28 avril 2015

Exetat 2015: 750 000 finalistes participent à l’épreuve de dissertation

 

 

 

élèves kinois

Des candidats finalistes de l’enseignement secondaire et professionnel(EPSP) au lycée Sacré cœur à Kinshasa, le 28/04/2015 après la dissertation, la première épreuve de l’examen d’état, édition 2014-2015. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Plus de sept cent cinquante mille élèves ont participé ce mardi à l’épreuve de dissertation organisée en RDC dans le cadre de l’Examen d’Etat (Exetat) 2015. L’Inspecteur général de l’Enseignement primaire secondaire et professionnel (EPSP), qui a livré ce chiffre, se félicite du bon déroulement de cette épreuve sur tout le territoire national. Cependant un centre hors frontière a enregistré beaucoup d’absence suite à la situation sécuritaire qui prévaut au Burundi. Il s’agit de celui de l’école consulaire de Bujumbura.
Au Sud-Kivu, l’épreuve de dissertation s’est déroulée partout dans la province, y compris dans des milieux chauds comme Shabunda, Minembwe et Kilembwe. Plus de quarante-quatre mille finalistes y ont passé cet examen.

Au Katanga, les élèves de la section agricole de Kisenge, Dilolo et Divuma dans le Lwalaba ont parcouru une distance de 70 kilomètres pour atteindre le centre de passation de l’examen d’Etat.

Pendant ce temps au Kasaï-Occidental, la grande inquiétude des parents portait sur le non-respect du taux des frais fixés officiellement par certains gestionnaires d’écoles.

A Mbandaka (Equateur), tous les cinquante centres ont été opérationnels avec la participation de plus de treize mille candidats.

Dans le Kongo Central (ex-Bas-Congo), la participation est de près de trente-trois mille candidats, dont 47 % de filles. Elles représentaient 39 % des participants, l’année dernière.

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Caf-C1: SM Sanga Balende en route pour Karthoum

 

 

 
Le match entre Sanga Balende et Recreativo d'Angola dimanche 1er mars au stade Tata Raphaël. Radio Okapi/Ph. Caniche Mukongo
Le match entre Sanga Balende et Recreativo d'Angola dimanche 1er mars au stade Tata Raphaël. Radio Okapi/Ph. Caniche Mukongo
La formation de Sa Majesté Sanga Balende a quitté Lubumbashi (Katanga) mardi 28 avril en destination de Khartoum (Soudan), où il croise dimanche 3 mai Al Hilal d’Ondourman, ne match-retour des 8è de finales de la Ligue des champions de la Caf.

 

 

Les poulains de l’entraineur Santos Muntubile ont affuté leurs armes en s’entrainant en nocturne sous les lampes du complexe omnisports Frédéric Kibasa Maliba de Lubumbashi.

Battu le 19 avril lors de la match- au stade Tata Raphael par le score d’un but à zéro, Sanga Balende devra créer la surprise pour espérer se qualifier en phase des poules de cette compétition la plus prestigieuse de la Caf.

Des analystes sportifs ne doutent pas de l’éventuelle qualification de SM Sange Balende qui a fait un parcours élogieux en écartant de grandes formations africaines comme Coton Sport de Garoua (Cameroun).

radiookapi.net

Au championnat national, Sanga Balende occupe la 6è place après Mazembe, Don Bosco, VClub, Lupopo et Groupe Bazano.

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Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester

 

manifestants burundais

Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester © AFP

Les opposants à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza ont promis de poursuivre mardi les manifestations de protestation à Bujumbura, interdites et violemment réprimées par la police depuis dimanche.

Le pouvoir burundais restait de son côté tout aussi déterminé. La RPA, radio indépendante la plus écoutée du pays, était toujours muette après avoir été fermée lundi car accusée de relayer les appels à manifester.

Pierre-Claver Mbonimpa, patron de la principale organisation de défense des droits de l'Homme du pays, qui avait appelé à descendre dans la rue, est toujours aux mains de la police.

Un mandat d'arrêt a par ailleurs été émis contre Vital Nshimirimana, le principal organisateur au sein de la société civile de la campagne anti-Nkurunziza, passé dans la clandestinité mais qui, dans un entretien téléphonique à l'AFP, a promis de poursuivre le mouvement.

Lundi soir, le porte-parole du Service national de renseignement (SNR), Télésphore Bigirimana a confirmé à l'AFP l'arrestation par cet organisme de M. Mbonimpa dont ses proches et avocats ignoraient jusqu'alors où il était détenu.

"Oui, il est bien détenu dans nos services", a déclaré M. Bigirimana, refusant d'en dire plus.

M. Mbonimpa a été arrêté sans mandat "dans une procédure de flagrance car il était en train d'appeler la population à l'insurrection", dans une émission de radio en direct, a de son côté expliqué à l'AFP un haut cadre des services de renseignement, ayant requis l'anonymat.

La fermeture de la RPA et l'arrestation de cette figure de la société civile, aux avant-poste de la contestation, risquent de faire monter encore d'un cran la colère des manifestants. Ils protestent depuis dimanche contre la désignation samedi, par le parti au pouvoir (Cndd-FDD), de Pierre Nkurunziza candidat à la présidentielle prévue le 26 juin.

