14 août 2012

Rwanda : Kagamé visé par une plainte à la CPI

Les deux plus importants partis de l’opposition rwandaise en exil et des associations de la société civile congolaise ont décidé de déposer plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre le président rwandais Paul Kagamé. Ils l’accusent de soutenir les mutins du M23 en conflit depuis mai avec l’armée congolaise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

L’étau se resserre chaque jour un peu plus sur Paul Kagamé. Les deux plus importants partis de l’opposition rwandaise en exil et des associations de la société civile congolaise ont annoncé qu’ils déposeront plainte vendredi 17 août à la Cour pénale internationale (CPI) contre le chef d’Etat rwandais. Ils dénoncent une fois de plus le soutien de Kigali aux rebelles mutins du Mouvement du 23 mzrs (M23), confrontés à l’armée congolaise depuis mai, dans le Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les plaignants réclament également à la CPI d’examiner le rapport de l’Onu qui affirme que le régime rwandais arme les mutins et pille les ressources minières de cette région de la RDC. Ils souhaitent l’ouverture d’une enquête sur l’implication de Kigali dans ce conflit qui a provoqué le déplacement de plusieurs centaines de milliers de personnes.

Kagamé pourrait être poursuivi par la CPI

Cette nouvelle plainte contre le dirigeant rwandais est loin d’être la première. Depuis plus de dix ans, des dizaines de plaintes, rapports et enquêtes dénoncent les crimes commis dans l’Est de la RDC. Et plusieurs chefs d’Etats africains sont visés. Les présidents rwandais, ougandais et congolais sont les premiers visés.

Sur la scène internationale, Paul Kagamé est de plus en plus isolé. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède ont suspendu provisoirement leur aide destinée au Rwanda.

La CPI enquête, quant à elle, depuis 2004 sur les crimes commis dans l’Est de la RDC. Elle pourrait très rapidement se saisir de l’affaire. Même si le Rwanda n’a pas ratifié le traité de la CPI, cette dernière est techniquement en mesure de le poursuivre. Car la RDC, elle, a ratifié le traité, et les crimes allégués ont été commis sur son territoire.

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Les chefs locaux du Kivu prêts à se mobiliser pour contrer le M23

29 juillet 2012, Nord-Kivu. Les soldats des FARDC patrouillent dans la région de Goma où les forces rebelles du M23 sont présentes.
29 juillet 2012, Nord-Kivu. Les soldats des FARDC patrouillent dans la région de Goma où les forces rebelles du M23 sont présentes.
REUTERS/James Akena
Par RFI

En République démocratique du Congo, un calme précaire règne depuis plusieurs jours au Nord-Kivu. Mais c'est avec prudence et méfiance que les habitants du Kivu observent cet arrêt temporaire des combats entre armée régulière et mutins du M23. Dans leur diversité, regroupements politiques et chefs traditionnels appellent tous à la mobilisation pour faire échec à l'aventure du M23.

C’est l’un des chefs coutumiers parmi les plus écoutés du Kivu. A la tête de l’une des chefferies des Bashis, dans le Sud-Kivu, il se dit inquiet du risque de contagion de la rébellion du M23 dans sa contrée.

Tout en appelant la population à ne pas succomber à la séduction des recruteurs locaux des mutins, le Mwami Kabare appelle à la mobilisation générale de la population de la province du Sud-Kivu : « Je lance un appel à tous les jeunes gens, à toutes les jeunes filles du Sud-Kivu... (...) si le gouvernement a besoin de nous et pour éviter les groupuscules qui nous ont amenés dans la situation dans laquelle nous sommes, nous sommes tous prêts à nous engager au sein des FARDC [Forces armées de la République démocratique du Congo] s’il faut défendre le pays. Mourir pour son pays, c’est un devoir mais aussi un honneur. »

Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, parti présidentiel, lui, invite à une mobilisation de tous les Congolais pour barrer la route à l’agression. De son côté, l’opposition insiste sur la nécessité de l’organisation du dialogue national avec l’ensemble de la classe politique en vue d’une solution à la crise actuelle.

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Rébellion du M23: Mwenze Kongolo accuse le Gouvernement de trahison

 
Mwenze Kongolo, ancien Ministre de la Justice dans le Gouvernement de Laurent-Désiré Kabila en 1997Mwenze Kongolo, ancien Ministre de la Justice dans le Gouvernement de Laurent-Désiré Kabila en 1997

L’ancien ministre de la Justice sous Laurent Désiré Kabila, Mwenze Kongolo  a dénoncé, lors d’un point de presse ce lundi 13 août à Kinshasa, «la Nième agression de la RDC par le Rwanda et l’Ouganda, sous couvert de la rébellion du M23». Il a estimé que, dans la gestion de cette situation, le gouvernement congolais a affiché plusieurs comportements qui frisent la trahison.

«Des gens avaient signalé bien avant que les Rwandais étaient entrés chez nous. Le Gouvernement avait refusé cela. Il parlait de mutins et pendant longtemps, alors que nous tous nous disions que c’était Kagame qui [agissait]», a fait remarquer Mwenze Kongolo.

Pour lui, il s’agit d’un comportement qui frise la trahison. «J’avais déposé une fois une plainte contre la Rwanda à la Haie. Après mon départ du ministère de la Justice, on a envoyé feu Kisimba (Honorius) retirer cette plainte», a-t-il rappelé.

«Vous rappelez l’affaire de Mutebutsi et les autres. Ils sont partis, et le Gouvernement n’a rien dit» a-t-il poursuivi. Jules Mutebutsi, colonel dissident des FARDC, avait occupé la ville de Bukavu (Sud-Kivu) pendant dix jours, fin mai – début juin 2004. En août 2005, les autorités rwandaises avaient annoncé avoir reçu sa demande d’asile pour lui et pour ses trois cent cinquante hommes de troupe.

Pour illustrer cette «trahison de tout un peuple», Mwenze Kongolo a aussi évoqué le cas de Laurent Nkunda, ex-leader du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Il est officiellement recherché par les autorités congolaises pour formation d’un mouvement insurrectionnel, mais assigné à résidence au Rwanda, depuis le 22 janvier 2009.

