14 novembre 2014

Assemblée Nationale: Cette opposition de la honte

palais du peuple

Hier et Aujourd'hui, l'opposition crie au scandale après le rejet de la motion de défiance contre les ministres Kitebi et Musungayi qu'ils accusent des malversations financières. Une autre motion de défiance serait en préparation contre le président de l'Assemblée Nationale, l'auteur même de ce rejet après diverses manoeuvres dilatoires. L'opposition se rend enfin compte de son incapacité d'apporter les changements qu'elle se proposait d'opérer pour faire avancer la démocratie en RDC et prend le peuple à témoin. Une seule solution reste possible: l'arrêt de participation aux sessions parlementaires.

Après le holdup électoral de 2011, le président Etienne Tshisekedi avait  interdit à ses députés nouvellement élus de siéger à l'Assemblée Nationale de Kabila. Il avait, par la même occasion, conseillé aux responsables des partis amis de ne pas y envoyer leurs députés. Mais presque tous n'ont pas suivi ce message. Même ses soi-disants proches comme Samy Badibanga et Roger Lumbala avaient claqué la porte, même s'ils continuaient à réclamer la vérité des urnes, pour siéger avec les tricheurs à l'Assemblée Nationale.

L'opinion se rappellera des propos de Lumbala à l'époque sur le site "congo mikili": " Papa Tshisekedi s'est lui-même proclamé président de la république. Mais nous?" Ils étaient plusieurs sur le net comme dans différents médias à l'avoir traité de tous les maux pour son intransigeance légendaire. Mais à chaque fois, c'est plus tard que les faits donnent raison à Tshisekedi.

Ceux qui avaient à l'époque opté pour la participation à l'Assemblée Nationale prétendaient, bien que largement minoritaires, vouloir apporter le changement à partir de leur lutte au sein de cette institution. On ne  savait pas par quelle magie, ils allaient le faire, surtout face aux membres de la majorité présidentielle bien décidés à diriger le pays par défi. "Nous allons y aller pour mieux les surveiller" ne cessaient-ils d'argumenter. Le 28 novembre prochain, ils totaliseront trois ans au sein de la dite Assemblée Nationale. Nous leur demanderons le bilan de leurs réalisations au sein de cette institution et leur apport positif non seulement à la démocratie, mais aussi au bien-être des Congolais.

Ce qui est vrai, c'est que depuis lors, le peuple assiste à des motions de défiance proposées par l'opposition et rejetées par le président de l'Assemblée Nationale Minaku. On assiste  à des désertions intempestives des séances plénières face à la volonté affichée des Kabilistes de s'opposer aux propositions de l'opposition ou d'opérer des passages en force , le dernier acte étant le rejet de la fameuse motion de défiance contre les ministres Kitebi et Musungayi, les deux accusés pour malversations financières.

C'est aujourd'hui que monsieur Jean Claude Vuemba se rend à l'évidence: ‘‘Il (Etienne Tshisekedi) nous avait dit de ne pas aller à l’assemblée nationale. je lui donne raison aujourd’hui’’. propos recueillis dans l'article du site 7sur7 "La tricherie de Mwando dénoncée par l'opposant Jean Claude Vuemba" du 13.11.2014. 

Messieurs, il n'est jamais trop tard de rectifier le tir. Nous vous demandons d'abandonner ce parlement à Kabila et ses thuriféraires. Seuls, ils ne pourront rien faire, la crise étant déjà très profonde. Mais rester dans cette aventure comme vous le faites, c'est leur accorder une légitimité qu'ils ne méritent pas. Comprenez-le une fois pour toutes! L'heure viendra où le peuple vous chassera, et eux et vous, comme au Burkina Faso!

Lumbamba Kanyiki

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13 novembre 2014

Les anciens combattants congolais pour la reconnaissance de leurs mérites

A l’occasion du centenaire de la première guerre mondiale : Les anciens combattants congolais pour la reconnaissance de leurs mérites

