10 janvier 2012

Lubumbashi: les agents licenciés de la CMSK réclament leurs décomptes finals

 
 – Une vue de l'immeuble de la banque centrale à Lubumbashi. Photo cabemery.org – Une vue de l’immeuble de la banque centrale à Lubumbashi. Photo cabemery.org

La paix sociale est troublée à la Compagnie Minière du Sud Katanga (CMSK) où plus d’une centaine de travailleurs licenciés réclament leurs décomptes finals. D’autres agents s’opposent à leur mis en congé technique. Les manifestants ont brulé les pneus et barricadé les voies d’accès à l’Entreprise Générale Malta Forrest avant d’être dispersés par les policiers qui ont usé des gazs lacrymogènes.

Ce trouble a fait quelques blessés et des arrestations.

Un des manifestants s’est exprimé à Radio Okapi:

«Nous ne sommes pas là pour faire du désordre mais, pour revendiquer nos droits. Notre patron doit nous payer nos décomptes finals car nous n’avons besoin d’être remis au travail», a-t-il expliqué.

A l’origine de cette situation, un conflit oppose deux géants miniers du Katanga : EGMF et la Gécamines.

Selon des sources, ces entreprises minières ont des parts au sein de la CMSK qui détient une grande carrière de cobalt à Lwisishi, à une vingtaine de km de Lubumbashi, sur la route Likasi, au Katanga.

L’Adg de l’EGMF, Yvonne Peyraud a indiqué qu’à la fin de l’année 2011, la majorité de clients habituels et fidèles de la CMSK n’ont pas renouvelé leur contrat à la crainte du conflit qui oppose EGMF à la Gécamines.

Cela oblige CMSK à réduire sensiblement ses activités.

De leur côté, les responsables de la CMSK ont promis de payer les décomptes finals des agents d’ici quelques jours.

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Le pape Benoît XVI très préoccupé par l'insécurité dans les Grands lacs

Le Pape Benoît XVI a pour sa part appelé les parties impliquées de loin ou de près dans la crise qui sévit dans la région des Grands Lacs africains à se réconcilier.
Le Saint Père a lancé cet appel dans son traditionnel discours annuel devant le corps diplomatique.

Il a déploré que l'objectif de la réconciliation et du respect de “toutes les ethnies et religions' soit encore lointain en Afrique, notamment au Nigeria, en Côte d'ivoire, dans la région des Grands lacs et dans la Corne de l'Afrique.

Agé de 84 ans et paraissant en bonne forme, Benoît XVI s'est ainsi exprimé en présence de 160 diplomates dont 115 chefs de missions accrédités au Saint-Siège. En Afrique, a-t-il enchaîné, “il est essentiel que la collaboration entre les communautés chrétiennes et les gouvernements aide à parcourir un chemin de justice, de paix et de réconciliation, et que les membres de toutes les ethnies et de toutes les religions soient respectés”.

“Il est douloureux, a ajouté Joseph Ratzinger, de constater que, dans divers pays de ce continent, ce but est encore lointain”.

Ces dernières semaines, les chrétiens du Nigeria ont été en particulier la cible d'attentats de la secte islamique Boko Haram. Le pape a stigmatisé” en particulier la recrudescence des violences qui touchent le Nigeria, comme l'ont rappelé les attentats commis contre plusieurs églises durant le temps de Noël, les séquelles de la guerre civile en Côte d'Ivoire, l'instabilité persistante dans la région des Grands Lacs et l'urgence humanitaire dans les pays de la Corne de l'Afrique”.

Et d'insister : “Je demande, une fois encore, à la communauté internationale d'aider avec sollicitude à trouver une solution à la crise qui perdure depuis des années en Somalie.

Enfin, Benoît XVI a demandé que tous unissent leurs efforts pour la pacification du nouvel Etat du Sud-Soudan.

“Tensions et affrontements se sont succédés ces derniers mois et je souhaite que tous unissent leurs efforts afin que, pour les populations du Soudan et du Sud Soudan, s'ouvre enfin une période de paix, de liberté et de développement”, a-t-il dit.

Convoitée pour la diversité de ses richesses du sol et du sous-sol, la République Démocratique du Congo doit faire l'objet de l'attention de toute la communauté internationale pendant cette période cruciale où la paix est dangereusement menacée dans ce pays au risque d'avoir, une fois de plus, des conséquences dans toute la région des Grands Lacs.

C'est autant dire que le message de réconciliation lancé par le Pape doit être entendu comme une interpellation des hommes au pouvoir en RDC, qui se sont permis d'organiser une tricherie jamais vue aux élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011. Les observateurs de l'Union européenne, de la SADC … ainsi que les Ong internationales telles que” Human Rihts Watch “, sans oublier les forces vives de la Nation congolaise ont décrié cette tricherie. Et pourtant, le régime de Kinshasa continue de faire la sourde oreille.

Vu que cette situation expose les citoyens congolais aux représailles de tout genre, la communauté internationale a le devoir d'augmenter la pression pour que la tension baisse et que les Congolais qui ne demandent rien d'autre que la paix et les conditions de vie faciles puissent enfin profiter des ressources naturelles de leur pays sauvagement pillées et dilapidées avec la complicité des hommes au pouvoir.

                                                                                                           ASIYESHINDWA

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La Conférence épiscopale nationale depuis hier en assemblée générale extraordinaire La CENCO se prononce ce mercredi

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) publiera demain mercredi les résolutions des travaux de son assemblée générale extraordinaire ouverte le lundi 9 janvier courant, au Centre Caritas à Barumbu, une commune de la ville de Kinshasa.

La nouvelle a été annoncée hier lundi au cours de la cérémonie d'ouverture de ces assises. La presse n'a pas été autorisée à couvrir cette cérémonie ni les travaux proprement dits, pour des raisons stratégiques.

Cette assemblée générale extraordinaire intervient 48 heures après la messe organisée samedi dernier à la paroisse Saint Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu par le Centre pastorale diocésain, dans le cadre des préparatifs de actions des chrétiens catholiques à mener pour rétablir la légitimité et la vérité des urnes.

Cette messe a été marquée, entre autres, par la publication du calendrier des actions visant à rendre au peuple congolais sa victoire aux élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011. Elle a contribué à consolider davantage la position de l'Eglise catholique face à la situation qui prévaut actuellement en République Démocratique du Congo en proie à une vive tension et à une instabilité politique et socioéconomique caractérisée aussi par une hausse vertigineuse des prix des biens de consommation courante.

Sur le plan politique, les observateurs déplorent la présence de deux présidents de la République, à savoir Etienne Tshisekedi wa Mulumba que les forces vives de la Nation reconnaissent comme président réellement élu par les Congolais, et Joseph Kabila Kabange que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé vainqueur de cette élection émaillée de beaucoup de fraudes et irrégularités.

Cette triste réalité présage le dédoublement des les institutions publiques et une crise aux conséquences néfastes pour les Congolais moyens.

C'est dire que les résolutions de l'assemblée générale extraordinaire de la CENCO en cours sont d'une importance capitale à l'heure actuelle où le pays a besoin d'un leadership soudé pour se débarrasser d'un joug qui ne dit pas son nom.

                                                                                                ASIYESHINDWA

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L'Eglise Catholique et la problématique de la présidentielle 2011 Monsengwo crucifie Kabila et promet un déballage à ciel ouvert

Le Centre catholique Lindonge était, le samedi 07 Janvier 2012, plein des prêtres, curés de paroisses, chrétiens et de nombreux combattant de l'opposition, particulièrement de l'UDPS (Union pour Démocratie et le progrès Social d'Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Ces derniers étaient venus répondre à l'invitation, lancée officiellement sur les antennes de la télévision catholique :

Elikya par l'Aumônier politique catholique l'Abbé François Luyeye en vue d'assister à une messe de grâce qui devrait être officiée par Mgr le Vicaire Edouard Kisonga, en lieu et place du cardinal archevêque de Kinshasa et initiateur de ce mouvement de revendication à bien voir les choses, les chrétiens catholiques.

