02 avril 2013

Les soldats maliens à l'école militaire européenne

AFP

Le première session d'entraînement de l'armée malienne par les Européens commence ce mardi. L'objectif : lui permettre d'assurer la sécurité de son territoire. Mais face à des contingents sous-équipés et déstructurés, la mission s'annonce difficile.

Gaëlle LE ROUX
 

Les soldats maliens arrivés ce mardi à Koulikoro, une base militaire située à une soixantaine de kilomètres de Bamako, devraient être opérationnels dès la fin du mois de juin prochain. Ce premier bataillon de 670 hommes s’apprête à suivre la première session d’entraînement militaire intensif organisée par la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

"Les premiers soldats seront accueillis le 2 avril", avait assuré le général François Lecointre, le 27 mars, alors que la plupart des formateurs européens venaient d’atterrir au Mali. "C’est un tour de force pour une opération multinationale", a-t-il ajouté, soulignant le contexte sécuritaire pour le moins compliqué au Nord-Mali, trois mois après le début de l’intervention française dans le pays.

Quelque 550 militaires européens - dont 200 formateurs - issus de 23 pays de l’Union européenne (UE) vont assurer la formation d'environ 3 000 soldats maliens. Leur objectif : permettre à l’armée malienne d’assurer la défense du Mali sur le long terme, alors que les troupes françaises vont amorcer leur retrait du pays.

"Une armée malienne déstructurée"

Pour l’heure toutefois, cette armée apparaît exsangue, notamment depuis le coup d’État qui a mené à la chute de l’ex-président Amadou Toumani Touré en mars 2012. Un premier rapport récemment établi par l’EUTM pointe ainsi du doigt une armée "incapable de se projeter dans l’avenir". Selon le général Lecointre, "c’est une armée déstructurée, qui s’est effondrée parce qu’elle souffre de 20 ans de sous-financements systématiques et de la méfiance du pouvoir politique". Des lacunes auxquelles s’ajoute un manque criant d’équipement.

La mission de l’EUTM devrait durer 15 mois. "Cela va permettre de former un noyau d’instructeurs qui pourront continuer la mission. Mais ce n’est pas suffisant, nous en avons conscience", a déclaré le ministre malien de la Défense, Yamoussa Camara. L’UE a d’ores et déjà fait savoir qu’elle pourrait renouveler le mandat de l’EUTM, sous certaines conditions : elle insiste notamment sur la tenue d’une élection présidentielle en juillet prochain, comme l’a annoncé le chef de l’État par intérim, Dioncounda Traoré.

L’échec américain

Avant l’UE, les États-Unis avaient déjà entrepris de former et de financer l’armée malienne qu’ils considéraient comme la plus à même de combattre la menace terroriste dans la région du Sahel. Il s’agissait, selon le New York Times, du "programme anti-terroriste le plus ambitieux jamais mené dans la région", qui a coûté entre 520 millions et 600 millions de dollars.

Mais le coup d’État de mars 2012 a mis un point final au programme américain. De toute évidence cependant, la mission avait d’ores et déjà échoué. Non seulement elle n’a pas permis d’enrayer le développement de factions islamistes radicales dans le nord du pays, mais, en plus, nombre de soldats formés par les États-Unis sont allés grossir les rangs des djihadistes. Avec leurs armes, leurs véhicules, et leurs toutes nouvelles connaissances militaires. "Ça a été un désastre", confirme un haut responsable militaire malien, cité par le New York Time.

Pis, c’est un officier formé par les États-Unis, Amadou Haya Sanogo, qui a mené le coup d’État du 22 mars 2012 contre le gouvernement d’Amadou Toumani Touré, démocratiquement élu. Aucun des instructeurs américains présents sur place n’a vu venir le coup de force. Et, dans la confusion politique qui a suivi le putsch, le Nord-Mali est intégralement tombé entre les mains des islamistes…

Respect des populations civiles

La mission européenne de formation s’annonce donc difficile. "Tout est à reconstruire au sein de l’armée malienne", insiste le général Lecointre. En particulier l’apprentissage des règles élémentaires en matière de respect des Conventions de Genève et de protection des populations civiles. Depuis le début de l’intervention franco-malienne dans le pays, les accusations d’exactions de la part de soldats maliens se multiplient. Plusieurs cas d’exécutions sommaires, de mutilations et d’actes de tortures ont été dénoncés par les organisations de défense des droits de l’Homme. 

L’Union européenne tente de rectifier le tir : elle accorde une large part de sa mission de formation à l’enseignement du droit international humanitaire et des droits de l’Homme. Des militaires suisses en civils et non-armés pourraient ainsi être prochainement détachés pour enseigner aux cadres militaires maliens "ce qu’une armée peut faire et ce qu’elle ne peut pas faire".

 

Posté par lumbamba à 23:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


M23 : le Rwanda fait le ménage à sa frontière avec la RDC

Des rebelles du M23 à Bunagana, en janvier 2013. Des rebelles du M23 à Bunagana, en janvier 2013. © Isaac Kasamani/AFP/Archives

Le Rwanda a annoncé, mardi 2 avril, que les rebelles du M23 qui s'étaient réfugiés sur son territoire, non loin de la frontière avec la RDC, avaient été transférés à une centaine de km à l'est de Kigali.

Le Rwanda a indiqué, mardi 2 avril, avoir éloigné de sa frontière avec la RDC 682 rebelles ayant appartenu pour la plupart au Mouvement du 23-Mars. Ceux-ci s'étaient réfugiés au Rwanda à la mi-mars après avoir été défaits par une faction rivale, celle de Sultani Makenga. Jusqu'à lundi, ils étaient dans un centre à une quinzaine de km de la frontière avec la RDC.

« La décision de les délocaliser émane de l'application des conventions internationales (...) qui disent que les réfugiés doivent être à plus de 50 km de la frontière » de leur pays d'origine, a affirmé la ministre rwandaise chargée des Réfugiés, Séraphine Mukantabana. Les membres du M23 sont, selon elle, désormais dans un « centre d'internement » dans le district de Ngoma, à une centaine de km à l'est de la capitale Kigali.