anciens combattants

Les militaires congolais ayant combattu lors de la première et la seconde guerre mondiale (1914-1918) et (1940-1945) autrement nommés anciens combattants, regroupés au sein de l’union nationale des anciens combattants du Congo, Unaco en sigle, étaient à l’honneur hier mardi 11 novembre 2014.
Ils ont célébré, dans leur cadre nommé » Maison des anciens combattants » le centenaire de la première guerre mondiale. Contrairement à d’autres anniversaires, celle d’hier a revêtu un cachet spécial dans la mesure où il s’est agi du centenaire du début de la première guerre mondiale.
La cérémonie a été présidée par le commandant de la XIVe région militaire le général Bombele. Ont rehaussé de leurs présences cette cérémonie, le représentant du vice premier ministre et ministre de la défense nationale la générale Nsasa, des ambassadeurs et chefs de mission diplomatique, le représentant du président de l’Assemblée nationale, le commandant de la XIVe région militaire des FARDC, le commandant de la police nationale congolaise, le bourgmestre de la commune de Kasa-Vubu, et de nombreux invités.

Après le traditionnel mot de bienvenu prononcé par le représentant du secrétaire général aux anciens combattants, le représentant du ministre de la défense nationale a reconnu le fait que les anciens combattants ont énormément contribué au retour de la paix à travers le monde lors de la première et la seconde guerre mondiale. Le président de l’Unaco, Albert Kunyuku Ngoma encore alerte quoiqu’avancé en âge, s’en est prévalu tout en reconnaissant que les deux conflits armés étaient particulièrement meurtriers. Pas mal de vies humaines ont été fauchées.

Le président de l’unaco ne s’est cependant pas empêché de se poser la question de savoir comment la RDC s’est retrouvée dans une guerre qui ne le concernait pas ? Et pourtant, au moment où éclate la première guerre mondiale, le gouvernement belge ne disposait pas au Congo d’une armée de sa politique. La force publique » FP) ne comptait que quelques effectifs éparpillés sur l’ensemble du territoire pour y assurer l’occupation et la protection.
De ce fait, elle n’était pas équipée pour affronter des troupes africaines armées à l’européenne telles que les troupes des Zimmermans au Cameroun ou celles de Von Letton dans l’Est africain germanique.

L’histoire retient qu’en septembre 1914, soit un mois après l’éclatement de la guerre, la FP s’engage dans la campagne du Cameroun aux côtés des troupes française et anglaise.
Les troupes congolaises se comportaient dignement à la satisfaction du commandement français, a reconnu le président de l’Unaco et le 1/1/1916 la campagne se termine par la chute de Yaoundé suivi du repli des troupes allemandes en Guinée espagnole. Une fois que le contingent congolais a regagné le pays, il était désormais question de réorganiser la FP en lui assignant un caractère défensif.

La FP se vit alors assigner la double mission d’assurer l’occupation du territoire et le maintien de la tranquillité et de l’ordre public d’une part, la défense du territoire d’autre part.
Se remémorant des sacrifices énormes consentis par les troupes congolaises dont beaucoup sont tombés sur le champ de bataille, le président de l’unaco a sollicité des gouvernements belge et congolais d’honorer la mémoire des soldats congolais tombés avec honneur au front pendant les deux guerres et d’octroyer la prime de guerre à tous ceux encore en vie à l’instar d’autres pays, de leur assurer des soins médicaux et des moyens de déplacements sans laisser de côté d’autres avantages. En dépit de l’âge avancé, les anciens combattants conservent encore des réflexes de combattants aguerris, ils l’ont prouvé hier.
Par G.O

