29 avril 2012

KABILA N’EST NI LEGITIME NI LEGAL

KABILA N’EST NI LEGITIME NI LEGAL: Un faux en écriture qui fait de Joseph KABILA Président de la République !

La problématique de l’opposabilité aux tiers de l’arrêt RE007 rendu le 16.12.2011 par la Cour Suprême de Justice proclamant Joseph KABILA Président de la République.

      

                              Cérémonie de prestation de serment de Joseph KABILA

- Kinshasa le 20.12.2011,

« une vraie parodie »

Notre Association a pris connaissance – quatre mois après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 – de l’instrumentum notamment de l’arrêt R.C.E.0011/PR sur requête en contestation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 publiés par la CENI le vendredi 3 décembre 2011 ; de l’arrêt R.E.007 relatif à la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 ; ainsi que de l’arrêt R.S.006 portant prise d’acte de prestation de serment du Président de la République. (Télécharger l’arrêt R.E.007 du 16.12.2011 de la CSJ:

http://www.blog4ever.com/blog/fichier-812526-3626318-467504.html )

Notre Association a déjà publié plusieurs notes d’analyse relatives à l’inexistence et l’inopposabilité aux tiers du précité arrêt de la Cour Suprême de Justice. Sans entrer dans la polémique qui pourrait résulter du fait que la Cour Suprême de Justice ait finalement publié très tardivement l’instrumentum de son arrêt, nous allons limiter la présente analyse sur les questions liées à la forme, ainsi que sur la force probante des arrêts susmentionnés.

En ce qui concerne le défaut de notification de la requête en annulation des résultats à toutes les parties à la cause :

Notre Association rappelle que l’arrêt RE007 repose sur des prémisses erronées en ce sens qu’il considère que la requête introduite par Monsieur KAMERHE LWA KANYINGINYI Vital en date du 12 décembre 2011 enrôlée sous les références RCE 011/PR a été examinée par la CSJ conformément à la Loi. Or, ce n’est pas le cas. En effet, l’arrêt RE007 souffre d’un vice de forme très grave lequel est consécutif au refus de la CSJ de notifier aux neuf autres candidats la requête en annulation de tous les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Ceci, conformément à la loi électorale telle que rappelée par Monsieur Jérôme KITOKO KIMPELE Premier président de la CSJ, dans sa note circulaire n° 014 du 27 septembre 2011 relative à la non- admissibilité de la procédure de tierce opposition en matière de contentieux électoral, en ces termes:

<< (…) Il est dès lors hors de question que soient reçues par le Juge électoral des actions en tierce opposition dirigées contre des arrêts ou jugements statuant sur des contestations électorales, non seulement parce que la loi électorale ne prévoit pas cette voie de recours, mais également parce que son article 74 ter alinéa 5 garantit le principe du contradictoire, en faisant obligation au greffier de notifier la requête en contestation des résultats du scrutin “au candidat dont l’élection est contestée, au parti politique ou regroupement politique ayant présenté un candidat ainsi qu’à la Commission électorale nationale indépendante”, lesquels “peuvent adresser à la juridiction saisie un mémoire en réponse dans un délai de trois jours après notification”, étant entendu que ” l’absence du mémoire en réponse n’est pas suspensive de la procédure”.>>

En l’espèce, le Greffier de la Cour Suprême de Justice a curieusement notifié la précitée requête en annulation des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 par exploits séparés de l’huissier SASA NIANGA de la Cour au seul candidat Joseph KABILA, et à la Commission électorale nationale indépendante. Ceci, alors que la requête introduite par Vital KAMERHE concernait l’annulation des résultats de tous les onze candidats à l’élection présidentielle. Pour rappel, le candidat Vital KAMERHE a été classé troisième suivant l’ordre de proclamation des résultats provisoire publiés par la CENI. En raisonnant par l’absurde, si Vital KAMEHRE avait la prétention d’avoir obtenu un score supérieur à celui de Joseph KABILA, cela voudrait dire qu’automatiquement le candidat Etienne TSHISEKEDI arrivé pourtant en deuxième position devrait être relégué à la troisième place. Ce dernier subirait ainsi -sans pouvoir ester en justice – un préjudice certain. Dès lors, la Cour était dans l’obligation de notifier la requête de Vital KAMERHE au moins au candidat Etienne TSHISEKEDI même si celui-ci n’avait pas introduit de recours similaire. Ceci, d’autant plus que la procédure de tierce opposition en matière de contentieux électoral n’est pas admissible conformément à l’article 74 ter alinéa 5 de la Loi électorale susmentionnée.

A cet égard, lors de l’audience publique du 15 décembre 2011, le parti politique UNC comparu par son Président national, Monsieur Vital KAMERHE, assisté de ses avocats va demander, à juste titre, le renvoi de la cause à une audience ultérieure pour permettre à la Cour de notifier la requête de Vital KAMERHE aux neuf autres candidats à l’élection présidentielle.

Statuant sur la question, la Cour répondit que la cause était bien en état, car les candidats n’ayant pas exercé leur droit de recours dans les deux jours depuis l’annonce des résultats provisoires par la CENI, ni manifesté l’intention de le faire, ni mandaté la requérante ou ses conseils en ce sens, n’avaient pas intérêt dans la présente cause, à laquelle ils ne sont pas partie.

Pourtant, l’un des candidats à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 en l’occurrence Monsieur KASESE MALELA François Nicefort s’est présenté spontanément à la précitée audience publique du 15 décembre 2011 afin de comparaître volontairement. Ceci, malgré le fait qu’il n’avait pas reçu notification de la requête de Vital KAMERHE. Mais, la Cour va paradoxalement signifier à celui-ci qu’il n’est pas partie à la cause.

Il sied de souligner que les questions soulevées par la comparution volontaire du candidat KASESE MALELA François Nicefort d’une part et d’autre part, le refus d’entendre celui-ci par la Cour ne sont ni évoqués ni motivés dans l’arrêt R.C.E 011/PR déboutant le candidat Vital KAMERHE. Ce qui viole gravement non seulement les prescrits de l’article 21 de la Constitution de ce pays lesquels stipulent que:

« Tout jugement est écrit et motivé. Il est prononcé en audience publique.»

L’APRODEC asbl souligne que ce déni de justice viole aussi gravement les prescrits de l’article 19 de la Constitution de la République Démocratique du Congo lesquels énoncent que:

“Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai raisonnable par le juge compétent.”

Après cet incident, Vital KAMERHE et ses avocats quitteront la salle d’audience afin de dénoncer la partialité et l’absence d’indépendance de la Cour par rapport à Joseph KABILA.

