10 mars 2018

INSÉCURITÉ AU KASAI CENTRAL: DES PRÊTRES DE L’ARCHIDIOCÈSE DE KANANGA RÉAGISSENT PAR UN MÉMORANDUM

M23

Dans un document d’une dizaine de pages dont copie nous est parvenue, des prêtres de l’archidiocèse de Kananga adressent un mémorandum aux autorités politico-administratives de la province du Kasai Central pour dénoncer l’insécurité grandissante et le climat de psychose qui se sont installés depuis plusieurs mois au sein de la population qui aspire à la paix. Ce qui est frappant et étonnant est que le nom de leur autorité religieuse en la personne de l’archévêque  Marcel Madila ne figure pas parmi les signataires. D’ailleurs, logiquement parlant, c’est lui qui devait prendre ses responsabilités comme nous le voyons dans d’autres provinces pour parler au nom de la population meurtrie. Les prêtres dénoncent le manque de réactions de la part des autorités politco-adminstratives qui ont carrément abandonné la population aux mains des gens sans foi ni loi. Nous dénoncons à notre tour le silence  de Marcel Madila qui aurait choisi le camp du pouvoir contre le peuple congolais.

Du reste, ce que les prêtres ne dénoncent pas tout haut dans ce mémorandum, c’est que, en réalité, ce sont les soldats rwandais qui supervisent tous ces rafles et  enlèvements. Comme dans notre précédent article, nous demandons aux responsables de la MONUSCO de déployer leurs éléments pour protéger la population qui se trouve en face des brigands de grand chemin, assoiffés du sang des Congolais.

Veuillez lire le mémorandum des Prêtres de Kananga dans les lignes qui suivent!

Mémorandum des prêtres du Kasai Central

Lumbamba Kanyiki

 

PRESBYTERIUM DE KANANGA

 

Archidiocèse de Kananga

B.P. 70 Kananga

Kasayi Central

RD CONGO

 

 

 

 

  Transmis copie à :

 

– Au Maire de la ville de Kananga

– Au Directeur Provincial de l’ANR

– Au Directeur Provincial de la DGM

–  A l’Inspecteur Provincial de la PNC

– Au Commandant 21ème Région Militaire

-Au Commandant Secteur Opérationnel

– A la Monusco Kananga

 

 

MEMORANDUM A L’ENDROIT DE MONSIEUR LE GOUVERNEUR

                   DU KASAYI CENTRAL

 

  1. Préambule

A  la tenue du forum de paix sur le Kasayi au mois de septembre 2017, la population de Kananga, en particulier et celle du Kasayi, en général avait nourri l’espoir de voir la paix enfin revenir sur l’espace Kasayen, après les conflits armés des miliciens de Kamuina N’sapu contre l’Etat congolais. Mais hélas, cet espoir n’a duré en fait que l’espace d’un matin. Car, la province du Kasayi continue à subir des affres de la violence et d’une insécurité grandissante.

Au regard de cette insécurité et des conséquences qu’elle charrie pour la population, nous nous faisons le devoir d’effectuer cette démarche auprès de vous, autorité  en charge de la Province du Kasayi Central pour exprimer notre vive indignation, face au silence entretenu en rapport avec des faits graves, qui nécessitent votre implication.

  1. Contexte

Le contexte actuel que nous vivons à Kananga est marqué par une forte psychose due aux enlèvements des personnes devenus monnaie courante et des arrestations arbitraires. Cette psychose nourrie par la présence  d’un véhicule non immatriculé et identifiable par sa couleur blanche, que beaucoup appellent « kashinyi katoka » et d’autres « shinarambo »portant à son bord des hommes en uniforme des FARDC, non autrement identifiés, plonge la grande majorité de notre population  dans le désespoir. Des enlèvements de personnes, du style d’un épervier attrapant les poussins, ont été opérés et continuent d’être opérés en plein air, le jour comme la nuit, et des cris de détresse et d’indignation de la population ne semblent pas avoir reçu un écho dans le chef des dirigeants provinciaux.

Au regard de ces actes graves, nous nous interrogeons pour savoir comment comprendre de tels actes dans une ville où des services de sécurité, à savoir la PNC, l’ANR et les FARDC sont omniprésents. Comment peut-on expliquer le silence radio de nos autorités provinciales, à qui revient la charge de protection des personnes et de leurs biens. En tout état des causes, nous osons croire, comme cela se fait dans d’autres nations, que nos autorités provinciales devraient fournir une explication à la population et sanctionner des personnes qui se rendent coupables de tels actes.

A notre grand étonnement,  nous constatons avec regret que jusqu’à  ce jour, la justice ne s’est saisi d’aucun cas en rapport avec ces enlèvements. Comment dans ces conditions, la population ne pourrait-elle pas penser que ces actes sont commis par des personnes, avec la bénédiction des dirigeants. Nous croyons fermement que la mise aux arrêts des personnes qui se sont rendues  et qui se rendent coupables de tels actes pourrait soulager la population qui se sent aujourd’hui frustrée.

Par ailleurs, à l’intérieur de la province, l’insécurité continue à persister dans le territoire de Demba, secteur de Lombelo et à la frontière du Kasayi  Central et du Kasayi du côté de Kakenge.  Cette insécurité qui cause mort d’hommes requiert votre implication et votre engagement ferme pour y mettre un terme.