Selon Mme Mukantabana, le Rwanda a simplement répondu à un principe humanitaire en accueillant les rebelles du M23 menés par Jean-Marie Runiga, alors que leur leader présumé, Bosco Ntaganda, s’est quant à lui rendu à la CPI. Mais les contempteurs du Rwanda, pays qui est accusé par un rapport de l’ONU d’avoir soutenu les rebelles, voient dans cette nouvelle péripétie une preuve de la complicité entre Kigali et les rebelles congolais, issus pour la plupart de l’ex-Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

Sanctions de l’ONU

Toujours selon la ministre, deux choix s’offrent désormais à ces rebelles. Il leur est d’abord demandé s'ils veulent ou non renoncer à leur statut militaire « de manière définitive et volontaire ». En cas de réponse positive, une procédure débutera pour qu'éventuellement le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) leur accorde le statut de réfugié. S’ils refusent, ils n'auront en revanche « pas droit à l'asile dans notre pays », assure la ministre. « Dans ce cas, la procédure d'internement continuera » et le Rwanda avisera de la procédure à suivre.

Mais plusieurs membres du M23 restent sous le coup de sanctions de l'ONU, comme l'ex-responsable politique du mouvement Jean-Marie Runiga et l'un de ses chefs militaires Baudouin Ngaruye. Interrogée sur le sort qui leur serait réservé, la ministre a estimé qu'il était « prématuré » de se prononcer tant que ne serait pas tranchée la question, pour eux aussi, d'un éventuel statut de réfugié.

(Avec AFP)

Sur le même sujet

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : M23 : le Rwanda fait le ménage à sa frontière avec la RDC | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Posté par lumbamba à 21:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Russie demande à la RDC de ne pas toujours compter sur la communauté internationale

 
Bunagana, Nord Kivu, le 16 mai 2012, le commandant de la brigade de la Force onusienne au Nord Kivu, Arinder Singh, arrive par hélico après les affrontements armés entre FARDC et les mutins qui ont occasionné la fuite de la population vers l'Ouganda voisin © MONUSCO/Sylvain LiechtiBunagana, Nord Kivu, le 16 mai 2012, le commandant de la brigade de la Force onusienne au Nord Kivu, Arinder Singh, arrive par hélico après les affrontements armés entre FARDC et les mutins qui ont occasionné la fuite de la population vers l'Ouganda voisin © MONUSCO/Sylvain Liechti

La République démocratique du Congo (RDC), devrait profiter de l’arrivée de la brigade d’intervention de la Monusco pour se doter d’une armée efficace et dissuasive afin de ne pas toujours compter sur la communauté internationale, a déclaré mardi 2 avril l’ambassadeur de la Russie accrédité à Kinshasa, Anatoly Klimento.

« Le gouvernement du Congo de concert avec ses partenaires devra fructifier ce temps [la présence de la Brigade] pour bien renforcer ses forces de sécurité, son armée, afin d’être capable de résoudre ses problèmes, tout seul, sans l’assistance des puissances de la communauté internationale », a affirmé Anatoly Klimento, lors d’un point de presse organisé à Kinshasa.

Le diplomate russe souhaite que la brigade d’intervention de la Monusco qui sera créée réussisse à traquer et à démanteler toutes les forces négatives dans l’est de la RDC.

« Je ne peux pas dire si le déploiement de cette brigade va résoudre tous les problèmes de l’Est. C’est certainement non parce que ça peut soulager, ça peut stabiliser, ça peut préparer le terrain pour le retour des autorités, pour le contrôle de l’Etat sur toute l’étendue du territoire du Congo », a ajouté Anatoly Klimento.

Il estime tout de même que la durée de la mission de cette brigade est courte.

« Je suis complètement d’accord qu’une année est un délai court », a souligné Anatoly Klimento.

La résolution 2098 créant la brigade d’intervention de la Monusco a été votée  à l’unanimité jeudi 28 mars par le Conseil de sécurité de l’ONU. Composée de trois mille soixante-neuf hommes, cette force, dotée des moyens offensifs, devra traquer les groupes armés opérant en RDC.

« Vous pouvez être sûr et certain que les 15[membres du Conseil] qui ont voté cette résolution vont tenir à son application comme j’ai dit au cours de ma conférence de presse. La Monusco a déjà préparé le terrain », a assuré Anatoly Klimento.

La Russie a occupé la présidence tournante au mois de mars dernier. Son ambassadeur auprès des Nations Unies, Vitaly Tchourkine, a cédé sa place au Rwandais, Eugène-Richard Gasana.

Il a indiqué que sa présidence aura pour thème la prévention des conflits, en s’intéressant aux causes profondes de ces derniers.

radiookapi.net

 

Posté par lumbamba à 21:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 avril 2013

Tshikapa : Les creuseurs accusent Minoco de fraude - Plus de 6 millions USD échappés du Trésor public.



Réunis au sein de la Fédération Congolaise de l’Or et du Diamant (Fecodi), les creuseurs de diamants ont saisi le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, pour dénoncer une situation, obscure qui bat son plein, depuis 9 ans, dans le secteur minier artisanal à Kamonia. District du Kasaï Occidental, dans le territoire de Tshikapa, Kamonia vit, d’après le Secrétariat général de la Fecodi, sous une vive tension qui peut engendrer mort d’hommes si les mesures salutaires tardent à venir pour les creuseurs de ce secteur.

