20 septembre 2012

L'Onu à la croisée des chemins Dossier M23 : Herve Ladsous met Ban Ki-moon en difficulté !

Sans doute redevable au Rwanda pour sa participation efficace au maintien de la paix au Darfour, le Secrétaire Général de l'Onu manifeste un faible pour le M23. Il prépare une tribune pour ce mouvement « rebelle », pure création du Rwanda, le 27 septembre à New York. Ban Ki-moon prétend que pour se faire une religion complète sur la situation prévalant dans les Grands Lacs Africains, il lui faut aussi écouter le M23 en marge de la tripartite Onu-Rdc-Rwanda.

Kinshasa, on le sait, s'est déjà vigoureusement opposé à cette approche de la crise congolaise. Mais, il n'est pas sûr que le Secrétaire Général de l'Onu fasse marche arrière dans sa démarche. Pour le contraindre à battre en retraite dans son élan de « Kagamophilie » très passionnelle, il a fallu plus.

Eh bien, la contradiction est née dans l'enceinte même de l'Onu, au plus haut sommet. Elle est l'oeuvre du français Hervé Ladsous, Secrétaire Général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix.

De retour d'une mission de haute portée dans les Grands Lacs Africains, le diplomate français s'est chargé de rendre compte de son périple au Conseil de sécurité de l'Onu. La thèse développée par ce très haut fonctionnaire des Nations Unies bat complètement en brèche l'approche laxiste et fantaisiste de Ban Ki-moon.

 Le justicier

En effet, Hervé Ladsous, « les éléments du M23 sont concentrés dans un coin de l'Est du Kivu, près des frontières du Rwanda et de l'Ouganda ». Le plus révoltant relève le haut fonctionnaire : « (les rebelles du M23) ont établi une sorte d'administration de facto, contrôlant la population, prélevant des taxes sur les personnes de passage. Ce qui est... difficilement acceptable ».

Et comme pour mettre Ban Ki-moon devant des évidences incontournables, Hervé Ladsous insiste en ces termes devant le Conseil de sécurité : « La souveraineté de la République Démocratique du Congo doit être respectée ».

C'est sans commentaires. La souveraineté de la Rdc ne saurait rimer avec toute tribune que l'on accorderait au M23. Bah ki-moon doit bien se le mettre en tête et s'abstenir de toute conduite vexatoire et remettant en cause le moindre attribut de souveraineté de la Rdc.

La place du M23 se trouve au cimetière de l'histoire. Celle de ses principaux dirigeants, à La Haye. Il n'y a que Ban Ki-moon qui essaye d'imposer le contraire et de jouer au blanchisseur international.

Puisqu'il en est ainsi, il serait juste et équitable de recevoir aussi une délégation des Fdlr à l'Onu. Sans se résoudre à cette à cette obligation, Ban Ki-moon se rendra coupable de haute, trahison vis-à-vis de la RDC et de son principe de souveraineté. En attendant, chapeau bas au français Hervé Ladsous qui a su dire la vérité dans un contexte dominé par une hypocrisie rampante.

LP

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Accusé de haute trahison, Kabila ne contrôle rien

Kabila et Kagame à Addis AbebaAffaibli par les vérités que les Congolais découvrent sur sa trahison à la nation congolaise chaque jour qui passe, impuissant face à  la multiplication des groupes armés issus des défections des FARDC et attaqué de toute part par l'opposition qui rejette toute collaboration avec lui, Kabila ne contrôle rien. Sa chute est imminente.

L'opposition a refusé de répondre à l'appel du gouvernement à faire front commun pendant le XIVè sommet de la francophonie pour montrer à la face du monde que le Congo est une grande nation en Afrique, tout comme elle avait rejeté l'appel à l'unité pour faire échec à l'agression du Rwanda par l'entremise du M 23. Une grande nation, le Congo l'est et le restera. Le problème du Congo, c'est Kabila, lui-même. Les Congolais ne toléreront jamais un fraudeur et par dessus tout un étranger et traître à la tête du pays.

Désormais, tout lui échappe: Les défections se multiplient au sein de l'armée.  Mal payés et surtout conscients de la trahison au haut sommet de l'Etat dont ils subissent chaque jour les effets au front, ils quittent les rangs des FARDC et se muent en groupes armés pour combattre le pouvoir en place. Le dernier groupe  en date se réclame de " groupe pour combattre le M 23".

Le XIV ème sommet de la francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre risque de réserver des surprises aux hôtes qui auront décidé d'y assister. Outre les mémos que l'opposition prépare à l'intention de différentes délégations pour dénoncer la crise de légitmité, le déficit de la démocratique et les violations régulières et systématiques des droits de l'homme, la population a juré de perturber la durée du dit sommet par des sit-in et des manifestations à grande échelle.

Kabila tente depuis la parodie des élections de novembre dernier de diriger le Congo par défi, terrorisant la population et muselant l'opposition avec l'appui de ses compatriotes rwandais. Les Congolais espèrent qu'avec la multiplication des groupes armés et le soulèvement de la population, il soit poussé vers la porte de sortie.

Lumbamba Kanyiki   

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19 septembre 2012

Au seuil de la rentrée parlementaire, François Muamba plaide pour un budget social




Une voix constructive se fait entendre au seuil de la session parlementaire de septembre. C'est celle de François Muamba, leader de l'Alliance pour le développement et la République " Adr ". Dans une déclaration, cette plate-forme centriste plaide pour un budget social. Question d'alléger la souffrance des populations  congolaises au lendemain de la rentrée scolaire. Histoire aussi de requalifier le salaire des fonctionnaires et autres agents de l'Etat. D'autre part, constatant les limites des différentes tentatives de réponse à la guerre d'agression imposée au pays par le Rwanda, l'Adr réactive sa proposition de sortie de voir les Etats-Unis d'Amérique, via Africom, jouer un rôle majeur dans la stabilisation de l'Est congolais.  Aux yeux de François Muamba, Washington étant ami à la fois de Kigali et de Kinshasa, est à même d'apporter la force " neutre " tant recherchée par les uns et les autres.