Sur des tronçons routiers, la multiplicité des barrières et des frais qui y sont exigés à tout passant constitue une vive préoccupation pour la population. Les souffrances endurées par des commerçants ambulants appelés couramment les « Bayanda » et autres usagers de la route nécessitent, Monsieur le Gouverneur,  votre attention particulière et une solution urgente.

  1. Constats

A cette période cruciale que traverse notre pays en général et notre province en particulier, nous constatons des faits qui sèment la désolation dans le cœur de notre population, comme dans celui de tout homme épris de dignité humaine, de justice et de paix.  Depuis l’aube de cette nouvelle année, des cas d’insécurité ne cessent de se multiplier dans la population de manière inquiétante jusqu’à ces jours. Pour preuves :

– En date du 03 janvier 2018, à Tshikaji, quartier Lubi- a mpata, Commune de Nganza,  une fille de 12 ans, répondant au nom de Mujinga,  vendeuse des pains s’est vue tirée dessus par un militaire du seul fait qu’elle réclamait ses 300FC du pain consommé par ce militaire. Heureusement, la fille a été prise en charge à l’hôpital Bon Berger de Tshikaji et a survécu. Mais le militaire après ce forfait a tourné son arme contre lui-même et s’est donné la mort, d’après nos sources.

– Le 04 janvier 2018, à Bikuku, quartier Plateau, Commune de Kananga,  un garçon du nom de Marcel Buabua, taximen de son état, a été abattu à bout portant par un militaire au niveau de l’arrêt de bus de Bikuku. La cause de l’assassinat n’était autre que le fait de n’avoir pas transporté ce militaire jusqu’au camp Bobozo, étant donné qu’il avait déjà une autre cliente sur sa moto.

La même date du 04 janvier2018, à la cité de Ntambue Saint Bernard, quartier Lubi-a –mpata, un policier assis devant sa maison a été criblé des balles  par un militaire de passage devant sa maison. Ce policier a survécu miraculeusement et le militaire est aux arrêts.

Le 05 janvier 2018, à Kanyuka, groupement de Bena Mutshipayi, Commune de Lukonga, des militaires FARDC placés en poste de surveillance des éventuelles manifestations publiques ont ravi aux passants vélos, sacs de maïs, des maniocs et de l’argent. Nos sources renseignent que ces militaires n’étaient pas ravitaillé  par leur hiérarchie.

Le 08  janvier 2018, dans le quartier de Kamupongo, Commune de Ndesha, les hommes armés et en tenue des forces de l’ordre ont cassé dans la nuit  la porte de Monsieur Jérémie Ntuite et emporté tous les biens de la maison.

Le 11 janvier 2018, à Lumumba III, quartier Itabayi, Commune de Lukonga, des hommes armés et en tenue de la PNC et des FARDC ont saccagé nuitamment trois maisons aux environs de 2 heures du matin. D’après les habitants de ce quartier, des vols en mains armées sont récurrents dans ce quartier.

Le 13 janvier 2018, au quartier Mabondo, Commune de Lukonga, des personnes armées et en tenue de la PNC ont saccagé et pillé cinq maisons, parmi lesquelles celle de Monsieur Katende. Ces hommes ont même violé une fille et sa mère en présence du mari. Parmi les assaillants, les victimes ont reconnu trois policiers, notamment, messieurs Jean Paul Ntumba et Mbayi Kazubu, aux arrêts. Le troisième, sous-commissaire Kabamba, a pour sa part pris le large.

Le 15 janvier 2018, à Katambayi, quartier Lubi-a mpata, Commune de Nganza, des militaires ont incendié une dizaine des maisons en paille au motif qu’elles appartiendraient aux familles des miliciens en fuite.

Le 15 janvier 2018 toujours, dans la localité 20 Mai au quartier Plateau, Commune de Kananga, un groupe de garçons a été aperçu à bord de la jeep du secteur opérationnel en direction du camp Bobozo. Parmi ces garçons, nos sources renseignent qu’on a reconnu monsieur Simon Betu Tshikondo, âgé d’une trentaine d’années. Sa famille l’a retrouvé au cachot de T2 et une caution de 500.000FC a été exigée pour sa remise en liberté.

Le 16 janvier 2018, au quartier  Kamupongo, Commune de Ndesha, un corps sans vie a été ramassé au coin de l’école Mamu Kalendu. Pour les habitants du quartier, il s’agissait du corps d’un voleur de renom qui serait lynché par des personnes de ce quartier non autrement identifiées.

Le 17 janvier 2018, au quartier Kele Kele sur avenue Kinshasa, Commune de Katoka, des personnes armées ont cassé la porte de Monsieur Kalonji et ont emporté tous les biens de la maison, ainsi que 300.000FC.

Le 23 janvier 2018, au Commissariat de Katoka, Commune de Katoka, un policier du nom de Joli Lumu a tiré sur un garçon qui est mort sur place.

Le 25 janvier 2018, des coups des fusils ont été entendus aux alentours de l’aéroport. Nos sources informent qu’à cette occasion, les FARDC en poste ont obligé tous les Bayanda ou tireurs des charges à vélo de baisser leurs pantalons jusqu’aux genoux pour voir s’ils portaient sur eux des insignes des miliciens.