En effet, explique- t-il, tout est parti de la découverte, en 1987, d’un gisement de diamant dans la terrasse de la source Mpokolo, le long de la rivière Luangatshimo, dans le village Tshivunde. Ce gisement devenu l’objet de convoitise, la société Miniza de Bomboko l’acquiert en 1995 et chasse plus de 3.000 artisanaux miniers qui exerçaient sur cette concession.
Détentrice d’un permis d’exploitation n°241, la société Miniza devenue. Minico, incapable de payer les droits superficiaires et les redevances annuelles selon le Code minier de 2002, a vu tomber caducs tous ses droits miniers ou des carrières en 2004. « Bien que ces titres soient tombés caducs depuis le 30 janvier 2004, Minico a continué à rançonner des milliers des creuseurs détenteurs des cartes de leur métier, en faisant signer des contrats d’amodiation de 2.500 USD, 1.500 USD etc. » a appuyé le Secrétaire général de la Fecodi, se demandant par ailleurs la destination prise par ces droits superficiaires et redevances annuelles versés depuis le 30 janvier 2004. L’affaire a été portée, depuis le 8 janvier 2013, devant l’actuel ministre des Mines, Martin Kabwelulu, apprend-on des sources de la Fecodi avait instruit le Cadastre minier (CAMI). En guise de réponse, dans ses avis et considérations adressés au ministre de tutelle, le Cami a confirmé que « la Minico a été frappée de caducité d’office de tous ses droits miniers depuis 2004, alors que le périmètre 241 semblerait être occupé par les artisanaux miniers ».
Surpris par cette réponse, les creuseurs sont montés au créneau pour confirmer que la société Minico leur a fait signer des contrats d’amodiation depuis 2003 jusqu’à novembre 2012, au moment où elle-même n’a jamais payé ses droits superficiaires, ni donné des rapports de ses activités comme l’exige la loi. Pour preuve, la société avait fui pour ne pas présenter ses titres devant la Commission dirigée par le directeur Kanga des Services généraux au secrétariat général des Mines à Kinshasa en novembre 2012, en mission dans le territoire de Tshikapa/Kamonia.

Tour de passe-passe

Comme par enchantement, les milieux du diamant artisanal ont exprimé leur surprise de voir la même société Minico adresser une lettre au Procureur général de la République le 7 février 2013 pour prétendre récupérer le PE 241 qu’elle a continué à exploiter illicitement sous la couverture des services des mines. A en croire le secrétaire général de la Fecodi, Minico oublie que ses droits tombés caducs, le recours devait se faire dans un délai de 5 ans en payant des droits superficiaires et redevances annuelles. A cela, il faut ajouter les pénalités prévues à l’article 501 du règlement minier; l’absence de communication de rapport annuel; le défaut de bornage ; l’exploitation illicite ; et l’impôt sur la superficie de la concession minière. Tout compte fait, c’est une rondelette somme de 6.191.835,028 USD que la Minico doit au Trésor public congolais, d’après la Fecodi.
Société n’ayant jamais dépassé un effectif de 10 personnes, Minico a cependant réussi à faire chasser des milliers des Congolais de leurs terres, provenant ainsi une émigration massive vers l’Angola. D’où l’opposition ferme des creuseurs de la revoir obtenir un certificat PEPM, seule garantie pour faire régner la paix sociale à Kamonia.

Tshieke Bukasa

Posté par lumbamba à 23:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Rwanda: une présidence du Conseil de sécurité de l'ONU sur fond de tensions

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (d) reçu par l'ambassadeur auprès de l'ONU, Eugène Gassana (g) à l'aéroport de Kigali, le 8 septembre 2010.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (d) reçu par l'ambassadeur auprès de l'ONU, Eugène Gassana (g) à l'aéroport de Kigali, le 8 septembre 2010.
Par RFI

C'est à compter du 1er avril 2013 et jusqu'au 30 avril, que le Rwanda, membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU depuis le 1er janvier, présidera ce même Conseil. Encore aujourd'hui, beaucoup de responsables rwandais considèrent que l’instance internationale n’a pas été à la hauteur de la tragédie de 1994. Plus récemment, la publication d’un rapport d’un groupe d’experts de l’ONU accusant le Rwanda de soutenir la rébellion du M23 dans l’est de la RDC, a entraîné un regain de tension, les responsables rwandais ayant toujours ouvertement démenti ces accusations.

Aujourd’hui, Kigali qui vient de prendre la présidence tournante du Conseil de sécurité, se dit prêt à assumer tout son rôle. Une présidence qui intervient alors que le Conseil de sécurité a voté la semaine dernière une résolution renforçant le mandat de la Monusco, en créant notamment une brigade d’intervention qui pourra mener des opérations offensives et ciblées, pour lutter contre les groupes armés dont le mouvement rebelle M23.

Si le Rwanda a accueilli fraîchement cette idée, il a néanmoins voté cette résolution, assurant que c’est un bon moyen d’assurer la paix, et en espérant que cette force permettrait de lutter contre le FDLR, une rébellion hutu qui sévit à l’est de la RDC et qui est toujours considérée comme une menace pour Kigali.

Le Rwanda n’hésite pas à rappeler également qu’il contribue largement aux opérations de maintien de la paix, notamment en envoyant des troupes au Darfour et au Sud-Soudan.

Selon le chef de la diplomatie rwandaise, cette présidence du Conseil de sécurité aura pour thème la prévention des conflits, en s’intéressant aux causes profondes de ces derniers.

Posté par lumbamba à 21:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


RDC : Raymond Tshibanda appelle le M23 à « cesser d’exister »

 
Raymond Tshibanda. Radio Okapi/ Ph. John BompengoRaymond Tshibanda. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le ministre des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda, a invité les rebelles du Mouvement 23 mars (M23) à « cesser d’exister comme un mouvement polico-militaire ». Au cours d’un point de presse co-organisé lundi 1er avril à Kinshasa avec son homologue de la Communication et médias, Lambert Mende, le chef de la diplomatie congolaise a souligné que si ce mouvement persiste, « la Brigade [d’intervention de la Monusco] s’occupera à mettre fin à son existence.

« Le M23 peut s’agiter autant qu’il veut. Nous étions disposés à arriver à un accord politique avec eux. Il n’est plus question de recycler les spécialistes de la rébellion dans les rangs des Forces armées. Le seul avenir pour le M23 c’est de cesser d’exister comme mouvement politico militaire. Si tel n’est pas le cas, la bridage [d’intervention de la Monusco] s’occupera à mettre fin à son existence », a affirmé Raymond Tshibanda.

Il a souligné que le gouvernement attend le déploiement de la brigade d’intervention des Nations unies dans l’Est de la RDC d’ici le 30 avril.

Le conseil de sécurité des Nations unies a voté jeudi 28 mars dernier, la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco. Composée de trois mille soixante-neuf hommes, elle aura un mandat offensif pour neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

Le ministre Raymaond a indiqué que la création de cette Brigade est une grande victoire diplomatique pour la RDC, mais pas une panacée.

