11 avril 2013

Une héroïne dans l'ombre

Ndaya était d'une beauté rare. Sa peau d'ébène lisse brillait au soleil et ses rondeurs de guêpe n'étaient en rien affectées par une maternité précoce. Lorsqu'elle se mouvait en balançant innocemment ses hanches de dix-sept ans, tous les regards mâles se tournaient vers elle avec admiration. Par contre les filles de son quartier étaient très jalouses. Lorsqu'elle avait décidé de quitter son mariage  où elle était troisième femme, elle ne pouvait plus sortir de la maison parentale pour, ne fut-ce que faire un tour dans le quartier ou aller au marché. Car, les autres filles se moquaient d'elles sur son passage.

Un jour, elle dit à son père: "Père, j'ai suivi tes conseils. Je me suis mariée. Je viens de divorcer avec un enfant sur les bras. En tant que fille-mère, les chance d'un deuxième mariage sont très minimes dans cette région. Je voudrais bien, avec ta permission, me rendre à Sashanti, chez ma tante. Peut-être, y trouverai-je l'homme de ma vie."  Puis, elle se tut un moment, attendant la réaction de son père. Celui-ci le regarda tranquillement, sans rien dire. C'est que le problème de Ndaya travaillait beaucoup le pauvre homme. Ndaya était sa première fille, aînée d'une famille de neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Le pauvre paysan avait pensé à l'époque tirer profit du mariage de sa fille avec un riche diamantaire qui avait plusieurs immeubles, une entreprise de transport et un hôtel-bar. Mais hélas!  Fermant les yeux, il revoyait cette nuit où sa fille enceinte, vint, sous une pluie battante, frapper à sa porte pour y chercher refuge. Trempée jusqu'aux os et grelottant comme une poule mouillée, elle était incapable de raconter à ses parents ses déboires du foyer à quatre. Quel que fût ce qui s'était passé, le père avait décidé de ne plus laisser sa fille, son premier sang, retourner chez cet homme, si riche fût-il. Quelques mois plus tard, Ndaya donna naissance à un petit garçon qu'elle nomma Mundi...

Lorsque le père rouvrit les yeux après ce long silence, il dit à sa fille: "Ma fille, ton problème me préoccupe beaucoup. J'ai déjà eu tort en te mariant très jeune à cet homme qui était déjà marié. Je n'aimerais pas commettre une deuxième faute. Si telle est ta volonté de te rendre chez ta tante, à Sashanti, je ferai le nécessaire. Je vendrai mes chèvres pour te payer ton voyage par train. Mais tu me jureras une chose: Tu ne tomberas pas dans la prostitution, quoi qu'il arrive!" Ndaya, prise d'une joie inattendue, répondit à son père: "Je le jure, père!".  Les préparations du voyage se firent dans la discrétion la plus totale. Ndaya prit son train à la gare de Bashilang un soir du mois de mars, laissant son fils d'à peine un an dans les bras de sa mère. Tous l'embrassèrent en pleurant avant qu'elle monte dans le train. Si tôt entrée, elle fut happée dans le wagon bondé de passagers, entassés les uns à côté des autres. Le train, donna un dernier coup de sifflet lugubre. Les vieux wagons gémirent dans un grincement des ferrailles, emportant Ndaya vers cette terre inconnue où elle avait pris rendez-vous avec son destin.

Trois mois s'écoulèrent sans incident chez sa tante,  petite-soeur de sa mère. C'était une femme , pas très belle, mais de stature imposante, une mastodonte qui dominait sur toutes ses quatre filles et son mari, un bout d'homme trapu qui lui arrivait presque à la hanche. Mais à la différence de sa femme, il était d'un coeur d'ange, incapable de faire du mal à une mouche. Il travaillait comme cuisinier dans un restaurant de la place. C'est, sûrement, la raison pour laquelle il était souvent absent de la maison. Lorsque Ndaya arriva chez lui, munie seulement d'un brevet de cycle d'orientation, il la conseilla de faire neuf mois de coupe et couture dans un centre de formation de la place. En effet, à dix-sept ans, le temps de continuer le cycle normal était déjà passé, lui avait-il dit. Comme l'année scolaire avait déjà débuté, il lui fallait attendre la prochaine session qui allait démarrer six mois plus tard, au mois de septembre. Ndaya ne put atteindre cette échéance chez sa tante. Car, les événements se passèrent autrement et de façon dramatique.

Un samedi soir, Ndaya devait accompagner sa cousine qui avait presque même âge qu'elle à une fête. Cette dernière lui prêta l'une de ses belles robes de soirée et la maquilla. La tante lui prêta aussi sa perruque "afro"qu'elle portait rarement. Ndaya ne se reconnut pas lorsqu'elle se contempla dans le miroir que tenait sa cousine devant elle. "Tu es belle et ravissante comme une star américaine", lui dit sa cousine avec une pointe de jalousie dans la voix. "Tous les regards ne seront que pour toi, ce soir! Tu vas nous voler la vedette!