Le 26 janvier 2018, à Katole, quartier Tubuluku, villages de Tshimpidinga et Tshidiadia, des villages situés aux environs de l’aéroport ont été vidés de leurs habitants à cause des tracasseries des militaires. Nos sources soulignent qu’une fille aurait attrapé une balle dans la jambe pendant des patrouilles des militaires.

Le 31 janvier 2018, au Parquet de grande instance, une fille du nom de Tshiame, dont l’âge varie entre 18 et 19 ans a été trouvée au cachot du parquet, après quatre jours de détention,  au motif qu’elle n’aurait pas payé 8000 Fc de  l’argent requis  pour la tresse de ses cheveux.

Le 02 février 2018, à Muamba Mbuyi et Ngala Kashi, les militaires ont arrêté une dizaine des garçons et les ont amenés au camp Bobozo, au motif qu’ils sont des miliciens.

Le 03 février 2018, au quartier Tshinsambi, localité Kamulumba, monsieur Kabamba Kapinga, âgé de 22 ans, a été arrêté par des policiers à 19 heures. Ces policiers lui ont administré des coups et mis au cachot où il est mort 48 heures après.

Le 07 février 2018, au quartier Tshinsambi, localité de Kamulumba, monsieur Emmanuel Ngalamulume a été enlevé et amené les yeux bandés à un lieu inconnu. Il sera libéré après intervention de quelqu’un qui prétendait le connaître.

Le 09 février 2018, au quartier Dikongayi, Commune de Lukonga, monsieur Stéphane Tubadi a été kidnappé à 19 heures au niveau de la paroisse Notre Dame et amené au camp Bobozo. Il s’est échappé au moment où les militaires commis à la garde s’étaient endormi. Il a passé la nuit dans un canal tout près de la rivière Nganza.

Le 12 février 2018, à Katole, quartier Mpemba, Commune de Kananga, le Chef de  localité Katole, monsieur Badibanga Kamenga a été retrouvé sans vie, sans tête et sans bras à côté d’une rivière. Il avait été enlevé avec son épouse et son fils quatre jours avant. Un groupe des miliciens lui reprochait ses liens étroits avec des militaires.

Toujours le 12 février 2018, au quartier Nganza Nord, Commune de Nganza, messieurs Mbayi et Jean Paul Ntumba ont été enlevés par des militaires à bord de la voiture blanche et amenés en direction du camp Bobozo. Ils ont retrouvé la liberté en date du 13 février, après le versement de 150.000 Fc chacun, via m-pesa par leurs parents.

Toujours le 12 février 2018, au quartier Mabondo, Commune de Lukonga, Lumumba IV, monsieur Daou Lukusa, taximen de son état, a été appréhendé et sa moto confisquée par des militaires à bord de la voiture blanche. Il sera remis en liberté après versement de 100.000 Fc au niveau de la route Ilebo par le propriétaire de la moto.

Le 13 février 2018,  à Tshilumba, au quartier Tukombe, Commune de Katoka, mesdames  Tshiela et Manyayi ont été enlevées par des militaires à bord de la jeep blanche. Elles seront libérées après intervention de plusieurs personnes et le versement de 50.000 Fc comme rançon.

Le 20 février 2018, au quartier Lumumba 1er, Commune de Lukonga, des personnes armées et en tenue des militaires ont cassé la porte de la maison de monsieur Tshipamba dans la nuit. Sa femme a été menacée de viol au cas où elle ne donnerait pas l’argent. Une somme de 700.000 Fc, 10 chaises en plastics, 1 téléviseur, 1 radio, 1 matelas, 1 sac contenant les habits de la femme et des assiettes ont été emportés par ces intrus.

Toujours le 20 février 2018, au niveau de l’hygiène, à l’entrée de l’avenue Macar, quartier Kele Kele, Commune de Kananga, monsieur Amiel Muepu Kalambayi, étudiant de son état en L1 Economie à l’Unikan, a été enlevé à 19 heures par des militaires à bord de la voiture blanche. Il a été mis de force sur la jeep et a reçu une piqure sur la nuque et amené à une destination inconnue. Un appel adressé à son ami Prince Mbuyi a signalé son arrestation et exigeait 500 dollars pour sa vie sauve. On lui arraché 170 dollars plus 30.000 Fc, 2 téléphones et ses souliers ketch.  Il a été libéré le vendredi, 23 février 2018,  après versement de 500 dollars  en deux tranches sur le compte et le numéro de téléphone de la victime.

Le 21 février 2018, à Ndesha, des personnes armées et habillées en tenue militaire ont cassé la porte de monsieur Buana, directeur d’une école de la place. Ils ont emporté la somme de 300.000Fc, ainsi que les valises contenant des habits et 10 chaises.

Le 24 février 2018, au quartier Tshinsambi, Commune de Kananga, monsieur Enoch Ilunga Wishiye, âgé de 16 ans et habitant dans la paroisse Saint Clément, a été enlevé et amené à un lieu inconnu, qu’il ne sait pas décrire. Son père sera contacté pour verser 500.000 Fc  via m-pesa. C’est ce que sa famille payera en guise de rançon et Ilunga a été  abandonné à côté de la résidence officielle du Gouverneur du Kasaï  Central.