« Il faut d’abord attendre palper les résultats des opérations. Notamment le désarmement du mouvement rebelle du M23 qui s’agite appelé à s’auto-dissoudre », a-t-il déclaré.

Le M23, de son côté, a désapprouvé le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco en RDC. Dans un communiqué publié lundi 1er avril dans la matinée, le président politique de ce mouvement, Bertrand Bisimwa, a affirmé « qu’il s’agit de l’option de la guerre que les Nations unies viennent de lever ».

Au lieu « d’encourager une solution politique, en apportant un appui substantiel aux négociations politiques de Kampala » entre le M23 et Kinshasa, l’Onu choisit « de faire la guerre contre l’un des partenaires pour la paix », a-t-il regretté.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 20:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

RDC : le M23 désapprouve la création de la brigade d’intervention de la Monusco

 
En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012

La rébellion Mouvement du 23 mars (M23) désapprouve le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco en RDC décidé par le Conseil de sécurité des Nations unies le 28 mars dernier. Cette brigade doit combattre les groupes armés actifs dans l’Est du pays. « Il s’agit de l’option de la guerre que les Nations unies viennent de lever », a indiqué dans un communiqué publié, lundi 1er avril, le président politique du M23, Bertrand Bisimwa, cité par l’AFP.

Au lieu « d’encourager une solution politique, en apportant un appui substantiel aux négociations politiques de Kampala » entre le M23 et Kinshasa, l’Onu choisit « de faire la guerre contre l’un des partenaires pour la paix », a-t-il regretté.

Pour Bertrand Bisimwa, les Nations unies « vont faire la guerre aux groupes des citoyens qui réclament la bonne gouvernance dans notre pays y compris ceux qui sont en pourparlers avec leur gouvernement ».

La brigade d’intervention de la Monusco qui sera composée de 3 069 militaires disposera d’un mandat offensif qui lui permettra de combattre les nombreux groupes armés qui insécurisent l’Est de la RDC.

Créé en mai 2012 par des mutins de l’armée congolaise, le M23 occupe plusieurs localités du Nord-Kivu. Cette rébellion est composée d’anciens rebelles issus de l’ex-CNDP. Ces derniers ont été réintégrés dans l’armée congolaise grâce à un accord de paix signé en mars 2009 dont ils réclament l’application.

A la fin du mois de novembre, ces rebelles ont occupé la ville de Goma avant de se retirer après avoir obtenu des négociations avec le gouvernement. Ces négociations se tiennent depuis le 9 décembre 2012 à Kampala sous l’égide de la Conférence internationale des Grands Lacs. Ces pourparlers entre rebelles et gouvernement ont été interrompus depuis la fin du mois de février.

Des dissensions sont apparues au sein du M23 après que onze pays ont signé un accord-cadre pour le rétablissement de la paix en RDC et se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés. Deux factions rivales, l’une dirigée par Sultani Makenga et l’autre proche de Bosco Ntaganda, se sont affrontées pendant près de deux semaines dans le Nord-Kivu. Cette dernière a été défaite à la mi-mars. Bosco Ntaganda qui s’était rendu à l’ambassade américaine à Kigali a été transféré, sur sa propre demande, à la Cour pénale internationale qui le poursuit pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Ituri (Province Orientale) en 2002 et 2003.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 20:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Lettre ouverte à SEM le Président de la République

Écrit par Modeste Mutinga

Concerne : La justice, valeur d’humanité et grandeur des Nations

Excellence Monsieur le Président de la République,

(Avec nos sentiments respectueux et déférents)

M’adressant au premier citoyen de la République et magistrat suprême, l’honneur m’échoit préalablement de justifier et de préciser l’objet de ma démarche dont le point de focalisation n’est autre que la crise de la justice, laquelle surdétermine toutes les autres crises que connaît le pays.

En effet, qu’elle s’inspire de la conception naturelle de l’équité, de la loi ou du droit positif, la justice constitue partout à travers le monde et au sein des nations ou des Etats modernes, une valeur humaine fondamentale qui légitime tout édifice  social.

Il se trouve que chez nous l’univers de la justice connaît une situation de crise profonde et généralisée. Celle-ci explique le processus débridé de la faillite aussi bien de l’Etat, de la démocratie que du régime. Voilà qui pose la question cruciale du rapport de l’Etat à la société. En effet, son impuissance face à la criminalité qui gagne tous les domaines de la vie ne peut nullement favoriser la «Révolution de la modernité» ainsi que le développement économique et social.

Par engagement patriotique mais aussi et surtout par conscience nationale, il m’est apparu de mon devoir citoyen de vous entretenir humblement de cette collective impasse existentielle, en votre qualité de symbole de l’unité nationale, arbitre du fonctionnement régulier des institutions et de la continuité de l’Etat.

Pour bien appréhender le déficit de la justice et ses conséquences désastreuses sur l’état de la Nation, j’ai pris en compte quelques indicateurs significatifs pour asseoir ma démarche.
 
1. Dimensions de la crise de la justice

1.1.    De la distribution de la justice

Comme introduction à ce point relatif à la distribution de la justice en RDC, je mets en exergue cet adage : « A tout seigneur tout honneur ». En effet, le peuple congolais reconnaît que c’est sous votre haute direction qu’une vaste réforme de la justice a été mise en chantier à travers la politique sectorielle de la justice. Toute une série des mesures prises durant votre premier mandat ont posé les bases d’une nouvelle justice notamment la nouvelle Constitution qui affirme les droits et libertés fondamentaux et restructure le système judiciaire en réorganisant le Conseil supérieur de la magistrature et en instituant une Cour de cassation, un Conseil d’Etat et une Cour constitutionnelle, sans oublier d’autres lois particulières, décrets et règlements modifiant et complétant le Code pénal. Ainsi la loi n°005/006 modifiant et complétant le Livre II du Code pénal congolais introduit en matière de corruption, les principales innovations par rapport aux dispositions en vigueur :

-(i) la distinction entre la petite corruption et la grande corruption ; cette dernière visant principalement : (a) les actes de corruption commis dans le cadre de la passation des marchés publics et de travail, des fournitures et des services, de l’octroi des droits miniers, des carrières et des concessions forestières ou du processus de privatisation ou de désengagement de l’Etat dans les entreprises publiques ; (b) les actes de corruption ayant pour but l’entrave à la bonne administration de la justice et ; (c) les actes de corruption commis dans le cadre d’une organisation criminelle;