Effectivement, lorsque les deux filles entrèrent dans la salle, les sifflements et les cris d'admiration fusèrent de partout. Les amis de la cousine accoururent et voulaient mieux connaître la nouvelle venue, belle comme une âme du bon Dieu. "C'est ma cousine; elle s'appelle Ndaya" leur répondait-elle sans plus. Et tous ces regards et marques de sympathie rendaient Ndaya encore plus timide, elle, cette "Mowuta" (habitante d'une province!) qui prenait part, pour la première fois, à une fête dans Sashanti, la capitale de Nzadi, grand pays du grand fleuve! N'ayant pas la maîtrise du lingala, la langue parlée dans la capitale, elle répondait toujours par des phrases courtes du genre: "Sango te!, Kombo na ngai Ndaya, merci mingi" et ajouter un peu de français.

La fête commença enfin. Ndaya fut entraînée sur la piste par un jeune homme très élégant dans un abacost de superwax fleuri. Bien que timide au début, elle n'eut aucune difficulté à adapter ses pas sur ceux de son cavalier. En effet, elle dansait à merveille. Après environs trois heures de danses et de rires, les filles se retirèrent dans les toilettes pour se refaire leur beauté. C'est en ce moment que l'une des filles s'intéressant  à Ndaya,  lui retira sa perruque qu'elle essaya sur sa tête. Elle lui allait très bien, épousant les contours de son visage comme ses propres cheveux. Attirée par la même curiosité, Ndaya prit aussi la perruque de la fille qu'elle avait déposée sur le lavabo et l'enfonca sur sa tête. Celle-ci était lisse, de type européen. Lorsque Ndaya se regarda dans le miroir, elle émit un petit soupir de satisfaction et se fit un clin d'oeil.

Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte de la toilette. C'était son cavalier qui voulait que Ndaya l'accompagne sur la piste. "Fais vite, Ndaya! Mon morceau préféré risque de passer sans que j'aie dansé avec toi"lui cria-t-il. Ndaya courut après lui sur la piste, haussant le bas de sa robe sur les genoux pour ne pas tomber, dévoilant, en même temps,des longues jambes bien bâties. Aussitôt sur la piste, elle se glissa dans ses bras. Son corps souple épousa le sien, la tête couchée sur sa poitrine musclée et les bras noués autour de son cou  dans un slow à couper le souffle. Ils dansèrent longuement, très longuement même, les slows se succédant les uns après les autres. Ils ne se rendirent même pas compte que tous les couples s'étaient retirés de la piste, tellement ils étaient concentrés comme transportés dans un autre monde, un paradis quoi!

Le temps passa très vite et la cousine oublia l'heure limite que lui avait donnée sa mère. Lorsqu'elle jeta un coup d'oeil sur sa montre, elle cria à Ndaya: "Oh nous devons rentrer très vite; si non, nous aurons des problèmes sérieux avec ma mère." Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux filles dirent rapidement au revoir à leurs amis et se mirent à courir sur la route de retour comme des folles.

Il faisait environ une heure lorsqu'elles arrivèrent à la maison. Malheureusement, ce fut la mère qui vint leur ouvrir la porte lorsqu'elles s'annoncèrent. "Pourquoi vous rentrez si tard? Qu'est-ce que je vous avais dit?  Quelle heure fait-il maintenant?" Et avant que les filles n'aient placé un mot, elle se tourna vers Ndaya: " Où est ma perruque?" Celle-ci toucha la perruque qu'elle portait sur la tête, la retira et la porta devant ses yeux hagards. C'était la toute première fois qu'elle voyait sa tante dans cet état. "Excuse-moi, ma tante, c'est... c'est-à-dire que .. Prise de panique, elle ne pouvait pas expliquer à sa tante qu'une fille était restée avec par oubli. Enivrée, comme elle l'était, par la magie de la danse, elle ne s'était pas rappelée de reprendre la perruque de sa tante." Tu sors maintenant et tu vas vite chercher ma perruque. Si non, tu n'entreras plus dans cette maison." lui cria-t-elle. Sa fille voulut l'accompagner, mais la mère la stoppa net. " Et toi là-bas, tu reviens ici tout de suite et tu vas dormir. Lorsqu'elle osa protester, sa mère l'empoigna par le bras et la poussa d'autorité vers sa chambre.

Prise de panique, Ndaya sortit de la maison et s'enfonca dans l'obscurité de la nuit. Dans ses pensées, elle voulait corriger son erreur, c'est-à-dire retrouver la perruque, la remettre à sa tante et enfin se jeter sur le lit qu'elle partageait avec sa cousine pour dormir.  Elle allait rapidement sur une route déserte à cette heure de la nuit, se maudissant d'avoir commis un oubli aussi grossier et maudissant, par la même occasion, son cavalier d'un soir qui lui avait fait connaître la magie du slow. source de ses malheurs. Et si la fille était déjà partie, elle aussi? se dit-elle.  Oh mon Dieu, quelle catastrophe! Elle chassa cette idée de sa tête. Il allait bientôt arriver à la salle, trouver la fille et récupérer la perruque. Les choses devaient se passer ainsi. Pas de si. Mais pendant que Ndaya était prise dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite la fourgonnette qui venait de la dépasser et s'arrêter un peu plus loin. Ce ne fut que lorsqu'elle aperçut quatre policiers venir à sa rencontre qu'elle réalisa ce qui allait se passer. Elle voulut courir, mais il était trop tard. Ils s'emparèrent d'elle, deux de chaque côté, la jetèrent à l'arrière de la fourgonnette et puis sautèrent dedans après elle. Le véhicule démarra en trombe. (A suivre)

Lumbamba Kanyiki

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RDC: le M23 libère les 11 véhicules transportant du matériel de la Monusco

 
Des rebelles du M23 dans une localité du Nord-Kivu/ Photo AFPDes rebelles du M23 dans une localité du Nord-Kivu/ Photo AFP

Le Mouvement du 23 mars (M23) a libéré ce jeudi 11 avril les onze véhicules qui transportaient du matériel de construction de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) depuis quatre jours. Les conducteurs des ces véhicules ont confirmé l’information. C’est une équipe de la Monusco venue en renfort,  qui a finalement débloqué la situation pour libérer ces  véhicules transportant du matériel de construction destiné à la Mission onusienne.