Une candidature pour un troisième mandat que la société civile et l'opposition estiment inconstitutionnelle, la loi fondamentale du Burundi limitant à deux le nombre de mandats présidentiels.

Mais le camp de M. Nkurunziza assure que son premier mandat (2005-2010), en tant que premier président post-transition élu par le Parlement et non au suffrage direct, tombe sous le coup d'une disposition particulière et n'entre pas en ligne de compte dans la limitation.

 

- 'Nous ne partirons pas d'ici' -

Lundi, l'annonce de la fermeture de la radio et l'arrestation de Pierre-Claver Mbonimpa ont provoqué des heurts dans le quartier périphérique de Musaga, dans le sud de Bujumbura, où des jeunes ont affronté la police à jets de pierre, auxquels répondaient des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes, et parfois des tirs d'intimidation à balles réelles.

Au moins un policier a été blessé, ont constaté des journalistes de l'AFP et un manifestant touché par balle, selon un ambulancier. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

Les jeunes du quartier ont joué plusieurs heures durant au chat et à la souris avec la police, disparaissant dans les ruelles adjacentes à chaque charge de la police, appuyée par un canon à eau monté sur un camion.

"Nous ne partirons pas d'ici, tant que" M. Nkurunziza ne renoncera pas à se présenter, a assuré Thierry, musicien de 29 ans. "En plus maintenant ils ferment les radios", a-t-il souligné en référence à la coupure du signal de la RPA (Radio publique africaine).

"Ce ne sont que des voyous qui cherchent à provoquer le désordre", a pour sa part expliqué un officier de police à l'AFP.

Dans la matinée lundi, dans le quartier de Cibitoke, un déploiement massif de police avait empêché les jeunes de descendre vers le centre de la capitale burundaise, déserte toute la journée, où de nombreux magasins et entreprises sont restés fermés.

"Demain, mardi, ça va continuer", affirmait toutefois Jonathan, 26 ans qui vient de finir ses études et se retrouve au chômage comme de nombreux Burundais. "Le problème n'est pas que (le maintien au pouvoir de Nkurunziza) soit trop long, c'est qu'il (le président) passe en dehors de la loi".

Pour l'heure, la contestation reste endiguée par la police aux quartiers périphériques et les opposants au 3e mandat de M. Nkurunziza n'ont pas réussi à converger massivement vers le centre de Bujumbura, leur objectif principal.



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : | Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 

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Tensions à Bujumbura: afflux des réfugiés burundais à Uvira

 
Un quartier de la cité d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu (RDC).Un quartier de la cité d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu (RDC).

Plus de 2800 réfugiés burundais ont été déjà enregistrés, à la date du vendredi 24 avril, par la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) dans les territoires d’Uvira et de Fizi au Sud-Kivu. Ces réfugiés, qui traversent sporadiquement en masse depuis fin mars dernier, disent avoir fui «l’enrôlement forcé dans la milice du pouvoir» au Burundi voisin. Les services congolais aux frontalières s’attèlent à leur enregistrement.

Le conseil territorial de sécurité d’Uvira s’est réuni lundi matin pour dégager un plan de contingence sur cet afflux des sujets burundais, qui traversent la frontière congolaise. Il a été recommandé aux services de sécurité (la migration, la police et autres) à procéder à leur enregistrement aux frontières.

D’après ces services de l’Etat, ce sont en majorité les jeunes gens, les femmes et les enfants qui se déplacent avec bagages en mains.
Selon l’assistant aux opérations de rapatriement à la Commission nationale pour les réfugiés/Uvira, Frederik Salumu, jusqu’à vendredi passé, plus de 2800 Burundais ont été enregistrés.

Certains, munis des documents migratoires et provenant des provinces burundaises de Bubanza et de Cibitoke, sont localisés dans la plaine de la Ruzizi. D’autres en provenance de Makamba, Bururi et Nyanza Lacs traversent le lac Tanganyika par pirogue pour rejoindre le territoire congolais de Fizi.

La même source affirme que ces Burundais évoquent la peur et l’insécurité en prévision de l’élection présidentielle dans leur pays ainsi que l’enrôlement forcé dans une milice du pouvoir en place.

Après cette opération de pré-enregistrement, d’autres mesures pourraient être envisagées par le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et le gouvernement congolais, a rassuré Frederik Salumu.

Tensions à Bujumbura

Et pour ce qui est de la situation sur place au Burundi, des heurts opposent les manifestants et forces de l’ordre à Bujumbura depuis l’annonce samedi de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel. Deux nombreux manifestants ont été tués dimanche.

Et malgré l’interdiction de manifester décrétée par le pouvoir, les opposants à cette candidature sont de nouveau descendus dans la rue ce lundi. Et selon RFI, Pierre

Claver Mbonimpa, militant de la société civil, qui avait appelé à manifester, a été arrêté ce lundi matin. Dimanche, ce sont 200 personnes qui ont été arrêtées. L’armée est déployée dans les quartiers de Bujumbura depuis la nuit de dimanche à ce lundi, mais ne participe pas aux actions anti-émeute.

