26 septembre 2012

Le plan de Kamerhe sur la table de Ban Ki-Moon

 



Vital Kamerhe a obtenu la consécration. Il a réussi à vendre son plan de sortie de crise même au Coréen Ban Ki-Moon, après en avoir donné connaissance au ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, de passage à Kinshasa et à bien d’autres grands du monde, notamment des chefs d’Etat africains, parmi les voisins aussi. A la veille du som¬met Kinshasa-Kigali à New-York, le secrétaire général des Nations-Unies lui en a exprimé la demande via son représentant spécial en RD-Congo, Roger Meece. L’Amé¬ricain avait pris l’avion pour New-York, le 24 septembre, avec une copie du plan Ka¬merhe qu’il est supposé avoir remis à sa hiérarchie hier, le 25 septembre. Ce plan n’est rien d’autre que le schéma Kamerhe élaboré, en octo¬bre 2008, du temps de sa présidence à l’Assemblée nationale mais réactulisé en prenant en compte les évo-lutions sur le terrain. Il épin¬gle d’abord les erreurs des différentes parties, appro¬ches malencontreuses mises en route depuis le génocide des Tutsi du Rwanda et qui durent dans le temps pour finir par plomber le proces¬sus de normalisation entre la RD-Congo et ses voisins de la région des Grands lacs. Il faudra donc remonter à l’origine pour cerner les premières erreurs. A la sur¬venue du génocide, l’Est de la RD-Congo connaît le dé¬ferlement de plus de 2 mil¬lions de réfugiés rwandais, principalement des Hutus auxquels sont mêlés des hommes en armes, les Inte¬rhamwe , l’armée défaite de Juvenal Habyarimana et ses multiples supplétifs.

Le Ma¬réchal Mobutu laisse toute ces forces s’installer dans les Kivu et la communauté in¬ternationale ne s’émeut pas outre mesure. Pourtant, rap¬pelle Kamerhe de son plan, la tripartite Kinshasa-Kiga¬li-HCR arrive à la résolution pour éloigner ces réfugiés de la frontière avec leur pays d’origine. Leon Ken¬go alors Premier ministre y est très favorable mais plu¬sieurs pesanteurs font que son action n’aboutira pas. Il se passe qu’à l’époque la communauté internationale a donné une sorte de blanc-seing à Kigali -et même à Kampala- pour soulager sa conscience de n’avoir rien fait pour prévenir le génoci¬de après le «plus jamais ça» post-deuxième guerre mon¬diale. Les erreurs originelles du Rwanda et de l’Ouganda, c’est d’avoir pensé depuis le départ qu’ils n’ont pas besoin de la RD-Congo pour venir à bout de leurs rebelles re¬tranchés dans les collines de deux Kivu jusqu’en Province Orientale. Ils ont encore pé¬ché dans leur malveillance à chercher à préférer trai¬ter avec un leadership faible à Kinshasa ou à chercher à maintenir celui-ci tel quel. En pecheur, la RD-Congo, résigné dans les jérémia¬des pour mettre tous nos malheurs sur le compte de la communauté internatio¬nale et de nos voisins. Donc, aucune responsabilité de notre propre part comme si nous n’avions rien à dire ou à faire quant à la confection de notre destin en tant que nation. Pas n’importe quelle nation mais une nation pro¬mise à un grand avenir. Ka-merhe trouve que notre res¬ponsabilité est à mettre en cause. 

D’abord avec Mobutu qui a accordé l’hospitalité à des forces rebelles étrangères dans la calcul d’un rebon¬dissement diplomatique sur fond de l’opération Turquoi¬se. Laurent-Désiré Kabila, à son tour, n’a pas compris qu’après sa victoire sur Mo¬butu, ses alliés attendaient de lui qu’ils les aident à anéantir les forces qui les déstabilisent à partir du sol congolais. A l’interne, il s’est complètement fichu des forces démocratiques qui avaient combattu Mobutu pendant de longues années. L’historique opposant Etien¬ne Tshisekedi wa Mulumba en tête. Antoine Gizenga Fundji aussi. Conséquence: il lui a manqué la cohésion nationale nécessaire quand est venu le moment de faire face au péril extérieur. Une carence prévisible depuis le temps où M’Zee avait décidé d’humilier jusqu’à tuer à pe¬tit feu les ex-FAZ dans l’enfer de Kitona. L’histoire n’a pas encore dit combien d’hom¬mes périrent dans cette base militaire transformée en un camp de concentration.

Et Joseph Kabila? Première tare à mettre à son comp¬te, le laxisme. Quand Kigali sanctionne le Général Dan pour mise en cause dans le trafic illicite des minerais de la part du panel des experts des Nations-Unies, Kinshasa n’entreprend rien contre ses généraux devenus les plus grands propriétaires des mi¬nes partout à l’Est. Quand Kigali sollicite et obtient de son Parlement l’envoi des hommes pour mener les opésations conjointes dans le Nord-Kivu, Joseph Kabila préfère agir secrètement dans le dos de ses parle¬mentaires. Pire, il décide un jour de faire du Général Bosco Ntaganda le pilier de la paix. L’unilatéralisme ka¬biliste se manifeste encore dans l’initiative de mettre fin aux opérations Amani leo et autres, décidées sans en dis¬cuter avec les voisins pour¬tant concernés. A l’interne, bonnet blanc et blanc bonnet en comparaison avec l’ère Kabila. Deux faits majeurs à retenir. D’abord, la fameuse révision constitutionnelle dont l’onde de choc a touché les équilibres fragiles établis avec le régime 1+4. Ensuite, les calamiteuses élections de Daniel Ngoy Mulunda avec lesquelles il devient il¬lusoire qu’un appel à l’unité nationale trouve un écho. Le pays court plutôt vers un pourrissement sans parler, de l’avis de VK, de l’armée qui «est une question prio¬ritaire mais toujours prise en compte».