Selon le chef politique du M23, Bertrand Bisimwa, “c’est après verification” que les véhicules ont été autorisés à poursuivre leur route vers Goma.

Des sources sur place affirment que l’un des containers a été ouvert comme l’exigeait le M23.

Les rebelles bloquaient depuis le dimanche 7 avril dernier ces véhicules qui venaient de Beni. Ils exigeaient l’ouverture des containers avant de les laisser traverser l’espace sous leur contrôle, alleguant qu’ils contiendraient du matériel militaire destiné à la brigade d’intervention de la Monusco. Le mouvement rebelle désapprouve l’envoi de cette brigade qui est chargée de neutraliser les groupes armés acifs dans l’Est de la RDC.

Interrogé par Radio Okapi, le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, a affirmé que ces véhicules transportaient du materiel de construction.

«Nous avons environ dix véhicules transportant du matériel de construction pour la section Engeneering de Beni vers Goma. Ces véhicules ont été illégalement bloqués par le M23 au niveau de Bunagana», a-t-il declaré, demandant aux rebelles  de respecter les instructions du conseil de sécurité:

« C’est cette attitude que le conseil de sécurité dénonce. Nous voyons là que le M23 a mis en place une administration illégale, des barrières illégales. Le conseil de sécurité leur a d’ailleurs demandé de mettre fin à ces barrières illégales et à cette tentative de mettre en place une administration parallèle. »

radiookapi.net

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RDC: le M23 bloque des containers contenant du matériel de la Monusco au Nord-Kivu

 
Les rebelles du M23 font leur entrée dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, mardi 20 novembre 2012.Les rebelles du M23 font leur entrée dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, mardi 20 novembre 2012.

Une dizaine de véhicules transportant du matériel de construction de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) sont bloqués par les rebelles du Mouvement du 23 mars depuis quatre jours à Kiwanja et à Kibumba. Ces deux cités sont respectivement situées à environ 70 km et 30 km au Nord de Goma dans la province du Nord-Kivu. Les rebelles estiment que le contenu de ces containers de la Monusco est suspect.Le M23 exige l’ouverture de ces containers avant de traverser l’espace sous son contrôle. Selon certains conducteurs de ces véhicules, les rebelles ont déjà saisi tous les bordereaux d’expédition et toutes les clés de contact.

Le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, confirme cette information.

«Nous avons environ dix véhicules transportant du matériel de construction pour la section Engeneering de Beni vers Goma. Ces véhicules ont été illégalement bloqués par le M23 au niveau de Bunagana», a déclaré Madnodje Mounoubai.

Le porte-parole de la Monusco demande au M23 de respecter les instructions du conseil de sécurité.

«C’est cette attitude que le conseil de sécurité dénonce. Nous voyons là que le M23 a mis en place une administration illégale, des barrières illégales. Le conseil de sécurité leur a d’ailleurs demandé de mettre fin à ces barrières illégales et à cette tentative de mettre en place une administration parallèle », a poursuivi Madnodje Mounoubai.

Les rebelles du M23 manifestent une aversion contre la brigade d’intervention de la Monusco qui sera déployée dans l’Est de la RDC pour neutraliser les groupes armés.

La région de l’Est de la RDC est en proie à de nombreuses milices locales et étrangères qui commettent des exactions sur la population civile depuis près de 20 ans.

Imaginée par les pays africains pour tenter de mettre fin au cycle de violences dans l’Est de la RDC, la brigade d’intervention a été créée par les Nations unies et fait partie intégrante de la Monusco. Son mandat est plus offensif que le mandat précédent de la mission onusienne.

Des Etats comme l’Afrique du Sud, le Malawi et la Tanzanie se sont déjà portés volontaires pour envoyer des troupes qui constitueront la brigade d’intervention.

radiookapi.net

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10 avril 2013

RDC: «Atalaku» ou l’urgence du témoignage

Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
DR
Par Antoinette Delafin/RFI

Le film du Congolais Dieudo Hamadi, Atalaku, a obtenu le prix Joris Ivens au Cinéma du Réel 2013, le célèbre festival du documentaire qui s’est achevé fin mars à Paris. Il s’agit de son premier long-métrage, qu’il a effectivement tourné tout seul, caméra à l’épaule.

Les contraintes du Cinéma du réel, Dieudo Hamadi les a respectées à la lettre. Plutôt qu’un candidat, il a choisi de filmer des jeunes d’un quartier populaire de Kinshasa, ceux qui servent de « petites mains », pour filmer la campagne électorale de 2011 en République démocratique du Congo. Ces élections, législatives et présidentielle, ont eu lieu à l’issue du premier mandat du président Joseph Kabila, précise un carton d’entrée de jeu. C’est la deuxième fois depuis 1960 que des élections libres ont lieu dans ce pays-continent, y explique-t-on, rappelant au passage le coup d’Etat de Mobutu, resté trente-deux ans au pouvoir avant d’être renversé en 1997.

