04 janvier 2017

KASAI CENTRAL: INSÉCURITÉ À KABUE. LE GRAND SÉMINAIRE TRANSFORMÉ EN CENTRE DE RÉFUGIÉS

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Suite à l’insécurité provoquée par le chef coutumier Kayenga et ses miliciens le week-end dernier à Kabue, situé à 70 kilomètres de Kananga,chef-lieu de la province du Kasai central, les habitants ont trouvé refuge au Grand Séminaire de Kabue, dans l’indifférence des autorités provinciales. 

Les habitants du centre de Kabue à 70 kilomètres de Kananga, dans le Kasai Central n’ont pas fêté la nouvelle année 2017. Et pour cause, le week-end passé, le chef coutumier Kayenga et ses miliciens armés de fusils, des machettes et des couteaux les ont attaqués, chassés et poursuivis jusqu’au grand séminaire de Kabue où ils ont trouvé réfuge. L’abbé recteur Martin Bayamba, qui voulait faire la médiation a subi des menaces de mort de la part des miliciens. Les autorités provinciales qui ont été alertées au moment de l’attaque n’ont pas réagi jusqu’au moment où nous couchons ces lignes. Les réfugiés dorment dans les vérandas des bâtiments du Grand Séminaire. Ils n’ont ni eau potable ni nourriture. Le Grand Séminaire se trouvant, lui-même, dans des difficultés financières énormes et, qui ne sait pas nourrir ses étudiants, est débordé. Heureusement, les Grands Séminaristes sont pour le moment en vacances des Noel dans leurs familles respectives. Toute fois, la situation est ingérable. Il est grand temps que les autorités provinciales descendent à Kabue pour mettre de l’ordre et que la paix sociale revienne.

Le chef Kayenga et le chef Mbumba s’affrontent régulièrement dans la collectivité Muswaswa, à Kazumba dans des conflits fonciers. L’année passée, le gouverneur Alex Kande avait réussi à réconcilier les deux chefs dans une cérémonie organisée au Grand Séminaire de Kabue. Mais pour arrêter ces conflits récurrents, il faut comme le dit notre frère Jacques Nkongolo, une réponse globale recommandée par des experts. Il faut mettre les fils et les filles du Kasai autour d’une table pour une paix durable (voir http://kasaidirect.net/wordpress/?p=5491.) . Place aux images!

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Lumbamba Kanyiki

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LE 4 JANVIER, JOURNÉE DES MARTYRS DE L’INDÉPENDANCE: LE CRI DE COEUR D’UNE « RDCIENNE »

Patrice-E

Cri de cœur d’une « rdcienne » pour le 4 janvier

Chères sœurs, Chers frères de la République Démocratique du Congo,

Le 4 janvier, est un grand jour pour le Congo, notre pays.  Si nous fêtons l’Indépendance du Congo le 30 juin, c’est parce qu’en 1959, des Congolais ont versé leur sang dans l’oppression du colonisateur qui était bien plus puissant que ceux qui nous oppriment aujourd’hui.

Aujourd’hui, à Kinshasa, il existe un stadium et une place du 4 janvier (non loin du Rond-Point de la Victoire) à Matonge,  Si quelqu’un connaît un autre symbole qui rappelle cette date, il pourrait mettre l’information à la disposition à tous les compatriotes, que ce soit en provinces ou à Kinshasa.

“Un peuple qui n’a pas de mémoire est appelé à revivre les mêmes erreurs“.

Le Mahatma Ghandi disait : “Si un homme réalise que les lois qui régissent sa nation sont iniques, il a le devoir de se lever et de les combattre”.  Je voudrai vous rappeler que Ghandi était un apôtre de la non-violence. Ce qu’il prônait n’était certes pas une guerre ayant pour but de mettre fin à la vie, mais celle qui la crée. En effet, il a mis en pratique ses idées dont l’inspiration lui était venue d’Afrique (RSA). Il allait de maison en maison sans distinction d’appartenance religieuse dans un environnement où le clivage religieux était un danger réel. C’est même pour cela qu’il a été tué par quelqu’un de sa propre religion.

Aujourd’hui, nous les Congolais, nous avons des clivages qui n’ont aucun fondement : “majorité présidentielle”, MLC, ceux qui se réclament de Lumumba sans pour autant chercher à comprendre ce qu’était son idéal politique mais qui font du nom de ce héros national, ce digne fils du pays, un fond de commerce; et j’en passe.  On nous dit aujourd’hui, “ azali Muluba”, “azali Mukongo”, “azali Mu…”.

Jetons un bref regard sur notre environnement politique, l’on voit que ce sont les mêmes rapaces venant de partout qui entourent celui pour qui le breuvage au quotidien est le sang des congolais et vous verrez qu’il s’entoure de tous les “Mu kingandi”, “Mu consorts”. Et le jour où l’une de ces rapaces se retrouve sans poste, elle commence un discours qui sème la division au sein de la population.  Malheureusement, même ceux qui sont censés être des éclaireurs du peuple y tombent en premier en entraînant le reste. Pour ceux qui, aujourd’hui ont des cheveux blancs ou des tempes grisonnants, nous nous souvenons que les choses étaient pareilles du temps de Mobutu et on a pu vivre une chose horrible comme l’épuration ethnique au Katanga  “ba Kasayi barudiye kuabo” ou encore le “lititi mboka” de triste mémoire.

Mobutu débauchait toujours l’opposition de la même manière que nous le constatons aujourd’hui parce que  les caciques (que nous appelions alors les dinosaures: race en voie de disparition) de son règne ont tourné casaque et sont devenus des “peperdiens”, une sorte “de poulailler libre où règne un renard libre”, expression empruntée à un éminent professeur d’économie de développement de l’UNKIN. Et pourtant la vérité est que toutes ces personnes que le président-fondateur débauchait, dès qu’elles étaient isolées, il en faisait la risée de tous ! Mais l’aveuglement frappe toujours jusqu’à ce jour tous ceux qui ne sont mus que par l’argent facile ! Nous avons encore en mémoire le ridicule qui a entouré de nombreuses personnalités que le P-F avait tiré de l’opposition pour leur offrir des strapontins.

Si notre pays n’est pas balkanisé aujourd’hui c’est grâce à la culture de la tolérance qui a fait que les liens biologiques au Congo aujourd’hui dépassent les frontières provinciales et linguistiques. Les Congolais se sentent plus proches les uns des autres malgré les menées de certains acteurs politiques, prompts à diviser qu’à œuvrer pour la consolidation de l’unité nationale.