Ce topo planté, l’idée de Kamerhe s’oriente vers un arrêt immédiat des hostilités pour oeuvrer pour la paix au Congo comme chez ses voisins des Grands lacs. Il projette la RD-Congo et le Rwanda comme le cou¬ple franco-allemand, deux ennemis d’hier devenus le moteur du développement de l’Europe. Pour que la paix dure, il faudra un mécanisme de vérification des frontières appuyés par des moyens modernes, des satellites. La perspective sera de créer une force régionale à l’ima¬ge de l’Ecomog. Kamerhe se bat pour la traçabilité des minerais du sang. Si des usi¬nes sont installées à Bukavu et à Goma pour les premiè¬res transformations, cela aiderait à aller vite dans ce processus. De là à passer à une intégration économique régionale, il n’y aura qu’un pas. Intégration à étendre au Sud-Soudan dans une zone de libre échange avec extension qu’à la Zambie voisine. Que d’opportunités à partager avec tous nos voisins. Le pétrole à exploi-ter avec l’Ouganda, le gaz méthane avec le Rwanda, le poisson du lac Tanganyka avec le Burundi (création d’une société mixte du pois¬son), le Mobayi Mbongo avec la République centrafricaine, le littoral avec l’Angola. Au Sud-Soudan, la RD-Congo a également de l’expérience et de l’expertise à vendre à ce jeune Etat. Le plan Kame¬rhe propose la mise en place d’une CVR -Commisson véri¬té et réconciliation-. Sa prin¬cipale mission, résoudre la crise de légitimité.

A propos de ce qu’il y aura d’autres à mettre sur la table de dis¬cussions, la Cour constitutionnelle dont la mise en oeuvre est toujours attendue, le CE¬SAC à restructurer, les élec-tions provinciales à préparer en toute transparence avec l’implication des autres for¬ces, les droits de l’homme à remettre au centre des préoccupations du gouver¬nement... Kamerhe implore les autres -la communauté internationale, les voisins comme l’ensemble de la pla¬nète, de comprendre qu’ils ont intérêt que la RD-Congo se mette debout. Il l’a tou¬jours défendu sur la base de l’inventaire des richesses de la RD-Congo, à savoir ses 280 millions d’hectares de forêts, ses 120 millions de terres arables suscepti¬bles nourrir plus de 2 mil¬liards d’individus, donc de répondre conséquemment au fléau de la faim dans le monde, ses 53 pc des eaux de l’Afrique, ses réserves hydroélectriques estimées à plus de 100.000 mégawatts dont Inga avec 44.000 ma-gawatts à lui seul, ses 110 substances minérales. «Il n’y a qu’un Congo fort avec une vision et un leadership qui peut transformer toutes ces potentialités pour le bien du monde», a toujours prêché le leader de l’UNC qui cite le Brésil en exemple.
H.M. MUKEBAYI NKOSO

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25 septembre 2012

RDC : début de l’examen par les députés de la réforme de la commission électorale

Daniel Finnan
Par RFI

Les députés de la République démocratique du Congo vont entamer leurs travaux mardi 25 ou mercredi 26 septembre 2012, et leur ordre du jour prévoit un débat sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le gouvernement a consenti à réformer la Céni, critiquée de toutes parts après les dernières élections. Elle devrait être un peu plus représentative en intégrant la société civile.

Pour le moment, la Céni est composée de sept personnalités politiques. Quatre membres du pouvoir, trois de l’opposition. Le projet de réforme soumis aux députés porte à onze l’effectif du bureau. Cinq pour la majorité, quatre pour l’opposition, et deux sièges seraient octroyés à la société civile.

Dans les ONG, on trouve que ce n’est pas assez. La Nouvelle société civile congolaise estime qu’il en faudrait beaucoup plus et que la Céni devrait avoir 22 membres ; car il faudrait, selon elle, octroyer aussi des sièges à l’opposition extra-parlementaire.

Ces propositions vont nourrir les débats, mais ont peu de chance d’être retenues, compte tenu de la marge très importante de députés proches du pouvoir.

Ce débat sur la réforme de la Céni est un passage obligé pour offrir une meilleure image, après les dysfonctionnements des scrutins de novembre 2011. Il s’agit de préparer des élections provinciales et locales plus présentables. Le président actuel de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, devrait faire les frais de cette réforme.

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24 septembre 2012

Insécurité dans l'Est : le gouvernement poussé à négocier avec le M23

 

L'Union africaine demande à la RDC de répondre aux revendications des rebelles du M23 à travers la mise en œuvre « effective » des accords du 23 mars 2009. 

La situation du M23 continue de préoccuper de nombreux esprits en raison de l'ambigüité qui, depuis peu, caractérise le statut de ce mouvement armé. Après que le secrétaire général des Nations unies a décidé d'inviter toutes les parties en conflit à l'Est de la RDC, y compris le M23, à une réunion de haut niveau afin de se faire une religion sur ce qui se passe dans cette partie du pays, c'est au tour de l'Union africaine de se mettre sur la voie de « légitimation » de cette rébellion. C'est le moins qu'on puisse dire en lisant attentivement le communiqué ayant sanctionné la 35e réunion du Conseil de sécurité et de paix de l'Union africaine  tenue le 19 septembre à Addis-Abeba en Éthiopie. Le point 4 de ce texte est on ne peut plus clair quant à la perception que se fait l'Organisation africaine par rapport à la guerre d'agression à laquelle la RDC fait actuellement l'objet de la part du Rwanda via le M23. L'Union africaine qui se félicite des efforts soutenus pour éradiquer la présence des Forces négatives à l'Est de la RDC, restaurer l'autorité de l'État et promouvoir durablement la paix et la stabilité dans cette région, prône la mise en œuvre effective des accords de Goma du 23 mars 2009 conclus entre le gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

