28 décembre 2016

DIALOGUE INCLUSIF: MÉFIEZ-VOUS D’AZARIAS RUBERWA!

Azarias Ruberwa_0

Il était entré dans le dialogue convoqué par Kabila sous la médiation d’Edem Kodjo comme personnalité politique, donc comme étant neutre. Il en est sorti ministre de la décentralisation et reformes institutionnelles. Est-ce le fait du hasard? Le Phare le présente aujourd’hui comme la clef de voûte du développement, un juriste capable de mettre en application plusieurs lois votées pour consacrer la décentralisation du territoire et la reforme des institutions.

Par ailleurs, l’opinion se rappellera aussi que certaines des révendications du M23 tournaient autour de la décentralisation des provinces si pas le fédéralisme. Qui ne sait pas que les Tutsi basés en République Démocratique du Congo comme ceux du Rwanda cherchent à tout prix la balkanisation de la RDC? Les guerres récurrentes à l’Est, l’insécurité persistante et les tueries de Beni sont entretenues dans le seul but d’arracher un pan du territoire national au profit des Tutsi. Du temps de la guerre contre le M23, plusieurs de nos vaillants combattants sont tombés sous la traîtrise de Kabila qui donnait des ordres contradictoires et avertissait l’ennemi sur les plans des FARDC.

Azarias Ruberwa en 2013 parlant de la guerre contre le M23: « Pour moi, je souhaite qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus…Kinshasa n’a pas le choix; il y aura intégration du M23″

Interrogé par RFI en 2013 pour donner son point de vue sur la guerre infligée par le M23 à la République Démocratique du Congo, Azarias Ruberwa avait déclaré: « Pour moi, je souhaite qu’il n’y ait ni vainqueurs ni vaincus » et plus loin, il ajoute ceci: « Kinshasa n’a pas le choix; il y aura intégration du M23″.  Précisons qu’à cette époque, tous les vrais Congolais, par un sursaut d’orgueil, voulaient la victoire sur le M23 et souhaitaient que tous ces Tutsi rentrassent chez eux avec leur culture de la barbarie qu’ils ont emmenée en République Démocratique du Congo. Aucun Tutsi à Kinshasa et même pas Ruberwa n’avait condamné l’agression du M23 contre la RDC. Plus tard, le fameux « général » Bosco Ntaganda, longtemps soutenu et protégé par Kabila et plusieurs officiers rebelles se sont révélés sujets rwandais.

Ruberwa au service de Kagamé

Ruberwa comme Bizima Kahara sont des chevaux de troie au service de Kagamé comme Kabila, lui-même, est un sujet rwandais au service du Rwanda. Ruberwa est en mission de balkanisation de la RDC. C’est la raison pour laquelle il occupe le ministère de la décentralisation et reformes institutionnelles.  Il est malheureux de voir les Congolais continuer à laisser ce monsieur prendre part à des discussions qui engagent l’avenir du pays. Si dialogue il y a, c’est aussi pour débattre de tous ces problèmes. Car, si Kabila ne veut pas partir, c’est pour continuer l’occupation de la RDC par le Rwanda. Et si des tels sujets ne sont pas abordés, c’est parce que, comme l’ont soutenu certains évêques de la CENCO, la classe politique de la RDC brille par une grave médiocrité. Mais quoiqu’il en coûte, les jeunes se réservent le droit de ne pas suivre les résolutions qui trahiraient la volonté populaire.

Lumbamba Kanyiki
www.kasaidrect.net

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24 décembre 2016

Diledibwa dya Yesu dilenga kunudi nwenu bonso (Joyeux Noel!)

karta ka diledibwa

Yesu mwana wa Nzambi anutwadile dinanga mu mioyo yenu bonso. Anubeneshe, anusambe ne anupeshe makole a mubidi ne a anyima.
Bikala nanku

Lumbamba Kanyiki 

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15 décembre 2016

LES EVÊQUES DU GRAND KASAYI SE PRONONCENT ENFIN SUR LE PHÉNOMÈNE KAMWINA-NSAPU

vue de Kananga

Le 8 décembre 2016, l’Eglise du Kasayi a célébré, à Mikalayi, le 125ème anniversaire de son Evangélisation, lancée par le R.P. Emeri Cambier (CICM) le 8 décembre 1891. Au cours de la Messe solennelle présidée par S. Exc. Mgr Marcel Madila, Archevêque de Kananga, entourépar huit Evêques et une quarantaine de prêtres venus de tous les quatre coins du Kasayi, l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kananga (ASSEPKA) a rendu publique une lettre pastorale que beaucoup de fidèles attendaient, compte tenu surtout de tristes événements que le Kasayi vit depuis quelques mois. En effet, outre l’action de grâce pour les bienfaits spirituels de ce Jubilé de l’Evangélisation, les Evêques du Grand Kasayi se sont enfin prononcés sur le phénomène Kamwina-Nsapu, lui consacrant sept des douze numéros que compte leur lettre pastorale.