La Radio publique africaine (RPA) n’émet plus à Bujumbura. Le signal de la principale radio privée au Burundi a été coupé à la mi-journée par les autorités.

radiookapi.net

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27 avril 2015

RDC: l’opposition s’inquiète de l’indisponibilité de Malumalu

 

opposition

Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

L’opposition politique se dit inquiète de l’indisponibilité du président de la Commission électoral indépendante (Ceni), abbé Apollinaire Malumalu. Une délégation des présidents de partis politiques et des groupes parlementaires de l’opposition l’a signifié lundi 27 avril à Kinshasa lors d’une rencontre avec le bureau de la Ceni, axée les propositions et les préalables des opposants à l’organisation de prochaines élections en RDC.

Après une longue absence pour des soins, l’abbé Malumalu est réapparu le 16 avril dernier à Kinshasa au cours d’une réunion extraordinaire de l’assemblée plénière de la Ceni. Depuis lors, il n’est plus visible.

Cette situation inquiète les opposants. Pour eux, l’indisponibilité de l’abbé Apollinaire Malumalu (issu de la société civile) depuis un temps laisse ainsi le champ libre au parti présidentiel (PPRD) à travers son délégué, le premier vice-président de la commission.

Vital Kamerhe, Martin Fayulu, José Makila, Jean-Claude Vuemba, Alexis Lenga, Jean-Lucien Busa, Ingele Ifoto, Martin Mukonkole et Samy Badibanga, qui ont constitué cette délégation de l’opposition, voulaient avoir de la Ceni des réponses à leurs préoccupations contenues dans leur mémorandum du 27 février.

 
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Le rapporteur de la Ceni, Jean-Pierre Kalamba Mulumba N’galula le 27/04/2015 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Il s’agit notamment de «l’exclusion de plus de dix millions de Congolais qui avaient moins de 18 ans en 2011» à ces nouvelles élections, la question des délais irréalistes contenus dans le calendrier électoral, la présentation par la Ceni du plan de décaissement des fonds pouvant convaincre que l’organisation électorale se fera sans problème.

Pour l’opposition, cette rencontre s’est tenue dans un esprit de construction démocratique pour éviter à la RDC et à ses citoyens un chaos électoral pourtant évitable maintenant.

A la question savoir s’il y a eu ou non compromis lors de cette rencontre, le rapporteur de la Ceni, Jean-Marie Kalamba, a répondu:

«L’essentiel est que la Ceni reste à l’écoute des uns et des autres, mais prend ses décisions souverainement conformément et à la constitution et à la loi organique et à la loi électorale. Il n’y a pas un problème de compromis. Parce que, si nous trouvions un compromis avec les opposants maintenant à 14 heures, dites-vous qu’à 18 heures, nous aurons à recevoir ceux de la majorité et, le lendemain, nous recevrons ceux de la société civile.»

De leur côté, les opposants déclarent attendre de la Ceni des réponses formelles le plus rapidement possible.

radiookapi.net

 

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Descendants de Pharaon, réconciliez-vous avec votre passé !

faraon

L’Afrique paraît aujourd’hui comme le continent le moins nanti où la misère et le sous-développement ont pris le dessus sur tout. Pourtant, la plus grande richesse culturelle eut pour berceau l’Afrique. Ce constat malheureux a été fait par les participants au symposium international de l’Union des médias francophones, tenu à Kinshasa du 24 au 25 avril 2015.

A l’issue d’une analyse profonde des causes qui freinent le développement africain, les participants au forum de Kinshasa sont tombés unanimement d’accord que l’Afrique est malade de ses propres fils. C’est-à-dire, les détenteurs de l’intelligentsia africaine se sont remis en cause pour emprunter un modèle de développement qu’on leur a fait croire être le meilleur de la planète.

Plusieurs éminences grises, ayant exposé en marge des travaux ont démontré, exemples à l’appui, que les maux dont souffre le continent résident dans le fait que les Africains n’ont plus confiance en eux. Ils ont développé une sorte de remise en cause à la suite des discours démobilisant et démoralisants répétitifs des colonisateurs. Ce qui a fini par créer le doute en eux, en les amenant à copier ou prendre pour modèle ce que l’Occident leur dicte.

Pour le professeur Kä Mana, l’un des orateurs, il est temps que les Africains prennent conscience de ce qu’ils furent et ce qu’ils représentent aujourd’hui, afin de lever l’option d’autodétermination pour changer leur destin.

Avant d’en arriver à cette recommandation, l’orateur a jeté un regard sur l’histoire pour comprendre le pourquoi de tares dont le continent africain souffre à ce jour par rapport à d’autres. Après l’analyse des phénomènes, il est parvenu à conclure que la cause principale demeure le fait que les Africains ont renoncé à leur culture pour copier celle du colon ; oubliant que la culture est un facteur déterminant pour le développement.

Des exemples ont été alignés pour étayer cette affirmation. C’est le cas des peuples juif, nippon ou encore chinois qui ayant compris que le secret de l’émergence réside dans les valeurs culturelles, ont dé- montré aujourd’hui de quoi ils sont capables.

Les Juifs par exemple, le fait qu’on répétait toujours et cela des générations en générations que « vous êtes un peuple élu de Dieu », ont fini, partout où ils se trouvent à travers le monde, par intérioriser cet enseignement et se comporter autrement. Quelle que soit leur origine, la plupart des gagnants dans divers domaines ou concours se révèlent des Juifs, a soutenu le professeur, Kä Mana. Idem pour les peuples japonais et chinois qui, ayant compris la nécessité de puiser dans leurs propres collures, sont aujourd’hui à la pointe du progrès technologique.

