21 avril 2015

Prof André Mbata parle du « Grand Soir » du régime et du « Triangle du glissement » Ministère de l’Intérieur-CENI-Cour constitut

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André Mbata Mangu (AMB) est Professeur des Universités et sans aucun doute l’un de plus brillants universitaires congolais et dans tous les cas le constitutionnaliste congolais le plus respecté au pays et à l’étranger. Il est l’auteur de deux ouvrages sur Barack Obama, d’un récent ouvrage sur Nelson Mandela, d’un autre ouvrage sur l’abolition de la peine de mort et le constitutionnalisme en Afrique ainsi qu’une centaine d’articles dans des revues scientifiques de renom. Dans une interview exclusive accordée à Congo News (C-N), Le Prof des Universités fait l’eschatologie du régime et parle du « Grand Soir » de la monarchie présidentielle, du respect de la constitution, du procès Kamerhe, de la Cour suprême de justice, de la Cour constitutionnelle, de la CENI, des réponses d’ Evariste Boshab à la question orale avec débat de Christophe Lutundula à l’Assemblée nationale, des manifestations de xénophobie en Afrique du Sud, et aussi de lui-même.

C-News: Prof, comment allez-vous ? On vous croyait condamné à l’exil après votre agression en Afrique du Sud !
AMB : Je vais bien et me voici de retour au pays. C’était ne pas me connaître que de me croire condamné à l’exil pour avoir fustigé la monarchisation du pouvoir présidentiel en Afrique et m’être inscrit en faux contre la révision de l’article 220 de la Constitution congolaise. Ce pays nous appartient à nous tous et nul ne peut être condamné à l’exil par une coterie au pouvoir qui aurait tort de croire en être le propriétaire.

C-News: Que s’est-il bien passé en janvier dernier en Afrique du Sud ?
AMB:
Je remercie d’abord les medias indépendants dont Radio Okapi, Congo News et Le Phare qui avaient aussitôt alerté l’opinion sur l’agression dont j’avais été l’objet. J’avais reçu des messages de sympathie et d’encouragement de plusieurs personnalités scientifiques africaines, congolaises, européennes et américaines ainsi que ceux des responsables politiques de l’opposition et même de la majorité au pouvoir à Kinshasa. Je n’avais jamais cru que j’étais tant suivi et que le combat que je menais pour le respect de la Constitution et l’Etat de droit démocratique au Congo était en réalité le combat de tout un peuple. Ce qui s’était passé en Afrique du Sud était un attentat contre ma personne. La première réaction des auteurs de cet attentat qui étaient armés de revolvers était de tirer sur moi et non d’exiger un quelconque bien. Ce qui a fait penser à un commando envoyé mais qui était condamné de fuir suite à l’intervention de la garde. L’enquête reste ouverte contre des inconnus qui semblent avoir été en mission commandée.

C-News: Vous aviez eu peur?
AMB : Bien sûr, mais c’est depuis longtemps que j’ai dominé la peur. En m’opposant aux Léviathans, à leurs sbires, aux thuriféraires et aux tambourinaires du pouvoir en Afrique et en enseignant un droit constitutionnel autre que celui de l’ inanition de la nation dans un monde dominé par la prostitution politique et intellectuelle, je ne me suis jamais douté que j’étais le constitutionnaliste le moins aimé des régimes autoritaires.

C-News: Vous sentez-vous à l’aise au pays ?
AMB : On n’est jamais mieux que chez soi. Et puis, si ailleurs l’assassin peut être cagoulé, ici au moins, tout le monde sait facilement d’où le coup viendrait. Et puis, j’étais content de retrouver mes étudiants de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

C-News: Comment se sont déroulées ces retrouvailles ?
AMB : L’accueil ne pouvait qu’être délirant. Mes étudiants avaient été les premiers à m’inonder de messages de sympathie. L’UNIKIN est en effet l’unique université du pays à bénéficier de mes services, ayant moi-même été formé dans cette université. C’est ici que je remplis mon devoir patriotique de contribuer à la formation des dirigeants congolais de demain qui seront plus respectueux de la Constitution de leur pays et des droits de leur peuple. D’ailleurs, je viens de terminer avec eux mon cours de droit constitutionnel.

C-News: Que leur avez-vous dit ?
AMB : Bien de choses et surtout le respect de la Constitution, des droits humains et des leurs propres devoirs comme citoyens de la République. Je termine ce cours avec la conviction que tous les aspirants à la monarchie présidentielle trouveront devant eux une génération nouvelle appelée à leur barrer la route et qui ne tolérera plus d’hérésies en matière constitutionnelle comme celles qui leur avaient été servies, une génération qui ne saura plus se nourrir des dogmes ni de slogans mais deviendra le premier rempart de la Constitution et de l’Etat de droit démocratique.

C-News: Prof, pourriez-vous revenir sur certaines idée-force et certains concepts qui vous sont attribués tels que la « monarchie présidentielle » et les «tambourinaires du pouvoir »?
AMB : Pas trop de choses à la fois. J’avais utilisé pour la première fois l’expression de « la vie après la présidence » en 2007 lorsque je présentais une communication inaugurale lors du Forum africain sur la gouvernance qui se tenait à Ouagadougou au Burkina Faso au cours d’une séance présidée par Blaise Compaoré en présence de l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano et du président rwandais Paul Kagamé. Je la concluais en invitant les Chefs d’Etat africains, y compris Blaise Compaoré, l’hôte du Forum, à ne pas chercher à se cramponner au pouvoir et à quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne les quitte.

C-News: Quelle était alors la réaction de Compaoré ?
AMB : Sa réaction était celle propre à tous les autocrates. Il était si sûr de lui-même. Il doit à présent se mordre les dents dans son lieu d’exil où il est allé seul alors que tous ceux qui ne juraient que par son nom ont disparu dans la nature.

C-News: C’est le même conseil que vous aviez donné à Joseph Kabila dans une lettre ouverte datant de septembre 2013 et à laquelle il n’a jamais répondu ?
AMB : Comme citoyen de la République, je lui conseillais de tirer les leçons de l’histoire récente de notre pays et de l’Afrique avec les dirigeants comme Mobutu et Compaoré et de se retirer du pouvoir en 2016 après avoir fait ses adieux au peuple congolais qui l’aura accepté à la tête de l’Etat pendant 15 ans. Le peuple congolais et d’autres peuples d’Afrique ne toléreront plus. Il y a une vie après la présidence.

C-News: Et la monarchisation du pouvoir présidentiel ?
AMB : Des hommes généralement jeunes qui arrivent au pouvoir à la suite du décès de leurs pères en violation des dispositions constitutionnelles en la matière comme on l’a vu au Togo, au Gabon, et en RDC ; des fils préparés pour succéder à leurs pères comme c’était le cas au Sénégal, en Egypte, en Lybie et actuellement en Uganda, au Congo-Brazzaville ou en Guinée équatoriale ; des sœurs, frères, cousins, cousines, oncles, tantes, femmes et mères des présidents qui se comportent comme des membres d’une dynastie royale et qui ont préséance sur les membres du gouvernement ; des Présidents qui croient s’éterniser au pouvoir par des violations constitutionnelles et des fraudes électorales avec l’ aide d’une armée de courtisans ; c’est à tout cela que renvoie le concept de « monarchie présidentielle ».

C-News: Et qui appelez-vous les « tambourinaires du pouvoir » ?
AMB : Il s’agit en réalité des thuriféraires et des flatteurs du pouvoir, des politiciens du ventre, des journalistes du ventre, des intellectuels du ventre, des professeurs du ventre, des pasteurs et évêques du ventre et de tous ces hommes et femmes sans scrupule qui ont vendu leur âme au diable et sacrifié des valeurs sur l’autel de leurs intérêts matériels en se mettant au service des monstres qui gouvernent.

C-News: Que pensez-vous de la justice dans notre pays ?
AMB : Le Congo n’est pas seulement malade de sa classe politique et intellectuelle, mais aussi de ses cours et tribunaux. Contrairement au prescrit de la Constitution, il n’y a pas de justice indépendante. Elle interpelle, juge et condamne ceux que le pouvoir en place voudrait interpeller, juger et condamner.

C-News: Un commentaire sur la Cour suprême de justice?
AMB : Jamais dans l’histoire du Congo on n’a connu une Cour aussi asservie au pouvoir et aussi incompétente que la Cour suprême de Justice condamnée constitutionnellement à disparaître. On peut se souvenir de ses arrêts iniques dans les contentieux électoraux de 2006 et 2011 lorsque cette Cour avait validé des résultats frauduleux, allant même jusqu’à insinuer en 2011 que le droit n’interdisait pas à un candidat à une élection présidentielle d’obtenir plus de 100% de voix dans une circonscription ! En 2011, les magistrats de la Cour suprême avaient été internés dans un hôtel de Kinshasa pour décider du contentieux électoral.