Le Pasteur NGOY MULUNDA et le Prof. Jacques DJOLI

respectivement Président et Vice-président de la CENI

un verre dans le nez, amusent le fils de Joseph KABILA et, festoient la réussite du hold-up électoral

En ce qui concerne l’absence de force probante de l’arrêt R.E.007:

Notre Association observe que la Cour Suprême de Justice n’a pas fondé sa décision sur les procès-verbaux originaux de dépouillement des bureaux de vote. En effet, la Cour s’est contentée des fiches des résultats (PDF) lui transmis par la CENI alors que celui-ci est une partie à la cause au même titre que les candidats. A titre indicatif, dans l’arrêt R.C.E. 011/PR déboutant la requête en contestation introduite par Vital KAMERHE, la Cour prétend avoir opéré des vérifications des résultats revendiqués par le requérant dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, et déclare que les dites vérifications opérées confirment plutôt des chiffres publiés par la CENI. A cet égard, l’APRODEC asbl fait observer que la Cour a tout simplement fondé sa conviction sur les fiches informatisées qui lui ont été fournies par la CENI laquelle est une partie à la cause, et non sur les procès-verbaux originaux de dépouillement des bureaux de vote !

Plus grave, notre Association souligne que l’arrêt R.E.007 contient des données falsifiées notamment le nombre d’électeurs enrôlés, le nombre de votants, le nombre de bureaux de vote compilés, le taux de participation au vote, ainsi que les scores des candidats. En effet, notre Association a jadis abondamment publié des analyses relatives à l’augmentation anormale du corps électoral en République Démocratique du Congo en 5 ans de législature et partant, la mise en évidence d’un nombre impressionnant d’au moins 3.6 millions d’électeurs fictifs (et votants fictifs) ainsi que l’absence du nettoyage de 3.6 millions de vrais doublons du fichier électoral. Ceci, en se fondant sur le taux d’accroissement annuel moyen de la population générale en République Démocratique du Congo lequel est estimé par le service d’études de la Banque mondiale et l’Institut national des statistiques de la RDC à 3% par an d’une part et d’autre part, sur le rapport partiel publié le 3 août 2011 par la firme belge ZETES relatif à la recherche des doublons dans le fichier électoral congolais. Ainsi, l’APRODEC asbl souligne que le chiffre de 32.024.640 électeurs enrôlés (resté constant depuis la publication par la CENI le 24 juillet 2011 de la dernière note de clôture relative à la révision du fichier électoral, à ce jour) est une falsification grossière du nombre d’électeur réellement enrôlés par la CENI. Ce qui rend illégal le calcul du quotient électoral et la répartition du nombre de sièges à pourvoir au sein des Parlements tant national que provincial.

L’APRODEC asbl rappelle que le Pasteur Daniel NGOY MULUNDA Président de la CENI avait fait état de l’existence de 119.000 doublons criminels dans le fichier électoral (Mais, en réalité ce chiffre est d’au moins 1.3 millions de doublons criminels). Pourtant, la CENI n’a jamais radié un seul des 119.000 doublons criminels du fichier électoral ni engagé des poursuites contre un seul des présumés contrevenants. Dès lors que les 119.000 personnes se sont enrôlés plusieurs fois et possèdent un nombre incalculable de cartes d’électeur, nous pouvons supposer que ces personnes font partie des 3.2 millions d’électeurs ayant voté de manière anarchique sur la fameuse liste des omis.  De ce fait, l’APRODEC asbl ne peut que s’interroger sur le degré de corréité existant entre de la CENI et la Cour Suprême de Justice dans l’exécution de la fraude électorale en faveur de Joseph KABILA et les Députés de sa mouvance politique.

L’APRODEC asbl rappelle que les agents de la CENI ont enrôlé des mineurs d’âge sur toute l’étendue du territoire congolais non seulement en violation de la loi électorale et de la Constitution de la République Démocratique du Congo, mais aussi en violation de la charte et des conventions internationales des droits des enfants.

De ce fait, notre Association estime que le nombre réel d’électeurs (adultes en âge de voter) enrôlés par la CENI et le nombre réel de votants sont respectivement inférieurs à 28 millions et 14 millions d’électeurs. (Cf. Notre blog : http://aprodec.blog4ever.com/blog/index-467504.html )

En conclusion,

L’APRODEC asbl souligne d’une part que l’arrêt RE007 rendu le 16 décembre 2011 par la Cour Suprême de Justice proclamant Joseph KABILA Président de la République Démocratique du Congo a été rendu sans que les 9 autres candidats à l’élection présidentielle ne soient notifiés du contentieux électoral soulevé par le candidat à l’élection présidentielle Vital KAMERHE en violation du précité article 74 ter alinéa 5 de la loi électorale de la République Démocratique du Congo.  D’autre part, les Hauts magistrats de la Cour Suprême de Justice (CSJ) ont sans avoir procéder à la moindre vérification, ont purement et simplement endossé toutes les données électorales et les résultats provisoires tels que proclamés par la CENI alors que ceux-ci contiennent des falsifications grossières et intentionnelle. Ceci, en violation des articles 89, 95 et 96 de la loi électorale de la République Démocratique du Congo lesquels répriment très sévèrement toute  forme de falsification des procès-verbaux des opérations électorales, c’est-à-dire non seulement les opérations de vote proprement dites (…) le dépouillement, la compilation et la publication des résultats provisoires par la Commission électorale nationale indépendante, mais aussi toutes les opérations qui précèdent le vote notamment les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs ainsi que les opérations de nettoyage du fichier électoral.

L’APRODEC asbl conclut que l’arrêt RE007 rendu le 16 décembre 2011 par la Cour Suprême de Justice proclamant Joseph KABILA Président de la République Démocratique du Congo est constitutif de faux en écriture et qu’il viole l’ordre constitutionnel de ce pays conformément à l’article 64 de la Constitution, ainsi que l’ordre public international des pays tiers.  Les magistrats de la CSJ et les 7 membres du bureau de la CENI ont dans le cadre d’une association internationale de malfaiteurs permis à Monsieur Joseph KABILA d’exercer les fonctions de Président de la République Démocratique du Congo en violation de la Constitution et des lois de ce pays.

Pour tous ces motifs, l’APRODEC asbl soutient que les Hauts magistrats de la CSJ sont passibles des poursuites pour leur responsabilité pénale aux titres d’auteur, co-auteur et/ou complice de faux et usage de faux en écriture, d’association internationale de malfaiteurs et de complicité dans l’usurpation de fonctions de Président de la République par Joseph KABILA. En conséquence, l’APRODEC asbl soutient que toute personne physique ou morale qui reconnaîtrait Joseph KABILA comme étant le Président de la République Démocratique du Congo pourrait être poursuivie pour les charges susmentionnées.

Fait à Bruxelles, le 27 avril 2012.