L'organisation panafricaine invite à une « évaluation exhaustive des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations des anciens envoyés spéciaux de la Conférence internationale de la Région des Grands lacs, de l'Union africaine et des Nations unies, des anciens présidents Benjamin Mkapa et Olusegun Obasanjo, en vue de permettre au pays de la région de décider de la voie à suivre ». Cette déclaration avait été mal perçue au niveau de la classe politique congolaise qui y voit une contradiction avec les prises de positions des Nations unies et des organisations internationales qui n'arrêtent de condamner le M23 jusqu'à entrevoir  des sanctions contre son parrain présumé qu'est le Rwanda. Au cours de son bref séjour sur le territoire congolais, le secrétaire général des Nations unies en RDC, Roger Meece, avait dénoncé le soutien du Rwanda aux rebelles du M23 désormais comptés parmi les forces négatives qui empestent le climat à l'est du pays. D'autres analystes voient dans la déclaration du Conseil de sécurité et de paix de l'UA un net recul d'autant plus que les accords en question ont été signés avec le CNDP mué, entre-temps, en parti politique affilié à la Majorité présidentielle.

« Le CNDP est un parti politique et les éléments du M23 sont des mutins », précise un cadre de la Majorité ajoutant qu'il n'est pas question de négocier avec des gens qui évoluent en marge de la légalité et des institutions. Côté gouvernement, c'est toujours la fermeté qui prime dans ce débat. Plus d'une fois, son porte-parole ne cesse de marteler sur le caractère aléatoire de telles sollicitations estimant que la fin de la guerre devrait logiquement passer par la négociation avec l'agresseur, le Rwanda. D'autant plus qu'à ce stade, cette perspective de négociation avec le M23 n'est pas à l'ordre du jour au niveau des Etats membres de la CIRGL qui, à l'issue du dernier sommet de Kampala, avaient mandaté le président en exercice Yoweri Museveni pour tenter de faire revenir les mutins à la raison de sorte à éviter un bain de sang dans la région.

Rappelons que les accords du 23 mars 2009 prévoyaient, entre autres, l'amnistie pour les éléments du CNDP, la libération des prisonniers politiques de ce mouvement et la réinsertion professionnelle des cadres administratifs ayant adhéré au CNDP sans préjudice des textes légaux en vigueur. 

Alain Diasso

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21 septembre 2012

Eventualité d'une rencontre Tshisekedi - Hollande Le pouvoir tente de faire chanter l'Opposition

A l'approche de la tenue du XIVe Sommet de la Francophonie, du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa, le régime J. Kabila et sa famille politique ne mettent plus de gants pour orchestrer un véritable chantage autour d'une éventuelle rencontre entre François Hollande et l'opposition Congolaise.

Mardi dernier, une réunion a été convoquée par le ministre des Affaires intérieures du gouvernement central à l'intention des partis politiques évoluant en RDC. D'après les statistiques en possession de ce dernier, le pays en compte près de 500 !

En lisant entre les lignes l'allocution de circonstance prononcée par ce membre du gouvernement, l'opposition, la vraie, dont les partis membres sont comptés d'ailleurs sur les bouts de doigts, est présentée à la face du monde comme une pitoyable quémandeuse d'audience auprès du Chef de l'Etat français

Faire chanter l'opposition

Relayée par les médias très proches du pouvoir à Kinshasa l'allocution du ministre en charge de l'intérieur ne met pas en doute la volonté de ce dernier de faire chanter l'opposition. Voici quelques idées qui y sont maladroitement développées : “ Dans la perspective de la tenue du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, l'enjeu pour l'opposition consiste à parler absolument au Président de la République française.

Or, pour parler à ce dernier, il faut que ce forum soit d'abord une réussite. Il est donc dans l'intérêt de l'opposition de s'impliquer dans la réussite du sommet. C'est tout à son avantage et dans son intérêt.

En cas de raté et de dérapage, les hôtes de marque, dont François Hollande, risquent de filer à l'anglaise... sans avoir le temps d'écouter personne “ !

Afin de justifier la tenue de la réunion organisée par le ministre de l'intérieur à l'intention de partis politiques du pays, les médias très proches du pouvoir ont laissé entendre que cette réunion représente “la main tendue du gouvernement qui veut voir tout le monde s'impliquer à faire réussir le X!Ve Sommet de la francophonie “ !

Après avoir longtemps considéré que ce forum était sa propre affaire et que celle-ci était une occasion tombée du ciel pour obtenir la légitimation de son pouvoir auprès des Etats francophones qui y sont invités (ils seraient au nombre de cinquante environ), il est tout de même désarçonnant de voir le pouvoir appeler l'opposition à la solidarité maintenant pour pouvoir assurer le succès au prochain sommet de la Francophonie !

Elle refuse de s'humilier ...

Mais le vrai message que le pouvoir envoie en direction de l'opposition est formulé autrement : “il y a une condition pour que vous puissiez rencontrer François Hollande de par ma volonté, sous mon autorité et ma surveillance, à savoir vous humilier en reconnaissant les résultats ayant donné Joseph Kabila pour vainqueur à l'élection présidentielle du 28 novembre 2011“ !

Selon de nombreuses voix qui s'élèvent des milieux de l'opposition authentique de la RDC, celle-ci n'est pas quémandeuse d'une audience auprès du Chef de l'Etat français. Celle-ci rejette catégoriquement la tutelle que le pouvoir veut lui imposer dans une éventuelle rencontre avec le Président François Hollande et, enfin, qu'elle n'est pas prête à partager avec Kabila une quelconque responsabilité dans un raté ou un dérapage toujours possible du XlVe Sommet de la Francophonie qui tiendra ses assises à Kinshasa, du 12 au 14 octobre prochain.

KAMBALE MUTOGHERWA

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20 septembre 2012

L'Onu à la croisée des chemins Dossier M23 : Herve Ladsous met Ban Ki-moon en difficulté !

