11 décembre 2013

Kinshasa à l’épreuve de son opinion publique


Plan de partition de la RDC à Kampala

Faire avaler la pullule de la partition subtile de la RDC à une opinion publique hostile à ce plan est le nouveau défi de l’atterrissage des pourparlers de Kampala.  Déterminée à arriver à ses fins, la communauté internationale a ressuscité le programme de redéfinition des frontières africaines, endossé par l’UA en 2007.  Ce détour passe par l’organisation d’un dialogue global au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Toutes les stratégies (manip., offres, séduction, etc.) sont mises en place pour convaincre l’opinion congolaise d’accepter le plan de balkanisation concocté à Kampala.

Connaissant la résistance des Congolais contre le plan de dépeçage du pays, les balkanisateurs de l’ex-colonie belge procèdent désormais par la manipulation en vue d’obtenir l’adhésion des populations, notamment de l’Est. Des projets de développement ronflant accompagnés d’un tapage publicitaire de choc, visent à endormir la population. Mais, l’opinion publique, toujours aux aguets, n’attend pas se laisser faire. Un message que Kinshasa doit prendre à juste titre, alors qu’il s’apprête à reprendre le chemin de Kampala.

Le monde occidental accentue son lobby pour obtenir la partition de la République démocratique du Congo. C’est à Kampala où se concluent, probablement avant le 15 de ce mois, les pourparlers engagés entre Kinshasa et le M23 que se négocie finalement l’avenir de la RDC. La communauté internationale qui parraine ce dialogue ne cache plus ses intentions d’obtenir ce qu’elle n’a pas pu avoir par les armes. Le projet d’accord ou déclaration – c’est selon – en discussion a été élaboré et finalisé suivant cet idéal.

Plus prudent et sentant sûrement le danger d’un émiettement du pays, Kinshasa s’était ouvertement opposé, le 11 novembre 2013 à Entebbe (Ouganda), au projet d’accord présenté par la facilitation ougandaise.

Côté cour, Kinshasa a justifié son refus par l’intitulé du document devant sanctionner les négociations menées depuis décembre 2012 avec les ex-rebelles du M23. Par contre, côté jardin, certains observateurs de la région ont évoqué les craintes de Kinshasa d’apposer sa signature sur un document qui compromet, dans sa lettre tout comme dans son esprit, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.

Au fil du temps, l’on en sait un peu plus sur ce qui se passe à Kampala. Les dernières déclarations de l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, Russ Feingold, ponctuées par le projet de redéfinition des frontières africaines de l’Union africaine ont levé finalement le pan de voile sur ce qui se mijote dans la capitale ougandaise.

Tout compte fait, c’est encore et toujours – un peu comme en mars 2009 – Kinshasa qui sera le grand perdant des pourparlers de Kampala. En effet, au niveau de la facilitation ougandaise, tout est mis en place pour garantir une sortie honorable aux ex-rebelles du M23. Pire, dans ses dispositions les plus pertinentes, le projet d’accord élaboré par la facilitation ougandaise tente de reconnaître au M23 la jouissance d’une partie de l’Est de la RDC.

Tentative de soudoyer la Société civile


Selon des sources généralement bien informées, la communauté internationale, qui a juré de parvenir à cette fin, après avoir pesé de tout son poids dans la déchéance du M23, a mobilisé tous ses services. Le but est de préparer l’opinion congolaise à l’éventualité d’un accord taillé sur mesure, en ce qu’il fait la part belle au Rwanda et à l’Ouganda.

Réputée hostile à toute forme de partition et très active sur le terrain, la Société civile de la province du Nord-Kivu est la principale cible de la campagne que préparent les lobbyistes occidentaux. Tout est réglé comme une horloge pour faire adhérer davantage l’opinion congolaise au projet macabre de Kampala. Au-delà des pressions qu’ils ne cessent d’exercer sur Kinshasa pour faire adhérer l’opinion congolaise au plan de partition, les fossoyeurs de la RDC ont mis à contribution des institutions financières internationales pour des projets locaux. But : faire voir aux populations du Nord-Kivu que Kinshasa est loin et qu’ils peuvent s’organiser avec l’aide des partenaires extérieurs pour se développer et chasser le spectre des conflits armés.

Vu sous cet angle, l’urgence s’impose d’éveiller davantage la conscience populaire pour barrer la route à l’imposture qui se met en place dans la capitale ougandaise. Et la Société civile, principalement celle du Nord-Kivu, dont l’engagement dans la défense de la cause nationale n’est plus à démontrer, ne devait pas tomber sous le charme des vendeurs d’illusions, recrutés à différentes échelles internationales, pour faire passer la pilule amère de Kampala.

A dire vrai, Kampala est l’antithèse de la souveraineté de la RDC. C’est le lieu où se concocte, en des termes à peine voilés, la partition de la RDC. L’opinion congolaise est prévenue. Le combat pour la défense des terres congolaises, telles qu’héritées de la colonisation, n’est pas encore fini. Au contraire, il se poursuit ; les tenants de la thèse de la balkanisation de la RDC n’ayant pas encore désarmé.

Eviter le piège


En ce moment précis, que reste-t-il encore à négocier à Kampala ? Apparemment rien du tout. Kinshasa ayant gagné la guerre militairement, il n’y avait aucune raison de continuer à traiter avec un ennemi neutralisé. Ce n’est cependant pas le cas. En effet, tout le monde s’est ligué contre la RDC, la contraignant à conclure bon gré mal gré un accord avec un fantôme, ci-devant le M23.  

A Kinshasa, l’on sait pertinemment bien que toute concession à l’ex-rébellion accréditerait la thèse - très répandue d’ailleurs - du double jeu des dirigeants congolais. Une telle démarche confirmerait d’une certaine manière l’existence d’un agenda caché sur l’axe Kinshasa-Kigali-Kampala.

Pendant ce temps, à Kinshasa, des pressions, généralement internationales, s’accentuent. Bouclant son dernier séjour dans l’Est, le président Joseph Kabila a émis le vœu de voir Kampala tirer ses rideaux avant le 15 décembre 2013.

Boucler Kampala, c’est bien – dans l’intérêt de la stabilité de la région des Grands Lacs. Mais, c’est mieux de conclure ce cycle de négociations avec un document qui ne porte pas en lui-même les germes d’un conflit latent. Comme ce fut d’ailleurs le cas avec l’accord du 23 mars 2009 à Goma, d’où est né le M23.

