23 juin 2012

Guerre de l'Est: Informations du front

Chers tous,

Je reviens une fois de plus sur ce qui paraît comme étant un surprenant retournement de la situation dans la bataille livrée entre les FARDC et les Mutins du M23 appuyés par le Rwanda.
 
Il y a quelques jours, suite aux contacts directs établis avec quelques frères d'armes FARDC au front, j'avais fait état de l'infiltration des services de renseignements des unités de RECCE (reconnaissance) des FARDC déployées au front.
 
Nous sommes aujourd'hui en mesure de vous livrer avec précision ces infos suite à nos derniers contacts de ces jours avec nos confrères au front qui nous chargent de vous relayer ces éléments:
 
1°) Comme vous le savez, la mutinerie M23 est une (fausse) dissidence du CNDP. Il se fait que cela fait partie de la stratégie élaborée par le CNDP, en connivence avec une partie de la haute hiérarchie militaire et politque acquise à la cause tutsie rwandaise.
 
En conséquence, la partie dite "non mutinée" du CNDP ou soit-disant restée loyale aux FARDC occupe des fonctions stratégiques au sein des unités de renseignements militaires (G2) et des opérations "Ops" (G3) pour transmettre à leurs frères mutinés du M23 tous les préparatifs et plans d'attaque prévus la veille des opérations planifiées.
 
Conséquence: les opérations sont déjouées d'avance par M23 qui, par une tactique de diversion, mènent les FARDC vers d'autres sites pour les prendre de revers. De plus, lors de la dernière contre-offensive des FARDC, une partie des soldats FARDC issus du régiment autrefois commandée par Ntaganda, voyant leurs frères ethniques du M23 mis en difficulté, s'est interposée entre les FARDC et le M23, certains tirant même vers les soldats FARDC alors qu'ils en font encore partie. 
 
Ce qui agaça la Monusco et les autres congolais des FARDC. D'où la pression aux autorités militaires de réorganiser les unités déployées au front et la suspension des opérations depuis dimanche soir avec pour corollaire: la contre-attaque du M 23 qui reprend du terrain.
 
2°) Nous venons de recevoir la confirmation des sources combattantes au front comme quoi il ne s'agit plus d'une guerre contre des soldats ex-M23 mais bien des soldats de la RDF (Rwanda Defence Forces), l'ex-APR. Il ne s'agit pas seulement des Rwandais recrutés au Rwanda et formés rapidement pour être versés au Congo, mais bien des unités régulières de la RDF, dont certains ont été tués avec des plaques d'identification metalliques des militaires appartenant aux RDF de Kagame. Ce sont donc des militaires expérimentés de l'armée régulière de Kagame qui se battent au Congo.
 
D'où, l'agacement de nos frères au front de voir les autorités (d'usurpation de pouvoir) à Kin concéder au jeu de dupes joué par le Rwanda en accueillant la ministre rwandaise des affaires étrangères, Louise MISHIKIWABO pendant que ces soit-disantes autorités ont toutes les informations sur cette nouvelle agression rwandaise par M23 interposé.
 
3°) Nos contacts nous informent qu'une divergence de vues sur les options tactiques à opérer se fait de plus en plus sentir entre une MONUSCO mise sous pression ces derniers temps et particulièrement par l'UE qui veut repousser les mutins au delà des frontières congolaises et la hiérarchie militaire (et politique) congolaise de plus en plus mise à mal par la volonté des patriotes congolais FARDC au front décidés à sauver l'honneur de leur pays. Notre contact nous a demandé de dire que les Congolais FARDC, de souche, qui se battent le font non pour plaire à leurs autorités en qui ils ont de moins en moins confiance, mais bien pour leurs enfants et leurs petits enfants de sorte à leur léguer un pays pacifié.
 
C'est dans cette contradiction qu'une opération secrète de grande envergure préparée entre la Monusco et les chefs d'unités opérationnels des FARDC, à laquelle l'état-major de campagne n'était pas conviée, avait été annulée en dernière minute, suite à une fuite.
 
4°) Avec ces revers inexpliqués, notre source d'information nous informe que le moral des troupes (je l'ai mentionné dans mon dernier mail à ce sujet) tend de plus en plus vers zéro. Il n'est pas exclu qu'une nouvelle mutinerie dans les FARDC contre une partie de la Hiérarchie et des infiltrés ne puisse voir le jour si la hiérarchie continue à jouer ce double jeu.
 
Par contre, le seul élément positif qui leur a permis de donner un motif de se battre: c'est le communiqué conjoint lu entre APARECO - UDPS - APR. Ils ont insisté pour que nous relayions cette information car ils se sont sentis fiers de défendre, au front, un CONGO UNI. C'est avec LIESSE que cette information avait été accueillie parmi les troupes combattantes. (NB: Je ne suis pas partisan d'un de ces groupes susmentionnés mais notre contact a insisté là-dessus et voulait absolument qu'on le porte à la connaissance du reste de la population). Cela me pousse à la petite analyse que nos hommes des troupes sont conscients de leur responsabilité et du rôle qu'ils peuvent jouer pour permettre au Peuple Congolais de voir les dirigeants qu'il a légitimement élus de recouvrer l'imperium dont ils ont besoin.
 
C'est sur cette note d'espoir suscité dans les rangs que je clos ce bulletin d'infos en provenance de nos sources au front.
 