A tout prendre, on est tenté de penser que l'église catholique par le truchement du Cardinal Laurent Mosengwo Pasinya serait en train de chercher la légalité. Néanmoins, d'aucuns penseraient, telle que cela s'est passé au centre Lindonge, on est loin d'atteindre réellement le but escompté au regard du processus constitutionnel en vigueur en République Démocratique du Congo. Toutefois, l'on peut croire que les catholiques, derrière leur Prélat susmentionné, continuent-ils encore de se référer au schéma de la Conférence Nationale Souveraine, CNS, organisée dans notre pays du temps du maréchal Mobutu Sese Seko, il y a de cela plus de deux décennies.

On sait que depuis la publication par la Ceni des résultats de la dernière présidentielle, le Cardinal Monsengwo a pris la parole pour contredire l'institution chargée d'organiser et de gérer les élections dans notre pays sous la président du Pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Le Cardinal aurait même affirmer qu'il détiendrait les vrais résultats sortis de ces scrutins dont le vainqueur serait Etienne Tshisekedi wa Mulumba, candidat et président national de l'UDPS. De ces déclarations du prélat catholique, les combattant de l'UDPS sont sortis dans la rue pour réclamer la réhabilitation dans ses droits de leurs leader précité d'une part et, d'autre par les éléments de l'ordre avaient reçu l'instruction de les repousser jusqu'à les réduire au silence. Il s'en est ainsi suivi un branle bas intolérable.

Aussitôt et spontanément des incidents ont éclaté...

Le Centre catholique Lindonge était, le samedi 07 Janvier 2012, plein des prêtres, curés de paroisses, chrétiens et de nombreux combattant de l'opposition, particulièrement de l'UDPS (Union pour Démocratie et le Progrès Social).

Du côté de la mouvance du pouvoir, on a pas traîné pour réagir non sans invectiver le Cardinal Mosengwo par différents qualificatifs impropres à la consommation auditive et, pourquoi pas, morale.

Quelques jours après, profitant de la célébration de la messe de la Nativité de l'enfant Jésus-Christ, le Cardinal Malula a solennellement pardonné tous ses agresseurs.

Hélas, après ce pardon, Mosengwo fait rebondir la problématique de l'élection présidentielle du 28 novembre 2011, à partir de cette messe de dimanche dernier et promet une série d'actions musclées dont l'aboutissement sous-entendu serait de faire partir Kabila en rétablissant la vérité - la « vraie » des urnes.

Les combattants de l'opposition congolaise attendaient impatiemment l'arrivée à Kinshasa des Experts de la Communauté européenne (CE), sur qui ils avaient fondé leurs espoirs pour régler une foi pour toutes (et en faveur leur candidat favori) l'affaire Kabila et tricherie électorale. Ces Experts sont bel et bien arrivés, mais ne seraient pas venus, semble-t-il, pour traiter, comme le souhaitaient les combattants de l'opposition, ce dossier. Toutefois, attendons voir les actions que l'église catholique promet de mener dans les jours à venir.

                                                                                                      Le Populaire

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Vidéo: Un extrait de l'homélie prononcée lors de la messe du 07.01.2012 en l'Eglise St Joseph à Matonge (Kinshasa)

Vous allez suivre un extrait de l'homélie prononcée par Mgr Kisonga lors de la messe célébrée en l'Eglise St Joseph le samedi 07janvier 2012. L'Eglise catholique explique pourquoi elle tient à ce que la vérité des urnes éclate. "Toute autorité vient de Dieu, mais l'exercice de l'autorité ne vient pas nécessairement de Dieu". Alors si l'exercice de l'autorité n'est pas conforme à la vérité de Dieu, le peuple est en droit de désobéir à cette autorité.

On reconnaît l'arbre par ses fruits. On reconnaît la bonne Eglise par sa capacité et son courage de proclamer la bonne nouvelle, d'annoncer la vérité et de défendre les plus faibles. Un bon berger est prêt à mourir pour ses brebis. Le cardinal Monsengwo et ses prêtres sont prêts à sacrifier leurs vies pour la vérité des urnes. Ce n'est pas un Kabila qui leur ferait peur!  L'heure de l'Eglise a donc sonné. Nous sommes sûrs que l'Eglise de Ngoy Mulunda n'est rien de tout cela. Elle devra donc fermer. Suivez