«Le Gouvernement nous a promis qu’on l’aimerait ici [à Kinshasa]. On n’a rien fait !», a déploré l’ex-ministre de la Justice, parlant au nom de «patriotes kabilistes de M’Zee».

Outre l’aspect diplomatique, selon la même source, il faut «que le Gouvernement prenne en charge en bonne et due forme les militaires au front. Que ceux qui se battent arrivent à sentir que le Gouvernement est derrière eux !».

Le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, a promis de réagir à toutes ces accusations de Mwenze Kongolo, ce mardi 14 août, au cours d’un point de presse.

radiookapi.net

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13 août 2012

Récusant ‘‘le Groupe consultatif’’ L’Opposition préconise d’abord un dialogue !

Ils étaient tous réunis comme un seul homme, pour la défense de la patrie et de son intégrité territoriale. Ils, ce sont les leaders de l’opposition politique : Vital Kamerhe (UNC), Remy Masamba (UDPS/FAC), Thomas Luhaka (MLC), Michel Bongongo (UFC), Ingele Ifoto (DDC), Gaston Dyndo (MBC)… Après avoir passé au peigne fin la situation qui prévaut au pays, singulièrement dans la partie Est, ils ont exprimé leur opposition farouche à toute idée de création du groupe consultatif d’où qu’elle vienne. «C’est une structure informelle et inconstitutionnelle et à laquelle nous n’appartenons pas », ont-ils fait savoir. A la même occasion, ces leaders de l’opposition politique ont manifesté leur désolation du fait que le Gouvernement ne démontre pas la volonté réelle de donner des réponses adéquates, pour juguler l’insécurité permanente dans cette partie de la République, confortant ainsi les inquiétudes et convictions selon lesquelles les politiques gouvernementales ne sont ni efficaces, ni volontaristes. Ce faisant, et pour mettre fin à la crise multiforme que connaît le pays, l’opposition politique préconise le dialogue sincère et inclusif. Aussi, réaffirme-t-elle sa disponibilité à débattre de toute question d’intérêt national afin de trouver des solutions susceptibles de sortir le pays de la crise. C’est donc la quintessence de la déclaration politique rendue publique le vendredi, 10 août 2012, après une rencontre de deux jours. Lisez plutôt l’intégralité de cette déclaration.

Communiqué de l’opposition politique

Les Présidents des partis politiques et des groupes parlementaires, les Députés et Sénateurs de l’Opposition politique congolaise se sont réunis le jeudi 09 et vendredi 10 août 2012, à Kinshasa, pour examiner la situation qui prévaut dans le pays. A l’issue de ces rencontres, ils rendent publique la déclaration dont la teneur suit :

1. L’opposition politique réaffirme son attachement inébranlable à l’intégrité territoriale de la RDC et dit non à la balkanisation du pays.

2. Elle condamne avec force la guerre qui sévit actuellement à l’Est du pays et exige du Gouvernement de tout mettre en œuvre pour ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

3. Elle félicite tous les patriotes, particulièrement, les membres de l’Eglise Catholique, des organisations de la Société Civile et de la diaspora congolaise pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation.

4. L’Opposition politique apprécie le courage de la Communauté Internationale qui a dénoncé sans ambages, la violation des frontières et de la souveraineté de la RDC et salue les actions menées par elle en vue de mettre fin à la guerre à l’Est du pays.

5. L’opposition politique est convaincue que seul le dialogue sincère et inclusif est le meilleur moyen pour résoudre la crise multiforme dans laquelle le pays est plongé depuis les élections de novembre 2011, émaillées des irrégularités et fraudes qui ont entamé sérieusement la crédibilité de leurs résultats.

6. Elle réaffirme sa disponibilité à débattre de toute question d’intérêt national afin de trouver des solutions idoines susceptibles de sortir le pays de la crise.

7. L’opposition politique dénonce la création du groupe consultatif, structure informelle et inconstitutionnelle à laquelle elle n’appartient pas.

8. Elle observe que la conduite de la guerre qui déchire la partie orientale du pays, ne rassure guère quant à la volonté réelle du Gouvernement à donner des réponses adéquates pour juguler l’insécurité permanente dans cette partie de la République, confortant ainsi les inquiétudes et les convictions selon lesquelles les politiques gouvernementales ne sont ni efficaces ni volontaristes.

9. Elle décline l’invitation du Premier Ministre lancée à la télévision nationale le mercredi, 08 Août 2012, du fait que les questions de la guerre et de la défense de l’intégrité du territoire national dépassent, à ce stade, sa compétence, en plus que la cohésion nationale ne se forme pas autour de lui.

10. L’opposition politique invite l’ensemble du peuple congolais rangée derrière ses forces armées à demeurer vigilant, ferme et intransigeant pour la défense de la patrie et de son intégrité territoriale.

11. Enfin, l’opposition réaffirme sa solidarité et sa compassion envers tous les frères et sœurs de la partie orientale du pays, victimes d’une guerre injuste.

Fait à Kinshasa le 10 Août 2012

La Pros.

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Affaire Chebeya - Les parties civiles veulent la tête de John Numbi sur base du témoignage de Mwilambwe

Comme élément nouveau dans l’affaire Chebeya, les parties civiles brandissent le témoignage du condamné fugitif Paul Mwilambwe, mais le ministère public et les avocats de la République traitent cela de rumeur.

L’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana continue à soulever des vagues. Le vendredi 10 août 2012, le Collectif des ONG de défense des droits de l’Homme de la République démocratique du Congo a fait une conférence de presse pour présenter son mémorandum d’où est posée cette question : «Un crime d’Etat ou un défi à ceux qui militent pour la promotion des droits de l’Homme en République démocratique du Congo ?».

Pour asseoir leur argumentation, ils ont rendu public le récit attribué au major Paul Mwilambwe, dont un extrait est repris ci-dessous : «La mort de Floribert Chebeya a été planifiée depuis 2009 moyennant une prime à celui qui réussirait. Quelques éléments du bataillon Simba ont été surtout mobilisés pour cette affaire et bien aussi d’autres services. La liste est tellement longue !».