Le 27 février 2018, vers 15h00’, monsieur Amba a  été arrêté par quatre policiers du CIAT Ter Nganza de Kananga II, au motif qu’il est milicien, sans document ni mandat d’arrêt. Il a été relâché le 28 février par l’Auditorat militaire pour insuffisance des preuves.

Le 02 mars 2018, au quartier Abattoir, Commune de Lukonga, mademoiselle Bambi Falonne étudiante à l’Unikan a été enlevée à Tubuluku, quartier Plateau, Commune de Kananga. Elle a été libérée après intervention de plusieurs acteurs nationaux et internationaux.

Toujours le 02 mars 2018, devant l’ISP Kananga, vers 11h00’, sept motos avec chacune trois policiers ont arrêté  Madame Betu Ntumba Bety et l’ont acheminée au cachot de District ville, au motif qu’elle est milicienne. Elle a été relâchée le samedi, 03 mars 2018, après versement d’une caution de 130 dollars américains.

Le 04 mars 2018, au quartier Kele Kele, Commune de Katoka, monsieur Tshilanda provenant du côté de Tshibashi sur une moto  a été tabassé par des militaires, sa moto ravie et lui-même jeté dans un ravin. Il a été découvert par des femmes qui allaient puiser l’eau en train de ramper et a été amené, d’après nos sources, auprès du Gouverneur pour expliquer ce qui lui était arrivé.

Le 05 mars 2018, Madame Charlie Musawu  a été appréhendée au niveau du marché Dibambe, dans la Commune de Lukonga. Elle a été relâchée, après qu’une somme de 150.000Fc lui ait été arrachée.

Le 07 mars 2018, aux environs de 6h00’, au niveau de la paroisse Christ-Roi de Ndesha, Madame Misenga Bakole, résidant à Kamilabi, a été kidnappée par la jeep blanche. Une piqure lui a été administrée au coup. Elle a eu la vie sauve en s’enfuyant au niveau du marché Tshiamba Ndiba. Elle se trouve actuellement aux soins.

  1. Notre mission prophétique

Eu égard à notre mission prophétique, et au regard des cas d’arrestations arbitraires, d’enlèvement et d’insécurité qui ne cessent de se multiplier, nous prenons en mains notre responsabilité pastorale pour dénoncer tous ces cas et sollicitons l’implication des toutes les autorités politico-administratives pour un retour rapide de la paix dans la ville de Kananga et dans l’ensemble de notre Province.

Il nous serait préjudiciable, en tant que pasteurs de laisser passer inaperçus tous ces cas, comme s’il s’agissait des faits divers et de ne pas faire entendre le cri de détresse de notre population, qui aspire à une paix durable. Aussi nous faisons-nous le devoir  de formuler quelques recommandations à vous les dirigeants, aux forces de l’ordre et à la population elle-même.

  1. Recommandations

1° Aux autorités provinciales

– De prendre toute la mesure de l’insécurité qui est réelle à Kananga ces jours-ci et qui sème la psychose dans la population ;

– De sanctionner de manière exemplaire tous les auteurs des enlèvements qui sont décriés ces jours, afin de rassurer la population ;

-De travailler à la cohabitation pacifique entre les hommes en uniforme et la population ;

– De réduire le nombre de barrières érigées sur nos routes afin de permettre la circulation libre des personnes et des biens ;

– De demander aux agents de l’ordre de cesser toute tracasserie de la population.

2° Aux forces de l’ordre

– De cesser de provoquer la population en exhibant les armes ;

– De rompre avec la culture de la gâchette facile et des arrestations arbitraires, sous prétexte de traquer  des miliciens ;

– De chercher à gagner la confiance de la population ;

– De capitaliser la discipline militaire et de contrôler les militaires et les policiers.

3° A la population

– D’être solidaire de ceux qui sont enlevés ou arrêtés injustement ;

– De savoir dénoncer tout comportement de nature à violer les droits humains et toute        tendance à la guerre.

– De cultiver la paix dans son milieu ;

– De combattre la peur ;

– De dénoncer auprès des autorités provinciales quiconque est fauteur des troubles

Conclusion

La population du Kasayi Central veut vivre en paix. Nous en appelons aux autorités politico-administratives d’œuvrer en faveur de cette paix dont on a tant besoin ces jours. Comment expliquer qu’avec une seconde  zone opérationnelle qui englobe les provinces de l’ex-Katanga et les provinces du Kasayi, et  un secteur opérationnel pour toutes les provinces du Kasayi  l’augmentation des cas d’insécurité ? Pour cela, nous demandons la suppression du secteur opérationnel au Kasayi Central. Nous demandons aussi que des forces de l’ordre qui sont déployées sur terrain, à l’intérieur de la province cessent de tracasser la population et que les autorités provinciales les convient à la collaboration avec les habitants des villages où elles sont affectées.