Acculé de toutes parts, Kinshasa n’a de soutien que son opinion publique. Raison de plus pour qu’il redouble d’ardeur et d’effort pour barrer la mise en route de la partition de la RDC qu’on tente de lui imposer. L’exemple immortel de Mandela devait raviver davantage cette fibre patriotique dans le cœur des Congolais. Tout doit être mis en œuvre pour la défense et la sauvegarde de la patrie, véritablement en danger, par le fait de ceux qui, depuis toujours, ont juré de son implosion et de sa balkanisation.

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10 décembre 2013

PROJET DE MODIFICATION DES FRONTIÈRES : LA NSCC RAPPELLE À L’ORDRE

Lepotentiel
Écrit par J. Kalala (Stagiaire)


La Nouvelle Société civile du Congo (NSCC)  interpelle les dirigeants africains de ne jamais trahir la volonté des pères fondateurs de l’Union africaine (UA) en refusant toute modification des frontières telles qu’héritées de la colonisation.

La Nouvelle Société civile du Congo (NSCC) interpelle les dirigeants africains de ne jamais trahir la volonté des pères fondateurs de l’Union africaine (UA), inscrite dans la Charte sur le caractère intangible des frontières africaines.

Au cours d’une conférence-débat organisée le samedi 7 décembre 2013 à son siège de Kasa-Vubu, la NSCC appelle la Société civile africaine à se mobiliser comme un seul homme, pour faire échec au projet qui tente de remettre en cause la volonté des pères fondateurs de l’Union africaine.

La matinée de réflexion était placée sous le thème principal « Lutte contre la balkanisation de la RDC, l’éducation civique, l’éveil de la conscience ».

Cette journée de réflexion a enregistré trois principaux orateurs, à savoir Freddy Mulumba Kabuayi wa Bondo, Administrateur directeur général du Groupe de presse Média 7, qui a exposé sur « l’Union africaine et la redéfinition des frontières héritées de la colonisation ».

Génocide oublié

Le professeur Barnabé Milala de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a, quant à lui, abordé le sous-thème « Education civique, éveil de la conscience et rôle de la Société civile ». Et le troisième intervenant, le coordonateur national de la NSCC, Jonas Tshiombela, s’est appesanti sur « La lutte contre l’impunité, le tribunal pénal international pour la RDC et le génocide de plus de six millions de morts en RDC ».

La matinée de réflexion a visé la mobilisation de l’opinion publique face à l’indifférence de la justice tant locale qu’internationale sur les questions liées à la vie nationale d’un peuple en détresse, à savoir la sécurité de nos frontières, l’intégrité territoriale, la lutte contre les injustices et l’impunité en RDC, les multiples guerres qui ont secoué la RDC depuis 1996 à ce jour.

Ces guerres qui ont endeuillé l’Afrique toute entière. Ce génocide oublié et resté impuni à ce jour, a fait des victimes dans le rang de la population congolaise, avec plus de six millions (6 000 000) de morts et plus de deux millions (2 000 000) de déplacés internes livrés à eux-mêmes sans nourriture, ni à boire.

Au regard de ce qui précède, la Nouvelle Société civile congolaise estime que la paix dans la sous-région des Grands Lacs doit nécessairement passer par la réparation et la justice en faveur de ces victimes oubliées. 

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NELSON MANDELA « LE SYMBOLE DE L’ENDURANCE ET DE LA PERSÉVÉRANCE DANS LA LUTTE CONTRE L’APARTHEID »

LES JURISTES AFRICAINS SALUENT EN NELSON MANDELA « LE SYMBOLE DE L’ENDURANCE ET DE LA PERSÉVÉRANCE DANS LA LUTTE CONTRE L’APARTHEID »

Écrit par Angelo Mobateli

L’Association des journalistes africains (AJA), qui exprime « ses vives condoléances  au peuple sud-africain, au Président de la République Jacob Zuma et à l’ensemble des Juristes d’Afrique du Sud à l’occasion du décès de Nelson Mandela (jeudi 05 décembre 2013 à Johannesburg à 95 ans), le plus illustre des Juristes africains », salue en Mandela, « le symbole de l’endurance et de la persévérance dans la lutte contre l’apartheid ».

« Mandela est le symbole de l’endurance et de la persévérance dans la lutte contre l’odieux système de l’Apartheid. Son combat fut soutenu par l’AJA en tant que ONG. En effet, dès 1985, l’AJA organisa à Tripoli une Conférence anti-apartheid en collaboration avec l’OUA (organisation de l'union africaine, actuel Union africaine) », déclare-t-elle dans un communiqué parvenu mardi à Lepotentielonline.com.

L’AJA rappelle que « l'ensemble des mouvements de libération d’Afrique australe y compris  l’ANC, dont la délégation était conduite  par Zola Zikweyiya, et de nombreuses éminentes personnalités dont le Secrétaire général de l’OCI et le poète sud-africain Breten Breytenbach, avaient pris part à cette conférence ».

Souhaitant que « soit publié, en guise de testament, le message adressé par Mandela à la Jeunesse sénégalaise et africaine », l’AJA invite les Juristes africains à s’inspirer de son œuvre et à partager les valeurs de justice d’égalité et de Paix pour lesquelles il a lutté  toute sa vie durant ».

L'AJA souhaite vivement que « les juristes africains soient à l’avant-garde de la lutte pour le réarmement moral des élites africaines ».
Entretien Mandela-AJA « mémorable »

C’est dans la continuité de la rencontre de Tripoli que l’AJA facilita le contact entre les Sud-africains libéraux blancs et le Gouvernement du Sénégal du Président Abdou Diouf.

« Ainsi fut organisée à Dakar en août 1987 la première rencontre entre les Libéraux blancs d’Afrique du Sud  dirigés par le  Dr Van Zyl Slabbert, ancien Député, et les militants noirs de l’ANC sous la conduite de Thabo Mbéki qui sera par la suite Président de la République sud-africaine », rappelle encore l’AJA.

A ces deux éminentes personnalités, il convient d’ajouter  Mme Danièle Mitterrand, présidente de la Fondation France Liberté, et le Dr Alex Boraine qui, avec  le Révérend  Desmond Tutu, vont créer la Commission  Justice et réconciliation après la fin de l’apartheid.

« Dès la  libération de Nelson Mandela en 1990, une délégation conduite par le Dr Benoit Ngpm, Préside-Fondateur de l’AJA, se rendit en Afrique du Sud où elle fut reçue par Mandela en personne. L’entretien que Madiba accorda à la délégation sénégalaise fut mémorable », se souvient l’AJA.

C'est à la suite de cet entretien que Mandela promit de se rendre au Sénégal. Et pour son accueil, l’AJA décida d’organiser un Méga concert au Stade Léopold Sédard Senghor.