C-News: Et l’Affaire Kamerhe ?
AMB : Ce procès de la honte de la justice aura révélé au monde entier son instrumentalisation par le pouvoir en place et aussi l’incompétence des magistrats de la Cour suprême de Justice du Congo. Tout le monde dans la MP comme dans l’opposition sait que les élections de 2011 avaient été un cocktail de fraudes et avaient été dénoncées par tous. Dans cette affaire instruite par le parquet général sur injonction de l’ancienne Ministre de la Justice, le Procureur général et l’ensemble des juges de la Cour se sont accordé le pouvoir de juger Mr Kamerhe. Pourtant, même un étudiant de la première année de la Faculté de Droit sait que Mr Kamerhe n’est plus justiciable de la Cour suprême depuis son départ de l’Assemblée nationale. Tenez, uriner en public est une infraction d’attentat aux bonnes mœurs. Est-ce pour autant que le Parquet va poursuivre ? Imaginez combien de gens seraient alors poursuivis dans la Ville de Kinshasa ou ailleurs ! Aussi, il n’y avait aucune opportunité de poursuite contre Mr Kamerhe qui condamnait les fraudes non pas à titre personnel, mais comme le responsable d’un parti politique qui est une personne morale.
Le Parquet agit sur injonction du Ministre de la Justice, membre du gouvernement de la MP. C’est tout simplement un procès politique pour nuire à celui qui est devenu l’un des plus farouches opposants du régime. Sur un autre chapitre, considérant une décision récente de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, je pense que notre droit qui reste d’inspiration coloniale est dépassé. Un gouvernement et un parlement responsables dans notre pays devront le moment venu dépénaliser l’infraction d’imputations dommageables à l’ endroit de la presse, des acteurs politiques ou des personnes publiques.

C-News: Que pensez-vous de la Cour constitutionnelle ?
AMB : Elle sera présidée par un magistrat qui avait joué un rôle important dans le contentieux électoral de 2006 quand il était juge à la Cour suprême et dont certains ont considéré la nomination comme une récompense méritée pour des services rendus. En regardant au passé de ses membres qui sont tous des sociétaires de la Majorité présidentielle ou apparentés, il y a de fortes inquiétudes au sujet de l’indépendance de la Cour et de sa capacité de contribuer à la promotion de l’Etat de droit dans notre pays. D’autre part, le contentieux constitutionnel est un contentieux très technique et rigoureux qui n’a rien à avoir le contentieux des divorces, des conflits parcellaires, d’abus de confiance, de diffamation et de vol dans lesquels beaucoup de nos magistrats se sont spécialisés. Un recyclage s’impose pour les membres de la Cour constitutionnelle. Je voudrais bien leur faire confiance et les voir démentir tout le mal qui se dit à leur sujet en exerçant le « devoir d’ingratitude » envers ceux qui les ont nommés et dont le mandat s’arrête heureusement en 2016. L’affaire Kamerhe sera un important test. Plus important encore sera la requête pour la déclaration de l’inconstitutionnalité de la peine de mort que je viens de déposer devant cette Cour.

C-News: Que pensez-vous de l’indépendance de la CENI?
AMB : Elle est constitutionnelle. Cependant, les membres de la CENI et ceux du gouvernement en parlent tellement que de nombreuses personnes ont fini par croire qu’ils le font parce qu’elle n’est pas en réalité indépendante. La CENI qui n’est même pas une institution constitutionnelle de la République, mais un simple organe de l’Etat ne saurait être plus indépendant que l’Etat congolais qui fonctionne actuellement comme un Etat failli sous tutelle de la Communauté internationale, un Etat nourri aux mamelles de cette Communauté, incapable de sécuriser son propre territoire sans elle, incapable de financer une enquête internationale sur ses nombreuses fosses communes, de se construire un « Palais de Justice », ou de financer ses propres élections. L’Etat congolais est même incapable de décider du départ des troupes étrangères de son territoire comme on l’a vu lors du débat sur la prolongation du mandat de la MONUSCO.

Les visites régulières des représentants de la Banque mondiale et du FMI à Kinshasa apparaissent comme des visites d’inspection des organisations qui exercent la tutelle sur la fameuse « Troïka économique » du gouvernement et la Banque centrale et qui en cas de besoin n’hésitent pas de convoquer les responsables congolais à Washington. On ne peut pas parler d’indépendance dans la dépendance ni de liberté et de souveraineté dans la servitude. La CENI ne saurait donc être plus indépendante que l’Etat congolais qui ne l’est pas. ’

C-News: Pour vous la CENI n’est donc pas indépendante ?
AMB : Sur papier oui, mais en réalité, elle n’a jamais été indépendante. Elle ne l’était déjà pas sous la direction du Pasteur Malu Malu ni celle de l’Abbé Malu Malu. Rien n’a changé pour qu’elle soit plus indépendante avec le retour à sa tête de cet arrogant prélat catholique qui n’a cessé d’importuner la Nation tout entière après avoir nargue la CENCO et le Vatican et qui trouverait mieux sa place dans les rangs des communicateurs de la Majorité présidentielle (MP) plutôt que dans un presbytère ou dans une paroisse. Dans les faits, la CENI est sous la tutelle de la MP qui a nommé ses membres et envers qui elle tient à rester loyale. Cette tutelle est exercée par l’Assemblée nationale dirigée par le Secrétaire général de la MP et le gouvernement de la Majorité, plus spécialement le Vice-premier ministre et ministre de l’intérieur qui depuis longtemps partage la même loge que le président de la CENI. On comprend que les communicateurs de la Majorité et le porte-parole du gouvernement soient devenus aussi des porte-paroles de la CENI et que toute critique contre la CENI soit ressentie comme une attaque contre la Majorité. Comme l’a démontré la question orale de l’Honorable Lutundula, le discours sur l’indépendance de la CENI et sa capacité d’organiser des élections crédibles n’impressionne plus personne même dans les rangs des dindons (de la farce), des pigeons (faucons et colombes) et d’autres oiseaux de la basse-cour de la ferme la plus célèbre du Congo.

C-News: Vous parliez d’une «loge» à laquelle appartiendraient le Vice-premier ministre Évariste Boshab et l’Abbé Malu Malu, le président de la CENI ?
AMB: Pas de « prima curia » comme du temps de Maréchal Mobutu. Cependant, lorsque le livre du Prof Boshab présenté à l’Hôtel du Fleuve était encore en discussion, j’avais affirmé que ce livre avait été soutenu par la Cellule d’appui à la politologie pour l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (CAPAC) dirigée par le belgo-congolais Bob Kabamba. Le Prof Boshab et l’Abbé Malu Malu étaient parmi les éminents membres de cette cellule. Le premier devait utiliser son savoir scientifique pour convaincre la Nation d’accepter la révision de l’article 220 de la Constitution pour donner un troisième mandat au président en exercice pour ne pas être condamnée à mort ou à l’«inanition ». Quant à l’Abbé Malu Malu, il avait mission de recourir à son incontestable expertise en matière de fraudes électorales par la manipulation du fichier électoral pour organiser un référendum et en proclamer les résultats en faveur du régime. A périodes exceptionnelles, hommes exceptionnels. Il existe depuis longtemps une complicité indéniable entre les deux hommes et ce n’est pas un pur hasard si l’un dirige aujourd’hui le puissant ministère de l’intérieur et que le prélat catholique qui avait déjà fait un excellent travail en 2006 a été rappelé et maintenu à la tête de la CENI malgré toutes les protestations de la CENCO. La mission est simple : multiplier les stratégies (mise en place de nouvelles provinces, retard dans le dépôt du projet de loi sur la répartition des sièges…) pour qu’en 2016 la CENI soit en mesure de demander et d’obtenir de la Cour constitutionnelle le report des élections présidentielles et législatives avant d’exercer le « ministère de la fraude » lorsque ces élections auront finalement lieu. Le gouvernement à travers le ministère de l’intérieur, la CENI et la Cour constitutionnelle nouvellement installée constituent le nouveau triangle du glissement du cycle électoral en RDC.

C-News: Et le calendrier de la CENI?
AMB : Sous pression de l’Opposition et de la Communauté internationale, cette CENI prétendument indépendante a fini par lâcher après s’être entêtée pendant plusieurs mois. Son calendrier est global certes, mais les propos entendus dans les rangs de la Majorité et de l’Opposition lui dénient un caractère consensuel. Le calendrier est aussi irréaliste. Le gouvernement qui vient de décider de la mise en place tardive des provinces n’a pas les moyens de sa politique qui est en réalité celle de la Majorité. Lors du débat de samedi dernier à l’Assemblée nationale, l’Honorable Bamporiki a démontré sans être contredit par le Ministre de l’Intérieur que depuis 2013, le gouvernement qui viole la Constitution en ne rétrocédant pas les 40% des ressources nationales aux provinces n’a même pas débloqué 15% du budget voté pour les élections et qu’il ne pourra pas faire en trois mois ce qu’il n’a pas pu faire en trois ans.