Fait à Kananga, ce 07 mars 2018

Presbyterium  de Kananga

 

 

               

                                

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09 mars 2018

Bientôt le printemps

mésanges au printemps

Les chants des mésanges dans les arbres

Qui reviennent à la vie

Les parfums des bourgeons qui viennent d’éclore

Et le sourire timide d’un soleil qui se réveille

Annoncent la saison de nos amours et de nos rires fous

C’est bientôt le printemps…

 

Lumbamba Kanyiki

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LA POPULATION DU KASAI CENTRAL PRÉOCCUPÉE PAR UNE INSÉCURITÉ GRANDISSANTE CAUSÉE PAR LES MILITAIRES RWANDAIS

M23

Les Kasaiens du Kasai Central vivent ce dernier temps dans une insécurité grandissante causée par les militaires rwandais qui ont été déplacés par Kabila au centre du pays en 2011. Ils dénoncent des enlèvements qui s’opèrent dès la nuit tombée par ces militaires qui circuleraient chaque soir à bord d’une camionnette blanche et enlèveraient des jeunes filles et garcons qu’ils rencontrent sur leur passage. Les autorités de la province sont incapables de dénoncer ces crimes perpétrés par ces assassins venus du Rwanda.

Le mercredi 21 février 2018, le neveu d’un habitant de Kananga qui a requis l’anonymat a échappé à un enlèvement.  Il était en compagnie de deux autres jeunes gens quand soudain une camionnette blanche a fait son apparition au niveau du rond-point Basonga à Ndesha. Deux jeunes gens ont réussi à s’échapper au moment où les militaires tentaient de les attraper. Le troisième garçon qui  trainait les pas a été embarqué sans ménagement. Les deux jeunes qui s’étaient enfuis ont immédiatement alerté la famille de leur ami dont le père était lui-même officier à l’auditorat militaire de Kananga. Aussitôt informé de la situation, le père s’est mis à la recherche de son fils. Il a fait le tour des lieux de détentions possibles de la ville, en vain. 24 heures plus tard, après un échange d’informations avec ses supérieurs hiérarchiques, il apprend qu’il existe d’autres lieux de détention inaccessibles dans le campement réservé aux militaires rwandais. Lorsqu’il s’y rend, il va être ridiculisé et refoulé par les Rwandais qui lui disaient : « Qui t’a permis de venir ici ? Ton grade d’officier congolais c’est quoi ? Ne reviens plus ici… ». Malgré l’intimidation dont il a été l’objet, l’homme ne s’est pas découragé. Après plusieurs démarches, il a fini par obtenir une recommandation d’un haut gradé rwandais et est revenu au campement en compagnie cette fois-ci d’un autre officier rwandais. Enfin il  a découvert qu’il y a sur ce campement un container caché derrière les tentes. On ne le laisse pas s’en approcher. Après lui avoir demandé, avec mépris, le nom de son fils, les soldats rwandais lui ramènent quelques instants plus tard son enfant en lui disant : « tu as eu de la chance ! ».

Le jeune homme racontera plus tard à son père que les  soldats rwandais viennent chaque nuit vers deux heures du matin et sortent cinq jeunes du container; quelques minutes plus tard, ils entendent seulement des coups de feu. Pendant sa première nuit passée dans le container-cachot, cinq jeunes gens ont été emmenés et ne sont pas revenus. Le jour suivant, cinq autres ont été sortis  toujours vers deux heures du matin; ils ne sont pas revenus non plus dans le container.

Ces militaires rwandais sont en train de terroriser la population non seulement à Kananga, mais aussi à l’intérieur de la province où ils tuent,  extorquent du bétail des pauvres villageois  et les chassent de leurs terres pour les remplacer plus tard par des sujets rwandais. Ce qui est incompréhensible, c’est le silence des autorités provinciales. Elles sont au courant de ces crimes perpétrés par les soldats rwandais, mais préfèrent se taire.

Nous demandons à la MONUSCO de déployer ses éléments pour la protection de la population ainsi que leurs biens. Car tout laisse croire que les Rwandais sont dans une campagne d’extermination de la population congolaise avec la complicité d’autres congolais!

Lumbamba Kanyiki

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26 février 2018

UN LIVRE À LIRE ABSOLUMENT: UN COUPLE DEUX DESTINS DE JEANNETTE NYABU BULULU

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Un couple, deux destins -Bernard Bululu et Thérèse Kanku.  Il s’agit d’un récit qu’une fille, Jeannette Nyabu Bululu, raconte sur ses parents et sa famille: la famille Bululu, au Kasai Occidental. Au départ destiné logiquement à la famille et à toute sa descendance, nous recommandons personnellement ce livre à tout Congolais et à tout Kasaien. Car, à l’heure où le mariage est en crise presque partout au Congo comme en Occident, la vie du couple Bernard Bululu et Thérèse Kanku, racontée dans un couple, deux destins, constitue un témoignage  émouvant  pouvant aider tous ceux qui veulent se bâtir une famille stable.