Gaylor loue ses services au plus offrant
 
Pasteur « dans le civil », Gaylor, le personnage principal de ce film de 60 mn, loue ses services au plus offrant, battant campagne pour l’un ou l’autre des candidats en lice à la députation. Publicité pour les meetings, recherche de groupes de musiciens pour les animer… Gaylor s’est transformé en « Atalaku » (le titre du film), qui signifie « crieur » en lingala. On le voit passer de l’Eglise, où il incite ses fidèles à faire des dons pour la paroisse, aux étals des marchés où il cherche à convaincre les « mamans » de se rendre au meeting de « son » candidat, une Bible dans une main, des liasses de billets dans l’autre, distribuant parcimonieusement les précieuses devises.
 
La démarche de Dieudo Hamadi s’apparente-t-elle, comme le signifie son prix au Cinéma du réel, à celle de Joris Ivens, ce cinéaste néerlandais, mort en 1989 à Paris, qui a fait école en parcourant le monde, caméra à l’épaule ? Sans doute par l’urgence qu’il ressent de témoigner. Un« concours de circonstances », dit-il, a fait qu’il a été retenu après la première élection de 2006 (avait-il déjà l’envie de tourner ?) pour suivre une formation de cinéma, d’abord à Kisangani, sa ville natale, à l’est de la RDC, puis à Kinshasa. Cet ancien étudiant a arrêté ses études de médecine deux ans avant la fin pour devenir cinéaste…
 

Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
DR

Au total : 30 heures de rushes
 
Ce n’est sans doute pas anodin, le sujet de son premier film (Dames en attente) porte sur une femme séquestrée dans une maternité de Kinshasa parce qu’elle n’a pas les moyens de payer ses frais d’accouchement... Une « pratique courante » qu’il a voulu montrer. Sensible à la sécurité des femmes de sa région d’origine, il a tourné son second court-métrage à l’est du pays, dans la ville de Bukavu, où il a suivi une commissaire de police chargée de lutter contre les violences sexuelles…

Atalaku
est son premier long-métrage, qu’il a effectivement tourné tout seul, caméra à l’épaule (voir interview ci-dessous). Au total : 30 heures de rushes. Et personne pour avancer les financements… Pourtant, en faisant vivre ces élections comme si on y était, chaque scène – même approximative - fait travailler l’imaginaire. Quand l’échéance approche, et que les fraudes pourrissent l’ambiance dans les bureaux de vote, la relation des Congolais des quartiers populaires à leur classe politique ne semble pas aussi dépourvue d’enjeux qu’il y paraît. Et réciproquement.

Dieudo Hamadi: «Les élections, ça ne peut pas attendre»
Le réalisateur congolais Dieudo Hamadi, auteur du documentaire "Atalaku", prix Joris Ivens au Cinéma du Réel 2013.
DR

Vous filmez les élections de 2011, censées élire des représentants du peuple. N’était-ce pas aussi le moment de tous les dangers ?

Le contexte était assez tendu. Personne ne savait à quoi s’attendre. On sentait bien que le candidat en place, Joseph Kabila, n’était pas prêt à perdre. Et son challenger principal, Etienne Tshisekedi, le « père » de l’opposition congolaise, savait, vu son âge, que c’était sa dernière chance. Ils étaient déterminés à en découdre. Kabila, s’il perdait, c’était fini. Et Tshisekedi, s’il ne réussissait pas, ce serait compliqué pour plus tard.

Le film se termine par leurs deux discours qui s’entremêlent. Chacun dit qu’il a gagné...

A la fin du scrutin, deux présidents se sont déclarés élus. C’était important de rendre cela. Dans le film, j’ai choisi de le montrer comme ça : d’avoir leurs voix, sur des images du cimetière, qui disent quasiment toutes la même chose.

Ces élections ne mettent-elles pas aussi en danger ceux qui entrent dans la danse pour défendre un candidat.

Oui. Il y avait beaucoup de tensions entre les militants de chaque parti ou de chaque candidat. Les politiciens se sont servis des kuluna, ces bandits qu’on voit dans le film, des jeunes désœuvrés qui ont grandi dans les rues et qui ravissent leurs affaires aux passants. Ils s’en sont servis comme main-d’œuvre pendant la période électorale, pour aller « foutre le bordel » dans la campagne de l’autre et vice versa. Ce n’était pas le sujet de mon film, mais, oui, c’était assez tendu de ce point de vue là aussi.

Quand le pasteur Gaylor sort de son Eglise pour aller embaucher un groupe de musiciens pour le prochain meeting du candidat qu’il soutient, il a intérêt à aligner l’argent pour convaincre…

L’argent est partout. C’est un peu ce qui m’a poussé à lier dans ce film l’Eglise et la politique. L’enjeu, principalement, c’est l’argent. On le voit dans la scène d’ouverture où les fidèles doivent en donner pour le carburant, le transport des serviteurs de Dieu, un Coca-Cola pour le pasteur... Et c’est pareil de l’autre côté. Pour se faire élire, les politiciens promettent de l’argent, ils le distribuent pour être sûrs qu’ils vont être « votés ». Cela m’a paru intéressant de montrer cette similitude au Congo entre le monde religieux et la vie politique.