Pour l’APRODEC asbl*,

[Siganture]

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Equateur : Le vice-gouverneur Mokako dénonce l'autocratie de son titulaire

Dans un mémo adressé aux députés provinciaux, le vice-gouverneur de l'Equateur Vincent Mokako fait le bilan de sa gestion pendant les cinq années de la dernière législature.

Tout en faisant son mea culpa pour son immobilisme dont il impute la responsabilité au comportement de son titulaire, Vincent Mokako reconnaît le tort que le gouvernement provincial piloté par Jean Claude Baende a causé à la province.

Il rappelle qu'en avril 2009, ils avaient reproché, avec ses collègues députés, au gouverneur José Makila la mauvaise gestion de la chose publique et plus particulièrement le détournement des fonds de rétrocession destinés aux ETD. Et pour cela, le gouverneur avait subi la sanction extrême : la motion de défiance qui l'avait fait tomber, à la grande satisfaction de ceux qui tiraient les ficelles dans l'ombre et enviaient sa place, précise-t-il, en concluant qu'aujourd'hui la situation est pire qu'à l'époque de Makila.

«En acceptant de quitter avec beaucoup d'hésitation l'assemblée provinciale pour l'exécutif provincial, j'avais la ferme volonté de mettre ma modeste expérience de gestion de la chose publique au service de notre province.

Mais hélas, c'était sans compter avec les intentions réelles de mon colistier dont le véritable mobile était de profiter de sa position de gouverneur, longtemps rêvée, pour se servir gracieusement, foulant ainsi aux pieds les dispositions constitutionnelles et réglementaires, ainsi que les intérêts de la province et de la population, aujourd'hui meurtrie », déclare-t-il, avant de décrire son calvaires. Il dénonce, à cet effet, les méthodes dictatoriales dont l'intimidation, le chantage, trafic d'influence qu'usait son titulaire dans le but d'imposer au sommet de la province l'autocratie à outrance, en lieu et place d'un leadership exemplaire.

Quant à lui, fait-t- il savoir, au lieu d'être le premier collaborateur et le conseiller privilégié, du gouverneur, ce dernier a plutôt fait de lui un adversaire gênant dont il fallait se débarrasser ou mieux pousser à la démission.

Conséquence de la situation, Vincent Mokako renseigne qu'il ne jouissait pas de droits et autres avantages dus à sa fonction. Tout lui était privé.

Et le calvaire ne s'arrête pas là. Des instructions ont été données aux ministres et autres collaborateurs de ne pas approcher ni obéir au vice-gouverneur, sous peine de révocation.

C'est ci qu'il reconnaît que son silence en guise pour sauvegarder la solidarité gouvernementale, est aujourd'hui interprété par les uns comme une faiblesse, et par les autres comme une complicité coupable. C'est qu'il se propose de corriger.

Face à la situation ainsi créée, le vice-gouverneur regrette l'acte commis à l'époque où il fut encore député. A savoir : la motion de défiance à l'endroit de José Makila.

Pour lui, si l'assemblée avait fait des recommandations en guise de corrections de la gestion des affaires au gouverneur Makila, la province ne serait pas là où elle se trouve aujourd'hui. Il conclut en demandant à l'assemblée de prendre ses responsabilités. Car, dit-il, il n'est jamais trop tard pour bien- faire même si on est à l'approche de la fin du mandat.

Dom

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Député invalidé par la CSJ : Baende à la porte de la prison

Le Gouverneur de la province de l'Equateur,  Jean-Claude Baende figure au nombre des députés «nommés» par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) mais qui vient d'invalider la Cour Suprême de Justice. L'homme qui avait fait marcher le Sénat qui enquêtait sur sa gestion se retrouve aujourd'hui comme simple citoyen, sans immunités ni parapluie protecteur. Le verdict de la Cour Suprême de Justice vient d'ouvrir ainsi la voie aux poursuites judiciaires dont il devrait , logiquement faire l'objet, pour avoir commandité des actes de violence à Mbandaka lors des élections législatives du 28 novembre 2011. A cet effet, le Parquet Général de la République pourrait se saisir des accusations articulées contre lui par la CENI lors de la proclamation des résultats provisoires des députés nationaux.

Les observateurs pensent qu'au regard de la loi et de la gravité des faits mis à charge de Jean-Calude Baende par cette institution d'appui à la démocratie, la porte de la prison devrait lui être largement ouverte.

Si la CSJ le veut …

L'échantillon des députés invalidés au niveau de la Cour Suprême de Justice a fait renaître l'espoir au sein de plusieurs familles politiques et biologiques congolaises qui ne cessaient de réclamer la vérité des urnes. Les différentes décisions judiciaires sous examen confirment, sur toute la ligne, tout le mal que l'on disait de la CENI au sujet des tripatouillages des résultats des urnes, des bulletins de vote préalablement cochés, des procès-verbaux méchamment détruits, des plis électoraux volontairement perdus, etc.

Nombre de nos compatriote croient que si la Cour Suprême de Justice le veut, l'invalidation devrait toucher non pas une trentaine de députés mais au moins la moitié de ceux qui siègent actuellement à l'Assemblée Nationale. En effet, les fraudes électorales étaient si massives qu'il ne devrait en être autrement.

Toutefois, la malheureuse Haute Cour a été elle-même placée dans une situation telle qu'il lui est difficile de reconstituer tous les dossiers litigieux, de nombreuses pièces à convictions ayant été dérobées ou détruites.

Qu'à cela ne tienne! La Cour Suprême de Justice mérite d'être encouragée pour avoir apporté à tous ceux qui doutaient de la transparence des scrutins du 28 novembre 2011 les preuves que la CENI avait terriblement gaffé. A ta lumière des échos en province de cette haute juridiction, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda et ses collaborateurs ne devraient pas se sentir fiers d'eux.

C'est une très bonne chose que de punir les candidats députés qui ont « volé » les voix des électeurs. Mais l'oeuvre serait incomplète si les réseaux maffieux de la CENI et leurs commanditaires demeuraient impunis.

Kimp

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Des milices à Kinshasa : Les Congolais à la recherche d'un Etat

Très actives à l'Est et au Nord du pays, les milices sont en train de prendre progressivement pied à Kinshasa. Le ministre de la Justice et Droits Humains, Luzolo Bambi Lessa, qui assume par ailleurs l'intérim au ministère de la Défense, l'a appris à ses dépens le mercredi 25 avril. Ce membre du gouvernement a, en effet, a été défié et humilié par des éléments armés postés dans la concession de Kintambo, dont une portion est présentement envahie par des constructions anarchiques.

Selon des sources proches de son entourage, son « Excellence » était dans une mission d'inspection de ce site loti dans l'anarchie la plus totale. Interdit d'accès par des gardiens armés et en uniforme, il n'a pu faire prévaloir la force de la loi face aux personnes qui se sont engagées dans la spoliation d'un espace public destiné à la construction d'une nouvelle morgue.

