29 octobre 2014

Kabila, cartes sur table

KABILA, A FRANCOIS SOUDAN EN 2007: « Mais Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter » / JEUNE AFRIQUE, FRANCOIS SOUDAN

kabila constiution


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17 octobre 2014

Révision ou changement de la Constitution, budget antisocial, traque des opposants… : Les Fac disent « assez »

martin

Martin Fayulu rappelle les trois épisodes dans lesquels Joseph Kabila avait promis de ne jamais toucher à la loi fondamentale, et conditionne le dialogue à certains préalables

La situation en République démocratique du Congo étant grave, la problématique de l’insécurité généralisée, la Majorité présidentielle décidée à confisquer le pouvoir au-delà du délai légal, un budget antisocial, les opposants toujours traqués… les Forces acquises au changement (Fac) que coordonne le député national Martin Fayulu, au nom du peuple congolais, disent » assez « .

Ce, pour l’intérêt supérieur de la nation. C’était lors d’une importante conférence de presse tenue hier jeudi 16 octobre à la paroisse Notre Dame de Fatima, devenue un lieu mythique où s’écrit désormais l’histoire politique de la RD Congo, particulièrement celle de l’Opposition congolaise.

Constitution : des promesses non tenues
A en croire Martin Fayulu, depuis son discours d’investiture du 6 décembre 2006, Joseph Kabila s’est prononcé au moins trois fois sur la question de la révision constitutionnelle.

Le 6 décembre 2007, lors de son discours sur l’état de la nation, rappelle ce député national, Kabila avait affirmé que » je ne peux en finir avec les réformes juridiques sans nous mettre tous en garde contre la tentative de vouloir régler tout dysfonctionnement éventuel des institutions par une révision constitutionnelle.

En principe, la loi fondamentale d’un pays ne devrait être modifiée qu’en cas d’extrême nécessité, et uniquement dans l’intérêt supérieur de la nation « .

Le 7 décembre 2009, il a dit que » ma position sur la problématique de la révision constitutionnelle est connue, et elle n’a pas varié… « .

Malheureusement, constate Fayulu Madidi, en janvier 2011, la mouvance kabiliste avait initié et opéré une révision intempestive de la Constitution qui a désarticulé les équilibres et rationalités qu’elle a institués. De plus, à la clôture des concertations dites nationales, le 23 octobre 2013, Kabila a rassuré que » je suis pour le respect par tous de l’esprit et de la lettre de la Constitution de la République dans son ensemble, telle qu’adoptée par le référendum populaire en 2005 « .

Malheureusement, c’est son gouvernement qui initie encore aujourd’hui un projet de révision constitutionnelle déposé à l’Assemblée nationale. » Comment peut-on lui faire confiance ? » se demande le coordonnateur des Forces acquises au changement.

Concertations nationales : un fiasco !

Les Fac rappellent qu’elles étaient le premier regroupement politique à tirer la sonnette d’alarme en avertissant que les délégués aux concertations préparaient un coup d’Etat institutionnel.

Un an après, constate Fayulu, la désillusion a gagné tous ceux qui y avaient pris part. Certains » opposants » regrettent amèrement d’avoir accompagné la mouvance kabiliste dans cette aventure. Les plus courageux n’hésitent pas de crier que c’était un marché des dupes.

La recherche de cohésion nationale s’est transformée en » implosion nationale « . Plus de 750 recommandations demeurent suspendues, outre l’exploit d’amnistier les criminels du M23.

Insécurité généralisée

Pendant que, du haut de la tribune des Nations Unies lors de sa 69ème Assemblée ordinaire, Joseph Kabila déclarait que la Rdc est un pays » debout « , au Katanga, les Maï-Maï et les Bakata Katanga continuaient de sévir, les FDLR opéraient encore au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les Raia Mutomboki reprenaient le contrôle de plusieurs localités, la LRA en Province Orientale et les ADF à Beni poursuivaient sans désemparer leurs activités négatives, un bataillon de l’armée burundaise était sur le territoire congolais, le M23 se reconstituait pour relancer les assauts, les Seleka et les Anti-Balaka faisaient régulièrement des incursions à Zongo, commettant ainsi des exactions.

Encore un budget antisocial

Un projet de budget pour l’exercice 2015 évalué à 9 milliards de dollars pour un pays de 73 millions d’habitants, ne peut être qualifié que d’antisocial.

L’Angola qui a une population trois fois moins que la RDC, exécute un budget huit fois plus que celui du gouvernement Matata, soit 70 milliards de dollars. L’enveloppe réservée à l’agriculture n’atteint même pas 5%, ce qui constitue une crainte pour le social des Congolais. Pour les Forces acquises au changement, avec un tel budget, la RDC ne sera pas en mesure de répondre aux objectifs du millénaire en 2015 tel que recommandé par l’Unesco.

Dialogue : des préalables s’imposent

Les Fac en appellent à l’ONU, aux USA, à l’UE et à l’UA de s’impliquer urgemment et efficacement afin de faciliter ce dialogue. Ce, dans l’application de l’article 64 de la Constitution, de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et de la résolution 2098 des Nations Unies. Mais avant cela, ce regroupement politique fixe l’opinion tant nationale qu’internationale sur certains préalables.

Il s’agit de la résolution de la crise de légitimité, la restauration de la CENI, l’audit du fichier électoral, le calendrier global des élections et l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Adds-Abeba.

Dans l’entendement des Fac, il ne sera pas question, lors ou à l’issue de ce dialogue, de réviser ou de changer la Constitution actuelle, ou de mettre en place un gouvernement d’union ou de cohésion nationale, encore moins de transition.

Pour cette plate-forme, il faut, à tout prix, organiser les élections présidentielle et législatives trois mois avant l’échéance normale, conformément à la Constitution. Pas question d’aller dans le sens d’un glissement au-delà de 2016, préviennent les Fac.

Libérer Eugène Diomi Ndongala et JB Ewanga

Selon Martin Fayulu et sa plate-forme politique, deux cas sérieux de l’insécurité dans laquelle se trouvent les opposants en RDC, mettent en lumière l’instrumentalisation de la justice. Il s’agit des condamnations d’Eugène Diomi Ndongala et de Jean-Baptiste Ewanga. » En un mot, nos deux compatriotes sont séquestrés sans motif « , estime l’orateur.

Opposition : pas de porte-parole sans la résolution de crise de légitimité

Pour les Fac, aussi longtemps qu’on n’aura pas résolu la question de la crise de légitimité née des élections » chaotiques » du 28 novembre 2011, elles considéreront les auteurs et participants à cette initiative comme complices de la » légitimation » de l’imposture.

Il faut signaler que les Forces acquises au changement étaient représentées à cette conférence de presse par bien de partis et personnalités politiques dont Anzuluni Bembe, prof Kalele, Jacques Chalupa, le député national Fabrice Puela, Christopher Ngoy de la Société civile de la Rd Congo…, en dehors du coordonateur Martin Fayulu, président national de l’Ecidé.

Par Lefils Matady & Julie Muadi

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16 octobre 2014

Lodja : le film de l’horreur

vsv

C’est un travail remarquable que vient de réaliser, en l’espace de 72 heures, la Voix des Sans Voix au sujet des  graves incidents survenus dimanche à Lodja.  La lecture des éléments rendus publics par la VsV permet de mieux saisir la colère qui anime aujourd’hui les Evêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo. C’est de la barbarie d’un autre âge, perpétrée par des individus parfaitement  identifiés et complètement étrangers à l’Eglise catholique romaine. Ces hommes, tous membres de la Majorité Présidentielle,   ont agressé physiquement des prêtres et des religieuses, leur infligeant des blessures insupportables.  Ils ont agi ainsi, révèle la VsV, parce qu’ils sont sûrs de ne jamais être inquiétés. Alors, qu’il y ait des blessés ou des morts sur leur route, ce ne sont que des victimes collatérales, sans conséquences, croient-ils.

 Dans son communiqué n°045/RDC/VSV/CE/2014, l’organisation de défense des droits humains se montre très précise. Elle relate que « ces actes de violence ont été perpétrés par une dizaine de militants conduits par messieurs Boniface Diumu, Papy Okando et Onema ». L’incident, poursuit la VsV, « a eu lieu après la messe célébrée dimanche 12 octobre 2014 par monsieur l’Abbé Pascal Djongelo, curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, située à environ 6 km de la cité de Lodja au cours de laquelle il a lu la lettre des évêques catholiques, membres de la Cenco, adressée aux fidèles catholiques et aux hommes et femmes de bonne volonté de la RDCongo relative à leur opposition à toute révision constitutionnelle . Pendant la messe, M. l’Abbé Pascal Djongelo avait aperçu, dans l’église, M. Boniface Diumu qui n’est pas chrétien de cette paroisse. A la sortie de l’église, M.Boniface Diumu a été aperçu de nouveau effectuant des va-et-vient entre l’église et le groupe de jeunes motocyclistes stationnés, avec leurs motos, en face de l’église. Après le départ des chrétiens venus assister à la messe, MM. Boniface Diumu, Onema et Papy Okangado avec leur bande ont pris d’assaut le presbytère de M. l’Abbé Pascal Djongelo. M.Diumu a pris directement la parole pour annoncer au curé qu’ils étaient venus demander pourquoi il avait parlé de la politique dans l’église ».

« A la même occasion, M.Boniface Diumu a signifié à l’Abbé l’interdiction de ne plus faire allusion à la politique prochainement».