Dans un autre registre, un contact à Kinshasa nous apprend que le Chef d'EMG des FARDC, le Lt-Gén Didier Etumba serait dans une position délicate. En voici les raisons:
1°) Il y a quelques semaines, il avait pris l'initiative de publier un Ordre de Service invitant tous les militaires  faire preuve de discipline, de patriotisme et d'un sens REPUBLICAIN dans leurs comportements. Ce qui n'a pas plu à une clique des généraux d'operette tribaux qui ont interprété cela comme étant un ordre subtil voilé invitant les FARDC, en tant que forces républicaines, à n'obéir qu'aux ordres des autorités légitimes au moment où la légitimité de Mr Kabila est remise en cause par la majorité de la population.
 
2°) Au cours d'une réunion du Haut Commandement Militaire, une structure des FARDC regroupant les principaux hauts responsables de l'armée et dont il assure la présidence conformément à l'article 33 de la loi organique portant organisation et fonctionnement des forces armées, il avait demandé à ce qu'une partie des éléments de la Garde Républicaine soit mise à la disposition des commandants des zones d'opérations à l'Est, comme cela a été fait avec le bataillon d'intervention rapide basé à Kindu. Cela n'a pas non plus été du goût de la même clique des généraux et officiers supérieurs tribaux de la GR et autres détracteurs proches de Mr. Kabila qui envient sa place car interprété comme étant une manoeuvre subtile d'affaiblir la protection de leur frère tribale dans une période où sa sécurité personnelle est de plus en plus mise en danger.
 
Depuis, l'infortuné Chef d'EMG des FARDC est tenu éloigné du contrôle effectif de l'armée. Alors qu'en tant que Chef d'EMG des FARDC, l'article 63 de la loi précitée lui confère la responsabilité de "la mise en
condition des Forces et assiste le Commandant suprême dans leur mise en oeuvre.
En rapport avec la mise en condition, le Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées coordonne les activités des Chefs d’Etat – Major des Forces, de différents Corps et Services ainsi que du Commandant Général des Ecoles Militaires.
Sur pied de guerre, il assiste le Commandant Suprême des Forces Armées dans le commandement des opérations et la conduite de la guerre. En temps de paix et en temps de guerre, le Chef d’Etat-Major Général assure
un contrôle permanent du commandement des unités
.
Et pourtant, depuis sa causerie morale effectuée à Goma il y a quelques mois, pour raisons d'apparat, il est de plus en plus invisible et éloigné du terrain opérationnel. Lui qui est censé assurer la coordination effective et l'articulation des forces au front.
 
Nous reviendrons vers vous chaque fois que nous recevrons des nouvelles de nos frères au front qui n'utilisent plus d'autres mots que "Haute Trahison" de la part de la hiérarchie ...
 
Le messager des combattants du front,
 
JJW.

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22 juin 2012

Lambert Mende : « Le Rwanda est responsable des filières de recrutement des rebelles du M23 »

 
Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGALambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

« Il y a ces rapports qui ont été vérifiés et que la communauté internationale est en train de vérifier à son niveau faisant état des filières de recrutement des forces négatives qui insécurisent les Kivu à partir du Rwanda. Le Rwanda doit être tenu pour responsable de ces filières de recrutement sur son territoire », a déclaré jeudi 21 juin à Radio Okapi, Lambert Mende, le ministre congolais des Médias et porte-parole du gouvernement.

Le Rwanda continue de nier toute implication dans la mutinerie qui a éclaté en avril dernier dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, alors que la RDC l’accuse de tolérer le recrutement sur son sol des éléments qui combattent dans les rangs des mutins du Kivu. Dans une conférence de presse tenue, mardi dernier à Kigali, le président du Rwanda Paul Kagame cité par RFI, avait affirmé que «Le Rwanda n’est pas la cause des problèmes du Congo (…) Les problèmes congolais doivent être gérés par les Congolais », réfutant à plusieurs reprises tout soutien aux mutins du M23.

A ce sujet, Lambert Mende répond : «Nous avons difficile à croire que le Rwanda ne soit pas considéré comme partie intégrante des problèmes qui ont surgi dans cette partie de notre pays dans la mesure où le cœur du problème, comme le président Kagame lui-même l’a défini c’est les FDLR. Or les FDLR, ce sont des Rwandais. Par ce fait même, le problème ne peut pas être défini comme congolo-congolais».

Le mardi 19 juin dernier, la RDC a saisi le conseil de sécurité pour «rappeler le Rwanda à ses obligations internationales et exiger le retrait immédiat et sans conditions de ses forces armées qui se dissimuleraient dans les rangs de la rébellion». Le même jour à Kinshasa, une délégation conduite par la chef de la diplomatie rwandaise  discutait avec la partie congolaise sur l’insécurité dans l’Est de la RDC alors qu’au Rwanda le président Kagame donnait son point de presse mensuel.

« Au cours de ce point de presse, des choses ont été dites qui n’étaient pas toujours en adéquation avec les conclusions de la visite de son ministre des Affaires étrangères à Kinshasa, ce qui a contribué à faire planer une certaine perplexité qui justifie que le conseil de sécurité soit mis à contribution par le gouvernement congolais qui cherche à rétablir la paix et la sécurité dans cette partie du pays », a déclaré Lambert Mende.