Il n’y a pas de réelle volonté politique de terminer les élections en 2016. Après avoir échoué à faire réviser la Constitution et à obtenir le report des élections en le subordonnant au recensement de la population qui pouvait prendre 4 à 8 ans, le gouvernement reste dans la même logique en préparant le terrain pour le report des élections en violation de la Constitution. L’ONIP dont on disait qu’il pouvait organiser le recensement dans moins d’un an n’même pas encore de bureau ni de personnel, preuve que ce n’était qu’un bluff. Il n’y a pas d’argent pour organiser les élections locales dans 67000 bureaux de vote repartis. Ces élections bien qu’importantes qui n’ont pas été organisées depuis 8 ans peuvent attendre 2017.

C-News: Ces différentes stratégies de report des élections peuvent-elles réussir ? Et pour vous, est-ce le temps de la fin du régime de la Majorité présidentielle ?
AMB : Je ne pense pas que notre peuple se laissera faire, lui qui avait envoyé au mois de janvier un message clair à la Majorité qui venait nuitamment de cracher sur la tombe de Patrice Lumumba, notre Héros national, en votant une loi électorale en violation de la Constitution. Ce message avait été capté 100% par son Autorité morale. Il n’y a pas lieu de faire marche arrière pour ne pas subir le sort de la femme de Lot dans la Bible. Le Marechal Mobutu qui avait succombé aux conseils des tambourinaires de son pouvoir en revenant sur ses promesses démocratisation d’avril 1990 en sait quelque chose. Le mouvement est irréversible. L’histoire a toujours fini par écraser ceux qui ont osé aller dans le sens contraire. Pour la MP comme pour le président, il y a un temps pour gouverner et un temps pour partir, un temps pour travailler et un temps pour se reposer si on a bien travaillé pour son peuple. Mon conseil : il ne faut rien forcer au risque de tout casser. Il y a une vie après la présidence et après le pouvoir. Notre peuple a besoin de a MP dans l’Opposition.

C-News: Vous parlez du « glas »qui aurait sonné pour emprunter le titre du livre écrit naguère par Honoré Nganda ? Est-ce bien l’eschatologie ou le « Grand Soir » du régime ?
AMB : Un peu de tout cela. Mr Ngbanda qui avait été l’un des piliers de la dictature du Maréchal Mobutu était parmi les premiers à tirer sur le monstre qu’ils avaient servi avec loyauté et qu’ils adoraient. Le MPR n’avait pas survécu et la MP telle qu’on la connait actuellement ne survivra pas. C’est bien le « Grand Soir » du régime, l’eschatologie. Le « coq » s’apprête à chanter pour amener au-devant de la scène des personnages comme Pierre qui répéta plus d’une fois qu’il ne connaissait pas Le Seigneur Jésus-Christ alors qu’il mangeait et buvait avec lui. C’est le début du temps de la fin et celui des reniements déjà vécu par les anciens dignitaires du régime Mobutu aujourd’hui dans le gouvernement de la majorité. Moins d’une année après la chute de leur « dieu », « Mulopo » ou « Mulopwe » Mobutu, Sakombi Inongo –paix à son âme – le bouillant ministre de l’information – en réalité de la désinformation – qui a son sosie bien connu dans le régime actuel se convertissait en devenant « Frère Dominique » pour témoigner partout que Mobutu n’était qu’un démon qui buvait du sang humain. J’espère vivement qu’après 2016, la MP actuelle ne fera pas la même chose que le MPR en donnant naissance à un nouveau converti (Frère, Pasteur, Prophète…) qui puisse raconter des bêtises en prétendant que quelqu’un dans son sein buvait du sang… des fosses ou des tombes communes ! Au Congo, l’histoire semble malheureusement se répéter avec des personnages qui se ressemblent étrangement au point de vous donner des sueurs froides et des crises cardiaques.

C-News: Un mot sur les fosses ou tombes communes ?
AMB : La Bible dit que rien de ce qui se fait de nuit ne restera caché. C’est incroyable que les gouvernants qui se réclament du peuple puissent réserver un tel traitement inhumain à leurs compatriotes morts indigents après qu’ils les aient eux-mêmes condamnés à cette indigence. Une enquête indépendante et internationale est nécessaire pour faire la lumière sur cette affaire. La refuser serait une preuve que le gouvernement a des choses à cacher, contrairement aux nombreux démentis de ses porte-paroles. En outre, les indigents ne sont pas des inconnus. S’ils n’ont pas été ramassés dans la rue mais des parents les ont amenés à l’Hôpital avant de les abandonner faute de moyens, ils étaient au moins enregistrés. Les fiches et certificats de décès sont également nécessaires pour nous convaincre qu’il s’agissait des indigents. En outre, on devrait permettre l’exhumation des corps. Le ministre de la justice ne doit pas tromper le peuple en prétendant que celle-ci dépend des autorités judiciaires lorsqu’il sait que le parquet qui instruit le dossier n’est pas indépendant et travaille sous ses instructions. Enfin, avons-nous des dirigeants humains ? Qu’avons-nous fait des valeurs africaines qui nous imposent le respect à la fois pour les vivants et pour les morts qui deviennent nos ancêtres ?

Comment un gouvernement qui prétend avoir des millions de dollars pour recenser la population, mettre en place de nouvelles provinces et organiser des élections dans 67 000 bureaux de vote pouvait-il manquer moins d’un million de dollars pour payer des cercueils et enterrer dignement moins de 500 personnes au lieu de les jeter comme des chiens dans un trou ? L’exhumation aura lieu tôt ou tard. Les victimes seront bien identifiées et les personnes responsables subiront toute la rigueur de la loi en droit pénal national ou international pour crime contre l’humanité qui est un crime imprescriptible et que le temps ne peut donc pas effacer.

C-News: Avez-vous à dire sur l’arrestation et puis la libération des militants pro-démocratie du « Balai citoyen » et de « Y’ en a marre » et sur leur collègues du mouvement Filimbi en prison?
AMB : Très mauvaise et honteuse publicité internationale pour le pays. Preuve, s’il en était encore, que nous sommes encore loin de l’Etat de droit démocratique où les droits et libertés sont garantis. Toutes ces personnes devraient être libérées sans délai. Les qualifier de terroristes serait simplement faire preuve de cécité et de surdité intellectuelles et politiques. Comme dans l’Apocalypse, une forte trompette a sonné pour annoncer la fin des régimes autoritaires et corrompus et le début d’une ère nouvelle en Afrique. Il serait mieux de l’entendre pour échapper au « jugement dernier » et ne pas rater l’Enlèvement et la rencontre avec Le Seigneur.

C-News: Un mot la question orale avec débat de l’Honorable Christophe Lutundula à l’Assemblée nationale ?
AMB : Félicitations à Christophe Lutundula, un juriste brillant et intègre qui n’avait pas toujours su défendre ses idées au sein de la Majorité, mais mieux vaut tard que jamais. On l’a qualifié de « traitre » et d’«ingrat ». J’ai entendu des gens qui ne lui arrivent même pas à la cheville contester ses connaissances comme juriste et le traiter de tous les noms parce qu’il a su s’élever au-dessus de la basse-cour et du raisonnement de ses applaudisseurs automatiques. J’ai surtout apprécié sa conclusion : « si nous ne réglons pas les problèmes, les problèmes finirons par nous régler les comptes tôt ou tard ».

C-News: Et les réponses du Vice-premier ministre Evariste Boshab ?
AMB : Je le connais depuis plus de trois décennies depuis qu’il était notre ainé à la Faculté de Droit de l’UNIKIN et le Maire du Home 30 sur le Campus. Evariste est resté égal à lui-même et ses réponses ne pouvaient convaincre que la basse-cour. Cependant, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir su mettre son génie au service du régime et le poste de Premier ministre aurait été une juste récompense du régime qu’il sert avec loyauté depuis des années, multipliant des stratégies pour lui permettre de conserver le pouvoir même jusqu’à ce que Le Seigneur Jésus-Christ revienne. En 2011, il était l’un des architectes de la révision constitutionnelle ayant supprimé le second tour de l’élection présidentielle. Lors des élections, pour assurer la majorité à son parti, le PPRD, avec le concours du Prof Lumanu, le Ministre PPRD de l’Intérieur, il avait eu l’intelligence de créer une constellation d’environ 300 partis politiques qui avaient présenté des candidats avant de disparaître. Son livre « Entre la révision de la constitution et l’inanition de la nation » n’avait comme objectif que de contribuer à la pérennisation du pouvoir par son parti. Devenu ministre de l’intérieur, il a joué un grand rôle dans la mise en place de l’ONIP œuvrant sous la tutelle de son ministère et dirigé par le Prof Lumanu. L’inclusion du recensement comme préalable aux élections dans le projet de loi électorale présenté à l’Assemblée nationale au mois de janvier dernier était également l’œuvre de son génie. Le connaissant bien depuis des années, j’ai toujours bien compris le Prof même lorsqu’il parle à demi-mots ou lorsqu’il se tait tout simplement. Sa réponse à la question de l’Honorable Lutundula était claire et limpide et c’est la réponse de la MP et de son gouvernement qui reste dans la logique de la conservation du pouvoir et du report des élections présidentielles en mettant précipitamment en place de nouvelles provinces et en exigeant l’organisation des élections municipales et locales tout en sachant bien que les finances nationales ne permettront pas l’organisation de l’élection présidentielle. L’Abbé Malu Malu avait déjà dit qu’il s’adresserait à la Cour constitutionnelle si la CENI était incapable d’organiser les élections dans les délais. Et si, en se fondant sur l’insuffisance de moyens financiers que le gouvernement ne lui donnera pas, la CENI utilisait cet argument comme un cas de « force majeure » devant la Cour constitutionnelle, celle-ci n’aurait aucun pouvoir pour la contraindre d’organiser l’élection présidentielle. Les membres de la Cour n’auraient même aucun intérêt à le faire eux qui ont une lourde dette morale à payer à la MP. Toutefois, les choses ne sont pas si simples.