 Alors qu’il voulait répondre à cette injonction, M. l’Abbé Pascal Djongelo a été subitement agressé par M. Onema qui lui a lancé un tabouret. C’était le début d’un long calvaire car Boniface Diumu et les autres membres de la bande se sont aussitôt rués sur le curé qu’ils ont tabassé copieusement,ne l’abandonnant qu’après lui avoir fracturé la jambe droite et infligé des blessures à la tête et aux épaules.  Si le prêtre est encore en vie, affirment des témoins, c’est grâce au mouvement des fidèles alertés et qui arrivaient en masse pour le secourir.

« Pendant l’opération de vandalisme, le groupe s’est introduit dans le ;presbytère où il a brisé les fenêtres et cassé de nombreux objets».

 Un deuxième religieux, l’Abbé Loleke a échappé de justesse au lynchage. Il avait réussi de justesse à se mettre au vert, juste au moment où la bande de barbares s’attaquait au couvent des religieuses de Saint François d’Assise où elle a détruit les panneaux solaires et attaqué les religieuses dont la sœur Kélène Komba, préfet des études d’un lycée, copieusement tabassée et actuellement dans un état critique.  Les barbares, affirme la VsV, ont quitté les lieux « en promettant de faire couler le sang ».

L.P.

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15 octobre 2014

Droit de réponse paru dans le journal "la prospérité": le Prof André Mbata corrige le journaliste Omer Nsongo die Lema

mbataProf

Nous reproduisons ci-après la réponse du Prof André Mbata au journaliste Omer Nsongo die Lema qui s'en était pris dans "Forum des As" et dans "La Prospérité"à son interview au journal le Phare du 30 septembre 2014. Le Prof lance, à travers cette interview, un avertissement à tous ceux qui seraient tentés de modifier les dispositions verrouillées de la constitution de la RDC. S'ils osent le faire, ils seront poursuivis, selon la constitution dans son article 64, alinéa 2,  pour haute trahison, un crime imprescriptible contre la nation et l'Etat. C'est un long texte, bien sûr, mais qui vaut la peine d'être lu dans son entièreté. Bonne lecture!

Kasai Direct

 

Cher Monsieur Omer Nsongo die Lema,

L’équipe du Prof André Mbata a lu avec beaucoup d’intérêt votre lettre ouverte lui adressée dans Forum des As et La Prospérité et reprise par plusieurs réseaux sociaux le lundi 6 octobre 2014 en réaction à l’interview qu’il avait donnée au journal Le Phare du 30 septembre 2014 dans laquelle le Prof prévenait que toute tentative de renversement du régime constitutionnel à travers la révision des dispositions constitutionnelles verrouillées ou le référendum était une haute trahison, un crime imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Comme le veut un adage populaire, « qui se sent morveux se mouche ». Il était donc clair que vous vous retrouviez dans l’autre camp et nous avions compris parfaitement votre « émotion ». 

Compte tenu de son emploi de temps très chargé et de son niveau de responsabilité qui ne le lui permettent pas, le Professeur des universités n’est malheureusement pas en mesure de vous répondre directement comme vous l’auriez souhaité. Il va de soi que sa réaction aurait été différente si votre lettre qui se réfère à plusieurs personnes que vous appelez « juristes-politiques » émanait de l’un des scientifiques de haut niveau de la Majorité Présidentielle (MP) qui se sont refusés de s’en prendre à ses arguments qu’ils partagent volontiers avec lui en privé ou à l’université mais qu’ils ne peuvent plus soutenir dès lors qu’ils se retrouvent à l’Hôtel du Fleuve, à la ferme présidentielle ou de Bukangalonzo, dans des palais, des bars et des restaurants en raison de différentes casquettes qu’ impose la politique du ventre.

Sur instruction de l’Assistant principal du Prof André Mbata et en communion avec lui, je suis donc chargé de vous répondre en son nom à partir des éléments de son interview et de votre propre lettre après quelques recherches entreprises sur l’internet pour tenter de vous identifier étant donné votre nom seul qui nous était jusque-là inconnu ne nous permettait pas de savoir qui vous étiez. Je suis moi-même doctorant en droit à l’Université d’Abomey Calavi et vous écris à partir de Cotonou au Bénin, ce pays qui est l’un des berceaux du constitutionnalisme et de la démocratie en Afrique. Le peuple béninois est ce peuple merveilleux dont le génie avait donné naissance à la Conférence nationale. Ce pays est régi par  une constitution adoptée en 1990 et qui n’a pas connu le moindre amendement depuis plus de 20 ans. Cette Constitution pluraliste prévoit que le Président de la République est élu pour un mandat de 5 ans renouvelables une seule fois. Depuis 20 ans, cette disposition a été scrupuleusement respectée et face aux critiques qui fusaient de toute part, le Président Yayi Boni ne s’est pas fait prier ou supplier pour annoncer qu’il s’en ira en 2016. Il ne s’est pas trouvé de charlatans et autres thuriféraires dans son parti politique, les médias, les universités ou les églises pour lui inventer des théories et des prophéties pour lui dire qu’il devrait régner ad infinitum. Je vous écris du Bénin, ce pays plein d’intellectuels véritables que la Nation honore et respecte. Professeur ordinaire dans la plus grande université de votre pays, l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Professeur de recherche au Collège de Droit de l’Université d’Afrique du Sud qui est classée parmi les 10eres universités africaines, Professeur invité à la Faculté Jean Monnet de l’Université Paris Sud, l’une des premières universités françaises et européennes, André Mbata, le promoteur de ma thèse doctorale, est chez-nous l’équivalent de Professeur titulaire et Agrégé des Universités dans un pays où il ne suffit pas d’avoir un diplôme de doctorat pour être appelé « Professeur ». Ce que nous avons compris au Bénin, c’est que la grandeur d’un peuple se mesure au respect qu’il accorde à ses plus grands intellectuels. L’avenir des nations est également fonction de la place que leurs peuples réservent à la pensée et à ses penseurs ou ses intellectuels, peu importe que l’on soit d’accord ou non car ils sont l’élite de la nation.

Cher Monsieur Nsongo,

                Avant de vous éclairer sur la pensée du Prof André Mbata qu’il vous était sans nul doute difficile de comprendre, j’en conviens, en raison de la densité du style et de sa sophistication, je dois vous avouer que j’ai éprouvé de sérieuses difficultés à rédiger l’entête de ma lettre d’autant plus que contrairement au Prof André Mbata que l’on ne présente plus, votre lettre ouverte ne donne aucune indication sur vos qualités, votre niveau académique et votre affiliation professionnelle. Etait-ce par gêne ou par souci de cacher quelque chose ? J’ai donc dû recourir aux informations publiées par vous ou sur vous sur le net et je me suis trouvé comblé sur votre parcours professionnel, vos préoccupations et motivations profondes qui sont des éléments déterminants de votre identité. 

C’est sans surprise que j’ai appris, en mettant vos noms sur le moteur Google, que vous êtes effectivement un journaliste politique (ancien ou toujours actuel ?) de Digital Congo et de l’Avenir qui sont bien connus au Congo comme des médias du régime. Pendant plusieurs années, vous avez servi comme un journaliste de la presse présidentielle. Vous faites un journalisme de louange aux hommes au pouvoir et c’est un choix que nous nous devons de respecter. L’un de rares livres que vous avez écrits est intitulé « De LD Kabila à J Kabila ». Il chante le « dia lelo » de nouveaux-maîtres du Congo. Vous en êtes co-auteur avec Mr Mova Sakanyi, Ambassadeur de la RDC en Belgique dont vous avez été un correspondant ou attaché de presse et un ancien Chef de  Travaux de l’Université de Lubumbashi qui a décroché récemment son doctorat,.

Le web va plus loin dans la présentation du journaliste Omer Nsongo die Lema. Selon le site web http://www.reveil-fm/index.php/2010/06/22/947, vous feriez partie de l’équipe de gens comme « Julien Afala… et  Papy Thamba…et d’autres thuriféraires qui ne jurent que par Kabila ».

D’après un autre site (sankurunews2.blogspot.com/2008/02), « Il n’y a que Omer Nsongo die Lema, le très kabiliste journaliste du magazine L’Avenir qui voit du blanc partout où les Congolais dans la grande majorité ne voient que du noir ».

Sur un autre site (unenouvelleafriquevoitjour.blogspot/2012/03/rd-congo-controverse-sur-limplication,html) un internautese demandait le 27 mars 2012, « quelle crédibilité peut avoir un journaliste comme Omer Nsongo die Lema, qui, est un employé de la presse présidentielle congolaise ? ».

Dans son Edition no 0039/11 du jeudi 10 novembre 2011 (http://www.alloomec.net/reports/view/64), le journal La Colombe rapporte vos propos méprisants et injurieux au sujet d’Etienne Tshisekedi que vous semblez pourtant louer dans votre lettre ouverte. La Colombe reprend des extraits de votre article « Ni coup de colère, ni coup de folie, Tshisekedi a peur de voir son incompétence établie au grand jour ». Et vous écriviez : « C’est un fainéant (…) Son passage à la tête de l’Ecole nationale de droit et d’administration (ENDA) fut marqué par une telle incurie que Mobutu fut forcé de la fermer ». Pour La Colombe, vos propos étaient « un montage grossier d’autant que Tshisekedi, élu député national et nommé Ministre de l’Intérieur, avait quitté l’ENDA en 1966 ; alors que la fermeture de cette école était intervenue 5 ans après, en juillet 1971 à la suite de la création de l’Université nationale du Zaïre (UNAZA) qui avait intégré les universités de Kinshasa, de Kisangani et de Lubumbashi y compris l’ENDA ». La Colombe concluait : « par ce fait, le journaliste Omer Nsongo die Lema se rend coupable de violation des articles 2, 5 et 11 du code de déontologie des journalistes congolais ».