Résumé

Le jeune Bernard Bululu, orphelin de père, termine avec l’aide de son oncle Kabantu sa formation d’aide-infirmier à Luebo, à Luluabourg et commence sa formation d’infirmier à Sandoa, au Katanga en 1939. La deuxième guerre mondiale éclate en Europe.  Papa Bernard Bululu est enrôlé dans la force publique et envoyé à la guerre. Il se battra sur plusieurs fronts, en Afrique comme en Asie.  Après la guerre, il rentre dans son village et épouse maman Thérèse Kanku en 1945. Il la laisse pour quelque temps dans sa famille et rentre à Elisabethville pour continuer sa formation interrompue il y a quelques années. Maman Thérèse l’y rejoindra quelques mois plus tard. A la fin de ses études, Papa Bernard s’installe avec sa famille, qui s’est déjà considérablement agrandie, à Likasi où il travaille comme infirmier à l’hôpital général de la BCK,  une entreprise de chemin de fer. La famille vit paisiblement dans sa propre maison avec tout le confort nécessaire. La tranquillité du foyer est perturbée, plus tard, par les conflits entre autochtones et Kasaiens, ce qui oblige la famille à retourner au Kasai, à Kananga où elle passe des jours difficiles,  mais elle résiste grâce à la solidarité des frères et soeurs du couple. Papa Bernard est engagé à l’hôpital général de Kananga. Les enfants retrouvent le chemin de l’école. Papa Bernard achète une nouvelle maison à Ndesha, un des quartiers populaire de Kananga, très bruyant surtout le soir. Les enfants se plaignent de la vie à Kananga qui, selon eux, ressemble à un grand village et regrettent leur vie passée. Afin de faciliter leur éducation, les filles comme les garçons seront envoyés dans des internats. Plus tard, ils continueront leurs études supérieures et universitaires en dehors de la province. Papa Bernard meurt en 1979 et laisse un testament dans lequel il recommande à sa famille de laisser maman Thérèse vivre dans la maison familiale et de ne pas la faire souffrir. A ses enfants, il recommande l’amour  et l’entraide qui doivent cimenter les liens familiaux. Quelques années plus tard, Tutu Crispin Ngalamulume, le deuxième de la famille, meurt dans des conditions non encore élucidées. Il laisse plusieurs enfants. La maman Thérèse qui est restée seule à Kananga est invitée à Kinshasa par un de ses petits enfants pour l’ aider dans son foyer. Elle vit depuis lors dans la capitale congolaise, entourée de ses enfants et petits enfants, du moins ceux qui sont restés au Congo.

Pourquoi je recommande ce livre aux lecteurs

Comme je le disais dans mon introduction, un couple, deux destins est un témoignage vibrant pour les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures dans le sens qu’il met en exergue certaines valeurs qui sont devenues des denrées rares dans notre société: nous parlerons de la valeur de la dot, de la solidarité, de l’éducation et de l’amour. Bien sûr que cette liste n’est pas exhaustive. Certains pourront la rallonger à volonté.

A propos de la dot

Papa Bernard, pour faire honneur à maman Thérèse qu’il aimait déjà beaucoup, remet cinquante francs de dot à sa belle-famille. L’oncle à qui l’argent est destiné trouve le montant exorbitant. Il se dit ne pas être en mesure de restituer la dot en cas de divorce. Car, la dot est juste un symbole qui scelle le nouveau mariage. Mais qu’en est-il aujourd’hui? Les Balubas d’aujourd’hui dressent des listes qui frisent le ridicule lors du mariage coutumier de leurs enfants. Ils y trouvent là une occasion en or de se faire fortune!

La solidarité

Papa bernard Bululu, orphelin de père, parvient à terminer la première partie de sa formation d’infirmier d’abord à Luebo, grâce à son oncle. Aujourd’hui, combien d’orphelins sont chassés par des oncles qui les traitent de sorciers? Si de nos jours, le phénomène « enfants des rues » a pris des proportions inquiétantes, c’est parce que nous sommes devenus des égoïstes; nous ne nous occupons que de nos propres foyers, sans nous demander si le voisin a mangé ou pas. Plus tard, papa Bernard a accueilli chez lui des cousins, des neveux et nièces aussi bien à Likasi qu’ à Ndesha, à Kananga. Sa famille et lui, ayant fui les conflits éthniques au Katanga, ont été accueillis par leurs frères et soeurs à Kananga avant de s’installer chez eux.

Une éducation basée sur l’égalité entre les garcons et les filles

Ya Jeannette, quatrième fille de la famille Bululu, reconnaît que papa Bernard ne faisait aucune distinction entre les filles et les garçons dans l’éducation de ses enfants. De son vivant, il a donné à chacun et chacune une houe, une machette et un panier afin qu’il travaille et vive de la sueur de son front. Tous leurs enfants ont bénéficié de la meilleure éducation possible, dans les meilleures écoles du Katanga et du Kasai Occidental. Presque tous ont des diplômes universitaires, filles comme garçons. Ceci est d’autant plus frappant dans une société dans laquelle la tradition limitait l’éducation des filles juste au niveau légèrement supérieur au cycle d’orientation puisque les filles étaient censées se marier entre quinze et dix-sept ans. « Muana wa bakaji badi bamusela patshidiye ne dibele dia mamuende pa ludimi! » disaient les Anciens. Les filles étaient censées se marier avec le lait maternel sur la langue! Nous osons croire que papa Bernard a pu profiter soit de ses multiples déplacements lors de  la guerre mondiale, soit de son séjour à Elisabethville, qui était déjà une grande ville moderne,  pour  nager courageusement à contre courant des croyances de son temps. En cela, il a réussi puisque ses filles ont servi de modèles à d’autres jeunes filles de leur entourage.

