que le Parquet va poursuivre ? Imaginez combien de gens seraient alors poursuivis dans la Ville de Kinshasa ou ailleurs ! Aussi, il n’y avait aucune opportunité de poursuite contre Mr Kamerhe qui condamnait les fraudes non pas à titre personnel, mais comme le responsable d’un parti politique qui est une personne morale.
Le Parquet agit sur injonction du Ministre de la Justice, membre du gouvernement de la MP. C’est tout simplement un procès politique pour nuire à celui qui est devenu l’un des plus farouches opposants du régime. Sur un autre chapitre, considérant une décision récente de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, je pense que notre droit qui reste d’inspiration coloniale est dépassé. Un gouvernement et un parlement responsables dans notre pays devront le moment venu dépénaliser l’infraction d’imputations dommageables à l’ endroit de la presse, des acteurs politiques ou des personnes publiques.

C-News: Que pensez-vous de la Cour constitutionnelle ?
AMB : Elle sera présidée par un magistrat qui avait joué un rôle important dans le contentieux électoral de 2006 quand il était juge à la Cour suprême et dont certains ont considéré la nomination comme une récompense méritée pour des services rendus. En regardant au passé de ses membres qui sont tous des sociétaires de la Majorité présidentielle ou apparentés, il y a de fortes inquiétudes au sujet de l’indépendance de la Cour et de sa capacité de contribuer à la promotion de l’Etat de droit dans notre pays. D’autre part, le contentieux constitutionnel est un contentieux très technique et rigoureux qui n’a rien à avoir le contentieux des divorces, des conflits parcellaires, d’abus de confiance, de diffamation et de vol dans lesquels beaucoup de nos magistrats se sont spécialisés. Un recyclage s’impose pour les membres de la Cour constitutionnelle. Je voudrais bien leur faire confiance et les voir démentir tout le mal qui se dit à leur sujet en exerçant le « devoir d’ingratitude » envers ceux qui les ont nommés et dont le mandat s’arrête heureusement en 2016. L’affaire Kamerhe sera un important test. Plus important encore sera la requête pour la déclaration de l’inconstitutionnalité de la peine de mort que je viens de déposer devant cette Cour.

C-News: Que pensez-vous de l’indépendance de la CENI?
AMB : Elle est constitutionnelle. Cependant, les membres de la CENI et ceux du gouvernement en parlent tellement que de nombreuses personnes ont fini par croire qu’ils le font parce qu’elle n’est pas en réalité indépendante. La CENI qui n’est même pas une institution constitutionnelle de la République, mais un simple organe de l’Etat ne saurait être plus indépendant que l’Etat congolais qui fonctionne actuellement comme un Etat failli sous tutelle de la Communauté internationale, un Etat nourri aux mamelles de cette Communauté, incapable de sécuriser son propre territoire sans elle, incapable de financer une enquête internationale sur ses nombreuses fosses communes, de se construire un « Palais de Justice », ou de financer ses propres élections. L’Etat congolais est même incapable de décider du départ des troupes étrangères de son territoire comme on l’a vu lors du débat sur la prolongation du mandat de la MONUSCO.

Les visites régulières des représentants de la Banque mondiale et du FMI à Kinshasa apparaissent comme des visites d’inspection des organisations qui exercent la tutelle sur la fameuse « Troïka économique » du gouvernement et la Banque centrale et qui en cas de besoin n’hésitent pas de convoquer les responsables congolais à Washington. On ne peut pas parler d’indépendance dans la dépendance ni de liberté et de souveraineté dans la servitude. La CENI ne saurait donc être plus indépendante que l’Etat congolais qui ne l’est pas. ’

