31 juillet 2014

Un plaidoyer bancal pour la révision de la constitution en RDC : La médiocratie étale toutes ses laideurs

 
Il n’y a guère longtemps les apparatchiks du PPRD et leurs alliés de la plateforme MP au pouvoir se gardaient d’avouer qu’ils tenaient absolument à modifier la constitution pour permettre au président Joseph Kabila de se maintenir à l’expiration de son second et dernier mandat en cours, en révisant arbitrairement certaines dispositions constitutionnelles expressément verrouillées. Ils prenaient toutes les accusations et critiques qu’on leur faisait pour des spéculations infondées, des supputations gratuites, des suppositions ridicules, des imaginations inconsidérées bref, de purs procès d’intention en règle faits par des opposants jaloux de Joseph Kabila !
 
Le chef de l’Etat passera le témoin de manière civilisée, avait déclaré le porte -parole Lambert Mende Omalanga. Nous sommes encore loin de 2016 et il n’est pas normal d’envisager le départ du président Joseph Kabila qui a son programme à réaliser pour le bonheur du peuple congolais, disaient-ils. La constitution sera respectée, semblaient-ils promettre. On a d’autres chats à fouetter en faveur du peuple que de parler constamment de l’échéance de 2016, réagissait-on dans les sphères de l’establishment.
 
Mais tous ceux qui tenaient ces discours et propos peu convaincants n’ont pas tardé à jeter le masque et à dévoiler leurs batteries. La preuve en est la prise d’assaut des chaînes de tv locales par des officiels et des nomenklaturistes du pouvoir actuellement, avouant clairement qu’ils vont réviser certaines dispositions de la constitution. Peu avant que le parlement n’aille en vacances le 15 juin dernier, le gouvernement a déposé au bureau de l’Assemblée nationale, une série de projets de loi de révision des articles bien déterminés de la constitution, l’essentiel étant la modification du mode d’élection des députés provinciaux qui passe du suffrage universel direct au suffrage indirect par des élus locaux (municipaux, communaux) et de fil en aiguille l’élection indirecte du président de la République par les députés nationaux, au lieu que ce soit directement par le peuple dans l’ensemble du territoire national.
 
Le ministre de l’intérieur Muyej déclare ouvertement devant la presse que la révision de la constitution .est officiellement à l’ordre du jour. Le président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la mouvance présidentielle (MP) Aubin Minaku tient une conférence de presse au cours de laquelle il souligne la nécessité de révision de la constitution à laquelle le gouvernement tient beaucoup et qui doit absolument avoir lieu.
 
Assemblage de mots et propos creux
 
Cette conférence de presse est actuellement balancée à plusieurs reprises par nombre de chaînes de tv émettant à Kinshasa. D’autres cadres obscurs du PPRD et de la MP qui ne sont jamais en reste, rivalisent aussi de zèle pour s’ériger en propagandistes de la révision de la constitution. Il y a même un personnage drolatique qui fait particulièrement du zèle et prétend avoir déjà réuni des milliers de signatures favorables à la révision de la constitution. Ils montrent tous clairement aujourd’hui qu’il n’y avait pas de spéculations infondées, de supputations gratuites, de suppositions ridicules, d’imaginations inconsidérées : bref de procès d’intention en règle faits par des opposants jaloux de Joseph Kabila Mais quel genre de plaidoyer développent-ils pour étayer la révision de la constitution ? Un plaidoyer bancal, minable, un assemblage de mots et propos creux débités dans un raisonnement incohérent et absurde, truffés de contradictions et de paradoxes. Par ignorance pour les cadres obscurs, ou par malhonnêteté intellectuelles pour les officiels instruits, ils confondent la constitution actuelle de février 2006 votée par référendum, avec la constitution de la transition d’avril 2003 votée par la plénière du dialogue inter congolais à Sun city en Afrique reposant l’Accord global et inclusif.
 
La constitution actuelle de février 2006 n’est pas celle de belligérants, comme ils cherchent vainement à le faire croire, prétendant qu’elle doit être réadaptée au contexte actuel qui n’est plus celui de belligérance. Qu’ils se montrent quand même un peu sérieux et réfléchis.
La constitution de la transitoire du temps de belligérance était révolue dès la fin de la transition de la formule 1+4 et remplacée par la constitution actuelle de la République de février 2006. On ne peut pas ne pas être écœuré par la médiocratie dans les sphères officielles, qui étale publiquement sans gène et sans pudeur toutes ses laideurs dont elle se prévaut en matière de stratagèmes politiques ! Le livre du bonze Evariste Boshab n’était pas une réflexion personnelle d’un intellectuel comme disaient les kabilistes coincés par des critiques des observateurs avertis, mais un travail commandé et financé par le pouvoir. Ce que le ministre de l’intérieur Richard Muyej et le président de l’assemblée nationale Aubin Minaku développent dans leurs points de presse n’est rien d’autre que la quintessence même du livre du bonze Evariste Boshab, à savoir la préoccupation de révision de la constitution. Quid alors d’une réflexion d’un intellectuel qui n’engageait pas le pouvoir ?
 