«Monsieur Floribert Chebeya est effectivement arrivé à l'Inspection générale de la Police nationale congolaise le 1er juin 2010 aux environs de 16 heures 45 minutes suite à un entretien téléphonique avec le colonel Daniel Mukalay qui a chargé le major Christian Ngoy Kengakenga à le recevoir. Avant son arrivée à l’IG/PNC, il a été précédé par le major Christian Ngoy Kenga-Kenga et le colonel Daniel Mukalay.

Lorsque le major Christian est arrivé à l'Inspectorat général de la police, il est venu directement dans mon bureau et m’informa qu’il était accompagné d'un visiteur important qui doit rencontrer le général John Numbi. Floribert était conduit à mon bureau par un policier du bataillon Simba qui était commis à la garde, le chef de poste adjudant Ngoy».

«Dès son entrée dans mon bureau, il a commencé par se présenter et a précisé qu'il avait rendez-vous avec le général John Numbi par le biais du colonel Daniel Mukalay qu'il a appelé au téléphone. S’ennuyant un peu, Chebeya m’a prié d'appeler le général Numbi au téléphone. Pour le satisfaire, j'ai par contre appelé le colonel Daniel Mukalay que je voyais en bas à travers la fenêtre en train de causer avec papa Christophe Mukalay, car mon bureau est à l’étage du bâtiment. Je lui ai dit que Chebeya avait besoin de vous, Il m’a répondu que je lui dise qu'il attend le général qui est en cours de route vers l’IG. Jusqu'à 19h00’, Chebeya était toujours dans mon bureau à l’Inspectorat général de la PNC».

«Vers 19h10’, le major Christian Ngoy est entré brusquement, demandant des excuses à Chebeya, lui disant que le général ne vous recevra pas ici. Il m’a chargé de vous amener à sa résidence et directement Chebeya s'est levé et sorti ensemble avec Christian Ngoy. Il détenait dans ses mains des documents».

Le peloton d’exécution

«Au niveau de la réception du bâtiment de l’Inspecteur général, j’ai entendu des bruits et le système des caméras de surveillance a déclenché en sonnant deux fois et a commencé directement à enregistrer. Et c’est à travers les caméras que j’ai vu, au bas des escaliers, le major Christian et ses 8 policiers du bataillon Simba en train de cagouler Chebeya avec 4 ou 5 sachets plastiques noirs de marque «viva» et l’ont ligoté. Ils l’ont mis dans la Jeep Defender devant la porte d’entrer du grand bâtiment en direction du parking où le général John Numbi parque son véhicule. Mes caméras enregistraient la scène jusqu’au virage du véhicule vers le hangar. A ce moment, j’ai rapidement fermé le bureau et je suis descendu pour suivre la suite. J’ai trouvé dans le hangar le corps de Bazana sans vie et Chebeya continuait à être étouffé avec des sachets plastiques. A la question posée de savoir pourquoi tout ça avec un visiteur du chef ? Le major Christian me répondra que l’ordre est venu de la hiérarchie. Quelques minutes après, Chebeya est mort. Si j’ai une bonne mémoire, Chebeya était habillé en chemise de manche longue, col noir, couleur un peu blanche avec de petites lignes, pantalon un peu gris, soulier noir et ses lunettes, avec beaucoup de cheveux».

«J’ai assisté moi-même à cette tragédie, personne ne me l’a rapportée. L’équipe d’exécution était composée du colonel Daniel Mukalay, du major Christian Ngoy Kenga-Kenga et 8 policiers du bataillon Simba parmi lesquels l’adjudant Jacques Mugabo. Comme j’étais hébergé momentanément dans la maison du major Christian Ngoy Kenga-Kenga et étant mon ami de longue date, avant que ce dernier prenne fuite, dans la nuit du 4 au 5 juin 2010, il m’a appelé dans sa chambre le trouvant en train de pleurer en marmottant : «Je vais vous livrer quelques secrets, Numbi m’a induit en erreur en tuant Chebeya». J’avais longuement parlé avec lui et m’avait dévoilé beaucoup de choses : dossier Bundu dia Kongo, exécution des ressortissants de l’Equateur, assassinat de deux défenseurs des droits de l’Homme et de l’endroit où a été enterré Bazana et autres personnes ressortissants de la province de l’Equateur. Il m’a aussi parlé de la prime de 500 000$us lui proposée dont il n’a reçu que 10 000$us, d’où sa grande déception et a préféré quitter le pays pour une destination inconnue. Mais le Rwanda était le pays qu’il a choisi, car son compagnon dans cet assassinat, l’adjudant Jacques Mugabo, est d’origine Tutsi du Nord-Kivu et a des connaissances au Rwanda. Je précise que le major Christian Ngoy, l’adjudant Jacques Mugabo et les autres policiers ont été amenés à l’aéroport par la jeep de commandement du général John Numbi et embarqués dans un avion JET à destination de Lubumbashi».

«Après l’arrestation du colonel Daniel Mukalay, le 4 juin 2010, la fuite du major Christian Ngoy et ses huit policiers, ainsi que la suspension du général John Numbi, le 5 juin 2010, je continuais à travailler comme d’ordinaire, toujours à l’IG/PNC, car j’avais déjà informé mes chefs supérieurs de ce qui s’était passé la nuit du 1er juin 2010».

«Le 10 juin 2010, le général John Numbi m’avait appelé vers 23h à partir de son numéro privé et m’avait demandé si en tant que témoin de l’événement, j’avais déjà mis au courant d’autres personnes. J’avais catégoriquement nié, mais je n’avais pas compris comment il m’avait encore appelé pour me traiter de traître. C’est là que mon calvaire avait commencé».

«Le 11 juin 2010, j’ai été enlevé vers 20 heures par quelques éléments envoyés par deux conseillers du général John Numbi. J’étais gardé d’abord au domicile de l’un de ces conseillers à Selembao, puis ils m’ont amené dans la résidence privée de l’autre conseiller, à la cité «Mama Mobutu».