Notre guerre doit être faite tout d’abord en nous-mêmes, l’amour de notre pays devrait être juste en dessous de celui que nous avons pour Dieu car tout vient de Lui et  que sans Lui nous ne pouvons rien !

Nous avons des prêtres de par le monde et une prodigalité des pasteurs qui crient plus fort que le vent. Prenons donc en ce jour de mémoire, au moins une minute pour ce pays qui nous est tous cher et qui nous a tant donné. Que partout où se trouve quelqu’un qui a le sang congolais dans ses veines, des voix montent vers le ciel pour invoquer la main de Dieu sur notre pays et demandons l’intercession de ceux des nôtres de bonne volonté qui ont versé leur sang pour que vive le Congo.

Une fille du pays !

TSHITUKA Albertine

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03 janvier 2017

ACCORD DE LA SAINT-SYLVESTRE: IL FAUT RESTER VIGILANTS!

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Après la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre qui doit mettre fin à la crise créée par Kabila pour n’avoir pas organisé les élections présidentielles et législatives, l’heure ne doit pas être au triomphalisme ni à l’euphorie, car , rien n’est joué et le danger est dans la demeure. L’opposition est appelée à redoubler de vigilance pour les jours à venir pour prévenir et surmonter les pièges de l’ennemi.

L’accord a eu lieu entre les signataires du 18 octobre et les non-signataires dont le rassemblement dirigé par Etienne Tshisekedi et le Front pour le respect de la constitution d’Eve Bazaiba. Comme dans toute négociation, chaque camp était appelé à bouger de sa position initiale pour trouver un compromis suite à des concessions. La plupart des Congolais voulaient voir Kabila quitter le pouvoir puisqu’ayant déjà épuisé son deuxième et dernier mandat. Mais, il s’en sort avec un an de plus « jusqu’à l’installation de son successeur ». En revanche, les non-signataires se consolent des garanties obtenues de la part de Kabila de ne pas briguer un troisième mandat, de n’organiser ni un référendum pour modifier la Constitution, ni chercher à la reviser pour un troisième mandat.

Les Rwandais sont toujours à l’affût

Ce n’est pas un secret aujourd’hui que la RDC est sous-occupation rwandaise. Kabila a un gouvernement parallèle composé de Rwandais et de ses tambourinaires qui ne veulent pas quitter le pouvoir. Et ces gens ne se gênent pas, le moment venu, de sortir leurs têtes lorsqu’il s’agit de défendre leurs positions. L’exemple le plus frappant est celui de Ruberwa. Ce monsieur présenté comme personnalité politique et indépendante au premier dialogue se retrouve aujourd’hui ministre de la décentralisation et d la reforme des institutions. Il a été lors des dernières négociations directes dans le camp des Kabilistes! Selon des informations en notre possession, il fait partie du gouvernement parallèle avec Bizima Kahara. Ce dernier serait, en plus, le patron de facto des services des renseignements de la RDC.

Dans leurs officines, ils sont en train de préparer des petits coups pour faire capoter l’accord trouvé. Qui sait? Demain, ils peuvent provoquer encore une guerre à l’Est dans le seul but de mettre entre-parenthèse l’accord de la Saint-Sylvestre. Les armes circulent encore partout à l’Est. Il n’y a pas longtemps une grande cache d’armes était découverte dans une ferme appartenant à Kunda Batware. Ils peuvent à tout moment déclencher une guerre comme ils en ont l’habitude. Tout comme ils peuvent utiliser de l’argent pour corrompre quelques membres du rassemblement afin de l’affaiblir.

Le rassemblement doit garder son unité d’action

Maintenant que l’accord est là, le rassemblement devra se choisir son premier ministre,  des ministres du futur gouvernement national et des gouvernements provinciaux. Le moment est très délicat parce que les postes sont limités et qu’il y a plusieurs appelés. D’où il ne faudra pas céder aux démons du tribalisme et du régionalisme pour créer des conflits, mais privilégier plutôt l’esprit de concorde et l’intérêt supérieur de la nation. C’est un grand défi que le rassemblement doit relever pour démontrer la maturité de ses membres. En effet, toute fissure du rassemblement profitera à la Kabilie.

Le retour dans les rangs d’Eve Bazaiba

C’est pourquoi nous souhaitons le retour dans les rangs d’Eve Bazaiba du MLC et du Front pour le respect de la Constitution. Dans cette période cruciale de la vie politique de la RDC, l’opposition, la vraie, a besoin de tous ses membres. Certaines personnes ont tendance à minimiser le refus du Front pour le respect de la Constitution de signer l’accord de la Saint-Sylvestre, arguant que ce groupement politique ne représenterait qu’environ deux pourcent de la population. Madame Eve Bazaiba reste une personnalité de poids au sein de l’opposition. Sa lutte pour le respect de la Constitution n’est pas à négliger.

La création d’une cellule stratégique

Dans les jours à venir, le rassemblement devra se doter d’une cellule stratégique. Celle-ci sera un atelier de réfléxions et d’analyses  dont la mission sera de suivre la vie politique du pays et de proposer à temps opportun des solutions appropriées. Elle aura aussi la  tâche de prévoir des petits coups de l’ennemi et de voir comment y apporter des réactions rapides. Une telle cellule ne sera pas composée que de politiciens mais aussi d’experts comme le professeur André Mbata, le constitutionnaliste.

Les jours à venir s’annoncent très déterminants pour l’avenir de la République Démocratique du Congo. Il appartient à la classe politique congolaise de prouver au peuple congolais qu’elle est là pour le bien-être du peuple et non pour des raisons partisanes.

Lumbamba Kanyiki

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02 janvier 2017

URGENT: LES JEUNES PRÉSENTÉS COMME ÉTANT DES MILICIENS DE KAMUINA NSAPU FAUCHÉS À BUNKONDE

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De sources concordantes au Kasai Central, les militaires s’en prennent aux jeunes présentés comme étant des miliciens de Kamuina Nsapu à Bunkonde, à environ 75 kilomètres de Kananga. On dénombre environ 18 jeunes tués. Lorsqu’on sait que lundi est un jour de marché à Bunkonde, on craint que ce bilan ne s’alourdisse. Les villageois se sont réfugiés dans la brousse.