« A ce  concert coordonné par l’écrivain sénégalais Hamidou Sall, actuel Conseiller du Secrétaire général de l’OIF, participèrent d’éminents artistes dont le célèbre Youssou Ndour. Au cours de cette cérémonie, un message de Mandela adressé à la Jeunesse africaine a été lu par Assane Diop, journaliste à RFI », souligne l’Association des journalistes africains dans son communiqué.

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PREMIER VOYAGE DE N. MANDELA APRÈS SA LIBÉRATION : TÉMOIGNAGE DE JACQUES TSHIMBOMBO


Écrit par LE POTENTIEL


Le jeudi 5 décembre- 2013 à 20 heures 50 minutes, Nelson Mandela a quitté la terre des hommes. Né en 1918, il est mort à 95 ans. Des vagues d’émotions ont déferlé du monde entier. L’illustre disparu a marqué le monde.

Pour le président américain Barack Obama, le monde a perdu l’un des hommes les plus profondément bons. Il était une source d’inspiration du monde, a renchéri Ban Ki-moon. Mandela est mort physiquement, mais comme partout au monde, les héros sont immortels, a réagi le président Denis Sassou Nguesso.

Pour ma part, j’ai tenu à me joindre à toutes celles et à tous ceux qui pleurent Tata Madiba. C’est ma façon d’accomplir mon devoir de mémoire à l’égard de l’homme que le destin m’a permis d’approcher dans le cadre de l’exercice de mes anciennes fonctions politiques. 

La rencontre avec Mandela
 
Quand Mandela est en prison, le Maréchal Mobutu Sese Seko faisait partie des dirigeants africains qui soutenaient les peuples noirs d’Afrique dans leur lutte. de libération contre les oppresseurs blancs.

Cet engagement, Mobutu Va prouvé à la face du monde au travers de son discours historique prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU en 1973. Un discours dans lequel, il avait décrié les conditions inhumaines infligées aux noirs en Afrique du Sud et dans les colonies d’Angola, de Mozambique, de Rhodésie du Sud (Zimbabwe), de Namibie et fustigé les pays occidentaux qui soutenaient les régimes racistes et colonialistes dans ces pays.

Pendant que l’Afrique du Sud se trouvait sous le coup de l’embargo international, des contacts secrets avaient été noués entre certains dirigeants africains, (Kenneth Kaunda de Zambie, Julius Nyerere de Tanzanie, Mobutu Sese Seko du Zaïre, actuelle République démocratique du Congo) et le régime raciste d’Afrique du Sud en vue de la libération de Nelson Mandela de la prison et du démantèlement de la politique de ségrégation raciale connue sous l’appellation d’apartheid. C’était l’axe Kinshasa-Lusaka- Dar-es-Salam dont Mobutu a parlé dans son discours à l’ONU.

A cause de son discours historique devant l’Assemblée générale de l’ONU et du soutien financier qu’il apporta aux mouvements de libération dans le continent, le président Mobutu était passé pour le dirigeant africain le plus engagé à la- cause des oppressés. C’est à ce titre que les présidents sud-africains Pieter Willem Botha et son successeur Frederik De Klerk n’ont pas hésité à venir le rencontrer au Zaïre (République démocratique du Congo), bien que le pouvoir sud-africain eût été indexé à l’époque par la plupart des Etats du monde.

De son côté, pour la cause de Nelson Mandela et dans le souci de l’éradication de l’apartheid, Mobutu fut contraint de violer les consignes internationales en accueillant ces dirigeants sud-africains.

Sorti de la prison le 11 février 1990, en guise de reconnaissance au peuple du Zaïre (RDC), le prisonnier le plus célèbre du monde fera grand honneur à notre pays en réservant sa première visite à l’étranger à son président, le Maréchal Mobutu, avant de sillonner le reste 
du monde pour exprimer sa gratitude et remercier toutes celles et tous ceux qui l’ont soutenu dans son combat contre l’apartheid.

Pour rappel, Mandela avait passé au total vingt-sept ans en prison. Pour permettre à Nelson Mandela d’effectuer le déplacement du Zaïre, le président Mobutu mit à sa disposition son avion présidentiel, un Boeing 727 baptisé « Ville de Lisala » et qui continue d’être utilisé aujourd’hui par le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange.

Il confia à une équipe de ses proches collaborateurs la mission d’aller chercher Nelson Mandela à Cap Town pour le conduire à Goma où il se trouvait en séjour après le Sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) tenu à Bujumbura au Burundi. Je fis partie du groupe. J’exerçais à cette période les fonctions de conseiller politique et d’envoyé spécial du président Mobutu.

Au terme d’un grand dîner et de quelques heures de son entretien avec le Maréchal, nous avons repris notre vol sur Kinshasa à bord de l’avion présidentiel avec le futur président d’Afrique du Sud.

Arrivé à Kinshasa, Nelson Mandela fut accueilli par le Premier ministre de l’époque qu’était l’actuel sénateur Lunda Bululu. Représentant le président de la République, le Premier ministre organisa dans la soirée une somptueuse réception au Palais du peuple en son honneur. Plusieurs personnalités de notre pays et étrangères furent conviées à ce grand toast.

Après une nuit passée à Kinshasa, le visiteur de marque avait quitté notre pays.

Je voudrais souligner un élément important de cette visite de Nelson Mandela, c’est qu’il avait effectué le déplacement de Kinshasa tout seul, sans être accompagné par personne. A mon humble avis, ceci constitue le témoignage de ce que Mandela avait pleinement confiance au peuple congolais et à son président.

Cette mission m’a permis de passer quelques heures inoubliables avec l’icône que le monde pleure aujourd’hui.
 
Le souvenir de Nelson Mandela 

Il est vrai qu’en quelques heures, il serait prétentieux d’affirmer connaître une personne. Il est vrai également qu’il y a des qualités qui apparaissent aisément chez un individu et qui permettent de l’identifier sans trop de peine. Ainsi, j’eus vite été frappé par le charme et l’humilité de Mandela ainsi que par la facilité d’accès à sa personne.

Toutes les fois que je m’adressais à lui, il réagissait tout de suite par un sourire. Il était toujours disposé à m’écouter avec attention et à me répondre. Quand je lui avais fait part de mon désir de me photographier avec lui, il s’y était aisément prêté. Il s’agit de la photo affichée ci-haut et qui a été prise en plein vol dans l’avion présidentiel. En quelques heures, j’avais décelé dans Mandela les qualités d’humilité, de charme, de simplicité et d’ouverture aux autres. 

L’héritage politique légué à l’Afrique et au monde 

Quatre ans après sa libération de la prison, Mandela a été élu en 1994 président de la République Sud-africaine au terme des élections multi-raciales et démocratiques.