Un autre site consulté (http://www.congonetradio.blogspot.com/2011/10/les-kabilistes-acceptent-davance-leur/html) présente Omer Nsongo die Lema comme « le propagandiste mangecrate de Kabila » alors même que vous auriez écrit en 2011 que « Kabila est politiquement mort » !

Au regard de ce qui précède, je m’adresserai donc à vous comme à « Monsieur le Journaliste ».

Monsieur le Journaliste,

Vous comprendrez qu’à l’heure du digital, il est devenu impossible de cacher son identité, ses incohérences, ses perfidies, son opportunisme ou même son ventre. Je comprends aussi pourquoi dans votre lettre vous ne vouliez pas entendre parler de la « politique du ventre ». Au départ, j’étais loin de m’imaginer que le qualificatif de « propagandiste mangecrate » avait été utilise pour vous présenter sur le net.

Mais devrait-on vous le reprocher parce que les médias congolais sont malheureusement peuplés de « propagandistes mangecrates » qui ne se recrutent pas seulement parmi les anciens étudiants des écoles congolaises de journalisme mais aussi parmi ceux qui y enseignent et arrivent à déifier le « désir » au détriment de la raison.

Monsieur le Journaliste,

Nos recherches sur le web révèlent que vous n’en êtes pas à votre première lettre ouverte ni à votre première attaque contre tous ceux qui de près ou de loin commettent selon vous le crime de s’en prendre à vos idoles du moment. Le 17 octobre 2012, vous aviez écrit une autre lettre ouverte à Christophe Boisbouvier et à Marie-France Cross, journalistes de la Radio France Internationale à cause de leur reportage du sommet de la Francophonie. Le 10 mai 2014, vous vous adressiez aux combattants de la Diaspora (http://www.digitral.congonet/article/99780).

Nous notons également qu’alors que tout le monde déplorait les fraudes, vous étiez parmi les rares personnes à affirmer que les élections de 2011 avaient été libres et transparentes. Ce « reportage du ventre » avait attiré la réaction de Dr Fweley Diangitukwa (fweley.worldpress.com/2013.07/18/reponse-a-monsieur-omer-nsongo-die-lema) qui écrivait ce qui suit : « J’espère que vous aurez des idées positives pour l’avenir de notre pays après m’avoir lu. Autrement, veuillez continuer allègrement votre chemin en soutenant consciencieusement la tyrannie ».

Monsieur le Journaliste,

                Je compatis sincèrement avec vous. Par ces temps qui courent dangereusement jusqu’à 2016, le Professeur des Universités doit faire mal et très mal aux « révisionnistes », aux artisans de la « politique du ventre » et de l’ « inanition de la nation ». Vous ne le saviez sûrement pas, l’expression « politique du ventre » d’un scientifique (François Bayart) et il n’est que normal que les scientifiques comme le Prof André Mbata l’utilisent pour décrire le comportement de plusieurs personnes dans un pays comme la RDC.

Pour revenir à votre première ligne d’attaque, je me permets de vous informer que le Prof André Mbata est professeur des droits et constitutionnaliste. Il lui arrive souvent d’utiliser un langage scientifique de haut niveau et sophistiqué difficilement compréhensible par les profanes. Aussi, suis-je dans l’obligation de préciser à votre intention et celle du public ce qu’il avait dit dans son interview au journal Le Phare du 30 septembre 2014. Selon lui, la Constitution actuelle était promulguée par le 18 février 2006 sous le régime de la Constitution de transition de 2003 vulgairement appelée « régime 1 + 4 ». Cette Constitution est bel et bien l’œuvre du peuple congolais et non une constitution étrangère ou des belligérants. Elle est l’œuvre du peuple congolais parce que le Sénat et l’Assemblée nationale qui l’avaient adoptée pour être soumise au référendum étaient constitués de citoyens congolais. C’est le peuple congolais qui l’avait au finish approuvée par référendum avant sa promulgation par le Président de la République. Affirmer le contraire et prétendre que c’est une constitution des étrangers seraient une insulte au peuple congolais, au Parlement et au Président de la République surtout que c’est le même peuple qui détient la souveraineté. Je ne voudrais pas que vous perdiez votre position à la Présidence. Le Président reste le même et les autres institutions de la République sont engagées au nom de la continuité des services publics de l’Etat. Même l’allusion au parlement comme un organe des belligérants serait inexacte dans la mesure où l’Assemblée nationale, le Sénat et la présidence de la transition étaient constitués d’autres composantes comme l’opposition politique et la société civile que l’on aurait tort de considérer comme des belligérants. Les nombreux étudiants et interlocuteurs du Professeur des Universités au pays et à l’étranger sont bien édifiés à ce sujet et nous ne pouvons nullement vous en tenir rigueur dans la mesure où la bonne compréhension de la pensée du Prof exigeait des connaissances élémentaires de droit constitutionnel et de science politique qui ne s’acquièrent pas du jour au lendemain. C’est dans ce sens que se comprend aussi votre usage des expressions telles que « juristes-politiques » qui n’existe que dans votre terminologie journalistique tout comme votre référence à plusieurs personnalités que vous appelez « juristes-constitutionnalistes ». Plusieurs intellectuels congolais n’ont même pas la décence d’interdire aux journalistes de les appeler «  constitutionnalistes » alors que tous les juristes ne sont pas constitutionnalistes de la même manière que tous les médecins ne sont pas des gynécologues ni tous les infirmiers des accoucheuses.  L’expérience dans plusieurs pays démontre que l’âge ne saurait constituer un frein et qu’il n’est jamais tard pour nous tous de continuer à apprendre, particulièrement le droit constitutionnel en cette période où tout le monde se proclame constitutionnaliste.

Monsieur le Journaliste,

                Une lecture attentive de votre lettre laisse clairement apparaitre qu’elle était rédigée à la hâte comme le justifiaient les impératifs du ventre. Que de redites et de contradictions ! Le Prof des universités qui se positionne clairement dans le camp du changement et du peuple congolais ne s’est pas attribué les initiatives de la CENCO et des groupes parlementaires UDPS et UNC à l’Assemblée nationale, mais il les soutient dans la mesure où elles se situent en droite ligne de ses idées politiques et constitutionnelles.

En outre, vous êtes journaliste à la présidence et un moindre effort de recherche vous aurait permis de savoir que le Prof André Mbata a pris une part active au Dialogue inter-congolais et dans l’ avènement de l’ ordre constitutionnel actuel.

                Par ailleurs, je tiens à déplorer le mélange de genre dans le style consistant à présenter comme des constitutionnalistes des juristes qui ne le sont pas et à les louer comme des « cracks » (expression assez bizarre dans un échange avec une sommité de la trempe du Prof André Mbata) avant de les ridiculiser. Vous écrivez, par exemple « Entrés dans l’arène politique par la porte des nominations ou des élections, ces brillants juristes-constitutionnalistes ( ?) ont fait preuve ou font preuve de réalisme en  sachant s’ adapter à la politique dont la caractéristique première ( ???) … est d’être dynamique…». Plus loin, vous dites que ce que « vos » constitutionnalistes savent faire depuis les années 1960, c’est « arrondir les angles. D’où leur longévité aux affaires ». Si tel est votre appréciation des constitutionnalistes qui est du reste erronée et qui ne plaira pas à vos « brillants juristes-constitutionnalistes », sans être sorti de la cuisse de Jupiter, le Prof André Mbata n’est pas des leurs. Jamais il n’acceptera de sacrifier les principes sur l’autel des intérêts matériels égoïstes de pouvoir et d’argent. Jamais il ne « mouillera le maillot » dans la marre puante de la corruption morale et matérielle.

                Plus loin, vous affirmez péremptoirement, sans aucune preuve scientifique -et cela se comprend bien- que «  dans les grands démocraties occidentales, rares sont les scientifiques qui rejoignent la classe politique. Ils préfèrent agir dans la société civile, et encore la société civile apolitique. Je persiste et signe : APOLITIQUE ».  Une telle affirmation appelle plusieurs commentaires. D’abord, politique et science ne sont pas diamétralement opposées come je vais vous le démontrer par la suite. Pourquoi alors lui conseiller de « dégager la scène politique »  même comme étant dans la catégorie des exceptions ? Ensuite, vous acceptez ici que les « brillants juristes-constitutionnalistes » que vous évoquiez maladroitement avaient cessé d’être des scientifiques.  Enfin, le fait pour vous de signer et de persister au sujet de la « société civile apolitique » dont les scientifiques feraient partie me pousse à vous recommander de renouer avec les bibliothèques et les universités pour vous faire une meilleure compréhension du concept de politique comme substantif et adjectif. Au bas mot, tout ce qui concerne la marche de la société est politique. De là, une société civile absolument « apolitique » dans laquelle on place pêle-mêle les églises, les universités, et les ONG  n’existe nulle part. Tout citoyen doit s’intéresser à la politique car comme le disait si bien l’un de nos ainés, Joseph Ki-Zerbo, « si vous ne faites pas la politique, la politique vous fera ». Pendant que comme des Caligula, certains membres de la MP s’apprêtent à mettre le feu à la cité après avoir menacé la Nation d’ «inanition », menace qu’ils recherchent à mettre en exécution, vous ne pouvez pas interdire aux églises de se taire parce qu’elles seraient apolitiques et devraient toujours « être au milieu du village » que vous tenez à brûler. Ce serait de leur part une démission coupable, une trahison. La politique est une chose trop précieuse pour être laissée entre les mains des politiciens, surtout lorsqu’ ils ressemblent à ceux de la MP. Sans être des partis politiques, les églises et les hommes et femmes d’églises  ne peuvent pas ne pas intervenir dans ce cas. Ils ont l’obligation de le faire. Il en est de même des universités, des universitaires et d’autres scientifiques que l’on ne peut pas sommer de « dégager la scène politique ».  Si vous ne le saviez peut-être pas comme le laisse comprendre votre sommation, la mission de l’université à laquelle le Prof Mbata appartient est triple : enseigner, faire la recherche fondamentale et sur le développement de la société, et rendre service à la communauté locale, nationale et universelle. De ce triple point de vue, l’université et l’universitaire ou le scientifique ne sauraient être apolitiques au sens noble du terme « politique ». 