Lumbamba Kanyiki

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COMMUNIQUÉ: L’IDGPA SOUS LA PLUME D’ANDRÉ MBATA RÉAGIT AU COMPROMIS DU CENTRE INTERDIOCÉSAIN DE KINSHASA

André Mbata

L’institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique vient de réagir, par son Directeur Exécutif André Mbata, au compromis du centre interdiocésain de Kinshasa. Bien que, selon lui, l’accord de la Saint-Sylvestre énerve la constitution,  « il aurait le mérite de faciliter un retour rapide à l’ordre juridique institué par cette Constitution ». Par ailleurs, il déplore que le dialogue inclusif soit resté muet sur la problématique de l’indépendance de la cour constitutionnelle.

L’IDGPA demande au peuple souverain de créer son propre comité de suivi des résolutions de cet accord, pour veuiller à ce que les élections se tiennent avant la fin de 2017 et que  la Constitution soit respectée. En effet, plusieurs textes ont souvent été élaborés et non suivis par manque de la culture de respect des textes et la mauvaise foi des acteurs politiques.

Toujours selon ce communiqué, les différents points de l’accord seront débattus et évalués au séminaire que l’IDGPA organisera le 18 février 2017 dans le cadre du 11ème anniversaire de son existence. Voici le communiqué de l’IDGPA

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Kasai Direct

 

RESPECT DE LA CONSTITUTION ET COMPROMIS POLITIQUE DU CENTRE INTERDIOCESAIN DE KINSHASA

 

COMMUMIQUE DE L’IDGPA

 

  1. L’IDGPA a suivi avec une attention soutenue les pourparlers du « Dialogue national inclusif » qui viennent de se dérouler au Centre interdiocésain de Kinshasa sous les bons offices de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) en vue de tenter de régler les problèmes liés à la crise de légalité et de légitimité résultant de la non-tenue de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel en République démocratique du Congo (RDC) alors que le mandat du Président de la République est arrivé à son terme le 19 décembre 2016 et que la Constitution n’autorise aucune prolongation.
  2. L’IDGPA constate que cette non-tenue de l’élection présidentielle constitue un manquement grave à la Constitution de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui a mandat d’organiser les élections, du gouvernement qui ne lui a pas accordé les moyens nécessaires, du Président de la République qui doit veiller au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des institutions telles que la CENI et le gouvernement, et de la Cour constitutionnelle qui a « juridiquement » accompagné le « glissement » à travers son Arrêt du 17 octobre 2016 en réponse à une requête pourtant irrecevable de la CENI.
  3. Le train de la démocratie ayant dangereusement déraillé, les Congolais devraient conjuguer leurs efforts pour le ramener sur la voie. C’est uniquement dans cette logique que devaient se situer les pourparlers du « Dialogue national inclusif » du Centre interdiocésain de Kinshasa.
  4. Tout en précisant qu’aucun accord ni compromis entre acteurs politiques ne saurait prévaloir sur la loi fondamentale du pays, l’IDGPA qui a fait de la défense de la Constitution son cheval de bataille pour la démocratie, la bonne gouvernance, le développement et la paix en Afrique considère que le « Compromis politique global et inclusif » du Centre interdiocésain de Kinshasa énerve la Constitution congolaise du 18 février 2006 mais il aurait le mérite de faciliter un retour rapide à l’ordre juridique institué par cette Constitution.
  5. L’IDGPA se réjouit que les parties aient finalement compris que la vie de la Nation – et non son inanition – réside dans le respect de la Constitution et qu’il y a une vie après la présidence dans la mesure où le Compromis politique du Centre interdiocésain de Kinshasa prévoit notamment ce qui suit :
  • L’élection présidentielle ainsi que les élections législatives et provinciales doivent se tenir en 2017 ;
  • Pendant la période précédant ces élections, la Constitution de la République ne peut pas faire l’objet de changement par voie référendaire tout comme elle ne peut pas être révisée dans les matières verrouillées à l’article 220 ni dans aucune autre matière ;
  • Le Président de la République dont le mandat a expiré le 19 décembre 2016 ne briguera pas un troisième mandat ;
  • Les droits humains tels que consacrés par la Constitution et les différents instruments internationaux auxquels la RDC est partie doivent être respectés et protégés avec comme conséquence la fin des arrestations et détentions arbitraires, la libération des prisonniers politiques ou d’opinion, ainsi que la révision des décisions iniques rendues par des magistrats véreux et corrompus en violation de leur serment de rendre la justice en  toute indépendance et au nom du peuple.
  1. L’IDGPA déplore cependant que le Compromis politique soit muet sur le manque d’indépendance de la Cour constitutionnelle qui devait pourtant jouer un grand rôle dans la défense de l’ordre constitutionnel.
  2. Le principal garant de la démocratie et de la Constitution étant le peuple congolais lui-même, l’IDGPA lui demande de mettre en place son propre comité de suivi pour s’assurer que les acteurs politiques et sociaux signataires du Compromis politique du Centre interdiocésain de Kinshasa respectent leurs engagements et s’opposer à tout report de l’élection présidentielle et des élections législatives et provinciales après 2017.
  3. L’histoire politique de la RDC est jonchée de textes de constitutions, compromis et accords qui n’ont jamais été respectés. Plusieurs documents juridiques souvent signés dans la plus grande solennité ont été rejetés, reniés ou contournés aussitôt après leur signature ou à peine l’encre utilisée avait-elle séché suite au manque de culture de respect des textes et de la parole donnée dans le chef de nombreux dirigeants politiques.
  4. En marge de la célébration du 11eme anniversaire de son entrée en vigueur, le 18 février 2017, l’IDGPA organisera un séminaire de réflexion sur la Constitution de la République dans le cadre d’une évaluation citoyenne de l’application du Compromis du Centre  interdiocésain de Kinshasa et du suivi du processus de  retour à l’ordre constitutionnel en 2017. Les représentants des institutions publiques, ceux des milieux scientifiques et universitaires, des partis politiques, des organisations non gouvernementales, spécialement celles de défense des droits humains, des églises, des médias, de la jeunesse estudiantine, et des mouvements citoyens y seront conviés.
  5. Pour l’IDGPA, l’année 2017 devra marquer la fin des crises politiques récurrentes dues notamment à la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs par le retour à l’ordre constitutionnel et la tenue des élections nationales et provinciales libres et transparentes qui permettront l’alternance démocratique tant souhaitée en RDC après plusieurs décennies de régimes autoritaires et des violations systématiques des droits humains.
  6. La souveraineté nationale appartenant au peuple congolais, il est impératif qu’il continue de veiller, debout, en vue de la réalisation en 2017 de l’alternance démocratique à laquelle il aspire depuis l’accession du pays à l’indépendance le 30 juin 1960 pour bâtir un pays plus beau qu’avant qui serve aussi de locomotive à la renaissance africaine.