Présent à l’IG/PNC, auditionné à l’Auditorat

«Le 13 juin 2010, sous surveillance, j’ai constaté un mouvement suspect dans la parcelle du conseiller. J’ai profité aux environs de 14 heures, au moment où je prenais le repas avec ses gardiens mis à ma surveillance, pour m’échapper en escaladant le mur du devant de la parcelle et je suis allé au village Menkao où je me suis caché pendant plusieurs mois, jusque le jour où j’avais décidé de me rendre devant la justice, le 14 avril 2011. Lorsque j’avais sauté le mur de la clôture, personne ne m’avait pourchassé et tous les passants m’ont vu, car la maison en question est sur la grande route, à plus ou moins 200m du marché Matadi-Kibala».

«Le fait que mon nom était souvent cité au procès comme un évadé et traité comme coauteur de l’assassinat, j’ai décidé de retourner à mon bureau à l’IG/PNC avec espoir que je serais invité comme les autres à comparaître à la Cour militaire de Gombe qui siégeait à la prison de Makala. Plusieurs personnes m’ont vu le matin du 14 avril 2011 à l’IG/PNC. J’y suis arrivé à 6 heures 49 minutes et j’ai parlé avec mes chefs hiérarchiques.

Curieusement, une jeep militaire PM (Police militaire) est venue avec un des commandants PM/ville de Kinshasa pour m’amener à l’Auditorat militaire où j’ai été entendu par le magistrat. Pendant mon audition, le général John Numbi avait appelé 3 fois au téléphone du magistrat et avait demandé que je parle avec lui. En me cédant le téléphone, le général m’a dit que je parle en notre langue maternelle (le Kiluba-Kat). J’ai parlé avec lui comme souhaité et m’avait supplié de ne pas le trahir, car je serais récompensé. J’ai été entendu aussi devant plusieurs autres magistrats de l’Auditorat dont je connais quelques uns. Pendant mes interrogatoires, j’ai tout fait pour que ces magistrats ne sentent pas que j’avais l’envie de dire la vérité à la Cour».

«Après l’Auditorat militaire, j’ai été transféré à l’ANR (Agence nationale de renseignements), d’abord au bureau situé sur l’avenue Nguma (commune de Ngaliema), puis à celui situé sur l’avenue Mwene-Ditu, dans la comme de Gombe, en face de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Pendant 5 jours, j’y suis resté sans manger ni boire, bien cagoulé et menotté aux jambes et aux bras. Le 6ème jour, on m’a enlevé la cagoule en me laissant avec les menottes aux bras, en sous vêtement. Le 28 avril 2011, j’ai été aidé par un agent de bonne volonté pour entrer en contact avec mon épouse à Lubumbashi et avec plusieurs parents à Kinshasa. J’y ai passé trois mois dans des conditions inhumaines et c’est là où j’ai été alerté par un autre agent de bonne volonté que je serai exécuté dans les jours qui suivaient, à Lubumbashi».

«Le 8 juillet 2011, effectivement, j’étais pris de l’ANR vers l’aéroport international de Ndjili, sous escortes par quelques responsables de l’ANR que je connais. Tous, avons embarqué à bord d’un Cargo de la compagnie Trans-Air à destination de Lubumbashi (avec le même escorte). Arrivés à Lubumbashi, j’étais gardé d’abord au cachot du bureau provincial de l’ANR avant d’être transféré dans une maison inhabité et sans lumière, au quartier Golf, dans la commune de Lubumbashi».

«Le 16 juillet 2011, je me suis encore évadé miraculeusement pour me retrouver là où je suis en contact avec plusieurs personnes sur le plan national et international. Je sais que les services me recherchent pour m’éliminer ».

Mais pour le ministère public et les avocats de la République, ce récit est une invention des organisations de défense des droits de l’homme, du cinéaste belge Thierry Michel et des conseils des parties civiles. Il faudrait que le major Paul Mwilambwe vienne faire sa déposition à l’audience de la Haute cour militaire, afin d’être confronté aux propos qui lui sont attribués.

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Dénonçant un «vaste complot» - Les députés du Nord-Kivu prônent la solution militaire «pour sortir de l’esclavage des Rwandais»

Les députés nationaux du Nord-Kivu, qui constatent que «le sommet des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs s’est achevé à Kampala sans qu’aucune lueur d’espoir soit perçue», militent en faveur d’une solution militaire pour régler la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

«Je vous jure qu’à force d’y penser, j’ai des insomnies, surtout si l’on sait que nous sommes incapables de résoudre ce problème par la force pour libérer nos compatriotes de la soumission, du servage et, peut-être sans exagérer, de l’esclavage des Rwandais. Ces compatriotes se sentent vraiment non protégés et abandonnés par ceux-là qui leur ont promis protection», a déclaré le dimanche 12 août à Kinshasa le président du Caucus des députés nationaux du Nord-Kivu, Désiré Konde Vila-ki-Kanda.

Les députés nationaux du Nord-Kivu, dont huit de Rutshuru qui «ne savent pas se rendre en vacances parlementaires et n’ont pas des nouvelles de leurs familles»,affirment que «tant que le Rwanda existera à nos frontières dans sa forme actuelle, notre pays continuera à souffrir et nous allons construire un mur de lamentations pour pleurer et lancer des jérémiades».

«Dès le départ, les députés nationaux de notre province ont été anxieux et pessimistes. Et ce qui s’est passé dernièrement à Kampala, je veux parler de l’échec, était prévisible. Le Caucus des députés nationaux du Nord-Kivu que je préside l’avait prédit dans sa déclaration faite à la tribune de l’Assemblée nationale lors de la clôture de la dernière session extraordinaire consacrée à l’élaboration du budget 2012», a affirmé Désiré Konde.

Il a rappelé que dans leur déclaration, ils avaient été «clairs pour dire que la constitution d’une force internationale neutre se bute généralement et toujours aux problèmes de définition juridique de son mandat, de mobilisation des hommes et des moyens aussi bien financiers que logistique. Par conséquent, le temps de mise en place de cette force ne peut pas être compatible à l’urgence et à la gravité que requiert la situation».

