23 avril 2015

Les jeunes Congolais ‘’pro-démocratie’’ achetés par le dollar

Paris: Interview exclusive avec les leaders du mouvement FILIMBI
Paris: Interview exclusive avec les leaders du mouvement FILIMBI, comment ont t-ils quitté la RDC ? congomikili @congomikili
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Hinzugefügt am 21.04.2015
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« Un peuple sans mémoire ne peut pas être un peuple libre. » D. MITTERRAND
 
Dans un monde où la pensée ultralibérale est en train de détourner le pouvoir politique des mandataires du peuple pour le confier aux oligarques de l’argent, le 1% d’ ‘’usurpateurs’’, il est curieux d’entendre les médias dominants parler de l’arrestation des jeunes ‘’pro-démocratie’’ au Congo-Kinshasa. Tout en fustigeant ces arrestations illégales, nous avons pris le temps de suivre l’itinéraire citoyen de ces jeunes et de les écouter pour en savoir plus. Notre peur est qu’ils ne puissent tomber dans un ‘’esclavage volontaire’’ à cause du ‘’dollar’’ et par amnésie. Dans le contexte actuel, être ‘’pro-démocratie’’ dans les médias dominants, c’est synonyme d’être ‘’pro-occidental’’ et contre les intérêts de son peuple.
 
Il est intéressant d’écouter les jeunes[1] de Filimbi ayant échappé aux griffes  de la police politique de la kabilie à Kinshasa et s’étant repliés stratégiquement à Paris. Ils ont des objectifs nobles. Ils tiennent à lutter pour que la jeunesse congolaise participe activement à la gestion du pays et que ses gouvernants soient constamment disposés à lui rendre des comptes. Elle lutte donc pour la démocratie participative et pour la reddition des comptes des  mandataires du peuple.
D’où lui viennent les moyens matériels de cette lutte ? Elle répond sans ambages : des USA. Elle justifie ce recours aux dollars américains en des termes très simples : tout le monde va chercher  de l’argent aux USA ; ‘’les gouvernants Congolais’’ actuels compris.
‘’L’esprit moutonnier’’ serait l’unique justification valable du recours au dollar américain : ‘’Tout le monde fait ça’’. Dans cette chasse au dollar américain, nos jeunes ne semblent faire aucune relecture de l’histoire. Pourtant, apparemment, ils parlent un très bon français et semblent avoir une certaine culture.  N’aurait-il pas fallu un minimum de temps de réflexion à ces jeunes avant qu’ils acceptent de prendre l’argent des Yankee ? Comment ceux-ci peuvent-ils à la fois financer la guerre perpétuelle qu’ils mènent contre le Congo-Kinshasa à travers des proxys interposés et vouloir que les jeunes Congolais puissent être éduqués civiquement ?
Etre éduqué civiquement conduit à l’amour patriotique de son pays. Celui-ci, quand il gagne les cœurs et les esprits,  soutient la lutte pour l’émancipation politique et la souveraineté.
Or les Yankee n’ont d’autres ambitions que d’être à tout jamais un empire fondé sur le principe de la pure force et celui de la gestion des pays satellites par des ‘’nègres de service interposés’’. Ce que nous disons ici pouvait être considéré comme des bêtises si l’une des têtes pensantes US actuelles ne l’avait pas clamé haut et fort en avouant que ‘’c’est cynique mais ça marche’’.  Donc,    dans l’expansion d’un empire, il n’y a pas de place pour des Etats souverains. Nos jeunes de Lucha et de Filimbi travailleraient, peut-être à leur insu, pour être demain des ‘’nègres de service de l’empire’’. Est-ce un objectif noble ? Nous ne pensons pas.
Ces jeunes luttent pour un Etat  de droit démocratique au Congo-Kinshasa. Néanmoins, ils semblent avoir du mal à procéder par une relecture politico-idéologique de l’histoire de leur pays. Ils ont surtout du mal à avoir une approche  informée de l’autre, du Yankee et de ses agences finançant ‘’les révolutions colorées’’.  Le Yankee travaille au contrôle de la pensée politique des pays qu’il voudrait incorporer à son empire. Il y crée ‘’un chaos constructeur’’, du désordre qu’il sait lui-même orienté. Souvent, il finance les camps opposés pour les pousser à l’affrontement et à l’épuisement mutuel de leurs énergies morales, éthiques, psychologiques et intellectuelles. Il détricote la souveraineté des peuples en  les assujetissant  afin que sa nation demeure à jamais ‘’une nation exceptionnelle’’, ‘’une nation indispensable’’.
Pour réaliser tout ce travail, il dispose des moyens colossaux ; il a de l’argent,  des idées, des think thanks, des médias lobotomisant et des agences de sédition commises à son service. Il dispose d’une organisation supra-partisane, le CFR (le Conseil pour les Affaires Extérieures), pour canaliser et orienter l’idéologique néoconservatrice, la pensée politique des Républicains et des Démocrates dans le sens de la réalisation de son objectif majeur : faire des USA un grand empire à l’image de la Rome antique ou de l’empire britannique. Tout ceci est dit noir sur blanc par George Friedman dans une vidéo d’une dizaine de minutes
[2].Dans cette vidéo, il affirme que l’empire US s’est battu depuis la première et la deuxième guerre mondiale ainsi que pendant toute la guerre froide pour éviter que la Russie et l’Allemagne arrivent à former une union forte. L’empire US poursuit cette guerre jusqu’à ce jour. Il y embrigade plusieurs pays comme il l’a fait après les indépendances des pays africains.
L’empire US a la grande capacité d’archiver et de lutter sur le temps long. Il sait poursuivre un même objectif pendant longtemps en usant et en abusant de l’inversion sémantique. Il va, tour à tour,  appeler sa guerre contre l’union de la Russie et l’Allemagne ‘’lutte contre le communisme’’, ‘’guerre pour la démocratie et les droits de l’homme’’, ‘’guerre contre le terrorisme’’, etc. Les non-initiés à ses ‘’doctrines des bonnes intentions’’ n’y verront que du feu.
Au Congo-Kinshasa, le fait d’être contre ‘’les actuels nègres de service’’ des Yankee ne devraient pas jeter les jeunes dans les bras de ces derniers au motif qu’ils achètent tout le monde avec le dollar. Ici, il faut un maximum de discernement et de lucidité. Dans une lutte aussi noble que celle que voudraient mener nos jeunes, il faudrait de plus en plus penser aux partenaires stratégiques alternatifs.
Les compatriotes de Flilimbi et de la Lucha sont  jeunes. Ils peuvent encore apprendre à mieux connaître le Yankee et à rompre  les chaînes de leur ‘’esclavage volontaire’’. Ils peuvent rompre avec les avantages matériels du Yankee et lutter autrement. Ceci n’est pas toujours évident.
 
Mbelu Babanya Kabudi