 

Fait à Kinshasa, le  2  janvier 2017.

Prof André MBATA MANGU
Directeur Exécutif de l’IDGPA
Email : amangu@idgpa.org

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28 décembre 2016

RDC: UNE NOUVELLE GÉNÉRATION REFAIT SURFACE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

exemple de bravoure

Les choses bougent en République Démocratique du Congo et elles bougent dans le bon sens. Les Congolais, jadis décrits comme BMW (Bière Musique and Woman)et peureux, deviennent petit-à-petit acteurs de leur propre devenir. Pour le respect de la Constitution et contre le troisième mandat de Kabila, ils sont nombreux, filles et garcons, prêts à en découdre avec la milice de Kabila et à se sacrifier. Leur courage mérite notre respect. Le seul message qu’ils lancent à la classe politique est que plus rien ne sera comme avant et que ,dorénavant, il faudra compter avec eux.

Nous avons retenu quelques images pour leur rendre hommage.

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Lumbamba Kanyiki

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DIALOGUE INCLUSIF: MÉFIEZ-VOUS D’AZARIAS RUBERWA!

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Il était entré dans le dialogue convoqué par Kabila sous la médiation d’Edem Kodjo comme personnalité politique, donc comme étant neutre. Il en est sorti ministre de la décentralisation et reformes institutionnelles. Est-ce le fait du hasard? Le Phare le présente aujourd’hui comme la clef de voûte du développement, un juriste capable de mettre en application plusieurs lois votées pour consacrer la décentralisation du territoire et la reforme des institutions.

Par ailleurs, l’opinion se rappellera aussi que certaines des révendications du M23 tournaient autour de la décentralisation des provinces si pas le fédéralisme. Qui ne sait pas que les Tutsi basés en République Démocratique du Congo comme ceux du Rwanda cherchent à tout prix la balkanisation de la RDC? Les guerres récurrentes à l’Est, l’insécurité persistante et les tueries de Beni sont entretenues dans le seul but d’arracher un pan du territoire national au profit des Tutsi. Du temps de la guerre contre le M23, plusieurs de nos vaillants combattants sont tombés sous la traîtrise de Kabila qui donnait des ordres contradictoires et avertissait l’ennemi sur les plans des FARDC.

Azarias Ruberwa en 2013 parlant de la guerre contre le M23: « Pour moi, je souhaite qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus…Kinshasa n’a pas le choix; il y aura intégration du M23″

Interrogé par RFI en 2013 pour donner son point de vue sur la guerre infligée par le M23 à la République Démocratique du Congo, Azarias Ruberwa avait déclaré: « Pour moi, je souhaite qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus » et plus loin, il ajoute ceci: « Kinshasa n’a pas le choix; il y aura intégration du M23″.  Précisons qu’à cette époque, tous les vrais Congolais, par un sursaut d’orgueil, voulaient la victoire sur le M23 et souhaitaient que tous ces Tutsi rentrassent chez eux avec leur culture de la barbarie qu’ils ont emmenée en République Démocratique du Congo. Aucun Tutsi à Kinshasa et même pas Ruberwa n’avait condamné l’agression du M23 contre la RDC. Plus tard, le fameux « général » Bosco Ntaganda, longtemps soutenu et protégé par Kabila et plusieurs officiers rebelles se sont révélés sujets rwandais.

Ruberwa au service de Kagamé

Ruberwa comme Bizima Kahara sont des chevaux de troie au service de Kagamé comme Kabila, lui-même, est un sujet rwandais au service du Rwanda. Ruberwa est en mission de balkanisation de la RDC. C’est la raison pour laquelle il occupe le ministère de la décentralisation et reformes institutionnelles.  Il est malheureux de voir les Congolais continuer à laisser ce monsieur prendre part à des discussions qui engagent l’avenir du pays. Si dialogue il y a, c’est aussi pour débattre de tous ces problèmes. Car, si Kabila ne veut pas partir, c’est pour continuer l’occupation de la RDC par le Rwanda. Et si des tels sujets ne sont pas abordés, c’est parce que, comme l’ont soutenu certains évêques de la CENCO, la classe politique de la RDC brille par une grave médiocrité. Mais quoiqu’il en coûte, les jeunes se réservent le droit de ne pas suivre les résolutions qui trahiraient la volonté populaire.

Lumbamba Kanyiki
www.kasaidrect.net

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24 décembre 2016

Diledibwa dya Yesu dilenga kunudi nwenu bonso (Joyeux Noel!)

karta ka diledibwa

Yesu mwana wa Nzambi anutwadile dinanga mu mioyo yenu bonso. Anubeneshe, anusambe ne anupeshe makole a mubidi ne a anyima.
Bikala nanku

Lumbamba Kanyiki 

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15 décembre 2016

LES EVÊQUES DU GRAND KASAYI SE PRONONCENT ENFIN SUR LE PHÉNOMÈNE KAMWINA-NSAPU

vue de Kananga

Le 8 décembre 2016, l’Eglise du Kasayi a célébré, à Mikalayi, le 125ème anniversaire de son Evangélisation, lancée par le R.P. Emeri Cambier (CICM) le 8 décembre 1891. Au cours de la Messe solennelle présidée par S. Exc. Mgr Marcel Madila, Archevêque de Kananga, entourépar huit Evêques et une quarantaine de prêtres venus de tous les quatre coins du Kasayi, l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kananga (ASSEPKA) a rendu publique une lettre pastorale que beaucoup de fidèles attendaient, compte tenu surtout de tristes événements que le Kasayi vit depuis quelques mois. En effet, outre l’action de grâce pour les bienfaits spirituels de ce Jubilé de l’Evangélisation, les Evêques du Grand Kasayi se sont enfin prononcés sur le phénomène Kamwina-Nsapu, lui consacrant sept des douze numéros que compte leur lettre pastorale.