COMMUNIQUE DE PRESSE

     A l'occasion de la rentrée parlementaire de ce mois de septembre 2012, l'Adr prend note de l'agenda du Parlement tel qu'il ressort des discours de circonstance prononcés respectivement par les Présidents des deux Chambres.

     Cependant, dès lors que l'ouverture de cette session s'opère sur le double fond  de guerre, que le Rwanda impose à notre pays à l'Est, et d'une situation économique et sociale particulièrement dégradée sur l'ensemble du pays ; l'Adr, à travers ses représentants au Parlement, va défendre et promouvoir les positions suivantes :

     1.    Au sujet de l'agression de notre pays par le Rwanda

     Des efforts déployés pour obtenir la condamnation du Rwanda par la Communauté Internationale, l'Adr constate malheureusement qu'après pas moins de quatre sommets sensés contribuer  à la résolution de la crise qui prévaut dans l'Est de notre pays, celle-ci perdure.

     En effet, en participant à ces différents rounds de négociation, outre la condamnation du Rwanda comme agresseur,  le Gouvernement de la République aurait dû également atteindre, entre autres,  les objectifs suivants :

     -      obtenir le départ de toutes les troupes rwandaises encore présentes sur notre sol, en vertu des précédents accords devenus caducs du fait que le Rwanda ait agressé notre pays ;

     -      dégager le M23 à défaut de désarmer ses membres ;

     -      chasser les FDLR et  les autres forces négatives du Territoire national.

     En réalité, l'unique résultat palpable obtenu par le Gouvernement de la République au cours des différents rounds de négociation étant la réactivation du mécanisme conjoint de vérification entre le Rwanda et la RDC, cette fois-ci élargi aux autres pays du champ, on peut constater que ce dispositif  n'apporte pas les solutions attendues aux problèmes de fond posés par  la crise. 

     Car, nonobstant l'existence de  ce mécanisme, il y a lieu de craindre que :

     - les troupes rwandaises, admises sur notre territoire en vertu des anciens accords,  et dont  le Gouvernement de la République n'est pas en mesure de donner le nombre précis,  vont demeurer en RDC, voire être renforcées par l'arrivée de nouvelles unités, dans le cadre de ce mécanisme de vérification;

     - le M23 qui s'est installé dans une partie de la Province du Nord-Kivu, va continuer à l'administrer  et,  malheureusement,  à y commettre des crimes innommables, tels que, renseignés par un récent rapport de Human  Rights Watch ;

     - les FDLR, ce sempiternel prétexte du Rwanda, vont demeurer sur le territoire national et poursuivre leurs exactions contre nos compatriotes innocents que même la Monusco, en dépit de son mandat actuel qui stipule pourtant la protection des populations, n'arrive pas à protéger.

     Compte tenu de ce qui précède, l'Adr tient à réitérer sa proposition de solution à la crise à l'Est de la RDC. En substance, l'Adr reste d'avis que notre pays devrait approfondir la question de la sécurisation de ses frontières orientales au niveau des relations bilatérales, notamment avec des Partenaires tels que les Etats-Unis.

     En effet, ce pays, a l'avantage d'être autant ami de la RDC que du Rwanda, tout en disposant d'ores et déjà en Afrique d'un mécanisme neutre de sécurité, nommé AFRICOM. Celui-ci semble être la réponse "neutre" par excellence, précisément adaptée à la situation d'insécurité qui prévaut dans l'Est de notre pays.

     2.    Au sujet de la situation socio-économique:

     Le mois de septembre est aussi celui de la rentrée scolaire. Celle-ci concerne toutes les couches de la population dont les enseignants et les Agents et Fonctionnaires de l'Etat.

     L'Adr constate que tous connaissent de nombreuses difficultés du fait de la modicité des salaires et surtout de la surenchère du coût de la vie, due essentiellement à l'application brutale de la TVA, à taux unique et sans une pédagogie préalable.

     Et, puisque la Session parlementaire qui s'ouvre sera essentiellement budgétaire, l'Adr fera en sorte que le Budget de l'Etat pour l'exercice 2013 soit un Budget social dans son volet Dépenses courantes, et un Budget d'émergence économique dans son volet Investissements.
 

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18 septembre 2012

L'affaire Roger Lumbala, une diversion qui profite à Bosco Ntaganda

Cette diversion réconforte le Rwanda qui a toujours nié son implication dans cette crise.

Les autorités congolaises semblent pour l'instant ignorer les véritables perturbateurs de la situation sécuritaire dans la partie-Est de la République démocratique du Congo, cités nommément par différents rapports des organisations nationales et internationales, à savoir Paul Kagame, Bosco Ntaganda et autres.

Depuis que le député national Roger Lumbala s'est rendu dans certains pays limitrophes de la RDC dans sa partie-Est, toute l'attention des dirigeants congolais est détournée vers cet élu de la ville de Mbuji-Mayi, l'accusant de “ collaborer “ avec les ennemis pour déstabiliser son propre pays. Pourtant, depuis le début de la guerre version M23, le gouvernement central de la République n'a jamais interdit à quiconque de se rendre dans un pays voisin pour l'une ou l'autre raison, surtout que la Constitution garantit la liberté de voyager dans tous les pays à travers le monde.

Pour preuves, plusieurs autorités congolaises se sont rendues dans ces pays de Est depuis le début de la crise, sans que cela fasse des remous.