C-News: Pour vous la CENI n’est donc pas indépendante ?
AMB : Sur papier oui, mais en réalité, elle n’a jamais été indépendante. Elle ne l’était déjà pas sous la direction du Pasteur Malu Malu ni celle de l’Abbé Malu Malu. Rien n’a changé pour qu’elle soit plus indépendante avec le retour à sa tête de cet arrogant prélat catholique qui n’a cessé d’importuner la Nation tout entière après avoir nargue la CENCO et le Vatican et qui trouverait mieux sa place dans les rangs des communicateurs de la Majorité présidentielle (MP) plutôt que dans un presbytère ou dans une paroisse. Dans les faits, la CENI est sous la tutelle de la MP qui a nommé ses membres et envers qui elle tient à rester loyale. Cette tutelle est exercée par l’Assemblée nationale dirigée par le Secrétaire général de la MP et le gouvernement de la Majorité, plus spécialement le Vice-premier ministre et ministre de l’intérieur qui depuis longtemps partage la même loge que le président de la CENI. On comprend que les communicateurs de la Majorité et le porte-parole du gouvernement soient devenus aussi des porte-paroles de la CENI et que toute critique contre la CENI soit ressentie comme une attaque contre la Majorité. Comme l’a démontré la question orale de l’Honorable Lutundula, le discours sur l’indépendance de la CENI et sa capacité d’organiser des élections crédibles n’impressionne plus personne même dans les rangs des dindons (de la farce), des pigeons (faucons et colombes) et d’autres oiseaux de la basse-cour de la ferme la plus célèbre du Congo.

C-News: Vous parliez d’une «loge» à laquelle appartiendraient le Vice-premier ministre Évariste Boshab et l’Abbé Malu Malu, le président de la CENI ?
AMB: Pas de « prima curia » comme du temps de Maréchal Mobutu. Cependant, lorsque le livre du Prof Boshab présenté à l’Hôtel du Fleuve était encore en discussion, j’avais affirmé que ce livre avait été soutenu par la Cellule d’appui à la politologie pour l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (CAPAC) dirigée par le belgo-congolais Bob Kabamba. Le Prof Boshab et l’Abbé Malu Malu étaient parmi les éminents membres de cette cellule. Le premier devait utiliser son savoir scientifique pour convaincre la Nation d’accepter la révision de l’article 220 de la Constitution pour donner un troisième mandat au président en exercice pour ne pas être condamnée à mort ou à l’«inanition ». Quant à l’Abbé Malu Malu, il avait mission de recourir à son incontestable expertise en matière de fraudes électorales par la manipulation du fichier électoral pour organiser un référendum et en proclamer les résultats en faveur du régime. A périodes exceptionnelles, hommes exceptionnels. Il existe depuis longtemps une complicité indéniable entre les deux hommes et ce n’est pas un pur hasard si l’un dirige aujourd’hui le puissant ministère de l’intérieur et que le prélat catholique qui avait déjà fait un excellent travail en 2006 a été rappelé et maintenu à la tête de la CENI malgré toutes les protestations de la CENCO. La mission est simple : multiplier les stratégies (mise en place de nouvelles provinces, retard dans le dépôt du projet de loi sur la répartition des sièges…) pour qu’en 2016 la CENI soit en mesure de demander et d’obtenir de la Cour constitutionnelle le report des élections présidentielles et législatives avant d’exercer le « ministère de la fraude » lorsque ces élections auront finalement lieu. Le gouvernement à travers le ministère de l’intérieur, la CENI et la Cour constitutionnelle nouvellement installée constituent le nouveau triangle du glissement du cycle électoral en RDC.

C-News: Et le calendrier de la CENI?
AMB : Sous pression de l’Opposition et de la Communauté internationale, cette CENI prétendument indépendante a fini par lâcher après s’être entêtée pendant plusieurs mois. Son calendrier est global certes, mais les propos entendus dans les rangs de la Majorité et de l’Opposition lui dénient un caractère consensuel. Le calendrier est aussi irréaliste. Le gouvernement qui vient de décider de la mise en place tardive des provinces n’a pas les moyens de sa politique qui est en réalité celle de la Majorité. Lors du débat de samedi dernier à l’Assemblée nationale, l’Honorable Bamporiki a démontré sans être contredit par le Ministre de l’Intérieur que depuis 2013, le gouvernement qui viole la Constitution en ne rétrocédant pas les 40% des ressources nationales aux provinces n’a même pas débloqué 15% du budget voté pour les élections et qu’il ne pourra pas faire en trois mois ce qu’il n’a pas pu faire en trois ans.

Il n’y a pas de réelle volonté politique de terminer les élections en 2016. Après avoir échoué à faire réviser la Constitution et à obtenir le report des élections en le subordonnant au recensement de la population qui pouvait prendre 4 à 8 ans, le gouvernement reste dans la même logique en préparant le terrain pour le report des élections en violation de la Constitution. L’ONIP dont on disait qu’il pouvait organiser le recensement dans moins d’un an n’même pas encore de bureau ni de personnel, preuve que ce n’était qu’un bluff. Il n’y a pas d’argent pour organiser les élections locales dans 67000 bureaux de vote repartis. Ces élections bien qu’importantes qui n’ont pas été organisées depuis 8 ans peuvent attendre 2017.