Le président Kagame avait, au cours du même point de presse, taxé la communauté internationale d’hypocrite l’accusant d’avoir voulu se débarrasser de Joseph Kabila avant les élections de novembre 2011. Lambert Mende considère ces propos comme les plus intéressants de l’adresse du président rwandais et affirme :

« Nous n’avons aucune raison de douter de la véracité de ce que le président Kagame apporte comme information. Peut-être que beaucoup de Congolais prenaient à la légère les accusations de l’existence d’un complot international contre leur pays, maintenant nous avons une preuve, une source extrêmement crédible : c’est un chef d’Etat qui a été approché par les initiateurs de ce complot contre leur pays ».

Le porte-parole du gouvernement congolais rappelle que son pays n’est pas en guerre contre le Rwanda mais s’indigne de ce que ce pays voisin tolère des actions de déstabilisation de la RDC à partir de son territoire.

radiookapi.net

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Fin de sursis pour le Général John Numbi



L’étau se resserre autour de l’ex-Inspecteur général de la PNC, John Numbi sur qui pèsent des sérieuses présomptions d’être le commanditaire de l’assassinat de Floribert Chebeya, activiste des droits de l’homme, trouvé mort dans sa voiture, le 2 juin 2010, à Mitendi, sur la route du Bas-Congo. Cette affaire a jeté le discrédit sur le pays et continue d’alimenter les débats au niveau international. Sa résolution via un procès équitable et juste des personnes impliquées de loin ou directement dans cet assassinat est devenue une préoccupation internationale. Selon toute vraisemblance, le pouvoir et la hiérarchie policière qui rechignait à jeter le général John Numbi en pâture à la justice semble fléchir devant la pression  internationale. Le sérieux des institutions nationales est jusqu’ici mis en doute parce que elles donnent l’impression de protéger l’ancien chef de la police sur qui portent tous les doigts accusateurs. Et en continuant à se dresser contre sa traduction en justice, le pouvoir se met en position de complice comme l’ont toujours soutenu les défenseurs de droits de l’homme sans pour autant appuyer leur accusation par des preuves.
Quoi qu’il en soit, et malgré le jugement au premier degré de cette affaire Chebeya, l’instance d’appel qu’est la Haute Cour Militaire va accéder à la requête de la partie demanderesse et contraindre les parties à la réouverture des débats. Le sursis bénéficié par le général John Numbi est fini; il va devoir se présenter devant les juges pour répondre des faits encore non avérés portés à sa charge. Cependant, dans l’opinion, de plus en plus de voix s’élèvent pour essayer de se donner une idée sur les motivations exactes de cet assassinat. Certaines pensent même être sûres que certains acteurs de cette affaire avaient soit outrepassé l’ordre donné, soit commis un impair regrettable ayant abouti à l’irréparable. Certaines personnes affirment mordicus que le général Numbi obéissant à des ordres politiques aurait servi seulement du bras séculier d’une entreprise préméditée. Mais les éclaircissements et tout le reste ne viendront qu’au bout d’un procès et que le général Numbi dira à la Cour ce qui s’est réellement passé ce soir-là du 1er juin 2010.

Cependant, le général John Numbi va-t-il être appelé à la barre comme prévenu ? La question a été au centre de la première audience en appel dans l’affaire Chebeya. Les parties civiles ont plaidé pour la comparution du général qu’elles considèrent depuis toujours comme étant le suspect n°1 dans l’affaire du double assassinat des militants des droits de l’homme Floribert Chebeya, ancien directeur exécutif de l’ONG La voix des sans voix, et de son collègue chauffeur Fidèle Bazana. Le 2 juin 2010, le corps de Floribert Chebeya a été découvert dans sa voiture à l’ouest de Kinshasa. Son collègue et chauffeur Fidèle Bazana, qui l’accompagnait la veille à un rendez-vous avec l’inspecteur général de la police de l’époque John Numbi, a été déclaré mort mais son corps n’a jamais été retrouvé.

A l’ouverture, le mardi 19 juin 2012, du procès en appel les parties civiles ont demandé à la Cour de faire comparaître le général Numbi comme prévenu et non pas comme renseignant tel qu’il a été entendu au premier degré. Elles cherchent toujours à connaître l’auteur intellectuel de l’assassinat de deux militants des droits de l’homme, estimant que les condamnations prononcées en première instance contre cinq officiers de la police sont insuffisantes. Au cours du procès, les parties civiles ont montré à la Cour que la plainte introduite par la veuve de Chebeya était dirigée contre le général Numbi et n’a jamais été déclarée classée par l’auditeur général des Forces armées de la RDC. De plus, elles ont affirmé que l’exploit, l’acte du huissier de justice, qui devait renvoyer l’affaire Chebeya en première instance devant la Haute cour militaire avait été raturé. Le mot « Haute » avait été effacé et l’affaire fut renvoyée à la Cour militaire dont les juges n’ont pas qualité pour juger un officier supérieur militaire ayant le grade de Lieutenant général.
LF

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Mutinerie du M23: la RDC accuse le Rwanda au Conseil de sécurité de l’Onu

 
Les présidents rwandais, Paul Kagame, et congolais, Joseph Kabila

Le gouvernement congolais a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer clairement l’implication de Kigali dans l’instabilité du Nord-Kivu. Dans une correspondance datée du 14 juin, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Raymond Tshibanda, a demandé au Conseil de «rappeler le Rwanda à ses obligations internationales et exiger le retrait immédiat et sans conditions des mesures de ses forces armées qui se dissimuleraient dans les rangs de la rébellion».

