Au 28ème jour de l’insurrection du peuple libyen contre la dictature du colonel Kadhafi, les forces gouvernementales bombardent jour et nuit et récupèrent les villes qui étaient sous contrôle des insurgés. Les images apocalyptiques qui nous parviennent démontrent la fureur et la folie du dictateur qui ne lésine pas sur les moyens pour reconquérir son pouvoir. Pendant ce temps, les Occidentaux n’arrivent pas à accorder leurs violons sur la position à prendre devant ce massacre.

Si les Libyens ont eu le courage de se soulever comme l’avaient fait avant eux les Tunisiens et les Egyptiens, c’est parce qu’ils ont été encouragés par les médias essentiellement occidentaux. Les images des peuples libérés de vieilles dictatures, qui les avaient tenus pendant des années durant dans la peur et dans la pauvreté indescriptible, les ont séduits. Mais c’est surtout la position de la communauté internationale avec les Américains en tête qui les a encouragés et motivés dans ce mouvement de libération.

Alors, nous ne comprenons pas la passivité de cette même communauté internationale face aux tueries et massacres perpétrés par les troupes fidèles au dictateur libyen. Américains et Européens multiplient des réunions pendant que l’armée de Kadhafi, suréquipée, opère une véritable boucherie au sein de la population! Les Occidentaux ne reconnaissent plus la légitimité du pouvoir de Kadhafi. Mais ils le laissent récupérer, les unes après les autres, les villes qui étaient tombées entre les mains de la rébellion. Qu'adviendra-t-il lorsqu'ils auront tout repris?

Nous faisons ici l’échos d’une femme libyenne dont le message a été retransmis par TV5 monde: « les Occidentaux seront responsables devant l’histoire pour ce qui se passe actuellement en Libye ». Et un autre libyen d’ajouter: « Faudrait-il que nous nous suicidions jusqu’à ce que le nombre des morts qu’ils souhaitent voir soit atteint avant d’intervenir ? »

L’Europe voudrait mieux arrêter les flux migratoires sur son territoire. Le bateau « Europe » ne serait pas prêt à recevoir toute la misère de l’Afrique au risque de sombrer lui-même, si nous nous permettons de revenir à la métaphore de Marine Le Pen. La meilleure façon d’arrêter ces flux migratoires ne serait-elle pas de soutenir ces peuples qui se battent pour leur survie? On ne peut pas, tout de même, leur fermer la porte au nez et les abandonner entre les mains de leurs bourreaux, sans secours! Aider les peuples en quête de leur survie, c’est s’aider soi-même.

L’histoire nous démontre que les vaincus d’hier sont devenus à leur tour les grandes puissances d’aujourd’hui. Elle tourne, l’histoire !