Les conséquences douloureuses du phénomène Kamwina-Nsapo

        L’ASSEPKA aborde la question par un constat douloureux : « En ce moment où nous clôturons cette Année du Jubilé, nous avons une forte douleur intérieure à vous confier. Les tristes événements que notre
Région est en train de vivre dans le Kasayi Central, dans le Kasayi Oriental et dans le Kasayi, suscitent des inquiétudes qui font saigner nos cœurs de Pasteurs. Depuis le mois de juillet 2016, nos frères et sœurs sont sauvagement blessés ou assassinés ; des villages sont brûlés et vidés de leurs habitants ; des familles sont obligées de se déplacer et de se refugier dans la forêt, livrées aux intempéries et aux maladies, sans moyens de survie ; de nombreux enfants et jeunes sont victimes de cette situation et ne peuvent pas aller à l’école ;
des infrastructures publiques sont détruites ; par endroit, des prêtres et des consacrés sont obligés d’abandonner leurs communautés d’apostolat ; l’insécurité est répandue dans nos agglomérations et sur
nos routes… »
Les causes profondes du phénomène Kamwina-Nsapu

        Selon les Evêques du Kasayi, pour bien comprendre le phénomène Kamwina-Nsapo et sa rapide expansion dans plusieurs contrées du
 Kasayi, il faut éviter de l’enfermer dans les circonstances locales de son émergence, mais le situer dans le cadre de la souffrance à laquelle est condamné tout le Peuple congolais. Pour eux, nous sommes devant un phénomène politique, « l’une de multiples expressions des
graves frustrations sociales et politiques que vit toute la population congolaise. » Car, argumentent-ils, « après près de soixante ans d’indépendance, notre Pays tourne en rond et l’Etat n’arrive pas à assurer aux citoyens les services de base comme la sécurité sociale, les soins de santé, l’hygiène, l’eau potable, l’électricité, l’école et l’habitat. L’impunité est généralisée. La sécurité des personnes et de leurs biens est aléatoire, avec les intimidations, les pillages, les viols, les déplacements des communautés et les massacres que nous connaissons. Les institutions républicaines ne sont pas souvent au service du Peuple. La violation des droits politiques des citoyens garantis par la Constitution ne cesse de grandir. La culture de la corruption et du détournement des biens publics ne recule pas. Le manque de voies de communication et de moyens de transport enclave des communautés entières, avec des conséquences néfastes pour les
économies locales et le développement des peuples. Le chômage atteint des proportions catastrophiques, tandis que des jeunes sont condamnés à des métiers dangereux et improductifs comme le transport à vélo,
l’exploitation artisanale des minerais, la production et la vente de la drogue. Les rares entrepreneurs, qui créent pourtant des emplois et de la richesse, sont soumis à des tracasseries administratives qui ne
profitent pas à la Nation. Beaucoup de petites et moyennes entreprises abandonnent nos Provinces de l’intérieur pour des villes où la pression fiscale et les tracasseries administratives sont moins élevées. Par milliers, des personnes et des familles entières abandonnent aussi ces Provinces à la recherche d’opportunités ailleurs. Les nouvelles entités administratives sont dépourvues de moyens de fonctionnement et pèsent lourdement sur une population déjà appauvrie. L’absence de gestion rigoureuse de notre riche patrimoine environnemental fait déjà ressentir ses impacts négatifs sur la production agricole, la disparition de plusieurs espèces de notre flore et de notre faune, l’insalubrité généralisée et les érosions qui menacent la plupart de nos villes et cités. Le bradage criminel d’immenses ressources minières et forestières de notre Pays se poursuit… Pendant toutes ces années d’indépendance, nous avons perdu beaucoup d’opportunités et raté beaucoup de rendez-vous avec l’Histoire ! Jusqu’à quand serons-nous toujours un petit Pays, incapable de s’imposer en Afrique et dans le concert des Nations comme
une référence ? La démocratie est encore un rêve dont la réalisation est toujours entravée et repoussée. » On comprend alors pourquoi les jeunes de Kamwina-Nsapo ne s’en prennent qu’aux fonctionnaires publics et à leurs bureaux, considérés comme symbole d’un Etat qui est à la base de la souffrance du Peuple. On comprend aussi pourquoi, comme une tache d’huile, le phénomène se poursuit et s’étend, malgré une forte
répression militaire et policière.

Rendre sa noblesse à la politique

        A la lumière de cette analyse, les Evêques du Kasayi pensent qu’on ne peut répondre adéquatement au phénomène Kamwina-Nsapu qu’en prenant en charge ses véritables causes. Aussi appellent-ils à « un vigoureux réveil des consciences de tous et une détermination à mettre fin au processus de déshumanisation et de marginalisation qui risque de plonger le Pays tout entier dans le chaos ». Ils invitent à redécouvrir la valeur du Bien commun, qui est la raison d’être de l’Etat et de la communauté politique. S’adressant particulièrement àl’actuelle génération des politiciens congolais, ils leur rappellent la grandeur et l’importance de leur vocation dans la vie de la Nation : « La construction d’un ordre social et politique respectueux du bien commun et de la dignité inaliénable de la personne humaine sera l’œuvre des politiciens à la hauteur de nos aspirations et d’immenses ressources humaines et matérielles dont dispose le Congo. La politique étant l’une des formes les plus précieuses de la charité au service du bien commun, on y entre seulement pour faire du bien à son Pays et mettre le meilleur de soi-même au service de son Peuple. La politique est une vocation noble, un métier qui ne peut être bien exercé que par des hommes de grands principes. Le Congo a besoin de politiciens qui aiment leur Pays et qui soient de véritables sentinelles du bien commun, avec un sens élevé de la dignité humaine et de la responsabilité historique. Il est impérieux de bâtir un Etat de droit, une vraie démocratie favorisant l’alternance en politique. Un tel système est de nature à susciter une nouvelle classe politique plus soucieuse de l’intérêt commun. »

L’interpellation aux politiciens kasayiens

        Les Evêques consacrent le numéro 7 de leur lettre à toutes les filles et à tous les fils du Kasayi engagés dans la politique. Ils leur demandent de prendre à cœur leurs obligations et de se battre pour l’amélioration des conditions de vie dans leur Région. Ils leur rappellent que la situation du Kasayi présente des indicateurs parmi les plus négatifs de tout le Congo et que les tristes événements dont souffre leur Région font malheureusement partie d’une longue chaîne de conflits qui opposent des communautés et ensanglantent le Kasayi depuis des années. Les Evêques notent que des conflits des terres, des conflits des chefferies et des conflits de leadership politique y sont entretenus depuis longtemps pour des objectifs qui desservent le développement local. Et pour contribuer au changement, les Evêques lancent quelques grands défis aux politiciens du Kasayi : « Il est urgent qu’ils fassent un inventaire complet de tous nos conflits sociaux et s’engagent dans la recherche des solutions justes. Nous leur demandons de jouer un rôle de guides et d’éclaireurs de nos populations dans leur lutte pour vivre en paix. Et, vu la situation générale de notre Région, nous souhaitons que tous les politiciens du Kasayi se rencontrent, le plus tôt possible, dans le cadre d’un atelier technique, pour faire l’état des lieux de la situation socio-économique de notre Région, en vue du plaidoyer national et international pour son développement. Le Kasayi veut voir ses fils et ses filles politiciens se préoccuper de son sort et travailler pour son développement. La paix véritable passe par la justice, par le développement intégral et par l’engagement de tous au service du bien commun. »

