17 avril 2015

Moïse Moni Della invite le Raïs à s’impliquer pour un calendrier électoral réaliste

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Opposant radical de longue date, Moïse Moni Della adresse une lettre ouverte au Chef de l’Etat. Cet ex-jeune turc de l’Udps version années 80, présente son tableau panoramique de la situation générale du pays. De l’irréalisme du calendrier électoral à « l’affaire fosse commune » en passant par le climat politique délètère, tout y passe. Le président faisant fonction du Rassemblement des Congolais démocrates et nationalistes (RCDN) vide son sac et ... son coeur. Forum des As publie des extraits de cette lettre ouverte. Morceaux choisis.


LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Excellence Monsieur le Président de la République,

DU CALENDRIER ELECTORAL*
A la suite de la publication du calendrier électoral par la CENI portant sur l’organisation d’élections générales dans notre pays afin d’aboutir à une véritable alternance politique, il apparait clairement aujourd’hui que lesdites élections risquent de plonger le pays dans la désolation et le chaos.
En effet, à la première analyse dudit calendrier, il nous parait loisible de vous signifier que ce dernier est irréaliste et inconstitutionnel donc il porte en son sein les germes de conflits.
En réalité, son irréalisme est flagrant et nous laisse réfléchir s’il n’est pas l’œuvre de la Majorité Présidentielle dont vous êtes l’autorité morale. Comment peut-on s’imaginer avec le temps qui nous reste que la CENI prétendrait organiser 12 élections avec des dates superposées ? Situation sans précédent qui risquerait de nous amener au glissement que vous voulez à tout prix obtenir pour la prolongation de votre mandat contre la volonté du peuple congolais et de la communauté internationale.
En outre, comment peut-on faire confiance à la CENI qui fixe un montant exorbitant de 1,400 milliards pour l’organisation de toutes les élections sans tenir compte du budget national, tributaire de toutes dépenses du pays et qui s’évaluerait seulement à 8 milliards ?
Ainsi, l’inconstitutionnalité de ce calendrier relève du fait qu’en RDC le droit de vote est garanti par l’article 5, alinéa 5 de la constitution. A ce jour, il n’est pas admissible de prétendre organiser des bonnes élections tout en excluant une catégorie de la population qui, en 2011 était mineure mais aujourd’hui a atteint l’âge de voter.

LES CAS KAMERHE, NE MUANDA NSEMI ET ROGER LUMBALA*

Par ailleurs, il est paradoxal, anticonstitutionnel et immoral d’appeler les congolais à participer massivement aux élections à tous les niveaux alors que certains leaders politiques et d’opinion ayant un encrage national croupissent arbitrairement dans des prisons. Les uns subissent des harcèlements de tout genre et les autres des acharnements judiciaires dans l’objectif de les écarter aux échéances qui pointent à l’horizon. C’est le cas du Président Vital KAMERHE qui subit un procès de la honte.
A ce jour, certains potentiels candidats aux élections sont, comme disait Patrice Emery LUMUMBA, relégués dans leur propre pays pour leurs opinions politiques ou croyances religieuses et les autres sont exilés politiques dont leur sort est pire que la mort elle-même, c’est le cas de l’honorable NE MWANDA NSEMI qui, jusqu’à ce jour est interdit de rentrer dans son fief.
Le cas le plus patent, illustratif et exemplatif est celui de l’honorable Roger LUMBALA, victime de l’intolérance politique. Ce dernier subit des exactions qui se sont transformées en harcèlement et en acharnement de la part du pouvoir, nous citerons entre autre :
- La destruction méchante du siège de son parti politique, le RCDN et le plasticage de la Chaîne de télévision RLTV,
- L’invalidation irrégulière de son mandat de Député National,
- Les arrestations arbitraires des membres et sympathisants du RCDN dans les deux Kasaï, les harcèlements, les exactions, les intimidations et les menaces de mort à l’égard des dirigeants, cadres et sympathisants dudit parti,
- Le refus de son retour au pays par votre pouvoir à la veille des élections.
Ne voyez-vous pas, Excellence Monsieur le Président de la République, que ces agissements portent atteinte aux principes universels des Droits de l’homme

Excellence Monsieur le Président de la République,
Le processus démocratique avec son point culminant l’organisation et la tenue des élections continue à faire couler beaucoup d’encres et de salives sur la scène politique en RDC, dans la mesure où les élections de 2016 marquent constitutionnellement la fin de votre mandat. Une raison fondamentale explique ces agitations, il s’agit :
De l’intention de pérenniser le pouvoir par votre famille politique qui s’est exprimé par le changement pur et simple de l’actuelle constitution. Suite à cet échec, votre Majorité Présidentielle f a tenté sans succès le passage en force en cherchant à modifier l’article 220 de la constitution, et par la suite l’article 8 alinéa 3 de la loi électorale qui conditionnait la tenue des élections par l’organisation du recensement général.
Il s’est avéré que cette situation a provoqué la cassure entre votre famille politique et l’ensemble de la population congolaise et a donné lieu en date du 19 au 21 janvier 2015, à des manifestations généralisées dans plusieurs provinces de notre pays, qui ont eues comme corolaire les tueries et les arrestations arbitraires de certains de nos compatriotes.
En tout état de cause, la République Démocratique du Congo est réellement assise sur le volcan qui peut entrer en éruption à tout moment.
Les évènements du 4 janvier 1959 inattendus par les Belges, la création de l’UDPS par les treize parlementaires avec comme conséquence, la convocation de la Conférence Nationale Souveraine, les massacres de chrétiens, la lutte de l’AFDL appuyée par l’ensemble de congolais en 1997, et enfin les récents évènements du 19 au 21 janvier 2015 ne sont que des illustrations d’un peuple mature, consciencieux de son avenir et capable de se prendre en charge.

Excellence Monsieur le Président de la République,
De tout ce qui précède et tenant compte du temps et des moyens financiers insignifiants dont dispose notre pays, nous nous sommes inspirés de la politique de Charles De Gaule. Cette dernière oppose la politique de circonstances, se gardant d’abstraction mais suivant les réalités, préférant l’utile au sublime, l’opportun au retentissant, cherchant pour chaque problème particulier la solution non point idéal mais pratique, peu scrupuleuse quant au moyen.
Dé Gaule évoque « le sens de l’équilibre des possibles, de la mesure qui, seul rend durable et féconds les œuvres ».