A un moment, Gaylor est pris à partie par des femmes du quartier qui lui disent de ne plus ramener « son » candidat qui ne leur a rien donné…

Quand j’ai commencé à filmer Gaylor, il était déjà en train de mener sa campagne. Il avait amené la veille un candidat qui avait promis à chacun 5 dollars, des pagnes et des tee-shirts. C’est comme ça que ça se passe. Mais, à la fin, quand ils se sont retrouvés « à boire du jus », comme ils disent, le candidat était déjà parti… Je suis tombé juste quand il se faisait un peu sermonner. On lui rappelait qu’on est fatigué des promesses.

Les candidats sont-ils adoptés ou rejetés selon l’argent qu’ils ont distribué ?

On l’avait beaucoup vu lors des premières élections de 2006, où seuls les candidats « riches » ont été massivement élus. En 2011, la population savait que les politiciens allaient lui donner de l’argent en promettant tout ce qu’on connaît si elle acceptait de voter pour eux. Et elle a joué le jeu. On voyait beaucoup de monde dans les meetings du candidat qui avait le plus de moyens et donnait beaucoup de vivres. Mais après, il est arrivé que ces candidats échouent. C’était la surprise de ces élections. Il ne suffisait plus d’être riche, de distribuer l’argent à la population pour se faire élire.

 
Ne croit-on pas du tout aux candidats ?
 
Vous savez, il y avait 19 000 candidats-députés [pour 740 députés, ndlr]. Personne n’a eu le temps de tous les connaître. Ce qui intéressait la plupart des gens à Kinshasa, c’était qui pouvait offrir le plus. Mais beaucoup de politiciens s’en sont mordu les doigts. C’est ce que j’appelle une bonne surprise. C’est vrai, les gens espéraient avoir un peu d’argent pendant un ou deux jours, mais en réalité, ils ont aussi appris la valeur de ce fait de voter. Et que, même si l’on reçoit de l’argent, une fois seul dans l’isoloir, on peut voter pour la personne qu'on veut… J’ai entendu beaucoup de gens dire cela.

Selon vous, on se moque des partis de Tshisekedi, de Kabila ou d’autres…

Dans mon film, en tout cas, mes personnages, oui. Et (avec eux) beaucoup de Congolais. Ils n’ont pas beaucoup d’intérêt à savoir qui va gagner. Mais ce sont mes personnages. Je ne pouvais pas être partout en ville et filmer toutes les situations. Il y avait aussi cet enjeu assez important que vous évoquiez tout à l’heure, entre les partisans du président Kabila et de Tshisekedi. Eux savaient vraiment pourquoi ils se battaient. Il fallait absolument que leur candidat puisse être élu.

Pourquoi n’abordez-vous pas du tout le contenu dans ce film ?

Parce que pour beaucoup de gens, mais aussi pour les personnages que j’ai choisi de suivre, cela n’avait pas d’importance, le contenu. Cela ne servait à rien. C’était courant d’entendre un Kinois dire : de toute façon, qu’est-ce qu’ils vont dire de plus que ce qu’on connaît déjà ? En plus, beaucoup de Congolais ne parlent pas convenablement ou ne comprennent le français et les politiciens s’adressent à la population en français dans des discours assez techniques…

Pourtant, vous dites qu’il y a de vrais enjeux entre les uns et les autres.

Entre les principaux challengers, oui. Il y avait même une question idéologique.

L’idéologie ne concerne-t-elle pas aussi la rue ?

Oui. Ou au contraire, la rue est juste instrumentalisée par ces gens-là qui se battent pour de vraies idéologies. Mais la masse ne comprend pas grand-chose.

Autre épisode violent, c’est l’émeute dans le bureau de vote. Est-ce à cause de la caméra ou parce qu’il y a eu fraude ? Ou les deux mêlés ?

C’est vrai, personne n’est pareil quand il y a une caméra. Il y a toujours quelque chose qui change un tout petit peu. Mais, juste après cette scène-là, j’ai appris que ça s’était mal fini. Il a fallu que l’armée intervienne pour faire sortir le Monsieur accusé des tricheries... Bien loin des caméras, la tension a continué de monter. Donc, il y avait une vraie frustration. Ce que j’ai pu « capter » dans le film, c’est qu’il y avait des « gentils » ce jour-là. Des gens ont été tabassés. Il y a eu des blessés et même des morts, des bureaux de vote incendiés...

On dirait que vous vous autocensurez.
 
Non, non. Ce sont juste des images que je n’ai pas pu filmer, tout simplement parce que mes personnages n’étaient pas allés là-bas. Moi, je suivais des personnes et c’est eux qui me conduisaient. On l’a suivi dans des émissions de télé… Mais je me suis limité à montrer ce que j’ai pu filmer avec mes personnages.

Vous portez un regard critique sur le pouvoir d’en haut dont les gens d’en bas ne bénéficient pas. Est-ce le message du film : donner plus de pouvoir à la base ?

Déjà, j’ai filmé ce que j’avais envie sans avoir pour autant nécessairement de message à faire passer. J’ai juste voulu montrer une réalité. Je me suis limité à montrer ce que j’ai vu, à ma manière. Je n’avais pas de préméditation. J’avais juste envie de témoigner d’un moment important de l’histoire de ce pays qui se trouve être le mien.