Des révisions sur mesure
 
Des révisions constitutionnelles sur mesure et sur commande, envisagées et opérées arbitrairement toujours à la veille d’un scrutin présidentiel. En 2006, l’âge majeur requis pour toute candidature à la magistrature suprême constitutionnellement fixé à 40 ans a été ramené à 30 ans pour faciliter l’éligibilité de Joseph Kabila qui était alors légalement hors concours.
En 2011, on a réduit le scrutin présidentiel de deux tours à un seul tour parce que la recomposition du paysage politique avec le retour inattendu du leader charismatique de l’UDPS Etienne Tshisekedi bouleversait tous les calculs, il fallait miser sur un seul tour réussi à manœuvrer bien pour des tripatouillages électoraux au profit du candidat du pouvoir. Pour 2016, on remue ciel et terre pour que le mode d’élection du président passe du suffrage universel direct (par l’ensemble du peuple congolais) au suffrage indirect par les députés nationaux, un raccourci plus facile pour des raisons évidentes en faveur de Joseph Kabila. Le plaidoyer développé pour la révision en 2006, 2011 et pour 2016 ne montre concrètement aucune inadaptation de la constitution au contexte de toutes ces étapes, si ce n’est l’adaptation arbitraire et illégale à l’éligibilité d’un candidat.
JEAN N’SAKA WA N’SAKA

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30 juillet 2014

Enigmes du Kasai

Pour les natifs du Kasai et ceux qui parlent le tshiluba, veuillez trouver une énigme dans la colonne de droite à la quelle vous voudriez bien répondre. Comme signalé, elle nous a été proposée par Jean-Marie Kabongo Kazadi de France. Prière de répondre dans la rubrique "commentaire" si vous conaissez la réponse. A vos claviers!

Kasai Direct

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RDC: Le «pantin magnifique»

 
"Joseph Kabila" le "pantin magnifique" et ses mentors ougandais et rwandais 

«Jouet d’enfant, figurine en carton dont on agite les membres en tirant sur un fil». Telle est la signification première du mot «pantin» dont les synonymes sont peu élogieux : fantoche, marionnette. 

Le Congo-Kinshasa est dirigé, depuis bientôt quatorze ans, par une sorte de «pantin magnifique». Pourquoi magnifique? 

Tout simplement parce qu’il exerce l’apparence du pouvoir. 

En fait, il n’est qu’une marionnette qui n’a aucun projet politique. Il se contente d’exécuter les instructions de ses mentors. 

De même, il récite comme un écolier du primaire les discours rédigés par ses collaborateurs. Nul ne sait les valeurs qui guident son «action».

Qui manipule cette marionnette?

A l’extérieur, il y a les principaux initiateurs de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) que sont le Rwandais Paul Kagamé et l’Ougandais Yoweri Museveni. 

Ces deux potentats soutiennent qu’ils n’ont pas mené la guerre dans l’ex-Zaïre «pour rien». C’était, assurent-ils, pour prévenir toute action de déstabilisation de leurs pays respectifs à partir du Congo voisin. 

Il leur fallait un «régime ami» - mieux, un homme-lige - à la tête de ce pays. L’objectif est atteint depuis le 26 janvier 2001.

A l’intérieur, on trouve le «clan des Baluba du Katanga» - usufruitier du pouvoir legué par leur "frère" LD Kabila - mais aussi tous les «situationniste-opportunistes» qui savent la vérité sur les circonstances exactes de la mort de Mzee et le choix de son successeur. Des hommes et des femmes qui estiment qu’on ne parle pas la bouche pleine. 

Très peu proche de la population, ce «pantin magnifique» n’est pas attentif aux aspirations de «son» peuple. Un peuple qui ne fait plus mystère de son vif désir de changement. Son désir d’alternance démocratique qui fuse dans toutes les conversations. Et ce, aux quatre coins du pays.

Incapable de communiquer et surtout de proposer un «rêve» aux 70 millions de Congolais, le «pantin magnifique» a néanmoins pris goût au pouvoir. 

Il veut conserver le pouvoir non pas pour procurer le bonheur au plus grand nombre. Il n’est intéressé que par les avantages et privilèges. Bref, le côté frivole. 

Incapable d’expliquer les raisons qui le poussent à s’accrocher à l’impérium, le « pantin magnifique » a mobilisé ses affidés. 

Les Congolais ont encore frais en mémoire les "Cinq chantiers" et "la révolution de la modernité". Des slogans creux. 

Depuis le mois de juin 2013, date de la publication du très controversé ouvrage «Entre révision de la constitution et l’inanition de la nation» d’Evariste Boshab, le secrétaire exécutif du parti kabiliste PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), l’opinion congolaise interprète cette «sortie éditoriale» comme un ballon d’essai. 

Président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la « majorité présidentielle», Aubin Minaku vient de descendre dans l’arène. «Toute constitution est révisable», a-t-il martelé dans une récente intervention à « Télé 50 ». 

Il n’a pas tort. Sauf qu’il faudrait encore démontrer le «bien-fondé» ou encore l’intérêt national qui justifie la révision constitutionnelle. 