Homélie Messe du 07.01.2012

LK

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09 janvier 2012

Lettre ouverte à l’Episcopat congolais

Vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres (Jn 8,33)
Lettre ouverte à l’Episcopat congolais
Excellences,
J’ai appris à travers le site de la CENCO la convocation de votre Assemblée extraordinaire ayant
come ordre du jour échanges sur le processus électoral en cours dans notre pays. Le sujet de votre
Assemblée m’incite à vous adresser cette lettre ouverte sur la question de la vérité qui me passionne
en ce moment. «Quid enim fortius desiderat anima quam veritatem?» Que désire l’homme plus
fortement que la vérité? demandait Saint Augustin. Dans sa conférence de presse du 4 décembre
2011 dans l’Eglise Sainte Anne, la CENCO déclarait que les Evêques exhortaient la CENI à
respecter et à publier impérativement la vérité des urnes. Dans le même esprit, son Eminence
Laurent Monsengwo, après avoir donné son point de vue dénonçant le fait que les résultats de
l’élection présidentielle publiés par la CENI n’étaient conformes ni à la vérité ni à la justice, a tenu
à préciser que notre peuple ne veut pas la guerre, notre peuple veut la vérité.
L’objectif de ma lettre ouverte, mon souci de la vérité, se précise ainsi:
1. vous rappeler qu’au delà des déclarations de bonnes intentions, la question de la vérité des
élections du 28 novembre dernier mérite d’être abordée froidement, sincèrement et
sereinement. Elle déterminera beaucoup l’avenir proche et lointain de notre destin comme
pays. L’avenir de la démocratie, de la paix et de la justice, de la réconciliation entre nous
comme peuple, de l’unité nationale et même de la foi chrétienne au Congo en dépend.
2. Un regard sans complaisance sur votre complicité à la culture de la tricherie et de la fraude
dans notre pays.
La vérité des élections du 28 novembre 2011
De la vérité des élections du 28 novembre dernier, voici mon témoignage et ma lecture.
J’ai participé personnellement et activement aux élections du 28 novembre dernier. J’ai rempli
loyalement mon devoir de citoyen de choisir librement nos dirigeants. J’ai accepté de passer toute
la nuit du 28 novembre, le matin du 29 novembre dans le bureau de vote comme témoin pour les
opérations de dépouillement et d’affichage des résultats. J’ai fait la ronde de plusieurs centres de
vote dans la ville de Mbujimayi pour observer les élections le matin et l’après midi du 28 novembre.
Ceci m’a permis de voir comment le peuple des pauvres s’était approprié le processus. Les centres,
les bureaux, les opérations de vote dans la ville de Mbujimayi ont été protégés par les jeunes
appelés communément enfants du marché. Ces enfants ont protégé jour et nuit les centres et les
bureaux de vote contre les assauts de la part des hommes en possession des bulletins déjà cochés
pour bourrer les urnes. La nuit du 28 novembre était pour ces enfants en marge de la société une
nuit des veilleurs. Sans se préoccuper de manger, ils ont veillé sur les claustras des écoles contre la
falsification des résultats dans les bureaux de vote jusqu’au petit matin. Quelle volonté de
changement! Quelle force d’âme! La bonne nouvelle des élections était pour ces marginalisés
comme l’annonce de la naissance de Jésus aux bergers. Pendant que j’écris ces lignes je revois
comme dans un film le travail de titan réalisé par les enfants du marché et ceux de familles très
pauvres. Je sens encore résonner dans mes oreilles leurs discours: «Enfin Dieu s’est placé de notre
coté. Nous pourrons aussi manger, aller à l’école et avoir une maison où dormir» disait par ici un
enfant de 10 ans. Par là à la fenêtre de la salle (bureau de vote) à 2hoo du matin un autre d’environ
11 ans menaçait de bruler quiconque oserait changer les résultats. J’ai constaté que c’était un vote
sanction contre les dirigeants sortants! Après le dépouillement, j’étais personnellement fasciné par
l’allure de sanction qu’avait prise le vote. Je suis allé dans plusieurs centres pour avoir une idée sur
le score du gouverneur de la province, candidat à la députation nationale. J’ai personnellement
constaté qu’à peine il recueillait une voix dans un bureau des 390 votants. Aujourd’hui dans le
CLCR de Mbujimayi il est premier ou deuxième à avoir plus des voix. Par la magie de la fraude là
où il avait 1 seule voix c’est devenu 100. D’une voix à 100, vous avez la portée et la calamité de la
falsification. Les discours des pauvres enfants du marché me retournent dans l’oreille et j’en ai le
coeur plein d’amertume. Les larmes baignent mon coeur! Qui peut sauver la vérité des urnes?
Personne et alors ces élections se sont vidées de leur substance. Le peuple pourra être représenté par
les gens qu’il n’a pas choisis. C’est tout simplement de l’usurpation. Dans les prochains cinq ans,
nous serons dirigés par les personnes qui n’ont pas de légitimité et en qui la majorité de la
population n’a pas confiance, des usurpateurs! L’ampleur de la falsification des résultats ne laisse
aucun doute à ce niveau. Tous les hommes puissants du régime doivent reprendre leur place au
parlement et pire encore ils veulent y amener qui son propre frère qui son secrétaire… . Pour ce
faire, tous les opérateurs de saisie dans les CLCR sont leurs proches, bien préparés pour la
falsification systématique. Les résultats se décident à la maison et combien des sièges on doit laisser
à l’opposition avant même d’aller au centre de compilation. Les pauvres témoins de partis
politiques et les observateurs se battent comme des diables pour limiter les dégâts mais ils ont des
limites à ne pas franchir. Sinon c’est un crime de lèse majesté! Le futur parlement sera encore plus
médiocre que le parlement sortant.
Un processus intentionnellement vicié
En analysant froidement le processus électoral, le résultat de ces élections ne pouvait pas être
différent. Le processus électoral actuellement en cours dans notre pays est intentionnellement vicié.
On ne peut attendre la vérité des urnes d’un processus électoral frauduleux. Cueille-t-on des raisins
sur les épines ou des figues sur des chardons? (Mt 7,16). Après avoir programmé les fraudes, la
stratégie maléfique étant de demander à tous le respect du verdict des urnes. Verdict des urnes!
Expression démagogique et idéologique pour réduire au silence le peuple et les opposants en
Afrique. J’espère que nos pères les Evêques ne se réunissent pas pour prêter leur voix au démon du
mensonge, rouler le peuple dans la farine et répéter l’expression démagogique du respect du
verdict des urnes.
Un confrère que je respecte beaucoup a qualifié les élections de 2011 des bâclées dans l’intention de
tricher dans un contexte de violence organisée. Je partage cette lecture avisée d’un homme dont le
souci pour la justice dans notre pays n’est plus à démontrer. Mais il y a pire que la tricherie dans les
élections telles que nous sommes en train de les vivre au Congo. Nos élections ont eu pour but de
légitimer le pouvoir de fait d’un groupe d’individus au sommet de l’Etat. Cette vision des élections
explique l’inversion des étapes de ce processus telles qu’initialement prévues lors du dialogue inter
congolais. L’Accord Global et Inclusif di Sun City prévoyait sur base d’expérience et de la nature
même du processus de démocratisation que les élections allaient se faire en commençant par les
locales et en finissant par la présidentielle. En 2006, cet ordre essentiel à l’édification d’une vraie
démocratie n’a pas été respecté. Il a été renversé intentionnellement pour ne pas construire la vraie
démocratie celle participative. La preuve est que les élections locales selon le calendrier électoral de
2006 n’ont jamais été organisées. L’analphabétisme politique a fait passer ce coup pour une simple
contrainte du temps, un fait divers. Je suis encore convaincu que si l’on ne procède pas par des
pressions sévères organisées dès maintenant (le budget 2012) il n’y aura pas d’élections locales en
2013. L’essentiel étant déjà fait : confirmer Joseph Kabila et les siens au sommet de l’Etat!
Une maison se construit par les fondements, voilà pour quoi l’accord global à Sun City prévoyait de
commencer les élections par les locales. On nous a fait croire le contraire. C’est pour quoi nos
élections aujourd’hui servent seulement à légitimer le pouvoir d’un homme que les oligarchies et les
maffias internationales ont déjà couronné. Jusqu’à quand l’Eglise devra servir de compresseur à ces
marchands?
Après l’inversion des étapes du processus électoral, le deuxième moment fort de l’organisation de la
fraude fut la politisation de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Au lieu d’une
commission indépendante, on a mis en place une commission politisée dont les membres (cadres
éminents des partis politiques) ne peuvent pas être juges et partis. Ainsi, la grande fraude a été
consacrée le jour où a été mise en place cette commission schizophrénique. Chacun de sept
membres du bureau de cette Commission sait qu’il avait la mission de favoriser son mandant durant
le processus électoral. Les sept membres du bureau s’étaient même réparti la charge des provinces.
Chacun devant procéder par l’indication pour nomination des agents de la CENI pouvant aider son
mandant dans la tricherie à divers étapes surtout à l’étape de la compilation des résultats dans les
CLCR et au niveau du Centre National de traitement des résultats à Kinshasa. La bataille contre la
fraude devait commencer par bloquer la mise en place d’une Commission électorale politisée dite
indépendante. Cette schizophrénie acceptée par la société civile congolaise notamment l’Episcopat
congolais
a été et demeure en amont l’échec de tout le processus. Les élections ressemblent à un jeu
avec ses règles. Une fois que les règles sont établies, le jeu se déroule selon les règles en question.
On ne peut pas changer les règles pendant le jeu. Pour le cas présent, les règles sont celles de la
fraude programmée dans la nature même du pouvoir organisateur des élections. L’opacité des
opérations conduites par la CENI en est la preuve, le refus de l’audit du fichier électoral, la
circulation avant les élections du matériel sensible comme les bulletins de vote, la falsification des
procès verbaux et la compilation dans plusieurs CLCR qui ne reflète en rien les résultats affichés le
jour du scrutin, le refus aux témoins et observateurs d’accéder au centre national de traitement et de
consolidation des résultats. Face à ce scénario, l’honnêteté intellectuelle oblige de constater que
nous sommes devant un système frauduleux au lieu de tenter de justifier comme l’a fait
diaboliquement et idéologiquement le rapport du Centre Carter sur lequel s’est appuyé le régime
pour justifier des erreurs qui n’auraient pas entaché l’ordre des résultats de la présidentielle !
La dernière cartouche de la tricherie fut la modification de la constitution pour des visées
électoralistes. Une modification cavalière facilitée par l’allégeance et la complicité des présidents
de deux chambres du Parlement dans un temps record de 10 jours devant un vide d’opposition et de
contestation populaire, devant le regard médusé de la fameuse Communauté Internationale. Un
coup d’Etat en bonne et due forme auquel l’Episcopat Congolais a préféré ne pas faire opposition
mais allégeance à part une déclaration plus ou moins sincère faite par son Éminence le Cardinal
Laurent Monsengwo. Toute évaluation sincère du processus électoral devra tenir compte de ce
contexte général et exiger, au nom de la vérité, gage d’une paix durable, que les opérations de vote
soient reprises dans un cadre transparent.
La complicité de l’Episcopat congolais dans la culture de la fraude