Les conséquences douloureuses du phénomène Kamwina-Nsapo

        L’ASSEPKA aborde la question par un constat douloureux : « En ce moment où nous clôturons cette Année du Jubilé, nous avons une forte douleur intérieure à vous confier. Les tristes événements que notre
Région est en train de vivre dans le Kasayi Central, dans le Kasayi Oriental et dans le Kasayi, suscitent des inquiétudes qui font saigner nos cœurs de Pasteurs. Depuis le mois de juillet 2016, nos frères et sœurs sont sauvagement blessés ou assassinés ; des villages sont brûlés et vidés de leurs habitants ; des familles sont obligées de se déplacer et de se refugier dans la forêt, livrées aux intempéries et aux maladies, sans moyens de survie ; de nombreux enfants et jeunes sont victimes de cette situation et ne peuvent pas aller à l’école ;
des infrastructures publiques sont détruites ; par endroit, des prêtres et des consacrés sont obligés d’abandonner leurs communautés d’apostolat ; l’insécurité est répandue dans nos agglomérations et sur
nos routes… »
Les causes profondes du phénomène Kamwina-Nsapu

        Selon les Evêques du Kasayi, pour bien comprendre le phénomène Kamwina-Nsapo et sa rapide expansion dans plusieurs contrées du
 Kasayi, il faut éviter de l’enfermer dans les circonstances locales de son émergence, mais le situer dans le cadre de la souffrance à laquelle est condamné tout le Peuple congolais. Pour eux, nous sommes devant un phénomène politique, « l’une de multiples expressions des
graves frustrations sociales et politiques que vit toute la population congolaise. » Car, argumentent-ils, « après près de soixante ans d’indépendance, notre Pays tourne en rond et l’Etat n’arrive pas à assurer aux citoyens les services de base comme la sécurité sociale, les soins de santé, l’hygiène, l’eau potable, l’électricité, l’école et l’habitat. L’impunité est généralisée. La sécurité des personnes et de leurs biens est aléatoire, avec les intimidations, les pillages, les viols, les déplacements des communautés et les massacres que nous connaissons. Les institutions républicaines ne sont pas souvent au service du Peuple. La violation des droits politiques des citoyens garantis par la Constitution ne cesse de grandir. La culture de la corruption et du détournement des biens publics ne recule pas. Le manque de voies de communication et de moyens de transport enclave des communautés entières, avec des conséquences néfastes pour les
économies locales et le développement des peuples. Le chômage atteint des proportions catastrophiques, tandis que des jeunes sont condamnés à des métiers dangereux et improductifs comme le transport à vélo,
l’exploitation artisanale des minerais, la production et la vente de la drogue. Les rares entrepreneurs, qui créent pourtant des emplois et de la richesse, sont soumis à des tracasseries administratives qui ne
profitent pas à la Nation. Beaucoup de petites et moyennes entreprises abandonnent nos Provinces de l’intérieur pour des villes où la pression fiscale et les tracasseries administratives sont moins élevées. Par milliers, des personnes et des familles entières abandonnent aussi ces Provinces à la recherche d’opportunités ailleurs. Les nouvelles entités administratives sont dépourvues de moyens de fonctionnement et pèsent lourdement sur une population déjà appauvrie. L’absence de gestion rigoureuse de notre riche patrimoine environnemental fait déjà ressentir ses impacts négatifs sur la production agricole, la disparition de plusieurs espèces de notre flore et de notre faune, l’insalubrité généralisée et les érosions qui menacent la plupart de nos villes et cités. Le bradage criminel d’immenses ressources minières et forestières de notre Pays se poursuit… Pendant toutes ces années d’indépendance, nous avons perdu beaucoup d’opportunités et raté beaucoup de rendez-vous avec l’Histoire ! Jusqu’à quand serons-nous toujours un petit Pays, incapable de s’imposer en Afrique et dans le concert des Nations comme
une référence ? La démocratie est encore un rêve dont la réalisation est toujours entravée et repoussée. » On comprend alors pourquoi les jeunes de Kamwina-Nsapo ne s’en prennent qu’aux fonctionnaires publics et à leurs bureaux, considérés comme symbole d’un Etat qui est à la base de la souffrance du Peuple. On comprend aussi pourquoi, comme une tache d’huile, le phénomène se poursuit et s’étend, malgré une forte
répression militaire et policière.

Rendre sa noblesse à la politique

        A la lumière de cette analyse, les Evêques du Kasayi pensent qu’on ne peut répondre adéquatement au phénomène Kamwina-Nsapu qu’en prenant en charge ses véritables causes. Aussi appellent-ils à « un vigoureux réveil des consciences de tous et une détermination à mettre fin au processus de déshumanisation et de marginalisation qui risque de plonger le Pays tout entier dans le chaos ». Ils invitent à redécouvrir la valeur du Bien commun, qui est la raison d’être de l’Etat et de la communauté politique. S’adressant particulièrement àl’actuelle génération des politiciens congolais, ils leur rappellent la grandeur et l’importance de leur vocation dans la vie de la Nation : « La construction d’un ordre social et politique respectueux du bien commun et de la dignité inaliénable de la personne humaine sera l’œuvre des politiciens à la hauteur de nos aspirations et d’immenses ressources humaines et matérielles dont dispose le Congo. La politique étant l’une des formes les plus précieuses de la charité au service du bien commun, on y entre seulement pour faire du bien à son Pays et mettre le meilleur de soi-même au service de son Peuple. La politique est une vocation noble, un métier qui ne peut être bien exercé que par des hommes de grands principes. Le Congo a besoin de politiciens qui aiment leur Pays et qui soient de véritables sentinelles du bien commun, avec un sens élevé de la dignité humaine et de la responsabilité historique. Il est impérieux de bâtir un Etat de droit, une vraie démocratie favorisant l’alternance en politique. Un tel système est de nature à susciter une nouvelle classe politique plus soucieuse de l’intérêt commun. »