«La taille gigantesque et le budget colossal de la Monusco, pour des résultats mitigés, continuent à susciter des interrogations au sein des populations de ma province, le Nord-Kivu. Si la Monusco était efficace et neutre, on aurait pu lui confier cette mission de tampon entre les deux pays, en modifiant, bien sûr, le statut de sa mission au Congo. N’oublions pas que le gouvernement de Kinshasa ne contrôle plus une partie importante de notre territoire qui est aujourd’hui entre les mains du M23 et des Rwandais. Comme on le voit, l’intégrité et l’unité nationales sont fortement menacées, alors que le peuple congolais sait certainement que l’intégrité territoriale de notre pays est un postulat, un dogme de foi qui ne peut faire l’objet d’aucun marchandage ou d’une négociation quelconque», a averti le président du Caucus.

Et sans baigner dans le négativisme, il s’est demandé «comment les deux forces dites neutres, la Monusco et la Force internationale neutre, vont se comporter, mieux collaborer concrètement sur le terrain, comment cette dernière se mettrait à cheval sur les deux frontières ou sur le territoire congolais».

Autant, «dans son serment d’investiture, le chef de l’Etat s’engage solennellement à garantir cette intégrité par tous les moyens. Et le peuple congolais dans son ensemble est déterminé à défendre coûte que coûte cette intégrité, même au prix du sacrifice suprême», autant «le Rwanda n’accepterait jamais que cette Force internationale neutre se retrouve sur son territoire. Et pendant ce temps, le M23 et les Rwandais continueront d’occuper notre territoire», a insisté le député Konde.

Un vaste complot

Il a révélé qu’«aux pieds du massif de Ruwenzori, plus particulièrement dans la localité de Kasindi située juste à la frontière entre l’Ouganda et la RDC, des éléments armés venus de l’Ouganda ont attaqué, il y a quelques jours, cette localité où les Nalu, rebelles ougandais, font la loi et sèment la désolation dans le territoire de Beni».

Alors, a-t-il interrogé, «pourquoi le choix de Kampala pour abriter le Sommet des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs, surtout qu’il est formellement établi que l’Ouganda a un parti pris pour le Rwanda ?». Et pourtant, a-t-il rappelé, «dans un cas de doute sur un médiateur, le pays devrait rejeter l’Ouganda».

En fin de compte, «les députés nationaux du Nord-Kivu ne cessent de crier qu’un vaste complot est en train d’être ourdi contre notre pays», a lancé le président du Caucus, Désiré Konde.

 

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Projet de « Force neutre » à l’Est: La RDCongo dans les gueules des loups



- Entente secrète Dos Santos-Museveni avant le sommet de Kampala
- Soutien aux groupes armés : Tanzanie aussi au banc des accusés.
La République Démocratique du Congo se trouverait dans les gueules de plusieurs loups, lesquels ne seraient autres que ses voisins. D’aucuns pensent qu’elle aurait intérêt à se méfier de tous les Etats qui l’entourent, même ceux qui, en apparence, donnent l’impression de compatir à ses malheurs sécuritaires. En plus du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi qui ont déjà choisi leur camp, à savoir celui des sponsors des insurgés du M23 (Mouvement du 23 mars 2009), la liste risque de s’allonger avec l’Angola et la Tanzanie.
A en croire des informations en circulation dans les médias périphériques, Luanda et Dar-es-salam auraient affiché des attitudes équivoques avant le sommet de Kampala consacré au projet de mise en place d’une « Force internationale neutre » le long de la frontière congolo-rwandaise.

Museveni chez Dos-Santos

Des sources crédibles soutiennent qu’avant de présider, du mardi 07 au mercredi 08 août 2012 dans la capitale de son pays, les assises de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, le président ougandais Yoweri Museveni avait effectué une visite officielle de deux jours en Angola. C’était pour des entretiens secrets avec son homologue Edouardo Dos Santos.
Inquiet de voir l‘Angola vouloir s’engager dans le conflit armé de l’Est, aux côtés de la RDC, le maître de Kampala avait dû passer 48 heures à Luanda pour convaincre, pour ne pas dire supplier Dos Santos de ne pas envoyer ses soldats dans le Nord-Kivu, pour en déloger les rebelles du M23. On laisse entendre que le président angolais, président en exercice de la SADC, à qui le ministre congolais de Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda, puis le président Joseph Kabila lui-même, avaient livré des détails sur la guerre de l’Est de la RDC, avant et après le sommet de l’Union Africaine tenue le 17 juillet à Addis-Abeba, aurait levé l’option de voler au secours de son voisin congolais.
Rwandais, Ougandais et Burundais ne se sentaient visiblement pas à l’aise face à une intervention militaire de l’Angola, puissance militaire régionale bien connue, dans leur « jardin » du Nord-Kivu. Après deux jours de tractations, laisse-t-on entendre, le président Dos Santos aurait accepté de ne pas agir militairement, à condition, indique-t-on, que le président Museveni parvienne effectivement à trouver une solution pacifique et durable à la crise de l’Est. On croit savoir que l’activisme de l’intéressé pendant la réunion de Kampala était dicté par son souci de respect l’engagement pris vis-à-vis de son homologue angolais.
Quels sont les termes du « deal » Dos Santos-Museveni ? On les ignore. Mais des esprits avertis doutent que la recherche de la paix dans l’Est du Congo ait été au centre de leur « compromis ». Celui-ci tournerait-il autour de la nécessité d’avoir, comme voisin, un Congo politiquement, militairement et économiquement fragile, incapable de revendiquer son leadership sous-régional perdu depuis la chute du maréchal Mobutu en mai 1997 ?, Cela n’est pas impossible.