Kinshasa a appelé le Conseil de sécurité de l’Onu notamment à «réaffirmer l’intangibilité de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de la [RDC],  condamner le soutien extérieur dont le M23 bénéficie et tenir ceux qui le lui apportent solidairement responsables de tous les actes répréhensibles commis par ce mouvement».

Cette lettre avait été cependant transmise par le chargé des affaires de la RDC auprès de l’Onu, le 19 juin, le jour même où la RDC et le Rwanda mettaient au clair cette situation à Kinshasa.

Malgré cela, cette lettre est tout à fait valable, a soutenu le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. «Nous sommes un gouvernement responsable. Nous n’envoyons pas des correspondances au Conseil de sécurité sans en évaluer la validité et l’urgence”, a-t-il indiqué.

Pendant deux jours, les délégations congolaise et rwandaise, conduites par leurs ministres Affaires étrangères respectifs, ont eu des discussions qualifiées de “franches et enrichissantes” dans la capitale congolaise. Au terme de cette rencontre, le 19 juin, les deux parties s’étaient engagées à pacifier l’Est de la RDC. Elles avaient même convenu de se retrouver à Goma, le 28 juin, pour évaluer leur engagement sur le terrain.

A la question de savoir pourquoi alors la RDC a saisi le Conseil de sécurité, alors qu’une solution concertée avec son voisin de l’Est semblait être balisée à Kinshasa, Lambert Mende a répondu:

«Le même jour a eu le point de presse mensuel de Monsieur le Président de la République du Rwanda, au cours duquel des choses ont été dites qui n’étaient pas toujours en adéquation avec les conclusions de la visite de sa ministre des Affaires étrangères à  Kinshasa. Ce qui a continué à faire planer une certaine perplexité, qui justifie que le Conseil de sécurité soit mis à contribution par le gouvernement congolais qui cherche à rétablir la paix dans cette région de notre pays.»

Lors de son point de presse, mardi, Paul Kagame cité par RFI, avait en effet affirmé: «Le Rwanda n’est pas la cause des problèmes du Congo (…) Les problèmes congolais doivent être gérés par les Congolais ». Il a plusieurs fois réfuté tout soutien aux mutins du M23, que lui reproche la RDC.

A l’issue de la visite d’une équipe gouvernementale au Nord-Kivu, théâtre des combats entre FARDC et M23, Lambert Mende avait confirmé, samedi 9 juin à Goma, la présence des «éléments rwandais estimés entre 200 à 300 hommes» au sein du M23. Ces derniers avaient été recrutés, formés puis déployés du Rwanda  vers Runyoni dans le territoire congolais pour combattre dans les rangs des mutins, selon la même source.

Parmi les recrues, il y a des mineurs d’âge, a précisé Raymond Tshibanda, dans sa correspondance au Conseil de sécurité, citant les conclusions d’enquêtes gouvernementales et de mécanismes conjoints institués par les deux pays pour vérifier la situation sécuritaire à leur frontière.

«Alors que dans leur fuite, les mutins avaient abandonné tout leur armement, soit 38 tonnes, récupérés par les FARDC, il a été noté un décuplement de leur puissance de feu dès leur arrivée dans le triangle Runyoni-Tshiangu-Mbuzi accoté à la ligne frontalière entre la République démocratique du Congo et le Rwanda», a-t-il poursuivi.

Négociations

De leur coté,  les ambassadeurs africains accrédités à Kinshasa encouragent la voie de négociations pour régler la crise qui prévaut dans l’Est de la RDC. Ils l’ont fait savoir à la presse par la voix de l’ambassadeur de l’Afrique du Sud en RDC, mercredi.

A l’issue d’une réunion de leur groupe à Kinshasa, l’ambassadeur Mashimbye a déclaré:

«Nous soutenons et encourageons les résolutions prises par les deux pays en référence au communiqué final conjoint entre les deux parties [à Kinshasa], qui constitue une voie propice de résolution de la crise

Il a, par ailleurs, recommandé aux Etats concernés une surveillance à la loupe de l’évolution de la crise sur le terrain.

radiookapi.net

 

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21 juin 2012

Kinshasa–Kigali : où est la vérité ?

Les nouvelles en provenance du front du Nord-Kivu perturbent nombre de nos compatriotes. Pendant que le Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) et le M.23 (Mouvement du 23 mars 2009), recommencent à cracher du feu dans plusieurs contrées de cette province, avec la complicité attestée du régime de Kigali, d’aucuns sont surpris d’entendre des officiels rwandais donner de la voix aussi bien à partir de Kinshasa (Marie-Louise Mushikiwabo) que de la capitale rwandaise (Paul Kagame). La ministre rwandaise des Affaires Etrangères comme le président rwandais développent la même thèse, à savoir celle de la neutralité de leur pays dans le dossier sécuritaire du Nord-Kivu, qu’ils qualifient de crise congolo-congolaise. Paul Kagame va même plus loin, en accusant l’Occident d’être le principal soutien des micro-rébellions animées par le général Bosco Ntaganda et le colonel Sultani Makenga, dans le dessein de déstabiliser le président congolais, Joseph Kabila.