Pour ma part, sur le plan politique, Nelson Mandela demeure une véritable école pour les dirigeants politiques. Il n’a, ni gardé rancune, ni nourri la vengeance à l’égard de ses geôliers. Il a prouvé qu’un dirigeant politique ou un homme tout court pouvait avoir le sens du pardon.

En appelant constamment les Sud-Africains à l’unité, il a montré qu’un dirigeant politique est appelé à se battre pour l’unité de son peuple et à s’ériger en ciment de cette unité.

En prônant sans cesse la non-violence, la justice et la réconciliation nationale, Mandela a indiqué que le dirigeant politique doit rester un homme de paix, de justice et œuvrer pour la réconciliation nationale. Du reste, on l’a vu jouer au médiateur entre Laurent-Désiré Kabila et le Maréchal Mobutu. Bien qu’il vint de quitter le pouvoir, il n’a pas hésité à servir de conciliateur dans le conflit burundais.

Mandela ne s’était pas accroché au pouvoir. Non seulement il a attendu quatre ans pour y accéder, mais, il ne s’est plus représenté après son unique mandat quand bien, même les chances de sa réélection étaient restées intactes. 

Mon appel à l’actuelle génération de politiciens 

J’al une longue expérience de la vie politique. Il est évident que dans ma trajectoire politique je n’ai pas été totalement à l’abri d’erreurs de gestion ou d’égarements politiques. Je ferais preuve de manque d’honnêteté intellectuelle si j’affirmais le contraire. Cependant, mon effort a été de minimiser ces erreurs et je m’y étais attelé sans relâche.

En ma qualité de vieux routard de la politique, je m’estime être redevable vis à vis de la génération qui est sur mes traces de politiciens. C’est à 1 elle que je lance un vibrant appel.

Cet appel, c’est celui de la capitalisation par elle de l’héritage politique de Nelson Mandela. Un héritage constitué d’amour de la paix, du sens du par pardon, de l’unité des peuples, de la non-violence, de la réconciliation nationale, de l’humilité, de la simplicité, de l’ouverture à tous, de l’esprit de justice, de l’alternance du pouvoir, ... Qu’elle fasse sien ce précieux legs.

A mes frères et sœurs sud-africains, je vous invite à conserver jalousement l’héritage de celui que vous avez appelé affectueusement Tata Madiba. La meilleure façon d’assurer la conservation de cet héritage consiste à l’intérioriser. Ainsi, Tata Madiba demeurera immortel et l’Afrique du Sud, éternellement une nation arc-en-ciel.
 
Kinshasa, le 08 décembre 2013 

Tshimbombo Mukuna Jacques/Sénateur

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L’UDPS de cœur avec le peuple sud-africain

Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS, s’est présenté hier lundi 09 décembre à l’Ambassade d’Afrique du Sud, dans la commune de Gombe. C’était pour y signer, en présence du chef de la mission diplomatique sud-africaine, le livre de condoléances ouvert à l’occasion du décès de l’ancien président Nelson Mandela. L’Opposant historique congolais, que l’on appelle aussi affectueusement le « Mandela congolais », en raison de son combat politique fondé sur la non-violence, a exprimé toute sa solidarité au peuple sud-africain pour la perte incommensurable qu’elle vient de subir à travers la disparition de celui qui avait contribué, de façon décisive, à sa réconciliation nationale.

          Signalons que l’UDPS nous a fait parvenir, en cette douloureuse circonstance, son message de compassion à l’endroit des cadres et militants de l’ANC (African National Congress), le parti politique au sein duquel avait longtemps milité Nelson Mandela. Ci-dessous, le texte intégral de cette correspondance :

Message de condoléances à la suite du décès de Nelson Mandela Madiba

Kinshasa, le 07 décembre 2013

A la Direction Politique de l’African National Congress

(ANC)

Pretoria

République d’Afrique du Sud

Concerne : Message de condoléances à la suite du décès de Nelson Mandela Madiba

Très Chers Camarades,

Je viens d’apprendre, éploré, la triste nouvelle du décès du Président Nelson Mandela Madiba.

Au  nom du peuple Congolais tout entier, de mon parti et en mon nom personnel, je présente au peuple Sud Africain frère, à l’ANC et à tous les combattants de la liberté, mes condoléances à la suite de la disparution de ce digne fils de l’Afrique, ce grand combattant de la liberté, des droits de l’homme et de la lutte contre l’injustice que fut Madiba.

Je salue, en Mandela que je connais bien pour l’avoir rencontré, un grand homme des convictions, de courage et de détermination dont la vie entière a été onsacrée à la lutte de libération de son peuple et au service de grandes causes en Afrique et dans le Monde.

Nelson Mandela est un Héros. Et les héros du peuple sont immortels.

 

Etienne Tshisekedi wa Mulumba

 

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06 décembre 2013

Thierry Vircoulon est sceptique : « Il n'y aura probablement pas d'accord politique avec le M23 »



Directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG)

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé, mardi 5 novembre au matin, avoir obtenu une "victoire totale" sur la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans le Nord-Kivu, une région isolée de l'Est du pays où la rébellion était née en avril 2012.

La direction du M23, issue de la mutinerie d'anciens rebelles – essentiellement tutsis – qui avaient été réintégrés dans l'armée, a annoncé peu après qu'elle abandonnait la lutte armée dès ce jour. Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG), décrypte les implications de l'annonce de l'abandon de la lutte armée par le M23.

Pour quelles raisons le Mouvement du 23 mars (M23) a-t-il décidé de renoncer à la lutte armée ?


Ils sont en débandade. C'est la débâcle. Ils ont perdu la bataille sur le terrain. Par ailleurs, il y a eu un isolement diplomatique du Rwanda, qui soutenait le mouvement et, en conséquence, un lâchage effectif du M23 par Kigali. Le M23 lui-même a été un échec politique avant d'être un échec militaire. Il n'a jamais réussi à avoir le soutien de la population du Nord-Kivu. Enfin, le rapport de force a changé sur le terrain car l'armée congolaise semble avoir connu une renaissance avec l'appui de la brigade d'intervention de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo).

La direction du M23 a affirmé vouloir poursuivre « ». Que peut-elle désormais espérer des négociations par des moyens purement politiques la recherche de solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création  avec le gouvernement congolais ?