Très chers pères, vous avez droit, comme tous les congolais, de savoir la vérité des élections du 28
novembre dernier. Vous avez aussi, comme Pasteurs et Témoins du Christ Vérité, le devoir d’une
introspection pour connaitre la vérité sur vous-mêmes. Le témoin c’est celui qui vit d’abord ce qu’il
indique aux autres. Le contraire est hypocrisie et complicité.
Les religions ont été toujours un facteur décisif dans le processus de transformation des sociétés.
L’actuelle civilisation occidentale est tributaire de la vie monastique bénédictine. Récemment, ce
qu’on a appelé le printemps arabe a eu aussi la religion comme catalyseur. En Tunisie, en Egypte,
en Lybie, le vendredi de la prière musulmane s’était transformé en vendredi du changement des
régimes. Le peuple se donnait rendez-vous le jour de la prière pour exiger leur affranchissement. On
a vu les régimes tunisien, égyptien et libyen tomber les vendredis de la prière musulmane. Les
imans rejoignaient le peuple et célébraient pour lui là où il se rassemblait pour exiger la justice et la
démocratie.
Je reste convaincu qu’au Congo si l’Episcopat catholique était du coté de la vérité, donc du
peuple, le changement tant désiré serait déjà intervenu
. Le peuple congolais l’a beaucoup
espéré. La preuve est que lors des moments clef considérés comme passages (Pâque) de son
histoire, le peuple a confié son destin dans les mains de l’Eglise, de ses pasteurs. En 1990, lors de la
Conférence Nationale Souveraine, le peuple à travers ses délégués confia son destin dans les mains
de l’homme de Dieu Son Eminence le Cardinal Laurent Monsengwo. Après avoir dirigé
brillamment les travaux de ce grand Forum National, l’Evêque trahit le peuple et les résolutions de
la CNS en suivant les sirènes occidentales des faiseurs des rois en créant la fameuse troisième voie.
Le remplacement de Monsieur Tshisekedi, premier ministre élu de la CNS par Monsieur Léon
Kengo wa Ndondo, ami de son Eminence, fut la haute trahison de l’Eglise Catholique contre le
peuple congolais. Cette trahison historique est la cause lointaine de toute la misère du peuple
congolais aujourd’hui. C’est le cafouillage de la troisième voie qui ouvrit grandement les portes à
l’invasion du Congo par les troupes étrangères. L’Eglise ne ressent pas encore la responsabilité et la
gravité de cette trahison historique grâce à l’analphabétisme de la majorité de la population. Quand
s’éloigneront les frontières de l’ignorance pour notre peuple et l’histoire fera son travail de rétablir
et restituer la vérité aux générations futures, l’Eglise payera un lourd tribut. Avec cette trahison,
l’Episcopat congolais a historiquement et politiquement conforté dans notre pays la culture de la
tricherie, du cafouillage, du favoritisme et de l’intérêt personnel.
En 2006, c’est à un autre fils de l’Eglise Catholique que fut confié le destin du pays avec
l’organisation des élections. L’Abbé Malu Malu ne tarda pas lui aussi à trahir notre peuple. Conduit
toujours par les mains obscures des marchands et colonialistes occidentaux, Malu Malu eut la
mission d’obtenir pour Joseph Kabila la légitimité interne à travers une mascarade électorale. Cette
mascarade électorale a révélé les divisions sur fond d’intérêt matériel, tribal et ethnique entre
vous
chers pères. Certains Evêques très inféodés au régime et parrains de l’Abbé Malu Malu ne
juraient que par la mascarade électorale pour légitimer le pouvoir de Kabila. D’autres exigeaient
quelques conditions de transparence pour une vraie élection. Pour sauver la face de l’unité de
l’Eglise, le dernier groupe fit concession au premier et l’Eglise donna sa bénédiction pour que le
peuple ait voté sans condition. L’idéal étant de conserver l’unité apparente entre les Evêques et
permettre aux profiteurs du tour de gagner les cadeaux du régime. Certains parmi vous n’ont jamais
caché leur sympathie pour le régime Kabila allant jusque à déclarer publiquement qu’ils en sont des
conseillers personnels. Pour tromper l’opinion nationale et internationale que l’Abbé Malu Malu ne
représentait pas l’Eglise, alors qu’en réalité il représentait certains d’entre vous avec lesquels le
prêtre partageait les intérêts, vous avez demandé à tout le personnel ecclésiastique qui s’était investi
dans le processus électoral de 2006 de se retirer et de ne pas assumer quelque responsabilité dans
l’organisation et le déroulement des actuelles élections. Cette décision idéologique a laissé la porte
grandement ouverte à la mise en place facile d’un système de fraude massive qui caractérise la
calamiteuse élection de cette année. Il est vrai qu’en 2006 à la CEI, certains membres du clergé et
des religieux s’étaient compromis dans les cafouillages et la corruption en faveur de certains
candidats, mais la présence d’autres plus nombreux et consciencieux en avait limité les dégâts.
Pour vous assurer que le bas clergé, plus proche du peuple et de la misère, ne trouble le climat
d’allégeance au pouvoir nécessaire à vos intérêts personnels , vous avez même réclamé et exigé du
clergé le monopole d’interventions sur des questions politiques. De cette manière vous avez obtenu
en faveur de vos alliés du régime le silence, le désengagement du clergé et des chrétiens
Chers pères, vous connaitrez la vérité et la vérité vous fera libres. La grande vérité sur vous est
qu’au lieu d’être des pasteurs sobres et détachés des richesses de ce monde, la plupart d’entre vous
ont choisi de faire partie de la bourgeoisie. Vous avez continuellement besoin d’argent. Saint Paul
écrit à Timothée : lors donc que nous avons nourriture et vêtement sachons donc être satisfaits.
Quant à ceux qui veulent amasser des richesses, ils tombent dans la tentation, dans le piège, dans
une foule de convoitises du démon qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la
racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent (1Tim6, 8-10). Ainsi, la racine de votre trahison
contre notre peuple c’est la cupidité, c’est votre soif de l’argent. Le désordre moral provoqué par
votre soif du pouvoir et de l’argent fait que certains d’entre vous sont même soupçonnés de
pratiquer le fétichisme, d’être mariés clandestinement, d’appartenir aux sociétés occultes comme la
fra maçonnerie. Ce qui explique votre insensibilité à la misère de la population. La révocation ces
dernières années, par le Saint Siège, de certains d’entre vous pour mauvaise conduite et
malversation financière est la preuve que les loups sont dans la bergerie. Vous avez choisi le camp
des bourgeois, habiter des grandes maisons, rouler dans de grandes voitures et faire de grands
voyages et de grandes dépenses. Vous voulez vivre au-delà de vos possibilités étant donné la
pauvreté de nos populations. La soif d’argent amène la plupart d’entre vous à détourner l’argent
des projets communautaires financés par les organismes ecclésiastiques. L’argent des projets ne
suffisant pas, vous devez faire alliance avec les dignitaires du pouvoir de qui vous recevez alors
suffisamment dons en nature et en argent. En retour, les dignitaires du régime obtiennent votre
silence sur leur mauvaise gestion et massacre des personnes. Ils obtiennent aussi et surtout de vous
positions et discours ambigües aux moments décisifs pour empêcher le changement dans le pays. Il
n’est donc pas étonnant de voir le régime construire tout un système de fraude électorale sans
rencontrer résistance ou opposition tenace de la part de l’Eglise: politisation de la CENI,
changement de la constitution du mars dernier…Tout s’est passé comme si les Evêques ignoraient
la portée de ces événements. En réalité, votre silence a été acheté. L’ambigüité de votre position
actuelle face au hold-up électoral fait partie des astuces habituelles des plus malins d’entre
vous et de la schizophrénie qui caractérise votre agir
. Vous dénoncez la corruption comme
méthode de gestion dans notre pays et vous en êtes les premiers bénéficiaires. Je ne pense que vous
avez besoin que quelqu’un vous apprenne que les dons que le pouvoir vous fait sont une corruption.
Par exemple, quand un nouvel Evêque est élu, il reçoit de la Présidence de la République une jeep
de grande marque. C’est une corruption pure et simple. Quand vous vous promenez dans des jeeps
que le régime distribue à ses agents vous en faites aussi partie. Comment vous pouvez conserver
votre liberté et autorité vis-à-vis de ce régime? Vous avez des comptes à rendre au pouvoir et le
chantage des hommes du régime est sur vous comme l’épée de Damoclès. Pire encore, votre
inféodation au régime est telle que vous ne croyez même plus en la renaissance de l’Etat et ses
mécanismes de fonctionnement. Votre philosophie est carpe diem: s’arranger avec celui qui
commande. Je vous cite un exemple qui étaye mon constat. Pour résoudre les problèmes liés au
versement des salaires des enseignants, vous avez dernièrement signé un accord avec le
gouvernement congolais. Aux termes de cet accord, le salaire des enseignants catholiques est
actuellement viré directement à la caritas. Par rapport à l’Etat et ses mécanismes traditionnels de
fonctionnement, vous êtes incrédules sur la possibilité de la renaissance de l’Etat congolais
probablement même contre cette renaissance. Avec un accord de ce genre et d’autres, vous portez
votre soutien au régime d’arrangement. L’Etat et la démocratie sont en péril partout où le pouvoir
commence à résoudre les problèmes ordinaires de la gestion avec des mesures exceptionnelles. Les
canaux et les mécanismes ordinaires de payement des salaires des fonctionnaires sont les banques et
les comptables de l’Etat. Si les banques ne fonctionnent pas et les comptables détournent ou exigent
des pourboires, le devoir de l’Eglise est de solliciter le fonctionnement des banques et la justice
contre les comptables corrompus. S’arranger et se faire passer les salaires des enseignants
catholiques sous la table à travers la caritas sont des mesures d’exception qui confortent la
corruption et l’inexistence d’une gestion transparente d’un Etat. Choisir un arrangement de ce genre
est suggestif d’un manque de crédit dans la possibilité de la renaissance de l’Etat. En signant un
accord de ce genre, le gouvernement congolais et l’Episcopat congolais ont confessé sans le savoir
que pour eux la renaissance de l’Etat n’est pas pour bientôt. De toutes les façons les deux alliés ne
sont pas pressés pour un retour aux canaux ordinaires de payement des salaires. Les arrangements
de ce genre vous en faites régulièrement avec le pouvoir et ils sont symptomatiques. Bientôt, vous
serez rattrapés par vos propres turpitudes car ni la caritas ni les coordinations des écoles
conventionnées catholiques sont des institutions bancaires pour se déambuler avec des masses
importantes d’argent.
Recommandations
1. Dans l’histoire récente de l’Eglise, on a connu des Evêques qui, après avoir collaboré avec
des régimes iniques, organisations secrètes et criminelles, se sont repentis et ont confessé.
Certains ont préféré même en signe de pénitence renoncer à leur charge. Si certains d’entre
vous posent un geste de ce genre l’Eglise sera pardonnée et conservera sa crédibilité.
2. Votre activisme politique est connu. Il est fait des messages intempestifs plus ou moins
répétitifs destinés surtout à endormir le peuple en lui faisant croire que vous vous occupez
de son sort. Cette fois-ci il vous est conseillable de ne pas perdre l’occasion de vous taire
surtout que vous peinez à parler d’une seule voix étant divisés vous mêmes par les intérêts
d’ordre tribal, idéologique et matériel.
3. Restituer la parole au bas clergé qui vit avec le peuple, connait et partage sa misère.
 