C-News: Ces différentes stratégies de report des élections peuvent-elles réussir ? Et pour vous, est-ce le temps de la fin du régime de la Majorité présidentielle ?
AMB : Je ne pense pas que notre peuple se laissera faire, lui qui avait envoyé au mois de janvier un message clair à la Majorité qui venait nuitamment de cracher sur la tombe de Patrice Lumumba, notre Héros national, en votant une loi électorale en violation de la Constitution. Ce message avait été capté 100% par son Autorité morale. Il n’y a pas lieu de faire marche arrière pour ne pas subir le sort de la femme de Lot dans la Bible. Le Marechal Mobutu qui avait succombé aux conseils des tambourinaires de son pouvoir en revenant sur ses promesses démocratisation d’avril 1990 en sait quelque chose. Le mouvement est irréversible. L’histoire a toujours fini par écraser ceux qui ont osé aller dans le sens contraire. Pour la MP comme pour le président, il y a un temps pour gouverner et un temps pour partir, un temps pour travailler et un temps pour se reposer si on a bien travaillé pour son peuple. Mon conseil : il ne faut rien forcer au risque de tout casser. Il y a une vie après la présidence et après le pouvoir. Notre peuple a besoin de a MP dans l’Opposition.

C-News: Vous parlez du « glas »qui aurait sonné pour emprunter le titre du livre écrit naguère par Honoré Nganda ? Est-ce bien l’eschatologie ou le « Grand Soir » du régime ?
AMB : Un peu de tout cela. Mr Ngbanda qui avait été l’un des piliers de la dictature du Maréchal Mobutu était parmi les premiers à tirer sur le monstre qu’ils avaient servi avec loyauté et qu’ils adoraient. Le MPR n’avait pas survécu et la MP telle qu’on la connait actuellement ne survivra pas. C’est bien le « Grand Soir » du régime, l’eschatologie. Le « coq » s’apprête à chanter pour amener au-devant de la scène des personnages comme Pierre qui répéta plus d’une fois qu’il ne connaissait pas Le Seigneur Jésus-Christ alors qu’il mangeait et buvait avec lui. C’est le début du temps de la fin et celui des reniements déjà vécu par les anciens dignitaires du régime Mobutu aujourd’hui dans le gouvernement de la majorité. Moins d’une année après la chute de leur « dieu », « Mulopo » ou « Mulopwe » Mobutu, Sakombi Inongo –paix à son âme – le bouillant ministre de l’information – en réalité de la désinformation – qui a son sosie bien connu dans le régime actuel se convertissait en devenant « Frère Dominique » pour témoigner partout que Mobutu n’était qu’un démon qui buvait du sang humain. J’espère vivement qu’après 2016, la MP actuelle ne fera pas la même chose que le MPR en donnant naissance à un nouveau converti (Frère, Pasteur, Prophète…) qui puisse raconter des bêtises en prétendant que quelqu’un dans son sein buvait du sang… des fosses ou des tombes communes ! Au Congo, l’histoire semble malheureusement se répéter avec des personnages qui se ressemblent étrangement au point de vous donner des sueurs froides et des crises cardiaques.

C-News: Un mot sur les fosses ou tombes communes ?
AMB : La Bible dit que rien de ce qui se fait de nuit ne restera caché. C’est incroyable que les gouvernants qui se réclament du peuple puissent réserver un tel traitement inhumain à leurs compatriotes morts indigents après qu’ils les aient eux-mêmes condamnés à cette indigence. Une enquête indépendante et internationale est nécessaire pour faire la lumière sur cette affaire. La refuser serait une preuve que le gouvernement a des choses à cacher, contrairement aux nombreux démentis de ses porte-paroles. En outre, les indigents ne sont pas des inconnus. S’ils n’ont pas été ramassés dans la rue mais des parents les ont amenés à l’Hôpital avant de les abandonner faute de moyens, ils étaient au moins enregistrés. Les fiches et certificats de décès sont également nécessaires pour nous convaincre qu’il s’agissait des indigents. En outre, on devrait permettre l’exhumation des corps. Le ministre de la justice ne doit pas tromper le peuple en prétendant que celle-ci dépend des autorités judiciaires lorsqu’il sait que le parquet qui instruit le dossier n’est pas indépendant et travaille sous ses instructions. Enfin, avons-nous des dirigeants humains ? Qu’avons-nous fait des valeurs africaines qui nous imposent le respect à la fois pour les vivants et pour les morts qui deviennent nos ancêtres ?