L’interpellation aux politiciens kasayiens

        Les Evêques consacrent le numéro 7 de leur lettre à toutes les filles et à tous les fils du Kasayi engagés dans la politique. Ils leur demandent de prendre à cœur leurs obligations et de se battre pour l’amélioration des conditions de vie dans leur Région. Ils leur rappellent que la situation du Kasayi présente des indicateurs parmi les plus négatifs de tout le Congo et que les tristes événements dont souffre leur Région font malheureusement partie d’une longue chaîne de conflits qui opposent des communautés et ensanglantent le Kasayi depuis des années. Les Evêques notent que des conflits des terres, des conflits des chefferies et des conflits de leadership politique y sont entretenus depuis longtemps pour des objectifs qui desservent le développement local. Et pour contribuer au changement, les Evêques lancent quelques grands défis aux politiciens du Kasayi : « Il est urgent qu’ils fassent un inventaire complet de tous nos conflits sociaux et s’engagent dans la recherche des solutions justes. Nous leur demandons de jouer un rôle de guides et d’éclaireurs de nos populations dans leur lutte pour vivre en paix. Et, vu la situation générale de notre Région, nous souhaitons que tous les politiciens du Kasayi se rencontrent, le plus tôt possible, dans le cadre d’un atelier technique, pour faire l’état des lieux de la situation socio-économique de notre Région, en vue du plaidoyer national et international pour son développement. Le Kasayi veut voir ses fils et ses filles politiciens se préoccuper de son sort et travailler pour son développement. La paix véritable passe par la justice, par le développement intégral et par l’engagement de tous au service du bien commun. »

Le phénomène Kamwina-Nsapu, une interpellation pour l’Eglise

        Dans leur lettre, les Evêques du Kasayi ne se limitent pas seulement à l’analyse politique du phénomène Kamwina-Nsapu. Au terme d’une année consacrée à la méditation sur cent vingt-cinq années de foi chrétienne au Kasayi, ils ont aussi l’honnêteté d’affirmer que ce phénomène les pousse à s’interroger sur la qualité de l’accueil de l’Evangile et son impact dans la vie des kasayiens : « Dans une société où la majorité
se déclare disciples du Christ, comment peut-on expliquer la banalisation de la méchanceté et de la violence ? Comment expliquer tant de souffrance après tant d’années d’Evangélisation ? Que font tous ces chrétiens que l’on entend prier à haute voix à longueur des journées et des nuits ? » Les Evêques vont encore plus loin en affirmant : « Nous sommes témoins de croyances et de pratiques de superstition qui ne sont possibles que là où la foi en Jésus-Christ est encore un vernis superficiel. » Aussi invitent-ils à relancer l’action pastorale de l’Eglise : « Nous devons travailler pour que la foi en Jésus-Christ féconde les cœurs et transforme les mentalités. » Ils rappellent aux prêtres, aux consacrés et aux laïcs engagés l’importance de leur mission ecclésiale et sociale, les conviant à la vigilance, à l’esprit critique et au discernement, comme témoins de la force transformatrice de la foi en Jésus. Pour les Evêques, les chrétiens doivent être le ferment d’un Kasayi nouveau et d’un Congo nouveau.

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LE CONSTITUTIONNALISTE ANDRÉ MBATA CORRIGE LE FONCTIONNAIRE FRANÇAIS À LA RETRAITE DIDIER MAUS

A PROPOS DES ARRÊTS DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE ET DE LA VACANCE DU POUVOIR LE 19 DÉCEMBRE 2016:   LE CONSTITUTIONNALISTE ANDRÉ MBATA CORRIGE LE FONCTIONNAIRE FRANÇAIS À LA RETRAITE DIDIER MAUS

André Mbata

 Paris, le 12 décembre 2016. Sollicité par le régime de Kinshasa agissant par l’entremise de Me Kiboko, une avocate congolaise peu connue, Mr Didier Maus, fonctionnaire français à la retraite et constitutionnaliste inconnu de la plupart des spécialistes en droit constitutionnel congolais, faisait une sortie médiatique très risquée en déclarant au cours d’une conférence que la Cour constitutionnelle de la RD Congo avait bien dit le droit en se basant sur l’article 70 alinéa 2 de la Constitution pour prolonger le mandat de Mr Kabila, que cette Cour pouvait valablement siéger même si le quorum n’était pas atteint, que les juges qui avaient refusé de siéger avaient commis une faute lourde, et qu’il n’y aurait aucune vacance à la tête de l’Etat congolais le 19 décembre 2016. Cette sortie de Didier Maus qui avait été fort médiatisée par la presse congolaise et reprise en boucle durant tout le weekend par les télévisions du pouvoir comme la RTNC et Télé 50 énervait les Congolais autant que l’avait fait le Prof Evariste Boshab dans son ouvrage intitulé Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation. Comme on pouvait s’y attendre, elle  ne pouvait laisser indifférent le plus célèbre de nos constitutionnalistes et l’un de plus fervents défenseurs de la Constitution de la République. Dans une « Mise au point scientifique » de 25 paragraphes nous  transmise par sa secrétaire Rosalie Muananyime, le tombeur d’Evariste Boshab vient de se charger du français Didier Maus en infligeant au français une correction exemplaire qui lui fera regretter sa sortie téméraire de la retraite que l’Etat français lui a imposée depuis mars 2012. Dans la foulée, André Mbata administre une sévère gifle ou une « chicotte » (intellectuelle) à  un autre professeur congolais, Auguste Mampuya, professeur à la retraite (parce qu’émérite) à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, produit de l’université française et Officier de l’Ordre national des Palmes académiques de la République française comme Didier Maus lui-même.