La leçon à en tirer dans l'immédiat est que l'Etat reste à reconstruire en République Démocratique du Congo. Car, chaque jour qui passe, de petits roitelets démontrent à tous qu'ils sont plus forts que les ministres, les députés, les sénateurs, les responsables des régies financières et des services spéciaux, les galonnés de l'armée et de la police, etc. Qui aurait pu croire qu'un membre du gouvernement aussi haut perché que Luzolo Bambi Lessa, à la fois ministre de la Justice et de la Défense, pouvait être empêché d'exécuter une mission officielle en pleine capitale ? Qui aurait pu s'imaginer que pareille obstruction viendrait des militaires, dont le haut commandement est censé travailler sous son autorité?

Que dire du sort du commun de citoyen sans pouvoir et sans protection, si un responsable hautement sécurisé et exerçant les pleins pouvoirs de ministre de la Justice et de la Défense est tourné en bourrique par de petits soldats sans titre ni grade ?

 
Un défi qui appelle une réplique …

La témérité avec laquelle des hommes en uniforme et en armes ont fait échec à la tentative du ministre Luzolo de visiter l'espace public spolié de l'Hôpital de Kintambo n'est pas le fait du hasard. Elle est la parfaite illustration de l'inexistence de l'Etat. Des militaires conscients du fait qu'un tel acte de désobéissance allait leur coûter cher ne pouvaient retourner leurs armes contre un dépositaire de l'autorité.

Pour le faire, ils doivent avoir reçu au préalable la garantie que rien ne leur arriverait. D'où, le principal défi que devraient relever non seulement le ministre Luzolo mais l'ensemble du Gouvernement serait de faire savoir aux miliciens basés à l'Hôpital de Kintambo et à leurs protecteurs que l'Etat n'est pas mort. C'est l'occasion ou jamais, pour le ministre de la Justice/Défense et ses collègues de l'Exécutif national, de rappeler à tous que la fameuse politique de tolérance-zéro n'était pas un slogan.

 
A la recherche de l'Etat …

Décidément, l'Etat est très fuyant en République Démocratique du Congo. Ces dernières semaines, sa faillite se fait cruellement sentir dans le domaine foncier et immobilier. En effet, à Kinshasa comme en provinces, des espaces et immeubles publics sont sauvagement spoliés par des inciviques qui n'ont peur de rien ni de personne.

Tirant leur force d'on ne sait où, ils narguent ministres nationaux et provinciaux, gouverneurs de provinces, officiers de l'armée et de la police ainsi que les responsables des services de renseignements.

Des millions de Congolaises et Congolais assistent, impuissants, à l'abattage sauvage des arbres régulateurs de notre écosystème, à la disparition des espaces verts, à la spoliation des immeubles publics.

A cette allure, on ne devrait pas s'étonner de voir, dans les mois et années à venir, des terrains réservés aux hôpitaux, aux aéroports, aux écoles, aux routes d'intérêt national et local, aux universités, aux instituts supérieurs, aux barrages, aux bâtiments de l'administration publique... privatisés par des hors-la-loi jouissant des soutiens inattaquables.


KIMP

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Congo-Kinshasa: Les victimes de Bosco Ntaganda dénoncent les propos de Kabila

Par Emmanuel Chaco

Kinshasa — Les victimes de violations des droits humains commises au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), fustigent le manque de volonté de Joseph Kabila de faire arrêter et juger Bosco Ntanganda accusé de crimes graves et recherché par la Cour pénale internationale.
Dans une série d'interventions récentes à la télévision nationale, le président Kabila a déclaré que «Bosco Ntaganda peut être arrêté et jugé au Nord-Kivu ou n'importe où en RDC», souligne l'ONG 'Haki Zetu' (qui signifie 'Nos droits' en swahili), basée à Kanyabayonga, dans la province du Nord-Kivu.
Plusieurs avocats et organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains ont dénoncé également ces propos du chef de l'Etat congolais, mettant en cause sa volonté de faire arrêter le général Ntanganda, membre du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une milice qui sévit dans cette province depuis 2003.
Le CNDP s'est transformé en mouvement politique depuis 2009 lors de la grande conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Kivu, organisée par le gouvernement et qui a connu la participation de toutes les anciennes rébellions qui avaient sévi dans l'est du pays.
Mais, selon Moreau Shamamba, un habitant de Goma, au Nord-Kivu, le CNDP a gardé une partie de ses troupes en veilleuse, tandis qu'une autre a été affectée au processus d'intégration dans les Forces armées de la RDC (FARDC) et celle-ci a fait défection, rejoignant les éléments qui sont restés dans le maquis depuis fin mars 2012.
Jean Kyatsimba, président de l'ONG 'Haki Zetu', déclare à IPS: «C'est depuis le début du mois d'avril 2012 que le chef de l'Etat congolais n'arrête pas de dire à travers les médias que "Bosco Ntaganda peut être arrêté et jugé au Nord-Kivu ou n'importe où en RDC", oubliant en même temps que le pays ne dispose pas d'une armée capable d'une telle action et que la justice congolaise est très faible».
Mais, sans donner les détails sur la logistique et le nombre, Didier Etumba, chef d'état-major des FARDC, affirme que «grâce à l'engagement personnel du président de la République, l'armée dispose des atouts suffisants pour mettre fin à la situation d'insécurité et aux violations des droits de l'Homme qui ont cours au Nord-Kivu».
Cependant, Kyatsimba, dont l'ONG encadre une cinquantaine de mamans victimes des viols commis par la milice du CNDP, estime que «ni l'armée ni la justice congolaises ne sont capables de protéger les victimes qui viendraient soutenir leurs accusations contre le CNDP. Et toutes ces victimes ont grandement peur des représailles des milices qui agissent souvent sans pitié».
En effet, Ambroise Kahongya, avocat et défenseur des droits de l'Homme à Goma, soutient que «seule la Cour pénale internationale (CPI) qui a déjà lancé un mandat d'arrêt contre Ntaganda est capable d'arrêter ce dernier - grâce aux troupes de la Mission des Nations Unies en collaboration avec les FARDC - et d'offrir une sécurité suffisante aux victimes et témoins qui accepteront de participer à la procédure devant elle».
Selon Kahongya, la CPI n'attend qu'un quitus du gouvernement congolais, pour faire arrêter Ntaganda puisqu'elle a déjà lancé un mandat d'arrêt contre lui.
Jacquie Lugumire, une victime du CNDP, témoigne: «J'ai été violée un soir pendant que je sortais de l'école où j'enseignais dans le quartier de Katindo, à Goma, par un groupe d'hommes armés que je crois appartenir au CNDP. Et depuis, j'ai quitté Goma pour m'installer à Kanyabayonga d'où je ne sors presque pas par peur que mes bourreaux, dont je peux reconnaîetre au moins deux, ne s'attaquent encore à moi».
Pleurant et visiblement révoltée, Lugumire déclare à IPS qu'elle est sûre que ses «agresseurs circulent encore librement sur toute la province pendant que les autorités congolaises gardent le silence ou font des discours démagogiques». Elle ajoute: «Et à Kanyabayonga où se cachent la plupart des milices de Ntaganda, l'armée, la police et la justice sont quasi-inexistantes».
«Et même à Goma où habite ma famille», souligne-t-elle, «Kabila connaîet dans quelles conditions de misère travaillent l'armée, la police et la justice congolaises qui n'ont jamais réussi une seule mission sans l'appui de la Mission des Nations Unies présente en RDC».
A la fin de mars 2012, les anciens membres du CNDP ont fait défection de l'armée régulière, reprochant au président Kabila de n'avoir pas «respecté les accords passés entre lui et le CNDP, relatifs à la réforme de l'armée congolaise».
Dans un mémorandum adressé à Kabila, le 24 mars, dont copie est parvenue à IPS, le CNDP fustige la non création de la «commission militaire mixte devant traiter les questions relatives à l'intégration militaire dans les structures des états-majors, la reconnaissance officielle des grades portés par les militaires du CNDP, ainsi que l'encadrement des militaires, qui étaient pourtant convenus entre Kabila et Ntaganda à Goma, en janvier et mars 2009».
Selon ce mémorandum, le «retrait du CNDP de l'armée congolaise est dû à l'absence de cette commission et au maintien des conditions inhumaines et misérables dans lesquelles vivent les militaires congolais, conséquence des détournements avérés des fonds destinés aux opérations militaires et de l'encadrement des militaires qui vivent comme des indigents».
Entre-temps, des violations graves des droits humains ont quasiment redoublé dans la province depuis la défection des militaires ayant appartenu au CNDP, selon l'ONG 'International Crisis Group'.
Dans un rapport publié le 19 avril, cette ONG affirme: «La mutinerie, orchestrée ces derniers jours par Ntaganda, a pris une tournure qui dépasse la simple question judiciaire. En effet, les récents évènements survenus à Goma, et plus globalement dans les Kivus, sont symptomatiques de problèmes politiques profonds qui persistent depuis de nombreuses années sans être réellement traités».
Ntaganda est accusé de plusieurs violations graves des droits de l'Homme dans l'est de la RDC, et accusé dans un rapport des Nations Unies d'être impliqué dans des réseaux de trafic illégal de ressources naturelles dans le pays.