La Tanzanie au banc des accusés

Cela parait invraisemblable. Pendant que tous les projecteurs sont braqués sur le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. comme parrains de la rébellion du M23, on apprend que la Tanzanie, déjà épinglée par deux fois dans des rapports onusiens, vient d’être citée de nouveau dans un rapport des experts des Nations Unies, comme un des soutiens de plusieurs groupes armés opérant en RDC. Selon le journal The Guardian, qui en a fait large écho dans son édition d’hier dimanche, ce pays serait non seulement derrière le M23 mais aussi les FDLR (Forces Démocratiques pour libération du Rwanda) et le FNL (Forces Nationales de Libération du Burundi).
En dépit des dénégations du ministre tanzanien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Bernard Membe, qui a indiqué qu’il s’agissait d’allégations sans fondement, le média précité n’en est pas moins entré dans les détails. A en croire les experts onusiens, le territoire tanzanien serait le principal bastion des seigneurs de guerre entretenant des groupes armés en RDCongo, lesquels tireraient l’essentiel de leurs fonds du trafic des ressources naturelles telles que les minerais, le bois, le charbon, le cannabis mais aussi de taxes commerciales et fiscales.
L’un deux s’appellerait Bandi Ndaguze, qui est présenté comme un magnat congolais et un des plus gros financiers des FDLR.
Le second seigneur de guerre mis en vedette se nommerait Jamil Mukulu, un homme d’affaires burundais voyageant avec le passeport tanzanien à travers toute la région des Grands Lacs. Son quartier général serait installé à l’Hôtel Nyavyamo, sur la rue Aggrey, dans la banlieue de Dar-es-Salam, et plus précisément au quartier Karakoo. Ce palace, très prisé par les commerçants congolais en séjour dans la capitale tanzanienne, serait la propriété d’un certain Thomas Hamenyimana, un Burundais naturalisé Tanzanien, fiché comme le principal sponsor des FNL. Il serait l’associé d’Agatha Rwasa, un politicien burundais vivant en exil à Dar-es-Salam.
Jamil Mukulu serait aussi fiché par les experts des Nations Unies comme un terroriste proche d’Al Qaida, un individu à double carapace, connu sous une autre identité, celle de Elius Mashauri. Sa principale mission serait de récolter des fonds pour les mouvements rebelles présents à l’Est de la RDC, pour lesquels il achèterait des armes et des munitions. Il posséderait plusieurs entreprises à Dar-es-Salalam et Nairobi. Il aurait des résidences au Burundi, au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et même en RDC, où il se serait signalé pour la dernière fois en 2011. son épouse vivrait à Londres.
Comme relevé plusieurs fois dans nos différentes livraisons, la RDC est victime d’un vaste complot, qui a des ramifications à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales. D’où, en plus du devoir de vigilance et de méfiance, la réforme de notre système de défense doit, plus que jamais, figurer au nombre des priorités à satisfaire par nos gouvernants dans des délais contraignants. Pour leur sécurité, les Congolais ne devraient compter ni sur une force neutre, ni sur une quelconque armée étrangère, encore moins sur un quelconque accord avec une «force négative », mais sur des FARDC à façonner en armée de métier.
Kimp

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Réaction de Kwebe Kimpele à Papy Tamba.

Dėbat

Mon cher Tamba,

Etant actuellement absorbé par un travail qui ne me laisse guère le temps de participer aux débats qui font rage sur le Net au sujet du Congo, je ne peux pas, malheureusement,  ferrailler à mon tour et  débarquer dans l'arène des  échanges aigres doux qui vous opposent à certains congolais.  Dans le mail ci-dessous que vous avez adressé à vos nombreux correspondants, vous citez par deux fois mon nom , en le faisant même précéder du qualificatif "grand".  Je vous en remercie. Je me suis donc senti interpellé.

Avant tout propos et à  titre d'information, je vous ferai suivre un mail que j'ai adressé naguère à Robert Mbelo sur la question des Tutsis congolais, une expression qui fleurit dans tous les médias et sur toutes les lèvres y compris des Congolais. Après sa lecture, vous en ferez l'usage que vous jugerez opportun ou utile.

Mais toute réaction à votre mail ci-dessous,  permettez-moi  de vous rappeler des faits historiques touchant  le destin du Congo, sa superficie et surtout la composition ethnique  de sa population que seuls, les ignorants peuvent contester:

1. La création du Rwanda, en tant qu'Etat, remonte au 17e siècle, soit plus de 200 ans  avant la reconnaissance internationale, le 26 février 1885,  de l'EIC, Etat indépendant du Congo, propriété privée et exclusive de Léopold 2, roi  des Belges.
 
2. Le Rwanda devint ensuite une colonie de la puissante Allemagne, sous le redoutable chancelier Otto Von Bismarck. Par conséquent, la terre du Rwanda, de même que la population rwandaise à savoir, les Hutus majoritaires, les Tutsis minoritaires et une insignifiante fraction de Twa (Pygmées) furent entièrement assujettis à l'Allemagne.

3. Pour obtenir,  en date du 26 février 1885, la reconnaissance internationale de ses titres de propriété ( en réalité un millier de traités de cession de souveraineté, rédigés en anglais,  signés avec de l'encre de sang et arrachés aux  propriétaires des terres des Bantous), Léopold 2 s'appuya sur le chancelier Otto Von Bismarck dont il était le compatriote puisque c'est la dynastie des Saxe Cobourg Gotha, originaire d'Allemagne,  qui a fourni à la Belgique, après vote, son premier roi en la personne de Léopold 1er, père de Léopold 2. 

Le propriétaire de l'EIC, Léopold 2 donc, maître absolu d'un domaine de plus de 2 millions de km² situé en Afrique centrale, dut la reconnaissance internationale sur les documents fonciers qu'il présenta aux  14 délégués des puissances coloniales européennes de l'époque  (plus un délégué américain accepté à titre d'observateur à  la conférence de Berlin ) grâce à son bienfaiteur Bismarck.  Ici, il faut bien se mettre en tête que la superficie de l'EIC fut obtenue par la juxtaposition ou l'addition des terres ayant appartenu jadis  aux empires, aux royaumes, aux ethnies, tribus et autres organisations traditionnelles, le tout formant la propriété  presque exclusivement des Bantous et, accessoirement, de Soudano-nilotiques.   Mais, et c'est un point crucial, parmi ce millier de traités de cession de souveraineté conservés actuellement au  Musée de Tervuren dans la banlieue de Bruxelles, ne figure pas,  une seule signature de mwami tutsi ou hutu rwandais, ou burundais. Dans le cas contraire, on serait habilité à déduire que les terres et les populations de ces deux ethnies rwandaises ou burundaises se retrouvèrent incluses dans l'EIC, confisquées en somme par Léopold 2, au vu et au su du chancelier Otto Von Bismarck mais sans que ce dernier n'y trouve à redire. Il existe en outre une carte ethnographique datant de la même époque, qu'on peut se procurer dans le même établissement. On a beau la scruter, impossible d'y trouver la moindre trace d'une ethnie répondant aux noms de Tutsis, de Hutus, de Banyamulengue, de Banya-Uvira, de Banya-Bushi, de Rwandophones, autant de néologismes et de monstruosités lexiques apparues au Congo bien après le 30 juin 1960.