Aujourd'hui, dans toutes les interventions médiatiques des membres du gouvernement de la RDC, on ne cite plus que les noms de Roger Lumbala et celui de John Tshibangu parmi les déstabilisateurs de la République démocratique du Congo. Pendant que Bosco Ntaganda et Sultani Makenga se la coulent douce dans les montagnes de Rutshuru, au Nord-kivu, le porte-parole du gouvernement se complaît d'annoncer des démarches pour cueillir Rager Lumbala à partir du .Burundi, et de le poursuivre jusqu'en France où il réside actuellement, promettant même d'obtenir son extradition pour répondre de ses actes à Kinshasa. Quel crime a-t-il commis pour susciter autant d'intérêt au pouvoir en place, alors que ceux qui tuent les Congolais tous les jours sont ici présents sur le territoire national?

On doit commencer d'abord par arrêter les criminels qui occupent la partie- Est du pays, avant de poursuivre des députés pour avoir effectué un voyage dont on ignore les objectifs dans un pays voisin.

Toute cette diversion renforce les positions des Rwandais qui ont toujours soutenu que le problème à l'Est est essentiellement congolo-congolais.

De même, la mobilisation constatée dans plusieurs territoires du Kasaï Oriental où le gouvernement a largué des milliers de militaires à la recherche du colonel dissident John Tshibangu, est une initiative saluée par bien d'observateurs. Mais ces derniers souhaitent que cette opération s'étende jusqu'à l'Èst pour traquer, comme on le fait avec John Tshibangu, tous les Rwandais et les éléments du M23N qui occupent une partie du territoire congolais.

LEFILS MATADY

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17 septembre 2012

«Joseph Kabila» : Féroce au Centre-Ouest, timoré au Sud-Est

 


Laurent Nkunda Mihigo, alors flamboyant président du CNDP, reçoit, début 2007, le gouverneur du Nord Kivu Julien Paluku et le "général" John Numbi Banza Tambo, alors chef de la police nationale, dans son ex-fief de Kiwanja

Douze années après son accession à la tête de l’Etat congolais, «Joseph Kabila» a fini par institutionnaliser une sorte d’«Etat partial». Un Etat qui traite les citoyens congolais de manière inéquitable selon qu’on est originaire des provinces situées au Centre-Ouest (Bandundu, Bas-Congo, les deux Kasaï, Equateur, Kinshasa) ou au Sud-Est (Katanga, Nord Kivu, Sud Kivu, Maniema, Province Orientale). Dans le premier cas, le pouvoir est intraitable. Dans le second, il est plus qu’accommodant. Des exemples sont légion : Bundu dia Kongo, Faustin Munene, John Tshibangu, Roger Lumbala, Laurent Nkunda, Jules Mutebusi, Bosco Ntaganda.

Les observateurs des relations entre les deux Congo ont été surpris d’apprendre que «Joseph Kabila» s’est rendu "en face", plus précisément à Oyo, pour rendre visite au président Denis Sassou-Nguesso. C’était le mercredi 12 septembre. Les deux pays entretiennent depuis quelques années des relations à l’image d’un thermomètre alternant le chaud et le froid. Kinshasa a tendance à reprocher à Brazzaville de donner l’hospitalité à ses opposants.

A Oyo, «Joseph Kabila» et Sassou-Nguesso n’ont pas parlé que du sommet de la Francophonie et de la crise qui perdure dans la province du Nord Kivu. A l’initiative de la partie «kinoise», le cas du général Faustin Munene, en exil au «Congo d’en face» depuis près de deux ans, a été au centre des conversations. «Joseph» a relancé la demande d’extradition de cet officier supérieur issu, au même titre que lui de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo». Il y a quelques semaines, Munene a fait reparler de lui en appelant au renversement du régime en place et en présentant les rebelles du M-23 comme un mouvement appartenant à la «résistance». Nombreux sont les Congolais qui furent choqués.

Natif du Bandundu, ancien vice-ministre de l’Intérieur et chef d’état-major général des Forces armées de la RD Congo sous le président Laurent-Désiré Kabila, Munene a échappé à la mort le 27 septembre 2010. Ce jour là, des éléments de la garde prétorienne de «Joseph» attaquaient sa résidence dans la commune de la Gombe. Des témoins assurent avoir aperçu Jaynet et Zoé «Kabila» sur le lieu. La preuve que le Congo de "Joseph Kabila" est un Etat voyou. C’est le début d’une cavale. Dans une intervention sur une Web-radio, le général fugitif, accusé de «complot contre la sécurité de l’Etat», a fustigé les moyens déployés par le pouvoir kabiliste pour le pourchasser. Fort de l’affaire Mulele, Sassou n’entend en aucun cas faire droit à la demande d’extradition émanant des autorités de Kinshasa. Le rappel de quelques faits laisse apparaître que
«Joseph» use de la répression à l’égard des personnalités politiques et militaires issues des régions situées au Centre-Ouest du pays. Il est, en revanche, timoré lorsqu’il s’agit de sévir dans le Sud-Est. Ici, le "dialogue" finit toujours par triompher.

Féroce au Centre-Ouest

Depuis la prise du pouvoir par l’AFDL le 17 mai 1997, plusieurs centaines de militaires originaires principalement de la province de l’Equateur sont enfermés à la prison de Makala. Sans jugement. La grande majorité des prisonniers n’a pas de dossier judiciaire. D’autres soldats ont été victimes d’exécutions sommaires. Les noms peuvent être fournis.

Le 14 mai 2006, le pasteur Fernando Kuthino est arrêté en compagnie de son interprète Bompere Mbo. Un mois après, Kuthino est condamné à 20 ans de servitude pénale par un tribunal militaire du chef de "tentative d’assassinat" et de "détention illégale d’armes de guerre". Bompere,lui , écopait d’une peine de dix ans.

En 2007 et 2008, plusieurs centaines des adeptes du mouvement politico-religieux "Bundu dia Kongo" ont été abattus par des éléments du fameux "Bataillon Simba", commandé par le major Christian Ngoy Kenga-Kenga, sous la supervision de John Numbi Banza. Les victimes protestaient contre un vote truqué lors de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Bas-Congo. Le rapport ad hoc redigé par des experts onusiens a été "etouffé" par l’ambassadeur William L. Swing, alors patron de la Mission de l’Onu au Congo. Des puissances occidentales ont brillé par leur mutisme face à un scandaleux massacre.