Il faudra éviter que le peuple souverain qui s’est déjà exprimé en janvier et qui reste en éveil ne se remette en action. Nul n’est plus grand que le peuple et nous ne devrions pas nous entêter en faisant prévaloir nos intérêts partisans et égoïstes sur ceux de notre peuple. Il n’y aurait aucun problème si le gouvernement pouvait organiser toutes les élections, des locales à la présidentielle en 2016. Cependant, comme il ne le peut pas faute de moyens, préparons uniquement des élections parlementaires et présidentielles crédibles en 2016 et les autres peuvent être organisées après.

C-News: Qu’avez-vous à dire sur les attaques xénophobes en Afrique du Sud ?
AMB : Une honte pour l’Afrique du Sud, pour l’ANC et pour le gouvernement du Président Jacob Zuma qui avait allumé le feu en adoptant des lois sévères sur l’immigration et l’attribution des visas après avoir bénéficié du soutien d’autres peuples africains dans la lutte contre l’ Apartheid. Mandela devait se retourner dans sa tombe et les Sud-africains devraient avoir honte et se sentir ridicules partout où ils se trouvent. Ils n’attaquent pas les Blancs qui les ont chosifiés durant l’apartheid, mais leurs propres frères et sœurs africains qui les avaient aidés à combattre ce système odieux. Le fils de Zuma fait partie des instigateurs de ces attaques. Un gouvernement congolais responsable aurait réagi comme l’a fait le Nigeria en envoyant un message clair au gouvernement sud-africain. Président ou Premier Ministre congolais, je n’aurais pas hésité d’interdire les vols SAA pendant tout le temps que les sud-africains continueraient avec leurs attaques contre d’autres africains. J’aurais rappelé en consultation notre Ambassadeur à Pretoria tout en convoquant celui d’Afrique du Sud à Kinshasa et les sociétés sud-africaines comme VODACOM recevraient un message de mon gouvernement à l’intention du peuple sud-africain.

C-News: Prof, quel est finalement votre avenir politique, un universitaire ou un politicien ?
AMB : Un universitaire et un homme politique ou un homme d’Etat plutôt qu’un politicien dans le sens péjoratif que ce mot revêt au Congo. Je reste un universitaire résolument engagé à la cause de son peuple, partageant non seulement ses souffrances, ses peines et ses inquiétudes, mais aussi ses espoirs et ses rêves pour le changement et le mieux-être. Chaque chose a son temps. Je suis content dans ma peau de professeur des universités. Je continue à enseigner les valeurs et les principes de l’Etat de droit démocratique aux hommes et femmes au pouvoir ou dans l’opposition, aux gouvernants comme aux gouvernés. Je verrai le moment venu quel autre rôle je pourrais jouer pour continuer à servir notre peuple. En attendant, je ne peux me réjouir avec lui de la victoire historique que nous avons remportée contre les démons de la dictature, de l’autoritarisme et de la monarchisation du pouvoir en barrant la route aux partisans de la révision ou du changement de la constitution. Cependant, a luta continua. Notre lutte pacifique pour l’avènement et la consolidation d’un Etat de droit démocratique tel que recherché par notre peuple doit se poursuivre car notre victoire n’est pas encore complète. Nous n’avons fait qu’un bout du chemin.

MTN

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20 avril 2015

Adolphe Muzito donne l’alerte:Nouvelles provinces et élections locales; la faillite de l’Etat, la vérité en chiffres

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Les opérations liées aux élections provinciales, urbaines, municipales et locales ainsi que celles relatives à l’installation des nouvelles provinces et entités locales relèvent, constitutionnellement, de la responsabilité du Gouvernement central.

Les dépenses y relatives pourraient ainsi être financées par le budget du Gouvernement central dans l’hypothèse où celui-ci disposerait des crédits à cet effet.
Le Gouvernement pourrait s’en sortir en recourant à des ressources extraordinaires, pour ces dépenses, qui restent ponctuelles. Cela pourrait se faire dans le cadre d’un budget rectificatif que le Gouvernement pourrait présenter au Parlement, au second semestre de l’année en cours.
La présente réflexion n’a donc pas pour préoccupation d’examiner les difficultés financières du Gouvernement liées à ces dernières opérations. Nous sommes conscient de leur coût élevé et de leur impact sur le budget du Gouvernement central, qui du reste ne l’a pas programmé pour l’année en cours.
Notre préoccupation ici concerne plutôt l’examen de la capacité financière de nouvelles provinces et entités territoriales décentralisées, à supporter leurs dépenses courantes, qui seront issues du démembrement et des élections locales, c’est-à-dire :
a) les crédits de fonctionnement et des rémunérations du personnel des nouvelles provinces, de leurs institutions et administrations ;
b) les crédits de fonctionnement et rémunérations des élus locaux, du personnel administratif et d’appoint desdites entités.
La réflexion porte sur la situation financière des dites provinces et ETD pour la période qui couvre le second semestre de l’exercice 2015 et l’exercice 2016, après leur mise en place.
Après leur mise en place les nouvelles provinces ainsi que l’ensemble des ETD, au niveau actuel de leur potentiel fiscal et de la rétrocession leur versée par le Gouvernement central, seraient-elles capables de couvrir leurs dépenses de rémunération du personnel politique et administratif ?