Après cette sortie de Minaku, on se trouve plus que jamais dans la logique de «la tentative de dérive dictatoriale» envisagée par les législateurs de 2005 dans l’exposé des motifs de la Constitution promulguée en février 2006. 

Ces législateurs avaient justement prévu l’article 220 pour «sanctuariser» quelques principes fondamentaux. A savoir notamment : le principe de suffrage universel, le nombre et la durée des mandats du président de la République, le pluralisme politique. 

Il est désormais clair que seul un «duel à mort» - au propre comme au figuré - pourrait départager les progressistes et les conservateurs incarnés par "Joseph Kabila" et sa mouvance. 

Il s’agit de barrer la route au "pantin magnifique" ainsi qu’au groupe maffieux qui tentent d’asservir le Congo et son peuple. 
__________________ 
Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant

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Paniqué et harcelé par les Etats-Unis, Kabila se tourne-t-il vers la Russie pour se maintenir au pouvoir en 2016 ?

Par Jean-Jacques Wondo Omanyundu

OBAMA-POUTINE

Et Si Kabila faisait de la RDC un terrain de confrontation russo américaine par excellence ? C’est ce que semble indiquer des informations sérieuses et confidentielles parvenues à DESC.

Kabila manifeste des signes psychiques d’anxiété du fait de la pression américaine 

Depuis que son ami ukrainien Viktor Ynanoukovytch connait des abois politiques suite à sa destitution et que les américains le pressent de quitter le pouvoir en 2016, Kabila tente de recomposer son réseau de soutien. C’est vers la Russie du tsar Poutine que le raïs semble jeter son dévolu. La géopolitique mondiale d’un monde unipolaire polycentrique oblige !

Comme signalé dans nos publications antérieures, depuis le début de cette année, toute l’attention et la concentration de Joseph Kabila se focalisent sur sa fin de mandat en 2016. Plus rien ne l’intéresse, même pas la gestion actuelle du pays pour laquelle il veut se battre pour la gérer après 2016 alors qu’il a encore du pain sur la planche au cours de son mandat actuel. A ceux qui attendent leur salut du gouvernement de cohésion nationale, tout semble indiquer qu’il n’est plus une priorité pour Kabila car cela ne lui rapportera rien sur le plan politique. La cohésion recherchée en vain par Kabila était un leurre de sa part pour amener la classe politique et les congolais à se retrouver autour de sa personne pour lui assurer un ultime mandat en 2016. Que nenni ! L’éclatement de l’opposition républicaine de Kengo, à bout de patience, en est le premier signe.

Des sources de l’entourage présidentiel font état d’un état de panique extrême chez le président congolais. Celui-ci est préoccupé par un faisceau de signaux et messages convergents de la part des États-Unis l’exhortant à quitter le pouvoir en 2016. Depuis, l’homme ne sait plus à quel saint se vouer et est prêt à se livrer au diable, pas le diable rouge belge éliminé par l’Argentine  en coupe du monde !

Voici ce que rapporte à DESC une source présidentielle : « Le boss est sous sédatifs, il est devenu insomniaque la nuit et se repose de plus en plus. Depuis un mois, tous ses services de sécurité sont sur les nerfs. Le boss ne dort plus que la journée, d’où le ralentissement de ses activités professionnelles journalières. Le soir tout son entourage sécuritaire du RSH (Régiment Sécurité & Honneur) de la Garde républicaine (GR) doit bouger avec à tout moment avec lui. Il ne reste plus la nuit pendant plus de deux heures au même endroit. Au programme : randonnée fluviale, pique-nique en plaine brousse, exercices de tir à Mbakana. Le boss manifeste des signes de nervosité et d’absence de sérénité. L’attitude américaine l’inquiète sérieusement et le met sous pression. »

Le salut russe pour contrecarrer le plan américain ?

« Pour contrer la menace américaine qu’il prend au sérieux, il se tourne vers la Russie. Depuis quelques semaines, il est parvenu à entrer en contact avec le président russe, Vladimir Poutine, via Sergei Ivanov, le vice premier ministre russe & ancien patron du FSB (services secrets russes). Ce dernier est un vieil ami du Général François Olenga, le chef d’état-major de l’armée de terre et la personne de confiance de Kabila. D’ailleurs après sa récente visite en Ukraine, le général Olenga devrait discrètement passer par Moscou en provenance de Minsk pour rencontrer quelques officiels russes. Au menu des rencontres, Kremlin et Kinshasa planifient les détails d’une visite officielle de Kabila à Moscou et vice-versa.

Pour Kabila, nous renseigne une source présidentielle, « il veut, selon ses propres dires, ‘se foutre complètement des Yankees’. But de l’opération : « Kabila veut s’assurer un soutien russe important susceptible de contrer les menaces américaines contre la prolongation de son mandat et pousser les Etats-Unis à entamer un dialogue comme actuellement en Ukraine ».