On se souviendra des moyens militaires déployés dans la province de l’Equateur pour «mâter» les «Enyele» dans le district du Sud Ubangi fin 2010 et en avril 2011 lors de l’attaque de l’aéroport de Mbandaka. La Monusco - dont les éléments «cohabitent» avec les rebelles du M-23 dans les «territoires occupés» au Nord Kivu - était venue à la rescousse des «forces loyalistes» pour traquer les "insurgés". Plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires ont été dénoncées par la société civile.

Le 19 avril 2011, le lieutenant-colonel Jean-Pierre Kazamba Mukala, commandant de la police nationale pour le District du Kwango, est enlevé à son domicile à Kenge par des agents de la direction de renseignements généraux et services spéciaux de la police nationale» (DRGS). Que lui reproche-t-on ? L’officier est suspecté d’être «en intelligence» avec le général Faustin Munene. Au Congo-Kinshasa, les forces dites de sécurité sont au-dessus des lois. Elles échappent à tout contrôle démocratique ou judiciaire et ne rendent compte qu’à un seul homme : "Joseph Kabila".

Depuis le 16 août dernier, 300 militaires et policiers ont été lancés aux trousses du colonel John Tshibangu. Né à Kananga, celui-ci était le commandant en second de la 4ème Région militaire (les deux Kasaï). Il a fait dissidence quatre jours plus tôt accusant le pouvoir kabiliste de jouer un "jeu ambiguë" dans l’instabilité qui règne dans la partie orientale du pays. On apprenait le week-end dernier que neuf personnes proches de cet officier ont été appréhendées par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Selon Mutombo Mobe, ministre de l’Information du Kasaï Oriental, Tshibangu est accusé d’être «en intelligence avec les agresseurs rwandais». Avant la naissance du M-23, plusieurs officiers portant le label CNDP avaient fait désertion en toute impunité.

En ce mois de septembre, il y a eu le cas du député national Roger Lumbala. En "visite privée" au Burundi, ce parlementaire est accusé d’être "de connivence" avec les rebelles du M-23. Les autorités congolaises ont exigé «verbalement» son extradition. Intervenant samedi 15 septembre sur la télévision française «France 24», l’ambassadeur congolais à Paris, Ileka Atoki, a enfoncé le clou. «La justice congolaise voudrait l’entendre sur son séjour au Burundi», a-t-il déclaré. C’est à croire que le fait de se rendre au Rwanda ou au Burundi est érigé en infraction. Lumbala est arrivé dimanche 16 à Paris. Sans rire, dans une déclaration faite le même dimanche sur Radio Okapi, le ministre congolais des Médias, Lambert Mende, a prétendu qu’une demande d’extradition sera adressée à la France...

Timoré au Sud-Est

En juin 2004, Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, officiers dissidents des FARDC issus de l’AFDL, ont organisé l’attaque de la ville de Bukavu, chef-lieu de Sud Kivu. Les deux officiers justifiaient leur action par la nécessité de "sauver les Banyamulenge". Bukavu a été occupée avec l’aide du Rwanda. Huit années après, la justice congolaise n’a jamais émis de mandats d’arrêt à l’encontre de ces officiers. Elle n’a pas non plus exigé leur extradition. Mutebusi coule des jours heureux au Rwanda alors que son aventure avec Nkunda a laissé plusieurs victimes sur les carreaux. C’est le cas notamment du président de la Cour d’appel à Bukavu qui a perdu la vie.

Près de cinq mois après le déclenchement de la crise actuelle au Nord Kivu, on assiste à un enlisement. Défaits, près d’un millier de soldats congolais ont trouvé refuge en Ouganda. Pendant ce temps, les rebelles du M-23 consolident leurs positions dans les "territoires occupés". Rutshuru, Kiwanja, Bunagana, Rumangabo échappent ainsi à l’autorité de l’Etat. Des habitants de ces localités, estimés à 220.000, sont livrés aux intempéries. Ils errent. Les autorités de Kinshasa ignorent sans doute que les pouvoirs publics ont notamment pour mission d’assurer la protection de la population. Dans son bulletin daté 17 septembre 2012, l’Agence congolaise de presse note que "Joseph Kabila" serait à "la recherche des solutions pacifiques destinées à restaurer la paix dans le pays". Va-t-on, "au nom de la paix", assister à un nouveau cycle de négociations? On oublie souvent que les rebelles du M-23 sont issus du même moule que l’AFDL, le RCD et le CNDP.

Après avoir nié son soutien à Laurent Nkunda, président du CNDP, le Rwanda de Paul Kagame a, début janvier 2009, écarté le "général Laurent" de la tête de ce mouvement. Les responsables diplomatiques congolais ont tenté en vain d’obtenir son extradition. Trois années après, plus personne n’évoque cette question à Kinshasa. La question n’est plus évoquée dans les rencontres bilatérales. Oubli? Assurément pas! Ancien bras droit de Thomas Lubanga, Bosco Ntaganda a été propulsé à la tête du CNDP. Recherché par la Cour pénale internationale, "Bosco" a été protégé par "Joseph" en dépit des mandats d’arrêts à son encontre. Au nom d’une prétendue paix, "Kabila" a tenté jusqu’au bout de protéger ce présumé criminel de guerre lui promettant de le faire juger par la justice congolaise. La suite est connue.

Au Katanga, des membres de la "Jeunesse" du parti Unafec de Gabriel Kyungu wa Kumwanza passent à tabac quelques députés provinciaux. Les victimes portent de plainte. Le ministre de l’Intérieur fait une descente à Lubumbashi pour exhorter les parties a trouvé une "solution à l’amiable". L’incident est clos. Aucune suite n’est donnée à la plainte.