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28 avril 2012

BENI : L’attaque du camp FARDC/Ozacaf de Beni : Toute la vérité n’a pas été révélée

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C’est la radio Okapi qui a été la première à diffuser l’information sur l’attaque surprise du camp Ozacaf des Fardc en pleine ville de Beni. Voici la version soft diffusée par cette radio de la Monusco et que tous les médias coupagistes ont reprise en chœur sans vouloir vérifier l’information sur terrain :
«   Il était aux alentours de 2 heures du matin, mardi 24 avril, quand un groupe de présumés guerriers Maï-Maï a attaqué le camp militaire Ozacaf, situé en plein centre de la ville de Beni en RDC. Equipés d’armes blanches, de machettes et de lances, ils projetaient sans doute de voler des armes à feu. Les assaillants ont tablé sur l’effet de surprise et sur la terreur qu’ils inspirent. Les Maï-Maï ont la réputation d’être invincibles et sans pitié. Comme tous les camps militaires, celui-ci est peuplé de familles entières, femmes et enfants qui n’ont pas été épargnés. Une femme a été tuée, huit autres blessées et quatre enfants sont grièvement touchés. Un assaillant a été tué, et selon certaines sources, un militaire également. Une fois les assaillants repoussés, les femmes en colère ont brûlé le corps du Maï-Maï tué. Elles ont ensuite défilé en ville avec le corps de leur consœur assassinée. Des barricades ont été érigées, des pierres lancées sur les commerces. »
Pour l’heure nous sommes en mesure de vous confirmer qu’il y a eu effectivement attaque du camp militaire Ozacaf par ces combattants Maï-Maï qui sont embusqués tout autour de Beni et que ces soldats rwandophones  incapables de faire déguerpir pour la simple raison qu’ils ont été déployés dans le Grand-Nord dans le but de protéger les intérêts de Kabila et son mentor : la sécurité des personnes et de leurs biens n’entre pas dans la ligne de leur mission. Il en est de même pour ces touristes du tiers monde asiatique qui arborent cyniquement les bérets bleus des NU en prétendant sécuriser les populations civiles.
 
Par contre, et personne n’ose le dire, il y a eu une opération commando peu avant cette attaque Maï-Maï et la moisson a été plus que fructueuse. En effet, vers 1 heure du matin, un groupe d’une trentaine des vaillants combattants des FDDC (Forces du Droit pour la Défense des Citoyens) ont pu pénétrer les lignes de défense des Fardc rw en neutralisant quelques gardes qui étaient postés et endormis devant le dépôt des munitions du camp Ozacaf. En moins de 45 minutes, un bon stock d’armes et munitions a été volatilisé par ce commando et embarqué dans un camion préparé à cet effet. Cet exploit a été possible grâce au courage des combattants FDDC et surtout l’implication de certains compatriotes Fardc au sein du camp Ozacaf et qui en ont marre de voir ces rwandophones, sans aucune considération pour les congolais, diriger notre armée inféodée au dictat rwandais.
Le lendemain, un autre groupe de combattants FDDC a attaqué des positions Fardc dans la région comprise entre Mambasa et Epulu où ces délinquants s’occupent plus d’exploitation des carrières de Coltan et du braconnage que de la sécurité des populations. Le bilan été très lourd dans les rangs de ces malfrats qui travaillent pour le compte des occupants.
Nous disons merci beaucoup aux combattants FDDC qui occupent de plus en plus d’espace dans la région de Beni et de l’Ituri sous la supervision du Colonel Jacques Kinsiama, colonel Kahasha et la bienveillance de Maître Marie-Thérèse Nlandu, l’icône de l’opposition active contre l’occupant rwandais et ses valets congolais.
Mise en ligne, ce jeudi 26 avril 2012
Jean Mulongo Mbuyu

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27 avril 2012

Crise post-électorale en RDC : Etienne Tshisekedi maintient le cap



La République Démocratique du Congo n’est pas encore sortie de la crise électorale, 5 mois après la tenue des élections présidentielle et législatives, le 28 novembre 2011. En dépit de la mise en place des nouvelles institutions, la fracture sociale et politique est perceptible. Ce décor devient comme une bombe à retardement, un volcan en ébullition prêt à exploser au moment opportun c’est-à-dire si la démocratie s’exerce normalement. Dans l’entre temps, la crise au sommet de l’Etat est évidente malgré le calme apparent qui s’observe dans !e ciel politique congolais. La Présidence de la République bicéphale explique toute complexité de la situation.