A quand la renaissance de peuple africain, descendant direct de Pharaon, ancêtre de la civilisation du monde ? Pourquoi ceux qui étaient venus apprendre chez leur ancêtre Pharaon, ont-ils pris le dessus, alors que c’est lui l’héritier de Pharaon auprès de qui venaient se ressourcer les autres.

A ces questions capitales, l’orateur a répondu en faisant remarquer qu’on ne pourra jamais décoller en nous écartant de notre propre culture. Une culture d’emprunt ou imposée n’impulse jamais le développement. Il n’y a qu’à regarder pour constater que les aides et autres interventions des institutions financières internationales n’apportent rien en termes de développement réel attendu.

Voilà l’essentiel du message du Symposium international de Kinshasa sur le thème « Médias africains et Renaissance africaine », Consacré â la réflexion et au débat sur le rôle et la responsabilité des médias africains dans la renaissance africaine.

Pendant deux jours, des éminences scientifiques et’ des professionnel des médias se sont succédé à la tribune pour démontrer, la nécessité pour l’Africain de s’investir dans la valorisation de ses richesses, culturelles, gage du développement, plutôt que de continuer à suivre à l’aveuglette le modèle occidental. Les violons des, intervenants se sont, accordés pour affirmer qu’aussi’ longtemps que l’Africain (dirigeant; scientifique, journaliste, etc.) ne se sera pas affranchi du dictat de l’Occident, on ne pourra pas prétendre à l’émergence.

Dans la déclaration finale sanctionnant les assises de Kinshasa, les participants ont réaffirmé certains principes débattus et adoptés durant les travaux. Il s’agit, entre autres, de cet appel pathétique lancé aux hommes des médias à se spécialiser davantage, à s’investir pour l’émergence africaine en s’émancipant de l’aliénation occidentale dans laquelle on est longtemps demeuré. Pour ce faire, il faut imprimer la dynamique africaine dans le travail.
Au sujet de ce que nombre d’intervenants, ont qualifié d’aliénation, le professeur Kä Mana a brillé par une multitude de qualificatifs pour l’Africain, à savoir « l’homme africain créé, forgé, formaté par des stations cruelles de l’histoire contemporaine du continent ».

L’orateur n’est pas allé par quatre chemins pour souligner que l’homme africain n’a plus de repères. Il a tout perdu de ses richesses culturelles pour se laisser piloter par l’Occident qui lui ‘dicte tout. De la politique à la culture, en passant par le système de l’enseignement; tout est occidentalisé. Un dangereux modèle qui ne peut pas permettre le’ développement, soutient-il.

De la même manière que l’Occident dicte sa loi en politique, avec parfois des positions ambigües (Combattre des dictateurs là-bas, et en fabriquer ici), le système n’épargne à ce jour aucun domaine de la vie en Afrique.

Face à cela, l’orateur invite ses frères africains à combattre l« imposition » du modèle occidental qui freine le développement du continent afin de continuer à servir le « maître inspirateur». C’est ici qu’il en appelle au nouveau formatage pour le peuple africain qui doit prendre conscience de sa condition et lever l’option dé rompre définitivement d’avec ‘le modèle d’emprunt.

L’Occident a fait des Africains de véritables aliénés acquis à sa cause, soutient-il. Il accuse, sur la même lancée, les églises d’aider à précipiter le peuple dans l’imbécilisation.
Dans le secteur de l’enseignement, il fait remarquer que tous les cours ont d’origine occidentale. Ceux d’origine africaine atteignent à peine 2%.

Face à la situation, il propose la prise de conscience des Africains et l’option de rompre avec l’aliénation qui ne peut jamais promouvoir le développement.

 

Par Dom

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RDC – Rwanda : l’ONU inquiète les Congolais

RDC – Rwanda : l’ONU inquiète les Congolais

Des troupes de l’armée rwandaise se sont signalées au milieu de la semaine dernière dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Des autorités civiles et militaires congolaises ont fait état d’infiltrations qui se sont étendues sur environ un kilomètre, avant que les « assaillants » ne décrochent, après avoir ouvert le feu sur une patrouille de FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), dans le Parc de Virunga.

Cette énième bavure militaire rwandaise est intervenue, comme par hasard, au moment où Hervé Ladsous, Secrétaire général Adjoint des Nations Unies chargé des Opérations de maintien de la paix, était en visite d’information dans la partie Est du pays. Interrogé au sujet de ce qui venait de se passer, il a fait savoir que s’il y a eu effectivement une présence militaire rwandaise en RDC – ce qui restait à vérifier – cela constituerait une violation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé pat les Etats de la sous-région des Grands Lacs en février 2013. Il a juste souligné que les Nations Unies étaient pour le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC Sans plus.

Il va sans dire que les Congolais se sentent un peu déçus par ce type de discours qui laisse croire que les Nations Unies se trouveraient dans’ le doute au sujet des accusations de Kinshasa contre Kigali. En lieu et place d’une attitude de réserve, ils auraient aimé entendre un discours de fermeté, dans la droite ligne des opérations, de traque des «forces négative », internes et’ externes, pour lesquelles, le Conseil de Sécurité a décidé de reconduire en mars dernier, pour une année supplémentaire, le mandat de la Monusco en
RDC.