 

Les observateurs avertis, rendus prudents par le double langage des autorités rwandaises dans la lecture des événements sanglants qui endeuillent le peuple congolais depuis près de deux décennies, soupçonnent Paul Kagame de chercher à brouiller les cartes. L’objectif visé est sans aucun doute de mettre le gouvernement congolais en conflit avec ses partenaires européens et américains et de gagner sur deux tableaux.

D’une part, le Rwanda voudrait effacer, à peu de frais, toutes les accusations de son implication avérée dans le recrutement des combattants rwandais pour les chefs rebelles Bosco Ntaganda et Sultani Makenga, leur entraînement dans des camps situés en territoire rwandais, leur approvisionnement en armes et munitions ainsi que leur financement. Et, si Kinshasa était lâché par l’Occident, Paul Kagame n’aurait plus de contradicteur en face dans la présentation de ses moyens de défense comme victime d’une diabolisation gratuite dans le dossier du Nord-Kivu.

Et, d’autre part, après avoir remis Kinshasa en confiance, Kigali pourrait continuer tranquillement son travail de sape de la paix dans la partie Est et de déstabilisation de la RDC. Officiellement, le pouvoir en place au Congo serait gêné d’accuser de nouveau Paul Kagame d’être le coach attitré de Bosco Ntaganda et Makenga, Sultani.

Pourquoi la langue de bois ? 

Des millions de Congolaises et Congolais, qui affichaient un moral très bas face aux événements du Nord-Kivu, se sont sentis fortement réconfortés par les propos tenus par le porte-parole du gouvernement dernièrement à Goma. Lambert’ Mende s’était en effet livré à un déballage systématique contre le régime de Kigali, en étalant sur la place publique son modus operandi dans la fourniture des troupes, de l’argent, d’armes et de munitions au général Bosco Ntaganda et son CNDP ainsi qu’au colonel Sultani Makenga et son M. 23.

Ils l’étaient davantage en apprenant que l’affaire était portée au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU et qu’un lobbying ‘sous-régional était lancé à partir de Luanda par le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale.

Mais, ce qui recommence à troubler les esprits, c’est ce retour à la langue de bois dans le chef des officiels de Kinshasa, pendant que la ministre rwandaise des Affaires Etrangères et le président rwandais nient toute implication de leur pays dans la situation sécuritaire du Nord-Kivu, qu’ils ont le culot d’imputer à une incompréhension entre Congolais. Paul Kagame s’est même permis de parler d’un déficit de communication entre les autorités congolaises et leurs populations.

Lorsque l’on pense au huis clos décrété par le bureau de l’Assemblée Nationale sur la question orale avec débat portant sur l’accord congolo-rwandais du 19 mai à Kigali, lorsque l’on réfléchit aux intimidations, interpellations et arrestations subies par les médias congolais ayant été les premiers à faire état de l’implication rwandaise dans l’insécurité au Nord-Kivu, lorsque l’on analyse le refus des officiels congolais de donner suffisamment d’éclairage à leurs compatriotes sur les dessous des cartes qui entourent le dossier, on ne peut que s’interroger sur le nouveau round de rapprochement entre le Rwanda et la RDC.

Les Congolais aimeraient savoir pourquoi leurs propres gouvernants n’ont-ils toujours pas lancé un message à la résistance contre les «envahisseurs» rwandais cachés dans le CNDP et le M.23. A quand la mise en placé des comités d’autodéfense, populaire au Nord-Kivu, au Sud-Kivu ainsi qu’à travers l’ensemble de la République, comme à l’époque du Mzee Laurent Désiré Kabila, après l’invasion du pays par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi en août 1998? Pourquoi empêche-t-on nos concitoyens d’organiser des manifestations de protestation contre le CNDP et le M.23, tant à Kinshasa, à Goma, à Beni qu’à Bukavu, comme du temps de soulèvement de la jeunesse de Kinshasa, en juin 2004, contre la tentative d’occupation de la ville de Bukavu par des mutins conduits par le colonel Jules Mutebusi ? N’eut été cette mobilisation populaire, le général Laurent Nkunda, qui marchait également sur Bukavu, aurait certainement fait jonction avec Mutebusi, ce qui aurait annihilé toute velléité de résistance du général Mbuza Mabe et des troupes loyalistes.

 

Des armes qui ne s’épuisent jamais 

 

Les Congolais ont besoin de connaître la vérité sur les tenants et aboutissants de la « guerre » du Nord-Kivu, où le CNDP et le M.23, qui avaient abandonné plus de 38 tonnes d’armes et munitions dans la ferme du général Bosco Ntaganda, à Mushaki viennent de recevoir des renforts en hommes et de booster leur puissance de feu. On devrait expliquer à nos compatriotes comment les mouvements rebelles, nationaux et étrangers, qui écument le Nord-Kivu, ne connaissent jamais de rupture totale de stocks d’armes et munitions. Est-il normal que des micro-rébellions contrôlant des espaces réduits ne souffrent jamais de l’épuisement de leurs magasins d’armement?

Il y a sûrement des réseaux, internes et externes, chargés d’entretenir à des cycles réguliers, les mutins et leurs chefs, en faisant passer, à travers le territoire congolais, armes, munitions, hommes et matériels de guerre. Si le peuple congolais est tenu à l’écart de la vérité et reste avec la conviction que l’affaire du Nord-Kivu est celle des initiés et traîtres à la cause de la patrie, il serait’ impossible d’obtenir son adhésion totale. Or, sans le soutien populaire, il serait difficile aux FARDC de gagner la «guerre » dans cette province.