Sans doute redevable au Rwanda pour sa participation efficace au maintien de la paix au Darfour, le Secrétaire Général de l'Onu manifeste un faible pour le M23. Il prépare une tribune pour ce mouvement « rebelle », pure création du Rwanda, le 27 septembre à New York. Ban Ki-moon prétend que pour se faire une religion complète sur la situation prévalant dans les Grands Lacs Africains, il lui faut aussi écouter le M23 en marge de la tripartite Onu-Rdc-Rwanda.

Kinshasa, on le sait, s'est déjà vigoureusement opposé à cette approche de la crise congolaise. Mais, il n'est pas sûr que le Secrétaire Général de l'Onu fasse marche arrière dans sa démarche. Pour le contraindre à battre en retraite dans son élan de « Kagamophilie » très passionnelle, il a fallu plus.

Eh bien, la contradiction est née dans l'enceinte même de l'Onu, au plus haut sommet. Elle est l'oeuvre du français Hervé Ladsous, Secrétaire Général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix.

De retour d'une mission de haute portée dans les Grands Lacs Africains, le diplomate français s'est chargé de rendre compte de son périple au Conseil de sécurité de l'Onu. La thèse développée par ce très haut fonctionnaire des Nations Unies bat complètement en brèche l'approche laxiste et fantaisiste de Ban Ki-moon.

 Le justicier

En effet, Hervé Ladsous, « les éléments du M23 sont concentrés dans un coin de l'Est du Kivu, près des frontières du Rwanda et de l'Ouganda ». Le plus révoltant relève le haut fonctionnaire : « (les rebelles du M23) ont établi une sorte d'administration de facto, contrôlant la population, prélevant des taxes sur les personnes de passage. Ce qui est... difficilement acceptable ».

Et comme pour mettre Ban Ki-moon devant des évidences incontournables, Hervé Ladsous insiste en ces termes devant le Conseil de sécurité : « La souveraineté de la République Démocratique du Congo doit être respectée ».

C'est sans commentaires. La souveraineté de la Rdc ne saurait rimer avec toute tribune que l'on accorderait au M23. Bah ki-moon doit bien se le mettre en tête et s'abstenir de toute conduite vexatoire et remettant en cause le moindre attribut de souveraineté de la Rdc.

La place du M23 se trouve au cimetière de l'histoire. Celle de ses principaux dirigeants, à La Haye. Il n'y a que Ban Ki-moon qui essaye d'imposer le contraire et de jouer au blanchisseur international.

Puisqu'il en est ainsi, il serait juste et équitable de recevoir aussi une délégation des Fdlr à l'Onu. Sans se résoudre à cette à cette obligation, Ban Ki-moon se rendra coupable de haute, trahison vis-à-vis de la RDC et de son principe de souveraineté. En attendant, chapeau bas au français Hervé Ladsous qui a su dire la vérité dans un contexte dominé par une hypocrisie rampante.

LP

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Accusé de haute trahison, Kabila ne contrôle rien

Kabila et Kagame à Addis AbebaAffaibli par les vérités que les Congolais découvrent sur sa trahison à la nation congolaise chaque jour qui passe, impuissant face à  la multiplication des groupes armés issus des défections des FARDC et attaqué de toute part par l'opposition qui rejette toute collaboration avec lui, Kabila ne contrôle rien. Sa chute est imminente.

L'opposition a refusé de répondre à l'appel du gouvernement à faire front commun pendant le XIVè sommet de la francophonie pour montrer à la face du monde que le Congo est une grande nation en Afrique, tout comme elle avait rejeté l'appel à l'unité pour faire échec à l'agression du Rwanda par l'entremise du M 23. Une grande nation, le Congo l'est et le restera. Le problème du Congo, c'est Kabila, lui-même. Les Congolais ne toléreront jamais un fraudeur et par dessus tout un étranger et traître à la tête du pays.

Désormais, tout lui échappe: Les défections se multiplient au sein de l'armée.  Mal payés et surtout conscients de la trahison au haut sommet de l'Etat dont ils subissent chaque jour les effets au front, ils quittent les rangs des FARDC et se muent en groupes armés pour combattre le pouvoir en place. Le dernier groupe  en date se réclame de " groupe pour combattre le M 23".

Le XIV ème sommet de la francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre risque de réserver des surprises aux hôtes qui auront décidé d'y assister. Outre les mémos que l'opposition prépare à l'intention de différentes délégations pour dénoncer la crise de légitmité, le déficit de la démocratique et les violations régulières et systématiques des droits de l'homme, la population a juré de perturber la durée du dit sommet par des sit-in et des manifestations à grande échelle.

Kabila tente depuis la parodie des élections de novembre dernier de diriger le Congo par défi, terrorisant la population et muselant l'opposition avec l'appui de ses compatriotes rwandais. Les Congolais espèrent qu'avec la multiplication des groupes armés et le soulèvement de la population, il soit poussé vers la porte de sortie.

Lumbamba Kanyiki   

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19 septembre 2012

Au seuil de la rentrée parlementaire, François Muamba plaide pour un budget social




Une voix constructive se fait entendre au seuil de la session parlementaire de septembre. C'est celle de François Muamba, leader de l'Alliance pour le développement et la République " Adr ". Dans une déclaration, cette plate-forme centriste plaide pour un budget social. Question d'alléger la souffrance des populations  congolaises au lendemain de la rentrée scolaire. Histoire aussi de requalifier le salaire des fonctionnaires et autres agents de l'Etat. D'autre part, constatant les limites des différentes tentatives de réponse à la guerre d'agression imposée au pays par le Rwanda, l'Adr réactive sa proposition de sortie de voir les Etats-Unis d'Amérique, via Africom, jouer un rôle majeur dans la stabilisation de l'Est congolais.  Aux yeux de François Muamba, Washington étant ami à la fois de Kigali et de Kinshasa, est à même d'apporter la force " neutre " tant recherchée par les uns et les autres.