Si la sécurité n’était pas menacée au Nord-Kivu et au Sud-Kivu par des « forces négatives » instrumentalisées par l’Ouganda et le Rwanda, comme attestées par plusieurs rapports d’enquêtes onusiennes, les effectifs de la Monusco ne tourneraient pas autour de 20.000 hommes et qu’on n’aurait pas arrêté la fourchette de 10% pour la première vague de rapatriement des Casques bleus.

Retour aux années sombres des rébellions ?

La nouvelle approche onusienne de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC fait penser aux années sombres de la négation, par le Rwanda, de la présence de ses’ troupes au Nord-Kiwi et au Sud-Kivu, e dépit des occupations à répétition de plusieurs-villes et villages par des mouvements rebelles tels que le RCD, le CNDP et dernièrement le M23. La voix de Kinshasa était inaudible à la tribune des Nations Unies, de 1996 sous Mobutu à 1999 sous Laurent Désiré Kabila.

Il avait fallu que les armées rwandaise et ougandaise s’affrontent pendant six jours, en pleine ville de Kisangani, en juin 2000, pour convaincre la communauté internationale de la situation sécuritaire précaire de la RDC. Le décor du moment s’apparente à celui des préparatifs d’une nouvelle épopée militaire rwandaise en RDC. Les incursions de juin 2014 et d’avril 2015 sont révélatrices des intentions de Kigali de reprendre pied au Nord-Kivu, cette fois à visages découvert, à la faveur du nouveau bornage de la frontière commune par une commission d’experts congolais et rwandais.

La révision des limites territoriales héritées de la Conférence Internationale de Berlin (1885) et de la colonisation belge (1911) se présente comme un prétexte inespéré pour le Rwanda de revendiquer, de la manière la plus officielle qui puisse être, des pans entiers du territoire de Nyiragongo aujourd’hui, et ceux d’autres contrées d l’Est de la RD dans les mois et années à venir.

Si la RDC ne s’organise pas ici et maintenant pour la défense de sa souveraineté et de l’intégrité de son territoire, elle risque d’être surprise par son belliqueux voisin, dans la course à un nouvel espace vital. Comme dit et répété plusieurs fois, la réforme, de l’armée ne doit plus attendre, en termes d’hommes de troupes, de cadres militaires, d’équipements, de moyens financiers et de patriotisme.

Par Kimp

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Des chercheurs américains disent : « Les USA ne sont plus une démocratie ». Un avantage possible pour le Congo-Kinshasa

« Les colonisés savent qu’ils ont un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. Donc que leurs maîtres sont faibles. » A. Césaire
 
 
Il y a un savoir lié à la connaissance  de l’autre, de son mode opératoire, de ses ambitions, de son histoire, de ses réussites, de ses défaites, etc. nécessaire au travail d’une intelligentsia organique et structurante congolaise. Accuser l’ autre ne suffit pas. Savoir ce qu’il fait  et tirer de ce savoir un pouvoir organisationnel nous semble indispensable. Cela revient à apprendre de l’autre ; quel qu’il soit.
 