En effet, pendant Kinshasa était le théâtre de l’attaque le 22 juillet, le général François Olenga, chef d’état-major de l’armée de terre se trouvait à Kiev en Ukraine depuis le 21 juillet sur invitation des autorités ukrainiennes de la firme UkrOboronExport. Une société ukrainienne de production, de vente et d’exportation d’armement. Cette firme a été nationalisée en janvier 2011 par l’ancien président Viktor Yanoukovytch. Cependant, depuis sa fuite en Russie, les ukrainiens sont inquiets que la RDC de voir la RDC se rapprocher davantage ces derniers temps de Moscou pour l’achat de l’équipement militaire des FARDC, comme en témoigne une de nos précédentes publications à ce sujet. L’Ukraine craint que cela menace les accords conclus par le passé entre la RDC et la société UkrOboronExport. La visite du général Olenga à Kiev vise à rassurer les nouvelles autorités ukrainiennes que la RDC va respecter ses engagements envers l’Ukraine et continuer à s’y approvisionner pour une grande partie de son matériel militaire.

En même temps, jouant à la périlleuse stratégie équilibriste d‘essaimage bipolaire antithétique, DESC apprend de plusieurs sources concordantes que Kabila vient de lancer une campagne diplomatique parallèle de choc avec des poids lourds du monde économique et politique international mis à contribution pour plaider sa cause à Washington. Nous y reviendrons en détails dans une prochaine publication.

La Russie peut-elle contenir militairement les USA? Analyse stratégique de DESC

Depuis qu’elle tient la tête aux américains en Ukraine, bon nombre de pseudo-analyses pensent que la Russie est en mesure de contrer la superpuissance américaine dans le monde.

Qu’on les aime ou non, laissez DESC vous apprendre que les Etats-Unis resteront encore, pour au moins deux décennies, la seule puissance mondiale, malgré la progression fulgurante de la Chine et de la Russie. Selon Zbigniew Brzezinski, ancien Conseiller de Jimmy Carter, le monde est et n’est pas multipolaire. C’est un monde dans lequel coexistent des puissances régionales significatives, dont certaines pourraient un jour, même si cette perspective reste pour l’instant lointaine, devenir des puissances mondiales. Dès lors la Chine, le Brésil, la Russie et l’Inde ne peuvent pour l’instant être des puissances mondiales. En effet, être une puissance mondiale implique d’être une puissance mondiale dans quasi tous les secteurs. Le seul secteur économique ne suffit pas à lui seul pour conférer à un État le statut d’une puissance mondiale.

Tableau des Dépenses Militaires en Milliards de dollars

                      2008       2009       2010         2011          2012        % total mondial
USA             607,0      661,0       698,0        711,0       737,5            38,9
CHINE         84,9       100,0       1 19,0        143,0       166                9,5
RUSSIE       58,6        60,7          58,7           80,0          90,7             5,2

Sources croisées: SIPRI, IISS et IRIS.

Bien qu’en perte de vitesse sur le plan géopolitique depuis la crise financière de 2008, les Etats-Unis, avec la doctrine de « smart power », dominent encore indubitablement la hiérarchie des puissances militaires mondiales. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le financement annuel du Pentagone s’établit en 2013 à environ 700 milliards de dollars. Washington concentre 41% des dépenses mondiales de la défense, là où la Russie ne compte que pour 5 % du total.

La puissance américaine est pour le moment la seule à jouir d’une domination dans TOUS les compartiments stratégiques, n’en déplaise aux émotifs. Sur terre, sur mer ou dans les airs, le Departemnt of Defense (DoD) peut compter sur des services (Army, Navy, Air force, marine Corps) dont les matériels sont à la fois modernes, plus nombreux et mieux servis que ceux des autres puissances. Dans le seul domaine naval, comme le rappelait il y a peu un secrétaire à la défense américain, « les États-Unis exploitent simultanément onze porte-avions de grande taille, tous à propulsion nucléaire. En termes de taille et de puissance de frappe, pas un seul pays ne possède ne serait-ce qu’un seul navire comparable. L’US Navy possède dix navires amphibies qui peuvent servir de bases flottantes pour des hélicoptères et des avions de décollage vertical. Aucune autre marine n’en a plus de trois, et tous appartiennent à des marines amies ou alliées… L’espace et le cyberespace, nouveaux enjeux géostratégiques, sont également dominés par les États-Unis, qui sont d’ailleurs à la tête de la course en matière de défense antimissile, et dont la maîtrise de l’intégration interarmées est inégalée. (Badie, B. et Vidal, D., 2013). Poutine a déclaré récemment que l’internet est une création de la CIA.

La Russie, quant à elle, confrontée à un dilemme politique lui rappelant ses démons du passé entretenus par une élite, à l’instar de Poutine ex-agent du KGB, qui garde la nostalgie de son ex-statut impérial, mais où une partie de l’intelligentsia est fortement persuadée qu’il est vain d’espérer un retour à un tel statut et qu’il convient d’envisager une autre option : allier la modernité à la démocratie (option de Medvedev). En effet, à l’instar de la Chine, la Russie connait l’émergence des courants géopolitiques du type néo-westphalien de la « grandeur russe » (derjavniki). Une Russie qui ressusciterait des vestiges soviétiques. Mais les adversaires de cette position sont majoritaires en Russie.