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07 novembre 2014

Mokia, le Burkina-Faso un cas d’école

mokia

Gabriel Mokia a, dans une interview accordée au bihebdomadaire
C-NEWS, exprimé sa lecture des faits sur tous sujets d’actualité à savoir: la démission du Président Blaise Comparore, la motion de défiance de Ministre délégué aux finances Patrice Kitebi, le dialogue
en perspectives, les massacres de Beni au Nord-Kivu et les conflits
Mende et Diongo. L’intraitable figure de l’opposition n’a pas sa langue en poche pour désigner chaque chose à des termes appropriés.
Gabriel Mokia, quel est votre lecture par rapport à la démission du Président
Blaise Compaoré?
Un cas d’école et d’inspiration pour un peuple devenu mature pour comprendre les jeux politiques mensongers
des dirigeants africains
qui ne comprennent qu’en retard. Le message et la bravoure Burkinabais est éloquent pour servir au RD-Congolais d’exemple. Si pour un peuple qualifié des intègres dont la misère n’ont pas d’égale à celle de la RDC, ils n’ont pas manqué d’exprimer leur ral bol de voir un président cherche à tous prix s’éterniser au pouvoir.
Et combien à plus forte raison les RD-Congolais qui ont avalés l’humiliation de la misère. Ça sera spectaculaire.
Qu’en dites-vous de la réplique
de Claude Mashala sur le sit-in à deux sens?
C’est une réflexion de l’ivresse au pouvoir. Et c’est normal. D’ailleurs pour moi je connais les RD-Congolais apparemment doux et très doux même mais une fois piqués par le virus de la révolution, ce peuple est insaisissable.
Que Mashala et sa famille politique persistent
à ce projet de la révision
de la constitution, un proche avenir nous dira qui avait prédit la vérité, encore face à l’ouragan populaire, Mashala constatera que ceux qui seront avec eux le jour même ils vont rejoindre
le camp de patriotes et des résistants. Réfléchissons
ensemble, vous pensez que les députés Burkinabais n’avaient pas de base mais plutôt ce sont les mêmes électeurs qui se sont transformés
aux résistants antirévisionnistes.
A Beni, nous apprenons une tension de soulèvement
contre les institutions
suite aux différents massacres perpétrés par les ADF NALU. Votre lecture?
Cette tension de soulèvement
est le début de tout que Mashala peut minimiser. Ce sont des signes précurseurs
de l’ombre des événements
à venir. Nos frères et soeurs Congolais sont égorgés,
violés sans les moindres représailles de nos Institutions.
Ça s’appelle absence
de l’autorité de l’Etat mais reconnaissons qu’ils sont forts s’il faut réprimer les différentes marches de l’opposition et faire arrêter les innocents journalistes pour avoir fait leur travail.
A l’Assemblée nationale sauf imprévu c’est le lundi
10 Novembre 2014 que Patrice Kitebi sera devant
les députés nationaux
pour se justifier sur l’affaire de 207 millions CDF détournés du budget de l’opposition. Comment réagissez-vous ?
Je me demande si on peut encore parler de l’opposition au parlement au regard de tout ce que nous entendons et lisons à la presse.
C’est regrettable pour moi Mokia, nous ne pouvons même plus parler de motion
de défiance mais il faut le considérer comme étant des motions beefsteak. Ces sont des occasions où les députés saisissent pour remplir leurs poches moyennant
un retrait de signature
ou une apposition de signature. Kitebi devant les députés, pour moi c’est rien de nouveau. C’est un film connu d’avance. Bref, c’est un groupe des affairistes qui sont dans cet hémicycle.
Est-ce de l’extrémisme de rejeter ceux qui sont avec vous ?
Non, soyons clairs entre nous. Ils ont un créneau par excellence pour que le peuple
constate qu’au parlement nous avons une opposition à la hauteur de nos attentes et non des businessmans. Les conflits Diongo et Mende est un problème entre Tetela. Ceux de la savane et ceux de la forêt ne le confondons pas avec les objectifs politiques.
Pour vous fixer, il a aussi leur frère Olenga nkoyi qui lui a rallié son frère Mende pour s’opposer au camp de Diongo. Les problèmes des attaques de la paroisse de Lodja n’ont rien avoir avec leur conflit d’antan. Par réflexe
de protéger leur base électoral chacun tire le drap dans son côté. C’est la majorité présidentielle qui voulait contrer l’Eglise Catholique dans sa démarche
antirévisionniste.
Vous faites partie du front populaire contre la révision et voulez-vous participer au gouvernement
de cohésion nationale.
Mais, c’est contradictoire
?
Sachez que Mokia n’attend rien de ce gouvernement national. Depuis quand les concertations nationales ont pris fin? Qu’avez-vous fait de toutes les recommandations issues de ces assises? Moi, Mokia, je suis dans le front populaire pas pour accéder aux institutions de la République.
Si certains poursuivent
ce genre d’objectifs, ils sont libres mais il ne faut pas compter sur Mokia dans cette démarche. Il ne faut aller se mêler dans leur marmite, laissé les bouffer eux même.
Curieusement, vous vous opposez encore à Léon Kengo, l’autorité morale de l’opposition républicaine
qui se montre antirévisionniste
de la constitution?
Monsieur le journaliste, je vous vois venir. Si les anciens membres de l’opposition républicaine commencent à rentrer en coulisses chez Kengo dans la perceptive de ce prochain gouvernement, il n’en est pas pour Mokia.
gerard lemba

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03 novembre 2014

Quand la France ne voulait pas de noirs libres

Gilles Milecan Publié le lundi 03 novembre 2014

International

C’était avant Trafalgar, avant Bérézina, avant Waterloo. C’était à Vertières, Haïti. Méconnue, la bataille qui opposa les troupes napoléonniennes aux indépendantistes haïtiens est pourtant la première des grandes défaites de l’armée du Premier empire. Pourquoi donc n’en parle-t-on jamais ? C’est la question à laquelle répond, de manière convaincante, Jean-Pierre Le Glaunec.