Dans le film, des militants de la société civile apprennent aux gens comment voter...

Quand je pensais à ce film, des mois avant les élections, j’avais suivi une émission à la télé animée par les représentants de la société civile. Leur combat m’a plu et j’ai décidé de les associer.
 
On a l’impression d’un film fait dans l’urgence, et en même temps intemporel. N’est-ce pas un peu ça l’écart ?

J’en suis ravi. C’est un film fait dans l’urgence. Les élections, c’est ce que j’ai voulu filmer, et ça ne peut pas attendre. Je n’ai pas attendu, par exemple, d’avoir les sous pour engager une équipe. J’ai filmé à l’arrache avec une caméra Sony Z7 qu’on m’avait prêtée pour des journées bien définies. Pendant le tournage, il est arrivé qu’on me la reprenne. Je devais attendre le lendemain pour la récupérer. J’ai filmé tout seul. Au début, je voulais vraiment avoir une équipe, un cadreur qui filmait mieux que moi. Mais la réalité, c’est que je ne pouvais pas me l’offrir. Du coup, je me suis décidé à y aller tout seul. Là, maintenant que le film est fini, je me dis que c’était peut-être la meilleure façon de filmer tout ça.

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RDC : la Monusco condamne la campagne du M23 contre sa brigade d’intervention

 
Col. Base, porte parole militaire de la Monusco. Radio Okapi/Ph. John BompengoCol. Base, porte parole militaire de la Monusco. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les activités de propagande menées par le Mouvement du 23 mars ne pourront ni changer ni modifier les dispositions prises par l’Onu concernant le déploiement de la Brigade d’intervention de la Monusco, a affirmé le porte-parole militaire de la Mission des Nations unies en RDC, le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse. Il s’est exprimé ce mercredi 10 avril au cours de la conférence de presse des Nations unies, réagissant aux campagnes d’intoxications menées depuis quelques jours par le M23 contre cette force qui est chargée de neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

Le porte-parole de la société civile a indiqué, mardi 9 avril, que le M23 a organisé la semaine passée une série de meetings populaires dans les localités que cette rébellion occupe, appelant la population locale à s’opposer au déploiement de cette Brigade.

Toujours selon la société civile, les rebelles ont appelé ce mercredi la population de Nyiragongo à une marche contre le déploiement de cette force. Mais plusieurs personnes, des jeunes en majorité, ont refusé de participer à la manifestation. Ces personnes ont trouvé refuge vers les localités de Kabagana et Kabuhanga, à la frontière entre la RDC et le Rwanda.  Ce qui aurait contraint les rebelles à annuler la marche.

« Je ne pense pas que les activités de propagande menées par le M23 puissent changer ou modifier les dispositions qui ont déjà été prises au niveau des Nations unies concernant le déploiement de cette force. Nous avons des objectifs bien précis que nous comptons quand même atteindre conformément à la résolution qui nous a été donnée », a déclaré le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse.

La Monusco a dénoncé la stigmatisation de la brigade de la Monusco par le M23 qui l’accuse de vouloir créer l’insécurité au sein de la population du Kivu.

Pour le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse, la Brigade d’intervention sera déployée pour sécuriser aussi la population.

« La brigade d’intervention qui va être déployé en RDC fera partie intégrante de la Monusco. Et ce n’est pas parce qu’elle aura pour mission de neutraliser les groupes armés qu’elle a un mandat complètement différent, parce que dans cette mission, la préoccupation majeure c’est la protection des populations civiles qui reste d’actualité », a souligné le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse.

Par ailleurs, le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse a insisté sur la mobilité de la brigade d’intervention de la Monusco.

« Aujourd’hui nous avons déjà un Etat major réduit qui est entrain de travailler à Goma. La brigade d’intervention ne sera pas basée à Goma. Son état major pourrait être à Goma mais cette brigade doit mener des actions offensives de grande mobilité. Et dans son organigramme, elle a aussi bien des forces spéciales que d’autres forces qui auront pour mission d’aller traquer les groupes armés et les neutraliser », a-t-il poursuivi.

Le conseil de sécurité des Nations unies a voté jeudi 28 mars la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco. Cette force, dotée des moyens offensifs, devra traquer les groupes armés dans la partie Est de la RDC.

Le M23 désapprouve l’envoi de cette force. Son chef politique, Bertrand Bisimwa, a récemment déclaré qu’en créant cette brigade, les Nations unies avaient levé une «option de la guerre».

radiookapi.net

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RDC : l'opposant Diomi Ndongala détenu à la prison de Makala

L'opposant congolais Diomi Ndongala conteste la réélection de Joseph Kabila. L'opposant congolais Diomi Ndongala conteste la réélection de Joseph Kabila. © AFP

« Disparu », puis retrouvé vivant en octobre 2012, Eugène Diomi Ndongala est désormais placé en détention préventive à la prison centrale de Kinshasa. L’opposant congolais, proche d’Étienne Tshisekedi, est poursuivi pour viol sur mineures. Sa formation politique dénonce un « harcèlement politico-judiciaire ».

Le feuilleton Diomi Ndongala se poursuit à Kinshasa. Après sa « disparition » en juin 2012 et sa « réapparition », vivant, à la veille du sommet de la Francophonie dans la capitale congolaise, en octobre dernier, le président de la Démocratie chrétienne (DC) est de nouveau arrêté par la police. Sa famille et ses proches ont déclaré que, le 8 avril à 22 heures (heure locale), l’opposant congolais a été « pris de force et emmené vers une destination inconnue ».