COMMUNIQUE DE PRESSE

     A l'occasion de la rentrée parlementaire de ce mois de septembre 2012, l'Adr prend note de l'agenda du Parlement tel qu'il ressort des discours de circonstance prononcés respectivement par les Présidents des deux Chambres.

     Cependant, dès lors que l'ouverture de cette session s'opère sur le double fond  de guerre, que le Rwanda impose à notre pays à l'Est, et d'une situation économique et sociale particulièrement dégradée sur l'ensemble du pays ; l'Adr, à travers ses représentants au Parlement, va défendre et promouvoir les positions suivantes :

     1.    Au sujet de l'agression de notre pays par le Rwanda

     Des efforts déployés pour obtenir la condamnation du Rwanda par la Communauté Internationale, l'Adr constate malheureusement qu'après pas moins de quatre sommets sensés contribuer  à la résolution de la crise qui prévaut dans l'Est de notre pays, celle-ci perdure.

     En effet, en participant à ces différents rounds de négociation, outre la condamnation du Rwanda comme agresseur,  le Gouvernement de la République aurait dû également atteindre, entre autres,  les objectifs suivants :

     -      obtenir le départ de toutes les troupes rwandaises encore présentes sur notre sol, en vertu des précédents accords devenus caducs du fait que le Rwanda ait agressé notre pays ;

     -      dégager le M23 à défaut de désarmer ses membres ;

     -      chasser les FDLR et  les autres forces négatives du Territoire national.

     En réalité, l'unique résultat palpable obtenu par le Gouvernement de la République au cours des différents rounds de négociation étant la réactivation du mécanisme conjoint de vérification entre le Rwanda et la RDC, cette fois-ci élargi aux autres pays du champ, on peut constater que ce dispositif  n'apporte pas les solutions attendues aux problèmes de fond posés par  la crise. 

     Car, nonobstant l'existence de  ce mécanisme, il y a lieu de craindre que :

     - les troupes rwandaises, admises sur notre territoire en vertu des anciens accords,  et dont  le Gouvernement de la République n'est pas en mesure de donner le nombre précis,  vont demeurer en RDC, voire être renforcées par l'arrivée de nouvelles unités, dans le cadre de ce mécanisme de vérification;

     - le M23 qui s'est installé dans une partie de la Province du Nord-Kivu, va continuer à l'administrer  et,  malheureusement,  à y commettre des crimes innommables, tels que, renseignés par un récent rapport de Human  Rights Watch ;

     - les FDLR, ce sempiternel prétexte du Rwanda, vont demeurer sur le territoire national et poursuivre leurs exactions contre nos compatriotes innocents que même la Monusco, en dépit de son mandat actuel qui stipule pourtant la protection des populations, n'arrive pas à protéger.

     Compte tenu de ce qui précède, l'Adr tient à réitérer sa proposition de solution à la crise à l'Est de la RDC. En substance, l'Adr reste d'avis que notre pays devrait approfondir la question de la sécurisation de ses frontières orientales au niveau des relations bilatérales, notamment avec des Partenaires tels que les Etats-Unis.

     En effet, ce pays, a l'avantage d'être autant ami de la RDC que du Rwanda, tout en disposant d'ores et déjà en Afrique d'un mécanisme neutre de sécurité, nommé AFRICOM. Celui-ci semble être la réponse "neutre" par excellence, précisément adaptée à la situation d'insécurité qui prévaut dans l'Est de notre pays.

     2.    Au sujet de la situation socio-économique:

     Le mois de septembre est aussi celui de la rentrée scolaire. Celle-ci concerne toutes les couches de la population dont les enseignants et les Agents et Fonctionnaires de l'Etat.

     L'Adr constate que tous connaissent de nombreuses difficultés du fait de la modicité des salaires et surtout de la surenchère du coût de la vie, due essentiellement à l'application brutale de la TVA, à taux unique et sans une pédagogie préalable.

     Et, puisque la Session parlementaire qui s'ouvre sera essentiellement budgétaire, l'Adr fera en sorte que le Budget de l'Etat pour l'exercice 2013 soit un Budget social dans son volet Dépenses courantes, et un Budget d'émergence économique dans son volet Investissements.
 

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18 septembre 2012

L'affaire Roger Lumbala, une diversion qui profite à Bosco Ntaganda

Cette diversion réconforte le Rwanda qui a toujours nié son implication dans cette crise.

Les autorités congolaises semblent pour l'instant ignorer les véritables perturbateurs de la situation sécuritaire dans la partie-Est de la République démocratique du Congo, cités nommément par différents rapports des organisations nationales et internationales, à savoir Paul Kagame, Bosco Ntaganda et autres.

Depuis que le député national Roger Lumbala s'est rendu dans certains pays limitrophes de la RDC dans sa partie-Est, toute l'attention des dirigeants congolais est détournée vers cet élu de la ville de Mbuji-Mayi, l'accusant de “ collaborer “ avec les ennemis pour déstabiliser son propre pays. Pourtant, depuis le début de la guerre version M23, le gouvernement central de la République n'a jamais interdit à quiconque de se rendre dans un pays voisin pour l'une ou l'autre raison, surtout que la Constitution garantit la liberté de voyager dans tous les pays à travers le monde.

Pour preuves, plusieurs autorités congolaises se sont rendues dans ces pays de Est depuis le début de la crise, sans que cela fasse des remous.

Aujourd'hui, dans toutes les interventions médiatiques des membres du gouvernement de la RDC, on ne cite plus que les noms de Roger Lumbala et celui de John Tshibangu parmi les déstabilisateurs de la République démocratique du Congo. Pendant que Bosco Ntaganda et Sultani Makenga se la coulent douce dans les montagnes de Rutshuru, au Nord-kivu, le porte-parole du gouvernement se complaît d'annoncer des démarches pour cueillir Rager Lumbala à partir du .Burundi, et de le poursuivre jusqu'en France où il réside actuellement, promettant même d'obtenir son extradition pour répondre de ses actes à Kinshasa. Quel crime a-t-il commis pour susciter autant d'intérêt au pouvoir en place, alors que ceux qui tuent les Congolais tous les jours sont ici présents sur le territoire national?