Rien. Les autorités congolaises peuvent émettre des mandats d'arrêt internationaux contre les dirigeants du M23 et demander notamment à l'Ouganda de leur livrer ces personnes. L'Ouganda a dit ne pas vouloir donner l'asile politique à Bertrand Bisimwa, le président du M23. Le chef militaire du groupe, Sultani Makenga, serait quant à lui au Rwanda. On ne se dirige pas vers la signature d'un accord entre le gouvernement congolais et la direction du M23. Parler de pourparlers était un subterfuge de Kinshasa pour gagner du temps. Le gouvernement congolais a toujours privilégié l'option militaire. Lors des pourparlers de Kampala [la capitale de l'Ouganda, ndlr], il a été forcé de s'asseoir à la table des négociations parce qu'il venait de perdre Goma. Et s'il a maintenu le théâtre des négociations, c'était pour ne pas heurter le président ougandais, qui en était l'orchestrateur, et pour ne pas apparaître comme le méchant dans l'histoire.

Quel avenir peuvent avoir les combattants de ce mouvement ?


On peut imaginer que les simples soldats seront réintégrés dans l'armée congolaise si Kinshasa leur en fait l'offre. Ce n'est pas impossible. Mais pour les dirigeants, il n'en est plus question. Le plus logique est que le gouvernement congolais les réclame par la voie judiciaire. Beaucoup de combattants sont réfugiés au Rwanda depuis l'année dernière, mais ils sont désormais embarrassants pour ce pays, tout comme pour l'Ouganda, dont les liens avec le M23 ont été dévoilés.

Les envoyés spéciaux des Nations unies dans la région des Grands Lacs ont souligné que ce n'était « qu’une étape vers la résolution du conflit et de l’instabilité persistante, ainsi que l’éradication de tous les acteurs armés illégitimes en RDC »...

Il existe effectivement une vingtaine de groupes armés dans le Nord-Kivu. La question est désormais de savoir si le M23 est le premier d'entre eux à tomber. Et si cela marque le début d'une nouvelle dynamique et stratégie contre les groupes armés lancée par Kinshasa et l'ONU ou si c'est un exemple unique. Les autorités congolaises ont dit s'intéresser à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda [un groupe armé hutu qui lutte contre Kigali, ndlr]. Ce pourrait être le début d'une politique de neutralisation des groupes armés mise en place par le gouvernement congolais et les Nations unies. Ils en ont les moyens militaires et ont fait leurs preuves avec le M23. L'option militaire est cependant limitée à plusieurs égards : il manque un programme de démobilisation et de réintégration des combattants congolais, qui n'existe que pour les combattants étrangers. Par ailleurs, la question qui se pose est de savoir si la tactique qui a fonctionné avec le M23 peut également fonctionner contre tous les autres, qui constituent une grande diversité de groupes en termes de tactique, d'implantation, et ne représentent donc pas tous le même danger. Certains fonctionnent sur un mode de guérilla, d'autres ont une implantation locale forte.

Le Monde/LP

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05 décembre 2013

Paix, sécurité et coopération dans les Grands Lacs. Kabila – Kagame : nouvelles pressions américaines



Russel D. Feingold, l’Envoyé Spécial des Etats-Unis d’Amérique dans les Grands Lacs, est annoncé pour ce week-end à Kigali, via Paris. On laisse entendre que son séjour dans la capitale rwandaise se justifierait par son désir d’échanger avec les Chefs d’Etat et de gouvernement des Grands Lacs au sujet des questions de paix, de sécurité et de coopération. On prête en effet aux USA l’intention de vouloir piloter un énième sommet régional destiné à examiner les causes profondes des conflits armés récurrents dans cette région ainsi que les voies et moyens de construire une paix durable.

Les observateurs y perçoivent de nouvelles pressions américaines visant à amener la RDCongo et le Rwanda, par le biais de leurs présidents, Joseph Kabila et Paul Kagame, à tourner défensivement le dos à un passé parsemé de feuilletons et épisodes guerriers. D’aucuns pensent aussi que le schéma du rapprochement presque forcé entre le Rwanda et la RDQ pourrait s’inscrire dans la droite ligne de a communauté internationale de traduire la défaite militaire du M23, et indirectement celle du Rwanda dans l’Est du Congo, en « match nul politique », à travers la signature de l’Accord de Kampala.
Les USA figurent d’ailleurs en premières lignes des Etats qui continuent de pousser sur le piston pour amener Kinshasa à aménager un espace vital et politique en faveur des rebelles défaits militairement sur les collines de Kibumba, Rutshuru, Bunagana, Rumangabo et Chanza. Le scénario en chantier au niveau de la communauté internationale semble porter à croire qu’elle refuse aux autorités congolaises le droit de tirer seuls les dividendes politique, militaire et économique liés à l’écrasement de la rébellion par les armes.

Pas de cadeau au M23

Tout en saluant le souci des Usa et d’autres pays civilisés de chercher à consolider la paix retrouvée dans l’Est de la RDC par la cohabitation pacifique entre Etats des Grands Lacs et le partage des projets communs de développement, les populations congolaises n’en restent pas moins méfiantes à l’égard de tout agenda susceptible d’entraîner leur pays dans des alliances politiques, sécuritaires ou économiques sans lendemain. L’attention de tout un peuple est du reste focalisée sur l’atterrissage des pourparlers de Kampala entre ses gouvernants et le M23. Tout le monde veut savoir si les intérêts de la collectivité nationale ne vont pas être sacrifiés, une fois de plus, sur l’autel d’enjeux politiques, sécuritaires et diplomatiques difficilement maîtrisables par le grand nombre. Aussi la vigilance reste-t-elle de mise dans l’observation des initiatives de paix et de coopération qui semblent se multiplier de manière suspecte depuis que le gouvernement congolais exige du M23 une déclaration expresse attestant sa disparition totale de la scène militaire et politique.
Les prières des millions de Congolaises et Congolais convergent vers la sauvegarde, par ceux qui sont appelés à défendre leur cause à Kampala, des intérêts vitaux de la Nation. La naïveté et la distraction constatées au moment de la signature de l’Accord du 23 mars 2009 devraient être absolument évitées.

USA : une autre vision du Congo ?