I. Découpage : Impasse budgétaire de nouvelles provinces pour l’Exercice 2015
Nous partons de la clef habituelle de répartition des 40% des recettes à caractère national, telle que fixée par le Gouvernement de la République, au courant de la période 2012 – 2015, pour voir si, avec la quotité de ces recettes, soit 241 milliards de FC en 2015, les 26 provinces pourront couvrir les dépenses de fonctionnement, celles des rémunérations de leur personnel et rétrocéder aux entités administratives, les 40% qui leur reviennent.
Comme on l’a relevé dans la précédente tribune, le Gouvernement en 2015 repartit de la manière ci-après les 2.033 milliards de FC, soit 40%, alloués aux 11 provinces :
- les 1.790 milliards de FC affectés aux investissements provinciaux et aux rémunérations des personnels des domaines à compétences exclusives (EPSP, Santé, Agriculture, Affaires coutumières,….) ;
- les 241 milliards de FC aux fonctionnements des provinces et leurs entités administratives (rémunérations du personnel politique) et fonctionnement des institutions provinciales et des ETD.
En répartissant le crédit de fonctionnement (241 milliards de FC) entre les 26 provinces, on constate qu’en moyenne chacune de nouvelles provinces va encaisser une tranche inférieure à 14 milliards de FC, crédit minimum de fonctionnement versé au Maniema en 2015.
En accordant ainsi à chaque nouvelle province ce minimum de 14 milliards de FC pour son fonctionnement, le crédit total nécessaire pour le fonctionnement de ces 26 provinces s’élève à 411 milliards de FC.
Par rapport au crédit total de fonctionnement disponible pour les 26 provinces en 2015, soit 241 milliards de FC, le montant de 411 milliards de FC ne peut être couvert que partiellement par ces 241 milliards de FC.
D’où l’impasse de 170 milliards de FC qui implique le déficit de toutes les nouvelles provinces en dehors de l’Ituri et du Haut Katanga.
Le déficit ou besoin de financement pour les 19 nouvelles provinces va donc s’élever à 170 milliards de FC (soit 411 milliards – 241 milliards de FC) pour ledit exercice, comme l’indique l’Annexe n°1.
Il est à noter bien évidemment qu’il faut considérer plutôt la moitié de ce besoin de financement, soit 85 milliards de FC, car celui-ci ne couvre que la moitie de l’année, c’est-à-dire le dernier semestre 2015.
Ce déficit pour 2015, soit 170 milliards de FC lié au découpage ne va pas être couvert en 2016, en dépit du fait que le budget en ressources propres du Gouvernement central va augmenter de près de 12% (notre hypothèse, Tableau ci-après). La quotité additionnelle de la part que le Gouvernement central va verser aux nouvelles provinces, soit 44 milliards de FC (285 milliards de FC – 241 milliards de FC) en 2016, ne va pas couvrir ce besoin de financement lié à l’opération du démembrement (170 milliards de FC).
Evolution du budget de l’Etat et prise en charge du coût lié aux nouvelles provinces (Budget 2016)
II. Elections locales : Déficit inhérent à la mise en place des organes délibérants et exécutifs locaux issus des élections locales
L’impact sur les budgets des ETD est ici double. Il concerne les dépenses de rémunérations des personnels politiques et administratifs des ETD et les dépenses de fonctionnement de celles-ci.
2.1. Elections locales : Impact lié aux rémunérations des personnels politiques et administratifs des ETD (Annexe n°2)
Avec les nouvelles provinces, la République Démocratique du Congo compte 1.433 Entités Territoriales Décentralisées (ETD) dont 97 villes, 336 communes urbaines, 267 communes rurales, 474 secteurs et 259 chefferies.
A l’issue des élections locales et municipales projetées en 2015, le personnel politique des institutions locales aura un effectif de près de 40.948 dont 16.452 élus comprenant :
- 1.344 Conseillers urbains élus au suffrage indirect à raison de 4 conseillers par commune urbaine ;
- 194 Maires et Maires adjoints ;
- 7.844 Conseillers communaux (pour une moyenne de 13 conseillers par commune) ;
- 1.206 Bourgmestres et Bourgmestres adjoints ;
- 3.318 Conseillers de secteurs ;
- 474 Chefs de secteurs ;
- 1.813 Conseillers de chefferie et
- 259 Chefs de chefferie.
A cela s’ajoute 2.963 Echevins dont 291 urbains, 1.206 communaux et 1.466 pour les secteurs et chefferies.
Quant au personnel d’appoint, il est estimé à 21.533 avec une moyenne de 2 agents pour les membres des bureaux des organes délibérants et exécutifs locaux.
Avec un barème de :
- Maire 500 $
- Maire Adjoint 450 $
- Conseiller Urbain 400 $
- Echevin 400 $
- Bourgmestre 400 $
- Bourgmestre Adjoint 350 $
- Conseiller communal 300 $
- Chef de secteur ou chefferie 400 $
- Conseiller de secteur ou chefferie 250 $
L’impact annuel des rémunérations est de 110 milliards de FC soit 118 millions de USD qu’il faut rechercher en 2016.
2.2. Elections locales : Impact lié aux dépenses de fonctionnement des ETD (Annexe n°3)
Si le fonctionnement minimal d’une ETD est estimé à 5.000 $ pour une ville, 3.500 $ pour une commune et 1.300 $ pour un secteur ou une chefferie, l’impact annuel est de 40 milliards de FC, soit 43 millions de USD.
Les ressources additionnelles de la rétrocession en 2016 soit 44 milliards de FC ne pourront pas couvrir non plus les dépenses additionnelles liées aux rémunérations des ETD et au fonctionnement des organes issus des élections locales et municipales, soit 150 milliards de FC, c’est -à- dire :
- 110 milliards de FC de rémunérations des ETD
- 40 milliards de FC de fonctionnement des ETD.
Comme on le voit le fonctionnement des organes issus des élections locales et municipales combiné avec celui lié à l’installation de nouvelles provinces nécessite des crédits de 320 milliards de FC en ressources courantes, soit :
- 170 milliards de FC de l’impasse de nouvelles provinces
- 110 milliards de rémunérations des ETD
- 40 milliards de FC de fonctionnement des ETD, que le budget des provinces et des ETD ne pourront couvrir en 2016 et qu’il faudra chercher.
Il nous revient de rappeler que le Gouvernement central ne verse pas aux provinces la totalité de l’enveloppe des 40 %. Les provinces, elles aussi, de ce fait, éprouvent du mal à le faire au profit des ETD, sur les quotités leur versées par le pouvoir central, comme sur leurs ressources propres.
Deux raisons expliquent clairement cette situation :
D’abord, celle liée à la modicité des montants que leur verse le Gouvernement central, deuxièmement celle liée au faible taux de mobilisation de leurs budgets en ressources propres, qui se situe autour de 30 et 40%.
Pour cette raison, les ETD auront ainsi des difficultés pour couvrir les déficits ci-haut relevés de leurs budgets.
Il apparait clairement qu’après leur installation en 2016, les 1.433 ETD seront dans leur quasi-totalité en faillite, puisqu’elles ne disposeront pas de crédits nécessaires, soit 150 milliards de FC pour financer leur fonctionnement et payer les salaires des élus et du personnel administratif.

III. Démocratie locale et tendance à l’augmentation du train de vie de l’Etat au détriment des dépenses de développement local
Nous rappelons que le budget du Gouvernement congolais en ressources propres connaît, depuis 2001, un taux d’accroissement très impressionnant.
Il est passé de 300 millions d’USD en 2001 à 6 milliards d’USD en 2015. Ce dont le pays doit se féliciter.
Cependant, il reste encore très bas par rapport aux défis d’un pays qui a un grand retard à combler, dans la construction d’un appareil de l’Etat digne de sa taille.
Le Gouvernement au courant de ces dernières années (2001-2015), a toujours eu tendance à consacrer les augmentations successives des ressources publiques, à l’amélioration du train de vie de l’Etat pour ramener celui-ci à la normalité. D’où l’augmentation dans la période plus que proportionnelle des dépenses de souveraineté au détriment de celles des infrastructures.
C’est ainsi que le budget en ressources propres du pays bien qu’ayant passé de 2 milliards de USD en 2008 à 6 milliards de USD en 2015, les quotités relatives au social (salaires) et aux infrastructures, n’ont pas respectivement augmenté dans les mêmes proportions.
Bien au contraire, c’est le train de vie de l’Etat qui a augmenté plus que proportionnellement.
Cette tendance qui correspond à un besoin légitime de rattrapage, présente un danger.
Nous pouvons illustrer cette affirmation avec un petit exemple historique. En 2008, avec un budget de 2 milliards de USD en ressources propres, le Gouvernement de la République, avait signé un accord de financement de 3 milliards de USD avec les partenaires au profit du programme des infrastructures publiques. Ce programme prévoyait des décaissements annuels sur 5 ans de 600 millions de USD.
Ce crédit a, à ce jour été faiblement mobilisé. Cependant, entre 2008 et aujourd’hui, le Gouvernement a su augmenter son budget en ressources courantes qui sont passées de 2 milliards à 6 milliards de USD, soit une augmentation de 4 milliards de USD.
Bien que le crédit chinois n’a pas été mobilisé significativement pour financer l’ambitieux programme des infrastructures, les ressources nationales propres qui ont augmenté dans l’entretemps, n’ont pas été utilisées pour combler le gap.
Et, on constate tristement que les infrastructures routières n’ont pas été modernisées, celles commencées n’ont pas été parachevées (RN 1) à cause d’un certain penchant de notre part à chercher à normaliser le confort de l’Etat et son train de vie à chaque fois que ses ressources budgétaires augmentent.
On peut dire que la démocratie locale avec la mise en place des entités des organes politiques à la base est en train de prendre le pas sur la construction, le développement économique et le renforcement administratif desdites entités.
Pour financer les nouvelles charges liées à l’installation des organes des entités locales, le Gouvernement devra orienter les ressources courantes additionnelles, aux salaires d’un personnel politique improductif, au dépens de la modernisation des routes de dessertes agricoles et des dépenses de salaires des enseignants dont 250.000 unités restent non payées depuis de nombreuses années.

L’ETAT CONGOLAIS EN FAILLITE NON DECLAREE
La RDC est un Etat en faillite non déclarée et cela dès sa naissance. Elle n’est pas encore parvenue à sortir de cet état. Bien que son budget connait un taux de croissance impressionnant depuis 2001, celui-ci n’a pas encore atteint son niveau optimal du fait du retard historique à rattraper économiquement parlant.
La tendance pour le Gouvernement, entre-temps, de privilégier le retour à la normalité dans son effort de refondation de l’Etat (renforcement de la défense, de la justice, de la diplomatie et en perspective de la mise en place des institutions locales) ne devrait pas nous faire oublier certaines obligations pour lesquelles, l’Etat est, là aussi, en retard de normalisation.
Notre Etat, en effet, peine encore :
- à payer ses factures d’eau et d’électricité ;
- à subventionner ses entreprises publiques, toutes aussi, en faillite non déclarée ;
- à payer les salaires de 250.000 enseignants non mécanisés ;
-à payer sa dette intérieure ;
- etc.
Si ces créanciers étaient organisés en force sociale, la faillite de l’Etat serait déjà déclarée.
En plus de ce passif, les dépenses des nouveaux élus, à la base, vont constituer une menace à l’équilibre politique et social déjà précaire. Car le Gouvernement va, à travers ces nouveaux élus, se créer un type de créanciers (dont du reste les prestations seront sujet à caution), qui vont le mettre en difficulté, par leurs revendications.
Que faire ?
Propositions
Puisque le programme de la mise en place de nouvelles provinces est résolument engagé,
1. Pour financer les déficits financiers desdites provinces, le Gouvernement doit obtenir le vote rapide par le Parlement de la loi relative à la caisse de péréquation dont les fonds pourront dégager, de manière exceptionnelle, des ressources pour faire tourner les nouvelles provinces, en attendant l’augmentation, dans la période, du budget courant de l’Etat.
De manière exceptionnelle, parce que la vocation des ressources de la caisse est de financer les dépenses d’investissement dans le but d’équilibrer le développement des provinces.
Le Gouvernement devra éviter de financer les déficits de nouvelles provinces avec les crédits des investissements provinciaux ou des rémunérations du personnel des domaines de compétences exclusives (Santé, EPSP, Agriculture, Affaires coutumières,….).
2. Pour les déficits consécutifs à la mise en place des organes délibérants et exécutifs des entités locales
1) Mise en garde
a) Pour la caisse de péréquation
Le Gouvernement doit s’interdire de financer dans la période le déficit courant des ETD avec les ressources du fond de péréquation, une fois ce fonds mis en place, car ce serait le détourner de leur objectif constitutionnel, celui de corriger les déséquilibres de développement des provinces.
b) Pour les crédits d’investissements provinciaux
L’option du Gouvernement consistant à consacrer 50% de l’enveloppe de la rétrocession aux investissements provinciaux est appréciable, même si nous aurions aimé voir le Gouvernement donner aux provinces la gestion de ces crédits.
Le Gouvernement devrait s’interdire d’orienter ces crédits aux financements des déficits courants des entités locales ni réduire leur augmentation au profit des finances desdits déficits.
c) Les crédits des rémunérations du personnel
(EPSP, Santé, Agriculture, Affaires coutumières,…)
Ces crédits devraient plutôt augmenter pour rattraper les arriérés salariaux de ces secteurs et financer de nouveaux recrutements.
2) Faute des ressources pour couvrir les charges liées à la mise en place des organes délibérants et exécutifs des ETD, le Gouvernement devrait reporter pour 2021 les élections locales en attendant que le pouvoir central atteigne le seuil budgétaire annuel de 10 milliards de USD en ressources propres et que les gouvernements provinciaux améliorent la capacité de mobilisation de leurs ressources propres, et mettent à profit cette période pour :