POUR UN CALENDRIER REALISTE ET CONSENSUEL*

A cet effet, il est préférable et indispensable que la CENI commence par les élections provinciales suivies des législatives couplées à la présidentielle, en laissant aux prochaines institutions, la tâche d’organiser le reste des scrutins.
Cette solution serait l’application de la politique de conscience fondée sur les valeurs, au lieu de faire la politique de convenance et connivence qui ne vise que des intérêts particuliers. Cette politique consiste à influencer la CENI de poursuivre les manœuvres dilatoires ayant pour objectif de nous amener au glissement avec comme modus operandi, de retarder les élections présidentielle et législative en entendant la fin des mandats des Présidents BARACK OBAMA et François HOLLANDE.
Par contre, l’histoire ne vous tiendrait pas rigueur, Excellence Monsieur le Président de la République, si vous vous impliquez personnellement à rendre réaliste et constitutionnel ledit calendrier, prélude d’une paix durable dans notre pays.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Tout homme bien avisé et animé de bon sens constate que le climat politique actuel en RDC est délétère, maussade et macabre. Etant donné que nous sommes à quelques pas des échéances électorales, il nous parait salutaire de vous demander de bien vouloir rasséréner l’atmosphère politique avant et pendant le début des scrutins en posant des actes héroïques concourant à la paix et à la cohésion nationale.
Grâce à votre expérience politique et votre sagesse que vous reconnaissent même vos adversaires politiques, vous pouvez poser des actes qui seraient enseignés dans l’histoire politique du Congo et resteraient gravés dans la mémoire de congolais même après la fin de votre mandat, en 2016. Il s’agit notamment :
- De favoriser la convocation d’un dialogue inclusif conformément aux Résolutions 2098 et 2211 du conseil de Sécurité, pour discuter des questions profondes liées au processus électoral,
- De faire appliquer scrupuleusement l’amnistie dans l’esprit des concertations nationales. Cette dernière doit revêtir un caractère général et non sélectif afin de permettre à tous nos compatriotes arrêtés arbitrairement de retrouver leur liberté ainsi qu’à certains leaders politiques forcés en exiles de regagner leur pays en vue de participer aux échéances électorales,
- D’appliquer la disposition de l’article 87 de la constitution qui vous donne le pouvoir d’exercer la grâce. Avec ce pouvoir, vous pouvez remettre, commuer et réduire les peines de nos compatriotes qui sont jusqu’ici détenus injustement pour qu’ils prennent part active aux échéances 2015-2016 ;
- De soutenir le Sénateur Jean-Pierre BEMBA par tous les moyens pour qu’il puisse recouvre la liberté ;
- De s’impliquer personnellement pour que les organes de régulation de médias puissent procéder à la réouverture de tous les médias fermés injustement.

Excellence Monsieur le Président de la République,
En faisant la rétrospective de l’histoire politique de notre pays, depuis l’indépendance à nos jours, vous remarquerez que plusieurs guerres et crises sont dues aux discriminations et aux frustrations de certains groupes de gens.
En posant ces actes et en vous surpassant ainsi, vous entrerez dans le panthéon de l’histoire mondiale, dans la cour des grands à l’instar de Nelson MANDELA qui, non seulement pardonna ses détracteurs jusqu’à accepter son bourreau, Frederick Declerck à devenir son vice-président mais aussi accepta de quitter le pouvoir dans les règles de l’art.

Excellence Monsieur le Président de la République,

« AFFAIRE FOSSE COMMUNE ».
L’actualité ces derniers temps est dominée par la découverte macabre de la fosse commune de Maluku.
La démarche la plus transparente avant de procéder à l’enterrement de ces soient-disant indigents, serait d’associer avant toute chose la justice, les associations des droits de l’homme, la croix-rouge.
Nous profitons de l’occasion, Excellence Monsieur le Président de la République, garant de la constitution, de bien vouloir vous engager individuellement pour que cette loi coloniale obsolète, discriminatoire qui ne s’apparente guère à nos us et coutumes soit abrogée.
A cet effet, nous demandons qu’une enquête internationale soit diligentée pour éclairer l’opinion de cette pratique récurrente inhumaine pour qu’enfin les responsabilités de chacun soient établies.
Pour toutes fins utiles, nous avons le devoir de dire la vérité même si elle est amère, comme cela fut la conviction profonde du Prophète Mahomet. Et nous sommes en droit de nous indigner face à l’injustice que subissent nos différents compatriotes, comme l’a dit STEPHANE HESSEL, Co-Rédacteur de la déclaration universelle des Droits de l’Homme dans son ouvrage « INDIGNEZ-VOUS ». * Les inter-titres sont de Forum des As

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16 avril 2015

Vidéo: Massacre de janvier 2015 à Kinshasa

Voici les images qui prouvent le massacre de janvier 2015 perpétré par les militaires de régime Kabila. Ce qui énerve le plus, c'est la façon dont on traite les Congolais même après leur mort. Suivez!

Voici encore les images qui prouvent le massacre de Congolais du 19au25 par J. kabila et son régime

Kasai Direct

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La face cachée des fosses communes : les vrais-faux indigents nous interpellent

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Les débats sur les fosses communes de Maluku ont eu la particularité de réveiller les consciences sur le niveau fort élevé très suspect de mortalité dans les familles kinoises. Qui pouvait croire que ce taux pouvait atteindre le chiffre diabolique de six cents décès par mois dans une ville de près de dix millions d’habitants ? En d’autres termes, la capitale congolaise enterrerait officiellement 7.200 personnes par an, sans compter ceux des Congolais indigents qui meurent et sont enterrés clandestinement dans des cimetières de fortune situés dans les zones périphériques de la capitale.

Des chiffres effarants, scandaleux et insoutenables dans un pays considéré comme l’un des plus riches en ressources naturelles sur la planète terre et situé au cœur du Continent. En proclamant ces chiffres la main sur le cœur, les autorités congolaises n’ont-elles pas évalué le danger que cela représente sur le plan national et même international ? Comment peut-on d’une part se vanter d’avoir maîtrisé les équilibres macroéconomiques, d’avoir rétabli l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national et placé sur l’orbite de la croissance à deux chiffres de notre pays pour atteindre le niveau des Etats émergents d’ici l’an 2020 et d’autre part faire un aveu constant d’un tel taux de mortalité fort élevé dans la capitale ?

Comme pour dire que si les cultivateurs et autres habitants de Maluku n’avaient pas saisi la Monusco sur la présence des odeurs nauséabondes dans un périmètre situé aux alentours d’un ancien cimetière, l’opinion n’aurait jamais su que les services urbains enterraient par mois plus de deux cents corps d’indigents, des fœtus et autres personnes inconnues dans des tombes..

Aveux contradictoires

Aussi curieux que cela puisse paraitre, malgré la forte onde de choc provoquée au sein des populations kinoises et congolaises par la découverte des « tombes communes ou fosses communes », celles-ci ont malheureusement tourné cela en dérision face aux contradictions flagrantes et spontanées observées du côté des autorités politico-administratives centrales et provinciale tout comme au niveau des deux chambres du parlement. Lesquelles ne se sont pas privées, de leur côté, de rivaliser de qualificatifs caricaturaux selon le camp politique où l’on se trouve. Chaque jour qui passe, l’opinion est sevrée des termes apparemment synonymes. Là, il est question d’une tombe commune, tandis que de l’autre côté, il s’agit des fosses communes. C’est la guerre des sémantiques et des articles des lois sur les procédures des funérailles en RDC depuis l’époque coloniale.