Bien que souvent cités comme les « gardiens du temple » dans les Grands Lacs, les Américains se montraient jusque-là discrets, pour ne pas dire tièdes, dans l’approche du dossier sécuritaire de l’Est de la République Démocratique du Congo. Certains analystes politiques y voyaient même une sorte de complicité tacite entre une grande puissance et ses satellites les plus fidèles dans la région des Grands Lacs. li a fallu attendre les révélations des experts des Nations Unies, l’année dernière, sur le soutien des Etats voisins du Congo, dont l’Ouganda et le Rwanda, aux rebelles du M23, pour voir Washington changer radicalement de position et commencer à tirer sérieusement les oreilles aux maîtres de Kampala et Kigali.
Et, l’on croit savoir que l’Oncle Sam a pesé de tout son poids au Conseil de Sécurité des Nations Unies dans l’adoption des résolutions et stratégies ayant rapidement abouti à la haute surveillance de la frontière commune congolo-ougando-rwandaise et au démantèlement du M23, en l’espace de deux semaines, au mois d’octobre 2013.
Tant mieux si les Usa, après avoir longtemps affiché une attitude attentiste face aux cris de détresse des Congolaises et Congolais pris en otage, pendant près de deux décennies, par des seigneurs de guerre au Nord-Kivu, ont finalement résolu d’avoir une autre vision du Congo. II est à espérer que l’option d’aider le Congo à recouvrer la paix et son intégrité territoriale va être maintenue jusqu’à ce que notre peuple arrive à se prendre totalement en charge pour sa défense face à des voisins foncièrement bellicistes.
Kimp

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Congo: comment la Belgique a discrètement contribué à la victoire

Par Colette Braeckman

En déroute. Le mouvement rebelle M23 a finalement été défait militairement par l’armée congolaise, le 5 octobre dernier et cette victoire est considérée comme le plus grand succès militaire enregistré depuis l’indépendance. Elle est le résultat d’une stratégie aux facettes multiples : onze mois de négociations infructueuses dans la capitale ougandaise (aux frais de Kinshasa) ont permis de gagner le temps nécessaire à une action diplomatique intense, aussi bien au Conseil de sécurité que sur la scène africaine, où le président Kabila réussit à convaincre les pays d’Afrique australe de se porter à son secours. C’est ainsi que fut mise sur pied une Brigade africaine d’intervention, associée aux forces de la Monusco (Mission des Nations unies pour le Congo), composée de 3000 hommes originaires du Malawi, d’Afrique du Sud et de Tanzanie et le pilonnage des hélicoptères de combat sud africains s’avéra décisif.

De plus, en grande partie sous l’influence de leurs opinions publiques, les grandes puissances finirent par juger intolérable l’enfer du Kivu et in fine, les Etats Unis et la Grande Bretagne, deux alliés fidèles de Kigali, exercèrent de fortes pressions sur le président Kagame, le dissuadant de se porter au secours des rebelles tutsis. Ces derniers furent laissés seuls face à une armée congolaise profondément réorganisée.
La Belgique, discrète mais efficace, n’a pas été étrangère à la victoire, militaire et diplomatique, de Kinshasa.
En effet, Didier Reynders, lors de son premier voyage au Congo au titre de Ministre des Affaires étrangères, avait délivré un message explosif : au président Kabila mal élu, en quête de légitimité, il avait fait savoir que le général Bosco Ntaganda, qui contrôlait alors le Nord Kivu, devait impérativement être arrêté et livré à la justice internationale, qui l’accusait de crimes de guerre, de massacres, de recrutement d’enfants. Ces déclarations avaient déstabilisé l’équilibre de la terreur que Bosco et les siens faisaient peser sur l’Est du Congo et le général, redoutant d’être isolé et arrêté, relança les hostilités, non sans être bientôt supplanté par son adjoint et rival Sultani Makenga.
Par la suite, alors que se déroulaient les négociations de Kampala, Reynders, mit à nouveau les pieds dans le plat. Il déclara qu’en « réintégrant les rebelles, c’est l’indiscipline elle-même que l’on introduisait dans l’armée » et, traçant une sorte de « ligne rouge », il déconseilla à Kabila d’amnistier une fois encore les rebelles multirécidivistes.
Mal reçus à Kigali, ces propos encouragèrent Kinshasa à la fermeté. En parallèle, la Belgique s’activa dans les coulisses, aux Nations unies, au sein de l’Union européenne, lors des réunions de l’Union africaine, pour encourager les négociations, certes, mais surtout pour tenter de briser le cercle des rébellions à répétition dans l’Est du Congo. Alors que Reynders maniait le bâton, le ministre de la Coopération Jean-Pascal Labille multipliait les voyages, de Kinshasa à Kigali, promettant à chaque fois d’appuyer, par des projets concrets, une coopération régionale bénéfique tant au Congo qu’à ses voisins, comme par exemple, un barrage hydro électrique sur la rivière Ruzizi. Bref, la carotte…
Mais l’aspect sans doute le plus apprécié du soutien belge au Congo fut d’ordre militaire.
André Flahaut, lorsqu’il était ministre de la Défense, avait été le premier à lancer des programmes de formation de troupes d’élite et cette politique fut poursuivie par Pieter De Crem. De l’avis général, les deux bataillons, le 321e et le 322e, formés à Kindu dans le Maniéma par des instructeurs belges, jouèrent un rôle décisif.
Non seulement, aux côtés d’un bataillon formé à Kisangani par les Américains, ils remportèrent de réels succès militaires mais surtout, ils se distinguèrent par leur comportement correct à l’égard des populations. En amont, les instructeurs belges avaient veillé à ce que l’intendance suive- soldes payées et rations alimentaires suffisantes- évitant ainsi que les troupes cèdent à l’éternelle tentation de ponctionner les civils. En outre, il semble que du matériel de transmission fourni par les Belges a permis aux officiers congolais de couper les téléphones portables, systématiquement écoutés depuis le pays voisin…
Début novembre, alors que les derniers bastions du M23 résistaient encore, une rumeur proclama l’arrivée imminente de 140 paracommandos venus de Tielen, présentés comme des « forces spéciales » belges ! Cet effet d’annonce aurait contribué au découragement du dernier carré des rebelles.
En réalité, les paras belges, 300 hommes au total, n’ont jamais quitté la base de Kindu dans le Maniéma, bien éloignée du front. Mais leur présence renforcée s’explique par de grandes manœuvres menées avec les troupes congolaises afin de donner aux hommes venus du Limbourg l’expérience d’opérations en zone tropicale.
Malgré sa discrétion officielle, la Belgique n’a pas tardé à venir partager les fruits de la victoire: les ministres se succèdent à Kinshasa (Maggy de Block, Pieter De Crem, Brigitte Grauwels et bientôt Jean-Pascal Labille puis Didier Reynders), les chambres de commerce de nos trois régions organisent des voyages de prospection, des collaborations s’ébauchent, qu’il s’agisse du dragage du port de Matadi, de l’étude de faisabilité du futur port de Banane, de la mise en œuvre d’un tramway urbain à Kinshasa, sans oublier les ambitions de SN Brussels Airlines…
Cependant, au delà des discours de bienvenue, c’est avec regret que les Congolais font remarquer que Chinois, Coréens, Indiens, Turcs ont depuis longtemps devancé leurs frileux nokos… (oncles)…

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Kutino Fernando condamné à 10 ans de SPP pour « crime de sang ne sera pas libéré »

L’archibishop Kutino Fernando, chef spirituel de l'Eglise « Armée de Victoire » condamné à 10 ans de Servitude  pénale  principale (SPP) par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe dans une ténébreuse affaire de tentative d'assassinat du pasteur Ngalasi Kurisini de l'Eglise « La Louange », ne sera pas libéré car non éligible à la grâce présidentielle du 23 octobre 2013, a appris Lepotentielonline.com mercredi 04 décembre 2013.