Comment un gouvernement qui prétend avoir des millions de dollars pour recenser la population, mettre en place de nouvelles provinces et organiser des élections dans 67 000 bureaux de vote pouvait-il manquer moins d’un million de dollars pour payer des cercueils et enterrer dignement moins de 500 personnes au lieu de les jeter comme des chiens dans un trou ? L’exhumation aura lieu tôt ou tard. Les victimes seront bien identifiées et les personnes responsables subiront toute la rigueur de la loi en droit pénal national ou international pour crime contre l’humanité qui est un crime imprescriptible et que le temps ne peut donc pas effacer.

C-News: Avez-vous à dire sur l’arrestation et puis la libération des militants pro-démocratie du « Balai citoyen » et de « Y’ en a marre » et sur leur collègues du mouvement Filimbi en prison?
AMB : Très mauvaise et honteuse publicité internationale pour le pays. Preuve, s’il en était encore, que nous sommes encore loin de l’Etat de droit démocratique où les droits et libertés sont garantis. Toutes ces personnes devraient être libérées sans délai. Les qualifier de terroristes serait simplement faire preuve de cécité et de surdité intellectuelles et politiques. Comme dans l’Apocalypse, une forte trompette a sonné pour annoncer la fin des régimes autoritaires et corrompus et le début d’une ère nouvelle en Afrique. Il serait mieux de l’entendre pour échapper au « jugement dernier » et ne pas rater l’Enlèvement et la rencontre avec Le Seigneur.

C-News: Un mot la question orale avec débat de l’Honorable Christophe Lutundula à l’Assemblée nationale ?
AMB : Félicitations à Christophe Lutundula, un juriste brillant et intègre qui n’avait pas toujours su défendre ses idées au sein de la Majorité, mais mieux vaut tard que jamais. On l’a qualifié de « traitre » et d’«ingrat ». J’ai entendu des gens qui ne lui arrivent même pas à la cheville contester ses connaissances comme juriste et le traiter de tous les noms parce qu’il a su s’élever au-dessus de la basse-cour et du raisonnement de ses applaudisseurs automatiques. J’ai surtout apprécié sa conclusion : « si nous ne réglons pas les problèmes, les problèmes finirons par nous régler les comptes tôt ou tard ».

C-News: Et les réponses du Vice-premier ministre Evariste Boshab ?
AMB : Je le connais depuis plus de trois décennies depuis qu’il était notre ainé à la Faculté de Droit de l’UNIKIN et le Maire du Home 30 sur le Campus. Evariste est resté égal à lui-même et ses réponses ne pouvaient convaincre que la basse-cour. Cependant, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir su mettre son génie au service du régime et le poste de Premier ministre aurait été une juste récompense du régime qu’il sert avec loyauté depuis des années, multipliant des stratégies pour lui permettre de conserver le pouvoir même jusqu’à ce que Le Seigneur Jésus-Christ revienne. En 2011, il était l’un des architectes de la révision constitutionnelle ayant supprimé le second tour de l’élection présidentielle. Lors des élections, pour assurer la majorité à son parti, le PPRD, avec le concours du Prof Lumanu, le Ministre PPRD de l’Intérieur, il avait eu l’intelligence de créer une constellation d’environ 300 partis politiques qui avaient présenté des candidats avant de disparaître. Son livre « Entre la révision de la constitution et l’inanition de la nation » n’avait comme objectif que de contribuer à la pérennisation du pouvoir par son parti. Devenu ministre de l’intérieur, il a joué un grand rôle dans la mise en place de l’ONIP œuvrant sous la tutelle de son ministère et dirigé par le Prof Lumanu. L’inclusion du recensement comme préalable aux élections dans le projet de loi électorale présenté à l’Assemblée nationale au mois de janvier dernier était également l’œuvre de son génie. Le connaissant bien depuis des années, j’ai toujours bien compris le Prof même lorsqu’il parle à demi-mots ou lorsqu’il se tait tout simplement. Sa réponse à la question de l’Honorable Lutundula était claire et limpide et c’est la réponse de la MP et de son gouvernement qui reste dans la logique de la conservation du pouvoir et du report des élections présidentielles en mettant précipitamment en place de nouvelles provinces et en exigeant l’organisation des élections municipales et locales tout en sachant bien que les finances nationales ne permettront pas l’organisation de l’élection présidentielle. L’Abbé Malu Malu avait déjà dit qu’il s’adresserait à la Cour constitutionnelle si la CENI était incapable d’organiser les élections dans les délais. Et si, en se fondant sur l’insuffisance de moyens financiers que le gouvernement ne lui donnera pas, la CENI utilisait cet argument comme un cas de « force majeure » devant la Cour constitutionnelle, celle-ci n’aurait aucun pouvoir pour la contraindre d’organiser l’élection présidentielle. Les membres de la Cour n’auraient même aucun intérêt à le faire eux qui ont une lourde dette morale à payer à la MP. Toutefois, les choses ne sont pas si simples.