Mise au point du Professeur André Mbata Mangu

  1. Contrairement à ce qui a été présenté par certains médias, Didier Maus a cessé d’être Conseiller d’Etat et Rapporteur général de la Commission des archives constitutionnelles de la Vè République française depuis plusieurs années. Il est un fonctionnaire à la retraite depuis le 5 mars 2012.
  2. Ancien élève de l’Ecole nationale d’Administration, sans détenir un diplôme de Doctorat d’Etat qui était alors le plus grand titre académique dans son pays, mais plutôt un diplôme de l’Institut d’études politiques, un diplôme d’études supérieurs (DES) de droit public et de sciences économiques et une licence en lettres, Didier Maus avait néanmoins été nommé professeur d’universités en France.
  3. Le Conseil constitutionnel est la plus haute juridiction française comparable à la Cour constitutionnelle de la RD Congo. Cependant, Didier Maus n’a jamais été membre du Conseil constitutionnel actuellement présidé par l’ancien Premier Ministre Laurent Fabius.
  4. Didier Maus est un spécialiste de la pratique constitutionnelle sous la Vè République française. On ne lui reconnaît pas d’expertise en droit constitutionnel africain et sa conférence sollicitée du 12 décembre 2016 constituait l’une de ses rares interventions dans un champ intellectuel en dehors de ses compétences.
  5. Les limites des connaissances du droit constitutionnel congolais par Didier Maus peuvent se comprendre dans la mesure où la Constitution française de 1958 qu’il maîtrise ne consacre pas une disposition intangible semblable à l’article 220 de la Constitution congolaise de 2006 et que la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels par cette Constitution a précédé la reforme française de 2008.
  6. Le « recrutement » de Didier Maus comme lobbyiste du gouvernement congolais serait intervenu dans la même ville (Paris, France), au cours de la même période précédant la fin constitutionnelle du mandat du Président de la République (novembre 2016) et il aurait été l’œuvre du même agent « nationaliste » congolais qui avait recruté Dr Cynthia McKinney. Cette tendance d’un gouvernement en panne d’arguments à dilapider les fonds publics pour payer des politiciens, des fonctionnaires ou des universitaires retraités au lieu de se confier aux compétences nationales actives et reconnues est bien déplorable.
  7. Il est admis que les universitaires, les fonctionnaires et les politiciens à la touche ou à la retraite se retrouvent souvent dans une situation de précarité financière alors qu’ils doivent continuer de vivre et faire vivreCependant, la retraite se prépare et l’éthique interdit que l’on puisse chercher à se faire de l’argent par tous les moyens pendant sa retraite. On peut dignement passer ses vieux jours et il faut faire très attention en voulant sortir de la retraite avec le risque de cracher en une seule sortie sur le prestige acquis au terme de nombreuses années d’une carrière qui paraissait honorable.
  8. En France, le Conseil constitutionnel est soumis à la Constitution, à sa loi organique et à son règlement intérieur. C’est un Didier Maus scientifiquement méconnaissable (par ses anciens collègues et étudiants) qui est tombé de son piédestal en affirmant pince-sans-rire que la Cour constitutionnelle congolaise avait raison de juger même en violation de la Constitution, de sa loi organique et de son règlement intérieur !
  1. Les recruteurs de Didier Maus auraient pu lui amener la Constitution congolaise de 2006 ou il aurait pu sortir de sa retraite pour faire quelques recherches qui lui auraient permis de connaître les règles de saisine et de fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Une telle démarche lui aurait permis d’éviter le ridicule et de noter que la Commission électorale nationale indépendante (CENI)  n’était pas compétente pour saisir la Cour afin d’obtenir la prolongation du mandat présidentiel et qu’il n’y avait donc pas lieu de lui donner raison ou de vanter son « incompétence ».
  2. Par ailleurs, une faute doit avoir été prévue ainsi que la sanction correspondante. Surprenante mais parfaitement compréhensible dans la cadre d’un recrutement comme lobbyiste est la position de Didier Maus pour qui les professeurs membres de la Cour qui n’avaient pas siégé avaient commis une faute lourde.