- (ii) les actes de corruption visant aussi bien un agent public qu’un particulier;

- (iii) la réaffirmation du rôle du pouvoir judiciaire dans la prévention, la détection et la répression de la corruption et des infractions similaires;

- (iv) la protection des dénonciateurs des actes de corruption (témoins, experts et victimes et leurs familles) contre les actes de représailles ou d’intimidation et leur absolution de toute poursuite pénale pour dénonciation faite de bonne foi devant l’autorité judiciaire compétente agissant dans le cadre d’une procédure judiciaire;

- (v) l’introduction des mécanismes d’entraide judiciaire et d’extradition en matière d’enquêtes, de confiscation et des poursuites judiciaires contre les actes de corruption commis hors du territoire national ou dans le cadre d’une organisation criminelle et enfin ;

-(vi) la réévaluation des taux d’amende devenus très modiques.

La réforme du secteur de la justice s’est étendue dans le secteur privé avec la promulgation de nouveaux codes des investissements et du travail, un nouveau code minier avec ses principaux décrets portant mesures d’exécution, un nouveau code forestier. Dans le domaine de la régulation des télécommunications, l’Autorité de régulation des postes, téléphones et télécommunications (ARPTC) a été créée sur pied d’une loi-cadre édictée à cet effet.
 
Excellence Monsieur le Président de la République,

L’histoire reconnaît donc que dès le début de votre mandat, les instruments normatifs ont été mis en place, avec pour objectif global de rapprocher la justice du justiciable tant en ce qui concerne la facilitation de l’accès aux services judiciaires dans leur ensemble qu’en ce qui concerne l’amélioration qualitative de l’offre de justice. Ce volet a induit un certain nombre d’activités concrètes, à savoir: l’implantation progressive des tribunaux de paix, le recrutement et la formation des magistrats, la réduction du coût de la justice ...

Aujourd’hui, avec pertinence, l’histoire s’interroge: pour quels résultats ? Question d’autant fondamentale qu’il apparaît clairement que l’échec du pouvoir judiciaire et la mauvaise distribution de la justice traduisent la responsabilité et l’impuissance même de l’Etat, son incapacité à assurer la sécurité commune, à subvenir aux besoins des citoyens dont il a pourtant la responsabilité du destin collectif.

1.2. Justice - sécurité nationale, intégrité du territoire et gouvernance politico-administrative

Excellence Monsieur le Président de la République,

Depuis près de deux décennies, la RDC est victime des guerres d’agression et mutineries récurrentes qui ont mis en mal la sécurité collective, la souveraineté nationale et l’intégrité de notre territoire. Si la non professionnalisation de l’armée et l’obsolescence de son équipement constituent la cause cardinale de nos débâcles militaires, on reconnaît aussi que les détournements des soldes des militaires, la vente des armes par la hiérarchie militaire ainsi que d’autres trahisons ont fini par émousser la combativité de nos soldats sur le champ de batailles. Ceci est d’autant préjudiciable à la souveraineté nationale que ceux qui avaient commis ces crimes se retrouvent, par d’inexplicables et répétitives amnisties, entrain de jouir d’une liberté qu’ils ne méritent pas.

Et, dans un pays où l’armée, elle-même, est un corps dont la cohérence a été fragilisée par d’innombrables mixages et brassages, on doit pouvoir affirmer sans l’iota d’un doute que l’impunité a été à la base de la liquéfaction de notre armée, avec pour conséquences majeures nos déboires sur les champs de bataille et l’instabilité politique de la RDC. Il est donc regrettable de relever que dans un pays doté d’instruments normatifs et de textes pour punir les coupables, la non application de ces règles et l’impunité soient à la base de la déstructuration de toute la puissance de l’Etat. Ainsi la lame de fond qui gangrène toute la gouvernance nationale porte sur le non respect des lois et règlements de la République.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Du point de vue de l’expérience de la démocratisation, il y a lieu de faire état d’un certain nombre de ratés. A titre d’exemple, le contrôle du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif, tant au niveau central que provincial, demeure biaisé faute d’un contrôle parlementaire objectif et responsable qui soit conforme à la lettre et à l’esprit des textes en vigueur, tant et si bien que l’institution parlementaire ne bénéficie pas d’un large crédit au sein de l’opinion nationale et internationale.

Ici, apparaissent, dans leurs grandeurs incommensurables, l’injustice, les iniquités, les incuries et l’inefficacité de l’architecture institutionnelle de notre pays. En effet, doit-on s’interroger, lorsqu’un citoyen congolais veut dénoncer une incurie imputable à l’Etat, lorsqu’il veut s’insurger contre la mal-gouvernance du pays, lorsqu’il veut se plaindre d’une violation révoltante des droits de l’homme, ... Auprès  de qui va-t-il s’adresser? Peut-être au pouvoir législatif, quand il s’agit de scélératesses posées par une autorité du pouvoir exécutif ! Mais quelle suite heureuse attendre des élus, pour peu que l’opinion nationale s’imagine que la majorité parlementaire est le pouvoir exécutif au parlement et que le gouvernement serait l’instrument exécutif de la majorité parlementaire ! Et la justice ? Les juges, les magistrats et les avocats seraient des électrons libres! Qui dit le droit et qui sert l’intérêt général, l’intérêt du peuple ? Pour quelles raisons l’arbitre, le garant institutionnel, serait-il devenu impuissant ?

En vérité, les pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire demeurent encore consubstantiels. Entre eux, la séparation des pouvoirs est dans le texte, la connivence des institutions dans les faits. Montesquieu a pensé que : «Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». Cette célèbre évocation, extraite de son œuvre, De l’esprit des lois, ne demeure-t-elle pas un triste vœu pieux chez-nous? Parce qu’un tel transplacement des rôles et des attributions ne peut que donner lieu au parlementarisme de façade et à la justice fortement instrumentalisée. Encore une fois on doit pouvoir affirmer que la non application des dispositions constitutionnelles et légales séparant les pouvoirs classiques pour en assurer l’efficacité et l’humanité a conduit à la confusion des pouvoirs, à l’inefficacité gouvernementale et à l’impuissance de l’Etat.
 