Un nouvel Ogaden au Sud du Sahara

A en croire ces chiffres effrayants fournis par les autorités politico-administratives centrales et provinciales, la capitale serait aujourd’hui habitée par des populations plongées dans une telle misère que l’on dénombre un taux fort élevé des 7.200 décès par an. A ce rythme là, il est à craindre que l’on en arrive à un manque criant des espaces pour enterrer les gens d’ici dix ans. Dès lors que les cimetières existant affichent pleins et certains ont été fermés car ayant atteint l’âge requis par le législateur.

Ce taux effarant de mortalité à Kinshasa n’a rien à envier à celui atteint il y a plus de vingt ans par le territoire semi-désertique de l’Ogaden en Ethiopie. Pour lequel la communauté internationale a dû procéder à une immense mobilisation internationale pour obtenir des vivres, des médicaments, des fonds d’assistance, des équipes des médecins, infirmiers, logisticiens, pharmaciens, secouristes, etc. Des vedettes mondiales de la chanson furent mobilisées pour rédiger une belle chanson vendue par des centaines des millions des dollars pour voler au secours de ces populations souffrant de la faim et dont le taux de mortalité avait atteint des chiffres inimaginables. Kinshasa n’est pas très loin de ce tableau apocalyptique si l’on en croit à ce que les autorités politico-administratives viennent de livrer au public à la faveur de ces « tombes communes ou fosses communes de Maluku ».

L’heure des doutes

Profitant de la découverte de ces « fosses communes les autorités politico-administratives du pays ont lancé une vaste campagne de sensibilisation et de conscientisation au sein des populations par médias interposés et au niveau de deux chambres du parlement. Avec comme objectif de rejeter en bloc les accusations formulées par les forces politiques et sociales proches de l’opposition. Lesquelles soutiennent que ces fosses communes de Maluku contiendraient, entre autres, des corps des victimes des trois journées chaudes du mois de janvier dernier ainsi que d’autres congolais ayant été exécutés clandestinement par des agents des services pour leur appartenance politique.

Des activistes de l’Opposition, de la Société civile, des ONG internationales de défense des droits de l’homme ainsi que des partenaires extérieurs ne paraissent pas convaincus par les versions officielles. C’est la raison majeure de l’exigence d’une enquête crédible et transparente, avec la participation d’experts étrangers. En clair, le gouvernement congolais est appelé à jouer la carte de la vérité en mettant, sur la place publique, les listes des morts, indigents et corps , leurs identités, leurs adresses de résidence, leurs fiches médicales, leurs certificats de décès et d’inhumation.

Dans une capitale où les citoyens, en dépit de leurs problèmes sociaux, se saignent aux quatre veines pour s’acheter des uniformes, louer des funérariums, des instruments de musique, ou groupes musicaux, des cameramen et photographes, en vue de rendre les derniers hommages à des êtres chers disparus, la thèse de l’abandon massif des corps dans les morgues suscite bien de doutes. 421 corps abandonnés entre janvier et mars 2015 et 178 corps abandonnés entre le 19 mars et le 13 avril, cela est difficile à croire. La redevabilité exige que les gestionnaires de la chose publique ne cachent rien.

Les vrais-faux indigents nous interpellent. Le meilleur moyen de leur rendre hommage, c’est de clarifier le feuilleton de Maluku.

En attendant l’issue des enquêtes déclenchées par le Parquet Général de la République, l’opinion est de plus d’avis que le Congo sombre dans une situation de misère indicible qui contraste avec le tableau reluisant que les officiels ne cessent de vendre à l’extérieur.

F.M.

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Territoire de Ngandanjika : deux jours des » hôpitaux sans médecins «

Territoire de Ngandanjika : deux jours des » hôpitaux sans médecins «

Les habitants du territoire de Ngandanjika, situé à environ 90 km à l’Est de la ville de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, particulièrement ceux qui ont eu le malheur d’avoir des ennuis de santé, ont traversé deux jours pas très rassurants. Il s’agit des journées de mardi 14 et de mercredi 15 avril 2015.

A en croire l’Agence congolaise de presse (ACP), dans sa livraison d’hier mercredi, les médecins membres de la cellule de l’Ordre des médecins dans le territoire de Ngandanjika avaient décrété ces journées » journées des hôpitaux sans médecins « .

C’est ce que rapporte le procès-verbal de la réunion extraordinaire tenue par les médecins du territoire de Ngandanjika dans la salle des réunions du bureau central de la zone de santé de cette entité administrative.

Selon l’agence de presse officielle de la République démocratique du Congo, les vingt et un médecins du territoire de Ngandanjika réunis pour la circonstance tenaient ainsi à manifester leur désapprobation par rapport à l’agression subie sur le lieu du travail par le médecin directeur de l’Hôpital Saint Joseph de Mulumba, le Dr Nathan Bukasa Matumba, de la part de l’un des responsables de cette formation médicale. Bien que la source ne dise rien sur les raisons de cette agression, on pense que les médecins du territoire ont voulu ainsi défendre l’honneur et la dignité de leur profession.

Seulement, d’aucuns se demandent pourquoi priver les malades du coin la possibilité de se faire soigner par les médecins, comme si c’est eux qui avaient agressé le médecin directeur de l’hôpital Saint Joseph de Mulumba.

En fait, la santé de la population ne devrait pas être utilisée par le personnel soignant pour se régler les comptes. Pendant les deux journées des hôpitaux sans médecins décrétées par les médecins du territoire de Ngandanjika parce que le médecin directeur de l’un des hôpitaux de cette partie de la province du Kasaï Oriental actuelle par un agent responsable dans cette structure, qui peut évaluer les tords subis par la population qui, en fait n’a rien à voir dans cet incident ?

Par Ciko

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CENI: le représentant spécial Said Djinnit vient pour constater l’avancée du processus électoral

CENI: le représentant spécial Said Djinnit vient pour constater l’avancée du processus électoral

Entre-temps, des membres du bureau et de l’assemblée plénière de cette institution d’appui à la démocratie ont visité quelques antennes à Kinshasa afin de confirmer l’ouverture des BRTC et l’arrivée des candidats!

L’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour les Grands Lacs d’Afrique, Said Djinnit, accompagné du conseiller spécial, qui a le rand de sous-secrétaire général, Mdibo Touré, de l’assistant spécial Said Condé et du chef de Bureau de liaison Marc-André Lagrange, ont effectué une visite de courtoisie à la CENI (Commission électorale nationale indépendante), ou ils ont échangé avec des membres de cette institution d’appui à la démocratie afin de s’enquérir du niveau d’avancement du processus électoral dans le pays.