  3. L’argument de Didier Maus pour qui « la Cour (constitutionnelle congolaise) a eu raison de faire valoir l’article 70… parce que notamment si on fait prévaloir l’article 75, l’article 70 ne servirait plus à rien…  » est tout simplement spécieux. Mais on comprend qu’il avait été recruté pour faire prévaloir l’article 70 alinéa 2 sur les dispositions constitutionnelles comme les articles 73 – 76 et 220.
  4. Au moment où Didier Maus intervient, l’actualité constitutionnelle en RDC était dominée par l’Accord signé par les participants au Dialogue de la Cité de l’Union africaine qui prévoyait que le Premier Ministre devait provenir de l’Opposition. Un constitutionnaliste à la page aurait pu également se pencher sur cette question et la valeur juridique de cet Accord.
  5. Comme l’auteur d’Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nationauparavant et pour la même cause que lui, Didier Maus a fait du droit politique, de la politologie, et non pas du droit constitutionnel.
  6. Se situant dans la lignée des Apôtres d’Emmaüs qui avaient marché avec le Seigneur Jésus Christ sans vraiment le connaître et malgré sa longue carrière, ses nombreuses distinctions honorifiques et son passage dans les universités françaises, Didier Maus semble avoir longtemps évolué sur le terrain du droit constitutionnel français sans se pénétrer du principe du constitutionnalisme fondé sur les trois piliers que sont la limitation des pouvoirs, l’Etat de droit (démocratique) et les droits de l’homme.
  7. On ne saurait pas non plus reprocher à Didier Maus, qui est français, son ignorance des derniers développements en droit constitutionnel africain avec la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance à la lumière de laquelle le lobbying pour lequel il a été recruté revient à un lobbying en faveur d’une situation de changement inconstitutionnel de gouvernements.
  8. L’on ne peut que déplorer l’inconstance de certains universitaires à la fin de leur carrière scientifique. Le cas du retraité Didier Maus n’est pas sans rappeler celui d’un autre universitaire français, Georges Lavroff qui, au crépuscule de sa carrière, avait remis ses enseignements en cause en prétendant que le pouvoir constituant originaire (le peuple) avait les mêmes droits que le pouvoir constituant dérivé (le parlement) et qu’une révision constitutionnelle pouvait être totale, ce qui constitue des hérésies parce que le mandataire ne peut se substituer au mandant et une révision constitutionnelle totale ne serait plus une simple révision, mais un changement de constitutions. Dans sa folle croisade pour la monarchisation du pouvoir présidentiel en RDC, Prof Evariste Boshab s’était néanmoins appuyé sur une telle argumentation fallacieuse et obscurantiste pour amener le parlement dominé par sa coalition politique à réviser l’article 220 afin d’accorder un mandat présidentiel illimité à son Autorité morale.
  9. Le vagabondage intellectuel n’est pas l’apanage des scientifiques ou des juristes français. En RDC, il rappelle celui récent du Prof Auguste Mampuya, chef de département de droit public international de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, produit de l’université française et Officier de l’Ordre national des Palmes académiques de la République française comme Didier MausEvoluant à la fois sur le terrain du droit constitutionnel et celui du droit public international dans le cadre de la politique du ventre et devenu l’un des plus grands tambourinaires d’un pouvoir finissant, cet enseignant qui a fait l’exploit d’être admis à l’éméritat (retraite) sans avoir formé un seul professeur comme exigé ailleurs, a récemment multiplié des bouquins sans grande valeur dans les milieux scientifiques internationaux et dont le dernier en date porte sur les sanctions ciblées contre des responsables congolais. On attend que le régime dont il est devenu l’un des thuriféraires en chef saisisse rapidement la Cour internationale de Justice pour se prononcer sur la validité de ces sanctions en droit international et démontre ainsi tout le sérieux qu’il accorde à son expertise. En continuant avec les « sanctions ciblées », les Américains et les Européens ont cependant démontré qu’ils n’étaient pas intéressés à ces productions scientifiques « locales » d’un professeur au soir de sa carrière n’hésitant même pas à cracher sur les idées qu’il avait produites quelque temps seulement auparavant dans une publication sur l’article 70 et la vacance de pouvoir.