L’implication des  Anglo-saxons dans la guerre  perpétuelle imposée au Congo-Kinshasa depuis plus de deux décennies  nous pousse à travailler en permanence à la connaissance de leur système politico-économique, à leur mode opératoire dans certains pays où ils estiment avoir des intérêts certains et à l’histoire d’autres guerres qu’ils ne cessent de mener à travers le monde.
Pourquoi ce travail est-il important à nos yeux ? Nous voulons questionner ‘’les doctrines des bonnes intentions’’ de nos ‘’maîtres provisoires’’ en les confrontant  aux faits pour éviter d’être dupes à moindres frais. Au moment où ‘’les envoyés spéciaux US’’ et leurs ONGs de sédition disent vouloir soutenir le processus démocratique au Congo-Kinshasa, nous voudrions essayer de répondre à cette question bête : « La plus belle fille du monde peut-elle donner ce qu’elle n’a pas ? »
Il y a quelques jours, une vidéo nous a aidé à comprendre, tant soit peu, pourquoi les USA se sont engagés dans la première et la deuxième guerre mondiales. Et même dans la guerre froide. Ils avaient peur que la Russie et l’Allemagne ne puissent s’unir. Oui, ils avaient peur et George Friedman[1] l’avoue sans ambages.
Cette  vidéo met sur la place publique une conférence tenue le 04 février 2015 à Chicago au CFR (Conseil des Affaires Extérieures). Un endroit symbolique du point de vue de l’orientation de la pensée politique anglo-saxonne.
C’est au CFR que George Kennan a exposé, en 1948, une étude sur ‘’Le Grand Domaine’’. Pour cet ambassadeur américain, les USA appelés à devenir un empire devait procéder à leur expansion en rejetant toute philanthropie et en considérant les droits de l’homme et la démocratie comme  des idées illusoires.
Plus de soixante ans après, des scientifiques de deux universités américaines, Martin Gilens de l’université de Princeton et Benjamin Page de l’université de Northwestern, arrivent à peu près à la même conclusion :la démocratie made in USA est une illusion. « (…) L’élite économique et les groupes représentant les intérêts du business ont une influence significative sur la politique du gouvernement (…). Alors que les associations et les citoyens lambda exercent une influence dérisoire, voire tout à fait nulle. [2]»
Ces universitaires ont travaillé sur les données relatives à plus de 1.800 décisions politiques prises sur plus de  vingt ans ; de 1981 à 2002.   Pour eux, les décisions politiques favorisent plus les intérêts des particuliers et ceux des organisations de lobbying que ceux de la majorité des citoyens.
Cette étude vient corroborer  les propos tenus par Danielle Mitterrand dans un entretien accordé à Hernando Calvo Ospina le 28 octobre 2005. Après avoir démontré que la France est un pays soumis aux Etats-Unis, l’épouse de François Mitterrand envient à dire ceci : « En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croit avoir le droit d’imposer « leur démocratie » aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les Etats-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul. [3]» Danielle Mitterrand nous aide à répondre à notre question-bête : « La plus belle fille du monde peut-elle donner ce qu’elle n’a pas ? » Elle répond : nom. (Nemo dat quod non habet.)
Elle dit que la capacité qu’ont les pays qui se disent démocratiques d’aider les pays opprimés est nulle. Pourtant, les USA à travers certaines de leurs ONGs financent ‘’les candidats pro-démocratie’’ et l’éducation citoyenne?  A ce point nommé, l’inversion sémantique joue un rôle déterminant. Ces ONGs  financent l’expansion de l’empire. Elles financent la soumission et l’assujetissement  des élites compradores  pour l’expansion du ‘’Grand Domaine’’. Elles sont ‘’les petites mains ‘’ de l’empire US. Souvent, ces élites compradores font partie des oppositions-bidons montées  pour imposer le principe du « diviser pour régner ».
Selon l’étude de Martin Gilens et Benjamin Page, le gouvernement américain, qu’il soit de Républicain ou démocrate, obéit aux décisions politiques des 10% des Américains les plus riches. Ce sont eux qui coordonnent, à travers leur ‘’Etat profond’’ et les organisations supra-partisanes comme le CRF les orientations politiques des Républicains et des Démocrates. Le service rendu à leurs intérêts l’emporte sur les divisions partisanes. Celles-ci font souvent parti du ‘’jeu politicien’’ pour tromper la vigilance des citoyens lambda.
Ailleurs, là où leurs ONGs financent les partis politiques et la société civile, l’atomisation des populations est la règle. Connaître ce mode opératoire dans son ambivalence est important. Cela peut contribuer à la montée de la prise de conscience des ‘’patriotes  congolais éveillés’’. Ils peuvent lutter pour coordonner, dans la justice et sans haine, les efforts dispersés des compatriotes épris du désir de faire du Congo-Kinshasa un pays plus beau qu’avant en conjoignant cette connaissance du mode opératoire US et une conscience nationale aiguë.
Revenons aux universitaires américains.  Leur étude est publiée longtemps après les critiques répétitives de Noam Chomsky contre le système politique de son pays.  A ses yeux, les USA sont un ‘’Etat voyou’’, un ‘’Etat manqué’’[4].
Pour Chomsky, la lutte des oligarchies  américaines contre la démocratie date des années 1970. En 1973 (ou 1975 ?), un livre publié par les membres de La Trilatérale sur ‘’la crise de la démocratie’’ s’en prenant à l’incursion des citoyens lambda dans l’arène publique. L’école, l’université et l’église devraient avoir failli à leur tâche de les rendre passifs et les rendre apathiques[5]. Cette approche est portée par une nostalgie d’un modèle politique : élu président en avril1945 après la mort de Roosevelt, Harry Truman avait gouverné les USA en se laissant aider par quelques avocats et banquiers de Wall Street. Le transfert du pouvoir aux grandes entreprises et  le démantèlement de l’Etat-providence dans une fabrication constante du consentement[6] populaire ne datent pas des années 1980. C’est une ville histoire US. Disons qu’il y a là une lutte permanente entre les oligarchies d’argent et les citoyens ordinaires afin que ceux-ci ne puissent pas participer aux décisions politiques engageant leur devenir collectif.
Quand ‘’les petites mains’’ de ces oligarchies d’argent  disent aux Congolais et aux autres Africains qu’ils les soutiennent dans leur lutte pour l’émancipation politique, elles mentent. Comment peuvent-elles soutenir par exemple l’éducation à la citoyenneté au Congo-Kinshasa pendant qu’à partir de leur tink thanks, de certaines écoles, églises et universités aux USA, elles luttent pour rendre les citoyens apathiques et passifs dans l’arène politique et cela depuis plusieurs années ?  Elles mentent. Pour elles, comme dirait George Fiedman, ‘’c’est amoral, c’est cynique, mais ça marche.’’. Tel est leur pragmatisme.
Le constat fait, toute la question demeure celle de savoir comment tirer quelque avantage de ce mensonge.  Savoir qu’il y a là un mensonge ne suffit pas. Ce savoir doit pouvoir être transformer en pouvoir organisationnel. D’où la nécessité d’inventer, de créer, d’imaginer des techno-structures capables de réaliser ce travail de transformation du savoir en pouvoir.
Telle est l’une des tâches essentielles d’une intelligentsia congolaise organique et structurante.
Accuser les autres ne suffit pas. Eux au moins savent ce qu’ils tiennent à devenir : un empire au service des 10% d’oligarques d’argent. Et nous ?
 