Le phénomène Kamwina-Nsapu, une interpellation pour l’Eglise

        Dans leur lettre, les Evêques du Kasayi ne se limitent pas seulement à l’analyse politique du phénomène Kamwina-Nsapu. Au terme d’une année consacrée à la méditation sur cent vingt-cinq années de foi chrétienne au Kasayi, ils ont aussi l’honnêteté d’affirmer que ce phénomène les pousse à s’interroger sur la qualité de l’accueil de l’Evangile et son impact dans la vie des kasayiens : « Dans une société où la majorité
se déclare disciples du Christ, comment peut-on expliquer la banalisation de la méchanceté et de la violence ? Comment expliquer tant de souffrance après tant d’années d’Evangélisation ? Que font tous ces chrétiens que l’on entend prier à haute voix à longueur des journées et des nuits ? » Les Evêques vont encore plus loin en affirmant : « Nous sommes témoins de croyances et de pratiques de superstition qui ne sont possibles que là où la foi en Jésus-Christ est encore un vernis superficiel. » Aussi invitent-ils à relancer l’action pastorale de l’Eglise : « Nous devons travailler pour que la foi en Jésus-Christ féconde les cœurs et transforme les mentalités. » Ils rappellent aux prêtres, aux consacrés et aux laïcs engagés l’importance de leur mission ecclésiale et sociale, les conviant à la vigilance, à l’esprit critique et au discernement, comme témoins de la force transformatrice de la foi en Jésus. Pour les Evêques, les chrétiens doivent être le ferment d’un Kasayi nouveau et d’un Congo nouveau.

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LE CONSTITUTIONNALISTE ANDRÉ MBATA CORRIGE LE FONCTIONNAIRE FRANÇAIS À LA RETRAITE DIDIER MAUS

A PROPOS DES ARRÊTS DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE ET DE LA VACANCE DU POUVOIR LE 19 DÉCEMBRE 2016:   LE CONSTITUTIONNALISTE ANDRÉ MBATA CORRIGE LE FONCTIONNAIRE FRANÇAIS À LA RETRAITE DIDIER MAUS

André Mbata

 Paris, le 12 décembre 2016. Sollicité par le régime de Kinshasa agissant par l’entremise de Me Kiboko, une avocate congolaise peu connue, Mr Didier Maus, fonctionnaire français à la retraite et constitutionnaliste inconnu de la plupart des spécialistes en droit constitutionnel congolais, faisait une sortie médiatique très risquée en déclarant au cours d’une conférence que la Cour constitutionnelle de la RD Congo avait bien dit le droit en se basant sur l’article 70 alinéa 2 de la Constitution pour prolonger le mandat de Mr Kabila, que cette Cour pouvait valablement siéger même si le quorum n’était pas atteint, que les juges qui avaient refusé de siéger avaient commis une faute lourde, et qu’il n’y aurait aucune vacance à la tête de l’Etat congolais le 19 décembre 2016. Cette sortie de Didier Maus qui avait été fort médiatisée par la presse congolaise et reprise en boucle durant tout le weekend par les télévisions du pouvoir comme la RTNC et Télé 50 énervait les Congolais autant que l’avait fait le Prof Evariste Boshab dans son ouvrage intitulé Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation. Comme on pouvait s’y attendre, elle  ne pouvait laisser indifférent le plus célèbre de nos constitutionnalistes et l’un de plus fervents défenseurs de la Constitution de la République. Dans une « Mise au point scientifique » de 25 paragraphes nous  transmise par sa secrétaire Rosalie Muananyime, le tombeur d’Evariste Boshab vient de se charger du français Didier Maus en infligeant au français une correction exemplaire qui lui fera regretter sa sortie téméraire de la retraite que l’Etat français lui a imposée depuis mars 2012. Dans la foulée, André Mbata administre une sévère gifle ou une « chicotte » (intellectuelle) à  un autre professeur congolais, Auguste Mampuya, professeur à la retraite (parce qu’émérite) à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, produit de l’université française et Officier de l’Ordre national des Palmes académiques de la République française comme Didier Maus lui-même.