Dans l’équipe gouvernementale actuelle dirigée par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, la province du Katanga compte huit ministres sur trente-six. Et ce en violation du troisième alinéa de l’article 90 de la Constitution qui énonce que "la composition du gouvernement tient compte de la représentativité nationale". Le Congo-Kinshasa compte onze provinces.

On le voit, "Joseph Kabila" représente "l’ennemi intérieur" que les profiteurs du régime feignent d’ignorer. Cet homme a fragilisé la cohésion nationale par une politique délibérée de deux poids, deux mesures. Il est donc illusoire d’espérer un "rassemblement" autour d’un régime auquel la grande majorité de la population ne se reconnait pas.

Aveuglé par l’incurie, l’individu qui trône à la tête de l’Etat congolais - grâce à la ruse et la force des armes - pourrait apprendre à ses dépens, dans les semaines et mois à venir, que l’Etat, pour être respecté, doit incarner la justice et l’intérêt général. A défaut, il ne mérite que le mépris. Cet Etat là est bon pour la poubelle de l’histoire avec un petit "h"...

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2012

 

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La saga Lumbala racontée minute après minute

Mike MukebayiMike Mukebayi

Plus d’une semaine durant, la rédaction de «CONGONEWS» a fait la battue pour percer le mystère de l’affaire Roger Lumbala. Difficile démarche là où les sources demeurent quasi inaccessibles. Il a fallu réactiver l’ancien réseau du directeur du journal, Mike Mukebayi, qui a passé deux ans -entre 2003 et 2005- a crapahuté dans les collines du Rwanda jusqu’aux zones périphériques de Bujumbura très troubles à l’époque avec la présence de la rébellion de FNL pour le compte du journal «LE SOFT INTERNATIONAL» alors installé dans le chic quartier de Nyarutarama à Kigali.

De là, le filon a conduit à trois coups de fil séparés reçus de la capitale burundaise, trois coups de fil recoupés qui restituent toute la saga de l’infortune de l’ancien chef rebelle de Bafwasende, dans la Province Orientale. Tout part de l’avant-midi du samedi Ier septembre sur le lac Tanganyka. Une embarcation banale vogue sur les eaux du lac le plus poissonneux du monde en provenance de Kigoma, en Tanzanie, pour Bujumbura. Lumbala y a embarqué après un bref séjour sur les côtes tanzaniennes où il était aller chercher on ne sait trop quoi. Il avait dû écourter soudainement son séjour suite à un appel très urgent de Paris. De Kigoma, l’aéroport le plus proche pour s’envoler vers la capitale française, c’est Bujumbura. Voilà qui explique le parcours emprunté lorsqu’une équipe de patrouille de la PAF -la redoutable police de frontière burundaise- arraisonne le bateau. Juste un contrôle de routine qui tourne mal pour le capitaine sans réponse à la préoccuption de présenter les papiers.
Cette défaillance suspecte décident les patrouilleurs d’étendre le contrôle de papiers à tous les passagers. Au tour de Lumbala, son identité fait tiquer. Un député, ça ne passe pas inaperçu, surtout de la RD-Congo qui fait l’actualité avec le regain de la violence dans la province du Nord-Kivu. Le temps de remonter l’information à la hiérarchie, les policiers reçoivent l’ordre d’amener le parlementaire congolais immédiatement et directement dans les installations des services de renseignement à Bujumbura. Sur place, Lumbala est auditionné par deux Généraux burundais, le Général Agricole, le directeur de cabinet du patron des barbouzes et le Général Boulanger, l’homme en charge des services extérieurs d’intelligence. Selon les bribes qui ont échappé de l’audition, ses interrogateurs ont demandé à Lumbala pourquoi lui qui semble engagé dans la logique d’une lutte armée n’a-t-il pas rallié le M-23. De sa verbalisation, Lumbala apprendra que son nom figure sur une liste expédiée de Kinshasa à certaines capitales des pays voisins des personnalités à appréhender sitôt aperçues. Mbussa Nyamwisi y est également répertorié. Officieusement, d’autres comme Vital Kamerhe, Jean-Lucien Bussa, Franck Diongo, Kudura Kasongo, Joseph Olenghankoy y sont assimilés.
L’interrogé a encore répondu à bien d’autres questions pour être rélâché avec l’exigence de se présenter le lundi 3 septembre. Tous ses deux passeports, diplomatique et ordinaire, lui ont été confisqués, question de lui couper toute possibilité de quitter le Burundi.

Dans l’intervalle du samedi à lundi, les choses s’accélèrent. Les deux Généraux prennent un vol régulier de Kenya Airways le dimanche pour Kinshasa. Ils viennent négocier l’extradition du «colis» auprès de Kinshasa déjà mise au parfum de la grosse prise de Bujumbura. Des négociations qui auraient abouti à une «rançon». Une partie aurait casqué le prix fort en millions de dollars. Combien? La rédaction de «CONGONEWS» préfère passer sous silence ces informations là pour ne prêter à une divulgation des secrets-défense.
Motus et bouche cousue également sur le jet. Soit, les deux burundais et la délégation mise à disposition à Kinshasa ont atterri à Bujumbura le lundi 3 septembre à 23 heures. Lumbala les avait pris d’avance. Déjà dans la matinée, il s’était rendu à l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura pour demander la protection après avoir été alerté, la veille, du voyage de ses interrogateurs à Kinshasa. Son principal allié aura été le gouvernement burundais, pas si chaud à extrader Lumbala pendant qu’une opposante burundaise, une certaine Pascaline, se la coule douce dans la capitale congolaise.
D’où peut-être la fuite qui a permis a Lumbala de se mettre à l’abri. Des sources rapportent qu’il négocie son exil à Johannesbourg et qu’une fois au pays de Nelson Mandela, il va rendre son mandat dans une déclaration publique. Sur son compte Facebook, il appelle déjà à soutenir le Colonel John Tshibangu, le nouveau rebelle qui cherche où prendre pied dans les Kasaï.
(IN CONGONEWS n°498 du mardi 11 septembre 2012)
MATTHIEU KEPA