L’amour comme fondement de la famille

L’amour se manifeste tout au long de ce récit. Un amour désintéressé, qui n'exige rien en retour. D’abord, l’amour envers celle qui plus tard sera appelée « lubalela », son épouse. Nous en avons parlé un peu plus haut:  pour montrer son amour envers maman Thérèse, il verse une dot que la belle-famille trouve exorbitante. L’amour se manifeste dans ses relations avec sa belle-famille qu’il reçoit régulièrement chez eux. Papa Bernard Bululu, orphelin de son état,  déverse tout l’amour que lui n’a pas reçu de son père, décédé très tôt, sur ses enfants. L’amour se manifeste dans l’éducation qu’il leur donne, ne cherchant pour eux que les meilleures écoles de la région, une vie décente.  Très sévère, il l’était, mais aussi plein d’amour et prêt à concéder des sacrifices pour chacun d’eux. C’est aussi l’amour qui ressort de son testament lorsqu’il recommande à sa famille de laisser sa « Lubalela » dans la maison familiale et de ne pas la faire souffrir. A ses enfants, il recommande de continuer de s’aimer et de s’entraider les uns les autres. Et pour finir, cet ouvrage, qui fait l’objet de notre propos, que ya Jeannette dédie à sa soeur aînée yaya Elvire, muan’a bute wa tatu Bululu, aimée et adulée par toutes ses soeurs et tous ses frères, n’est-il pas une manifestation d’amour?

Des anecdotes intéressantes sur le plan culturel

Le couple Bernard Bululu et Thérèse Kanku a chevauché sur la tradition et la vie moderne, en respectant aussi bien la culture de leurs ancêtres que les principes bibliques. Le récit de ya Jeannette est plein de petites anecdotes très riches sur le plan culturel.  Notre laissons aux lecteurs et lectrices le soin de les découvrir, seuls.

A la fin de la lecture d’un couple, deux destins, nous ne pouvons que jeter des fleurs à yaya Jeannette Nyabu Bululu. Ce livre est le plus beau cadeau qu’une fille puisse faire à ses parents. Comme elle l’a souhaité, les enfants et petits-enfants pourront  le lire et connaître leur origine.  Nous disons chez nous: « Kapumbe, kuna nsanga, bua biakola nsanga, bambe ne ke mua kapumbe muamua! » Mais papa Bernard est un grand « Nsanga », un grand baobab! Il faut que les petits baobabs qui pousseront à l’ombre de ce géant puissent perpétuer sa mémoire et sa volonté. Surtout prévaloir l’amour au-dessus de tout. Car telle est sa volonté. Du reste, comme je viens de le démontrer, les autres jeunes Congolais ou Kasaiens pourront tirer profit de la vie de ce couple hors du commun dont le livre constitue un vibrant témoignage.

Lumbamba Kanyiki

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25 février 2018

MARCHES DES CHRÉTIENS DISPERSÉES À COUPS DE GAZ LACRYMOGÈNE DANS PLUSIEURS PAROISSES DE KINSHASA, MAIS LA POPULATION RÉSISTE

marche du 25 février 2018

La police de Kabila ainsi que sa garde présidentielle ont dispersé violemment les Chrétiens qui voulaient marcher dans plusieurs paroisses de Kinshasa ce matin, faisant usage de gaz lacrymogène. Les observateurs sur place font états des plusieurs blessés,  des arrestations et confiscations des biens privés notamment dans les paroisses de Matete, Masina sans fil et Ngiri-Ngiri où la population a répondu massivement à l’appel des Laics du CLC. A la paroisse  Saint Jean-Baptiste de Bumbu, un militaire a été démasqué au sein des marcheurs qui l’ont lynché. Il a été finalement récupéré   par ses frères d’armes. La situation est explosive: la population tente coûte que coûte à marcher pour exiger le respect des accords du 31.12.2016. Quelques images:

Lumbamba Kanyiki

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22 février 2018

LES MAMANS ALBERTINE MUSUAMBA ET SUZI MPIANA LÈVENT LE DEUIL DE LEUR MÈRE ANASTASIE BIATA CE SAMEDI, 24 FÉVRIER 2018 À COLOGNE

communiqué

Les mamans Albertine Musuamba et Suzi Mpiana lèvent le deuil de leur mère Anastasie Biata ce samedi, 24 février 2018 à Cologne. C’est pourquoi elles invitent toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à se joindre à elles de 19 heures à 23 heures chez maman Suzi Mpiana sur Rheinsteinstr. 16,  50968 Koeln pour un dernier  moment de recueillement.

Maman Anastasie Biata est décédée à Mbuji Mayi le dimanche 11 février 2018 de suite d’une longue maladie.

Ce communiqué tient lieu de faire-part.

Kasai Direct

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18 février 2018

LA CONSTITUTION CONGOLAISE TOTALISE 12 ANS D’EXISTENCE DEPUIS SA PROMULGATION LE 18 FÉVRIER 2006

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18 février 2006-18 février 2018, la Constitution congolaise totalise 12 ans de son existence depuis qu’elle a été promulguée. A cette occasion, l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique, IGDPA dont l’objectif est la promotion de la Démocratie, la bonne gouvernance,la Paix et le Développement en Afrique invite, à travers le message ci- bas, toutes les Congolaises et tous les Congolais,  à rester debout pour défendre leur liberté chèrement acquise et faire échec à ceux qui veulent se maintenir au pouvoir par des voies illégitimes et illégales.