Auguste Mampuya n’en est pas à ses premiers revirements intellectuels. Dans son livre Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation (pages 340-341),  Evariste Boshab le considérait déjà comme « l’un des chantres de la dictature de Mobutu » qui avait professé que le vote par acclamation était le plus démocratique. Evariste Boshab était d’avis que c’était un « crime » et l’attitude d’Auguste Mampuya relevait de la « trahison des clercs » pour qui « il était plus facile de ramper pour être invité au repas du ‘Seigneur’ que de demeurer tête haute et ventre creux ».

Au début du second mandat du Président Kabila, Prof Mampuya se donnait un beau rôle d’opposant au régime, « donnant à chaque instant des leçons de démocratie ».  Evariste Boshab s’interrogeait: « Est-il amnésique ou croit-il que les crimes d’hier sont automatiquement pardonnés ? Qui lui a donné pareille absolution pour qu’il se regarde dans le miroir de l’histoire sans frémir ? ». On croyait qu’il avait compris la critique de Boshab, mais « amnésique », il s’est mis à « ramper de nouveau » en chantant ses louanges pour être invité à la table du Seigneur Kabila qu’il avait critiqué et qu’il croit avoir la mémoire courte.

  1. Sans l’accuser de raciste, la position de Didier Maus s’apparente en réalité à celle défendue dans le passé par plusieurs autres politiciens et intellectuels français qui avaient estimé que les peuples africains n’avaient pas droit au constitutionnalisme ou à la démocratie comme les peuples occidentaux. On n’est pas loin des propos du Président français Nicolas Sarkozy qui avait osé affirmer à Dakar que l’Afrique n’était pas encore entrée dans l’Histoire ni ceux de l’un de ses prédécesseurs, Jacques Chirac, qui avait  déclaré le 23 février 1990 au terme d’une visite au Président Houphouët Boigny de la Cote d’Ivoire que le multipartisme était un luxe pour l’Afrique. Curieusement, Didier Maus appartient à la droite comme ces deux anciens présidents français.
  2. C’est sur base de l’«expertise » des personnes comme Didier Maus que la Françafrique avait été créée et que la France dite « Patrie des droits de l’homme et de la démocratie » avait pendant des décennies soutenu des régimes autoritaires qui se recrutent essentiellement parmi ses anciennes colonies ou les pays francophones comme ceux de l’Afrique centrale. Cette époque de production scientifique au service des autoritarismes est à jamais révolue. Prof André Mbata n’aimerait pas être accusé de manquer de respect envers les aînés qu’il ne saurait cependant pas suivre dans leurs égarements scientifiques et qu’il ne saurait laisser tranquilles dans leur « retraite ».
  3. Malgré les imperfections inhérentes à toute œuvre humaine, la Constitution congolaise de 2006 est meilleure que la Constitution française de 1958 et celles de plusieurs autres pays démocratiques. Le problème est surtout celui d’absence de leadership démocratique ou des hommes et des femmes capables de vivre et de défendre les valeurs constitutionnelles.
  4. La limitation de la durée et du nombre des mandats présidentiels a été consacrée dans la Constitution congolaise bien avant la réforme constitutionnelle intervenue en France en 2008. Bien plus, elle a été inspirée par le régime politique des Etats-Unis. Cette situation ne place pas les constitutionnalistes français ou leurs anciens étudiants qui n’ont pas été recyclés dans une position idéale pour donner des leçons de droit aux juristes et aux juges constitutionnels congolais.
  5. En nous inspirant de la Constitution et du système américain qui l’a inspiré à ce sujet, le Président congolais actuel aura perdu toute légitimité pour diriger le pays ou le représenter valablement après le19 décembre 2016. Il cessera également d’être un président constitutionnel ou légal, l’Arrêt tant vanté de la Cour constitutionnelle sur lequel il fonderait son pouvoir ayant été rendu en violation de la Constitution, du Règlement intérieur de la Cour et de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de celle-ci.
  6. Ni le « Monologue » ou le « dialogue exclusif» des 300 personnes réunies à la Cité de l’Union africaine sous la facilitation d’Edem Kodjo ni le « dialogue très inclusif ( ?) » des 32 personnes réunies au Centre interdiocésain par la CENCO ne peut légitimer ou légaliser le  régime spécialintérimaire ou de transition qui pourrait être mis en place au terme d’un accord politique dans la mesure où un tel régime n’est pas prévu par la Constitution  et qu’il ne saurait énerver la Constitution adoptée par référendum ni s’imposer au peuple souverain. Par ailleurs, l’article 220 qui contient des dispositions intangibles a une valeur juridique supérieure à l’article 70. Dans le cas d’espèce de la fin du second et du dernier mandat présidentiel et de la non-organisation de l’élection présidentielle,  les Congolais devraient s’inspirer du modèle américain pour que la vacance soit déclarée et que le Président du Sénat soit investi Président ad intérim avec mandat d’organiser l’élection présidentielle en 2017 dans les délais prévus par la Constitution. L’argument souvent entendu selon lequel le Président du Sénat serait lui-même disqualifié pour avoir « glissé » est un argument politique et non de droit constitutionnel. S’il était pris en compte, toutes les lois votées par les deux chambres du Parlement depuis 2012 n’auraient plus aucune valeur en droit, le Sénat les ayant aussi adoptées.
  7. S’il n’y aura pas vacance comme l’affirme Didier Maus avant même l’arrivée de l’échéance du 19 décembre 2016, ce n’est pas parce qu’elle ne serait pas constitutionnelle, mais tout simplement parce que la Cour constitutionnelle qui est totalement soumise au régime aura une fois de plus manqué d’audace pour la déclarer. On aurait pu s’attendre à ce que Didier Maus honore sa retraite en conseillant au Président congolais de suivre l’exemple de François Hollande à qui plusieurs années de pouvoir, les richesses amassées, les fanfares et les honneurs militaires ainsi que le réalisme politique n’ont pas fait perdre sa lucidité.
  1. Cependant, il ne faut pas désespérer. Nous avons encore quelques jours devant nous. Plus concrètement, 5 à 10 minutes au maximum suffiront pour permettre au Président de la République de s’adresser à la Nation et prendre seul la bonne décision qu’on attend de lui depuis longtemps: remercier le peuple congolais au terme de 15 ans de règne, assumer pleinement son actif mais aussi son passif tout en présentant ses regrets et en demandant pardon pour n’avoir pas pleinement rempli sa mission de garant de la nation, de l’indépendance et de l’intégrité du territoire et surtout pour n’avoir pas réussi à organiser les élections dans le délai constitutionnel, s’engager au strict respect de la Constitution, se libérer de la charge présidentielle  et se préparer à prendre son siège  comme membre à vie du Sénat.

Kinshasa, 14 décembre 2016

Assistante Rosalie Muananyime

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05 décembre 2016

DES CRIMES DE GUERRE ET CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ À TSHIKAPA

crimes de la fardc

les militaires de la garde de Kabila posent avec  le corps d’un enfant qu’ils ont abattu.

La garde présidentielle de Kabila est en train de commettre depuis le week-end dernier des crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Tshikapa. Les images circulent sur les réseaux sociaux montrant des militaires en train d’exhiber les corps des prétendus miliciens de Kamwina Nsapu, qui sont en fait des petits garcons entre 8 et 15 ans. Parmi les corps, se trouve même un fou répondant au nom de Bilget connu dans tout Tshikapa. Ces militaires ne diffèrent en rien des terroristes djahdistes qui tuent en Syrie et en Irak leurs ennemis et les traînent partout en ville  comme trophées.