Sur le plan militaire, la puissance de la Russie se relève peu à peu de la décrépitude soviétique en modernisant son outil militaire et en renforçant sa capacité militaire à la dimension régionale et non planétaire. Sous l’impulsion de Poutine, on a constaté une volonté de rattrapage spectaculaire du retard militaire russe. En dix ans, la progression est de plus de 80%, progression semblable à celles des États-Unis (mais en ne partant pas de la même base de départ). Mais ces efforts sont encore loin d’effacer le tableau général médiocre de l’armée russe. En effet, plus des deux tiers de cette somme sont engloutis en salaires, pensions et logements, ne laissant que 30 % pour le renouvellement et l’entretien de l’outil militaire.

A la suite du bilan du potentiel militaire réel de son pays, Poutine s’est lancé dans un programme ambitieux de réarmement sans précédent de la Russie pour les dix prochaines années avec : plus de 400 missiles balistiques intercontinentaux, huit croiseurs sous-marins lance-missiles stratégiques, près de 20 sous-marins polyvalents, plus de 50 navires de surface, plus de 600 avions modernes, dont des chasseurs de cinquième génération, plus de mille hélicoptères, 28 régiments de systèmes de missiles sol-air S-400, plus de 2.300 chars modernes, près de 2.000 canons automoteurs équiperont l’armée », une centaine d’appareils spatiaux militaires équiperont l’armée russe ». (Cf Les Armées au Congo-Kinshasa).

Une chose est certaine est que la Russie, puissance nucléaire et spatiale, a, comme nous le montre le tableau plus haut, du chemin à parcourir pour égaler les Etats-Unis. On la voit déjà s’essouffler en Ukraine où les indépendantistes pro-russes perdent du terrain militaire.

Abordant les dix tendances géopolitiques actuelles du monde, Pascal Boniface, le directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales stratégiques), place la fin de l’hyperpuissance américaine au premier point. Il avance ce qui suit: « Après avoir dominé le monde dans le seconde moitié du XXè siècle, les États-Unis sont confrontés à la monté en puissance de leurs concurrents et à la multipolarisation du monde ».

Il nuance cependant son analyse en écrivant : « Le déclin américain a été prédit plusieurs fois dans le passé, donc à tort. Il avait été lorsqu’en 1997 l’URSS avait pu lancer un Spoutnik relevant le défi de la conquête de l’espace. Il l’avait également, lorsque, à partir de la fin des années 1950, par la mise au point de missiles intercontinentaux, les Soviétiques pouvaient menacer le territoire américain, mettant fin à la sanctuarisation dont ce dernier bénéficiait depuis la naissance du pays. Il l’avait encore été lors de l’enlisement de la guerre du Vietnam, puis à la fin de la convertibilité du dollar en or entre 1971 et 1973, en 1979 après l’entrée des soviétiques en Afghanistan et le renversement du shah d’Iran, et à la fin des années 1980 lorsque les industries automobile et électro,ique japonaises donnaient le sentiment de tailler en pièce leurs homologues américaines. A chaque fois les Etats-Unis se sont relevés pour continuer la course en tête. On peut donc se demander si la nouvelle annonce d’un déclin américain ne rejoindra pas les précédentes. » (Boniface, P. La Géopolitique – 40 fiches thématiques et documentées pour Comprendre l’Actualité, Eyrolles, 2014).

Cependant, il estime que dans un monde globalisé, même la puissance mondiale n’a pas les mains libres pour agir comme il entend. De plus, la tendance géopolitique actuelle ne procède pas tant d’un déclin américain en tant que tel que de de la montée en puissance de nombreux autres Etats émergents.

Plus optimistes  que Pascal Boniface, Corines Lesnes, correspondante du quotidien Le Monde à Washington, dans une contribution intitulée : « La politique étrangère de Barack Obama : la tentation du répli?« ( in Puissances d’hier et de demain. L’Etat du monde 2014« , (La découverte, Paris, 2013, 271p., publié sous la direction de B. Badie et D. Vidal), a d’abord décrit la stratégie de « Leading from behind » (leadership de l’arrière) mis en place par Obama sous son premier mandat, en cessant d’exposer à la première ligne les Etats-Unis : réduire la visibilité des troupes américaines pour diminuer leurs vulnérabilités. La journaliste a par la suite décrypté l’actuelle doctrine de Barack Obama qui a été le fil conducteur de sa campagne en 2012: « America is back » pour signifier que les Etats-Unis sont de retour et au devant de la scène internationale. Une ligne politique inspirée du néoconservateur Robert Kagan, epoux de Victoria Nuland (ex porte-parole de Hillary Clinton au Département d’Etat) et conseiller du candidat Mitt Romney, auteur de l’ouvrage The World America Made où il affirme que le déclin des Etats-Unis ni une réalité ni une fatalité.