Monsieur  le Journaliste,

A trois reprises, vous enjoignez au Prof Mbata de « dégagez la scène politique si vous tenez à rester 100% scientifique ». Il s’en dégage un manque criant de maitrise des concepts « politique » et des relations synchrones qui existent entre eux. Vous devriez savoir trois choses. Premièrement, la politique est une science, la science du gouvernement de la cité ou de l’Etat qui est enseignée à l’Université par des scientifiques qui peuvent aussi la pratiquer. Il n’y a qu’un pays comme la RDC où un journaliste congolais peut demander à un universitaire de dégager le champ politique s’il veut demeurer 100% scientifique.

Ensuite, il est curieux qu’une personne qui n’est pas elle-même scientifique puisse évaluer les scientifiques et savoir quand ils le sont à 20, 40, 60, 80 ou 100%.  Troisièmement, comment un « journaliste-non scientifique » - car il y en a qui sont aussi des scientifiques – peut-il parler de scientifique ou de politique à 100% ? Peut-on rester un scientifique 24 heures sur 24, enfermé dans sa bibliothèque ou son laboratoire, interdit de manger ou de s’ adonner aux activités de loisirs ou encore de s’ intéresser aux problèmes de sa famille et de sa société ? Peut-on également imaginer, même à la MP,  un politique à 100% dont le travail serait de faire la politique 24 heures sur 24 sans s’ occuper des siens, aller danser même de nuit à l’Hôtel du Fleuve ou d’autres hôtels et bars ou s’ amuser avec les animaux de la basse-cour de nombreuses fermes en construction en RDC ? Vous nous apprenez par-là, Cher Journaliste, au risque de vous faire lyncher et d’être vous-même obligé de « dégager de la MP », que le Secrétaire général du parti présidentiel et de nombreux autres universitaires et scientifiques de la MP ont cessé depuis longtemps de l’être, ce que nous ne savions pas. Les prises de position de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) contre la révision des matières constitutionnelles verrouillées ou tout référendum à ce sujet constituent malheureusement une réponse collective et négative des universitaires congolais à votre conseil de les voir « dégager ».

Monsieur  le Journaliste,

Vous citez plus d’une fois les noms des leaders politiques comme Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe que vous aviez insultés dans le passé. J’admire votre réalisme  et votre flair journalistique à l’approche de 2016 et du « sauve-qui-peut » général qui va ébranler la MP malgré les apparences actuelles de cohésion et le discours officiel de ses membres pour la simple consommation de l’Autorité morale qu’ils veulent endormir. J’apprécie ce flair qui est tout à fait à votre honneur et caractéristique de votre journalisme. Cependant, mon conseil est qu’il serait imprudent pour le moment de chercher un poste de conseiller politique ou en communication auprès d’Etienne Tshisekedi et de Vital Kamerhe. J’ai compris que vous avez senti qu’à défaut de Tshisekedi, le Président de 2016 serait Vital Kamerhe. Vous voulez déjà adhérer à  l’UNC ou à l’UDPS et aux Forces sociales comme personnalité indépendante.  Il faudra cependant faire très attention à la machine de diabolisation qui fonctionne actuellement à plus de 100% et qui dirigée par le Secrétaire général et constituée de tous les communicateurs de la MP. Demandez au Premier Ministre, aux Présidents de MSR et SCODE, ou à votre confrère de la RNTC. Ils vous en diront plus. Aussi, il n’est pas évident qu’Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe qui ont vu passer des oiseaux de différents plumages et des « juristes-politiques » les uns plus excellents que d’autres dans l’art de la prostitution politique et intellectuelle puissent à ce stade accepter les services même gratuits d’un tambourinaire du pouvoir dont les mains seraient encore très chaudes à force de battre le tam-tam de la MP et qui risquent de vous demander de « dégager » en attendant votre « dégraissages » ou une cure sérieuse d’ amaigrissement après une consommation désordonnée des œufs de la ferme.

Monsieur le Journaliste,

Le Prof André Mbata en bon démocrate reconnaît à tout citoyen, y compris vous-même, la liberté d’expression, le droit à la contradiction, le droit à la différence -, quitte à débattre des enjeux dans les règles de l’art comme je le fais à présent avec vous. Ce qui est déplorable, c’est qu’en dehors de vos monologues radiotélévisés ou dans vos différentes fermes, il ne s’ est jusque-là trouvé personne au sein de la MP pour réfuter les arguments scientifiques du Prof lorsqu’il affirme depuis plus d’ un an que toute tentative de  déverrouillage des matières intangibles par révision constitutionnelle ou même par référendum même sur base d’une pétition de 100 millions de congolais vivants et morts serait un renversement de l’ordre constitutionnel, un acte de haute trahison et  un crime prescriptive contre la Nation et l’ Etat. Comme vous l’avez reconnu, nous sommes bien en présence d’un « éléphant scientifique ».

Il n’y a aucun caporalisme de la part de l’église catholique. Le problème, c’est plutôt dans votre camp, celui de la MP qui vilipende à longueur des journées cette église  par l’entremise des médias publics privatisés pour cette fin alors que vous applaudissez des hommes d’églises de votre obédience qui préconisent même que l’on jette déjà la poubelle la Constitution qui fait pourtant de son Autorité morale le chef de l’ Etat congolais et sans laquelle il perdait toute légalité au moment le problème de légitimité n’ a jamais été résolu. Autrement, sans adhérer vous-mêmes à l’Eglise Kimbanguiste qui attend toujours de vous baptiser à Nkamba, vous faites la propagande sur une prophétie attribuée au Prophète Kimbangu selon laquelle le troisième président resterait très longtemps et même règnerait…pour toujours alors que cette prophétie n’était jamais entendue sous la Seconde République lorsque cette même église alors unie soutenait la dictature mobutisme.

Le problème, Monsieur le Journaliste, c’est votre MP avec la pensée unique que vous voulez instituer en vue de l’établissement d’une monarchie présidentielle. L’intolérance que vous regrettez, elle vient de vous-même et vous l’exprimez si bien lorsque fatigués d’insulter l’opposition et après avoir annoncé le bannissement de l’Eglise catholique, vous en arrivez à présent à sommer les scientifiques de « dégager ». Un « conseil » que nous prenons comme une menace et nous vous tenons déjà responsable de ce qui pourrait arriver en mal au Prof André Mbata, digne fils du Congo à qui on donnerait plusieurs nationalités s’il le voulait et qui fait l’honneur de notre continent. Je tiens particulièrement à insister là-dessus pour signifier à vous-même et à tous ceux qui complotent dans l’ombre derrière vous nous prenons très au sérieux cette menace qui n’est pas loin d’une menace de mort. C’est du moins de cette manière qu’elle est reçue par l’ensemble de la communauté intellectuelle africaine.

Monsieur le Journaliste,

                Je ne comprends pas votre position lorsque vous désapprouvez la conclusion du Prof Mbata suivant laquelle  « Quelques soient les problèmes, je reste optimiste pour le futur de l’Etat de droit démocratique dans notre pays. J’espère que la MP entendra finalement la voix de la raison pour apporter sa contribution à la protection de la Nation comme recommandée par la CENCO et s’abstenir de violer la Constitution ». Selon vous, il s’agit d’« une recommandation plutôt politiquement que scientifiquement motivée » et c’est avec la plus grande déception d’apprendre indirectement d’un membre influent de la MP que la majorité au pouvoir chercherait simplement à s’y accrocher mais qu’elle ne voudrait pas de l’Etat de droit démocratique en RDC ou qu’ elle serait incapable d’entendre la voix de la raison et resterait à réaliser son projet d’ «  inanition » de la Nation.

Monsieur le Journaliste,

A partir du Bénin, nous constatons avec stupeur et aussi avec pitié qu’après plus de 30 ans de régime dictatorial, au lieu de se préparer elle-même à « dégager » en 2016 comme le veut la Constitution, votre MP qui nous semble le successeur légal et légitime du MPR, Parti-Etat, est par contre en train de demander à tout le monde de « dégager » de la voie vers la monarchisation du pouvoir. Après l’opposition politique et l’église catholique par le biais de la CENCO, voici à présent le tour des universitaires d’être sommés de « dégager ».  Nous ne serions pas surpris demain que vous demandiez au peuple souverain lui-même de « dégager » comme vous le faites déjà en rejetant la Constitution qu’il avait approuvée à plus de 80% par référendum il y a de cela moins d’une décennie. Après avoir réussi à caporaliser les médias, vous voulez imposer un silence de cimetière au Congo en vous servant au besoin du pouvoir judiciaire qui ne rend pas justice et est capable d’inventer des infractions et des peines contre tous ceux qui semblent se dresser sur votre voie ou vous prodiguent simplement des conseils. Nous avons bien peur que cette « démocratie » qui se construit au RDC soit une « démocratie sans le peuple » pour emprunter les mots de Maurice Duverger.