Civitaluparella 30.12.2011
C. I. Au Saint Siège
Abbé Daniel Ngandu Kabongo
Paroisse Saint Pierre Apôtre
66040 Civitaluparella(CH)
Italy. +393408539445
dngandu@libero.it

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EPIPHANIE: SERMON A LA MESSE DU 8 JANVIER 2012

SERMON  A LA MESSE DU 8 JANVIER 2012

EN LA FETE DE L’EPIPHANIE

« Il y a de la dignité à mourir debout que vivre à genoux »

Chers amis,

Commençons par observer une minute de silence en mémoire de 59 personnes tuées au cours de la mouvance électorale 2011, ainsi qu’aux martyrs de l’indépendance » et de l’autodétermination du peuple congolais.

L'Épiphanie est une fête qui célèbre la visite des rois mages à l'enfant Jésus.

L'origine des Rois mages est aujourd'hui encore obscure. C’est des personnages mystérieux. On les dit savants, riches mais errants. Ils furent d'abord représentés comme des astronomes Perses. Peut-être viennent-ils tout simplement du mystérieux pays qui porta longtemps le nom d'Egypte ! Une chanson populaire raconte comment les Rois mages sont venus d'Afrique. Ce n’est donc pas étonnant que l’on trouve encore aujourd’hui en Afrique des personnages mystérieux, qui se prévalent du titre de roi, avec une origine obscure, lieu et date de naissance multiples, portant des noms empruntés aux voisins et aux amis d’enfance. D’ailleurs les noms des rois mages, tel que révélé par un manuscrit grec, furent légèrement déformés : MELCHIOR, avec la peau blanche, venait de Nubie, c'est le plus âgé, il apporte de l'or, symbole royal. BALTHAZAR, avec la peau cuivrée, apporte de la myrrhe, symbole sacerdotal ; c'est une sorte de gomme produit d'un arbre en Arabie, le balsamier, utilisée dans la préparation cosmétique et en pharmacie. GASPARD, avec la peau foncée, le plus jeune, apporte de l'encens, symbole prophétique, c'est une résine dégageant un parfum lorsqu'on la fait brûler. Pour indiquer leur âge, on les a fait paraître l'un imberbe, l'autre moustachu et le troisième barbu, leur attribuant ainsi les trois âges de la vie. C’est aussi cela l’histoire d’une Afrique où des rois jouent au mage, à l’un d’eux ou au trois à la fois : aujourd’hui il est imberbe, demain il est moustachu, et le lendemain dangereusement barbu, en adoptant des noms selon les saisons : Gaspard les jours pairs, Balthazar les jours impairs, Melchior le dimanche, sinon les trois à la fois les jours fériés.

Pour l'Evangile, ces riches personnages sont venus de l'Orient, et ont visité l'enfant Jésus à Bethléem en Judée au temps du roi Hérode. Le  récit de la visite des mages souligne le contraste entre l'attitude des rois mages et celle du roi Hérode devant le petit roi Jésus. D’où trois figures de roi.

Le roi Jésus : c’est le roi des pauvres et des petits, qui défend la justice et la vérité ; et pour cela il est copieusement insulté, vilipendé, et même, couronné d’épines. Il supporte tout cela parce qu’il est le roi de la paix. Et prêchant sur la paix dans son homélie de Noël 2011, le Cardinal Monsengwo disait « La paix n’est possible que s’il y a la justice, l’amour et la vérité ». Et le cardinal conclut avec le Psaume 85 : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Ps 85, 11). A l’inverse d’Hérode.

Le roi Hérode : en apprenant l'apparition de l'étoile et l'arrivée des mages, Hérode fut pris d'inquiétude, il veut faire périr l'enfant qui pourrait devenir pour lui un rival. Hérode a vécu toute la vie dans la hantise de perdre son pouvoir. Il n’avait confiance en personne, même pas en lui-même. Hérode, pour venger son père, a fait assassiner Malichus ami et concurrent de son père, Hérode a tué son beau-frère (Joseph), Hérode a tué son épouse (Mariamne), la seule qu’il aimait parmi ses dix femmes, Hérode a tué sa belle-mère (Alexandra), Hérode a fait tuer trois de ses enfants qu’il suspectait de comploter pour l’évincer du pouvoir. Hérode est le prototype du roi assassin, mais plus qu’assassin, c’est un tyran sanguinaire et paranoïaque. Dans le régime d’Hérode, l’opposition est appelée subversion, la protestation taxée d’acte de violence et punie de mort ; sous Hérode, les chefs des prêtres et les scribes, qui connaissent pourtant les prophéties sur la naissance du messie, ne cherchent pas à le connaître. Aujourd’hui encore à la cour des rois, on trouve des professeurs, des savants, voire des responsables religieux de haut rang qui exhibent des pas de danse euphorique, empochent de l’argent, s’abreuvent du sang de leurs frères, exaltent les violations de la loi, minimisent les assassinats, légitiment la tricherie, banalisent les fraudes. Ils ne défendent ni le pays, ni le peuple, encore moins des régions dont ils clament l’appartenance, mais tout simplement des avantages véreux à obtenir par des moyens indécents. C’est à l’intention des rois et de leurs courtisans que le Pape Benoît XVI a formulé, le 19 novembre, du palais présidentiel de Cotonou, le message suivant : « De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! »

A bon escient quand on remarque que même des hommes de Dieu, prêtres ou pasteurs, organisent et couvrent la fraude, prennent le parti des assassins, on peut se demander, si par hasard la fin du monde n’est pas proche ? Mais d’autre part quand on voit l’éveil de notre peuple, on se dit que non, ce n’est pas encore la fin, mais juste une opportunité pour distinguer le bon grain de la mauvaise herbe même quand elle se cache sous l’habit du religieux. L’exemple des rois mages nous en réconforte.