Le 18 novembre 1803, 1789 est encore vif dans les esprits. La Révolution a durablement imprégné les esprits de ce qui est alors "la perle des Antilles". Avec 700 plantations de sucre et 3 000 de café à son apogée, Haïti compte 500 000 esclaves peinant (le mot est faible) sous le joug de 30 000 Blancs et autant de "gens de couleur libres".

Ces derniers réclament l’égalité des droits. Les "grands Blancs" saisissent l’occasion pour plaider en faveur d’une autonomie politique mais aussi et surtout économique. Ils aimeraient commercer avec la jeune Amérique, toute proche, sans avoir à passer par Nantes ou Bordeaux. Les esclaves, enfin, se révoltent. Les troubles aboutissent, en 1793, à l’abolition de l’esclavage sur l’île.

Après une période d’accalmie ramenée par Toussaint Louverture, la constitution autonomiste promulguée par le gouverneur général remet le feu aux poudres. En décembre 1801, l’Empire envoie 30 000 hommes rétablir l’ordre, l’autorité de la France et… l’esclavage. Les combats sont d’une violence inouïe, les atrocités commises, y compris en dehors des batailles, innombrables.

Bientôt, les Français sont conscrits dans la ville de Cap Français (aujourd’hui Cap Haïtien, au nord de l’île), surnommée le "Paris des Antilles" en raison de la richesse de sa vie culturelle. Le 18 novembre 1803, ils livrent bataille autour de la ferme fortifiée de Vertières. Ils sont battus. Le général Rochambeau négociera dix jours pour faire quitter le pays à ce qu’il reste de ses troupes.

Pas de manichéisme

Au-delà du récit très documenté de la bataille, de ce qui y a mené et de ce qu’il en est advenu, Jean-Pierre Le Glaunec détaille les raisons pour lesquelles cet événement inédit, la victoire d’une armée noire sur une puissance colonisatrice, ne s’est jamais inscrite sur les tablettes de l’Histoire, ni en France, ni en Haïti. Sans tomber dans le manichéisme ni succomber à la tentation du règlement de compte par mémoires interposées, le professeur de l’université de Sherbrooke porte la plume dans les plaies.

Car si personne ne se vante de ses défaites, il est moins évident encore de reconnaître de malsaines motivations, d’évidentes traces de sauvagerie, voire de déceler une tentation génocidaire.

De tels constats se retrouvent du côté de l’armée de libération. Bien que les motivations soient, naturellement, différentes, les comportements n’en sont pas moins abominables. En Haïti, les raisons de l’effacement du 17 novembre des mémoires ne prennent pas leurs racines dans la honte, mais dans les luttes pour le pouvoir qui animèrent les vainqueurs, dans l’absence de programme scolaire national intégrant l’histoire du pays et dans, ce qui est sans doute la plus affligeante des causes, la volonté de certaines élites haïtiennes d’atténuer les volontés d’émancipations et maintenir les populations asservies, fut-ce dans des liens plus avouables que l’esclavagisme.

"L’armée indigène. La défaite de Napoléon en Haïti", Jean-Pierre Le Glaunec, éd. Lux, 288 p., env. 18 €. Préface de Lyonel Trouillot.

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31 octobre 2014

Kamerhe : ‘‘Finis les présidents providentiels en Afrique’’

Kamerhe

(KINSHASA)- Le leader de l’Union pour la nation congolaise, Vital Kamerhe a indiqué que l’époque des présidents providentiels est terminée en Afrique. Il réagissait à l’ébullition burkinabée qui a déracinée le pouvoir de Campaoré. Pour lui, le temps est venu où le peuple africain a compris qu’il faut prendre son destin en main face à des gens qui veulent s’éterniser au pouvoir. Le leader de l’Unc espère que ceux qui sont encore dans cette logique, vont renoncer. Il appelle la classe politique et le peuple congolais à s’inspirer de l’exemple burkinabé pour défier le totalitarisme.