C’est l’Afrique toute entière qui a droit de s’inquiéter d’une démocratie que vous voulez construire sans débat, dialogue ou réconciliation, dans l’exclusion totale des intelligences, une démocratie dans laquelle on réfléchit plus avec le ventre qu’avec la tête et où les têtes pensantes du pays n’auraient de choix qu’entre « dégager » et se taire ou mourir.  On observe malheureusement que le successeur du MPR, son presqu’homonyme MP se comporte sur le champ politique à la fois comme un joueur et l’arbitre  unique, capable de marquer des buts par hors-jeu et de les avaliser, un arbitre également en mesure de donner des cartons rouges à toute l’équipe adverse. Après l’ opposition, la CENCO, et la véritable société civile interdites de se prononcer sur les questions politiques, votre dernière trouvaille aura été ce carton rouge donné aux scientifiques et aux universitaires par le biais de l’une des sommités intellectuelles congolaises et africaines que nous avons vu à l’œuvre à Abuja, Accra, Alger, Cap Town, Caire, Cotonou, Dakar, Djibouti, Douala, Kinshasa, Ouagadougou, Paris, Pretoria, Windhoek, et Yaoundé pour ne citer que ces villes.

Monsieur le Journaliste,

Vous terminiez votre lettre ouverte par ces mots : « vous cherchez à vous faire un nom, mais vous avez choisi la mauvaise voie, celle de défier la communauté juridique congolaise ». J’espère qu’il n’y a plus de doute chez vous qu’André Mbata est déjà professeur des universités plus célèbres en Afrique et en dehors du continent. Il n’a donc aucun nouveau nom à se faire en RDC où en tant que professeur ordinaire, il détient  déjà le grade académique les plus élevé (Professeur ordinaire) dans la plus grande université de votre pays (UNIKIN). Ce qui étonne, c’est que sans être juriste ni scientifique, vous estimez qu’il a choisi une mauvaise voie, « celle de défier la communauté juridique congolaise ». Laissez la communauté juridique congolaise réagir et si elle ne réagit pas, ce n’est pas parce qu’elle est défiée mais dans sa grande majorité, cette communauté n’est pas avec votre mouvance. Elle est plutôt d’accord avec le prof et soutient la Constitution en considérant que même adoptée durant la transition, elle est l’œuvre du peuple congolais lui-même qui l’avait approuvée par référendum et toute tentative de renversement à travers la révision des dispositions intangibles ou le référendum tels qu’envisagés par votre MP est une trahison, un crime imprescriptible contre la Nation et l’Etat.

A ce moment précis de l’histoire de la RDC, comme le Prof André Mbata l’avait bien souligné dans sa dernière conférence à Abuja en août dernier, il n’existe plus que deux camps : le camp de ceux qui veulent l’« inanition » de la Nation, de ceux qui cherchent à renverser le régime constitutionnel et acceptent ainsi consciemment de devenir des « traitres » de la Nation congolaise d’une part, et celui de ceux qui se battent pour « protéger » Nation, les « nationalistes » qui s’opposent au renversement du régime constitutionnel de l’autre.

Cher Journaliste,

                Je vous prie de « dégager » de ce premier camp que vous aviez toujours servi et de ne pas entrer dans l’histoire de votre pays comme un « traitre » à votre propre Nation en tombant sous le coup du crime de haute trahison tel que défini par la Constitution de la RDC (Art 64, alinéa 2). Cessez donc, vous et votre camp actuel, de « défier » toute la communauté nationale et internationale et de menacer l’Opposition, l’Eglise catholique et les universitaires comme le Prof André Mbata dont le crime est de  n’avoir jamais « mouillé le maillot » de l’incohérence, de la compromission et de la prostitution politique et intellectuelle en pratiquant un droit constitutionnel du ventre que vous adorez autant que le journalisme du ventre. Comme vous aimez tout de même des conseils, ce qui me semble bien louable, puis-je enfin terminer cette correction en vous réitérant ce conseil qui vous avait été prodigué l’année dernière par votre compatriote Dr Fweley Diangitukwa lorsque vous étiez l’une des rares personnes même à la MP à affirmer que les élections de 2011 avaient été libres et transparentes : « J’espère que vous aurez des idées positives pour l’avenir de notre pays après m’avoir lu. Autrement, veuillez continuer allègrement votre chemin en soutenant consciencieusement la tyrannie ».

Cordialement,

Bomb Molok Yayi, Doctorant en Droit, Université d’Abomey Calavi, Cotonou, Bénin.

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14 octobre 2014

La guerre contre les Cathos, acte 3

eveques

La question a été posée dans ces colonnes : « La guerre contre les Cathos, jusqu’où ? ». Une première réponse, on le sait, avait été donnée à travers des attaques orchestrées contre l’Eglise, ses Evêques et même le Pape, par des personnes connues comme des intellectuels mais qui n’ont du débat démocratique qu’une vision caricaturale.

Après la tentative manquée d’une certaine jeunesse  d’embrigader le représentant du Saint-Siège dans le débat sur la révision constitutionnelle il y a quelques jours dans la capitale congolaise, l’acte trois de la riposte contre l’Eglise catholique vient de démarrer à l’intérieur où quelques jeunes  présentés comme des fidèles catholiques ont perturbé  deux messes à Lodja au motif que les prêtres ont donné lecture de la lettre des Evêques « Sauvons la Nation ».  

         Les événements de Lodja rappellent aux fidèles catholiques de Kinshasa les événements du 16 février 2012. Ce jour-là, on s’en souvient, les catholiques avaient décidé de commémorer le dixième anniversaire du massacre des chrétiens le 16 février 1992. L’émotion suscitée dans le pays et à travers le monde à la suite des tueries perpétrées par des « hiboux » et autres mercenaires étrangers venus à la rescousse du régime, avait non seulement obligé le Maréchal à rouvrir les portes du Palais du Peuple pour laisser siéger la Conférence Nationale Souveraine, tout en sonnant le glas pour son régime.

         Pour commémorer les dix ans de ce massacre, les chrétiens catholiques s’étaient donc retrouvés dans leurs églises respectives. Mais alors qu’ils adressaient leurs prières au Seigneur pour qu’il assiste la République Démocratique du Congo, ils ont eu subitement la surprise de voir des gros bras communément appelés « pombas » ou « kulunas » surgir dans les églises pour brutaliser les officiants et blesser les fidèles. C’est bien plus tard que l’on comprendra le sens de cette manif très particulière.  Les églises étaient profanées parce que certaines officines avaient reçu des informations erronées comme d’habitude. Selon ces informations, les catholiques allaient, après les différentes messes, déferler dans les rues comme ils le firent le 16 février 1992 pour, cette fois, contester les résultats des élections de 2011 !

         Deux ans et demi après ce vilain coup, deux messes sont perturbées à l’intérieur du pays. Il est instructif de constater que la perturbation est annoncée comme un triomphe, une sorte de victoire des révisionnistes sur les anti-révisionnistes.  Bien qu’il s’agisse là d’éléments instructifs pour tout investigateur avisé, nous ne pouvons manquer de nous interroger sur les motivations de ceux qui se cachent derrière les perturbateurs. Est-il raisonnable qu’ils continuent de penser que les Catholiques constamment violentés continueront à se laisser faire, sans songer à réagir un jour ? Est-il normal qu’on laisse en paix des pasteurs qui prêchent à longueur des journées le changement de constitution  et qu’on applaudisse des actes de vandalisme contre l’Eglise catholique, ses prêtres et ses Evêques ?

         Il y a une semaine, lorsqu’on a vu défiler les images de la manif qui se rendait à la représentation du Saint-Siège à Kinshasa, on s’était rendu compte que la majorité des manifestants n’étaient pas des catholiques. On a reconnu des pasteurs des églises du réveil, des mulmans et autres personnes n’ayant rien à voir avec la foi catholique. Officiellement, tous ces individus étaient présentés comme des chrétiens catholiques révoltés par la position des Evêques sur la question constitutionnelle.

         Quand on connaît le système, on ne peut être surpris par l’application à l’intérieur du pays des stratégies qui ont fait flop dans la capitale où tout le monde peut voir et s’exprimer.  Les pratiques sont déshonorantes mais elles restent, semble-t-il, l’unique bouée de sauvetage pour ceux qui militent pour le passage en force.

L.P.

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13 octobre 2014

Le Prof André Mbata revient à la charge : Constitution, ce que Mme Zuma a réellement dit

Dans un entretien avec Dom, André Mbata fait l’exégèse des propos de Mme Zuma et en tire des conclusions fondamentalement opposées à celles qui circulent  dans la capitale congolaise.