« L’archibishop  Kutino Fernando ne bénéficiera pas de la grâce présidentielle accordée à plusieurs prisonniers à travers le pays par le chef de l’Etat à la suite des Concertations nationales. Il n’est pas éligible à cette mesure parce qu’il a été condamné pour un crime de sang », selon des autorités pénitentiaires  citées par radio Okapi.

Aux termes de l’article 6 de l’ordonnance n°13/108 du 23 octobre 2013 portant mesure collective de grâce, « la commutation, la réduction et la remise des peines prévues aux articles 1er, 2, 3, 4 et 5 ci-dessus ne sont pas accordées : aux personnes condamnées fugitives ; aux personnes condamnées pour : tentative et/ou infractions de violences sexuelles, corruption, concussion, détournement des deniers publics, assassinat, vol à mains armées, trahison, association des malfaiteurs ».

N’en sont pas non plus bénéficiaires, les « personnes condamnées pour atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de l’Etat,  détention illégale d’armes de guerre, et toute autre infraction contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire, prescrite par les articles 195 à 199 ter du Code pénal congolais ; tentative et/ou crime de guerre, crime contre l’humanité et crime de génocide ».

Condamnation confirmée par la Haute Cour militaire


La  Haute  Cour  militaire avait confirmé le 23 juillet 2009 la  condamnation  de   Kutino  Fernando  à  10  ans de  Service pénal principal (SPP), après avoir rejeté  le  pourvoi  en  annulation  introduite  par  la  défense  de  Kutino  contre  l’arrêt   rendu par  la  Cour  militaire de  Kinshasa/Gombe le 02 août 2008.

Dans cette affaire opposant Fernando  Kutino  à  Ngalasi  Kurisini, les demandeurs en  annulation  étaient  Kutino  Fernando,  Bompere  Mbo  et  Ngandu  junior.

C’est le  2  octobre  2008 que Bompere  Mbo  et  Ngandu  junior avaient été  condamnés  respectivement  à  10  ans,  5   ans  et  à  la  peine  capitale  par  la  Cour  militaire de  Kinshasa/Gombe.

En  examinant  les  recours  introduits  par  les  demandeurs en annulation,  la  Haute Cour  militaire  avait  déclaré  « irrecevable » le  recours  de  Ngandu  junior et  « recevables »  mais « non-fondés » ceux de Kutino  et Bompere.

Ne se sentant  pas  vaincus, les  avocats  de Kutino avaient décidé  de  saisir  la  Cour  Suprême  de  justice  pour  examiner  l’inconstitutionnalité  sur  base  de l’article  83  du  Code  de justice  militaire.

Le verdict est tombé le vendredi 16 juin 2006 à l’Inspection provinciale de la police de Kinshasa. Il a été prononcé par le tribunal militaire de la garnison de Gombe siégeant en chambre foraine. Mais pour ses avocats contactés par radiookapi.net, le pasteur Fernando Kutino ira en appel auprès de la Cour militaire de la Gombe où il espère se défendre valablement.

Ce tribunal a ainsi fait application de l’article 7 du code pénal militaire en prononçant la peine la plus forte : 20 ans de servitude pénale principale avec 10 ans de durée minimale de sûreté incompressible, c’est-à-dire, une période pendant laquelle le condamné ne pourra bénéficier d’aucune remise de sa peine.

En plus, le pasteur Kutino est condamné au paiement de 50 000 francs congolais comme frais à verser à la juridiction judiciaire qui a statué. Celle-ci a également ordonné la confiscation, au bénéfice des FARDC, des armes et munitions de guerre saisies et a confirmé sa détention.

Quant au sort de ses co-accusés, le verdict du tribunal n’a prononcé qu’un seul acquittement, celui du premier sergent major Sawa Aneko Nzapa. Les autres, notamment, le traducteur de Kutino, Bompere Mbo ainsi que trois personnes en fuite sont condamnés à 10 ans pour le premier et à 20 ans pour les autres.

Tel est le jugement rendu par le tribunal militaire de la garnison de la Gombe qui a statué au premier degré en matière répressive dans l’affaire opposant Kutino à un autre homme de Dieu, le pasteur Ngalasi de la Louange, pour tentative d’assassinat de ce dernier. Ce jugement a été rendu en l’absence des accusés et de leurs avocats.

Selon l’un d’eux, Fernando Kutino et ses co-accusés iront en appel à l’échelon supérieur pour se défendre valablement. A la juridiction militaire qui vient de rendre le verdict, a souligné le même avocat, leur «client» ne se faisait plus d’illusions quant aux garanties pour lui permettre de bien se défendre.  

Kutino Fernando arrêté à Kinshasa le 14 mai 2006

L’archibishop Kutino Fernando, fraîchement rentré d’exil, avait été arrêté dimanche 14 mai 2006 par la Police nationale congolaise (PNC) au siège de son Eglise, dans la commune de Kasa-Vubu, alors qu’il revenait du stade Tata Raphaël (à Matonge) où il avait prêché devant ses fidèles, venus nombreux l’écouter.

Il avait été « accusé de détention illégale d’armes et des propos incitant à la haine », avait déclaré à Radio Okapi le gouverneur de la ville de Kinshasa, Kimbembe Mazunga.

« Il a déclaré entre autres que le pays est vendu aux étrangers. Je voudrais bien savoir qui de Joseph Kabila, de Jean-Pierre Bemba, de Ruberwa, de Z’Ahidi ou de Yerodia et même de quel ministre est étranger. Parmi les gardes du corps de Kutino, deux ont été appréhendés. L’un appartiendrait à l’Etat-major de la garde rapprochée du vice-président Bemba, et l’autre serait l’un des éléments ayant été cités dans plusieurs coups dont celui de l’opération +Pentecôte+ de 2004  », avait-il précisé.