Joseph Kabila, proclamé Président de la République par la commission électorale nationale indépendante et la cour suprême de justice, est entrain de gérer la mise en place des nouvelles institutions du pays. Après l’assemblée nationale, le nouveau premier ministre nommé finalise la formation de son gouvernement. A ce titre, le cycle institutionnel devient de plus en plus complet en vue de démarrer cette nouvelle législature en attendant l’organisation d’autres échéances électorales. Etienne Tshisekedi, challenger de Joseph Kabila, s’est, pour sa part, auto proclamé président de la République, contestant automatiquement le pouvoir de son adversaire politique. En cette qualité, il a revendiqué la légitimité et cherche à conquérir l’imperium du pouvoir pour exercer l’effectivité du pouvoir d’Etat. Ses tentatives de prendre possession du fauteuil au palais de la Nation se sont avéré infructueuses à cause de la résistance du pouvoir de Kabila qui a installé un blocus avec les éléments de la police nationale et de la garde Républicaine dans toutes ses voies de sortie, une mise en assignation à résidence surveillée de facto. Depuis lors, c’est le bras de fer, le fort qui impose sa loi.

Etienne Tshisekedi maintient le cap

Avec le train de la mise en place des institutions en marche, rien ne parait arrêter invariablement le schéma politique en cours pour imposer un autre. Tout en maintenant le secret de son action, le Président Kabila se révèle trop sûr de Iui-même, entrain de neutraliser tout ce qui bouge contre son pouvoir. En dépit de la position difficile dans laquelle il se trouve, Tshisekedi ne s’avoue pas vaincu et pour cela, il peaufine ses stratégies pour se maintenir sur la scène politique et faire aboutir son schéma : l’auto proclamation, l’annulation des élections législatives, l’exclusion des députés au nom de son parti et rupture avec ceux des partis politiques alliés de l’opposition. Se considérant le véritable dépositaire du poste de. Président de la République, Etienne Tshisekedi est en voie de se doter d’une nouvelle, plate politique la Majorité Présidentielle Populaire comme machine politique pendant que dans l’opinion circule d’une bouche à l’oreille la nouvelle faisant état de la sortie de son gouvernement en vue de mettre les Kabilistes devant un fait accompli, eux, qui font tourner le regard de toute la nation vers Matata et son gouvernement. S’il convient qu’on ne peut pas vendre la peau de l’ours sans l’avoir tué, dans le duel Kabila Tshisekedi, le dernier n’est pas encore dit.
Le Satellite

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RFI - RDC: défection au sein de la majorité présidentielle

Pourtant pressentie pour obtenir un porte-feuille ministériel, SCOD (Solidarité congolaise pour le développement) n’aura finalement pas attendu la composition du nouveau gouvernement en RDC. Son président, l’ancien ministre Jean-Claude Muyambo, a annoncé ce mercredi 25 avril que le mouvement quittait la majorité présidentielle. Raison invoquée : la non-transparence des résultats aux élections législatives. La Cour suprême de justice avait rejeté la requête en annulation du vote à Lubumbashi, où M. Muyambo pense avoir été élu.

 Avec notre correspondant à Kinshasa

Le président de SCOD accuse la Haute Cour de s’être alignée sur la position de la Céni, qui selon Jean-Claude Muyambo a obéi à des injonctions extérieures pour le disqualifier.

Avant la publication des résultats aux législatives, l’avocat avait déjà dénoncé des manœuvres politiciennes dirigées contre sa personne. Selon lui, le dauphin Augustin Katumba Mwanke, l’éminence grise de la présidence de la République, avait transmis à la Céni une liste de ceux qui devaient être déclarés élus dans le chef-lieu du Katanga, sans tenir compte de la vérité des urnes.

Avec deux députés au Parlement, SCOD espérait tout de même améliorer sa représentativité à l’Assemblée nationale, dans la perspective d’obtenir un poste au gouvernement. Le bâtonnier n’a pas dit si son parti adhérait à l’opposition, ou s’il allait demeurer neutre après son

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26 avril 2012

Pourquoi les Kinois n’aiment pas Joseph Kabila?

Dans un pays où les instituts de sondage manquent, la popularité d’un homme politique pourrait passer par les intentions de vote qu’il récolte. A Kinshasa, en République démocratique du Congo, le président réélu n’est pas aimé.

Les résultats des différents scrutins auxquels s’est présenté Joseph Kabila, réélu

à la présidentielle du 28 novembre dernier, tendent à prouver que le président de la République démocratique du Congo, n’a pas la côte dans les villes de l’Ouest. Surtout à Kinshasa, la capitale, où l’opposition a les faveurs des Kinois.

Selon les résultats publiés par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), à Kinshasa, Joseph Kabila récolte 30,03% de suffrages, Etienne Tshisekedi, candidat de l’opposition, fait 64,09%. A y regarder de près, on se rend compte que le leader de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) vient en tête dans les quatre circonscriptions électorales de la ville province de Kinshasa.

Kinshasa I: 29,14% pour J. Kabila et 64,01% en faveur d’Etienne Tshisekedi. Kinshasa II: Etienne Tshisekedi est largement en tête avec 71,13% et Joseph Kabila, président sortant se contente de 23,32%. Il ne fait pas mieux dans les deux autres circonscriptions, 28,53% à Kinshasa III et 37,37% à Kinshasa IV. Etienne Tshisekedi arrive encore une fois en tête avec respectivement 65,13% et 57,52%.
Désaveu ou désamour?

Au vu des derniers résultats de la présidentielle, on serait tenté de croire que les Kinois n’aiment pas Joseph Kabila. Même en 2006, face à Jean-Pierre Bemba, le candidat de l’opposition de l’époque, le président sortant n’a pas fait mieux dans la capitale Kinshasa, qui lui reste toujours hostile. Au premier tour de la présidentielle du 30 juillet 2006, dans les provinces de l’Ouest, visiblement acquise à l’opposition, il ne dépassera pas la barre des 15%; 14,7% à Kinshasa, dans le Bas-Congo et le Bandundu, il obtient respectivement 13,9% et 2,6%.

Jean-Pierre Bemba son principal opposant obtient 48,30% à Kinshasa. Dans les provinces du Bas-Congo et Bandundu, toujours à l’ouest, le candidat de l’opposition vient en tête avec respectivement 36,2% et 9,6%. Joseph Kabila est plébiscité à l’est du pays avec 94,6% au Sud-Kivu et 89,8% au Maniema. Il glane 70,3% en Province Orientale: 77,7% dans le Nord-Kivu, 78% au Katanga.