o construire et moderniser les routes provinciales et de desserte agricole ;
o financer l’équipement des ETD ainsi que le renforcement des capacités de leurs personnels politiques et administratifs.

Fait à Kinshasa, le 20 avril 2015.
Adolphe MUZITO

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18 avril 2015

RDC : l'affaire Muyambo, arnaque ou manipulation politique ?

Photo difusée sur le compte Twitter de Jean-Claude Muyambo. Photo difusée sur le compte Twitter de Jean-Claude Muyambo. © D.R.

L'ex-bâtonnier du barreau de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo est détenu depuis le 20 janvier à Kinshasa. La justice congolaise l'accuse d'avoir vendu un immeuble qui ne lui appartenait pas. L'intéressé et ses proches dénoncent une affaire politique. Qui dit vrai ?

L'arrestation

Tout commence à la mi-janvier. Nous sommes peu de temps avant les manifestations de Kinshasa contre le projet de réforme de la loi électorale. Le Katangais Jean-Claude Muyambo, ancien cadre de la majorité, le premier à s'être opposé publiquement à une possible candidature du président Joseph Kabila en 2016, se rend en avion à Kinshasa le 10 janvier. Il compte y lancer le Scode et alliés, un regroupement politique autour de la Solidarité congolaise pour la démocratie, qu'il dirige.

À son arrivée dans la capitale congolaise, il est immédiatement contacté par Vital Kamerhe. Le leader de l'UNC (Union nationale congolaise) veut le voir d'urgence. Il lui annonce que depuis qu'il a quitté Lubumbashi, le Parlement tente de faire passer la loi électorale, que le texte "va entraîner le glissement vers le maintien de Kabila au pouvoir". Les deux hommes s'accordent sur la nécessité de mobiliser la rue et leurs partisans. Des manifestations sont annoncées pour le lundi 12 janvier. Kamerhe et Muyambo sont en tête de cortège, mais ce jour-là, l'engouement n'est pas à la hauteur de leurs espérances.

>> Lire l'interview de Muyambo : "Pourquoi nous disons non à la révision constitutionnelle" en RDC

Une nouvelle marche est annoncée pour le 19 janvier. La veille, Muyambo se sent suivi. Par précaution, il décide de passer la nuit au siège de l'UNC. Mais à 1 heure du matin, la police commence à encercler le bâtiment. Les heures passent, les manifestations ont lieu (avec les débordements que l'on connaît), mais ni Kamerhe ni Muyambo, coincés, ne peuvent y participer.

L'ancien bâtonnier est finalement autorisé à regagner son domicile à 17 heures. Il est arrêté le lendemain à 3 heures du matin et conduit dans une cellule de l'ANR. Vers 13h, il est présenté devant le procureur général de la République. Ce dernier lui présente un mandat d'amener datant du 15 janvier et signé par le procureur de Lubumbashi.

Jean-Claude Muyambo est mis en examen pour abus de confiance et stellionat (vente d'un bien sans en être propriétaire) puis il est transféré à la prison de Makala. Officiellement, il n'y aurait aucun lien avec les manifestations de Kinshasa. Mais ses avocats dénoncent une "affaire politique".

L'affaire de l'immeuble

Que lui reproche-t-on ? L’affaire remonte en 2002. Un citoyen grec, Emmanuel Alex Stoupic, exproprié lors de la zaïrianisation enclenchée sous l’ère Mobutu, tente de récupérer ses immeubles dans la province du Katanga, dans le sud de la RDC. Il entre alors en contact avec le cabinet de Me Muyambo. Ce dernier accepte de le représenter devant les instances judiciaires.

Une copie du document signé par Emmanuel Alex Stoupic en 2002 accordant au cabinet Muyambo les pouvoirs d'ester en justice en son nom

 

Seulement voilà, la procédure tire en longueur. Stoupic s’impatiente. En 2014, il décide de retirer sa confiance au cabinet de Muyambo, estimant que ce dernier l’a floué et qu’il aurait vendu un de ses immeubles à son insu. Muyambo est interpellé au parquet de Lubumbashi. Il explique alors au magistrat instructeur que le dossier sur les immeubles de son client était toujours pendant devant les juridictions congolaises. Pis, pendant 12 ans, son client n’aurait pas payé d’honoraires à ses défendeurs. Aucune poursuite ne sera finalement engagée contre Muyambo.

Et le 26 juin 2014, c’est Stoupic lui-même qui revient sur sa décision. Dans une lettre dont Jeune Afrique s'est procuré une copie, il présente même ses excuses à Muyambo pour la plainte déposée à son encontre et "réitère [son] engagement fait en 2002 pour que [le cabinet de Muyambo] puisse poursuivre les différentes procédures judiciaires et administratives" en son nom.

Le dossier est clos. Temporairement. Parce qu’il rebondit au lendemain des manifestations de Kinshasa du 19 janvier.

L'état de santé

Muyambo affirme avoir été torturé par les agents de l’ANR lors de son arrestation. Il en veut pour preuve l’état de son pied dont les orteils ont été broyés. Il a été transféré le 26 mars à l’hôpital SOS Médecin de Kinshasa où il a reçu la visite de nombreuses personnalités de l’opposition.

Voir l'image sur Twitter

Craignant que l’on doivent l’amputer, ses avocats ont demandé le 16 avril a ce qu’il soit transféré dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Ils attendent aujourd'hui la réponse des autorités.
 


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Opposition congolaise | RDC : l'affaire Muyambo, arnaque ou manipulation politique ? | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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17 avril 2015

Fosse commune de Maluku : le député Alexis Mutanda sort du silence

Alexi_Mutanda

Depuis la découverte de la fosse commune à Maluku, contenant quelques 421 corps, des réactions fusent de partout pour exiger la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante et sérieuse afin de faire la lumière sur ce prétendu charnier.

C’est aussi l’avis du député national Alexis Mutanda Ngoy Muana, qui est sorti du silence pour réagir en appelant à la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante pour tirer au clair cette affaire, que beaucoup qualifient d’inhumaine.

Alexis Mutanda n’approuve pas la version du gouvernement sans une enquête sérieuse. Les affirmations du gouvernement sont qu’on a enterrés des indigents dans la fosse commune. L’élu de Mbuji-Mayi attend les enquêtes pour se faire une idée claire sur ce dossier.

Pour lui, cette affaire est révélatrice de beaucoup de chose, c’est pourquoi il tient toujours à la mise en place d’une commission d’enquête afin d’établir la vérité.

Très ému par le traitement inhumain et dégradant réservé aux dépouilles de ces Congolais, Alexis Mutanda estime que « la journée porte ouverte » organisée dernièrement à la Morgue Centrale de l’Hôpital Maman Yemo par l’Hôtel de Ville de Kinshasa est une insulte au peuple congolais et n’a rien changé dans les pensées des gens.

Une enquête crédible

Comme Amnesty International, le parlementaire appelle le gouvernement de la RDC à accepter l’assistance technique de la MONUSCO pour mener une enquête crédible, indépendante et efficace sur cette affaire et, plus particulièrement, à publier des éléments sur le sexe et l’âge de la personne , la cause du décès et le dossier de la morgue où le corps a été conservé avant la fameuse inhumation.