Mise au point du Professeur André Mbata Mangu

  1. Contrairement à ce qui a été présenté par certains médias, Didier Maus a cessé d’être Conseiller d’Etat et Rapporteur général de la Commission des archives constitutionnelles de la Vè République française depuis plusieurs années. Il est un fonctionnaire à la retraite depuis le 5 mars 2012.
  2. Ancien élève de l’Ecole nationale d’Administration, sans détenir un diplôme de Doctorat d’Etat qui était alors le plus grand titre académique dans son pays, mais plutôt un diplôme de l’Institut d’études politiques, un diplôme d’études supérieurs (DES) de droit public et de sciences économiques et une licence en lettres, Didier Maus avait néanmoins été nommé professeur d’universités en France.
  3. Le Conseil constitutionnel est la plus haute juridiction française comparable à la Cour constitutionnelle de la RD Congo. Cependant, Didier Maus n’a jamais été membre du Conseil constitutionnel actuellement présidé par l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius.
  4. Didier Maus est un spécialiste de la pratique constitutionnelle sous la Vè République française. On ne lui reconnaît pas d’expertise en droit constitutionnel africain et sa conférence sollicitée du 12 décembre 2016 constituait l’une de ses rares interventions dans un champ intellectuel en dehors de ses compétences.
  5. Les limites des connaissances du droit constitutionnel congolais par Didier Maus peuvent se comprendre dans la mesure où la Constitution française de 1958 qu’il maîtrise ne consacre pas une disposition intangible semblable à l’article 220 de la Constitution congolaise de 2006 et que la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels par cette Constitution a précédé la reforme française de 2008.
  6. Le « recrutement » de Didier Maus comme lobbyiste du gouvernement congolais serait intervenu dans la même ville (Paris, France), au cours de la même période précédant la fin constitutionnelle du mandat du Président de la République (novembre 2016) et il aurait été l’œuvre du même agent « nationaliste » congolais qui avait recruté Dr Cynthia McKinney. Cette tendance d’un gouvernement en panne d’arguments à dilapider les fonds publics pour payer des politiciens, des fonctionnaires ou des universitaires retraités au lieu de se confier aux compétences nationales actives et reconnues est bien déplorable.
  7. Il est admis que les universitaires, les fonctionnaires et les politiciens à la touche ou à la retraite se retrouvent souvent dans une situation de précarité financière alors qu’ils doivent continuer de vivre et faire vivreCependant, la retraite se prépare et l’éthique interdit que l’on puisse chercher à se faire de l’argent par tous les moyens pendant sa retraite. On peut dignement passer ses vieux jours et il faut faire très attention en voulant sortir de la retraite avec le risque de cracher en une seule sortie sur le prestige acquis au terme de nombreuses années d’une carrière qui paraissait honorable.
  8. En France, le Conseil constitutionnel est soumis à la Constitution, à sa loi organique et à son règlement intérieur. C’est un Didier Maus scientifiquement méconnaissable (par ses anciens collègues et étudiants) qui est tombé de son piédestal en affirmant pince-sans-rire que la Cour constitutionnelle congolaise avait raison de juger même en violation de la Constitution, de sa loi organique et de son règlement intérieur !
  1. Les recruteurs de Didier Maus auraient pu lui amener la Constitution congolaise de 2006 ou il aurait pu sortir de sa retraite pour faire quelques recherches qui lui auraient permis de connaître les règles de saisine et de fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Une telle démarche lui aurait permis d’éviter le ridicule et de noter que la Commission électorale nationale indépendante (CENI)  n’était pas compétente pour saisir la Cour afin d’obtenir la prolongation du mandat présidentiel et qu’il n’y avait donc pas lieu de lui donner raison ou de vanter son « incompétence ».
  2. Par ailleurs, une faute doit avoir été prévue ainsi que la sanction correspondante. Surprenante mais parfaitement compréhensible dans la cadre d’un recrutement comme lobbyiste est la position de Didier Maus pour qui les professeurs membres de la Cour qui n’avaient pas siégé avaient commis une faute lourde.
  3. L’argument de Didier Maus pour qui « la Cour (constitutionnelle congolaise) a eu raison de faire valoir l’article 70… parce que notamment si on fait prévaloir l’article 75, l’article 70 ne servirait plus à rien…  » est tout simplement spécieux. Mais on comprend qu’il avait été recruté pour faire prévaloir l’article 70 alinéa 2 sur les dispositions constitutionnelles comme les articles 73 – 76 et 220.
  4. Au moment où Didier Maus intervient, l’actualité constitutionnelle en RDC était dominée par l’Accord signé par les participants au Dialogue de la Cité de l’Union africaine qui prévoyait que le Premier Ministre devait provenir de l’Opposition. Un constitutionnaliste à la page aurait pu également se pencher sur cette question et la valeur juridique de cet Accord.
  5. Comme l’auteur d’Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nationauparavant et pour la même cause que lui, Didier Maus a fait du droit politique, de la politologie, et non pas du droit constitutionnel.
  6. Se situant dans la lignée des Apôtres d’Emmaüs qui avaient marché avec le Seigneur Jésus Christ sans vraiment le connaître et malgré sa longue carrière, ses nombreuses distinctions honorifiques et son passage dans les universités françaises, Didier Maus semble avoir longtemps évolué sur le terrain du droit constitutionnel français sans se pénétrer du principe du constitutionnalisme fondé sur les trois piliers que sont la limitation des pouvoirs, l’Etat de droit (démocratique) et les droits de l’homme.
  7. On ne saurait pas non plus reprocher à Didier Maus, qui est français, son ignorance des derniers développements en droit constitutionnel africain avec la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance à la lumière de laquelle le lobbying pour lequel il a été recruté revient à un lobbying en faveur d’une situation de changement inconstitutionnel de gouvernements.
  8. L’on ne peut que déplorer l’inconstance de certains universitaires à la fin de leur carrière scientifique. Le cas du retraité Didier Maus n’est pas sans rappeler celui d’un autre universitaire français, Georges Lavroff qui, au crépuscule de sa carrière, avait remis ses enseignements en cause en prétendant que le pouvoir constituant originaire (le peuple) avait les mêmes droits que le pouvoir constituant dérivé (le parlement) et qu’une révision constitutionnelle pouvait être totale, ce qui constitue des hérésies parce que le mandataire ne peut se substituer au mandant et une révision constitutionnelle totale ne serait plus une simple révision, mais un changement de constitutions. Dans sa folle croisade pour la monarchisation du pouvoir présidentiel en RDC, Prof Evariste Boshab s’était néanmoins appuyé sur une telle argumentation fallacieuse et obscurantiste pour amener le parlement dominé par sa coalition politique à réviser l’article 220 afin d’accorder un mandat présidentiel illimité à son Autorité morale.
  9. Le vagabondage intellectuel n’est pas l’apanage des scientifiques ou des juristes français. En RDC, il rappelle celui récent du Prof Auguste Mampuya, chef de département de droit public international de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, produit de l’université française et Officier de l’Ordre national des Palmes académiques de la République française comme Didier MausEvoluant à la fois sur le terrain du droit constitutionnel et celui du droit public international dans le cadre de la politique du ventre et devenu l’un des plus grands tambourinaires d’un pouvoir finissant, cet enseignant qui a fait l’exploit d’être admis à l’éméritat (retraite) sans avoir formé un seul professeur comme exigé ailleurs, a récemment multiplié des bouquins sans grande valeur dans les milieux scientifiques internationaux et dont le dernier en date porte sur les sanctions ciblées contre des responsables congolais. On attend que le régime dont il est devenu l’un des thuriféraires en chef saisisse rapidement la Cour internationale de Justice pour se prononcer sur la validité de ces sanctions en droit international et démontre ainsi tout le sérieux qu’il accorde à son expertise. En continuant avec les « sanctions ciblées », les Américains et les Européens ont cependant démontré qu’ils n’étaient pas intéressés à ces productions scientifiques « locales » d’un professeur au soir de sa carrière n’hésitant même pas à cracher sur les idées qu’il avait produites quelque temps seulement auparavant dans une publication sur l’article 70 et la vacance de pouvoir.

Auguste Mampuya n’en est pas à ses premiers revirements intellectuels. Dans son livre Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation (pages 340-341),  Evariste Boshab le considérait déjà comme « l’un des chantres de la dictature de Mobutu » qui avait professé que le vote par acclamation était le plus démocratique. Evariste Boshab était d’avis que c’était un « crime » et l’attitude d’Auguste Mampuya relevait de la « trahison des clercs » pour qui « il était plus facile de ramper pour être invité au repas du ‘Seigneur’ que de demeurer tête haute et ventre creux ».