Au second tour de la présidentielle qui se déroule le 29 octobre de la même année, les électeurs de Kinshasa ne votent pas en masse pour lui. Joseph Kabila récolte 32% d’intentions de vote contre 68% pour Jean-Pierre Bemba.

«L’aversion contre Joseph Kabila à Kinshasa et dans les villes de l’Ouest pourrait s’expliquer par le fait qu’il n’ait pas appris le lingala (NDLR: langue parlé à Kinshasa), et le fait de n’avoir jamais établi la moindre continuité avec la Conférence nationale souveraine pour laquelle l’Ouest s’était particulièrement engagé.  Elle est persistante et toute fois nuancée par le changement d’adversaire, Jean-Pierre Bemba en 2006 et Etienne Tshisekedi en 2011» , croit savoir Claude Misambo, un analyste politique.

Peter qui aborde dans le même sens estime:

«En plus du fait que Joseph Kabila ne parle pas le lingala, il est rejeté à Kinshasa parce qu’il n’est pas kinois. On ne le comprend pas et il ne sort pas beaucoup dans la ville. On ne le cite pas dans les chansons célèbres (sauf à l'occasion des élections). Il n'honore aucune grande bière de Kinshasa, ni un grand musicien. Ce n’est pas un sapeur. Contrairement au Kinois typique qui est un dilettante, menant une existence sans épaisseur, qui aime l’ambiance et qui n'investit pas dans le temps. C’est une question de mentalité. Et Joseph Kabila est loin de tout ce qui fait la spécificité des Kinois.»
Un parcours atypique

Le Président Joseph Kabila souffrirait aussi de son parcours atypique, auquel les Congolais ne sont pas habitués. 

«Comment quelqu’un dont le parcours scolaire est flou peut-il diriger un grand pays comme le Congo?», s’étonne Willy.

«Les Kinois ne peuvent pas aimer et accepter de se faire diriger par quelqu’un qui n’a jamais assumé des fonctions publique et politique; même pas commissaire de commune. C’est inadmissible», tranche-t-il.

Pour Taky, ce n'est pas seulement Joseph Kabila que l’on rejette, mais aussi tout ceux qui sont dans son entourage et qui travaillent avec lui pour ne rien faire de concret pour l’amélioration des conditions de vie des populations.

Il faut souligner que Joseph Kabila n’est pas le seul, encore moins le premier président de la République démocratique du Congo à être confronté à cette situation. Son père Laurent-Désiré Kabila, avant le fils, a connu le même sort.

«A son arrivée en 1997, le pouvoir AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) a commis beaucoup de fautes, comme le ravissement des biens, des maisons, emprisonnements, discrimination, les soldats ex Faz envoyés à Kitona, etc. Bref, des actions ciblées contre les gens de l'Equateur et les dignitaires du régime Mobutu», explique Claude Misambo.

Il trouvera d’abord grâce aux yeux des Kinois pendant la guerre du 2 août 1998. Il y avait eu un rapprochement idéologique entre Kabila père et la population kinoise qui a vécu pendant trois semaines sans électricité, après la prise du barrage de Inga par le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). La colère des Kinois s’est déversée sur les soldats RCD lors de leur tentative d'entrée à Kinshasa en 1998. A son décès, Kabila père sera considéré comme un héros national, mort pour la nation. Certains le regrettent jusqu’à ce jour.

«S’il était encore en vie, la République démocratique du Congo ne serait pas à ce niveau. Il avait une vision et un idéal pour ce pays. On ne l’a pas compris tôt», confie Franck Kavira, nostalgique.
Accusé d'être un étranger

Entre temps, Joseph Kabila doit faire face à diverses critiques. Certains de ses opposants le traitent d’étrangers. Parmi eux, Honoré Nganda de l’Apareco (Alliance des patriotes pour la reconstruction du Congo): «Hippolyte Kanambe, alias Joseph Kabila est un Rwandais, fils de….»

Un argument qui revient très facilement dans la bouche de ceux qui le combattent et de beaucoup de Kinois. Si son père feu Laurent Désiré, bénéficiait de la reconnaissance de sa nationalité congolaise, son fils doit faire face à des doutes alimentés sur son identité, mais aussi sur sa filiation paternelle.

Comme argument, son frère Etienne Taratibu Kabila, exilé en Afrique du Sud, brandit le fait que «si Laurent Désiré était son père (NDLR: le père de l’actuel président), il aurait tout fait pour que la vérité sur son assassinat soit connue et moi, je ne serais pas en exil».
Kinois rebelles et têtus

Du point de vue de la sociologie politique, les Kinois ont toujours été une population qui ne s’accorde pas avec le président en exercice.

«Le feu-président Mobutu a connu le même sort dans les années 90, au point qu’il a fui Kinshasa pour aller vivre à Gbadolite, son village natal, dans la province de l’Equateur», analyse le professeur Mwayila Tshiyembe.

«Patrice-Emery Lumumba, malgré le succès qu’il avait en province orientale dans les années 60, n’a pas été accueilli à bras ouvert à Kinshasa. Kasa-Vubu, le premier président du Congo a connu le même rejet. Cela peut s’expliquer par le fait que Kinshasa est la capitale de ce pays et que la vie politique y est intense. En plus, les gens y sont éveillés et plus cultivés que ceux des provinces, disons, plus sensibilisés à la chose politique, C’est pour ça que les Kinois sont difficiles à berner», argumente l'universitaire.

Dans cette ville cosmopolite, chacun trouve une raison de détester le président qui vient d’être réélu dans un environnement où l’opposition bénéficie des faveurs d’un large électorat.

Pour ne pas être considéré comme «collabo» en manifestant visiblement son attachement à Joseph Kabila, les soutiens se font de plus en plus rare. Surtout quand est brandi l’argument de la guerre.

«Il est responsable des six millions de morts à l’est du pays et des femmes violées», martèle Philippe.

Difficile dans ces conditions d’afficher publiquement son amour à un président qui traîne une telle image.

Jacques Matand

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De l’holocauste oublié à l’holocauste occulté au Congo-Kinshasa



Le Congo Kinshasa est un pays frappé par un mauvais sort qui ne dit pas son nom.   Créé en 1885 comme une colonie internationale dont la gestion est confiée à Léopold II, Roi des belges, ce pays béni de Dieu a connu deux génocides. Le premier holocauste fut commis par Léopold II sous l’Etat Indépendant du Congo. Il a été oublié. Le deuxième a été perpétré sous la barbe de la communauté internationale. Il est ignoré du grand public. Les capitalistes prédateurs, responsables de ces deux génocides, font tout pour effacer les traces de leur double forfait dans la mémoire collective des Congolais.