 « Moins de cinq minutes après son retour, une dizaine des jeeps bondées de soldats sont arrivées. Ils ont entouré l’église avant qu’un groupe n’aille à l’intérieur. Ils sont ressortis avec le pasteur comme s’il s’agissait d’un voleur. Ensuite, d’autres militaires se sont mis à tabasser les fidèles et à tirer en l’air », avait témoigné l’une de ses fidèles interrogée sur le lieu.

Le 15 mai 2006, une marche avait été organisée à Kinshasa par les fidèles du pasteur Kutino Fernando ainsi que d’autres militants afin de protester contre son arrestation qualifiée d’« illégale ».

Les manifestants, qui se dirigeaient vers le cabinet du vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba Gombo, avaient été dispersés par des membres de la police nationale.

 

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04 décembre 2013

RDC : que reste-t-il des FDLR ?



Après la fin de la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) sont la prochaine cible de la brigade d'intervention des Nations unies, dans sa mission de neutralisation des groupes armés de la partie est de la RDC. Quelle menace les FDLR représentent-elles dans le Kivu ? Décryptage.

Combien reste-il encore de rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) dans le Kivu ? Où se cachent-ils ? Dans quels villages sont-ils ? À ces questions, pourtant précises, chacun y va de son commentaire. Les chiffres et les hypothèses diffèrent, selon que l’on se trouve à Kigali, à Kinshasa ou à New-York, siège de l’ONU. Une certitude cependant : les FDLR sont bien la prochaine cible de la brigade d’intervention des Nations unies dont le mandat consiste à neutraliser tous les groupes armés qui pullulent depuis près de deux décennies dans la partie est de la RDC.
De fait, après la débâcle du Mouvement du 23-Mars (M23), rébellion qui a contrôlé une partie du Nord-Kivu pendant plus de 18 mois, l’étau se resserre autour des FDLR. "Nous allons [les] cibler parce que c’est notre priorité militaire à cet instant", a confirmé récemment Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC. Une position qui rejoint celle du gouvernement congolais, lequel dit s’apprêter également à lancer, avec l’appui des Casques bleus, une "action vigoureuse" contre les "forces négatives" encore présentes sur son sol, en tête desquelles il inscrit les rebelles rwandais des FDLR, puis les insurgés ougandais de l’ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées – Armée de libération de l’Ouganda) et, en dernière position, les Forces nationales de libération du Burundi (FNL) ainsi que toutes les milices maï-maï locales.
FDLR, les plus dangereux ?

Sur le papier, les rebelles des FDLR paraissent comme la principale menace à la paix dans le Kivu et dans la région des Grands Lacs. Même si à Kinshasa, on affirme avoir réduit leur nombre de "plus de 80 %" avant le déclenchement de la rébellion du M23 en avril 2012. Combien sont-ils donc aujourd'hui ? Autour de "1 500 soldats", selon les estimations des experts onusiens qui travaillent sur la problématique des groupes armés dans l'est de la RDC.
"Il est impossible de donner un chiffre exact sur le nombre des FDLR dans le Kivu, relativise Christoph Vogel, chercheur indépendant. Une chose est cependant évidente : personne ne parle plus de 8 000 ou 10 000 rebelles FDLR comme dans le passé." Vogel et un grand nombre d'observateurs considèrent que "l'effectif de ces rebelles rwandais a sensiblement baissé" ces dernières années. "À long terme, le programme DDRRR (désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration, réinstallation) de la Mission onusienne au Congo a permis de diminuer leur nombre", justifie l'expert, soulignant également que "les attaques de Raïa Mutomboki [une milice locale anti-FDLR] ont contribué à l'affaiblissement des FDLR".

Élu de Walikale, un des territoires du Nord-Kivu souvent inquiété par les incursions des FDLR, Juvénal Munubo confirme l'implication des milices maï-maï locales dans la traque des rebelles rwandais. "Il faut avouer que ces groupes armés ont aidé à pourchasser les FDLR [notamment dans le territoire de Shabunda, NDLR]. Ils ont accompli ce qu'aurait dû être la tâche du gouvernement", confie-t-il à Jeune Afrique. Conséquence : "Les FDLR ne sont plus aujourd'hui la principale menace", soutient le député. "Mais ce n'est pas une raison pour croiser les bras, il faut les poursuivre jusqu'à leur dernier retranchement", ajoute-t-il.

Et pour la surveillance des mouvements des groupes armés dans le Kivu, notamment la mobilité des rebelles FDLR qui sont les premiers dans le viseur de la brigade d'intervention des Nations unies, "deux drones non armés" ont effectué, le 3 décembre, un "vol inaugural" à Goma. "Ces engins permettront aux Casques bleus de suivre la mobilité de différents groupes armés pour pouvoir mieux se positionner et surtout anticiper l'action pour protéger les civils", indique une source à la Monusco.

Depuis la fin de la rébellion du M23, craignant l'éventualité d'une prochaine attaque de l'armée congolaise appuyée par la Monusco, plusieurs miliciens ont choisi de déposer les armes. Mais les combattants FDLR, eux, n'ont pas bougé. "Ils occupent certains villages dans les territoires de Mwenga et Walungu dans le Sud-Kivu et une partie de Lubero dans le Nord-Kivu", rappelle Christoph Vogel. "Ils sont également localisés à Oninga, à la frontière entre Lubero et Walikale, près du parc national de Maïko, dans la Province orientale", ajoute Juvénal Munubo.

Si, ces six derniers mois, les FDLR n'ont pas mené d'attaques contre les autorités de Kigali – leur dernière incursion en territoire rwandais remonte au 24 mai 2013, selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'ONU -, ils n'ont pas cessé pour autant de commettre des exactions dans les villages qu'ils occupent dans le Kivu congolais. "Ils y font régner leur loi. Et des contrevenants sont sévèrement sanctionnés : des hommes torturés, réduits en esclavage, voire tués, et des femmes violées", décrit Omar Kavota, porte-parole de la société civile dans le Nord-Kivu.
"Affaiblis, mais pas anéantis"

Sur le plan politique par ailleurs, les FDLR sont aujourd'hui fragilisés. "Il existe, à la tête du mouvement, une fracture entre les intransigeants, tels que Mudacumura, qui veulent poursuivre la lutte armée, et les modérés, plus jeunes, qui prônent la démobilisation et la réintégration", indiquait à la mi-juillet le dernier rapport des experts onusiens. Les poursuites judiciaires en Allemagne contre deux de leurs responsables politiques et l'arrestation en Tanzanie de leur commandant adjoint, le "général" Stanislas Nzeyimana, alias "Izabayo Bigaruka", ne sont pas de nature à arranger les choses pour les rebelles… "Ils sont bien affaiblis, mais ne sont pour autant pas anéantis", conclut Juvénal Munubo, l'élu de Walikale.

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