Kimp

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L’ASADHO exige la libération des membres de l’opposition politique détenus arbitrairement


L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, est préoccupée par les arrestations et détentions arbitraires que la Police Nationale continue à opérer contre les membres de l’opposition, particulièrement ceux de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle. En effet, en date du 01 juin 2012 à 12 heures, Monsieur Freddy PINDI, Président de la Ligue de Jeunes de l’UDPS/Kinshasa, et Messieurs Pierre LWABEYA et TSHIYOYO, tous membres de l’UDPS, ont été arrêtés par la Police alors qu’ils rendaient visite à leurs collègues détenus au CPRK (Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa) à Kinshasa. Actuellement détenus à la DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie), il leur serait reproché plusieurs faits dont le recrutement des militaires au sein de la prison.

Ils sont privés de leurs droits fondamentaux dont le droit de visite et celui d’être assistés par un avocat à tous les niveaux de la procédure pénale. 

L’ASADHO relève que depuis le lancement du processus électoral, plusieurs membres de l’UDPS ont été arrêtés, et détenus illégalement par la Police Nationale Congolaise ou par les services de sécurité à travers tout le pays et particulièrement dans la ville de Kinshasa. 7 membres de l’UDPS ont été condamnés arbitrairement par le Tribunal de Grande Instance de Matete à Kinshasa à 10 ans de servitude pénale principale.

» L’opposition politique étant reconnue par la Constitution de la République, l’ASADHO estime que toutes arrestations et détentions arbitraires opérées contre un citoyen, congolais à cause de ses activités politiques ou appartenance à un parti politique de l’opposition constituent une violation des droits fondamentaux consacrés par les instruments juridiques nationaux et internationaux.

Face à ce qui précède, elle recommande :

* Au Gouvernement de la République:

- De mettre fin à tout acte de nature à porter atteinte (harcèlement, arrestation et détention arbitraires...) aux droits reconnus aux membres de l’opposition politique ; 

* Au Procureur Général de la République :

- De faire libérer les membres de l’UDPS détenus à la DEMIAP ou de les faire traduire en justice,

- D’engager des poursuites judiciaires contre les policiers qui ont procédé aux arrestations et détention arbitraire du Président de la Ligue de Jeunes de l’UDPS et des autres collègues.

Fait à Kinshasa, le 19 juin 2012 

ASADHO

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Nord-Kivu : la Monusco déploie des casques bleus autour des zones de combat

 
Bunagana, Nord Kivu, le 16 mai 2012, le commandant de la brigade de la Force onusienne au Nord Kivu, Arinder Singh, arrive par hélico après les affrontements armés entre FARDC et les mutins qui ont occasionné la fuite de la population vers l'Ouganda voisin © MONUSCO/Sylvain LiechtiBunagana, Nord Kivu, le 16 mai 2012, le commandant de la brigade de la Force onusienne au Nord Kivu, Arinder Singh, arrive par hélico après les affrontements armés entre FARDC et les mutins qui ont occasionné la fuite de la population vers l'Ouganda voisin © MONUSCO/Sylvain Liechti

La Monusco a déployé depuis la semaine passée cinq équipes de patrouille de combat sur les lignes de front autour de la zone de Mbuzi-Bikenge-Runyoni (territoire de Rutshuru) occupée depuis plusieurs semaines par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).  Ces Casques bleus vont apporter un appui logistique aux Forces armées de la RDC (FARDC) et assurer la sécurité des populations civiles.

« Notre rôle ici correspond à notre mandat de protection des populations civiles, pour assurer leur sécurité. Nous allons aussi appuyer [logistiquement] les FARDC  en opérations  », a déclaré un responsable militaire de la Monusco.

Les casques bleus vont faire des patrouilles conjointes avec les FARDC et ériger une base arrière pour appuyer les militaires congolais qui mènent des offensives contre les rebelles du M23 dans cette zone.

« Nous faisons les patrouilles mixtes avec les casques bleus. Ils avancent leurs positions aussitôt que nous avançons vers l’ennemi », a témoigné un commandant des FARDC.

A la fin du mois de mai, les casques bleus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) ont installé trois bases « stratégiques » autour de Bunagana (Nord-Kivu) pour empêcher les rebelles du M23 d’assiéger cette cité et protéger la population civile.

Ces rebelles occupent les collines de Runyoni et Chanzu, à une dizaine de kilomètres au Sud-Est de Bunagana.

Depuis le début du mois de mai, des combats opposent les rebelles du M23 issus de l’ancien mouvement rebelle CNDP et des militaires congolais dans le territoire de Rutshuru. Ces rebelles qui ont déserté l’armée congolaise réclament l’application des accords de paix signés en 2009 entre le gouvernement congolais et le CNDP.

Ces accords prévoyaient notamment l’intégration des rebelles dans l’armée et la police alors que les cadres civils devaient être intégrés dans les institutions publiques.

radiookapi.net

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A Kinshasa, la ministre rwandaise se moque des Congolais !

