23 avril 2015

Folles rumeurs sur la mort d’Albert Kalonji Mulopwe

kalonji mulopwe

Depuis 48 heures, des rumeurs folles circulent sur la mort d’Albert Kalonji dans la nuit d’avant-hier dans son village situé dans la localité de Katende au Kasaï Oriental. Les mêmes rumeurs indiquent que cet homme hors du commun qui avait été intronisé, il y a quelques temps, comme chef suprême des Bakwa Dishi, avait été immédiatement enterré la nuit dans son village d’origine, selon les rites traditionnels locaux.

Cependant, toutes les démarches entreprises pour en savoir plus se sont avérées vaines car les personnalités supposées proches de cet homme n’ont pas voulu en dire plus. Se contentant tout simplement de signaler que l’état de santé du «Mulopwe » était devenu préoccupant depuis quelques temps. Mais selon une source proche des traditions ancestrales, il faut trente jours pour annoncer le décès d’un grand chef coutumier. En attendant d’en savoir plus sur la situation de celui que l’on appelait affectueusement « Mulopwe », veillons et prions.

Tout compte fait, le nom d’Albert Kalonji restera gravé, ad vitam aeternam, dans l’histoire politique du pays de par son discours à la Conférence Nationale Souveraine dans lequel il avait dénoncé à la face du monde certaines vérités sur le conflit qui l’avait opposé à son ancien compagnon politique Patrice Lumumba. Dont, entre autres, les circonstances de son assassinat à Elisabethville au Katanga en 1961. Il fait partie des personnalités politiques congolaises convoquées et auditionnées sur procès-verbaux en 1999 par la Commission Sénatoriale Belge chargée de faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat odieux commis par des sujets belges et katangais sur instigation de la CIA et des services secrets du gouvernement du Royaume de Belgique.

Albert Kalonji était revenu au pays depuis plus de deux ans et faisait de temps en temps des navettes entre son village, Mbuji-Mayi et Kinshasa.
On l’apercevait parfois au Grand Hôtel Kinshasa devenu Hôtel Pulman depuis sa réfection, où il dévissait souvent avec des acteurs politiques, toutes tendances confondues, au sujet de l’histoire politique de ce pays depuis la colonisation et les années chaudes de l’accession à la souveraineté internationale. Comme le dit un adage, un vieux qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Si le décès du patriarche Albert Kalonji est confirmé, ce sera une grande mémoire sociopolitique qui disparaitra au sujet de l’histoire tumultueuse de ce pays béni des dieux. Cet homme trimballe à lui tout seul des archives riches et palpitantes de la vie politique de ce pays pour avoir été l’un de deux derniers Pères Fondateurs, dont Marcel Bisukiro, ayant siégé à la Table Ronde Politique en 1959 pour arracher l’indépendance du Congo. Que des ouvrages avaient été rédigés sur sa carrière politique très riche et variée I Ce témoin des évènements douloureux et tragiques du Congo a joué un rôle capital pour ramener la paix et la sécurité des personnes et leurs biens particulièrement dans les deux provinces du Kasaï.

Albert Kalonji est un homme politique et d’affaires congolais, né en 1929 à Hemptinne près de Luluabourg (aujourd’hui Kananga) au Congo belge, actuelle République Démocratique du Congo). Cofondateur, avec Patrice Lumumba, du Mouvement national congolais (MNC), il milita avec lui pour l’indépendance du Congo. Des dissensions éclatèrent entre lui et son compagnon de lutte Patrice Lumumba et aboutirent en 1959 à la scission du MNC en deux branches, connues sous les noms de MNC-Lumumba et MNC-Kalonji. En 1960, Albert Kalonji, président du MNC-Kalonji, se proclama Empereur des Balubas du Kasaï et chef d’État du Sud-Kasaï. Cette indépendance de fait durera jusqu’au mois de septembre 1962. Diplômé en 1948 comme assistant agronome, il va être, en 1951, engagé à la colonie en qualité d’assistant agricole. Il devient ensuite expert-comptable auprès du tribunal de Luluabourg. En 1957, il siège au Conseil provincial du Kasaï. Il est invité à Bruxelles pour l’Exposition universelle de 1958. La même année, il adhère au Mouvement national congolais et est accueilli au sein de l’ordre de la Rose-Croix. En 1959, il ouvre (au Kasaï) un cabinet fiscal. Il devient membre du Conseil de législation. Condamné en août 1959 pour «incitation à la haine raciale lors du conflit entre les Lulua et les Baluba, il est envoyé en relégation à Kole dans l’actuel territoire du Sankuru pour être ensuite libéré. Toujours cette année, il est élu président du MNC-Kalonji. Il participe, en 1960, à la Table ronde belgo-congolaise. Élu député national en juin, il est pressenti comme ministre avant d’être écarté par Patrice Lumumba En août, il devient président de l’Etat autonome du Sud-Kasaï». Proclamé «roi du Sud-Kasaï» (sous le nom d’Albert 1er) en 1961, il dissout le gouvernement et opte pour le titre de mulopwe du «Royaume fédéré du Sud-Kasaï». En septembre 1962, Albert Kalonji est renversé lors d’un coup d’Etat militaire instigué par son premier ministre, M. Joseph Ngalula avec la complicité du pouvoir central de Léopoldville. Il s’exile alors pendant 18 mois en Espagne. Il est ministre de 1964 à 1965 dans le gouvernement dirigé par son ami Moïse Tshombe. Il quitte le gouvernement peu avant le coup d’Etat de Mobutu. En 1980, il intègre le parti unique de Mobutu, le Mouvement Populaire de la Révolution. En 2008, les Baluba du Kasaï lui rendent hommage pour ses 80 ans.

A l’avènement de la démocratie en 1990, il adhère à I’UDPS comme membre actif du Comité National pour reprendre sa liberté d’actions en 1999 sous le régime de l’AFDL de feu Laurent-Désiré Kabila. Depuis lors, il va se réfugier en France pour s’occuper des activités de son mouvement de la Rose-Croix. Cela ne l’empêchera de revenir de temps en temps au Congo pour humer l’air du pays natal et partager avec ses compatriotes.

Par F.M.

Posté par lumbamba à 22:49 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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