1.3. Justice-économie et développement

Excellence Monsieur le Président de la République,

Il est surprenant que la RDC, pays doté d’un arsenal juridique et judiciaire abondant, tant civil que militaire, ait acquis la réputation d’un pays où les investissements ne sont pas sécurisés et où le climat des affaires est resté longtemps délétère !

En effet, les rapports de «Transparency international» de ces dix dernières années, classent systématiquement la RDC parmi les pays où la corruption est très élevée. Ici le pillage des biens de l’Etat est un sport national ! Les contrats miniers sont octroyés dans des conditions qui frisent le hold-up financier, l’Etat étant spolié comme un bien sans maître ! Ainsi s’explique ce paradoxe: la RDC produit et exporte actuellement plus de cuivre qu’il y a trois décennies! Pourtant, plus qu’hier, la situation socio-économique ne s’est guère suffisamment améliorée, les flux financiers vont dans les poches des individus, nationaux et étrangers, tous liés dans des entreprises de prédation, pillage, enrichissement illicite, délit d’initié; blanchiment d’argent et diverses opérations maffieuses !

La conséquence de cet état des choses est que, malgré les réformes et les lois attractives, très peu d’investisseurs se risquent en RDC parce qu’ils savent que dans notre pays, il y a un hiatus entre les lois,  les parquets et les tribunaux ! Entre les lois et leur application, s’intercalent de nombreux magistrats corrompus, des juges abusifs, des avocats véreux et des politiciens inconscients, tous liés dans « une association pour la violation volontaire des lois et règlements sur fond d’un clientélisme antipatriotique». Ainsi l’absence de la justice dessert totalement le Congolais, l’économie et le développement du Congo.

1.4. Justice, équité et droits socio-économiques

Excellence Monsieur le Président de la République

S’agissant des droits socio-économiques et culturels, c’est avec plaisir que nous nous rappelons que la RDC est signataire du «Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels », adopté à New-York le 16 décembre 1966 par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution 2200 A (XXI). Ce Pacte édicte des droits protégés auxquels tous les peuples doivent accéder absolument, à savoir : droit au travail, à l’orientation, à la formation (Art.6) ;droit aux conditions de travail justes et favorables (art.7) ;droit à un niveau de vie suffisant pour soi-même et pour sa famille, y compris une nourriture, un vêtement, et un logement suffisant (art.11 par.1) ; droit d’être à l’abri de la faim et de l’insécurité alimentaire( art.11 par.2) ; droit de jouir d’un meilleur état de santé, sécurité sanitaire et couverture maladie universelle (art.12) ; droit à l’éducation, y compris la gratuité progressive de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur (Art.13) ; pleine application de la gratuité de l’enseignement primaire pour tous (art.14),...

L’accès, par des peuples, à ces droits protégés, fonde la quintessence de la politique sociale et économique de tout Etat moderne, en référence à la notion de la Justice comme équité et de la justice sociale, qu’elle soit distributive ou redistributive. Il est à déplorer que la RDC soit devenue l’un des rares pays en Afrique où le social de la population est le plus naufragé, faute d’une véritable politique assurancielle qui soit basée sur des mécanismes concrets et efficaces de protection, de solidarité sociale et de correction de trop grandes inégalités. En effet, dans notre pays, les salaires des fonctionnaires, militaires, policiers et enseignants sont généralement très microscopiques, c’est-à-dire ne permettant pas, comme disait Patrice-Emery Lumumba dans son célèbre discours de 30 juin 1960 « … de prendre soin des êtres qui nous sont chers, nos enfants, et de les envoyer à l’école,... ». La pauvreté conduit le Congolais à des bizarreries comportementales suicidaires.

A ce sujet, il suffit de rappeler le phénomène bien connu au sein de l’administration et des services publics, où le personnel éligible à la retraite refuse d’aller en pension du fait que, pour la plupart, celle-ci reflète le spectre de la mort et de la descente aux enfers. Parce que la sécurité sociale, malgré des campagnes médiatiques pompeuses de certaines entreprises congolaises, n’est que de la poudre aux yeux: ce qu’on paie à un retraité qui a cotisé toute sa vie, ne lui permet, mensuellement, que de manger médiocrement pendant quatre jours du mois, sans compter l’exclusion inhumaine aux soins médicaux ! Faute d’une politique sociale, aucune statistique n’est produite sous l’égide de l’Etat sur l’évolution du chômage dans notre pays. Par ailleurs, l’Etat n’a pas déterminé le SMIG, laissant ainsi un vide qui profite aux employeurs sans foi ni loi !

1.4.1. L’Accès à l’eau potable

Excellence Monsieur le Président de la République,

La RDC est considérée comme le château d’eau douce de l’Afrique. Pourtant, malgré ces potentialités, notre pays présente un tableau des plus tristes: 83% des Congolais n’accèdent pas à l’eau potable selon le rapport du Renadhoc. Pourtant, dans ce secteur, l’Etat devrait avoir une politique durable et cohérente.

Le Congolais a l’impression d’être victime d’une véritable politique des inégalités avec pour objectif de précariser sa vie à l’infini ! Cette anxiété existentielle est d’autant plus légitime qu’il apparaît clairement, comme dans le cas de la justice en général, que même la mise en exécution d’un vaste programme d’alimentation en eau initié bruyamment ne produit pas les résultats escomptés faute de contrôle et de sanctions.

1.4.2. L’Accès à l’électricité

L’eau n’est pas la seule denrée rare en RDC, il y a aussi l’électricité !  En effet, comme dans le cas de l’eau, il est légitime de s’interroger: comment la RDC, dont le potentiel électrique est parmi les plus élevés au monde et dont la capacité installée est suffisante pour offrir du courant électrique à sa population, ne fournit du courant qu’à moins de 1% de sa population, selon le dernier rapport du Renadhoc ? Une telle situation traduit un discrédit de la politique mise en œuvre. D’autant plus que, il y a dix ans, c’était plus de 9% de notre population qui accédait à l’électricité.