Par conséquent, dès ce moment c'est-à-dire, dès le 26 février 1885, prétendre qu'il existait des Tutsis sur le territoire de l'EIC, c'est affirmer que le roi Léopold 2 se serait permis de  s'emparer d'une portion du Rwanda et des populations rwandaises, notamment des Tutsis, appartenant à son protecteur allemand. Je ne vous ferai pas l'insulte d'imaginer, mon cher Tamba, que vous pourriez entériner pareille aberration et commettre une erreur d'appréciation intellectuelle qui me conduirait à douter de votre âge mental.

4. Le 15 novembre 1908, pour cause de dettes , l'EIC fut confisqué par les créanciers de Léopold 2 et, sous le nom de Congo belge, fut  confié  à l'Etat belge pour sa gestion , en vue de payer les lourdes créances laissées par l'ancien patron de l'Etat indépendant du Congo. La Belgique n'a donc jamais été la propriétaire du Congo belge. Elle en fut simplement l'administratrice, un peu comme le président du conseil d'administration d'une entreprise. A partir du 15 novembre 1908, l'EIC, de propriété privée d'un roi, devint le bien public d'un syndicat constitué par les créanciers du monarque, fonctionnant ainsi comme une SA, une société anonyme.  C'est une situation unique dans l'histoire du monde. Soit noté en passant,  de 1908 à 1960, pendant 52 ans, les indigènes congolais payèrent et apurèrent des dettes colossales souscrites par un souverain étranger, mais  qu'ils n'avaient jamais contractées et dont ils ignoraient aussi bien le montant que la raison d'être. Mêmes les délégués congolais à la table ronde de Bruxelles (du 20 janvier au 20 février 1960) passèrent complètement à côté de ce dossier, pourtant essentiel pour comprendre le destin du Congo et le rôle que ce pays joua durant le 20e siècle.

5. A la défaite de l'Allemagne à l'issue de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1918, Berlin perdit toutes ses possessions coloniales africaines , y compris la Namibie, le Togo, le Cameroun, mais aussi le Rwanda et le Burundi. Curieusement,  alors que les puissances coloniales européennes victorieuses de l'Allemagne, notamment la France et l'Angleterre,  se sont partagées toutes les anciennes terres coloniales d'Afrique ayant appartenu à l'ennemi allemand vaincu; seuls le Rwanda et le Burundi furent placés sous le mandat de la Belgique par la SDN, la Société des Nations, ancêtre de l'ONU. C'est à  partir de cette date qu'apparut un étrange  ensemble dénommé Congo belge et Rwanda-Urundi, et non pas Congo et Rwanda-Urundi belges. Qu'est-ce à dire ? Mais tout simplement que le Rwanda et le Burundi de même que leurs populations respectives, Hutus, Tutsis et Twa y compris ne furent jamais mélangés avec les indigènes du Congo belge.

6. A partir du début de la décennie 1960, le Congo Belge, le Rwanda et l'Urundi (le Burundi) accédèrent chacun à l'indépendance,  conservant  les mêmes frontières et les mêmes entités ethniques qu'ils possédaient avant la défaite allemande de 1918.

7. Trois vagues d'immigrations de Tutsis et de Hutus, provenant aussi bien du Rwanda que du Burundi affluèrent vers le Congo, les unes légalement pour suppléer le déficit de main d'oeuvre, les autres clandestinement. Mais quel que soit le statut sous lequel les immigrants parvinrent  au Congo belge, jamais le pouvoir colonial belge ne les mélangea avec leurs propres sujets congolais. En fait, l'autorité coloniale belge mit un soin particulier à bien séparer les étrangers de ses propres indigènes colonisés, qu'ils soient Tutsis, Hutus, Togolais, Costmen ou autres.

Telle fut le situation le 30 juin 1960, date de l'indépendance du Congo, il y a 52 ans.

Les sept affirmations ci-dessus peuvent évidemment être contestées par vous ou par quiconque d'autre. En outre, je conçois parfaitement qu'elles puissent être  niées et battues en brèche. Mais il ne faudrait surtout pas qu'elles le fussent  de façon arbitraire, discrétionnaire ou péremptoire. Seuls  les faits, les dates et une analyse historique cohérente des évènements sont susceptibles de les démolir.  Je vous attends avec impatience sur ce chantier. Les amateurs d'insultes sont priés de s'abstenir.

Qu'il puisse exister des Hutus ou des Tutsis, rwandais ou burundais ayant acquis légalement la nationalité congolaise et pouvant produire les preuves documentaires de leur nouvelle patrie, personne ne peut, a priori, le nier. Mais qu'il y ait, quelque part sur les 2.345.000 km² de superficie du pays présentement dénommé "République démocratique du Congo", un village, un groupement, un territoire, un district, une province, une ville ou un centimètre carré de terre  appartenant historiquement c'est-à-dire  avant le 26 février 1885, aux Tutsis ou aux Hutus Rwandais ou Burundais,  voilà, mon cher Tamba, une affirmation qu'il faudra que son auteur puisse m'en administrer les preuves matérielles, d'essence historique et d'origine ethnographique. D'avance, je lui souhaite  bonne chance dans son entreprise périlleuse.