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Burkina-Faso Une léçon pour le regime

kabBurkina

Personne ne pouvait prévoir la chute du président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, hier jeudi 30 octobre20 14. Le tombeur de Thomas Sankara est placé en résidence sur­veillée dépuis hier soir. Desormais, le Burkina-Faso est dirigé par le Chef d’Etat major de l’Armée, le Général Kouame Longe après un consensus avec l’opposition. Pas plus que personne ne pouvait penser que les burkin­abés, près d’un million d’entre eux, répond­rait mardi dernier à l’appel de l’Opposition pour faire échec à la présidence à vie que se concoctait tout bon­nement Blaise Com­paoré. Lui qui se croyait plus malin que le peuple en jouant à la prolon­gation de son bail à la tête de l’Etat, à coup de révisions constitution­nelles sous le regard complice d’un Parle­ment des godillots, a été surpris par la marée humaine. Tôt ou tard l’Histoire elle-même se charge de régler son compte à ses tyrans qui confondent l’Etat à leur personne. L’Histoire triomphe toujours de la fourberie politique des hommes d’Etats, sur­tout africains, dont la pathologie commune est de se maintenir au pouvoir jusqu’à leur mort. Le soulèvement populaire des burkin­abés est une véritable bouée d’oxygène dé­mocratique dans cette Afrique étouffée par des dictateurs.

Un mani­festant sur France 24, a dit que « cela serve de leçons à toute l’Afrique ». En tous les cas, les burkinabés ont rendu les africains fiers par leur bravoure en faisant échec aux projets de ces pseudos démocrates qui considèrent que le fauteuil présidentiel leur revient de droit. Blaise Compaoré a beau évoqué la « légalité », mais le peuple ne l’a pas suivi. Son parlement qui s’apprêtait a modifié la Constitution pour lui of­frir un autre mandat, a été pillé par le peuple. Une leçon pour Minaku qui passe aujourd’hui pour un dur à cuir dans la Kabilie. Le parlement burkinabé, dépassé par les évènements, s’est vite fendu d’un com­muniqué annonçant l’ajournement de la révi­sion de la Constitution suivi de la mise en place de l’Etat d’urgence et de la démission du gou­vernement. Trop tard le train de l’Histoire était déjà en marche.

Et il balaie tout sur son pas­sage. Tous les minis­tres et thuriféraires du pouvoir se sont terrés. Une autre leçon pour les chefs d’Etats qui doivent se méfier des courtisans qui s’enfuient aussitôt que la situation dérape. Une leçon aussi pour Olivier Kamitatu, cadre de la Majorité présiden­tielle, qui avait pris une position forte anti révi­sion à partir de Oua­gadougou où il a avait dit « qu’il ne fallait pas changer la Constitution pour le destin d’un hom­me ». Ses amis burkin­abés ont matérialisé leur conviction alors que lui reste muet dans le dé­bat constitutionnel qui agite la RD-Congo actu­ellement. Par manque de courage politique, le président de l’ARC s’est tu. Blaise Compaoré était tellement obnubilé par le pouvoir qu’il n’a pas suivi les conseils de la Communauté inter­nationale. Le président français François Hol­lande lui avait écrit pour l’encourager à ne pas modifier la Constitution, il ne l’a pas écouté non plus. A Kabila enfin de tirer toutes les leçons qui s’imposent sur le sort réservé à Blaise Compaoré. La Com­munauté nationale et internationale exhorte le Raïs au respect de la Constitution. Entendra-t-il la voix de la raison ? L’avenir nous le dira !