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Le silence assassin du monde



Le gouvernement congolais reste incapable de défendre et de protéger sa population.
Une opinion de Plateforme Afrique centrale du CNCD-11.11.11 et Collectif “Tous ensemble pour la cause des femmes en République démocratique du Congo”
"Ils étaient dix, grands, petits, maigres, gros Ils étaient dix, ils se sont relayés et chacun d’eux a pris possession de mon corps.  Au début, je n’ai pas compris, c’était ma première fois, j’ai eu l’impression de mourir, j’aurais voulu disparaître, mais j’étais bien là ! Ils se sont engouffrés, le sang a giclé, je me sentais sale, j’avais honte.  Aujourd’hui, j’erre dans la ville en espérant rencontrer la mort à un coin de rue..."


Nzigire, Sifa, Mawouwa, Furaha, Neema chacune a vécu la même expérience dans l’Est du Congo. Le conflit perdure et le nombre des victimes ne cesse d’augmenter. Selon des estimations provenant d’organisations non gouvernementales (Amnesty International, Human Rights Watch) qui travaillent sur place, une centaine des femmes seraient violées chaque jour et utilisées comme esclaves sexuelles par les différentes rébellions pour affaiblir les populations locales, en vue de l’exploitation illégale des ressources minières. Une exploitation qui contribue au pillage du sous-sol de la région et qui favorise le commerce des métaux rares et précieux, tel le colombo-tantalite, mieux connu sous le nom de coltan, indispensable à la fabrication de nos GSM.
En effet, en RDC, le viol est utilisé comme une arme de guerre et fait partie intégrante du système mis en place pour alimenter un conflit meurtrier. La conférence internationale de la région des Grands Lacs, qui vient de se clôturer à Kampala, n’a abouti sur aucun accord de paix, laissant l’Est du Congo en proie à de nouveaux conflits. Chaque jour, le bilan ne cesse de s’alourdir. Les viols continuent, les populations civiles sont massacrées et la faune - une des plus riches de l’humanité, plusieurs espèces sont protégées - ainsi que la flore sont détruites. Et cela dure depuis vingt ans. Vingt longues années au cours desquelles, dans le silence et l’indifférence la plus complète du reste du monde, les morts s’accumulent, des femmes, des hommes, des enfants sont violés et abusés.


Aujourd’hui, une nouvelle rébellion sévit dans la région : le M23, Mouvement du 23 mars 2009, qui, selon un récent rapport des Nations unies, serait activement soutenu par le Rwanda.
Le gouvernement congolais, quant à lui, reste incapable de défendre et de protéger sa population. L’armée congolaise passe plus de temps à racketter la population qu’à la protéger ou à faire la guerre à l’ennemi.
Bien que, depuis 1999, les Nations unies disposent d’une force multinationale sur place (dont l’effectif atteint aujourd’hui plus de 19000 hommes), la situation sécuritaire en RDC reste préoccupante et le nombre de victimes civiles ne cesse d’augmenter car le résultat de son action reste mitigé et peu efficace. Des milliers des villageois ont abandonné leurs habitations et vivent dans la forêt, des centaines des femmes continuent à être violées, des milliers d’enfants sont privés de toute éducation.  Et le monde se tait, les bourreaux restent impunis et protégés par leurs complices, les victimes se retrouvent abandonnées à elles-mêmes.


Nous pensons que cette guerre et ces crimes doivent interpeller toute femme, tout homme épris de paix et de justice. C’est la raison de cet appel en faveur d’une mobilisation citoyenne internationale afin que cette guerre injuste cesse et que justice soit rendue à ces populations qui souffrent et meurent en silence.
Le Conseil de sécurité doit condamner fermement le soutien du Rwanda aux différentes rébellions. Des sanctions financières et militaires doivent être prises contre ce pays pour le contraindre à arrêter ses interventions au Congo et à coopérer à l’arrestation des criminels de guerre protégés par Kigali et recherchés par la justice internationale.


Nous demandons donc à l’Union européenne ainsi qu’à l’ensemble de ses pays membres de geler l’aide destinée au Rwanda (à l’exception de l’aide humanitaire). Le retour de cette aide doit être conditionné à la fin du soutien rwandais à l’occupation de l’est de la RDC, ainsi qu’à l’arrestation des chefs rebelles qui sont protégés par Kigali et à leurs transferts devant la Cour pénale internationale pour répondre de leurs actes. Ces mesures sont nécessaires pour obliger l’armée rwandaise à arrêter ses multiples interventions au Congo.


Nous demandons aussi que des pressions soient faites pour la réforme de l’armée congolaise en vue de lui permettre de remplir correctement sa mission de défense du territoire et de protection de la population.
Les victimes ont besoin de nous. Chacun(e), où qu’il (elle) se trouve, devrait avoir une pensée pour ces femmes, ces enfants et ces hommes abandonnés à eux-mêmes. En leur nom, et pour un monde plus humain et plus juste, nous demandons la paix en RDC. Pour eux, pour elles, nous voulons une justice et la fin de l’impunité !


Le collectif "Tous Ensemble pour la paix en RDC", la plate-forme Afrique centrale du CNCD-11.11.11 ainsi que plusieurs acteurs de la société civile se mobilisent pour que la Belgique, l’Union européenne et la communauté internationale s’engagent en faveur de la paix au Congo. Plusieurs manifestations et rassemblements pacifiques sont prévus et ouverts à tous: - Un rassemblement pour la paix aura lieu le samedi 8 septembre 2012, place de la Monnaie à Bruxelles. (http://www.intal.be/fr/rassemblement-pour-la-paix-en-rd-congo-8-septembre-2012). - Une grande marche silencieuse aura lieu le samedi 6 octobre 2012 à Bruxelles, en solidarité avec toutes les victimes de la guerre au Congo.