Après la traite négrière organisée par les capitalistes européens qui ont fait fortune en Afrique de manière générale et dans le Bassin du Congo, en particulier, les populations congolaises furent victimes d’un système d’exploitation barbare mis en place par Léopold II.

Holocauste oublié

Seul Adam Hochschild a trouvé des mots justes pour révéler au monde ces actes de barbarie. La révélation du journaliste américain est contenue dans un ouvrage de haute facture qu’il a publié sous un titre assez évocateur : «Les fantômes du Roi Léopold, un holocauste oublié».

Intellectuel lucide, ce journaliste a démontré comment le système léopoldien a organisé un génocide des Congolais qui, malheureusement, est  passé inaperçu. Sa démarche s’inscrit dans la droite ligne du journaliste anglais Edmond Morel qui eut, en son temps, le courage de dénoncer les barbaries des agents de l’Etat indépendant du Congo dont Léopold II fut propriétaire mais en même temps gérant des intérêts capitalistes occidentaux.

En effet, pour mettre en valeur le nouvel Etat, les populations congolaises furent réduites à l’état d’esclaves sur leur propre territoire. Abandonnés à la méchanceté des fonctionnaires sans scrupules, les Congolais furent soumis au travail forcé. Bien plus, ils ont travaillé sans recevoir de salaire. Ceux qui osaient résister subissaient la loi de la torture. Cette situation va s’aggraver avec la découverte de l’hévéa, plante qui fournit du caoutchouc utilisé dans la fabrication des pneus. La forte demande de pneu sur le marché international contraignit les agents de Léopold II à augmenter la production du latex.

Conséquence : les souffrances des populations congolaises redoublèrent davantage. Des villages entiers furent décimés, des femmes violées et des enfants faits prisonniers. Tout cela pour contraindre les hommes à travailler pour l’Etat indépendant du Congo de triste mémoire. Les hommes et les femmes qui ne produisaient pas la quantité de caoutchouc demandée par les capitas, virent leurs mains amputées sur instruction de l’autorité coloniale. Bien plus, on séchait ces mains de manière à constituer une preuve auprès des commanditaires. Bilan : plus de dix millions de victimes. Ce fut un génocide. Et le bourreau est connu : Léopold II, Roi des Belges et de l’Etat Indépendant du Congo.

Cependant, une interrogation mérite d’être soulevée. Pourquoi tant des morts sans que justice soit faite ? Pourquoi n’a-t-on pas ouvert un procès contre Léopold II et ses partenaires internationaux ?  En lieu et place, l’Etat Indépendant Congo est annexé à la Belgique et devient Congo-Belge. La stratégie a consisté à effacer les traces et couvrir le crime. Ce travail d’effacement de mémoire fut effectué par des bourreaux étrangers avec la complicité des élites congolaises afin que des générations futures des Congolais ne se souviennent de ce holocauste.

2ème holocauste occulté

Malgré des révélations sur l’holocauste oublié, les populations congolaises continuent à souffrir. C’est comme si elles étaient en train de purger un quelconque châtiment de la Providence. De cette tragédie, il n’est tiré aucune leçon d’histoire, faute de mémoire collective entretenue.  Avec la guerre d’agression du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, pays soutenus par les Anglo-saxons, le Congo a connu un autre génocide. Celui-ci, à la différence de l’holocauste oublié, est carrément occulté. Selon les chiffres bien connus de tout le monde, les deux guerres d’agression ont fait plus 9 millions de morts.  Dans les cinq provinces à l’Est de la République démocratique du Congo, il se trouve un cimentière le plus long de l’histoire du monde. Le sang des Congolais réclame justice.

Si le premier génocide des Congolais est le résultat de l’industrialisation de l’Europe, le deuxième – occulté- reste la conséquence de la révolution technologique, des impératifs de la communication et de la mondialisation capitaliste.  En effet, la guerre des Banyamulenge qui était justifiée pour la nationalité s’est révélée une guerre économique. Les mobiles identitaires avaient comme soubassement la conquête des mines.

A ce sujet, le livre-enquête du journaliste français Christophe Boltanski sous un titre éloquent «Minerais de sang, des esclaves du monde moderne» est assez explicite.  Les guerres à l’Est de la République démocratique du Congo sont des guerres de pillages des mines entretenues par les industries occidentales. Ces guerres de mines ont causé plus de 9 millions de morts.

Dans les médias occidentaux et autres, ce génocide est ignoré. Chose grave, des universitaires canadiens et belges ont même tenté de réduire le nombre de morts en tripotant sur les chiffres. Ils les ont revus à la baisse. Les Canadiens avancent le chiffre de 2.5 millions de morts et laissent entendre qu’il s’agit des décès dus à la misère et d’autres maladies. Quant aux universitaires belges, ils se sont encore pires. Ils parlent de 180 000 décès. Quel cynisme ! Avec du recul, l’on se rend compte que tous ces chiffres sont avancés et soutenus pour occulter le génocide congolais et éviter d’identifier les responsables.

D’ailleurs, tous les rapports des Nations unies ont identifié les sociétés et les gouvernements des pays africains, asiatiques et occidentaux impliqués dans le pillage des ressources naturelles du Congo. Nullement émue, la justice internationale ne s’en est pas saisie. A la place d’un procès, la communauté internationale conseille aux Congolais de négocier avec leurs bourreaux. Ils  mettent en place la Conférence internationale pour la paix dans la région des Grands Lacs, et ressuscitent la communauté des pays des Grands Lacs. Initiatives destinées à effacer les traces de ce deuxième génocide. Curieusement, la plupart des pays occidentaux initiateurs de cette conférence sont ceux dont les entreprises sont impliquées dans les pillages des ressources du Congo et le génocide des Congolais. D’où, leur empressement d’effacer le tableau.

Pourquoi ces deux génocides des Congolais n’ont pas bénéficié d’autant de publicité que celui des Juifs ou des Rwandais ? La réponse est simple : le bourreau est encore masqué et puissant.

Pour le génocide juif, le bourreau est connu : Hitler et le nazisme. Pour le génocide rwandais, ce sont les Interahamwe. Quant aux génocides congolais, les bourreaux sont encore masqués ; ils détiennent des médias, contrôlent les publications et font pression sur les élites congolaises afin qu’elles ne parlent pas. Il s’agit du capitalisme prédateur. Peut-être que quand le rapport de force changera de camp, ces bourreaux seront démasqués et traduits devant la Cour internationale de justice. En tout état de cause, la balle est dans le camp du Congolais. Il doit se prendre en charge et défendre sa cause. Les autres ne le feront pas à sa place.

Freddy Mulumba Kabuayi.

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