Ils ont été reçus, en l’absence de l’abbé-président, par le vice-président de la CENI, André Mpungwe, qui était entouré, à cette occasion, par certains membres du bureau dont le rapporteur Jean-Pierre Kalamba, la questeur Chantal Ngoy Tshite Wetshi et son adjointe Micheline Bie Bongenge. Le secrétaire exécutif national adjoint (SENA), Corneille Nangaa, a aussi pris part à la rencontre.

C’est dans ce cadre que, ces responsables de la centrale électorale congolaise ont fait l’état des lieux de la mise en œuvre du calendrier électoral global ainsi que de la planification des opérations de réception et traitement des candidatures pour les élections urbaines, municipales et locales couplées avec les provinciales.

Le vice-président Mpungwe a même remis officiellement une copie du calendrier électoral à l’envoyé spécial de Ban-Ki-Moon dans la région des Grands Lacs.

Les responsables de la CENI ont, en outre, indiqué à leurs hôtes qu’ils attendent l’appui logistique de la MONUSCO (Mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Congo) qui, pour eux, reste et demeure indispensable dans la prise en charge des opérations électorales en RD Congo. En ce qui concerne, par ailleurs, les contraintes soulevées par centrale électorale, des avancées ont été constatées.

Le vice-président André Mpungwe et ses collègues du bureau ont sollicité des hôtes du jour d’appuyer la CENI à travers un lobbying et des actions concrètes dans le cadre de la mise en œuvre efficiente de ce calendrier électoral.

Ils ont également plaidé pour la formalisation rapide du Projet d’appui au processus électoral au Congo (PACEC), actuellement sous la gestion du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement).

C’est ainsi que, l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations-Unies a promis de sensibiliser les représentants des pays membres du Comité de partenariat des élections pour des réponses précises aux préoccupations soulevées par la CENI.

Confirmation d’ouverture des BRTC à Kinshasa

Juste après cette rencontre, des membres du bureau et de l’assemblée plénière de la CENI, avec à leur tête le rapporteur Jean-Pierre Kalamba, ont visité deux des antennes de la ville province de Kinshasa pour confirmer l’ouverture effective des BRTC (Bureaux de réception et traitement des candidatures).

Au niveau du BRTC de l’YMCA, où est installé l’antenne de Kalamu concernant les communes de Kalamu, Bandalungwa, Bumbun Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri et Selembao, des intéressés se venus déposer leurs candidatures. C’est le cas aussi du BRTC du quartier II, dans l’antenne de Ndjili concernant les communes de Ndjili, Masina et Kimbanseke, où 4 candidats se sont présentés pour le compte de leurs partis politiques.

Le rapporteur Kalamba a donné le chiffre de 8 partis politiques répertoriés jusque-là qui se sont présentés pour le dépôt des dossiers de leurs partis politiques au niveau de ces deux BRTC.

Il a invité par ailleurs les candidats conseillers communaux à la patience, car ils ne sont pas concernés dans cette première opération, qui va du 15 avril au 05 mai 2015, prévue juste pour les députés provinciaux.

Par Lucien Kazadi T.

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L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

L’autre face cachée du découpage territorial:Les nouvelles provinces exclues des élections !

Il s’agit là d’une lourde hypothèque qui peut peser sur la stabilité du pays et la sécurité collective

En même temps qu’elle peaufinait des stratégies politiques qui devraient permettre le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays au terme de son second mandat constitutionnel, la Majorité présidentielle développait des manèges de toutes sortes pour rendre le pays ingouvernable en cas d’échec de sa funeste entreprise !

Parmi ces manèges figurent en bonne place, on s’en doute, le découpage territorial qui se traduira concrètement par la mise en place de 26 provincettes après l’émiettement de 11 préexistantes dont la ville de Kinshasa !

De nombreux cadres de la Majorité présidentielle étaient mobilisés pour sillonner l’ensemble du territoire national aux fins d’expliquer le bien-fondé de ce découpage aux populations de régions de l’arrière-pays en prenant soin toutefois de dissimuler les intentions malveillantes qui se cachaient derrière cette initiative.

Alors que l’option consistant à créer de nouvelles provinces avait suscité un enthousiasme débordant au sein d’une frange importante de la population, la Majorité présidentielle en fait aujourd’hui un instrument privilégié de sa stratégie de diversion pour éloigner l’alternance à la tête des institutions du pays !

En effet, agissant de concert avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Majorité présidentielle a obtenu que les prochaines élections se déroulent au même moment que la mise en place de nouvelles provinces dont la loi de programmation sera promulguée dans les jours qui viennent alors que les moyens attendus ne s’y prêtent pas.

Concrètement, le budget prévu dans le cadre de l’organisation de prochaines élections l’avait été sur la base de dépenses de 11 provinces et non de 26. Ce qui signifie que les provinces nouvellement créent sont de ce fait exclues de la course électorale avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

On ne peut vraiment s’offusquer d’affirmer qu’il s’agit là d’une lourde hypothèque sur la stabilité du pays et la sécurité de milliers et de milliers de Congolais qui verraient ainsi leurs rêves se briser à travers des élections promises à tous mais auxquelles ils ne participeront plus par la faute de la Majorité au pouvoir !
Nous y reviendront prochainement avec plus de détails.

Par Kambale Mutogherwa

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MP : le G7 contraint désormais à la résignation

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Contrairement à beaucoup d’informations diffusées en début de semaine par la presse nationale, la famille politique à laquelle appartient Joseph Kabila a tenu sa deuxième réunion consécutive du mois en cours dimanche dernier à Kingakati en abordant des sujets qui méritent de retenir l’attention particulière de tous les Congolais !

En effet, au cours de cette réunion tenue, comme la précédente, en l’absence du précité, il a été question d’un véritable procès interne contre le Groupe de 7 partis politiques membres de la Majorité présidentielle qui ont toujours réclamé un débat de fond sur des questions essentielles en rapport avec l’avenir du pays après les échéances politiques majeures de 2016 ?

D’après de nombreux témoignages, cette réunion politique qui avait des allures d’une véritable inquisition tournait autour de la décision de la Majorité présidentielle de rester inflexible sur la question du maintien de Joseph Kabila au pouvoir malgré les dispositions constitutionnelles qui mettent définitivement un terme à son deuxième mandat en 2016 ; de s’opposer farouchement à ma retouche combien vitale du calendrier électoral global publié par la CENI ; de défendre avec opiniâtreté la mise en place de nouvelles provinces malgré les germes de conflictualité qu’elle porte en elle, etc.

Le G7 invite à choisir

Selon les mêmes témoignages, le Groupe de sept partis politiques membres de la Majorité présidentielle ont opposé des arguments solides à la partie adverse sur toutes les questions posées par elle mais sans effet, la raison du plus fort étant toujours la meilleure.