Pour le constitutionnaliste, » les personnes qui pensent que les propos de Mme Zuma leur apportent des « arguments massue » pouvant permettre la consommation par le peuple congolais d’une certaine propagande visant le déverrouillage de l’article 220 se trompent. Si l’article 220 interdit notamment au Président de la République d’exercer plus de deux mandats, c’est après tout parce qu’il y a une vie après la présidence, une vie à laquelle se préparent calmement les présidents Boni Yayi, JakayaKiwete, Armando Guebuza, et Hifikepunye Luca Pohamba. Au Bénin, en Tanzanie, au Mozambique, et en Namibie qui sont aussi des pays africains comme la RDC, la simple idée de révision encore moins celle de référendum constitutionnel pour se cramponner au pouvoir n’est jamais entrée dans la tête du Président de la République. Elle n’a jamais hanté le parti au pouvoir, le plus bizarre de ses « intellectuels » ou le plus inculte de ses militants. Pas de pétition, pas de journalistes, d’intellectuels, d’évangélistes, de religieux ou de prophètes du « ventre ». Et pourtant, nous sommes aussi en Afrique et avons à faire à des Africains et même des Noirs comme nous ».

 

Le Phare : Mais, Mme Zuma n’a-t-elle pas déclaré que les peuples africains étaient libres de changer leurs constitutions et d’accorder 20, 30 ou 50 ans s’il le faut à leurs présidents comme cela se fait du reste ailleurs?

AMB : De quel ailleurs parlez-vous ? Puisque vous êtes congolais, ex-zaïrois, né comme moi au siècle dernier, vous pouvez très facilement vous souvenir des danseurs et animateurs du MPR, l’ancien parti unique, qui se retrouvaient à tous les niveaux, y compris la Voix du Zaïre placée alors sous les bottes d’un certain Commissaire d’Etat (Ministre) à l’Orientation Nationale, Citoyen SakombiInongo, dont l’éloquence n’avait pas de pareil et qui nous présentait le Maréchal Mobutu comme un ange, un envoyé de Dieu, un homme choisi par lui pour régner et que l’on devait même adorer. Tous les lieux fréquentés par lui, donc aussi les toilettes et les bars, devaient être considérés comme de hauts lieux de méditation ! Même le plus creux de ses discours était salué par ses flatteurs comme un « discours historique ». Vous avez certainement entendu et même chanté le « djalelo », l’hymne au Maréchal et le slogan « 100 ans tomotombele » (nous devons lui donner 100 ans au pouvoir pour achever la Révolution et faire du Zaïre le 1er , 2e ou 3e parmi les pays les plus développés (on dirait « modernes »aujourd’hui) du monde. Vous vous souviendrez aussi des personnes qui s’agenouillaient devant le Maréchal et l’appelaient « Papa » alors qu’ils étaient de loin plus âgés que lui ou encore des universitaires qui le considéraient comme un génie. Vous devriez vous souvenir également des personnes comme NdjokoEyo Baba, Gouverneur de Province, qui pouvaient porter une petite culotte ou un pagne en public et danser pour le Maréchal jusqu’à se jeter à ses pieds. Par ailleurs, je vous signale que même lorsqu’il prétend les adorer quand ils sont au pouvoir, le peuple ne pleure jamais ses « dieux ». Le temps des pleurs ne dure que l’espace d’un soir. Le matin suivant, il acclame le nouveau « Moise » qui prétendra à son tour le conduire vers la terre promise. Le « leader bien-aimé » d’hier devient un diable, un dictateur, un tyran. « Né de nouveau » ( ?), devenu miraculeusement « pasteur » ou « Frère» quelques jours seulement après la chute de son idole, celui qui criait sur tous les toits de la « Voix du Zaïre » n’allait pas tarder pour « témoigner » que Mobutu n’était qu’un démon qui buvait même du sang humain ! Ainsi va la vie.

Le Phare : Prof, mais tout cela c’est de l’histoire ?

AMB : Je m’y attendais, mais il n’y a pas de peuple sans histoire. Tout peuple doit se préoccuper de son histoire passée, immédiate, et de son devenir. S’il n’a aucune emprise sur son passé, il doit cependant se préoccuper de son présent pour s’assurer de laisser une  bonne image à la postérité, ce que les anglais appellent « legacy » ou héritage. J’aime la sagesse de la fable de Jean de la Fontaine, « le Corbeau et le Renard ». Cette fable devrait apprendre aux dirigeants une vérité connue depuis l’aube des temps : il faut se méfier des flatteurs car « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». L’exemple de Mobutu prouve qu’aucun de ceux qui chantaient ses louanges ne l’a suivi dans sa chute et certains perroquets d’hier continuent de pérorer aujourd’hui. L’unique qualificatif qu’ils utilisent pour le désigner est celui de « dictateur » et ils ont tout oublié de ce qu’ils avaient reçu de celui qui avait même « fabriqué » la plupart d’entre-eux. S’il est aussi un enseignement que j’aimais bien dispenser à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, avant même le cours d’Education à la citoyenneté ou celui de Droit constitutionnel congolais, c’est l’histoire des idées et faits socio-politiques. Lorsque nous étudions l’histoire de grands hommes, des empires ou des royaumes comme ceux du Kongo, Mali, Ghana, Monomotapa ou de France, cette histoire a toujours été constituée de quatre grands moments qui sont irréversibles: la naissance, l’avènement au trône, l’apogée et la décadence. L’histoire devrait être l’un de nos grands éducateurs qui nous aiderait à forger l’avenir en évitant les erreurs du passé. Enfin, il y a des gens qui confondent le peuple avec leurs propres ventres. Il n’y a aucun peuple africain qui accepterait aujourd’hui de revivre l’aventure et l’histoire malheureuse des partis uniques avec des mandats à vie pour les dirigeants ou des présidences monarchiques.

Le Phare : Revenons à l’interview de Mme Zuma, vous maintenez donc que ses propos ont été mal interprétés ?

AMB : Tout à fait. Suivez la réponse de Mme Zuma à la première question de Christophe Boisbouvier qui lui demandait si elle était d’accord avec Barack Obama sur le fait que les présidents africains devaient respecter les limites constitutionnelles de leurs mandats. Elle ne le contredit pas tout comme elle ne nous contredit pas non plus lorsqu’elle déclare que les constitutions sont conçues par les peuples et elles sont là pour être respectées. On ne peut tirer aucun argument d’une telle affirmation pour justifier les tentatives de monarchisation du pouvoir présidentiel au Burkina Faso, au Burundi, au Congo-Brazzaville, au Rwanda ou en RDC !

Le Phare : Mais en Allemagne, qui est un Etat démocratique auquel Mme Zuma s’est référée, la Constitution ne fixe aucune limitation au nombre de mandats du Chancelier ?

AMB : Dans notre pays, le peuple a décidé entre autres choses que le suffrage universel, le nombre et la durée des mandats présidentiels ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Les Allemands l’ont fait pour la forme fédérale de l’Etat. Ainsi que je l’ai dit à plusieurs reprises, les matières verrouillées ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle comme le stipule l’Article 220 de la Constitution. Même un référendum pour les déverrouiller serait inconstitutionnel. Le référendum constitutionnel à l’Article 218 est prévu sous le titre consacré à la révision constitutionnelle. Il n’est donc possible que sur les matières qui sont elles-mêmes susceptibles de révision constitutionnelle et non celles qui en sont formellement exclues comme celles énumérées expressément à l’article 220 ou implicitement dans plusieurs autres dispositions constitutionnelles.

Comme je l’ai dit dans ma précédente interview à votre journal, tenter de les déverrouiller par une révision constitutionnelle ou un référendum serait un renversement de régime constitutionnel et constituerait pour les auteurs et leurs complices un acte de haute trahison, une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat.

Le Phare : Toute comparaison est-elle raison ? Prof, veuillez revenir à l’analogie faite entre la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels en Afrique et le défaut de limitation des mandats du Chancelier en Allemagne ou du Premier Ministre en Grande Bretagne ou en Belgique ?

AMB : Mais pourquoi ne se réfère-t-on pas au régime politique des Etats-Unis et surtout à celui de la France qui a le plus inspiré nos pays et où le nombre de mandats présidentiels est également limité? Comment peut-on prendre des vessies pour des lanternes, comparer des lièvres aux singes ou mettre ensemble les chauves-souris et les cochons et s’attendre à ce qu’ils pondent des œufs? Des connaissances élémentaires de droit constitutionnel et de science politique auraient permis de comprendre que le Chancelier allemand, le Premier ministre britannique, belge, japonais, indien, australien ou encore le Président du conseil italien dont le nombre de mandats n’est pas limité n’est pas à confondre avec le Président de la République. Aussi, les régimes politiques allemand, britannique, belge, japonais, indien, australien et italien, qui sont parlementaires, sont bien différents de ceux de nos pays qui sont généralement présidentialistes en dépit de ce qui peut être prévu par nos constitutions. Le Chancelier est le titre donné au Premier Ministre en Allemagne. En Italie, le Premier ministre est appelé le « Président du Conseil ». En Afrique comme ailleurs, le nombre de mandats du Premier Ministre n’est pas limité. C’est aussi le cas du nombre de mandats des Députés nationaux et Sénateurs. Qu’on cesse donc de prendre les Congolais pour des enfants ou des ignares. En Allemagne, il existe un Président de la République qui est différent du Chancelier ou de la Chancelière. On ne peut comparer que ce qui est comparable. Le Premier ministre ou le Chancelier, Chef du gouvernement, n’est pas comparable au Président de la République, chef de l’Etat et institution suprême du pays, dont le nombre de mandats peut être défini selon la volonté populaire exprimée dans la Constitution comme c’est le cas en RDC et dans plusieurs autres pays.