Les rois mages : les mages sont le symbole d’un peuple qui marche, même à l’étranger, pour faire entendre sa voix. Notre peuple guidé par l’étoile de la délivrance, s’est mis debout, avec femmes et enfants, au-delà des appartenances ethniques, pour crier haut et fort qu’il y a plus de la dignité à mourir debout que vivre à genoux. Le peuple congolais refuse des élections bradées, des résultats faussés à volonté, refuse de voir des citoyens brûlés à l’acide, ou tués par les armées étrangères, pendant que les femmes sont pourchassées et violentées même dans les pavillons des ambassades où elles espéraient trouver asile et réconfort; le plus tragique c’est que les pays occidentaux qui nous cassent les tympans avec leur modèle de démocratie, qui se vantent d’être des pays de lois, et du respect du droit, cautionnent la fraude et la corruption, couvrent des massacres et de fois les justifient ; ils ont fermé les yeux et encouragé un pouvoir qui engage des mercenaires  pour bruler son propre peuple à l’eau acidifiée, et le tuer sans sépulture. Le plus dramatique, c’est que les armes qui tuent les congolais, n’ont pas été fabriquées au Congo mais achetées par l’argent des congolais à ceux qui se disent démocrates. Mais le plus beau c’est que le peuple congolais a découvert d’où lui vient son malheur : de la conspiration internationale. Un proverbe congolais dit « Si vous voyez le renard gonfler devant le léopard, dites-vous que le lion est dans les parages ». La lutte pour la démocratie ne s’appesantit point sur le renard mais sur l’identification des toutes les espèces animales et les monstres marins qui font de la prédation au Congo.

Dans le même discours à Cotonou, Benoît XVI disait : « Ces derniers mois, de nombreux peuples ont manifesté leur désir de liberté, leur besoin de sécurité matérielle, et leur volonté de vivre harmonieusement dans la différence des ethnies et des religions. (…) La personne humaine aspire à la liberté ; elle veut vivre dignement ; elle veut de bonnes écoles et de la nourriture pour les enfants, des hôpitaux dignes pour soigner les malades ; elle veut être respectée ; elle revendique une gouvernance limpide qui ne confond pas l’intérêt privé avec l’intérêt général ; et plus que tout, elle veut la paix et la justice. (…) Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. Nous savons qu’aucun régime politique humain n’est idéal, qu’aucun choix économique n’est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun. Nous nous trouvons donc en face d’une revendication légitime qui touche tous les pays, pour plus de dignité, et surtout pour plus d’humanité. L’homme veut que son humanité soit respectée et promue. Les responsables politiques et économiques des pays se trouvent placés devant des décisions déterminantes et des choix qu’ils ne peuvent plus éviter. »

Les revendications du peuple congolais de ces dernières semaines, même si elles ont été entachées de violence que nous déplorons, ce sont des revendications légitimes, dont la violence, là où violence il y a eue, n’en aurait pas été le but, mais un moyen, certes regrettable ; le but est de se faire entendre, dénoncer la violation de la loi et empêcher un groupe d’individus de spolier les biens de la communauté, de vendre le pays à des mercenaires, de violer les femmes, d’hypothéquer l’avenir de nos enfants. Le même Benoît XVI ne dit-il pas dans son Exhortation apostolique Africa Munus : « La confiscation des biens de la terre par une minorité au détriment de peuples entiers, est inacceptable parce qu’immorale.» (AM. 24.) 

Que faire ? Un serment : Le Congo, comme Massada, NE TOMBERA PAS.

Massada est une forteresse naturelle qui domine le désert de Judée et surplombe la mer Morte, et sur laquelle le roi Hérode le Grand avait fait construire, au 1er siècle av. JC, un palais somptueux, comme refuge contre d’éventuelles révoltes intérieures et menaces d’une invasion égyptienne.

Après que la Judée ait été annexée comme province de l'empire romain, de patriotes juifs qui préférèrent la mort à l'esclavage en firent le refuge de la résistance. En 66, au début de la Grande Révolte contre les Romains, un groupe de juifs, les sicaires du parti nommé zélotes, prirent Massada à une garnison romaine. En 70, ils furent rejoints par d’autres Juifs et leurs familles expulsés de Jérusalem lorsque la ville fut prise par les Romains.

Pendant trois ans, les patriotes juifs utilisèrent Massada comme base pour se défendre des Romains. Ceux-ci les assiégèrent et mettront 7 mois pour enfoncer la muraille de la forteresse. Mais les insurgés préférèrent se donner mutuellement la mort que mourir entre les mains de l’envahisseur : chaque père tua sa famille puis un tirage au sort désigna les dix hommes qui devraient exécuter les survivants, et les dix tirèrent au sort le dernier qui devrait les exécuter, et enfin ce dernier se suicida. Seules 2 femmes ont échappé en se cachant dans une citerne avec leurs 5 enfants.

-       Le siège de Massada est devenu un récit populaire illustrant l’héroïsme d’un peuple qui a le sentiment d’être en permanence à la portée d’une menace implacable, et identitaire, menace de son existence même.

-       Massada c’est l’épisode d’un combat imposé par un adversaire résolu, puissant, vicieux, ne visant que la destruction ; c’est le symbole du perpétuel combat contre l’oppression, une expression de la prise en main de son destin ; Massada c’est une image de la détermination de conserver la terre de ses ancêtres jusqu'à la mort.

-       Massada, est une attitude mentale qui évoque le rapport d’un peuple à la faiblesse que l’on refuse d’assumer, comme le syndrome des massacres du peuple congolais : 8 millions de mort et innombrables femmes violées.

C’est sur les ruines de la Citadelle de Massada que désormais les officiers Israéliens vont prêter serment après leur formation. Et le serment collectif laisse entendre dans une polyphonie tonitruante : « Massada ne tombera pas une nouvelle fois », « Massada ne tombera pas une nouvelle fois ». Ainsi martèle-t-on sans discontinuer.

Et pour les patriotes congolais, le Congo : tombera - tombera pas ? TOMBERA PAS ; le peuple congolais : tombera - tombera pas ? TOMBERA PAS. Le Congo ne tombera pas une nouvelle fois.

Avant les élections, lors de la messe du 20 novembre, nous avions convenu de ne pas nous laisser faire en cas de violation de la loi électorale, notamment par la fraude. Car il ne s’agit pas ici des partisans d’un candidat contre ceux d’un autre candidat ; c’est plutôt l’expression de deux logiques : d’un côté il y a ceux qui soutiennent la fraude, la tricherie, et l’enrichissement malhonnête, et de l’autre côté il y a ceux qui réclament la vérité et la justice, refusent de laisser le pays entre les mains d’un club d’amis et d’une multinationale des médiocres, exigent que  la tricherie et la fraude sont punies par la loi, que les serviteurs de Dieu soient au service de la vérité. Et maintenant que la fraude est avérée, allons-nous laisser tomber le Congo ? Le Congo : tombera - tombera pas ? NON, NON, le Congo ne tombera pas une nouvelle fois.

Jean-Pierre Badidike

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Fraudes électorales : vive tension au Kivu

Des voix s’élèvent
Fraudes électorales : vive tension au Kivu
Par  Le Potentiel
 
PANADI dénonce un hold-up électoral sur fond d’une coalition maffieuse
 

Semaine cruciale pour les législatives 2011 déjà caractérisées par une cascade de contestations. Après le Kasaï Occidental, le Bandundu, c’est au tour des provinces des deux Kivu de s’illustrer par une succession de contestations. Les premiers éléments d’information font état d’une fraude à grande échelle et « bien organisée ». L’on observe une tension grandissante au Kivu. Comme pour donner raison à ces différentes informations, le PANADI, « Parti des nationalistes pour le développement intégral » vient de cracher le morceau. Cette formation politique dénonce des graves irrégularités qui ont abouti à un hold-up électoral réalisé « par une coalition maffieuse » et interpelle la CENI pour toutes les conséquences qui en découleront. Un véritable pavé dans la mare qui coïncide avec la présence des experts internationaux à Kinshasa.
 