Il faudra éviter que le peuple souverain qui s’est déjà exprimé en janvier et qui reste en éveil ne se remette en action. Nul n’est plus grand que le peuple et nous ne devrions pas nous entêter en faisant prévaloir nos intérêts partisans et égoïstes sur ceux de notre peuple. Il n’y aurait aucun problème si le gouvernement pouvait organiser toutes les élections, des locales à la présidentielle en 2016. Cependant, comme il ne le peut pas faute de moyens, préparons uniquement des élections parlementaires et présidentielles crédibles en 2016 et les autres peuvent être organisées après.

C-News: Qu’avez-vous à dire sur les attaques xénophobes en Afrique du Sud ?
AMB : Une honte pour l’Afrique du Sud, pour l’ANC et pour le gouvernement du Président Jacob Zuma qui avait allumé le feu en adoptant des lois sévères sur l’immigration et l’attribution des visas après avoir bénéficié du soutien d’autres peuples africains dans la lutte contre l’ Apartheid. Mandela devait se retourner dans sa tombe et les Sud-africains devraient avoir honte et se sentir ridicules partout où ils se trouvent. Ils n’attaquent pas les Blancs qui les ont chosifiés durant l’apartheid, mais leurs propres frères et sœurs africains qui les avaient aidés à combattre ce système odieux. Le fils de Zuma fait partie des instigateurs de ces attaques. Un gouvernement congolais responsable aurait réagi comme l’a fait le Nigeria en envoyant un message clair au gouvernement sud-africain. Président ou Premier Ministre congolais, je n’aurais pas hésité d’interdire les vols SAA pendant tout le temps que les sud-africains continueraient avec leurs attaques contre d’autres africains. J’aurais rappelé en consultation notre Ambassadeur à Pretoria tout en convoquant celui d’Afrique du Sud à Kinshasa et les sociétés sud-africaines comme VODACOM recevraient un message de mon gouvernement à l’intention du peuple sud-africain.

C-News: Prof, quel est finalement votre avenir politique, un universitaire ou un politicien ?
AMB : Un universitaire et un homme politique ou un homme d’Etat plutôt qu’un politicien dans le sens péjoratif que ce mot revêt au Congo. Je reste un universitaire résolument engagé à la cause de son peuple, partageant non seulement ses souffrances, ses peines et ses inquiétudes, mais aussi ses espoirs et ses rêves pour le changement et le mieux-être. Chaque chose a son temps. Je suis content dans ma peau de professeur des universités. Je continue à enseigner les valeurs et les principes de l’Etat de droit démocratique aux hommes et femmes au pouvoir ou dans l’opposition, aux gouvernants comme aux gouvernés. Je verrai le moment venu quel autre rôle je pourrais jouer pour continuer à servir notre peuple. En attendant, je ne peux me réjouir avec lui de la victoire historique que nous avons remportée contre les démons de la dictature, de l’autoritarisme et de la monarchisation du pouvoir en barrant la route aux partisans de la révision ou du changement de la constitution. Cependant, a luta continua. Notre lutte pacifique pour l’avènement et la consolidation d’un Etat de droit démocratique tel que recherché par notre peuple doit se poursuivre car notre victoire n’est pas encore complète. Nous n’avons fait qu’un bout du chemin.

MTN

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