Nous exigeons que lumière soit faite autour de cette prétendue incursion des miliciens de Kamwina Nsapu d’autant plus que le vice-gouverneur du Kasai parle de manifestants dont le mobile serait la fin du deuxième et dernier mandat de Kabila. Les images sont insoutenables.

Le Chef coutumier Kamwina Nsapu a été abattu avec toute sa famille au mois d’août dernier sur ordre du ministre de l’Intérieur sortant Boshab et du gouverneur du Kasai Central Alex Kande. Depuis lors, toute la région est plongée dans une forte insécurité, forcant ici et là les déplacements des milliers de villageois et plusieurs morts d’hommes. Places aux images. Coeurs sensibles s’abstenir!

cadavres-miliciens-kamwena-nsapuassassinat-de-bilget-a-tshikapacrimes-de-la-fardc

Lumbamba Kanyiki
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27 novembre 2016

NOUVEAUTÉ À COLOGNE: IFEG, L’ARBRE DE VIE, UNE MAISON DE COMMERCE À CARACTÈRE SOCIAL

communiqué

Désormais, si vous voulez vous procurer un meuble ou un appareil ménager de seconde main qui peut encore vous servir pendant des années, venez voir dans l’entrepôt de l’IFeG, Baum des Lebens, soit en francais IFeG, l’arbre de vie. Le choix y est vaste et il y en a pour toutes les bourses: meubles et appareils ménagers de toutes sortes et de toutes les marques, les tenues de seconde main, etc.

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Du lundi au vendredi: de 10 heures à 18 heures
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Tél: 0221-96892919
Mob: 0152 12064383
E-Mail: inter.fegbaumdeslebens@gmail.com

Kasai Direct

 

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25 novembre 2016

Vidéo: Message à Samy Badibanga, premier ministre de Kabila

auteur message

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INFORMATION A SAMY Badibanga

 

Kasai Direct

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24 novembre 2016

VIDÉO: DÉCLARATION DES NOTABLES KASAIENS DE LA DIASPORA SUR L’ASSASSINAT DU CHEF COUTUMIER KAMUINA NSAPU

déclaration assassinat kamuina nsapu

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Kasai Direct

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EDEM KODJO RÉCOMPENSÉ EN NATURE PAR KABILA?

yuma et kodjo plateforme de perenco

Un mois après la fin du dialogue politique sous sa facilitation, Edem Kodjo a été vu sur la plateforme de Perenco à Moanda.  En compagnie de…Albert Yuma, le PDG de la Gecamines et président de la Fédération des Entreprises du Congo. Moanda n’est pas une commune de la ville de Kinshasa; il est à plus de cinq cents kilomètres de la capitale. Qu’est-il donc allé y faire en compagnie d’Albert Yuma, cité dernièrement dans plusieurs dossiers de détournements d’argent? Et qu’est-ce qu’il cherche encore à Kinshasa un mois après le dialogue de Kabila? Voilà les questions que se posent les Congolais qui soupconnent Kabila  de brader les ressources de la RDC, car habitué à gérer le pays comme son officine privée.

D’après les révélations de Jean-Jacques Lumumba, l’ex-banquier de la BGFI, Albert Yuma serait un « presque frère » de Kabila Kanambe. Il est cité dans les diverses ponctions des fonds de la banque centrale, tantôt dans le cadre du financement de la Gecamines dont les intérêts très élevés sont percus par la BGFI, tantôt dans la création d’Egal, une entreprise d’importation alimentaire à Kinshasa. Une entreprise dont Yuma serait encore Président Directeur Général!  Ces fonds n’ont jamais été remboursés par ce dernier.  Si l’on observe bien les choses, un triangle se crée entre Kabila, Albert Yuma et les financements louches, occultes ou pillage de la RDC, appelez cela comme vous voulez. Il serait un membre très influent du gouvernement parallèle qui agirait en sous-main pour le compte de Kabila.

Le malheur en est que tout se passe au vu des Congolais. La soi-disante opposition avec une multitude de plates-formes, reste muette pendant que le pays est saigné à blanc par les prédateurs de tout bord. Ces révélations iront rejoindre dans les oubliettes de l’histoire le dossier des comptes de Jaynet Kabila à Panama, les fosses communes de Maluku, l’assassinat du Colonel Ndala, le financement du M23, l’accident de voiture du fils de Boshab, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, etc. Pauvre Congo.

Lumbamba Kanyiki
www.kasaidirect.net

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18 novembre 2016

PHÉNOMÈNE KAMUINE NSAPU ET INSÉCURITÉ AU KASAI CENTRAL

PHÉNOMÈNE KAMUINE NSAPU ET INSÉCURITÉ AU KASAI CENTRAL : POUR UN PROGRAMME DE RELEVEMENT COMMUNAUTAIRE POST-CONFLIT DANS LES ZONES SINISTREES.

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Par Jacques Nkongolo Musungula (*)

A en croire le journaliste Sosthène Kambidi de la Radio Télévision Chrétienne, les éléments de Kamuine Nsapu se seraient encore signalés dans la périphérie de la paisible ville de Kananga depuis le mardi 15 novembre courant et feraient face à une robuste contre-offensive des FARDC semant ainsi la mort, la désolation et le déplacement des populations sans compter des pertes considérables en biens matériels signalées çà et là. Si cette information se confirme, elle ne peut nous laisser indifférent. Tout en nous associant aux communautés et autorités locales pour condamner vigoureusement cette recrudescence gratuite de l’insécurité, nous voulons dans les lignes qui suivent apporter, sans parti pris, notre modeste contribution à la recherche des pistes de solution idoines à cette crise et éviter qu’elle ne devienne endémique.