Tous les Congolais retiennent leur souffle à l’approche de la publication des résultats définitifs des législatives 2011. Ils tiennent à savoir si le processus électoral sera sauvé par les Législatives dans la mesure où il ne se passe plus un seul jour sans qu’on enregistre des réclamations. Voire des accrochages entre adversaires ou partisans d’une même famille politique. Ce qui expliquerait cette dernière structure créée au sein de la mouvance présidentielle pour gérer les frustrations de plus en plus nombreuses parmi les alliés et partenaires.
 
Le suspens est plus grand qu’il est aujourd’hui évident que les irrégularités relevées ci et là sont si graves que tout le monde est désormais suspendu à la « mission couplée CENI- Experts internationaux ». Tout se passe comme si les horloges de la Nation s’étaient arrêtées. Comment cette mission va-t-elle s’y prendre pour rassurer tout le monde ? Car, comme l’a bien dit l’ancien secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Herman Cohen, les élections législatives sont plus importantes que la présidentielle.
 
Il n’a pas du tout tort. Des élections législatives dépend la forte capacité de l’Assemblée nationale, du Gouvernement et des Cours et Tribunaux. Une Assemblée nationale qui aura été affectée par les irrégularités des législatives sera une Assemblée nationale faible, assujettie aux auteurs de ces irrégularités et loin d’être une représentation nationale des valeurs.
 
Il en sera de même du Gouvernement qui sera aliéné et on ne peut rien attendre de bon des Cours et tribunaux. Tout se passera comme dans le système de vases communicants. Voilà la véritable crainte qui interpelle la CENI, et les experts internationaux, au plan moral. Qu’il est impérieux de bien examiner et analyser les contestations émanant des provinces du Kasaï Occidental, du Bandundu, et maintenant des deux Kivu où la tension s’accroit au fil des contestations. De ces rumeurs persistantes « d’une quelconque majorité » autour d’un seul parti politique.
 
Que gagnerait la République démocratique du Congo avec une « majorité fabriquée, faible et controversée » ? Rien. Mais plus grave, l’on assiste là à un «noyautage » subtil des institutions nationales pour un véritable travail de sape qui aliénerait les attributs de l’indépendance nationale ou de la souveraineté nationale, c’est selon. Au bout de ce complot, la balkanisation de la RDC.
 
Le pavé dans la mare de PANADI
 
Le Parti des nationalistes pour le développement intégral, PANADI, vient de joindre sa voix à celles des autres en dénonçant de graves irrégularités observées dans la région du Kivu. Un constat fait au terme de la réunion extraordinaire de ce parti, en son siège et qui vient corroborer ce qui se dit sur le déroulement des élections aux Kivu. Notamment sur le taux de participation contestable publié par la CENI, l’auto-proclamation des « seigneurs de guerre » comme chefs de centre de vote, le ramassage des bulletins de vote par des partis politiques….
 
Constat fait après avoir passé en revue la situation générale du pays et s’être attardé longuement sur le processus électoral en cours. Un véritable pavé dans la mare dans une déclaration faite à la presse et lue par son président national, l’honorable Nkizinkiko Mpawe Nephtali. Le PANADI qui s’est étendu sur les circonscriptions électorales de Masisi, dans le Nord-Kivu, et de Kalehe, au Sud-Kivu, a qualifié ces irrégularités de « hold-up électoral réalisé par une coalition maffieuse ».
 
Cette formation politique dénonce le non respect des décisions de la CENI par ses bureaux locaux, la falsification des résultats par les agents de la CENI, la destruction méchante des centres de vote, la falsification des PV de résultats de vote, la présence de 20.000 bulletins de vote non complétés le jour du scrutin, l’ annonce des résultats par la CENI là où les élections n’ ont pas eu lieu ; la présence des militaires comme témoins dans les bureaux de compilation.
Face à ces monstruosités électorales, le PANADI exige que justice soit faite pour rétablir la vérité des urnes. Ce parti ne peut tolérer que la « volonté du peuple souverain soit méprisée et confisquée ». C’est tout dire.
 
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Le Parti des Nationalistes pour le Développement Intégral «PANADI» suit de très près et avec intérêt l’évolution des travaux de compilation des résultats dans les centres locaux de compilation des résultats de Masisi au Nord-Kivu et de Kalehe au Sud-Kivu, délocalisé dans la ville de Bukavu. Et il rappelle à ce sujet son communiqué de presse du 29 novembre 2011 dans lequel des irrégularités graves qui ont émaillé le scrutin du 28 novembre 2011 ont été dénoncées.
 
Malheureusement, ces irrégularités, couplées des cas de fraude, se sont amplifiées au niveau des CLCR de ces deux circonscriptions électorales. Voici quelques faits :
 
1. Dans le CLCR de Masisi
 
- La poursuite en date du 22 décembre 2011 des activités de compilation des résultats pourtant suspendues par la CENI en date du 21 décembre 2011. Ce non respect de la décision du Bureau de la CENI par ce CLCR a été mis à profit par certains candidats pour exercer des pressions de tous ordres sur les agents de la CENI pour des raisons bien évidentes aboutissant à un hold-up électoral réalisé par la coalition maffieuse UCP-CNDP, partis politiques issus de groupes armés, avec leur allié ADDI ;
 
- La compilation des résultats de sept (7) bureaux du centre de vote de l’E.P. Hembe (code 22936) qui, pourtant, n’était composé que de deux (2) bureaux et n’avait pas reçu de matériels électoraux;
 
- La falsification des résultats par Mr. Mvula Elie, agent de la CENI, au profit des candidats du parti ADDI, dont Mme Rugenera Kambibi Chantal, son épouse et actuellement Ministre dans le Gouvernement provincial du Nord-Kivu;
 
- La destruction méchante du centre de vote de Kinigi (code 22897) en date du 28 novembre 2011 par Mr Mwise Kabano, membre influent de l’ADDI ;
 
- La privation de 506 voix au candidat n° 117 dans le centre de vote de Kalembe (code 22962) et de 200 voix dans le centre de vote de Ruhegeri (code 22894) où, respectivement, les fiches de pointage indiquent 506 voix et 450 voix, mais les fiches des résultats indiquent, quant à elles, respectivement, le blanc ou zéro et 250 voix, le total perdu étant ainsi de 706 voix;
 
- La présence d’un militaire issu de l’ex-groupe armé CNDP comme témoin dans le bureau de compilation;
 
2. Dans le CLCR de Kalehe
 
- La falsification de PV de résultats dans les bureaux de compilation où certains PV de résultats ont été brûlés et d’autres pris en attente d’être consumés;
 
- La modification des résultats dans certains centres notamment: E.P. Ziralo (code 17381), bureau A; E.P. Tchambombo (code 21769), bureau J ; E.P. Kitalaga (code17370), tous les bureaux;
 
- La possession par le candidat n°37 de plus de 20.000 bulletins de vote non complétés le jour du scrutin, le 28 novembre 2011 à Nyabibwe dans la circonscription de Kalehe.
Au regard de ces actes malheureux et devant l’impératif catégorique pour la CENI de garantir la justice, la vérité des urnes, la crédibilité et la transparence du scrutin législatif, le PANADI exige:
 
1. Une enquête sérieuse dans les CLCR de Masisi et de Kalehe pour que les auteurs et les complices de ces actes ignobles soient déférés devant la justice;
 
2. Que le scrutin législatif soit repris proprement dans ces deux circonscriptions car la corruption et le vote forcé, surtout dans le Masisi, y ont fait la loi.
 
A défaut de reprendre le scrutin dans ces deux circonscriptions, le PANADI sollicite l’assainissement de ces bureaux de compilation à l’instar du travail que la CENI a fait d’une manière satisfaisante dans la circonscription de Rutshuru.
 
Le PANADI est convaincu que si ces deux exigences n’étaient pas rencontrées l’histoire retiendra que pour ce scrutin dans ces deux circonscriptions électorales les valeurs démocratiques y ont été piétinées, la volonté du peuple souverain méprisée et confisquée, toutes reléguées au magasin des accessoires et les anti-valeurs élevées au rang des vertus.
 