Mbelu Babanya Kabudi


[4] N. CHOMSKY, Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Paris, Fayard, 2006.
[5] N. CHOMSKY, Deux heures de lucidité. Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Paris, Les arènes, 2001, p.122.
[6] Lire N. CHOMSKY et H. HERMAN, La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, Paris, Agone, 2008.

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25 avril 2015

Avec cette nième invasion rwandaise au Nord-Kivu : La RDC, un jouet pour le Rwanda !

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Depuis la fin du régime Mobutu et l’avènement du régime AFDL, les troupes rwandaises pénètrent en RDC quand et comme elles veulent.

Après les FDLR, le M23 et autres, aujourd’hui c’est le Rwanda défense force (RDF) qui tient la vedette. Ces éléments estimés à une centaine de soldats, ont effectué mardi dernier une incursion sur le sol congolais, précisément dans la localité de Kasizi, en territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu.

Le gouverneur de province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a confirmé jeudi 23 avril sur les antennes de la radio onusienne l’incursion des troupes rwandaises.

» Je confirme l’infiltration des éléments de l’armée rwandaise sur le sol congolais, à l’intérieur du territoire national, à presque un kilomètre sur la colline appelée Musongoti « , a confié le gouverneur depuis Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Dans leur patrouille pour vérifier l’information livrée par les gardes du parc, les éléments des Forces Armées de la RDC (FARDC) ont essuyé des tirs de la part des rebelles du RDF alors qu’ils s’approchaient des zones envahies. Un soldat des FARDC a été grièvement blessé par balle à Musongoti. Il a été admis en soins médicaux à l’hôpital général de Rutshuru.

Le gouverneur Paluku a écrit officiellement au Mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL pour vérifier ces allégations.

Au cas où elles seraient confirmées, Julien Paluku ne demanderait pas plus aux troupes rwandaises que de regagner leur territoire et d’arrêter une fois pour toutes les provocations.

Puisque la meilleure défense, c’est l’attaque, la RDC devrait rendre la monnaie de la pièce au Rwanda. Sinon, l’inaction des autorités actuelles de la RDC risque encore d’être perçue comme un aveu d’impuissance et de prêter flanc à ceux qui les accusent de faire le jeu du Rwanda.

En juin 2014, les militaires congolais et rwandais s’étaient affrontés sur la colline de Kanyesheja, dans la localité de Kabanyana II, en territoire de Nyiragongo, à une trentaine de Km au Nord de Goma. Les FARDC avaient aussi riposté à une provocation des RDF qui avaient tenté de s’installer sur une colline de Kanyesheja sur le territoire congolais.

Par G.O.

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Minerais de la RDC : un rapport accable les entreprises américaines

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Selon un document publié par Amnesty International et Global Witness, plus de trois quarts des sociétés américaines exploitant les minerais en RD Congo ne respectent pas les obligations de la loi Dodd-Frank

Un rapport conjoint publié le mercredi 22 avril 2015 par Amnesty International et Global Witness indique que près de 80 % des sociétés cotées en bourse aux États-Unis ne vérifient pas correctement si leurs produits contiennent des minerais provenant de zones de conflit en Afrique centrale et ne donnent pas d’informations suffisantes à ce sujet.

Ce rapport, intitulé » Une mine de transparence ? « , analyse 100 rapports sur les minerais en provenance des zones de conflit établis par des entreprises telles que Apple, Boeing et Tiffany & Co au titre de l’article 1502 de la loi Dodd-Frank, ou loi relative aux minerais provenant des zones de conflit. Les conclusions de ce rapport dénoncent des lacunes inquiétantes dans le déficit de transparence dont font preuve les entreprises aux États-Unis.

L’analyse relevée dans ce rapport est fondée sur l’examen de seuls Rapports sur les minerais provenant des zones de conflit soumis à la SEC par les entreprises choisies, et non sur d’autres documents publiés.

En vertu de la loi Dodd-Frank, plus d’un millier d’entreprises cotées en bourse aux États-Unis susceptibles de s’approvisionner en minerais provenant d’Afrique centrale ont remis en 2014 un rapport à Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité américaine de contrôle des marchés.

L’article 1502 de la loi Dodd-Frank vise à réduire le risque que les achats de minerais d’Afrique centrale ne contribuent pas à alimenter des conflits ou des atteintes aux droits humains.

» La loi relative aux minerais provenant des zones de conflit est une bonne occasion pour assainir les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais.

Toutefois, les recherches de deux organisations montrent que la plupart des entreprises semblent préférer poursuivre leurs affaires comme si de rien n’était plutôt que de se préoccuper du risque que leurs achats de minerais financent des groupes armés à l’étranger « , a déclaré Carly Oboth, conseillère stratégique à Global Witness.

» C’est très inquiétant. De riches groupes industriels ont combattu à chaque étape la loi relative aux minerais provenant des zones de conflit. Si elles avaient plutôt mis tous ces moyens dans des enquêtes et des rapports approfondis sur leurs chaînes d’approvisionnement, leurs clients auraient davantage confiance en leurs produits et en l’absence de liens entre ceux-ci et le conflit « , regrette-t-elle.