En prenant d’assaut l’Assemblée nationale, jeudi matin, à Ouagadougou, les manifestants ont eu raison du vote du projet de loi sur la modification de la Constitu­tion burkinabè, qui doit per­mettre à Blaise Compaoré de se présenter à la prési­dentielle de 2015. Depuis la situation a dégénéré. Après plusieurs heures de tracta­tions, le chef de l’État a an­noncé la dissolution du gou­vernement et décrété l’état de siège. Le Burkina Faso vit des heures sous haute tension. Alors que les 127 députés de l’Assemblée na­tionale devaient se pronon­cer, jeudi 30 octobre, sur le projet gouvernemental de révision de la Constitution, qui doit permettre à Blaise Compaoré de se présenter à la présidentielle de 2015, des manifestants ont pris d’assaut l’Assemblée nation­ale. Après plusieurs heures de tractations, le chef de l’État a annoncé la dissolu­tion du gouvernement et décrété l’état de siège

Jeuneafrique.com

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30 octobre 2014

Chute de Blaise Compaoré : un jeudi historique pour le Burkina et l'Afrique

 

Ecrivain et journaliste

le peuple dans la rue

Il y a une dizaine de jours, le gouvernement du Burkina Faso annonçait un référendum en vue d'une modification de la Constitution. L'objectif en était de lever le verrou de l'article 37 qui limitait la possibilité de se présenter à la fonction suprême à deux mandats.

En Afrique et dans ce pays en l'occurrence, la constitution avait deja été modifiée pour assurer à Blaise Compaoré son éternité à la tête de son pays. Tous les pays d'Afrique centrale sont passés par là. Le "traficotage" de leurs constitutions. Au Cameroun, les modifications du président Paul Biya sont passées comme une lettre à la poste malgré des protestations virulentes quant à leur (il)légalité.

Le peuple burkinabé a fixé son agenda à l'armée en poussant Blaise Compaoré dans ses derniers retranchements. La rue a impulsé son opposition en investissant le parlement. Une chose est acquise, Blaise Compaoré ne sera pas le prochain président burkinabé.

C'est une révolution qui en appelle d'autres, y compris au Cameroun où se passent actuellement des choses d'une extrême gravité et une situation sécuritaire tendue qui autorise tous les abus.

27 ans après le coup d'Etat qui a arraché à l'Afrique Thomas Sankara, l'Afrique est heureuse de retrouver en ce peuple d'"hommes intègres" un peuple d'hommes debout qui ne se laissent pas infiniment marcher dessus.

Ce mouvement ne se circonscrira pas au Burkina Faso, c'est le pari que nous prenons en ce saint jeudi, historique, où l'on voit Thomas Sankara et le journaliste Norbert Zongo ressusciter en toute une nation.

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29 octobre 2014

Kabila, cartes sur table

KABILA, A FRANCOIS SOUDAN EN 2007: « Mais Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter » / JEUNE AFRIQUE, FRANCOIS SOUDAN

kabila constiution


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17 octobre 2014

Révision ou changement de la Constitution, budget antisocial, traque des opposants… : Les Fac disent « assez »

martin

Martin Fayulu rappelle les trois épisodes dans lesquels Joseph Kabila avait promis de ne jamais toucher à la loi fondamentale, et conditionne le dialogue à certains préalables

La situation en République démocratique du Congo étant grave, la problématique de l’insécurité généralisée, la Majorité présidentielle décidée à confisquer le pouvoir au-delà du délai légal, un budget antisocial, les opposants toujours traqués… les Forces acquises au changement (Fac) que coordonne le député national Martin Fayulu, au nom du peuple congolais, disent » assez « .

Ce, pour l’intérêt supérieur de la nation. C’était lors d’une importante conférence de presse tenue hier jeudi 16 octobre à la paroisse Notre Dame de Fatima, devenue un lieu mythique où s’écrit désormais l’histoire politique de la RD Congo, particulièrement celle de l’Opposition congolaise.

Constitution : des promesses non tenues
A en croire Martin Fayulu, depuis son discours d’investiture du 6 décembre 2006, Joseph Kabila s’est prononcé au moins trois fois sur la question de la révision constitutionnelle.

Le 6 décembre 2007, lors de son discours sur l’état de la nation, rappelle ce député national, Kabila avait affirmé que » je ne peux en finir avec les réformes juridiques sans nous mettre tous en garde contre la tentative de vouloir régler tout dysfonctionnement éventuel des institutions par une révision constitutionnelle.

En principe, la loi fondamentale d’un pays ne devrait être modifiée qu’en cas d’extrême nécessité, et uniquement dans l’intérêt supérieur de la nation « .

Le 7 décembre 2009, il a dit que » ma position sur la problématique de la révision constitutionnelle est connue, et elle n’a pas varié… « .