Fait à Kinshasa, le 08 janvier 2012


Le PANADI

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Homélie de la messe du 7 janvier 2012

Saint Joseph , Matonge

Textes : I Sam 28, 15-18; Rm 13, 1-7; Mt 22, 15-22
 
Toute autorité vient de Dieu et non pas nécessairement son exercice
A suivre de près le texte de l’Apôtre Paul aux Romains et l’adresse de Jésus aux pharisiens, on s’aperçoit bien de la grande estime de la Parole pour l’organisation et le gouvernement des peuples et des sociétés et donc pour le pouvoir public. Ce n’est donc pas pour rien que les deux textes sont souvent évoqués par les acteurs politiques partisans jusqu’en en faire leurs textes préférés en ces termes : « toute autorité vient de Dieu ».
De fait, dans les conditions normales des choses, le pouvoir civil est très honorable et le respecter est un devoir civique, car la politique est même le lieu par excellence de la pratique de la charité. Ainsi faut-il toujours faire le nécessaire afin que la charité apparaisse non seulement comme inspiratrice de l’action individuelle, mais aussi comme force capable de susciter de nouvelle voies pour affronter les problèmes du monde d’aujourd’hui et pour renouveler profondément de l’intérieur les structures, les organisations sociales, les normes juridiques. Dans cette perspective, la charité devient charité sociale et politique : la charité sociale nous fait aimer le bien commun et conduit à chercher effectivement le bien de toutes les personnes, considérées non seulement individuellement, mais aussi dans la dimension sociale qui les unit.
Mais, les Ecritures ne s’interprétant pas de façon isolée, peut-on vraiment affirmer que la Parole encense le pouvoir civil sans autre forme de procès ? Le texte du Premier livre de Samuel écouté en première lecture, montre que la Parole de Dieu ne s’arrêtera jamais de faire la part des choses en face des attitudes humaines prêtes à l’utiliser pour des fins égoïstes. Aussi, exige-t-elle de la maintenir dans ses différents contextes et d’en respecter l’économie. Ainsi, Saül institué Roi en face de Dieu est vomi par le même Dieu pendant qu’il était encore roi comme nous l’évoquerons plus loin.
A ceux qui refusent à l’Eglise de parler de la politique alors qu’ils l’applaudissent quand elle s’occupe du domaine de la santé ou de l’éducation, domaines non religieux à première vue comme la politique, nous demandons de toujours terminer la phrase de Jésus en Mt 22, 21 : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». Autant l’on doit respecter les organisations socio-politiques légitimes des hommes, autant sinon plus, on doit craindre Dieu et doc respecter l’ordre qu’il établit. L’Eglise dont on reconnaît le rôle d’évangéliser, doit justement tout évangéliser : les hommes aussi bien que les structures de tous ordres (politiques, économiques, …).
En effet, la suite de la phrase que nos contemporains partisans ont l’habitude d’omettre insinue que César lui-même et pas seulement le peuple sous son autorité, doit « rendre à Dieu ce qui est à Dieu ». Il se pose ainsi ici, un double problème par rapport à l’autorité politique : celui de sa légitimité et de la pratique de la justice selon les exigences de Dieu.
De fait, s’il est vrai que « toute autorité vient de Dieu » (Rm 13, 1) dans ce sens que Dieu veut l’autonomie des hommes qui doivent s’organiser en société qui, à son tour, nécessite une autorité en tant qu’un instrument de Dieu pour …conduire au bien » (Rm 13, 4), il n’est pas moins vrai que tout exercice de l’autorité ne vient pas de Dieu. Car, on le sait, l’on ne peut obéir qu’à une autorité légitime et à des lois justes et non par exemple, à une prescription issue de la tricherie. Et la légitimité ici va jusqu’à la conformité de la manière d’exercer le pouvoir avec
 
la volonté de celui qui a établi toute autorité, c’est-à-dire avec la volonté de Dieu de qui vient justement, toute autorité.
En effet, l’autorité ne s’exerce légitimement que si elle cherche le bien commun du groupe considéré et si, pour l’atteindre, elle emploie des moyens moralement licites. S’il arrive aux dirigeants d’édicter des lois injustes ou de prendre des mesures contraires à l’ordre moral, ces dispositions ne sauraient obliger les consciences. « En pareil cas, dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique, l’autorité cesse d’être elle-même et dégénère en oppression » (n° 1903).
Au début de l’Eglise, en face du succès de la prédication des Apôtres et des merveilles advenues au nom de Jésus, le chef du sanhédrin leur dit : « ‘’Nous vous avions formellement interdit d’enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là’’. Pierre répondit alors, avec les apôtres : ‘’ il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes’’ » (Ac 4, 28-29).
Aujourd’hui, l’Eglise de Kinshasa et d’ailleurs en RD Congo, en commençant par son Pasteur le Cardinal Laurent Monsengwo, prêche la vérité, condamne toute tricherie et tout mensonge, se souvenant bien plus de cet enseignement du Cardinal Malula d’heureuse mémoire qui disait : « je préfère être crucifié pour la vérité que de crucifier la vérité ».
Par des multiples moyens, en commençant par des injures et menaces à travers les médias, l’on est en train de lui interdire de dénoncer les anti-valeurs et de dire la vérité. Quelle pourrait alors être notre réponse sinon celle de Pierre avec les Apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
L’on comprend ainsi, pourquoi, dans l’Ancien Testament, par exemple et effectivement, il est arrivé que Dieu vomisse des rois ou des pasteurs que lui-même avait établis pour gouverner ou paître son troupeau (car il les avait trouvés « selon son coeur »), une fois qu’ils ont abandonné sa volonté, ce qu’il attendait d’eux ou qu’ils se sont pervertis (cf Ez 28, 1-19 ; 34, 1-10 ; 1 Sm 13, 14 ; 28, 15-19, …).
Quant à la pratique de la justice, cela est une exigence pour tous : aussi bien pour le peuple que pour ceux qui incarnent l’autorité voulue par Dieu. Or justement, l’Eglise doit veiller à ce que l’on pourrait appeler « les droits de Dieu » dont la justice pour son peuple (1 R 10, 9 ; Pr 20, 28 ; 25, 5 ; 29, 4). C’est ainsi que la mission prophétique de l’Eglise, à la suite des prophètes et de Jésus lui-même, fait obligation à l’Eglise, de rappeler à tous, y compris les gouvernants, l’exigence d la justice, de la paix et de la vérité à tous les niveaux. N’est-ce pas que la Bonne Nouvelle du salut apportée par Jésus-Christ, c’est la justice nouvelle (cf. Mt 5-7) ? N’est-ce pas que l’Enfant Jésus de Noël est le prince de la paix ? N’est-ce pas que Jésus s’est dit être la Vérité (Jn 1, 6) ?
Ainsi, tout exercice de l’autorité qui contrevient à la justice rend cette autorité illégitime aux yeux de Dieu, car elle n’est pas dès lors, conforme à la loi de Dieu. Et l’Eglise ne peut se taire en pareille circonstance. Au contraire, elle doit intervenir chaque fois que la dignité humaine est en jeu et rappeler que « César doit rendre à Dieu ce qui est à Dieu s’il veut qu’il lui soit rendu ce qui est à lui ».
Amen.
 
                                                      Abbé P. BOSANGIA Ile B.,
                                                      Directeur du Centre « Lindonge ».
 
 

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CLCR/Fikin: 8 Candidats Députés de la Funa pris la main dans le sac !



Au regard de la cuisante défaite enregistrée par certains gros calibres de la classe politique congolaise, plusieurs candidats Députés nationaux, de Kinshasa particulièrement, qui attendent encore leurs résultats, sont troublés et ne savent plus dormir. Les insomnies et autres cauchemars sont devenus leurs fidèles compagnons. Au point qu’ils ont perdu tout sang-froid et, par conséquent, prennent d’énormes risques qui peuvent leur coûter l’invalidation. D’après une source fiable, huit candidats auraient tentés de corrompre le chef du CLCR de la Funa, en complicité avec quelques gros bonnets de la CENI. Ils auraient profité, semble-t-il, de l’absence des témoins pour commettre leur forfait. Aux dernières nouvelles, la décision de leur invalidation devrait tomber probablement cette semaine. Il appartient donc à Daniel Ngoy Mulunda et son staff de faire vite mais bien, pour minimiser les contestations après publication des résultats. Surtout qu’à Kin, avec la facilité de communication, presque tous les candidats Députés ont leurs PV et donc, ils ont une idée de leur chance de succès.

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