Christian Malis dans son ouvrage bien fouillé, Guerre et Stratégie au XXIè siècle – Enjeux mondiaux – Arme futures… (Ed. Fayard, 2014) prédit plutôt un bel avenir de la prépondérance militaire américaine malgré la contraction économique en écorchant les stratégistes qui parlent de « fin de l’ère atlantique« , allusion faire à l’ouvrage « Prospective géostratégique à 30 ans » du ministère français de la Défense. Pour Malis, à l’horizon 2030, malgré la glissade annoncée de l’Europe et l’ascension militaire spectaculaire des pays émergents des BRICS, la prépondérance militaire américaine devrait demeurer un réalité. Il se base sur l’analyse de l’évolution des budgets militaires qui offre une vue plus précise concernant la redistribution en cours es cartes stratégiques et leur projection dans le futur. Il base sa prospective en affirmant que le rattrapage technologique militaire n’obéit pas au même rythme que le rattrapage technologique civil. Si Les pays du BRICS ont pu connaitre une ascension économique fulgurante, c’est que technique civile et méthodes de management sont très aisément transmissibles dans le monde actuel. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre de la Recherche et Développement (R&D) de la haute technologie militaire. Car l’espace économique militaire fonctionne toujours selon les principes les plus stricts de la défense jalouse de l’intérêt national (secret défense oblige). En ce sens, l’avance américaine devrait, selon lui, demeurer significative sur la Russie, la Chine et ‘Inde à l’horizon 2030.

Enfin, alors que les Etats-Unis réduisent leur budget militaire par la suppression des postes moins rentables stratégiquement, le rôle et les effectifs des forces spéciales de projection extra territoriale ne cessent d’augmenter dans l’armée américaine 65.000 hommes actuellement contre 54.000 en 1987 et 8.000 seulement à la fin des années 1970 des décennies au cours desquelles les Etats-Unis caracolaient en tête du classement des puissances militaires mondiales. Ils allouent un budget colossal de 10 milliards de dollars pour USSOCOM (US Special Operation Command), soit quadruplement en dix ans, faisant de ces Forces spéciales américaines une quatrième composante armée à part entière aux côtés des trois composantes terrestres, navales et aériennes traditionnelles. (Malis, Chr. , Guerre et Stratégie au XXIè siècle – Enjeux mondiaux – Arme futures, 2014)

Conclusion

DESC reste dubitative sur la capacité russe de disposer des ressources militaires suffisantes lui permettant d’agir dans un espace géographique autre que l’Eurasie. Conscient de ses limites militaires face aux américains, Poutine, de plus en plus isolé sur le plan diplomatique à la suite du crash de l’avion malaisien et de la guerre ukrainienne où les indépendantistes pro-russes perdent du terrain, n’irait sans doute pas s’aventurer à rechercher une confrontation militaire avec les Etats-Unis par Kabila interposée. Il s’agit là d’une dimension géostratégique non négligeable que les stratèges de Kabila doivent intégrer dans leur quête de sauvetage politique de leur raïs en 2016.

Jean-Jacques Wondo / Exclusivité DESC

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Une pétition des forces politiques et sociales en circulation contre Kabila

Depuis une dizaine de jours, une pétition exigeant la mise en accusation de Kabila devant la Cour Pénale Internationale pour divers meurtres des opposants et des activistes des droits de l'homme, la prise du peuple en otage par la répression des manifestations pacifique et les emprisonnements, le non-respect des engagements internationaux notamment la mise en application des accords d'Addis-Abeba et la faillite de la RDC. Les forces politiques et sociales demandent à tous les combattants et combattantes de la diaspora de s'organiser, de signer cette pétition et de l'envoyer aux intéressés (le président des Etats-Unis Barack Obama, le secrétaire général des Nations Unies, Ban-Ki-Moon, L'union Européenne, etc).

Les forces politiques et sociales regroupent les responsables de l'UDPS d'Etienne Tshisekedi, l'UNC de Vital Kamehre, l'Ecidé de Martin Fayulu et la société civile. Tous ont tu leurs divergences pour s'attaquer au responsable du danger qui menace l'avenir de la RDC, Joseph Kabila.

Voici une copie de la pétition et une copie de la note explicative de l'UDPS:

P_tition_contre_jkabila

PETITION_Note_d_Information

Kasai Direct

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29 juillet 2014

le peuple dit non à la revision constitutionnelle

AFP 29/07/14)
 

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Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC)
 
 
Trois partis de l'opposition ont appelé les Congolais à se réunir lundi sur une grande place de Kinshasa pour dénoncer tout projet de révision de la constitution qui permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.
 
"Nous lançons un appel à la population de Kinshasa à venir nombreux assister à un meeting populaire de sensibilisation que nous organisons le lundi 4 août 2014 à la place Sainte-Thérèse de Ndjili" (est de Kinshasa) , indique la déclaration des opposants lue mardi après-midi à la presse. La déclaration est signée par l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi, principal opposant; l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur de M. Kabila; et l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) de Martin Fayulu, l'un des fers de lance de la lutte contre la révision constitutionnelle.
 
Conformément à la constitution, les organisateurs ont prévenu le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, de leur rassemblement, en précisant qu'il visait à débattre "avec la population (...) plus principalement de l'inopportunité de la révision constitutionnelle". La lettre, dont l'AFP a eu copie, a également été adressée "pour information" au ministre de l'Intérieur, Richard Muyej, et au chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).
 