La Phare : L’exégèse que vous faites des propos de Mme Zuma est-elle la bonne ? Mme Zuma n’a-t-elle pas subtilement milité en faveur du déverrouillage du nombre des mandats présidentiels dans les pays africains comme la RDC ?

AMB: Il n’est jamais trop tard pour apprendre surtout que les vrais constitutionalistes sont encore disponibles, même s’ils sont rares. Parlant des élections cette année, Mme Zuma a dit : « le Président du Malawi a déjà changé, celui d’Afrique du Sud a été réélu, mais c’est son dernier mandat et il ne pourra pas se représenter. Au Mozambique, le président arrive au bout de son mandat et les gens vont élire quelqu’un d’autre. En Namibie, c’est pareil ». Pourquoi alors le président ne changerait pas en RDC, au Burkina Faso, au Congo- Brazzaville, au Burundi, ou Rwanda comme voulu par les Constitutions de ces pays ? Serions-nous des Africains de seconde zone ou arriérés politiquement par rapport à ceux qui changent leurs présidents ou obligent ces derniers à se conformer à la Constitution ?

Parlant du passé et de la stabilité en Afrique, pourquoi en Afrique du Sud, qui est sortie de 50 ans d’apartheid, le président réélu qui est l’ancien mari de Mme Zuma ne devrait-il pas se représenter à la fin de son second mandat alors que chez-nous, on  rechercherait un mandat illimité pour le Président? Il ne faut pas être un « as » de la politique pour comprendre que Mme Zuma a voulu dire que « là où la Constitution a limité le nombre de mandats présidentiels comme au Bénin, au Burundi, au Burkina-Faso, au Congo-Brazzaville, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, au Rwanda, en Tanzanie, en Zambie, en RDC, notre pays ou en Afrique du Sud, son propre pays, la Constitution doit être respectée ».

Le Phare : Mais, le cas de l’Angola ?

AMB : En Angola, c’est la Constitution elle-même qui n’a pas limité le nombre des mandats présidentiels alors que la nôtre l’a verrouillé. Le Président angolais n’est pas directement élu par le peuple. La personne qui figure la première sur la liste du parti ou de la coalition qui a remporté la victoire lors des élections générales est automatiquement élue Président de la République. Ainsi, Mme Zuma a prôné le respect de la Constitution parce que même les Angolais respectent la Constitution qu’ils se sont librement donnée. Pour le reste, je préfère m’arrêter là car les détails supplémentaires de Mme Zuma concernant l’Angola me semblent déplacés.

Le Phare : Le mot de la fin, Professeur ?

AMB : Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par se lever et il se lèvera sûrement demain sur ce pays et sur l’Afrique. Faisons simplement le bon choix de respecter l’esprit et la lettre de la Constitution et de protéger notre Nation comme le Président de la République s’y était engagé lors de son serment et comme la CENCO, l’Opposition politique, la société civile et certains acteurs bien-pensants de la MP ne cessent de le conseiller aux farcins du régime.

Propos recueillis par DOM

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03 octobre 2014

L’initiative de la MP contre la Constitution très mal vue : L’ONU avertie sur les dangers de la révision

ban ki moon

Dans une lettre adressée à Ban Ki Moon, il est relevé les risques de résurgence des conflits minant la démocratie et de la détérioration des droits de l’homme dont la situation reste préoccupante

L’Association Africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), par l’entremise de son président national, Me Jean- Claude Katende Mukendi, vient d’adresser une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies, pour attirer l’attention de ce haut fonctionnaire onusien sur l’initiative de la Majorité Présidentielle au pouvoir à Kinshasa tendant à réviser les dispositions de l’article 220 de la Constitution.

Cet article stipule que (…. le nombre et la durée des mandats du Président de la République…ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle).

Pour l’ASADHO, doter le pays d’une nouvelle Constitution pourrait mettre en danger les efforts fournis par les Nations Unies depuis novembre 1999 pour mettre fin à la guerre et créer les conditions d’une paix durable en République Démocratique du Congo.

» Les Nations Unies, particulièrement à travers la MONUC et ensuite la MONUSCO, ayant contribué énormément à mettre fin aux différents conflits armés que le pays a connus depuis 1994 et à créer les conditions nécessaires à l’établissement d’un régime démocratique, il n’est pas acceptable que certains politiciens congolais créent de nouveau des conditions qui pourraient favoriser d’autres conflits socio politiques ou armés par la seule envie de conserver le pouvoir politique à n’importe quel prix « , s’indigne Me Katende.

L’Ongdh pense que les perspectives de la Majorité Présidentielle de réviser les dispositions de l’article 220 de la Constitution ou de doter le pays d’une nouvelle Constitution risqueraient de faire resurgir des conflits qui minent la paix et la démocratie, en aggravant la situation des droits de l’Homme déjà très préoccupante.

Sans être contre le président Joseph Kabila, en tant que personne, l’ASADHO s’oppose à la révision de l’actuelle loi fondamentale et ou à toute initiative tendant à doter le pays d’une nouvelle constitution.

Pour l’ongdh, cette initiative tendant à réviser la Constitution n’est pas justifiée par de motivations démocratiques, mais par la seule envie de certains Congolais de permettre à J. Kabila de conserver le pouvoir, en violation de la Constitution actuelle.

Craintes de l’ASADHO

En 2011, l’actuel locataire du Palais de la Nation ayant obtenu un deuxième mandat présidentiel, à l’issue d’une élection très contestée suite à des fraudes, la majorité des congolais n’accepterait pas qu’il obtienne un troisième mandat en révisant la Constitution, indique l’ASADHO dans sa lettre.

L’ASADHO craint le pire avec les appels de certains partis politiques à faire usage de l’article 64 de la Constitution, dans le cas où la Majorité Présidentielle imposerait la révision des dispositions de l’article 220 de la Constitution relatif à la durée et au nombre de mandat du président de la République ou doterait le pays d’une nouvelle Constitution.

En effet, l’article 64 dispose que  » Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution… « . Cet article consacre  » la résistance populaire  » comme une modalité pour protéger notre Constitution et sauver la démocratie.

Si pareille résistance a lieu, il y a de fortes chances que l’armée et la police nationale puissent réagir avec violence, comme cela a été le cas lors de la contestation des résultats de l’élection présidentielle de 2011. D’où la crainte de l’Association africaine de défense des droits de l’homme de voir le pays sombrer dans le chaos.

Rupture du consensus national

Pour l’ASADHO, toute tentative de réviser l’article 220 de la Constitution pour permettre à J. Kabila de briguer un troisième mandat briserait le consensus ayant conduit à la réunification du pays, à la paix et la mise en place des institutions actuelles.

En l’absence de tout consensus, et parce que la Majorité Présidentielle voudrait décider seule de l’avenir politique du Congo, il y a un sérieux risque que la situation de guerre qui prévalait au pays avant l’Accord global et inclusif vienne encore endeuiller le pays, craint l’ASADHO.

C’est ainsi que cette ong exhorte les Nations Unies à peser de tout leur poids sur les acteurs politiques congolais pour que ce consensus auquel elles (Nations Unies) ont contribué, soit maintenu.

Par Godé Kalonji Mukendi

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02 octobre 2014

RDC : qui est responsable de la mort de Mamadou Ndala ?

 

mamadou ndala

Le colonel Mamadou Ndala a été assassiné le 2 janvier. © AFP

Près de neuf mois jour pour jour après les faits, le procès des accusés du meurtre du colonel congolais Mamadou Ndala s'est ouvert mercredi devant la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu.

Vingt personnes au total sont jugées depuis le mercredi 1 octobre par la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu pour le meurtre de ce jeune officier très apprécié de ses hommes et auréolé de plusieurs victoires contre la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), défaite en novembre 2013.

Chef du 42e bataillon commando de l'Unité de réaction rapide (URR) congolaise, le colonel Mamadou Ndala, 35 ans, a été tué le 2 janvier par un tir de roquette ayant visé son véhicule dans les environs de Beni peu après avoir quitté cette ville. Assez vite, l'enquête s'est orientée sur la piste d'un règlement de comptes internes à l'armée.

Basée habituellement à Goma, capitale du Nord-Kivu, province de l'Est de la RDC, la Cour s'est déplacée à Beni, dans le Nord de cette région. Douze des accusés ont comparu en plein air devant le tribunal: dix militaires, un civil et un membre d'un groupe rebelle. Les huit autres, tous civils, sont en fuite.

L'audience de mercredi a été consacrée à l'audition du chauffeur du colonel, le sergent-major Arsène Ndabu.

Parmi les accusés figure le lieutenant-colonel Tito Bizuru, ancien commandant de la place militaire de Beni. À la lecture de son nom, une clameur de réprobation est montée de l'assistance.

Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, le sous-officier a déclaré à la Cour avoir conduit le véhicule pendant environ un kilomètre après l'impact de la roquette, précisant que celle-ci avait touché le côté où se trouvait le colonel, à l'opposé de son siège.

Il a affirmé être alors sorti de la voiture, pour constater que le colonel était mort, son corps criblé par des éclats de roquette. Les gardes du corps sur le plateau arrière du véhicule n'étaient plus que des "macchabées", a-t-il dit, ajoutant que le convoi avait été coupé et qu'il se trouvait seul, en tête.