On doit commencer d'abord par arrêter les criminels qui occupent la partie- Est du pays, avant de poursuivre des députés pour avoir effectué un voyage dont on ignore les objectifs dans un pays voisin.

Toute cette diversion renforce les positions des Rwandais qui ont toujours soutenu que le problème à l'Est est essentiellement congolo-congolais.

De même, la mobilisation constatée dans plusieurs territoires du Kasaï Oriental où le gouvernement a largué des milliers de militaires à la recherche du colonel dissident John Tshibangu, est une initiative saluée par bien d'observateurs. Mais ces derniers souhaitent que cette opération s'étende jusqu'à l'Èst pour traquer, comme on le fait avec John Tshibangu, tous les Rwandais et les éléments du M23N qui occupent une partie du territoire congolais.

LEFILS MATADY

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17 septembre 2012

«Joseph Kabila» : Féroce au Centre-Ouest, timoré au Sud-Est

 


Laurent Nkunda Mihigo, alors flamboyant président du CNDP, reçoit, début 2007, le gouverneur du Nord Kivu Julien Paluku et le "général" John Numbi Banza Tambo, alors chef de la police nationale, dans son ex-fief de Kiwanja

Douze années après son accession à la tête de l’Etat congolais, «Joseph Kabila» a fini par institutionnaliser une sorte d’«Etat partial». Un Etat qui traite les citoyens congolais de manière inéquitable selon qu’on est originaire des provinces situées au Centre-Ouest (Bandundu, Bas-Congo, les deux Kasaï, Equateur, Kinshasa) ou au Sud-Est (Katanga, Nord Kivu, Sud Kivu, Maniema, Province Orientale). Dans le premier cas, le pouvoir est intraitable. Dans le second, il est plus qu’accommodant. Des exemples sont légion : Bundu dia Kongo, Faustin Munene, John Tshibangu, Roger Lumbala, Laurent Nkunda, Jules Mutebusi, Bosco Ntaganda.

Les observateurs des relations entre les deux Congo ont été surpris d’apprendre que «Joseph Kabila» s’est rendu "en face", plus précisément à Oyo, pour rendre visite au président Denis Sassou-Nguesso. C’était le mercredi 12 septembre. Les deux pays entretiennent depuis quelques années des relations à l’image d’un thermomètre alternant le chaud et le froid. Kinshasa a tendance à reprocher à Brazzaville de donner l’hospitalité à ses opposants.

A Oyo, «Joseph Kabila» et Sassou-Nguesso n’ont pas parlé que du sommet de la Francophonie et de la crise qui perdure dans la province du Nord Kivu. A l’initiative de la partie «kinoise», le cas du général Faustin Munene, en exil au «Congo d’en face» depuis près de deux ans, a été au centre des conversations. «Joseph» a relancé la demande d’extradition de cet officier supérieur issu, au même titre que lui de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo». Il y a quelques semaines, Munene a fait reparler de lui en appelant au renversement du régime en place et en présentant les rebelles du M-23 comme un mouvement appartenant à la «résistance». Nombreux sont les Congolais qui furent choqués.

Natif du Bandundu, ancien vice-ministre de l’Intérieur et chef d’état-major général des Forces armées de la RD Congo sous le président Laurent-Désiré Kabila, Munene a échappé à la mort le 27 septembre 2010. Ce jour là, des éléments de la garde prétorienne de «Joseph» attaquaient sa résidence dans la commune de la Gombe. Des témoins assurent avoir aperçu Jaynet et Zoé «Kabila» sur le lieu. La preuve que le Congo de "Joseph Kabila" est un Etat voyou. C’est le début d’une cavale. Dans une intervention sur une Web-radio, le général fugitif, accusé de «complot contre la sécurité de l’Etat», a fustigé les moyens déployés par le pouvoir kabiliste pour le pourchasser. Fort de l’affaire Mulele, Sassou n’entend en aucun cas faire droit à la demande d’extradition émanant des autorités de Kinshasa. Le rappel de quelques faits laisse apparaître que
«Joseph» use de la répression à l’égard des personnalités politiques et militaires issues des régions situées au Centre-Ouest du pays. Il est, en revanche, timoré lorsqu’il s’agit de sévir dans le Sud-Est. Ici, le "dialogue" finit toujours par triompher.

Féroce au Centre-Ouest

Depuis la prise du pouvoir par l’AFDL le 17 mai 1997, plusieurs centaines de militaires originaires principalement de la province de l’Equateur sont enfermés à la prison de Makala. Sans jugement. La grande majorité des prisonniers n’a pas de dossier judiciaire. D’autres soldats ont été victimes d’exécutions sommaires. Les noms peuvent être fournis.

Le 14 mai 2006, le pasteur Fernando Kuthino est arrêté en compagnie de son interprète Bompere Mbo. Un mois après, Kuthino est condamné à 20 ans de servitude pénale par un tribunal militaire du chef de "tentative d’assassinat" et de "détention illégale d’armes de guerre". Bompere,lui , écopait d’une peine de dix ans.

En 2007 et 2008, plusieurs centaines des adeptes du mouvement politico-religieux "Bundu dia Kongo" ont été abattus par des éléments du fameux "Bataillon Simba", commandé par le major Christian Ngoy Kenga-Kenga, sous la supervision de John Numbi Banza. Les victimes protestaient contre un vote truqué lors de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Bas-Congo. Le rapport ad hoc redigé par des experts onusiens a été "etouffé" par l’ambassadeur William L. Swing, alors patron de la Mission de l’Onu au Congo. Des puissances occidentales ont brillé par leur mutisme face à un scandaleux massacre.