Depuis les élections présidentielle et législatives contestées de 2011, de nombreux rassemblements de l'opposition ont été interdits par les autorités ou ont été empêchés, parfois violemment, par la police. Cependant, les opposants se sont dit déterminés à maintenir leur réunion. Selon la constitution actuelle, il ne peut briguer un troisième mandat d'affilée mais l'opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour qu'il se maintienne au pouvoir au-delà de 2016.
 
hab/mbb/hm
 
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La position de la VSV contre l’agression des reporters de Molière TV


La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement choquée et indignée par l’agression et le traitement inhumain ou dégradant dont ont fait l’objet, mardi 22 juillet 2014, certains animateurs de la chaîne de Télévision privée Molière en l’occurrence messieurs Fabrice Yembo (journaliste) et Delo Demolo (cameraman) de la part des policiers de Circulation Routière (PCR) de la RDCongo manifestement venus pour leur régler des comptes.

En effet , à la date précitée vers 12h30, des dizaines des conducteurs des taxis motos (communément appelés wewa en RDCongo) sont descendus au siège de la chaine de télévision Molière en vue de dénoncer les tracasseries suivies de rançonnement, extorsion des biens et des interpellations intempestives dont ils sont souvent victimes de la part des policiers de circulation routière, bien qu’ils aient rempli toutes les conditions d’exploitation de transport en commun notamment la possession des casques, permis de conduire et plaques minéralogiques.
Au moment où les conducteurs des taxis motos échangeaient avec le journaliste Fabrice Yembo et le cameraman Delo Demolo, plusieurs policiers de circulation routière venus à bord d’une jeep et en tenue de la Police Nationale Congolaise (PNC), munis des matraques ont fait irruption sur le lieu. Après qu’ils aient reproché au journaliste et au cameraman de filmer les conducteurs des taxis motos, ils ont sur le champ commencé à agresser les journalistes, et ce, avant de s’attaquer au siège de la chaîne Molière TV où ils ont mis tout sens dessus dessous.
Le journaliste et le cameraman ont été copieusement passés à tabac sur place à l’aide des matraques, des coups de pieds, des coups de poing, etc… avant qu’ils ne soient acheminés manu militari au camp Lufungula où ils ont, sur ordre du capitaine Ekutshu, subi d’autres sévices corporels atroces malgré les cris de détresse et les reproches du journaliste Fabrice Yembo à qui le capitaine et ses hommes ont reproché de « beaucoup parler à la télévision Molière».
L’état de santé de M. Fabrice Yembo, qui se plaint des vertiges, des douleurs à la tête, poitrine, à la jambe et au bras droit, nécessite des soins médicaux appropriés.
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Sur un autre volet, il convient de souligner la destruction par les policiers de trois cameras respectivement de marque Panasonic 3CCD, Sony HDV, Samsung A8 ; un lecteur DVD et un ordinateur fixe ainsi que la casse de la vitre de la porte d’entrée. Des effets personnels du cameraman Delo Demolo ont été emportés. Il s’agit notamment d’un téléphone Samsung à double sim, d’une somme de cent cinquante dollars américains (150 USD) et quatre mille francs congolais (4000 FC).
Pour la VSV, l’agression du journaliste et du cameraman de Molière TV ainsi que le saccage de son siège seraient probablement dus aux nombreuses dénonciations par cette chaîne des abus et autres violations des droits humains dont la population est victime en République Démocratique du Congo.
La VSV rappelle aux autorités de la RDCongo qu’il n’ya pas de développement ni de démocratie dans un pays donné sans, entre autres, une presse libre et indépendante et sans respect du droit à la liberté de la presse et du droit de la population à l’information.
Eu égard à ce qui précède, la VSV exige aux autorités de la RDCongo en général, aux Ministres de l’Intérieur, des Médias, de la Justice et Droits Humains, au Commissaire Général de la PNC et au Commissaire provincial de la PNC/ville de Kinshasa en particulier de:
-Faire diligenter une enquête indépendante sur le traitement inhumain ou dégradant dont ont été victimes le journaliste et le cameraman de la télévision Molière ainsi que le saccage du siège de cette dernière en vue d’en faire la lumière et sanctionner sévèrement les responsables ;
-interpeller le capitaine Ekutshu et tous les policiers auteurs d’agression, sévices corporels, destruction méchante pour qu’ils répondent de leurs actes conformément à la loi ;
-intervenir pour la restitution des biens et autres effets personnels emportés;
-intervenir pour la prise en charge effective des soins médicaux appropriés en faveur du journaliste Fabrice Yembo et la réparation de tous les préjudices subis par la Chaîne Molière TV notamment la destruction des cameras et autres biens.
Fait à Kinshasa, le 27 juillet 2014.

 

 

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Franck Diongo dénonce la mort programmée de Kutino


Franck Diongo lance un véritable SOS en faveur de Fernando Kutino. Son appel de détresse est couplé à une accusation très grave. “Le régime cherche à tuer Fernando Kutino à petit feu avec sa maladie”, accuse l’opposant dans un entretien à “RD-CONGONEWS”.