Forum des As 

Coup de théâtre hier mardi 19 juin dans la capitale congolaise. Au terme d’une réunion de deux jours regroupant les délégations rd-congolaise et rwandaise, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda balaie d’un revers de la main toutes les accusations portées contre son pays au sujet du soutien accordé au «M 23», le mouvement rebelle à l’Est de la RDC. Pourtant, une enquête attribuée à l’Organisation des Nations unies, relayée par la suite par la radio britannique «BBC», faisait bel et bien état de ce soutien. En plus, une ONG internationale des droits de l’homme, «Human Rights Watch», a confirmé ces accusations sur base de ses enquêtes. Enfin, Kinshasa, sur base des résultats de ses enquêtes, a également abordé dans le même sens que les enquêtes internationales.
 

Au vu donc de toutes ces accusations portées contre le Rwanda, d’aucuns attendaient de la réunion de deux jours à Kinshasa que Kigali fasse amende honorable. A la place, c’est plutôt la réaction de la ministre Louise Mushikiwabo rwandaise des Affaires étrangères qui étonne plus d’un Congolais lorsqu’elle invite l’opinion à faire «la part des choses entre la rumeur et la réalité». Car, indique-t-elle à l’issue de la réunion, «au cours des dernières semaines, il y a eu tellement de rumeurs, on ne s’en sort plus. Nous sommes ici pour apporter notre soutien en tant que pays voisin  aux efforts de paix et de pacification de l’Est de la République démocratique du Congo».

KINSHASA ET KIGALI S’ENGAGENT A TRAQUER LES FDLR ET AUTRES GROUPES ARMES    

                            Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, déclare quant à lui, que «le plus important pour la partie congolaise était que le Gouvernement rwandais puisse savoir ce qui, de notre point de vue, est préoccupant». C’est de la sorte que le Rwanda et la RDC, à l’issue de leur réunion, s’engagent à mener «une guerre sans fin» aux FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et à tous les groupes armés actifs dans la partie frontalière entre les deux pays.  Il y a un communiqué conjoint qui sanctionne les derniers travaux de Kinshasa.

Les deux parties ont prévu d’évaluer les résultats de cet engagement sur terrain le 28 juin, à Goma, au Nord-Kivu.    

La RDC et le Rwanda, à travers le contenu de la déclaration conjointe publiée hier,  annoncent même des initiatives consistant à «rendre opérationnelle la commission conjointe chargée notamment d’enquêter sur les suspicions d’un soutien extérieur aux mutins et autres éléments opportunistes ».  La réunion a regroupé les ministres des Affaires étrangères, les chefs d’Etat-major généraux des armées et les responsables des services de sécurité de ces deux pays.

QUAND LA MINISTRE RWANDAISE SE MOQUE DES CONGOLAIS    

Au regard de la position de Louise Mishikiwabo, nombre  d’observateurs estiment que la ministre rwandaise des Affaires étrangères se moque des Congolais. Car, sa visite intervient plus d’une semaine seulement après que Lambert Mende Omalanga, le porte-parole du Gouvernement congolais, ait accusé Kigali de «servir à la préparation d’une conspiration qui évolue vers un schéma de rupture de la paix entre deux pays de la région des Grands lacs». Et Mende donnait la position officielle du Gouvernement au terme des enquêtes menées sur le terrain. D’ailleurs, au sujet du soutien de Kigali au «M23», Kinshasa s’était même gardé de réagir un peu plus tôt, lorsqu’une enquête attribuée à l’ONU, relayée par «BBC» et confirmée par Human Rights Watch, faisait état du soutien de Kigali qui aurait recruté, préparé et armé, sur son territoire 200 à 300 éléments rwandais ayant combattu dans les rangs des mutins du «M 23». 

BBC, rappelle-t-on, s’était procuré un rapport interne de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation au Congo (Monusco). Vendredi dernier, confie-t-on, le conseil de sécurité de l’ONU a condamné la mutinerie du M23, se disant vivement préoccupé par la détérioration des conditions sécuritaire et humanitaire qui ont provoqué des afflux importants de déplacés et de réfugiés dans l’Est de la RDC.

KINSHASA DOIT OUVRIR  L’OEIL ET LE BON    

Au cours du même week-end, le ministre congolais des Affaires étrangères et de la coopération internationale avait entamé une visite dans certains pays de la sous-région dont l’Angola pour les sensibiliser sur l’implication «d’un pays voisin », sans le citer, dans l’insécurité dans l’Est de la RDC. C’est là que les observateurs avertis ne comprennent guère que la ministre rwandaise balaie comme d’un revers de la main des accusations aussi graves en parlant de simples rumeurs et en invitant les Congolais à faire la part des choses entre la rumeur et la vérité.    

Les observateurs invitent le Gouvernement congolais à ouvrir l’œil et le bon parce que ce n’est pas la première qu’un communiqué conjoint sanctionne une réunion entre officiels congolais et rwandais. Mais, une chose, rappelle-t-on, est de signer des accords et une autre de les respecter. Si Kigali, conclut-on, était vraiment sincère, bien des choses auraient déjà évolué à l’Est de la RDC. 

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20 juin 2012

Rwanda - RDC : accusé de soutenir les mutins du Nord-Kivu, Kagamé contre-attaque

Lors d'une conférence de presse, mardi 19 juin à Kigali, le président rwandais Paul Kagamé a accusé la "communauté internationale" d'avoir cherché à chasser du pouvoir le président congolais, Joseph Kabila. Il a également affirmé la neutralité du Rwanda dans la crise au Nord-Kivu.

Pendant plus d'une heure et demi, mardi 19 juin, Paul Kagamé a répondu aux questions de la presse internationale à Kigali. Avec un sujet central : la crise dans l'Est de la RDC.