Diomi Ndongala est poursuivi pour « viol sur deux mineures ». Selon les sources judiciaires, il aurait invité, mi-juin 2012, deux filles issues d’une même famille dans ses bureaux de la commune de la Gombe, au centre ville de Kinshasa, puis les aurait violées, après les avoir droguées.  Ce que le suspect et son parti nient tout en dénonçant un « harcèlement politico-judiciaire ».

Diomi Ndongala, une menace ?

Élu député national dans la ville de Kinshasa à l’issue des législatives de 2011, Eugène Diomi Ndongala fait partie de ceux qui ont refusé de siéger dans l’hémicycle pour protester contre la réélection controversée de Joseph Kabila. Revendiquant la victoire d’Étienne Tshisekedi, arrivé deuxième, le président de la DC a même lancé, en avril 2012,  la « Majorité présidentielle populaire » (MPP), plateforme regroupant l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et les autres partis et associations de la société civile qui continuent à réclamer la « vérité des urnes ». Une initiative qui, selon la DC, a été « interprétée par l’exécutif en place à Kinshasa comme une menace politique qu’il fallait neutraliser par un montage politico-judiciaire visant à faire taire Eugène Diomi Ndongala ».

Le  8 janvier, l’Assemblée nationale lève son immunité parlementaire pour permettre à la justice de « faire son travail ». Quelques jours plus tard, Diomi Ndongala dépose une plainte contre le père de deux filles qui l’accusent de les avoir violées. Il les incrimine, à son tour,  d’ « imputation dommageable et d’association des malfaiteurs ».

Pas de répit cependant pour celui qui se fait appeler le « député dissident ». Après son arrestation manu militari la veille, Diomi Ndongala a été placé, le 9 avril, en détention préventive au Centre pénitencier de rééducation de Kinshasa, connu sous le nom de la « Prison de Makala ». Si les faits lui reprochés sont établis, l’opposant congolais risque une peine de 20 ans d’emprisonnement.

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Nord-Kivu: des habitants de Nyiragongo fuient la marche contre la brigade d’intervention de la Monusco

 
Les populations fuyent leurs villages à cause des combats entre les FARDC et les groupes rebelles à Sake au Nord-Kivu le 30 avril 2012. © MONUSCO/Sylvain LiechtiLes populations fuyent leurs villages à cause des combats entre les FARDC et les groupes rebelles à Sake au Nord-Kivu le 30 avril 2012. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Plusieurs personnes, des jeunes en majorité, ont quitté ce mercredi 10 avril dans la matinée le territoire de Nyiragongo (Nord-Kivu) pour trouver refuge vers les localités de Kabagana et Kabuhanga, à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Des sources de la société civile indiquent que ces personnes ont refusé de participer à la marche contre le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco que comptait organiser le M23 ce mercredi de Kibumba à Goma. Un notable de Nyiragongo joint au téléphone indique qu’après le départ de ces personnes, le M23 a annulé la marche mais le mouvement rebelle l’aurait reprogrammé pour le dimanche prochain.

«  La population du territoire de Nyiragongo n’a pas voulu participer à cette marche et craint pour sa sécurité. C’est pourquoi la plupart des habitants ont fui vers les zones frontalières pour échapper à la colère de Makenga et ses hommes. Les autres s’enferment dans leurs maisons. », a déclaré Omar Kavota, porte-parole de la société civile du Nord-Kivu.

Il a invité la communauté internationale à intervenir pour faire face « aux menaces du M23 ». « Nous interpellons les Nations unies et les autres partenaires de la CIRGL [Conférence internationale sur la région des Grands Lacs] face à ces menaces contre la population que le M23 est en train de multiplier pour amener la population à s’opposer à cette brigade », a-t-il indiqué.

Mardi, la société civile du Nord-Kivu avait accusé le M23 de mener une campagne d’intoxication contre la brigade d’intervention de la Monusco chargée de neutraliser les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.

Omar Kavota avait fait état d’une série de meetings populaires organisée la semaine passée dans les localités occupées par la rébellion, appelant la population locale à s’opposer au déploiement de cette Brigade.

Le M23 désapprouve le déploiement de ladite force décidé par le Conseil de sécurité des Nations unies le 28 mars dernier.

Le chef politique de la rébellion, Bertrand Bisimwa, avait estimé qu’en créant cette brigade les Nations unies avaient levé une «option de la guerre».

Du côté du gouvernement congolais, on se réjouit du déploiement prochain de la brigade. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a invité les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) à mettre fin à leurs activités au risque d’être combattu par la brigade d’intervention de la Monusco.

radiookapi.net

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Le M23 promet un bain de sang aux militaires sud-africains

Bisimwa

 

 

 

 

 

 

 

Selon le journal en ligne de RFI, dans son édition de ce jour, le président du M23, Bertrand Bisimwa a écrit au parlement sud-africain pour dénoncer la participation des troupes sud-africaines dans la composition de la brigade d'intervention chargée de traquer les forces négatives dont le M23. Faisant allusion aux treize militaires sud-africains tombés en République Centrafricaine, il promet un bain de sang dans le Kivu.