Poursuivant sa version des événements, le sergent Ndabu, a raconté avoir abandonné rapidement la jeep pour aller chercher des renforts à la base de Casques bleus voisine, avec un responsable de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) tout juste arrivé sur les lieux.

Il dit avoir été surpris de constater de retour sur place que la jeep brûlait avec le corps du colonel resté à l'intérieur, sous le regard d'officiers du renseignement militaire du secteur accourus entre-temps.

jeune afrique (Avec AFP)

 

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01 octobre 2014

Les signes de la fin : Troubles dans le camp de la Majorité présidentielle

kabila

La question de la modification de la Constitution divise les kabilistes qui se lancent des quolibets dans les médias ; les uns multiplient des réunions pour couler les autres sans aucune réaction de l’autorité morale.

A une année de la fin du mandat de Joseph Kabla à la tête de la République Démocratique du Congo, une grande confusion s’est installée dans le camp de la Majorité présidentielle. Celle-ci qui accusait en longueur des journées la classe politique de l’Opposition d’évoluer toujours en ordre dispersé et d’avoir des points de vue divergents même sur d’importantes questions qui engagent la nation, se distingue aujourd’hui par des contradictions graves, au point de craindre une implosion.

Selon certains analystes et sages de ce pays, ce sont les signes de la fin. Le maréchal Mobutu a vécu exactement la même situation peu avant la chute de son régime. Plusieurs de ses fidèles lieutenants, tant du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) que des Forces armées zaïroises (Faz), se sont désolidarisés de lui.

Déjà, pour la première fois, un parti membre de la Majorité présidentielle, le Msr, a déclaré tout haut, devant l’autorité morale de cette plate-forme, lors d’une « messe noire » tenue à Kingakati, être contre toute révision de la Constitution, principalement l’aricle 220 de cete loi fondamentale.

 

Les flatteurs du Raïs

 

Ce parti s’est attiré la colère de tous les flatteurs du Raïs, s’exposant ainsi aux insultes et autres traitements dégradants. Touts les communicateurs de la MP avaient pris d’assaut les médias audiovisuels pour vilipender le Msr et tous ses membres, sans ménagement. Jusqu’à ce jour, sa position est restée inchangée.

 

Il y a de cela quelques mois, le ministre Lambert Mende Omalanga, lors d’une conférence de presse, répondant à la question d’un journaliste sur la tentative de révision de l’article 220, avait humilié son collègue des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT-NTIC) Tryphon Kin-Kiey Mulumba, tous membres de la MP, pour ses écrits dans certains journaux indiquant qu’il veut toujours voir le chef de l’Etat diriger ce pays.

 

Mende avait clairement dit que le gouvernement n’avait déposé aucune proposition dans ce sens, et qu’il n’y avait aucun débat par rapport à cela. Même Claude Mashala n’était pas d’accord avec ce point de vue de Mende, lui qui se bat d’ailleurs pour changer complètement la constitution, récoltant ainsi des signatures pour lui, après 2016, « c’est Kabila ou rien ».

 

D’ailleurs, le ministre des PT-NTIC avait adressé une lettre de mécontentement au secrétaire général de la Majorité présidentielle pour manifester son indignation pour avoir été humilié par le porte-parole du gouvernement sur une question aussi délicate pour leur plate-forme politique.

 

Dernièrement, Bernadette Tokwahulu, ancienne Adg de la SNEL, venait d’être interpellée par les services de renseignement pour avoir officiellement donné sa position contre la révision de la Constitution. Olivier Kamitatu, Jean-Claude Muyambo … ont eux aussi refusé toute révision constitutionnelle. Pourtant, tous sont de la Majorité présidentielle, la famille politique à laquelle appartient le chef de l’Etat.

 

Il y a quelques jours, le secrétaire général de la Majorité a convoqué d’urgence tout le staff de communication de sa plate-forme, contre le premier ministre, estimant que ce dernier faisait plus sa propre promotion que celle du chef de l’Etat, dans les réalisations du gouvernement.

Curieusement, le chef de l’Etat est resté muet au regard de toute cette confusion.0

 

Des signes qui ne trompent pas

 

Voilà ! Au départ, le débat était entre l’Opposition et la Majorité. Pour l’heure, la mouvance présidentielle est seule contre l’Opposition politique, l’Eglise catholique, la société civile, la communauté internationale et le peuple congolais.

 

Des signes qui ne trmpent pas. La confusion est dans le camp de ceux-là qui veulent changer la Constitution pour pérenniser une seule personne au pouvoir et profiter eux aussi d’assouvir leurs appétits égoïstes. Leur préoccupation n’est pas le bien-être de la population mais le bonheur de leurs familles respectives.

 

Une telle aventure est d’office vouée à l’échec, car les points de vue sont déjà divergents. Joseph Kabila doit éviter de tomber dans le jeu de ces flatteurs qui sont prêts à l’abanner une fois qu’un nouvel homme fort fait son apparition. Pour preuve, le dernier porte-parole de Mobutu est aujourd’hui dans le gouvernement Kabila, et un de ses fidèles brigue la tête d’une grande institution du pays.

LEFILS MATADY

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Top secret : la stratégie n°2

parlmt

Les architectes de la révision  constitutionnelle n’avaient jamais prévu ce qui est en train d’arriver. Au début, les choses étaient simples : une majorité  parlementaire qui obéit au doigt et à l’œil, des gouverneurs de provinces toujours aux ordres, une population consciente des risques à ne pas prendre lorsque le pouvoir a déjà parlé…

Tout baignait donc dans l’huile quand, soudain, des fissures ont été décelées dans l’édifice. Des voix ont commencé à s’élever jusqu’à l’intérieur même de la maison familiale.  Et pendant qu’on pensait que certains fidèles approuvaient, par leur silence,  l’initiative du charcutage de la Constitution, on s’est rendu rapidement compte qu’il s’agissait plutôt d’ une stratégie de survie : ne pas abattre son jeu pour ne pas s’exposer aux ennuis mais agir le moment venu lorsqu’il sera question de faire le choix, tout seul. En âme et conscience.

Le mal est donc fait. La découverte de la vérité pousse maintenant les extrémistes à envisager des nouvelles stratégies pour sortir d’une nasse où ils semblent irrémédiablement englués. Jusqu’il y a peu, ils avaient caressé le secret espoir de voir les Américains revenir sur leur position ou, à tout le moins, afficher une certaine tolérance face à une nouvelle démarche tendant à faire avaler des pilules « indirectes » – pardon indigestes – à l’opinion. De toute évidence, on n’est pas sorti de l’auberge mais ce n’est pas pour autant que les auteurs d’idées maléfiques vont se décourager.

Selon des sources généralement bien informées, deux stratégies majeures se trouvent actuellement sur la table. La première est bien sûr celle de la provocation à travers cette volonté délibérée de violer la loi fondamentale du pays et ce, alors même que les meilleurs de nos constitutionnalistes affirment que la démarche est anti-constitutionnelle. Un expert rappelait hier dans ces mêmes colonnes que contrairement à ce qu’on pense au sein de la majorité parlementaire, nul n’a le droit de toucher au célèbre article 220, et encore moins  au 197, les deux constituant un ensemble totalement verrouillé, non susceptible d’être soumis au référendum. Passer outre cette interdiction, c’est poser un acte de haute trahison pour violation délibérée de la mère de nos lois.

La seconde idée est celle du contournement qui consiste à faire semblant d’accepter la situation telle qu’elle se présente, c’est-à-dire évoluer avec le texte constitutionnel tel qu’il est mais tout miser sur la Commission électorale nationale indépendante qui devrait évoquer des raisons techniques sérieuses pour justifier le report de certaines échéances électorales dont celle qui préoccupe la majorité de la population et des partis politiques.

A en croire des personnes branchées sur la question, cette dernière stratégie aurait la cote parce qu’elle permettrait d’éviter un choc frontal avec l’Occident. Pour ses initiateurs, il est important de séduire la communauté internationale en adoptant un profil bas et en donnant l’impression que tous les efforts sont fournis pour respecter les textes. Et si donc, à une étape ou une autre du processus, la Ceni se retrouvait handicapée par certaines difficultés, celles-ci pourraient valablement expliquer le non respect de certaines échéances.

Théoriquement, la stratégie a de quoi attendrir les esprits peu avertis. Elle pèche cependant sur un point : les exigences d’un calendrier électoral global claironnées dès le départ par ceux que l’on veut séduire. Donnez-nous un calendrier global et nous apporterons notre contribution, avaient-ils dit. Comme en 2006 et 2011. La question est donc de parvenir à convaincre sans avoir fait le geste réclamé.

Le second défaut de la cuirasse réside dans la crédibilité de la Commission elle-même. Déjà fragilisée par les partis politiques qui en constituent l’ossature, et dont certains pressent leurs délégués de se mettre à l’écart, elle doit aujourd’hui gérer les conséquences du retrait du CIME de l’Eglise catholique romaine dont chaque Congolais  connaît le poids réel dans notre pays. Si, comme on le pense, ce Comité avait pour mission de chloroformer l’opinion pour faire passer les tripatouillages électoraux, on peut d’ores et déjà affirmer que sa mission est extrêmement difficile désormais, pour ne pas dire impossible.

Dans ce contexte, quelles chances donner à des stratégies qui visent à dribbler la population ? La réponse est simple : nulles ! Alors, au lieu de tourner inutilement en rond, il est souhaitable que chacun accepte de se remettre en question pour jouer, de manière ouverte, le véritable jeu démocratique lequel commence par le respect des textes.

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