A l’issue de discussions ainsi engagées, le modérateur de la réunion a passé la parole au maître de céans qui a conclu en disant plus ou moins ce qui suit : « La Majorité présidentielle ne reculera pas devant qui que ce soit. Ses décisions et positions restent inchangées en ce qui concerne l’avenir proche du pays et elle n’entend pas se laisser impressionner par qui que ce soit, n’en déplaise aux vociférations de ceux qui rament à contre-courant » !

Visiblement très sûre de l’efficacité de ses stratagèmes politiques de combat pour empêcher l’alternance en 2016, la Majorité présidentielle renvoie le G7 à ses études et lui fait rabattre le caquet en déclarant, nous citons : « Ou les frondeurs du G7 renoncent définitivement à leurs exigences réformistes ou alors ils quittent définitivement la famille » !

C’est donc clair. Le G7 doit choisir entre son maintien et son départ. L’opinion nationale qui n’a pas l’habitude de garder sa langue en poche dit qu’elle redoute l’humiliation du G7 qui sera tenté de garder ses avantages matériels en échange de son honneur et de sa dignité. Qu’en pensent les observateurs avisés de la scène politique congolaise ?

Par Kambale Mutogherwa

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Dossier « Y’en a marre » et « Balai citoyen » : Forte mobilisation à Dakar contre Kinshasa

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Une campagne exigeant la libération de ces leaders sociaux lancée et des rassemblements le 30 Avril devant les ambassades de la RDC en préparation ainsi qu’une pétition en ligne

C’est depuis un mois que neuf militants de la société civile restent détenus au secret dans les geôles de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR).

Ce groupe comprend notamment Fred Bauma et Olivier Munongo. Les prisonniers ne voient ni leurs avocats, ni leur famille et n’ont pas été présentés devant un juge depuis leur arrestation à Masina, le dimanche 15 mars dernier, avec leurs collègues sénégalais de « Y en a marre » et burkinabé du « Balai citoyen ».

Au moment où à Kinshasa, l’attention est braquée sur l’affaire de « la fosse commune de Maluku », à Dakar, le mouvement « Y’en a marre » et des organisations de défense des droits de l’homme ont lancé une campagne pour exiger la libération immédiate des leaders pro démocratie congolais encore en détention. Parmi elles, se trouvent Amnesty international, la Ligue sénégalaise des Droits de l’Homme et Article 19.

« Quand l’Union africaine reste muette, quand les Etats africains et la communauté internationale se taisent, il est temps que les forces vives se mobilisent », lance le juge Seydi Gassama, président de la section sénégalaise d’Amnesty international.

« Dans le cas du Congo, c’est la liberté d’expression qui est en cause. La liberté de réunion qui est en cause. Ça, ce sont des libertés fondamentales, vitupère le militant.

Or, manifestement, l’Etat veut, en intimidant ces jeunes, en les arrêtant et en les bâillonnant, tuer l’espoir qui était en train de naître. Et s’ils meurent au Congo, c’est tout l’espoir de l’avènement d’une vraie démocratie en Afrique qui va s’évanouir. », a ajouté le magistrat.

Appels à manifester le 30 avril

Fadel Barro, coordonnateur de « Y’en a marre », l’un des trois Sénégalais arrêtés le 15 mars, avant d’être expulsé vers son pays,a récemment déclaré n’avoir aucune nouvelle de ses camarades congolais. « Les autorités congolaises seront responsables de tout ce qui arrivera à ces jeunes-là », a prévenu Barro.

Ainsi, le 30 avril prochain, des rassemblements seront organisés devant des ambassades de la RDC dans de nombreux pays africains mais aussi en Europe pour exiger la libération des leaders pro démocratie congolais toujours en détention au secret à l’ANR. Une pétition est aussi en ligne à l’initiative de Y’a en marre pour exiger la libération de Fred Bauma, Olivier Munongo, Ben Kabamba….

Rappel des faits

Le 15 mars dernier, à l’issue d’une conférence de presse organisée à Kinshasa par plusieurs ONG congolaises (Jeunesse pour une nouvelle société (JNS), le Forum national de la jeunesse pour l’excellence (FNJE ) et Lutte pour le changement (LUCHA) à laquelle participaient plusieurs membres du mouvement sénégalais Y’en a marre et du collectif burkinabè Balai Citoyen, plusieurs militants ont été arrêtés.

Le 18 mars, une manifestation réclamant la libération de ces militants de la société civile a de nouveau débouché sur des interpellations à Goma, chef lieu de la province du Nord-Kivu où dix étudiants membres de la Lucha seront arrêtés puis relâchés suite aux pressions des Ongdh. Le lendemain, les militants sénégalais et burkinabè arrêtés lors de la conférence de presse se verront expulsés .

Régression

Plusieurs membres de la coordination de la LUCHA ont été arrêtés le mercredi 8 avril à Goma, alors qu’ils manifestaient pour la libération des activistes détenus à Kinshasa et le respect des libertés publiques. Trois membres de la coordination de cette association sont toujours en détention. Sur Twitter, la LUCHA a donné les noms des trois personnes .

Il s’agit de Trésor Akili, Vincent Kasereka et Gentil Mulume. Elle a par ailleurs dénoncé l’arrestation d’un cinquième membre du mouvement, Pascal Byumanine, qui selon elle, apportait de la nourriture aux détenus. Pascal Byumanine, qu’un journaliste de l’AFP avait pu voir dans la matinée dans un commissariat de Goma (retenu au poste pour les besoins de l’enquête, selon la police), a finalement recouvré sa liberté dans l’après-midi, selon la LUCHA.

En fait, les activistes participaient à l’action ‘Coup de sifflet’ pour exiger la libération des activistes détenus à Kinshasa et le respect des libertés publiques.

La Lucha avait appelé le 1er avril la population congolaise à siffler ou à faire du bruit tous les soirs pendant cinq minutes à 17h00 GMT pour obtenir la libération de Fred Bauma et ses compagnons détenus par l’Agence nationale de renseignement depuis leur arrestation le 15 mars à Kinshasa.

Quid de la commission parlementaire ?

L’Assemblée nationale avait décrétée un huis-clos pour faire le point sur les conditions de détentions des leaders pro démocratie en détention au secret à l’ANR. A l’issue de cet huis-clos, une commission d’enquête parlementaire a été mise sur pied. Mais jusqu’à ce jour, aucun résultat.

Cette commission parlementaire est constituée de quinze députés désignés par leurs groupes parlementaires. Parmi eux Ambroise Kamukuni,  Mohamed Bule, Jean Kimbunda, Jérôme Lusenge, Lumeya Dhu Malegi et Zacharie Bababaswe.

Pendant dix jours, ces parlementaires ont rencontré les différents services de sécurité qui sont intervenus dans cette affaire.  Cette mission d’information a été mise en place à la suite d’une motion incidentielle du député Gilbert Kiakwama. Ce  dernier, dont le fils est détenu en compagnie d’une dizaine d’autres activistes, avait appelé à leur libération.