Diongo a eu accès à des notes de faits qui attestent que depuis qu’il est interné au Centre hospitalier Nganda à la suite d'un accident cardio-vasculaire, Kutino paie de sa propre poche ses soins de santé. Son hospitalisation d’une année déjà lui a coûté au total plus de 80.000 dollars, notamment les machines et les actes médicaux de kinésithérapie sans compter qu’il est obligé de prendre en charge les policiers commis à sa garde, selon Diongo qui a promis de mettre ces documents à la disposition de “RD-CONGONEWS” pour la prochaine édition. Déjà amoindri physiquement, Kutino est atteint moralement puisque dans la quasi incapacité de continuer à faire face à ces lourdes dépenses. Diongo craint que cela ne précipite une dégradation. “Comment expliquer qu’un condamné prenne en charge ses soins de santé. Encore que ce n’est pas lui qui a choisi cet hôpital si onéreux.
Aujourd’hui, il n’arrive plus à payer, il sera privé des soins et on le laissera mourir”, dénonce Diongo. Le président du MLP propose une alternative, pourquoi pas transférer Kutino dans un hôpital public, à la Clinique Ngaliema, par exemple, à charge du gouvernement. Ou carrément l’évacuer à l’étranger pour des soins appropriés comme le malade l’avait sollicité lui-même. Kutino a déjà purgé huit ans pour une peine totale de dix ans dans une affaire montée de toutes pièces.
Avec l’application sélective de la loi sur l’amnistie, il n’a aucune chance d’être amnistié. Il y a comme une sorte d’acharnement du régime contre lui, une rancune personnelle profonde. Si c’était pas le cas, il aurait déjà été relaxé selon les principes de compression de peine selon lesquels un condamné qui a purgé la moitié de sa peine peut être mis en liberté pour bonne conduite pendant sa détention.

Samuel Mbuta

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Aubin Minaku appelé à ne pas peser pour la révision de la Constitution

parlementRDCongo

 
“En démocratie, la majorité ne peut pas tout se permettre “, a dit Me Jean Claude Katende, président national de I’ASADHO dans une tribune, pour réagir à l’interview du président de l’Assemblée nationale par rapport à la

modification de la constitution en vue de permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat alors que la loi fondamentale le lui interdit.
 
Il m’a paru important d’écrire cette réflexion pour contribuer au débat suscité par les déclarations du Secrétaire Général de la majorité au pouvoir en République Démocratique du Congo. L’impression que lesdites déclarations nous donnent est que pour Monsieur Aubin Minaku, la majorité qu’ils ont à l’Assemblée Nationale leur permet de tout faire, de tout se permettre, de faire réviser la Constitution dans le seul but de conserver le pouvoir”, dit - il. Le président de l’ASADHO estime que la déclaration de Minaku est dangereuse pour la démocratie où seul le peuple gouverne et décide de tout.
En effet, en date du 17 juillet 2014, Aubin Minaku, Secrétaire général de la Majorité présidentielle déclarait : « … le détenteur du pouvoir souverain, c’est le peuple. Et donc, pour toute question majeure aujourd’hui, demain ou après demain, nécessitant une modification des lois de la République, nécessitant une révision de la Constitution, nous les soumettrons à la sanction soit du Congrès, l’article 218 de la Constitution prévoit cette voie, soit du peuple par référendum. Donc, c’est clair, nous tenons à conserver le pouvoir et nous allons tout faire pour conserver le pouvoir par la voie des urnes, comme on l’a fait en 2006 et en 2011. Nous allons respecter la Constitution du 1er au dernier article. Ce respect signifie notamment le respect de sa procédure de révision “. Cette déclaration montre, selon le président de I’ASADHO, que la majorité au pouvoir à Kinshasa croit qu’elle peut tout se permettre peut manipuler le peuple et faire changer la Constitution au gré de ses besoins et humeurs.
 
Pareille déclaration montre aussi que la majorité ne travaille pas à la consolidation de la démocratie en R.D.Congo. Une majorité présidentielle soucieuse de promouvoir la démocratie doit, d’une part, agir en fonction des pouvoirs qui lui sont reconnus, mais elle doit aussi accepter les limites qui sont déjà tracées par la Constitution et les lois de la République, d’autre part “, affirme Katende.
 
Manque de leadership à la MP
 
L’agitation de la majorité présidentielle résiderait dans le fait qu’en dehors du Président Joseph Kabila, cette majorité n’a aucune existence réelle et ne peut gagner l’élection présidentielle 2016 sans supprimer certains principes posés par la constitution, dit le N°1 de l’ASADHO.
Pour rappel, en janvier 2011, la majorité pour conserver le pouvoir avait supprimé le deuxième tour de l’élection du Président alors que le même Président Joseph Kabila avait été élu au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2006. Ce deuxième tour a été supprimé pour permettre au président Joseph Kabila de gagner l’élection présidentielle avec n’importe quel pourcentage.
Maintenant comme les seuls obstacles qui empêcheraient la majorité présidentielle de conserver le pouvoir sont les dispositions qui interdisent au président de briguer un troisième mandat, il faut les faire sauter en recourant au referendum. L’Ongdh s’oppose à toute révision des dispositions verrouillées de la constitution en vue de permettre au Président de la République de briguer un troisième mandat.
GKM

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