La RDC et la loi Dodd-Frank

La République démocratique du Congo (RDC) est une origine importante concernant l’approvisionnement en minerais notamment l’or, l’étain, le tungstène et le tantale pour les entreprises du monde entier. Ces minerais sont indispensables à la fabrication d’appareils électroniques, tels que les Smartphones et les ordinateurs portables.

Depuis plus de 15 ans, les groupes armés de la RDC ont aussi jeté leur dévolu sur le secteur minier pour financer leurs opérations, avec des conséquences dévastatrices, notamment de graves atteintes aux droits humains, note ce rapport.

En vertu de l’article 1502 de la loi Dodd-Frank, toutes les entreprises cotées en bourse aux États-Unis visées par la loi ont l’obligation de déterminer si leurs produits qui contiennent certains minerais tels que l’étain, le tungstène, le tantale et l’or contribuent à alimenter le conflit ou des atteintes aux droits humains en RDC et dans les pays limitrophes, puis de rendre compte de leurs conclusions.

Au total, 1 321 entreprises ont remis à la SEC un Rapport sur les minerais provenant des zones de conflit. Les appréciations du rapport » Une mine de transparence ? » concernant le respect par les entreprises de la législation des États-Unis sur les minerais provenant des zones de conflit sont fondées sur l’ opinion d’Amnesty International et Global Witness en tant qu’organisations expertes qui mènent depuis plusieurs années des recherches sur les chaînes d’approvisionnement, les conflits et les atteintes aux droits humains, et qui avaient contribué aux côtés des entreprises à l’élaboration du Guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant des zones de conflit ou à haut risque.

Les principales conclusions du rapport

Les conclusions du rapport découlent d’une analyse détaillée des Rapports sur les minerais provenant des zones de conflit réalisée en fonction de 12 critères établis à partir du Guide de l’OCDE et de la Règlementation de la SEC concernant l’application de l’article 1502 de la loi Dodd-Frank.

Parmi les entreprises dont les rapports ont été analysés, 79 % ne remplissent pas les obligations minimales de la loi américaine relative aux minerais provenant des zones de conflit. La plupart d’entreprises de cet échantillon ne prennent pas de mesures suffisantes pour établir clairement la chaîne d’approvisionnement des minerais qu’elles achètent.

Seules 16 % ne se sont pas contentées des démarches auprès de leurs fournisseurs directs et ont pris contact, ou tenté de prendre contact, avec les fonderies ou les affineries qui transforment les minerais qu’elles utilisent.

A en croire ces deux organisations, plus de la moitié des entreprises examinées ne signalent même pas aux cadres supérieurs de la société les risques qu’elles identifient dans leur chaîne d’approvisionnement.

L’analyse de Global Witness et d’Amnesty International montre également qu’une entreprise de l’échantillon sur cinq a bien respecté les obligations de la loi, ce qui écarte l’argument selon lequel la mise en œuvre de ce texte est trop compliquée et trop coûteuse. Les entreprises n’ont aucune excuse pour ne pas enquêter correctement sur leurs chaînes d’approvisionnement.

Les entreprises qui font toute la lumière sur leurs chaînes d’approvisionnement contribuent à empêcher un commerce néfaste des minerais qui alimente un conflit dévastateur pour l’Afrique centrale.

» Les consommateurs veulent savoir ce qui se cache derrière les logos. Les entreprises sont soumises à une forte pression : elles doivent montrer qu’elles font tout leur possible pour garantir qu’aucune histoire terrible de conflit ou d’atteintes aux droits humains ne se cache derrière les produits qu’elles mettent en rayon.

Il ne suffira pas de cocher des cases pour faire retomber cette pression « , a déclaré James Lynch, responsable de l’équipe Responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International.

» Les entreprises qui font toute la lumière sur leurs chaînes d’approvisionnement contribuent à empêcher un commerce néfaste des minerais qui alimente un conflit dévastateur pour l’Afrique centrale « , dit-il.

Vote au Parlement Européen

En mai 2015, le Parlement européen votera une loi européenne sur les minerais provenant des zones de conflit. Amnesty International et Global Witness souhaitent à ce sujet que le texte final de cette loi comprenne une obligation de diligence et de compte rendu pour toutes les entreprises qui commercialisent de l’étain, du tungstène, du tantale, de l’or ou des produits contenant ces minerais sur le marché européen.

Par ailleurs, la cour fédérale d’appel du circuit du District de Columbia, aux États-Unis, est en train de réexaminer sa décision d’avril 2014 jugeant anticonstitutionnelle l’obligation pour les entreprises d’indiquer que leurs produits n’ont » pas été identifiés comme non liés au conflit en RDC « .

Il est essentiel que cette cour fasse en sorte que l’argument de la liberté d’expression ne soit pas utilisé abusivement pour entraver l’obligation de rendre des comptes sur les minerais provenant des zones de conflit ni pour empêcher la transparence en ce qui concerne d’autres informations sur les entreprises qui intéressent les consommateurs, les investisseurs et les défenseurs des droits humains, font remarquer Amnesty International et Global Witness.

Par Godé Kalonji Mukendi

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