On se souviendra des moyens militaires déployés dans la province de l’Equateur pour «mâter» les «Enyele» dans le district du Sud Ubangi fin 2010 et en avril 2011 lors de l’attaque de l’aéroport de Mbandaka. La Monusco - dont les éléments «cohabitent» avec les rebelles du M-23 dans les «territoires occupés» au Nord Kivu - était venue à la rescousse des «forces loyalistes» pour traquer les "insurgés". Plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires ont été dénoncées par la société civile.

Le 19 avril 2011, le lieutenant-colonel Jean-Pierre Kazamba Mukala, commandant de la police nationale pour le District du Kwango, est enlevé à son domicile à Kenge par des agents de la direction de renseignements généraux et services spéciaux de la police nationale» (DRGS). Que lui reproche-t-on ? L’officier est suspecté d’être «en intelligence» avec le général Faustin Munene. Au Congo-Kinshasa, les forces dites de sécurité sont au-dessus des lois. Elles échappent à tout contrôle démocratique ou judiciaire et ne rendent compte qu’à un seul homme : "Joseph Kabila".

Depuis le 16 août dernier, 300 militaires et policiers ont été lancés aux trousses du colonel John Tshibangu. Né à Kananga, celui-ci était le commandant en second de la 4ème Région militaire (les deux Kasaï). Il a fait dissidence quatre jours plus tôt accusant le pouvoir kabiliste de jouer un "jeu ambiguë" dans l’instabilité qui règne dans la partie orientale du pays. On apprenait le week-end dernier que neuf personnes proches de cet officier ont été appréhendées par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Selon Mutombo Mobe, ministre de l’Information du Kasaï Oriental, Tshibangu est accusé d’être «en intelligence avec les agresseurs rwandais». Avant la naissance du M-23, plusieurs officiers portant le label CNDP avaient fait désertion en toute impunité.

En ce mois de septembre, il y a eu le cas du député national Roger Lumbala. En "visite privée" au Burundi, ce parlementaire est accusé d’être "de connivence" avec les rebelles du M-23. Les autorités congolaises ont exigé «verbalement» son extradition. Intervenant samedi 15 septembre sur la télévision française «France 24», l’ambassadeur congolais à Paris, Ileka Atoki, a enfoncé le clou. «La justice congolaise voudrait l’entendre sur son séjour au Burundi», a-t-il déclaré. C’est à croire que le fait de se rendre au Rwanda ou au Burundi est érigé en infraction. Lumbala est arrivé dimanche 16 à Paris. Sans rire, dans une déclaration faite le même dimanche sur Radio Okapi, le ministre congolais des Médias, Lambert Mende, a prétendu qu’une demande d’extradition sera adressée à la France...

Timoré au Sud-Est

En juin 2004, Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, officiers dissidents des FARDC issus de l’AFDL, ont organisé l’attaque de la ville de Bukavu, chef-lieu de Sud Kivu. Les deux officiers justifiaient leur action par la nécessité de "sauver les Banyamulenge". Bukavu a été occupée avec l’aide du Rwanda. Huit années après, la justice congolaise n’a jamais émis de mandats d’arrêt à l’encontre de ces officiers. Elle n’a pas non plus exigé leur extradition. Mutebusi coule des jours heureux au Rwanda alors que son aventure avec Nkunda a laissé plusieurs victimes sur les carreaux. C’est le cas notamment du président de la Cour d’appel à Bukavu qui a perdu la vie.

Près de cinq mois après le déclenchement de la crise actuelle au Nord Kivu, on assiste à un enlisement. Défaits, près d’un millier de soldats congolais ont trouvé refuge en Ouganda. Pendant ce temps, les rebelles du M-23 consolident leurs positions dans les "territoires occupés". Rutshuru, Kiwanja, Bunagana, Rumangabo échappent ainsi à l’autorité de l’Etat. Des habitants de ces localités, estimés à 220.000, sont livrés aux intempéries. Ils errent. Les autorités de Kinshasa ignorent sans doute que les pouvoirs publics ont notamment pour mission d’assurer la protection de la population. Dans son bulletin daté 17 septembre 2012, l’Agence congolaise de presse note que "Joseph Kabila" serait à "la recherche des solutions pacifiques destinées à restaurer la paix dans le pays". Va-t-on, "au nom de la paix", assister à un nouveau cycle de négociations? On oublie souvent que les rebelles du M-23 sont issus du même moule que l’AFDL, le RCD et le CNDP.

Après avoir nié son soutien à Laurent Nkunda, président du CNDP, le Rwanda de Paul Kagame a, début janvier 2009, écarté le "général Laurent" de la tête de ce mouvement. Les responsables diplomatiques congolais ont tenté en vain d’obtenir son extradition. Trois années après, plus personne n’évoque cette question à Kinshasa. La question n’est plus évoquée dans les rencontres bilatérales. Oubli? Assurément pas! Ancien bras droit de Thomas Lubanga, Bosco Ntaganda a été propulsé à la tête du CNDP. Recherché par la Cour pénale internationale, "Bosco" a été protégé par "Joseph" en dépit des mandats d’arrêts à son encontre. Au nom d’une prétendue paix, "Kabila" a tenté jusqu’au bout de protéger ce présumé criminel de guerre lui promettant de le faire juger par la justice congolaise. La suite est connue.

Au Katanga, des membres de la "Jeunesse" du parti Unafec de Gabriel Kyungu wa Kumwanza passent à tabac quelques députés provinciaux. Les victimes portent de plainte. Le ministre de l’Intérieur fait une descente à Lubumbashi pour exhorter les parties a trouvé une "solution à l’amiable". L’incident est clos. Aucune suite n’est donnée à la plainte.

Dans l’équipe gouvernementale actuelle dirigée par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, la province du Katanga compte huit ministres sur trente-six. Et ce en violation du troisième alinéa de l’article 90 de la Constitution qui énonce que "la composition du gouvernement tient compte de la représentativité nationale". Le Congo-Kinshasa compte onze provinces.