L’avocat de ces activistes, Me Sylvain Lumu Mbaya, a déposé le lundi 23 mars une plainte contre inconnu pour enlèvement, arrestation arbitraire, détention et perquisitions illégales ainsi que pour violation des droits garantis aux particuliers.

Par GKM

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RDC: 4 militants de Lucha transférés à la prison de Munzenze

prison Munzenze de Goma

Les quatre jeunes activistes du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha), arrêtés la semaine dernière à Goma puis gardés au parquet, ont été transférés lundi 13 avril à la prison centrale de Munzenze sur ordre du procureur de la République de Goma, ont indiqué mercredi des membres de ce mouvement à Radio Okapi.

Dans un communiqué publié mercredi 15 avril à Kinshasa, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) demande la libération de «quatre membres de Lucha, à savoir MM. Mulume Zahiga Jeancy, Trésor Akili Kahiwa, Kambere Sylvain et Kasereka Vincent […] actuellement détenus à la prison Munzenze de Goma.»

Lucha redoute que ses membres emprisonnés ne vivent «l’enfer». La pratique dite de l’« enfer » consiste pour les anciens prisonniers à imposer des corvées au nouveau détenu qui ne leur verse pas une caution équivalent à 35 dollars américains. Le détenu insolvable se voit ainsi obligé de vider les fosses septiques de la prison à mains nues et à marcher pieds nus.

Déjà, les membres de la Lucha et leurs avocats ont déposé une demande de liberté provisoire pour ces jeunes. Ils promettent d’organiser d’autres actions pour exiger la libération de ces jeunes militants qui sont étudiants à l’Unigom et à l’ISDR de Goma, si la liberté provisoire ne leur est pas accordée.

Ces jeunes avaient été arrêtés par la police, le 7 avril, alors qu’ils menaient des actions pacifiques pour réclamer la libération d’autres membres du mouvement citoyen Filimbi détenus à Kinshasa depuis un mois. Parmi les personnes arrêtées à Kinshasa, on compte notamment Fred Bahuma, Jean Kaluseke et le webmaster Yves Makwambala sollicité pour concevoir le site du mouvement Filimbi. Ils sont tous accusés par les services de sécurité de tentative d’insurrection.

Les avocats et les proches des activistes arrêtés à Kinshasa affirment ne pas être en contact avec eux pour organiser leur défense ou les assister. Ils considèrent que leur détention est illégale.

«On ne comprend pas ! Pendant que certains d’entre eux ont été libérés, pourquoi on s’en tient à prendre d’autres de manière obstinée, jusqu’à ce jour ?», interroge Sylvain Lumu, leur avocat.

Mobilisation à Dakar

Pendant ce temps, les Sénégalais du mouvement de la démocratie «Y en a marre » organisent ce mercredi à Dakar une marche pour exiger la libération de leurs collègues congolais toujours en détention à Kinshasa.

Les jeunes sénégalais et Burkinabé du mouvement «Balai citoyen» interpellés en même temps que les Congolais ont été libérés et expulsés du territoire congolais.

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15 avril 2015

Fosse commune de Maluku : l’Ordonnance du 14 février 1914 sur le service des inhumations, établir les responsabilités

Écrit par Jean-Bosco Kongolo M., juriste et criminologue

assemblée nationale

 

L’encre et la salive coulent et continueront encore de couler au sujet de la fosse commune de Maluku où de centaines de corps humains ont été « enfouis » nuitamment à l’insu de la population kinoise, en violation de la législation en matière d’inhumations et contrairement à la culture congolaise, qui accorde aux morts une très grande considération.


D’où, de nombreuses voix s’élèvent de partout pour exiger qu’une commission d’enquête indépendante vienne éclairer l’opinion notamment sur les causes de décès d’un si grand nombre de citoyens.

Déjà, on pointe du doigt accusateur les autorités du pays qui, abusant des forces de sécurité, auraient perpétré des massacres des citoyens qui avaient manifesté en janvier 2015 contre une disposition de la loi électorale qu’examinait le Parlement.

Au-delà des émotions, du reste justifiées, qui traduisent l’indignation des uns et des autres, nous voulons joindre notre voix et notre expérience en matière judiciaire pour tenter de répondre à un certain nombre de questions que pourrait soulever la commission d’enquête, si elle est mise en place. Ces questions sont les suivantes : -

-(1) La commission d’enquête est-elle opportune? 
-(2) Doit-elle être judiciaire ou indépendante?  
-(3) Sur quelles responsabilités peut-elle déboucher : politiques ou pénales ?  
-(4) Existe-t-il une législation congolaise relative à l’inhumation des cadavres humains? 
-(5) Quelles recommandations, la commission d’enquête pourrait formuler pour l’avenir? Pour répondre à toutes ces questions, nous n’allons nous baser que sur la version officielle des faits tels que présentés par le Ministre de l’Intérieur lui-même.

1. La version officielle des faits 

Cette version est ainsi résumée par Radio Okapi : « Pour Evariste Boshab, il s’agit plutôt des indigents, gardés longtemps à la morgue centrale de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo et inhumés par l’Hôtel de ville de Kinshasa sur une demande de la direction de la morgue. 

Selon le rapport du gouvernement, parmi ces indigents, il y a des personnes ayant rompu le tissu social avec leurs familles, des corps abandonnés, des corps non identifiés et des mort-nés, enregistrés en bonne et due forme à la morgue centrale.  

                                  
Evariste Boshab a par ailleurs indiqué que c’est au nom de la transparence et du devoir de la vérité que le gouvernement rend public son rapport administratif, en attendant le volet judiciaire. 

                                                                                                                                 
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a également déclaré que le gouvernement était disposé à exhumer les corps, si la demande était faite ou si le moindre doute persistait. Pour plus de transparence, Evariste Boshab a promis de mettre son rapport à la disposition de tous».       

                                                                                                                
Cette version est confirmée et complétée par un membre du gouvernement provincial en charge du Budget, Plan, Travaux publics et Infrastructures, qui renseigne qu’il s’agit d’une opération de routine :

« Robert Luzolano confirme les faits et indique que ces personnes sont des indigents dont 300 mort-nés et de fœtus abandonnés, 23 corps abandonnés, 64 personnes non identifiées pour absence de pièces et 34 personnes dont les familles ont été incapables de les inhumer. Parmi ces personnes, argumente Robert Luzolano, il y a celles provenant d’autres morgues et qui ont été reversées à la morgue centrale ».

2. Pourquoi une commission d’enquête?

Plusieurs raisons militent en faveur de l’opportunité d’une enquête : l’intervention du gouvernement après dénonciation par la population auprès de la Monusco, le nombre impressionnant de corps humains retirés à la fois d’une morgue, le doute sur les causes de décès, le caractère routinier de l’opération selon le gouvernement de la ville-province de Kinshasa.