» Les autorités congolaises doivent accepter l’assistance technique de la MONUSCO, Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, afin de faire la lumière sur cette affaire de fosse commune découverte récemment à la périphérie de Kinshasa.

Il est crucial qu’une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les meilleurs délais « , souhaite Alexis Mutanda.

» Au lieu de nous inviter à la morgue pour voir de quelle manière dont nos sœurs et frères sont conservés, l’Hôtel de Ville de Kinshasa devrait renforcer la capacité de cette morgue afin d’accueillir dans les meilleures conditions les corps de ceux qui sont morts », a-t-il ajouté.

Découpage territorial

Promulguée le lundi 2 mars par le chef de l’Etat, la loi de programmation déterminant les modalités d’installation des nouvelles provinces est diversement commentée par des Congolais. Si elle a été saluée par les acteurs politiques en Ituri, en Province Orientale comme par des jeunes à Mbandaka (Equateur) cela n’est pas le cas dans d’autres provinces du pays.

Pour l’élu de Mbuji Mayi, le découpage territorial est constitutionnel, mais déplore le retard avec lequel ce processus vient d’être mis en marche par le gouvernement de Kinshasa. Il craint que cela cache quelque chose derrière son application.

Loin d’être un prophète de malheur, Alexis Mutanda craint de voir le pays être buté à de nombreux problèmes qui risquent aussi de créer de mécontentement dans le pays. Surtout quand on sait qu’avec 11 provinces, on avait des difficultés à résoudre des fonctionnaires, militaires et autres, qu’est-ce qui va arriver avec 26 qui exige plus d’administration, plus des salariés et autres problèmes.

Avec 11 provinces, le gouvernement s’était montré incapable de subvenir aux besoins de la population, ce qui risque d’être pire avec 26 provinces?, s’interroge t il.

L’installation des nouvelles provinces risque de basculer le pays dans une crise au regard des réactions sur terrain depuis la promulgation de cette loi par le Chef de l’Etat. « Pourquoi un tel projet et pourquoi mettre à exécution ce projet seulement maintenant et à quelques mois de la fin des mandats des institutions du pays?

Pire avec 26 provinces

Ce cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social et député national, élu de la ville de Mbuji-Mayi, Alexis Mutanda ne siège pas à l’Assemblée nationale conformément à l’option levée par son parti, tordant ainsi le cou à la radio trottoir.

Alors président de la commission électorale permanente de l’ Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Alexis Mutanda a profité lors de son séjour en Belgique du micro d’Etienne Ngandu, du site Congoone, pour mettre en exergue les nombreuses irrégularités ayant entaché les élections de novembre 2011 et confirmer, avec chiffres à l’appui, selon la compilation faite par le Bureau de coordination de la campagne de l’UDPS, que c’est bien Etienne Tshisekedi qui a été élu président de la République.

Par Godé Kalonji et Lucien Kazadi

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16 avril 2015

Vidéo: Massacre de janvier 2015 à Kinshasa

Voici les images qui prouvent le massacre de janvier 2015 perpétré par les militaires de régime Kabila. Ce qui énerve le plus, c'est la façon dont on traite les Congolais même après leur mort. Suivez!

Voici encore les images qui prouvent le massacre de Congolais du 19au25 par J. kabila et son régime

Kasai Direct

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La face cachée des fosses communes : les vrais-faux indigents nous interpellent

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Les débats sur les fosses communes de Maluku ont eu la particularité de réveiller les consciences sur le niveau fort élevé très suspect de mortalité dans les familles kinoises. Qui pouvait croire que ce taux pouvait atteindre le chiffre diabolique de six cents décès par mois dans une ville de près de dix millions d’habitants ? En d’autres termes, la capitale congolaise enterrerait officiellement 7.200 personnes par an, sans compter ceux des Congolais indigents qui meurent et sont enterrés clandestinement dans des cimetières de fortune situés dans les zones périphériques de la capitale.

Des chiffres effarants, scandaleux et insoutenables dans un pays considéré comme l’un des plus riches en ressources naturelles sur la planète terre et situé au cœur du Continent. En proclamant ces chiffres la main sur le cœur, les autorités congolaises n’ont-elles pas évalué le danger que cela représente sur le plan national et même international ? Comment peut-on d’une part se vanter d’avoir maîtrisé les équilibres macroéconomiques, d’avoir rétabli l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national et placé sur l’orbite de la croissance à deux chiffres de notre pays pour atteindre le niveau des Etats émergents d’ici l’an 2020 et d’autre part faire un aveu constant d’un tel taux de mortalité fort élevé dans la capitale ?

Comme pour dire que si les cultivateurs et autres habitants de Maluku n’avaient pas saisi la Monusco sur la présence des odeurs nauséabondes dans un périmètre situé aux alentours d’un ancien cimetière, l’opinion n’aurait jamais su que les services urbains enterraient par mois plus de deux cents corps d’indigents, des fœtus et autres personnes inconnues dans des tombes..

Aveux contradictoires

Aussi curieux que cela puisse paraitre, malgré la forte onde de choc provoquée au sein des populations kinoises et congolaises par la découverte des « tombes communes ou fosses communes », celles-ci ont malheureusement tourné cela en dérision face aux contradictions flagrantes et spontanées observées du côté des autorités politico-administratives centrales et provinciale tout comme au niveau des deux chambres du parlement. Lesquelles ne se sont pas privées, de leur côté, de rivaliser de qualificatifs caricaturaux selon le camp politique où l’on se trouve. Chaque jour qui passe, l’opinion est sevrée des termes apparemment synonymes. Là, il est question d’une tombe commune, tandis que de l’autre côté, il s’agit des fosses communes. C’est la guerre des sémantiques et des articles des lois sur les procédures des funérailles en RDC depuis l’époque coloniale.

Un nouvel Ogaden au Sud du Sahara

A en croire ces chiffres effrayants fournis par les autorités politico-administratives centrales et provinciales, la capitale serait aujourd’hui habitée par des populations plongées dans une telle misère que l’on dénombre un taux fort élevé des 7.200 décès par an. A ce rythme là, il est à craindre que l’on en arrive à un manque criant des espaces pour enterrer les gens d’ici dix ans. Dès lors que les cimetières existant affichent pleins et certains ont été fermés car ayant atteint l’âge requis par le législateur.

Ce taux effarant de mortalité à Kinshasa n’a rien à envier à celui atteint il y a plus de vingt ans par le territoire semi-désertique de l’Ogaden en Ethiopie. Pour lequel la communauté internationale a dû procéder à une immense mobilisation internationale pour obtenir des vivres, des médicaments, des fonds d’assistance, des équipes des médecins, infirmiers, logisticiens, pharmaciens, secouristes, etc. Des vedettes mondiales de la chanson furent mobilisées pour rédiger une belle chanson vendue par des centaines des millions des dollars pour voler au secours de ces populations souffrant de la faim et dont le taux de mortalité avait atteint des chiffres inimaginables. Kinshasa n’est pas très loin de ce tableau apocalyptique si l’on en croit à ce que les autorités politico-administratives viennent de livrer au public à la faveur de ces « tombes communes ou fosses communes de Maluku ».

L’heure des doutes

Profitant de la découverte de ces « fosses communes les autorités politico-administratives du pays ont lancé une vaste campagne de sensibilisation et de conscientisation au sein des populations par médias interposés et au niveau de deux chambres du parlement. Avec comme objectif de rejeter en bloc les accusations formulées par les forces politiques et sociales proches de l’opposition. Lesquelles soutiennent que ces fosses communes de Maluku contiendraient, entre autres, des corps des victimes des trois journées chaudes du mois de janvier dernier ainsi que d’autres congolais ayant été exécutés clandestinement par des agents des services pour leur appartenance politique.

Des activistes de l’Opposition, de la Société civile, des ONG internationales de défense des droits de l’homme ainsi que des partenaires extérieurs ne paraissent pas convaincus par les versions officielles. C’est la raison majeure de l’exigence d’une enquête crédible et transparente, avec la participation d’experts étrangers. En clair, le gouvernement congolais est appelé à jouer la carte de la vérité en mettant, sur la place publique, les listes des morts, indigents et corps , leurs identités, leurs adresses de résidence, leurs fiches médicales, leurs certificats de décès et d’inhumation.

Dans une capitale où les citoyens, en dépit de leurs problèmes sociaux, se saignent aux quatre veines pour s’acheter des uniformes, louer des funérariums, des instruments de musique, ou groupes musicaux, des cameramen et photographes, en vue de rendre les derniers hommages à des êtres chers disparus, la thèse de l’abandon massif des corps dans les morgues suscite bien de doutes. 421 corps abandonnés entre janvier et mars 2015 et 178 corps abandonnés entre le 19 mars et le 13 avril, cela est difficile à croire. La redevabilité exige que les gestionnaires de la chose publique ne cachent rien.

Les vrais-faux indigents nous interpellent. Le meilleur moyen de leur rendre hommage, c’est de clarifier le feuilleton de Maluku.