Aujourd’hui faute d’électricité, nos enfants étudient à la lampe tempête et à la bougie. Faute d’électricité, la RDC présente le taux le plus faible d’accès à l’internet donc aux nouvelles technologies de l’information! Sans électricité permanente, il y a impossibilité, pour les entrepreneurs congolais, de mettre en place la petite industrie de base: la meunerie, la menuiserie, la pâtisserie, la réfrigération. L’absence d’électricité induit la recrudescence de l’insécurité.

Là aussi, entre les réformes annoncées, les financements consentis et la réalité sur le terrain, il y a un hiatus. Il y a 10 ans, près de 10% des Congolais accédaient à l’électricité et aujourd’hui, il y a moins de 1% ! Quels sont les problèmes insolubles qui se greffent, depuis des décennies, sur l’eau et l’électricité au Congo ? La persistance de ces problèmes traduit-elle l’incapacité du Congolais à gérer la SNEL ou la REGIDESO ? C’est la volonté politique qui manque pour placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, l’encadrer, le sanctionner, positivement ou négativement. Nous sommes convaincus que ce ne sont pas les têtes ni les moyens qui manquent !

Ici, tout partenariat étranger est appelé de tous les vœux par la population. Laisser perdurer l’incurie des gestionnaires actuels est une injustice et une violation du droit constitutionnel.
 
Excellence Monsieur le Président de la République,

Vos Compatriotes ne sont pas seulement privés d’eau et d’électricité, ils accèdent aussi très difficilement à la nourriture! Ainsi, le rapport FAO révèle que 75% de vos compatriotes accèdent très difficilement à un repas par jour ! Comment peut-on, en effet, penser que ce grand pays, jouissant du soleil et de la pluie toute l’année, puisqu’à cheval sur l’Equateur, puisse manquer de nourriture pour son peuple si ce n’est que par l’absence d’une justice distributive?

Depuis plusieurs décennies, le projet «Agriculture, priorité des priorités» n’a produit aucun fruit parce que les moyens financiers et matériels ont été gaspillés ! Alors que dans d’autres parties du monde l’Agriculture constitue le socle de tout développement, au Congo, l’agriculture n’est pas suffisamment soutenue par une politique agricole durable fondée sur une quotité budgétaire suffisante dans le cadre d’un projet national à court, moyen et long terme. Ce faisant, l’Etat consacre ses faibles recettes à l’importation des denrées de consommation de base ! C’est franchement contre-productif.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Depuis les dernières élections, votre  vision de développement émaille l’espace politique Congolais. C’est la « Révolution de la modernité ». Et chaque jour qui passe, on voit des ministres et des PDG inaugurer des tronçons routiers par ici et par là! Pourtant le dernier rapport Mo Ibrahim sur les infrastructures classe la RDC juste au dessus de la Somalie! Et pour cause ? Comme dans tous les autres secteurs de la vie nationale, la magouille, la tarification fantaisiste du kilomètre routier, les commissions et retro-commissions, les marchés de gré à gré, ... gangrènent la construction des routes et d’autres infrastructures en RDC ! La conséquence est qu’aujourd’hui, quelques semaines à peine après leur livraison, apparaissent déjà des nids de poule et autres vices d’aménagement ! Comme nous l’avons dit, le non respect de la loi, la corruption et l’impunité gangrènent aussi ce secteur de grande visibilité pour votre quinquennat.

Comme autres retombées sociales de la crise de la justice et des droits de l’homme, l’on peut épingler les fléaux des enfants de la rue, du phénomène Kuluna, de la dépravation des mœurs, de la faiblesse du taux d’accès à l’enseignement primaire, de la faible réussite dans l’enseignement secondaire, de l’exclusion au service, de santé etc. .... A en croire ces quelques indicateurs, il s’avère impossible que la RDC atteigne tous les OMD (Objectifs millénaires pour le développement) d’ici deux ans.

En définitive, il y a lieu d’affirmer qu’à l’allure où sévit la crise de la justice, le principal danger que court le pays est celui de voir l’Etat produire et reproduire une société de l’individualisme, de l’ethos du moi, de l’inculture et de l’inhumanité qui n’est autre que la société HOBESIENNE ou d’animalité, celle où chacun cherche à se débrouiller pour soi, où le sens de service public s’évanouit, et où l’homme devient un loup pour son semblable !

2. Vers quelles voies de sortie?

Excellence Monsieur le Président de la République,

Le principal enseignement qui se dégage des développements ci-haut, est que la faillite de la justice est à l’origine de la faillite de l’Etat et de la société congolaise toute entière. Un tel contexte de profonde désintégration sociétale rend impossible la moindre cohésion entre Congolais, chacun prenant conscience de l’écart qui se creuse entre la classe des riches et celle des pauvres. Voilà qui contribue à l’effritement de la puissance publique de l’Etat, avec comme conséquence le refuge dans sa province, sa tribu ou dans les activités illicites afin d’échapper ou d’atténuer la misère sociale.

Pour sortir d’une situation aussi gravissime, il incombe à la plus haute autorité, qui incarne le pouvoir d’Etat et sa légalité, d’en prendre toute la mesure, d’en scruter les voies d’éradication avant qu’il ne soit trop tard, au lieu de laisser chacun de nous réduire le pays à sa famille, à son groupe d’intérêts !

Les voies de sortie à préconiser postulent de nouveaux retournements en profondeur, moyennant l’élaboration et la mise en œuvre d’une véritable politique de sauvetage judiciaire destinée à combattre la maladie dans toute sa métastase. Cette politique est à bâtir sur le postulat selon lequel, seule la justice est capable de réguler la société et l’Etat, de redonner l’espoir à tous, de favoriser la cohésion et l’unité nationales, d’impulser l’économie et le bien-être de la population. Elle devra s’articuler autour de quelques idéaux:

1. Viser une véritable justice transitionnelle qui induit le devoir de mémoire et d’équité pour les six millions de morts ainsi que de nombreuses victimes des viols et violences humaines;

2. Briser le cycle des inégalités, de la pauvreté et de la misère sociale en canalisant et en capitalisant toutes les frustrations de la masse autour du projet de la justice distributive et redistributive de la richesse nationale;

3. Réfléchir en profondeur sur la manière dont la RDC entend, au regard des intérêts fondamentaux du peuple et de ses valeurs de justice et de liberté, se projeter dans la sous-région, dans le reste de l’Afrique et dans le monde, moyennant des choix stratégiques;

Refonder l’Etat et la République sur base de «l’esprit des lois», ouvrant ainsi le plus grand chantier de la justice, de la loi et du droit, condition de la grandeur de la Nation, un challenge auquel chaque Congolais est appelé à compétir, sous votre impulsion directe et votre haute gouverne.