2.1 Intervention non convaincante du ministre de l’intérieur

L’enquête aura d’abord pour tâche de savoir pourquoi le Ministre de l’Intérieur s’est précipité à défendre le gouvernement provincial de la ville de Kinshasa comme si l’opération menée par celui-ci ne pouvait en rien être choquante sur les plans moral, éthique, culturel et légal.

Ce qui aurait été exact à faire, pour le gouvernement central, c’est non pas de se défendre mais plutôt de diligenter une enquête en direction des services urbains de Kinshasa chargés d’inhumations et des cimetières.

Sinon, puisqu’il y a des indigents et des mort-nés ou des corps abandonnés partout au pays, que le ministre aille alors jusqu’au bout pour dire à la nation combien de fosses communes de ce genre il y a chaque année dans les autres provinces ainsi que les statistiques funéraires de ce genre, mises à sa disposition par les gouverneurs de toutes les provinces.

Il n’y a aucun doute que si les odeurs nauséabondes provenant de la fosse commune n’avaient pas incommodé les paisibles habitants de la Commune de Maluku pour que ces derniers en avisent les responsables de la Mission des Nations-unies, personne n’aurait jamais su ou soupçonné ce qui s’est passé dans ce coin de la capitale.

Dans une ville aussi policière et fortement militarisée comme Kinshasa, où l’on déplore régulièrement des cas de disparitions des personnes lors des manifestations contre le pouvoir, les explications du Ministre de l’Intérieur jettent plus de doute qu’elles n’apportent de lumière sur le dossier.

2.2 Le nombre de corps humains enfouis dans la fosse commune

Pour apaiser l’opinion sur le nombre impressionnant de corps humains enfouis (enfuir convient mieux qu’inhumer, car aucune culture congolaise n’inhume de cette façon) dans une seule fosse, l’enquête permettra, documents à l’appui, de connaître d’abord  la capacité d’accueil de la morgue de l’Hôpital ex-Mama Yemo et le temps qu’il a été nécessaire d’accumuler tous ces corps avant que les gestionnaires demandent à l’Hôtel de ville de Kinshasa de les évacuer vers un lieu de repos éternel.

2.3 Les causes de décès

L’enquête est nécessaire pour faire la distinction entre d’une part les mort-nés et les fœtus des personnes adultes décédées pour quelle que cause que ce soit. S’agissant des mort-nés, la pratique dans toutes les maternités de Kinshasa est de les assimiler aux fœtus et d’en disposer, sauf avis contraire des parents, pour les incinérer comme on le fait avec les placentas.

Dans presque toutes les coutumes congolaises on ne tient même pas un deuil pour un mort-né et cela s’explique aussi juridiquement dans ce sens qu’il faut être né vivant et viable pour être considéré comme une personne décédée.

Quant aux corps des personnes adultes, l’enquête devra permettre de distinguer celles ayant été hospitalisées à l’Hôpital Général de référence de Kinshasa, donc ayant logiquement des dossiers médicaux faciles à retrouver dans cet hôpital, de celles décédées dans des formations médicales sans morgue ou décédées d’une autre cause en dehors de tout établissement médical.

Même dans ces derniers cas, chaque corps déposé dans une morgue est en principe identifié, un numéro lui est attribué et un reçu délivré à la personne ou famille qui l’amène.

Lorsque le décès est survenu dans un hôpital, il y a toujours un certificat de décès signé et délivré par un médecin pour servir de preuve à toutes fins utiles (dépôt du corps dans une morgue, inhumation dans un cimetière, déclaration devant l’officier de l’état civil, etc.).

Il est important de porter à la connaissance du public qu’à Kinshasa, sauf omission de notre part, il y a une morgue dans chacun des hôpitaux de l’État ci-après : Clinique Ngaliema, Cliniques Universitaires de Kinshasa, Hôpital de Kitambo, Hôpital du Centenaire.   

3. Existe-t-il une législation relative aux inhumations?     

                                                                
A ce sujet, la commission est utile pour éclairer l’opinion sur les propos du ministre  provincial du Budget, Plan, Travaux publics et Infrastructures, selon lequel il s’est agi d’une opération de routine.

Cela revient à dire, d’après lui, qu’il n’existe aucune législation en la matière ou, si elle existe, pourquoi le gouvernement provincial ne la respecte pas? Depuis quand et sur instruction de qui cette routine s’est installée ? Comme il y a des fœtus, des mort-nés et des indigents partout dans le pays, que font les autres autorités provinciales en pareils cas? Le gouvernement central, est-il au courant ces pratiques ?

En ce qui nous concerne, un ratissage professionnel dans la dense forêt de nos lois et règlements nous a permis de retrouver une vieille législation, jamais abrogée, datant de l’époque coloniale, sur le service des inhumations et la police des cimetières, censée être connue de tous les responsables de la territoriale.

Il s’agit de l’Ordonnance du 14 février 1914 sur le service des inhumations et police des cimetières, dont nous reproduisons quelques dispositions en rapport avec le sujet d’actualité :      

                                                                                                                           
Article 1er

Dans tous les centres d'occupation de la colonie, il sera établi, dans les terrains désignés par l'administrateur de territoire, un ou plusieurs cimetières.Ils seront entourés d'une clôture d'au moins 1 m50 d'élévation.   

 Article 2

Il est interdit de procéder à l'inhumation des corps des personnes décédées, sans un permis délivré par l'officier de l'état civil de la localité ou, à son défaut, par l'autorité administrative. 

                                                                                                                               
Les permis d'inhumation ne seront accordés par les fonctionnaires ci-dessus désignés que sur le vu d'un certificat médical: s'il n'y a pas de médecin, l'officier de l'état civil ou l'autorité administrative ne pourra délivrer le permis d'inhumation qu'après s'être transporté auprès de la personne décédée, pour s'assurer du décès.  

                    
Article 3  Aucune inhumation ne pourra avoir lieu que dans les terrains affectés par l'autorité aux inhumations.  

                                                                                              
Article 4    Chaque inhumation aura lieu dans une fosse séparée; chaque fosse aura une profondeur de 1 m 50 sur 80 centimètres de largeur et 2 mètres de longueur.  

    
Article 5  Les fosses sont distantes entre elles d'au moins 30 centimètres sur tous les côtés.     

            
Article 6  Il est cloué à la tête de chaque cercueil ou attaché au linceul une estampille en métal portant un numéro d'ordre, lequel sera reproduit sur les clôtures, pierres sépulcrales, croix ou autres signes funéraires élevés sur les tombes.

Il n’est pas besoin d’être juriste ou juge  pour lire et comprendre la pensée du législateur en lien avec le sujet qui nous préoccupe ou de banaliser ce qui s’est passé, en trouvant inutile et inopportun une commission d’enquête.

4. Nature de la commission d’enquête Il faut être né de la dernière pluie pour croire les déclarations d’un membre du gouvernement qui prétend, comme à ses habitudes, que la justice congolaise est indépendante et qu’elle n’a d’ordre à recevoir que de la loi.