En attendant l’issue des enquêtes déclenchées par le Parquet Général de la République, l’opinion est de plus d’avis que le Congo sombre dans une situation de misère indicible qui contraste avec le tableau reluisant que les officiels ne cessent de vendre à l’extérieur.

F.M.

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L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

Il s’agit là d’une lourde hypothèque qui peut peser sur la stabilité du pays et la sécurité collective

En même temps qu’elle peaufinait des stratégies politiques qui devraient permettre le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays au terme de son second mandat constitutionnel, la Majorité présidentielle développait des manèges de toutes sortes pour rendre le pays ingouvernable en cas d’échec de sa funeste entreprise !

Parmi ces manèges figurent en bonne place, on s’en doute, le découpage territorial qui se traduira concrètement par la mise en place de 26 provincettes après l’émiettement de 11 préexistantes dont la ville de Kinshasa !

De nombreux cadres de la Majorité présidentielle étaient mobilisés pour sillonner l’ensemble du territoire national aux fins d’expliquer le bien-fondé de ce découpage aux populations de régions de l’arrière-pays en prenant soin toutefois de dissimuler les intentions malveillantes qui se cachaient derrière cette initiative.

Alors que l’option consistant à créer de nouvelles provinces avait suscité un enthousiasme débordant au sein d’une frange importante de la population, la Majorité présidentielle en fait aujourd’hui un instrument privilégié de sa stratégie de diversion pour éloigner l’alternance à la tête des institutions du pays !

En effet, agissant de concert avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Majorité présidentielle a obtenu que les prochaines élections se déroulent au même moment que la mise en place de nouvelles provinces dont la loi de programmation sera promulguée dans les jours qui viennent alors que les moyens attendus ne s’y prêtent pas.

Concrètement, le budget prévu dans le cadre de l’organisation de prochaines élections l’avait été sur la base de dépenses de 11 provinces et non de 26. Ce qui signifie que les provinces nouvellement créent sont de ce fait exclues de la course électorale avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

On ne peut vraiment s’offusquer d’affirmer qu’il s’agit là d’une lourde hypothèque sur la stabilité du pays et la sécurité de milliers et de milliers de Congolais qui verraient ainsi leurs rêves se briser à travers des élections promises à tous mais auxquelles ils ne participeront plus par la faute de la Majorité au pouvoir !
Nous y reviendront prochainement avec plus de détails.

Par Kambale Mutogherwa

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MP : le G7 contraint désormais à la résignation

frondeurs

Contrairement à beaucoup d’informations diffusées en début de semaine par la presse nationale, la famille politique à laquelle appartient Joseph Kabila a tenu sa deuxième réunion consécutive du mois en cours dimanche dernier à Kingakati en abordant des sujets qui méritent de retenir l’attention particulière de tous les Congolais !

En effet, au cours de cette réunion tenue, comme la précédente, en l’absence du précité, il a été question d’un véritable procès interne contre le Groupe de 7 partis politiques membres de la Majorité présidentielle qui ont toujours réclamé un débat de fond sur des questions essentielles en rapport avec l’avenir du pays après les échéances politiques majeures de 2016 ?

D’après de nombreux témoignages, cette réunion politique qui avait des allures d’une véritable inquisition tournait autour de la décision de la Majorité présidentielle de rester inflexible sur la question du maintien de Joseph Kabila au pouvoir malgré les dispositions constitutionnelles qui mettent définitivement un terme à son deuxième mandat en 2016 ; de s’opposer farouchement à ma retouche combien vitale du calendrier électoral global publié par la CENI ; de défendre avec opiniâtreté la mise en place de nouvelles provinces malgré les germes de conflictualité qu’elle porte en elle, etc.

Le G7 invite à choisir

Selon les mêmes témoignages, le Groupe de sept partis politiques membres de la Majorité présidentielle ont opposé des arguments solides à la partie adverse sur toutes les questions posées par elle mais sans effet, la raison du plus fort étant toujours la meilleure.

A l’issue de discussions ainsi engagées, le modérateur de la réunion a passé la parole au maître de céans qui a conclu en disant plus ou moins ce qui suit : « La Majorité présidentielle ne reculera pas devant qui que ce soit. Ses décisions et positions restent inchangées en ce qui concerne l’avenir proche du pays et elle n’entend pas se laisser impressionner par qui que ce soit, n’en déplaise aux vociférations de ceux qui rament à contre-courant » !

Visiblement très sûre de l’efficacité de ses stratagèmes politiques de combat pour empêcher l’alternance en 2016, la Majorité présidentielle renvoie le G7 à ses études et lui fait rabattre le caquet en déclarant, nous citons : « Ou les frondeurs du G7 renoncent définitivement à leurs exigences réformistes ou alors ils quittent définitivement la famille » !

C’est donc clair. Le G7 doit choisir entre son maintien et son départ. L’opinion nationale qui n’a pas l’habitude de garder sa langue en poche dit qu’elle redoute l’humiliation du G7 qui sera tenté de garder ses avantages matériels en échange de son honneur et de sa dignité. Qu’en pensent les observateurs avisés de la scène politique congolaise ?

Par Kambale Mutogherwa

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14 avril 2015

Les 4 vérités de Kyungu à la Majorité Présidentielle: « c’est de la crasse », « ce sont des hypocrites »

Gabriel-Kyungu

« Je ne suis pas Kabiliste » a répondu Gabriel Kyungu Wa Kumwanza à une question, plus que tendancieuse, lui posée par Jean-Marie Kasamba, un journaliste systématiquement aligné sur le pouvoir. « Baba wa Katanga» a nuancé en disant « qu’il est dans la mouvance Kabikiste », c’est-à-dire membre de la famille politique du chef de l’Etat et pas Kabiliste (Majorité présidentielle, MP en sigle). Kyungu a sorti une autre phrase choc : « aucun homme ne me fait peur ». Avant d’ajouter « j’ai peur d’avoir peur ». Et sur la même lancée, il clôt en disant « qu’il n’a peur que de Dieu ». Comme pour assumer ses propos, il a redit qu’il était opposé au découpage territorial pourtant appuyé par le président de la République. Il a promis de sortir les 1 millions de signatures déjà récoltées par lui pour faire échec au démembrement du Katanga. Mais dit-il, le moment n’est pas propice pour le faire vu l’état
d’esprit actuel. Rendez-vous dans 2 ans a-t-il promis. Il a aussi critiqué le non-respect par le gouvernement central de la rétrocession. Il est aussi revenu dans ce face-à-face avec Kasamba, sur les résolutions du congrès de son parti, Unafec, qui va présenter des candidats à tous les niveaux. Kyungu s’est dit surpris par l’ampleur qu’a prise cette affaire. Pourquoi fait-elle autant des vagues s’est-il interrogé ? Il s’est réjoui d’avoir donné des insomnies et des migraines aux membres de la MP. Une famille politique, déclare-t-il, truffée d’hypocrites. Il a même utilisé un mot plus fort pour qualifier la Majorité présidentielle. « C’est de la crasse » dit-il. Fustigeant par la même occasion leur contribution dans leur réélection de Joseph Kabila en 2011. Contrairement à lui et à Moïse Katumbi, qui y ont largement contribué à leur propre frais, les plus bavards de Kinshasa, n’ont été presque d’aucune
utilité dans cette réélection mais curieusement parlent beaucoup. Sur ces relations avec Katumbi, Kyungu les a louées. En les comparant d’avec celles qu’il avait entretenues avec Etienne Tshisekedi dans les 80 et 90 et Ngunz Karl Bond. C’est vraiment quelqu’un qui a vu des montagnes et qui n’est nullement impressionné par les vallées dit une sagesse swahili qu’il a récemment employée dans une des réunions de la MP. Mais par les enquêtes et autres investigations au Katanga, Kyungu dit ne rien avoir à craindre car d’ailleurs précise-t-il il n’a aucune entreprise minière.

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01 avril 2015

L’alternance au Nigéria, une lecon pour la République Démocratique du Congo

Muhammadu Buhari

Les Nigérians, partisans de Buhari, fêtent, ce jour, la victoire de ce dernier annoncée après les élections présidentielles du week-end passé.  Presque tous, balais en mains, sillonnent les rues et les grandes artères du pays pour fêter la victoire de la force des urnes ayant balayé Goodluck Jonathan du pouvoir.

Non seulement les Nigérians, mais aussi le monde entier salue la victoire de la démocratie et de l’alternance pacifique dans ce géant d’Afrique. C’est pourquoi, ceux qui suivent de près les élections au Nigéria qualifient les deux protagonistes d’ hommes forts qui sortent gagnants de ces élections. D’ailleurs, après l’annonce des résultats, le président sortant Goodluck Jonathan a téléphoné à son concurrent et l’a félicité pour sa victoire.

Ceci est une lecon de démocratie et de l’alternance que les jusqu’auboutistes kabilistes doivent apprendre. Le vent du changement qui souffle partout en Afrique doit arriver au Congo, de gré ou de force.

Muhammadu Buhari a gagné le scrutin du week-end dernier avec 53,95 % des suffrages exprimés contre 44,96% du président sortant.

Lumbamba Kanyiki

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