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15 septembre 2012

DES TEMOIGNAGES ACCABLANTS : LE NORD-KIVU VIT DANS LA TERREUR

 
Protégée par les forces de la Mission des Nations unies au Congo, Goma sait déjà qu’elle ne tombera pas aux mains des rebelles du M23 qui, plus au nord, occupent Rutshuru et ses environs. Cependant, la capitale du Nord Kivu vit dans l’angoisse et des ONG locales dénoncent des mutins qui « sèment la terreur, la faim et la mort ». Les déplacés de guerre affluent dans la ville et, dans le centre don Bosco, plus de 30% des femmes enceintes, faibles et mal nourries, meurent durant l’accouchement. Dans un autre centre, INUKA, soutenu en Belgique par EALE (1), les éducatrices, en trois jours seulement, ont accueilli plus de 90 enfants abandonnés. Leurs cas sont plus atroces les uns que les autres : Marie, recueillie par le CICR, n’a que onze mois. Sa maman avait fui le M23, le bébé attaché sur son dos. Dans la forêt, elle a croisé des guerriers Mai Mai, qui ont arraché l’enfant de son dos et se sont acharnés sur elle à l’arme blanche. Une autre petite fille, Sifa, 13 ans, venue du Masisi, a été violée à trois reprises par les militaires et aux éducateurs, elle a expliqué qu’elle voulait mourir. Une autre fillette, Zawadi, 14 ans, originaire du Masisi elle aussi, a également été violée par les militaires et, stigmatisée dans son quartier, elle a été obligée de fuir vers la ville.
Alors que les habitants de Goma constatent que les prix des produits de base ont explosé, les rebelles exigeant des péages exorbitants, ils s’estiment cependant privilégiés par rapport à leurs compatriotes qui vivent plus au Nord : selon Human Rights Watch, « les rebelles du M23 sont en train de commettre une horrible série de nouvelles atrocités ». Selon les entretiens menés par HRW avec 190 personnes, le mouvement M23 (composé de soldats mutins qui avaient refusé d’être déplacés dans d’autres provinces du Congo) a procédé à des recrutements forcés : dans le territoire de Rutshuru, depuis juillet, 137 jeunes hommes et garçons ont été enlevés à leur domicile, au marché ou alors qu’ils se rendaient aux champs et 33 jeunes, qui essayaient de s’enfuir ont été ligotés et abattus sur place. Quinze civils, soupçonnés d’être hostiles aux rebelles, ont été tués de sang froid tandis que 46 femmes ont été violées, dont une fillette de huit ans.
Les soldats mutins ont longtemps assuré que leur priorité était de combattre les combattants hutus des FDLR, connus pour perpétrer les pires atrocités. Eux mêmes ne sont pas en reste : à Chengerero, le 7 juillet, des rebelles ont défoncé la porte d’une maison, enlevé le mari, battu à mort le fils de la famille. Quant à la femme, ils l’ont violée collectivement puis, après avoir répandu du carburant entre ses jambes, ils y ont mis le feu.
Les exodes de population montrent d’où vient la pire terreur : c’est vers les zones gouvernementales que les civils fuient en masse et parmi eux des autorités locales, des chefs coutumiers, des défenseurs des droits humains et des journalistes, tous craignant pour leur vie après avoir témoigné des atrocités dont ils avaient été témoins.
Les chefs du M23 assurent cependant qu’ils se contentent de recruter des soldats dans leur propre communauté rwandophone et selon certains témoignages, -que nous avons personnellement recueillis à Goma- des appels téléphoniques venus du Rwanda pressent les Tutsis du Congo de soutenir le M23, au nom d’intérêts communautaristes.
Human Rights Watch confirme par ailleurs, avec force détails, que l’armée rwandaise aurait fourni aux rebelles des armes, des munitions, et que plus de 600 recrues, sinon beaucoup plus, auraient été envoyées au Congo. En outre, l’armée rwandaise elle-même est intervenue à plusieurs reprises : plusieurs centaines de militaires, sous les ordres du général Emmanuel Ruvusha, basé à Gisenyi, ont traversé la frontière pour aider les mutins à s’emparer de la ville frontalière de Bunagana, de la base militaire de Rumangabo, des villes de Rutshuru, Kiwanja, Rugari, les anciennes places fortes tenues par Laurent Nkunda en 2009. De nombreux témoins –y compris nous-mêmes- ont vu les militaires rwandais, en grand nombre, circuler à bord de camions chargés d’armes et de munitions, se déployer en direction de la frontière du Congo, afin de participer aux opérations militaires aux côtés des mutins et, le cas échéant, de prendre la direction des opérations.
Selon des déserteurs du M23 qui ont pu se confier à HRW, ce sont des officiers de l’armée rwandaise qui ont dirigé les entraînements des nouvelles recrues, parmi lesquelles beaucoup d’enfants de 13 ou 14 ans. Certaines de ces recrues provenaient du Nord Kivu, mais la plupart d’entre eux était originaire du Rwanda : militaires démobilisés de l’armée rwandaise, anciens partisans de Laurent Nkunda, ex- combattants hutus des FDLR renvoyés au Congo pour l’occasion, et aussi jeunes réfugiés tutsis congolais se trouvant dans des camps à Kibuye, Buymba et aussi Nkamira. Ce centre de transit avait reçu la visite du Ministre Reynders qui s’était étonné d’y trouver tant de femmes et aussi peu d’hommes tandis que les représentants du HCR expliquaient qu’ils avaient été obligés d’installer dans le centre un éclairage électrique a giorno, afin d’empêcher les viols et autres actes de violence…
Ces multiples récits et témoignages, qu’ils aient été recueillis par HRW ou qu’ils émanent de sources privées, décrivent l’atmosphère de terreur régnant dans les zones occupées par le M23, confirment si besoin en était l’implication active du Rwanda aux côtés des mutins et infirment, avec force précisions, les dénégations du Rwanda assurant qu’il ne s’agît là que d’un problème entre ressortissants congolais…
Colette Braeckman