Si tel était en effet le cas, combien d’enquêtes judiciaires menées par la justice congolaise sur des dossiers sensibles ont déjà abouti à des résultats qui la mettent en confiance avec la population ?

Qu’il s’agisse de l’assassinat de Laurent-Désiré, de Chebeya, de beaucoup de journalistes disparus ou assassinés, du Colonel Mamadou Ndala et de tant d’autres anonymes victimes de la soldatesque du pouvoir, la nation a perdu toute confiance dans son institution qui aurait pu s’ériger comme dernier rempart contre les violations massives et répétées des droits de l’homme.

Par contre, toutes les fois qu’un citoyen ose user de sa liberté garantie par la Constitution pour émettre son opinion sur des sujets d’intérêt national (limitation des mandats présidentiels, alternance au pouvoir,…), la justice est toujours prompte à déployer tout l’arsenal répressif (atteinte à la sûreté intérieure de l’État, incitation à l’insurrection, incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi, incitation à la haine tribale, etc.) pour anéantir les «téméraires» et les réduire au silence.

Alors que le gouvernement provincial avoue publiquement et solennellement que l’enfouissement des corps humains dans des fosses communes est une opération de routine depuis quelques années, de qui se moque le Parquet général de la République dans son communiqué adressé aux familles des personnes disparues : «Les victimes qui sont à la recherche de l’un des leurs, prière les informer qu’il existe un dossier judiciaire. Elles peuvent venir et en ce moment là nous prendrons leurs déclarations »?

Dans ce pays où l’échelle des valeurs est renversée, il faut être artiste musicien et chanter pour les autorités politiques afin de bénéficier des funérailles dignes d’un être humain (1million de dollars US).

Qui a oublié comment les Gouverneurs de Bandundu et de Kinshasa se sont disputés l’organisation des funérailles de Emeneya ou comment la plupart des autorités nationales ont cherché à se rendre vedettes lors de ces mêmes funérailles au Palais du Peuple? (Pour qui a un quelconque doute, ces images sont encore disponibles sur Youtube).

« Ainsi, le Président de la République, Grand chancelier des ordres nationaux, lui a décerné, à titre posthume, la médaille d’or de  mérite civique,  pour des bons et loyaux services rendus à la nation congolaise. Des hommages les plus déférents, c’est aussi la présence du Premier Ministre et des membres de son gouvernement, du Président de  l’Assemblée nationale, de  quelques gouverneurs des provinces et de leurs Assemblées provinciales. Les gouverneurs de Kinshasa et de Bandundu vont ériger, en mémoire de l’illustre disparu, un monument à Kikwit ».

Mais lorsqu’un professeur d’université, un magistrat ou un cadre de l’administration publique décèdent, ils sont inhumés par leurs familles comme des indigents.

C’est ce qui s’est encore répété il y a à peu près deux semaines lorsqu’un Haut magistrat (Conseiller à la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete) est décédé à domicile, sans assistance financière ni médicale de l’État et enterré dans le dénuement total grâce à la cotisation de ses collègues.

Au cours de notre carrière dans la magistrature, il nous était déjà arrivé (sous le règne de L.D.Kabila) de prononcer une oraison funèbre à l’occasion des funérailles d’un collègue enterré dans les mêmes conditions que ci-dessus.

Pour toutes ses raisons, et pour tant d’autres qui disqualifient la justice congolaise, nous soutenons que seule une commission autre que judiciaire, à défaut d’être complètement indépendante, peut aboutir à des conclusions crédibles.    

5. Établir des responsabilités  

Les conclusions attendues par l’opinion publique nationale varient selon qu’on est politicien ou activiste des droits de l’homme ou encore simple citoyen.

Globalement, les membres de l’opposition politique et certains activistes des droits de l’homme trouvent dans cette affaire une aubaine pour discréditer le pouvoir et, au besoin, obtenir les têtes de certains responsables politiques et militaires habituellement pointés pour leur cruauté et leur impunité.

Les uns et les autres sont surtout convaincus que parmi les personnes enfouies dans cette fosse commune, se trouvent des anonymes qui auraient été victimes de la répression disproportionnée de la police et de l’armée en janvier dernier lors des manifestations contre la loi Boshab.

Dans un État qui se veut et se proclame de droit, nous pensons que l’heure a sonné, à certains niveaux de responsabilité, de devoir rendre compte des ses actes.

                                                                                                               
A l’issue des travaux de la commission, dont l’opportunité n’est plus à démontrer, l’opinion sera en droit d’attendre que certains responsables politiques et judiciaires démissionnent ou soient contraints de le faire à cause de leur gestion calamiteuse et de leur amateurisme dans ce dossier.

Pénalement et pour une fois, s’il venait à être établi que parmi des personnes enfouies sans considération de la dignité humaine et de nos cultures congolaises il y en a qui sont mortes abattues par des balles ou à cause des violences de quelle que nature que ce soit, les suspects, peu importe leur rang, devront répondre de leurs actes devant la justice.

                                                                                                         
6. Recommandations

Certains diraient qu’il est prématuré de formuler des recommandations à ce stade où l’enquête n’a même pas encore pris forme.

Nous pensons pour notre part que vu la gravité des faits et la légèreté avec laquelle les responsables politiques gèrent et considèrent ce dossier comme un fait divers, il est urgent de formuler certaines recommandations à titre conservatoire, destinées au Président de la République, au Parlement et au Ministre de l’Intérieur.   

                                                                            
-Au Président de la République : recadrer les compétences et les prérogatives de chaque ministre pour éviter l’empiètement et surtout des déclarations intempestives non-conformes à la réalité, qui désinforment et qui finissent par embarrasser et rendre ridicule le gouvernement dans son ensemble.        

                                                                            
-Au Parlement :   -(1) revisiter la loi sur le service des funérailles et la police des cimetières, qui date de l’époque coloniale, en vue de l’actualiser et la conformer aux traditions congolaises, lesquelles accordent un profond respect aux morts; 

                                                                          
-(2) interpeler de manière non complaisante et non partisane tout responsable politico-administratif mêlé de près ou de loin dans la gestion du dossier des fosses communes à travers tout le territoire national.   

                                                                                                      
-Au ministre de l’Intérieur :                                                                                                              

-(1) à défaut de démissionner, recenser tous les cimetières reconnus à travers toutes les provinces en vue d’ordonner la fermeture définitive de ceux qui ne répondent pas aux normes;      

                                                                                                                                       
-(2) diligenter une enquête sérieuse auprès de tous les services des funérailles du pays pour voir s’ils connaissent et respectent la législation en la matière;        

                                              
-(3) mettre hors d’état de nuire quiconque bafoue les lois et les traditions funéraires congolaises.       

                                                                                                                                  
-(4) rendre public le rapport d’enquête.

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