Quant au "plan de colonisation du Kivu", prêté aux Tutsis et que vous contestez bruyamment dans votre mail, je vous prie de vous montrer moins affirmatif sinon, plus prudent. Je n'ai pas encore pris le temps d'analyser plus finement les arguments que vous avez déployés pour attaquer ce document en nullité. Je le ferai prochainement. Il existe, malheureusement, un autre document datant d'octobre 2002, qui confirme point par point le dessein annexionniste des Tutsis rwandais. Il existe aussi des faits, des noms, des dates et des évènements qu'une intelligence moyennement constituée devrait pouvoir comprendre et dont elle devrait facilement valider la cohérence avec la pièce historique que vous essayez de sacquer. Il vous suffirait, par exemple,  d'écouter l'interview accordée par le général Faustin Munene depuis le Congo-Brazzaville et diffusée le 26 juillet dernier sur les antennes de RFI. L'ancien chef d'Etat-major général des forces armées congolaises, l'un des rares sinon le seul survivant des généraux bantous congolais venus dans les rangs de l'AFDL, y dénonce formellement un complot ourdi par les Rwandais (il n'y fait pas mention des Tutsis) et visant la balkanisation du Congo.  Il me semble que, vu le nombre d'années pendant lesquelles le général Faustin Munene fréquenta les Rwandais, Tutsis et Hutus confondus; étant donné  aussi les hautes fonctions qu'il assuma à la tête des forces de défenses congolaises, son affirmation mériterait d'être prise en sérieuse considération.  Toute personne qui osera le contester devra d'abord justifier de son grade,  de ses fonctions, de son expérience et de sa connaissance générale du sujet. Autrement, il ne s'agira que de flatulences nauséabondes dont les Congolais sont coutumiers et avec lesquelles ils empestent le Net.

 Attendez-vous, mon cher Tamba, à recevoir  de moi, prochainement, un argumentaire  sur "plan d'occupation du Kivu" qu'il vous faudra réfuter de façon beaucoup plus convaincante que les arguties, trop légères à mon goût pour ébranler mes convictions pour insinuer le doute chez quiconque d'autre,   que vous avez pris le risque d'étaler dans votre dernière production littéraire.

En attendant,

prenez bien soin de vous,

cordialement vôtre

Kwebe KIMPELE

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JO Londres 2012 : la délégation de la RDC cherche ses 4 membres portés disparus

 
Le ministre des Sports, Baudoin Banza Mukalayi entrain de remettre le drapeau au porte-étendard de la délégation congolaise aux Jeux olympiques de Londres 2012Le ministre des Sports, Baudoin Banza Mukalayi entrain de remettre le drapeau au porte-étendard de la délégation congolaise aux Jeux olympiques de Londres 2012

Le Comité olympique congolais (COC) a lancé un avis de recherche, dimanche 12 août, en collaboration avec le comité local d’organisation des jeux olympiques de Londres pour retrouver quatre membres de la délégation congolaise portés disparus. Au dernier jour des jeux, les téléphones portables de ces Congolais ne passaient plus. Ils avaient déjà quitté le village olympique avec leurs bagages sans préciser de destination.

L’entraîneur national de boxe, Blaise Bekwa a disparu du village olympique, le vendredi 10 août, soit deux jours avant la clôture des jeux intervenue dimanche. La délégation congolaise a perdu les traces de  Guy Nkita, le directeur technique national d’athlétisme juste après l’échec d’Ilunga Mande au Marathon. Ce dernier a abandonné la course à deux kilomètres d’arrivée.

Le troisième technicien recherché : l’entraîneur national de judo, Ibula Masengo. Il a quitté le village olympique samedi 11 août à 3 heures du matin, selon un autre membre de la délégation congolaise qui est resté dans le groupe.

Le dernier fugueur est le judoka Cédric Mandembo. Il aurait filé à l’anglaise juste après la cérémonie de clôture des jeux olympiques.

C’est la deuxième défection signalée aux JO de Londres après celle des athlètes camerounais. Sept athlètes de ce pays n’avaient pas attendu la clôture des jeux pour disparaître dans la nature.

Les quatre athlètes congolais engagés dans cette compétition n’ont pas réussi à remporter la moindre médaille. Le judoka Cédric Mandembo avait perdu son combat par ippon face au russe Alexander Mikhaylin après 49 secondes. La Congolaise Ilunga Sankuru a terminé 14è sur 15 athlètes aux 1 500 mètres. Le boxeur Mwamba Meji a perdu face à Magomedrasul Medzhidov après 5 min 9 secondes, l’arbitre ayant dû arrêter le combat pour limiter les dégâts. Le dernier Congolais à entrer dans la course, le marathonien Ilunga Mande a jeté l’éponge à deux kilomètres d’arrivée.

radiookapi.net

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Goma : les Etats-Unis demandent des poursuites judiciaires contre trois responsables du M23

 
Stephan Rapp, l'ambassadeur itinérant des Etats-Unis d'Amérique chargé de crimes de guerre lors d'une interview accordée à Radio Okapi à Goma, le 11 août 2012 © MONUSCO/Sylvain LiechtiStephan Rapp, l'ambassadeur itinérant des Etats-Unis d'Amérique chargé de crimes de guerre lors d'une interview accordée à Radio Okapi à Goma, le 11 août 2012 © MONUSCO/Sylvain Liechti

L’ambassadeur itinérant américain des Etats-Unis d’Amérique pour les crimes de guerre demandent que les responsables du M23 cités dans un rapport des Nations-unies soient poursuivis en justice. Dans une interview accordée samedi 11 août à Radio Okapi à Goma, Stephen Rapp cite notamment Bosco Ntaganda, Makenga Sultani et Zimurinda, soupçonnés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Pour le diplomate américain, « il n’est pas possible d’établir la paix sans la justice ». Ces hommes sont responsables de la situation actuelle au Nord-kivu et doivent être traduits en justice, a-t-il affirmé

Par rapport aux discussions politiques en cours, l’ambassadeur Stephan Rapp a indiqué que les négociations sont toujours difficiles, mais qu’il faut chercher les moyens de faire cesser les hostilités du M23 et le soutien que leur procure le Rwanda.

Il réagissait ainsi à l’échec des chefs d’Etats de la Conférence internationale pour la région des Grands lacs (CIRGL) à s’entendre sur les conditions de déploiement d’une force neutre à la frontière entre le Rwanda et la RDC.

Les onze présidents de la CIRGL s’étaient réunis mardi 7 août 2012 à Kampala, en Ouganda, pour discuter de la situation sécuritaire dans l’est de RDC, où sévit depuis mai dernier la rébellion du M23.

L’ambassadeur Stephen Rapp se rendra à Kigali lundi 13 août pour discuter avec les autorités rwandaises de la crise qui sévit dans le Kivu.

radiookapi.net

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