A notre entendement, la persistance de cette crise sécuritaire et son extension jusqu’à toucher des contrées inoffensives et jadis reconnues pour leur pacifisme et leur stabilité sociale, ne serait essentiellement que le fait des réponses inappropriées qui y auraient été adressées pour y mettre fin. Nous assimilons cet état de choses à un feu de paille vivace et dévastateur en face duquel l’effort d’extinction n’a été que superficiellement et maladroitement négocié alors que ses conséquences sociales et économiques pour les populations locales et même urbaines se font, chaque jour qui passe, de plus en plus néfastes et insoutenables et ce, dans l’indifférence totale…

Il y a donc lieu d’agir et de faire mieux dans l’intérêt bien compris des populations et de la province toute entière. Aussi, estimons-nous, dans cet ordre d’idées, qu’en plus d’une réponse sécuritaire étatique qui devrait plutôt être axée sur la protection des vies humaines en lieu et place des représailles et de la chasse aux sorcières, la recherche d’une solution programmatique, adaptative et durable s’impose pour redonner vie et espoir dans les zones sinistrées. En effet, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les frappes aveugles et incontrôlables des forces de sécurité dans ces contrées ont ajouté au désastre en multipliant le nombre de victimes innocentes et en favorisant, dans une certaine mesure, la « radicalisation » gratuite et le ralliement inattendu d’autres jeunes au mouvement mis en cause, au lieu d’ouvrir la voie au rétablissement durable de la paix sociale et à la reconstruction de la vie communautaire et du tissu économique. Il conviendrait, dans ces conditions, de requalifier la mission des forces de sécurité en plaçant en avant la protection des populations et de leurs biens, et, d’envisager parallèlement et sans plus tarder la mise en place, avec le concours des partenaires spécialisés, d’un programme de relèvement post-conflit intégrant de façon méthodique et harmonieuse des stratégies ayant fait leurs preuves, dans les circonstances identiques, sous d’autres cieux ou dans d’autres provinces du pays.

Sans prétendre à une énumération exhaustive de ses composantes, le programme ainsi proposé pourrait s’articuler autour de ce qui suit : (i) une composante d’urgence et de transition comprenant, entre autres volets, l’assistance psycho-sociale, l’assistance médicale et l’appui judiciaire en faveur des groupes vulnérables (veuves , orphelins, blessés et handicapés ) ; (ii) une composante en charge du rétablissement participatif et durable du climat de confiance entre d’une part, les communautés locales touchées, y compris les autorités coutumières et, d’autre part, les éléments de la Police nationale congolaise et ce, par la mise en œuvre du concept de «police de proximité» ; et, (iii) une composante qui serait dédiée à un processus négocié de désarmement, démobilisation et réinsertion économique et sociale en faveur des ex-miliciens et leurs dépendants. Si ces genres d’action ont été engagés avec succès dans d’autres provinces du pays affectées par les conflits et les crises de même nature, on ne devrait pas attendre que la crise de Kamuine Nsapu entraine autant de morts que partout ailleurs encore en RDC pour que le Kasai Central puisse bénéficier du même type d’appui… Cependant, pour qu’elle aboutisse à des projets d’action qui soient pertinents et efficaces, cette démarche exigera des études préalables de contexte et de faisabilité. Ce travail devra être commandé auprès des agences ou institutions spécialisées au lieu d’être inscrit, comme c’est malheureusement souvent de mise en cas de crise sécuritaire dans la province, au seul agenda des réunions de sécurité qui, elles, auraient plutôt tendance à parer au plus pressé sans se soucier ni des ressorts profonds des phénomènes problématiques en cause ni de leur potentiel de nuisance aux plans politique, économique et social aux niveaux tant local que provincial. De même, les interpellations éventuelles de l’organe délibérant à l’endroit de l’exécutif provincial ne sauraient, à elles seules, en dépit de la bienveillance supposée de leurs initiateurs, mettre un terme durable à la crise, tant qu’elles ne se préoccuperont pas de susciter des mesures appropriées et reposant sur une démarche objective et méthodique de résolution des problèmes.

Ne banalisons pas le phénomène Kamuine Nsapu et la menace qu’il représente pour la paix, la sécurité et le développement de la province du Kasai Central et des provinces voisines. Arrêtons de nous noyer dans des conjectures stériles ou d’envenimer la crise par des solutions réactives et sans lendemains ; proposons des solutions durables et profitables pour les communautés locales ! Car, si l’on n’y prend garde, cette crise multiforme qui sévit actuellement au Kasai Central peut perdurer et en entraîner d’autres, si ce n’est déjà le cas, tels que les conflits intercommunautaires, la baisse tendancielle et durable du niveau d’activité économique, la famine et l’exode rural dans les zones touchées. La mise en place d’un programme de relèvement communautaire post-conflit dans les zones sinistrées du Kasai Central peut donc aider à y faire face de façon efficace et durable.

Jacques Nkongolo Musungula

(*) Economiste de formation et consultant indépendant en analyse d’économie politique, ancien conseiller et directeur de cabinet du gouverneur dans l’ex-province du Kasai Occidental, ancien conseiller de vice-premier ministre au niveau du gouvernement central, Jacques Nkongolo Musungula jouit d’une longue et pertinente expérience de gestion des programmes de bailleurs de fonds en matière de gouvernance en RDC.

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