"ll ne s'agit pas d'une promenade de santé.(Nos militaires) ne vont pas accepter que l'on tire sur eux sans se défendre (...) et alors, il y aura échange de coups de feu"

Mais les experts sur terrain pensent à la diversion. Le M23, même soutenu par le Rwanda et l'Ouganda, n'a pas les moyens de tenir longtemps devant une brigade munie d'un mandat renforcé de l'ONU et soutenue par cette dernière. Qu'il prenne seulement l'exemple sur les Djihadistes au Mali.

La délégation du M23 et celle du gouvernement congolais ont été invitées le week-end dernier à reprendre les pourparlers à Kampala et ainsi arriver à harmoniser leurs différentes prises de positions pour une paix durable à L'Est. Mais on se souviendra que quelques jours auparavant, Raymond Tshibanda, ministre congolais des Affaires Etrangères, avait demandé au M23 de cesser tout simplement d'exister.

Lumbamba Kanyiki

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Division I : Sanga Balende consolide se première place après sa victoire contre Muungano (1-0)

 
L'entraineur de SM Sanga Balende, Ahmed Abdel Ousmane saluant le président du Club, Alphonse Ngoyi KasanjiL'entraineur de SM Sanga Balende, Ahmed Abdel Ousmane saluant le président du Club, Alphonse Ngoyi Kasanji

Sa Majesté Sanga Balende de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental) a battu OC Muungano de Bukavu (Sud-Kivu) par un but à zéro mardi 9 avril au stade Tshikisha de Mbuji-Mayi, en match comptant pour la quatrième journée du championnat de la Ligue nationale de football Division I. l’unique but de la partie a été inscrit sur pénalty par Kabamba Mukundji (86e). Avec cette victoire, les « Anges et les saints » consolident leur première place avec douze points pour quatre sorites.

A la mi-temps, le, score était de Zéro but partout entre les deux équipes. L’équipe de Muungano Bukavu a évolué à dix, après l’exclusion du joueur Selema par l’arbitre central à la 24’ minute de jeu, qui a écopé d’un carton rouge.

La quatrième journée de la Division I se poursuivra mercredi 10 avril. A Mbandaka TP Molunge matchera le DC Virunga.

A Kisangani, le CS Makiso jouera contre TP Mazembe. La Linafoot a signalé que cette rencontre se jouera à 14 heures locales et non à 15h30 comme initialement prévu.

Pendant ce temps, à Kinshasa, l’AS V club s’expliquera au CS Don Bosco. Le dernier match au programme se jouera du côté de Goma entre Dauphin noir et le DCMP cette rencontre est confirmée pour le jeudi 11 Avril.

Dimanche 7 avril, US Tshinkunku et FC Lupopo ont fait match nul (1-1) à Kananga et Rojolu de Kinshasa a battu TC Elima (2-0) au stade Tata Raphaël.

radiookapi.net

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09 avril 2013

RDC : le député Diomi Ndongala arrêté par la police

 
L'opposant Diomi Ndongala à son domicile 3 mois après sa disparitin survenue fin juin 2012 (Kinshasa, 12 octobre 2012)L'opposant Diomi Ndongala à son domicile 3 mois après sa disparitin survenue fin juin 2012 (Kinshasa, 12 octobre 2012)

Le député national Eugène Diomi Ndongala a été arrêté lundi 8 avril par la police et auditionné au parquet de la République. Il est poursuivi dans une affaire de viol sur deux mineures. Selon son épouse, la police n’a présenté aucun mandat pour emmener le député, qu’elle aurait en outre brutalisé et blessé au bras. L’Assemblée nationale a levé il y a trois mois son immunité pour permettre au Procureur général de la République de le poursuivre.

Patricia Ndongala, l’épouse de Diomi Ndongala, a expliqué que son lari a été enlevé vers 22h00 à l’hôtel Cana, dans la commune de la Gombe.

«Un groupe de policiers, menés par le colonel Kanyama lui-même, a brutalisé l’agent Mamba qui est à la porte, les filles qui sont à la réception. Mon mari demande ce qui se passe, il est agressé physiquement, blessé au bras. Sans qu’ils ne présentent un document quelconque, ils l’ont emmené vers une destination inconnue. Et cela, en terme juridique, ne s’appelle pas arrestation. C’est un enlèvement», a-t-elle expliqué.

Le Procureur général de la République accuse le député Diomi Ndongala d’avoir violé deux mineures dans les locaux de ses bureaux en juin 2012. Il avait demandé à l’Assemblée nationale d’ôter l’immunité u député afin de permettre à la justice de le poursuivre.

Bien avant cette demande de levée de son immunité, le député Diomi Ndongala était porté disparu. Il a été retrouvé vivant en octobre 2012. Ses famille biologique et politique ont toujours soutenu que l’opposant avait été enlevé et détenu par les services secrets à cause de ses prises de position en faveur d’Etienne Tshisekedi, l’un des candidats malheureux de la présidentielle de 2011 qui conteste la réélection de Joseph Kabila.

Après son apparition, Diomi Ndiongala, avait à son tour intenté un procès devant le Tribunal de grande instance de Matete au présumé père des deux filles qu’il aurait violées. Il les accuse d’imputation dommageable et d’association de malfaiteurs.

Pour Eugène Diomi Ndongala, il s’agit d’une bande organisée qui aurait saccagé le siège de son parti politique pour attenter à sa vie.

radiookapi.net

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