Malheureusement, constate Fayulu Madidi, en janvier 2011, la mouvance kabiliste avait initié et opéré une révision intempestive de la Constitution qui a désarticulé les équilibres et rationalités qu’elle a institués. De plus, à la clôture des concertations dites nationales, le 23 octobre 2013, Kabila a rassuré que » je suis pour le respect par tous de l’esprit et de la lettre de la Constitution de la République dans son ensemble, telle qu’adoptée par le référendum populaire en 2005 « .

Malheureusement, c’est son gouvernement qui initie encore aujourd’hui un projet de révision constitutionnelle déposé à l’Assemblée nationale. » Comment peut-on lui faire confiance ? » se demande le coordonnateur des Forces acquises au changement.

Concertations nationales : un fiasco !

Les Fac rappellent qu’elles étaient le premier regroupement politique à tirer la sonnette d’alarme en avertissant que les délégués aux concertations préparaient un coup d’Etat institutionnel.

Un an après, constate Fayulu, la désillusion a gagné tous ceux qui y avaient pris part. Certains » opposants » regrettent amèrement d’avoir accompagné la mouvance kabiliste dans cette aventure. Les plus courageux n’hésitent pas de crier que c’était un marché des dupes.

La recherche de cohésion nationale s’est transformée en » implosion nationale « . Plus de 750 recommandations demeurent suspendues, outre l’exploit d’amnistier les criminels du M23.

Insécurité généralisée

Pendant que, du haut de la tribune des Nations Unies lors de sa 69ème Assemblée ordinaire, Joseph Kabila déclarait que la Rdc est un pays » debout « , au Katanga, les Maï-Maï et les Bakata Katanga continuaient de sévir, les FDLR opéraient encore au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les Raia Mutomboki reprenaient le contrôle de plusieurs localités, la LRA en Province Orientale et les ADF à Beni poursuivaient sans désemparer leurs activités négatives, un bataillon de l’armée burundaise était sur le territoire congolais, le M23 se reconstituait pour relancer les assauts, les Seleka et les Anti-Balaka faisaient régulièrement des incursions à Zongo, commettant ainsi des exactions.

Encore un budget antisocial

Un projet de budget pour l’exercice 2015 évalué à 9 milliards de dollars pour un pays de 73 millions d’habitants, ne peut être qualifié que d’antisocial.

L’Angola qui a une population trois fois moins que la RDC, exécute un budget huit fois plus que celui du gouvernement Matata, soit 70 milliards de dollars. L’enveloppe réservée à l’agriculture n’atteint même pas 5%, ce qui constitue une crainte pour le social des Congolais. Pour les Forces acquises au changement, avec un tel budget, la RDC ne sera pas en mesure de répondre aux objectifs du millénaire en 2015 tel que recommandé par l’Unesco.

Dialogue : des préalables s’imposent

Les Fac en appellent à l’ONU, aux USA, à l’UE et à l’UA de s’impliquer urgemment et efficacement afin de faciliter ce dialogue. Ce, dans l’application de l’article 64 de la Constitution, de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et de la résolution 2098 des Nations Unies. Mais avant cela, ce regroupement politique fixe l’opinion tant nationale qu’internationale sur certains préalables.

Il s’agit de la résolution de la crise de légitimité, la restauration de la CENI, l’audit du fichier électoral, le calendrier global des élections et l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Adds-Abeba.

Dans l’entendement des Fac, il ne sera pas question, lors ou à l’issue de ce dialogue, de réviser ou de changer la Constitution actuelle, ou de mettre en place un gouvernement d’union ou de cohésion nationale, encore moins de transition.

Pour cette plate-forme, il faut, à tout prix, organiser les élections présidentielle et législatives trois mois avant l’échéance normale, conformément à la Constitution. Pas question d’aller dans le sens d’un glissement au-delà de 2016, préviennent les Fac.

Libérer Eugène Diomi Ndongala et JB Ewanga

Selon Martin Fayulu et sa plate-forme politique, deux cas sérieux de l’insécurité dans laquelle se trouvent les opposants en RDC, mettent en lumière l’instrumentalisation de la justice. Il s’agit des condamnations d’Eugène Diomi Ndongala et de Jean-Baptiste Ewanga. » En un mot, nos deux compatriotes sont séquestrés sans motif « , estime l’orateur.

Opposition : pas de porte-parole sans la résolution de crise de légitimité

Pour les Fac, aussi longtemps qu’on n’aura pas résolu la question de la crise de légitimité née des élections » chaotiques » du 28 novembre 2011, elles considéreront les auteurs et participants à cette initiative comme complices de la » légitimation » de l’imposture.