Cette politique devra avoir comme finalité : construire un pays, un Etat et une société bâtis sur le sens et le respect des normes, de la loi, du droit, de la justice et de l’équité en tant que valeurs d’humanité et conditions de la grandeur de tout peuple et de toute la nation.

Excellence Monsieur le Président  de la République,

Que des commentateurs trop zélés et antipatriotiques   ne viennent pas auprès de vous déformer le sens de mon propos. Je ne cherche pas le pouvoir. Rapporteur du Sénat, je suis au pouvoir avec vous.  Dans le même bateau.  Je suis convaincu qu’avec l’action judiciaire, en toute équité, à travers les Cours et les tribunaux,  notre crédibilité  s’en retrouverait  accrue. Nous redonnerons espoir au peuple, nous rassurerons davantage les entrepreneurs et les investisseurs dans l’effort d’amélioration du climat des affaires.

Excellence Monsieur le Président de la République,

En vous remerciant de tout cœur de l’attention que vous aurez à porter à la présente, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Fait à Kinshasa, le 30 mars 2013

Modeste Mutinga
Sénateur

Posté par lumbamba à 11:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

31 mars 2013

Fibre optique: le gouvernement congolais a lancé la 2è phase des travaux d’implantation

 
Une page Internet.Une page Internet.

Le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, a lancé, samedi 30 mars à Kinshasa, la deuxième phase des travaux d’implantation de la fibre optique à travers la RDC. Exécutée par l’entreprise chinoise, cette phase consiste à introduire la fibre optique de Kinshasa à Kasumbalesa dans le Katanga en passant par les provinces du Bandundu et les deux Kasaï. Cette deuxième phase va couvrir une distance d’environ 3 500 kilomètres et sera financée par une banque chinoise à hauteur de 215 millions de dollars américains.

Pour le ministre de Postes, téléphone et nouvelle technologie de l’information et de la communication, Tryphon Kin-kiey Mulumba, cette deuxième phase est la plus importante du processus car elle va relier l’Est et l’Ouest du pays en fibre optique.

«En deux ans et demie, nous pouvons déjà faire la deuxième phase. Il suffit qu’on passe des contrats avec les ONG dans chaque territoire. Pour la troisième phase, si les financements sont trouvés dans un maximum de cinq ans, nous pouvons basculer tout le pays dans la fibre optique», a assuré le ministre de PTT.

 

 
Tryphon Kin-kiey Mulumba, ministre des postes, Télécommunication et NTIC le 24/08/2012 au studio de Radio Okapi/ Ph. John BompengoTryphon Kin-kiey Mulumba, ministre des postes, Télécommunication et NTIC le 24/08/2012 au studio de Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Tryphon Kin-kiey Mulumba a affirmé que la première phase comprise entre Moanda (Bas-Congo) et Kinshasa, environ 1500 km, est déjà finie.

Il faut rappeler que la RDC est l’unique pays africain, sur quatorze ciblés, à ne pas être connecté à la fibre optique à l’occasion du lancement du projet WACS (West africain submarin cable system). Cette technologie permettra notamment à la République démocratique du Congo de pouvoir accéder à l’Internet à haut débit.

L’administrateur directeur général de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT), Placide Mbatika avait expliqué, en octobre dernier, que la RDC avait raté d’être connectée pour n’avoir pas fini, en ce temps là, la construction du point d’atterrage à Moanda.

En juin 2011, Alphonse Lukusa, le président d’un syndicat de la SCPT affirmait à Radio Okapi que les revenus attendus de l’exploitation de la fibre optique étaient de l’ordre de 30 à 40 millions de dollars américains par mois.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 12:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Plus de 3000 cas de violences sexuelles recensés en RDC

La majorité des violences sexuelles ont eu lieu dans l'Ituri, au nord-est de la RDC, ici en 2003.
La majorité des violences sexuelles ont eu lieu dans l'Ituri, au nord-est de la RDC, ici en 2003.
AFP/Simon Maina
Par RFI

Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a voté une résolution portant sur la création d'une nouvelle brigade d'intervention de la Monusco chargée de combattre les groupes armés dans l'est, RFI s'est procuré un rapport du fonds des Nations unies pour la population. Une agence onusienne a compilé pour l'année 2012 des données sur les cas de violences sexuelles pour la province orientale. Il y a eu 3 304 cas déclarés pour cette province, soit 10 par jour en moyenne.

C'est évidemment en Ituri, district en situation de guerre depuis dix ans, que se concentrent les trois quarts des cas déclarés. Il y en a sûrement plus. Même si grâce aux programmes de sensibilisation mis en place par les humanitaires sur le terrain, les langues commencent à se délier.

Ces victimes venues se signaler sont des femmes à 97 %, mais aussi, pour 3 %, des hommes. Pourtant, on parle peu dans l'est du Congo des violences sexuelles perpétrées contre des hommes. Ce chiffre est donc tout de même à signaler. Il faut aussi noter que l'âge des victimes est dans un cas sur deux situé entre 12 et 17 ans. Elles ont eu en grande majorité besoin de soins médicaux.

Grâce à cette étude, on a également une idée du portrait robot des auteurs présumés. Ils ont entre 18 et 40 ans. Près de 40% n'ont pas été identifiés et 50% autres sont considérés comme des civils. Ce qui veut tout simplement dire qu'ils ne portaient pas d'uniformes.

D'ailleurs, 12% sont clairement identifiés comme appartenant aux groupes armés et un peu moins de 4% à l'armée congolaise et la police nationale. Enfin, il faut signaler que 2% des victimes seulement ont reçu des conseils juridiques ou ont formellement porté plainte.

Posté par lumbamba à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]