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14 septembre 2012

Message d'Hollande à l'opposition

La polémique enfle dans les rangs de l'opposition à la veille de la venue de François Hollande à Kinshasa. Elle met aux prises ceux qui sont favorables à la main tendue du président français qui a affirmé qu'il parlera avec toutes les parties dans la capitale congolaise, dont l'opposition comprise et les tenants de la politique de la chaise vide. Là dessus, la position de Vital Kamerhe et son UNC: ne pas rencontrer Hollande, c'est louper l'opposition de lui dire ce qui se passe en RD-Congo, vu de l'opposition.

Un émissaire, Me Jean Baudouin Mayo Mambeke, porte-parole de l'UNC, a été chargé de faire connaître ce point de vue à Jean Christophe Cambadellis, secrétaire national du parti socialiste français chargé de la Politique extérieure. Un calendrier politique très chargé a fait que Cambadellis a délégué son assistant, Sébastien Gricourt, avec un message à l'endroit de l'envoyé Kamerhe, à savoir que le Président François Hollande fera bel et bien le déplacement de Kinshasa mais pas pour apporter une quelconque caution à Joseph Kabila.

Selon des sources proches du parti kamerhiste, les socialistes expliquent que François Hollande n'avait pas témoigné de l'enthousiasme pour le sommet de Kinshasa mais c'est plutôt des Chefs d'Etat africains qui l'ont persuadé. Argument mis en avant: puisque l'Afrique connaît beaucoup de conflits dûs au déficit de la démocratie, à la malgouvernance et aux violations répétées des droits de l'homme, autant alors faire de Kinshasa l'occasion d'un message à l'endroit de toute l'Afrique subsaharienne. Rue Solferino, au siège du PS, Mayo a remis une «note» à Gricourt dans laquelle il demande des pressions sur Joseph Kabila pour que celui-ci laisse l'opposition se choisir son porte-parole. (Ci-dessous la «note» de Baudouin Mayo en intégralité).

MATTHIEU KEPA

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Scandale à l’Onu : Ban Ki-moon tente de blanchir le M23 !



Après Londres, voici le tour du Secrétariat Général de l’Onu. L’élan d’une nouvelle et soudaine sympathie très passionnelle et anormale, à tout point de vue, prend une certaine ampleur à travers le monde, en faveur du Rwanda. Le Gouvernement britannique a fait volte-face et s‘est autorisé un dégel partiel de l’aide suspendue en faveur de Kigali.
La Rdc tout entière en était encore à s’indigner de ce comportement plein de traîtrise, lorsqu’un autre partenaire et non des moindres, a décidé de la poignarder dans le dos. Et de quelle manière !
Ban Ki-moon, le même, a décidé d’organiser une tripartie Rdc-Rwanda-Secrétariat Général de l’Onu. La rencontre est prévue le 27 septembre à New-York. Très bonne initiative. Mais, un fait monstrueux vient ternir le tableau. A la table de l’Onu, il y aura un invité surprise. Complètement inattendu et dont la présence ne se justifie à aucun titre : une délégation du M23. Cette dernière aura le privilège de prendre part à la rencontre. Au motif que Ban Ki-moon, devenu le blanchisseur international, veut entendre toutes les parties engagées dans le conflit de l’Est.
Mais, tant qu’on y est, pourquoi ne pas recevoir aussi pour  la même occasion une délégation des Fdlr ? Nous touchons le fond du problème. Que l’on sache, le M23 a été clairement et ouvertement catalogué comme force négative et terroriste au même titre que la LRA et le Fdlr. Le Conseil de sécurité, instance supérieure au Secrétariat Général de l’Onu, a acté cet étiquetage.
D’où vient alors que Ban Ki-moon veuille déroger au principe dûment établi par l’organe habilité de l’organisation planétaire ?
Prétendant vouloir se faire une idée précise de la crise de l’Est congolais, l’actuel Secrétaire Général de l’Onu veut entendre tout le monde. Même les terroristes, criminels et sanguinaires notoires. C’est là sa manière de s’engager à résoudre la crise congolaise. Mais, entendre encore quoi sur le M23 ?
Le rapport du Panel des experts de l’Onu n’a pas été assez clair. Pas plus que ne l’ont été les pertinentes observations du Conseil de sécurité. Moins encore les résolutions de l’Union africaine à Addis-Abeba ou celles de la Sadc à Maputo. Ban Ki-moon veut mener sa propre enquête.
Drôle de détective privée qui décide de marcher à rebours de l’histoire. Non pas parce que les rapports officiels accusent quelques lacunes, mais parce que le Secrétaire Général se veut et se croit démiurge.
Seulement, en jouant sa partition salutaire, Ban Ki-moon aura eu le mérite par rapport au Rwanda, de légitimer le M23. Pire, de le laver de tout le sang dont il est chargé et dont continuent de le charger les organisations internationales des droits de l’homme. Human Right Watch en particulier.
Ban Ki-moon aurait-il un faible pour le M23 ? Dans l’histoire des Nations Unies, le Congo-Kinshasa a déjà tout vu. En 1960, le double jeu de l’organisation planétaire a même coûté la vie à un Secrétaire Général. Nous rappelons la tragédie en guise d’avertissement à l’apprenti jongleur Ban Ki-moon. C’est dire que l’on ne s’amuse pas impunément avec les réalités congolaises. Il est plus avantageux d’être de notre côté que d’être contre nous. Parole du destin.
LP

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