Au début du second mandat du Président Kabila, Prof Mampuya se donnait un beau rôle d’opposant au régime, « donnant à chaque instant des leçons de démocratie ».  Evariste Boshab s’interrogeait: « Est-il amnésique ou croit-il que les crimes d’hier sont automatiquement pardonnés ? Qui lui a donné pareille absolution pour qu’il se regarde dans le miroir de l’histoire sans frémir ? ». On croyait qu’il avait compris la critique de Boshab, mais « amnésique », il s’est mis à « ramper de nouveau » en chantant ses louanges pour être invité à la table du Seigneur Kabila qu’il avait critiqué et qu’il croit avoir la mémoire courte.

  1. Sans l’accuser de raciste, la position de Didier Maus s’apparente en réalité à celle défendue dans le passé par plusieurs autres politiciens et intellectuels français qui avaient estimé que les peuples africains n’avaient pas droit au constitutionnalisme ou à la démocratie comme les peuples occidentaux. On n’est pas loin des propos du Président français Nicolas Sarkozy qui avait osé affirmer à Dakar que l’Afrique n’était pas encore entrée dans l’Histoire ni ceux de l’un de ses prédécesseurs, Jacques Chirac, qui avait  déclaré le 23 février 1990 au terme d’une visite au Président Houphouët Boigny de la Cote d’Ivoire que le multipartisme était un luxe pour l’Afrique. Curieusement, Didier Maus appartient à la droite comme ces deux anciens présidents français.
  2. C’est sur base de l’«expertise » des personnes comme Didier Maus que la Françafrique avait été créée et que la France dite « Patrie des droits de l’homme et de la démocratie » avait pendant des décennies soutenu des régimes autoritaires qui se recrutent essentiellement parmi ses anciennes colonies ou les pays francophones comme ceux de l’Afrique centrale. Cette époque de production scientifique au service des autoritarismes est à jamais révolue. Prof André Mbata n’aimerait pas être accusé de manquer de respect envers les aînés qu’il ne saurait cependant pas suivre dans leurs égarements scientifiques et qu’il ne saurait laisser tranquilles dans leur « retraite ».
  3. Malgré les imperfections inhérentes à toute œuvre humaine, la Constitution congolaise de 2006 est meilleure que la Constitution française de 1958 et celles de plusieurs autres pays démocratiques. Le problème est surtout celui d’absence de leadership démocratique ou des hommes et des femmes capables de vivre et de défendre les valeurs constitutionnelles.
  4. La limitation de la durée et du nombre des mandats présidentiels a été consacrée dans la Constitution congolaise bien avant la réforme constitutionnelle intervenue en France en 2008. Bien plus, elle a été inspirée par le régime politique des Etats-Unis. Cette situation ne place pas les constitutionnalistes français ou leurs anciens étudiants qui n’ont pas été recyclés dans une position idéale pour donner des leçons de droit aux juristes et aux juges constitutionnels congolais.
  5. En nous inspirant de la Constitution et du système américain qui l’a inspiré à ce sujet, le Président congolais actuel aura perdu toute légitimité pour diriger le pays ou le représenter valablement après le19 décembre 2016. Il cessera également d’être un président constitutionnel ou légal, l’Arrêt tant vanté de la Cour constitutionnelle sur lequel il fonderait son pouvoir ayant été rendu en violation de la Constitution, du Règlement intérieur de la Cour et de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de celle-ci.
  6. Ni le « Monologue » ou le « dialogue exclusif» des 300 personnes réunies à la Cité de l’Union africaine sous la facilitation d’Edem Kodjo ni le « dialogue très inclusif ( ?) » des 32 personnes réunies au Centre interdiocésain par la CENCO ne peut légitimer ou légaliser le  régime spécialintérimaire ou de transition qui pourrait être mis en place au terme d’un accord politique dans la mesure où un tel régime n’est pas prévu par la Constitution  et qu’il ne saurait énerver la Constitution adoptée par référendum ni s’imposer au peuple souverain. Par ailleurs, l’article 220 qui contient des dispositions intangibles a une valeur juridique supérieure à l’article 70. Dans le cas d’espèce de la fin du second et du dernier mandat présidentiel et de la non-organisation de l’élection présidentielle,  les Congolais devraient s’inspirer du modèle américain pour que la vacance soit déclarée et que le Président du Sénat soit investi Président ad intérim avec mandat d’organiser l’élection présidentielle en 2017 dans les délais prévus par la Constitution. L’argument souvent entendu selon lequel le Président du Sénat serait lui-même disqualifié pour avoir « glissé » est un argument politique et non de droit constitutionnel. S’il était pris en compte, toutes les lois votées par les deux chambres du Parlement depuis 2012 n’auraient plus aucune valeur en droit, le Sénat les ayant aussi adoptées.
  7. S’il n’y aura pas vacance comme l’affirme Didier Maus avant même l’arrivée de l’échéance du 19 décembre 2016, ce n’est pas parce qu’elle ne serait pas constitutionnelle, mais tout simplement parce que la Cour constitutionnelle qui est totalement soumise au régime aura une fois de plus manqué d’audace pour la déclarer. On aurait pu s’attendre à ce que Didier Maus honore sa retraite en conseillant au Président congolais de suivre l’exemple de François Hollande à qui plusieurs années de pouvoir, les richesses amassées, les fanfares et les honneurs militaires ainsi que le réalisme politique n’ont pas fait perdre sa lucidité.
  1. Cependant, il ne faut pas désespérer. Nous avons encore quelques jours devant nous. Plus concrètement, 5 à 10 minutes au maximum suffiront pour permettre au Président de la République de s’adresser à la Nation et prendre seul la bonne décision qu’on attend de lui depuis longtemps: remercier le peuple congolais au terme de 15 ans de règne, assumer pleinement son actif mais aussi son passif tout en présentant ses regrets et en demandant pardon pour n’avoir pas pleinement rempli sa mission de garant de la nation, de l’indépendance et de l’intégrité du territoire et surtout pour n’avoir pas réussi à organiser les élections dans le délai constitutionnel, s’engager au strict respect de la Constitution, se libérer de la charge présidentielle  et se préparer à prendre son siège  comme membre à vie du Sénat.

Kinshasa, 14 décembre 2016

Assistante Rosalie Muananyime

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