On le voit, "Joseph Kabila" représente "l’ennemi intérieur" que les profiteurs du régime feignent d’ignorer. Cet homme a fragilisé la cohésion nationale par une politique délibérée de deux poids, deux mesures. Il est donc illusoire d’espérer un "rassemblement" autour d’un régime auquel la grande majorité de la population ne se reconnait pas.

Aveuglé par l’incurie, l’individu qui trône à la tête de l’Etat congolais - grâce à la ruse et la force des armes - pourrait apprendre à ses dépens, dans les semaines et mois à venir, que l’Etat, pour être respecté, doit incarner la justice et l’intérêt général. A défaut, il ne mérite que le mépris. Cet Etat là est bon pour la poubelle de l’histoire avec un petit "h"...

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2012

 

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La saga Lumbala racontée minute après minute

Mike MukebayiMike Mukebayi

Plus d’une semaine durant, la rédaction de «CONGONEWS» a fait la battue pour percer le mystère de l’affaire Roger Lumbala. Difficile démarche là où les sources demeurent quasi inaccessibles. Il a fallu réactiver l’ancien réseau du directeur du journal, Mike Mukebayi, qui a passé deux ans -entre 2003 et 2005- a crapahuté dans les collines du Rwanda jusqu’aux zones périphériques de Bujumbura très troubles à l’époque avec la présence de la rébellion de FNL pour le compte du journal «LE SOFT INTERNATIONAL» alors installé dans le chic quartier de Nyarutarama à Kigali.

De là, le filon a conduit à trois coups de fil séparés reçus de la capitale burundaise, trois coups de fil recoupés qui restituent toute la saga de l’infortune de l’ancien chef rebelle de Bafwasende, dans la Province Orientale. Tout part de l’avant-midi du samedi Ier septembre sur le lac Tanganyka. Une embarcation banale vogue sur les eaux du lac le plus poissonneux du monde en provenance de Kigoma, en Tanzanie, pour Bujumbura. Lumbala y a embarqué après un bref séjour sur les côtes tanzaniennes où il était aller chercher on ne sait trop quoi. Il avait dû écourter soudainement son séjour suite à un appel très urgent de Paris. De Kigoma, l’aéroport le plus proche pour s’envoler vers la capitale française, c’est Bujumbura. Voilà qui explique le parcours emprunté lorsqu’une équipe de patrouille de la PAF -la redoutable police de frontière burundaise- arraisonne le bateau. Juste un contrôle de routine qui tourne mal pour le capitaine sans réponse à la préoccuption de présenter les papiers.
Cette défaillance suspecte décident les patrouilleurs d’étendre le contrôle de papiers à tous les passagers. Au tour de Lumbala, son identité fait tiquer. Un député, ça ne passe pas inaperçu, surtout de la RD-Congo qui fait l’actualité avec le regain de la violence dans la province du Nord-Kivu. Le temps de remonter l’information à la hiérarchie, les policiers reçoivent l’ordre d’amener le parlementaire congolais immédiatement et directement dans les installations des services de renseignement à Bujumbura. Sur place, Lumbala est auditionné par deux Généraux burundais, le Général Agricole, le directeur de cabinet du patron des barbouzes et le Général Boulanger, l’homme en charge des services extérieurs d’intelligence. Selon les bribes qui ont échappé de l’audition, ses interrogateurs ont demandé à Lumbala pourquoi lui qui semble engagé dans la logique d’une lutte armée n’a-t-il pas rallié le M-23. De sa verbalisation, Lumbala apprendra que son nom figure sur une liste expédiée de Kinshasa à certaines capitales des pays voisins des personnalités à appréhender sitôt aperçues. Mbussa Nyamwisi y est également répertorié. Officieusement, d’autres comme Vital Kamerhe, Jean-Lucien Bussa, Franck Diongo, Kudura Kasongo, Joseph Olenghankoy y sont assimilés.
L’interrogé a encore répondu à bien d’autres questions pour être rélâché avec l’exigence de se présenter le lundi 3 septembre. Tous ses deux passeports, diplomatique et ordinaire, lui ont été confisqués, question de lui couper toute possibilité de quitter le Burundi.

Dans l’intervalle du samedi à lundi, les choses s’accélèrent. Les deux Généraux prennent un vol régulier de Kenya Airways le dimanche pour Kinshasa. Ils viennent négocier l’extradition du «colis» auprès de Kinshasa déjà mise au parfum de la grosse prise de Bujumbura. Des négociations qui auraient abouti à une «rançon». Une partie aurait casqué le prix fort en millions de dollars. Combien? La rédaction de «CONGONEWS» préfère passer sous silence ces informations là pour ne prêter à une divulgation des secrets-défense.
Motus et bouche cousue également sur le jet. Soit, les deux burundais et la délégation mise à disposition à Kinshasa ont atterri à Bujumbura le lundi 3 septembre à 23 heures. Lumbala les avait pris d’avance. Déjà dans la matinée, il s’était rendu à l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura pour demander la protection après avoir été alerté, la veille, du voyage de ses interrogateurs à Kinshasa. Son principal allié aura été le gouvernement burundais, pas si chaud à extrader Lumbala pendant qu’une opposante burundaise, une certaine Pascaline, se la coule douce dans la capitale congolaise.
D’où peut-être la fuite qui a permis a Lumbala de se mettre à l’abri. Des sources rapportent qu’il négocie son exil à Johannesbourg et qu’une fois au pays de Nelson Mandela, il va rendre son mandat dans une déclaration publique. Sur son compte Facebook, il appelle déjà à soutenir le Colonel John Tshibangu, le nouveau rebelle qui cherche où prendre pied dans les Kasaï.
(IN CONGONEWS n°498 du mardi 11 septembre 2012)
MATTHIEU KEPA

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