À plusieurs reprises, le président rwandais a réaffirmé que la mutinerie en cours dans le Nord-Kivu, région frontalière du Rwanda, ne concernait son pays en aucune façon. De même que l'arrestation de Jean Bosco Ntaganda, général et ancien chef rebelle congolais recherché par la Cour pénale internationale (CPI), ne relevait pas de ses attributions.

Ces dernières semaines, Kigali a été indirectement accusé par Kinshasa et par la mission de l'ONU en RDC (Monusco) de soutenir Ntaganda. Kagamé a contre-attaqué lors de la conférence de presse en dénonçant l'hypocrisie de l'attitude de la « communauté internationale » vis à vis du président congolais Joseph Kabila. Avant l'élection présidentielle congolaise de novembre dernier, celle-ci « cherchait un moyen de se débarrasser de lui, soit avec l'élection, soit par d'autres moyens », a-t-il affirmé, laissant entendre qu'il avait été sondé sur le sujet. « Finalement, il a été élu et, quelles qu'aient été les conditions de cette élection, ils se sont rendus compte qu'ils devaient faire avec. »

"Je suis allé aussi loin que possible"

« Ensuite, ils [la communauté internationale, NDLR] sont revenus me voir pour dire qu'ils voulaient arrêter Ntaganda mais qu'ils ne voulaient pas le faire sans le consentement du Rwanda […] Et maintenant ils nous disent responsables de cette situation ! » Interrogé sur l'identité de ces acteurs de la « communauté internationale », il a refusé de préciser ses accusations. « Je suis allé aussi loin que possible », a-t-il simplement dit.

Visiblement agacé par les accusations récurrentes contre son pays, Kagamé a même menacé de suspendre totalement sa coopération dans la résolution des crises de l'Est de la RDC. « Nous allons arriver à un point où nous allons nous décharger de tout ces problèmes qui ont été mis sur nos épaules et nous allons leur renvoyer », a-t-il menacé sans plus de précisions.

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1er anniversaire de l’UNC : Kamerhe réhabilité par l’histoire

19 juin 2011- 19 juin 2012 : l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) vient de totaliser une année d’existence. Pour marquer d’une pierre blanche ce premier anniversaire du parti cher à Vital Kamerhe, le Secrétaire général Ewanga a animé une matinée politique hier mardi 19 juin à la permanence de l’UNC située sur l’avenue Croix-Rouge, dans la commune de Barumbu.

Entouré de plusieurs cadres du parti tels André Claudel Lubaya, Bitakuira, Mayo ... le Secrétaire général de l’UNC a dans un lingala châtié, propre aux « Bana Ekanga », rappelé les circonstances historiques ayant concouru à la création de leur parti. Ewanga a rappelé que l’initiateur de l’UNC, Vital Kamerhe, avait marqué sa rupture totale avec son ancienne famille politique, à savoir l’ex-AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle), après avoir constaté des dérives flagrantes dans la gouvernance du pays.

Ewanga en a profité pour souligner que la situation sécuritaire qui prévaut présentement à l’Est du pays vient de réhabiliter le président de leur parti, diabolisé autrefois à cause de sa farouche opposition aux opérations militaires conjointes décidées par les officiels congolais et rwandais et que devaient mener les armées du Rwanda et de la RDC à l’Est du pays pour neutraliser les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda).

La nouvelle guerre de l’Est conforte la position de Kamerhe qui avait proposé, à l’issue de la Conférence Goma, un plan pour stabiliser définitivement la partie orientale de la RDC dont la population reste la première victime des conflits armés qui durent depuis deux décennies.

Ewanga a interpellé le gouvernement congolais à sortir de sa réserve face au drame de l’Est du pays, en fixant le peuple congolais sur cette nouvelle agression du Rwanda contre la RDC étayée par des preuves irréfutables. Il a fustigé, à ce propos, le jeu des mots des autorités de Kinshasa, qui parlent de la passivité du Rwanda sur la formation des mutins sur son territoire alors qu’elle constitue une preuve éloquente de l’agression de ce pays voisin contre la RDC.

Tout en dénonçant la complicité des entreprises minières et de certains Congolais qui profitent financièrement de cette guerre, ce collaborateur de Kamerhe, qui ne voit pas d’un bon oeil la présence de la cheffe de la diplomatie rwandaise à Kinshasa, pense qu’il est temps d’adopter un ton ferme face aux agresseurs, en lieu et place d’accolades diplomatiques, pendant que le pays est poignardé dans le dos par Kigali,

Parlant du lancement de nouvelles coupures de billets de banque à haute valeur faciale, l’UNC émet des réserves sur l’élargissement de l’éventail fiduciaire de la monnaie congolaise. Il a fait savoir que son parti consulte ses experts en matière monétaire avant de se prononcer définitivement sur ces nouvelles coupures.

Ewanga a par ailleurs condamné la démolition par la police, sur ordre des autorités du pays, des boutiques, cabines de téléphonie mobile, « malewa » des gagne-petit, qui ont imaginé ces moyens de survie suite à l’incapacité du gouvernement de donner de l’emploi aux Congolais.

Il faut noter que la célébration du premier anniversaire de l’UNC a coïncidé avec la proclamation de son Secrétaire général, Ewanga, élu d’Ikela par la Ceni, après une longue période d’incertitude.

Eric WEMBA

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