Il faut signaler que les Forces acquises au changement étaient représentées à cette conférence de presse par bien de partis et personnalités politiques dont Anzuluni Bembe, prof Kalele, Jacques Chalupa, le député national Fabrice Puela, Christopher Ngoy de la Société civile de la Rd Congo…, en dehors du coordonateur Martin Fayulu, président national de l’Ecidé.

Par Lefils Matady & Julie Muadi

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16 octobre 2014

Lodja : le film de l’horreur

vsv

C’est un travail remarquable que vient de réaliser, en l’espace de 72 heures, la Voix des Sans Voix au sujet des  graves incidents survenus dimanche à Lodja.  La lecture des éléments rendus publics par la VsV permet de mieux saisir la colère qui anime aujourd’hui les Evêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo. C’est de la barbarie d’un autre âge, perpétrée par des individus parfaitement  identifiés et complètement étrangers à l’Eglise catholique romaine. Ces hommes, tous membres de la Majorité Présidentielle,   ont agressé physiquement des prêtres et des religieuses, leur infligeant des blessures insupportables.  Ils ont agi ainsi, révèle la VsV, parce qu’ils sont sûrs de ne jamais être inquiétés. Alors, qu’il y ait des blessés ou des morts sur leur route, ce ne sont que des victimes collatérales, sans conséquences, croient-ils.

 Dans son communiqué n°045/RDC/VSV/CE/2014, l’organisation de défense des droits humains se montre très précise. Elle relate que « ces actes de violence ont été perpétrés par une dizaine de militants conduits par messieurs Boniface Diumu, Papy Okando et Onema ». L’incident, poursuit la VsV, « a eu lieu après la messe célébrée dimanche 12 octobre 2014 par monsieur l’Abbé Pascal Djongelo, curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, située à environ 6 km de la cité de Lodja au cours de laquelle il a lu la lettre des évêques catholiques, membres de la Cenco, adressée aux fidèles catholiques et aux hommes et femmes de bonne volonté de la RDCongo relative à leur opposition à toute révision constitutionnelle . Pendant la messe, M. l’Abbé Pascal Djongelo avait aperçu, dans l’église, M. Boniface Diumu qui n’est pas chrétien de cette paroisse. A la sortie de l’église, M.Boniface Diumu a été aperçu de nouveau effectuant des va-et-vient entre l’église et le groupe de jeunes motocyclistes stationnés, avec leurs motos, en face de l’église. Après le départ des chrétiens venus assister à la messe, MM. Boniface Diumu, Onema et Papy Okangado avec leur bande ont pris d’assaut le presbytère de M. l’Abbé Pascal Djongelo. M.Diumu a pris directement la parole pour annoncer au curé qu’ils étaient venus demander pourquoi il avait parlé de la politique dans l’église ».

« A la même occasion, M.Boniface Diumu a signifié à l’Abbé l’interdiction de ne plus faire allusion à la politique prochainement».

 Alors qu’il voulait répondre à cette injonction, M. l’Abbé Pascal Djongelo a été subitement agressé par M. Onema qui lui a lancé un tabouret. C’était le début d’un long calvaire car Boniface Diumu et les autres membres de la bande se sont aussitôt rués sur le curé qu’ils ont tabassé copieusement,ne l’abandonnant qu’après lui avoir fracturé la jambe droite et infligé des blessures à la tête et aux épaules.  Si le prêtre est encore en vie, affirment des témoins, c’est grâce au mouvement des fidèles alertés et qui arrivaient en masse pour le secourir.

« Pendant l’opération de vandalisme, le groupe s’est introduit dans le ;presbytère où il a brisé les fenêtres et cassé de nombreux objets».

 Un deuxième religieux, l’Abbé Loleke a échappé de justesse au lynchage. Il avait réussi de justesse à se mettre au vert, juste au moment où la bande de barbares s’attaquait au couvent des religieuses de Saint François d’Assise où elle a détruit les panneaux solaires et attaqué les religieuses dont la sœur Kélène Komba, préfet des études d’un lycée, copieusement tabassée et actuellement dans un état critique.  Les barbares, affirme la VsV, ont quitté les lieux « en promettant de faire couler le sang ».

L.P.

Posté par lumbamba à 13:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]