L’IGDPA annonce que cette semaine qui  commence sera la semaine de la Constitution dont l’anniversaire sera célébré dans la méditation et la prière jusqu’au 25 février 2018.

Voici ci-après le message de l’IGDPA à l’occasion du 12 ème anniversaire de la Constitution! Il est signé  Prof André Mbata Mangu,  Directeur Exécutif de l’IGDPA, Professeur des Unversités.

Kasai Direct

 

MESSAGE DE L’IDGPA A L’OCCASION DU 12e ANNIVERSAIRE DE LA CONSTITUTION DE LA RD CONGO 

Depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo (RDC) avait été confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales était la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. En vue de mettre un terme à cette crise chronique de légitimité et donner au pays toutes les chances de se reconstruire, le peuple Congolais dans son écrasante majorité avait adopté par référendum (du 18 au 19 décembre 2005) cette  Constitution qui avait été promulguée par le Président de la République le samedi 18 février 2006.

L’Histoire garde nettes les images de ces millions d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, malades et bien portants bravant la pluie et la chaleur sur les collines et dans les plateaux, dans les forêts et dans les savanes ou sur les eaux des lacs, du majestueux fleuve Congo et de ses nombreux affluents, pour aller exprimer leur volonté de vivre dans une République réellement démocratique qui garantisse à chaque citoyenne et à chaque citoyen le droit à une existence digne et heureuse. Impitoyable et incorruptible, l’Histoire garde également forte l’image d’un jeune Président de la République présentant au peuple congolais et au  monde entier cette nouvelle Constitution dont il s’engageait à être le garant et qu’il allait plus tard jurer solennellement de respecter et de défendre, devant Dieu et la Nation.

Douze ans après son entrée en vigueur, les immenses espoirs de reconstruction d’une nation puissante et prospère au cœur de l’Afrique qui appartienne à toutes ses filles et à tous ses fils se sont malheureusement évanouis. L’Etat de droit démocratique et social auquel notre peuple a toujours aspiré reste un chantier largement inachevé. Les gouvernants font preuve d’une délinquance sans précédent vis-à-vis de la Constitution et de la gestion de la Res publica considérée comme leur bien privé. La violation des droits de l’homme et la corruption dans tous ses états ont été érigées en règle fondamentale de gouvernance d’un Etat fantomatique dont certains ont du mal à affirmer l’existence. Le pays va mal, très mal, et bat tous les records négatifs. En dépit de fabuleuses ressources naturelles dont il regorge, les dirigeants ont réussi à transformer le paradis en enfer pour la majorité de leur peuple. Les habitants de certaines des terres les plus riches du monde sont paradoxalement comptés  parmi les femmes et les hommes les plus pauvres de la planète. La nation déjà balbutiante a été condamnée à l’inanition par ceux-là même qui étaient censés la protéger et assurer sa grandeur. Les antivaleurs ont pris le dessus sur les valeurs qui fondent la République et une « République démocratique » qui dès lors n’existe que de nom.

Au moment où nous commémorons le 12e anniversaire de la Constitution, toutes les institutions politiques sont devenues illégitimes et ont perdu tout mandat de gouverner démocratiquement le peuple congolais. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le pays est de nouveau confronté à une crise politique qui rappelle celles qu’il avait connues avant l’entrée en vigueur de la présente Constitution et dont l’une des causes ou la cause fondamentale est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs. La RDC constitue un cas paradigmatique de la mauvaise gouvernance et du gaspillage inouï des richesses africaines au profit d’un groupe de prédateurs locaux et de leurs complices que sont les multinationales et certains gouvernements étrangers qui les soutiennent au sein de la communauté internationale.

Sur un continent où des progrès démocratiques notables sont enregistrés dans plusieurs pays, la RDC est devenue le symbole même de la négation du constitutionnalisme, de la démocratie, des droits de l’homme et de la mauvaise gouvernanceVoici le pays de tous les espoirs devenu aussi paradoxalement le pays de toutes les inquiétudes, ce qui justifie notamment la présence du  contingent onusien le plus important depuis la création de l’ONU en 1945.

L’IDGPA est une organisation non-gouvernementale indépendante dont l’objectif majeur est de promouvoir la démocratie, la (bonne) gouvernance, la paix et le développement en Afrique à travers la recherche, la formation, et le lobbying. L’Institut saisit l’occasion de la commémoration du 12e anniversaire de la Constitution de la République pour réaffirmer sa foi, sa volonté et sa détermination à œuvrer sans relâche pour l’avènement d’un Etat de droit véritablement démocratique partout en Afrique et invite l’ensemble du peuple Congolais à garder la même foi et la même détermination.

En adoptant cette Constitution après des décennies de pouvoir autoritaire, le peuple congolais entendait envoyer au monde entier le message que plus jamais un tel régime ne serait toléré dans le pays ! L’on comprend ainsi plusieurs innovations introduites par le constituant primaire : l’interdiction de parti unique érigé en une infraction imprescriptible de haute trahison, la reconnaissance de l’opposition politique, la protection des droits humains et des libertés fondamentales et la séparation des pouvoirs sur base de la suprématie de la Constitution. Aussi, toute révision constitutionnelle est formellement interdite en ce qui concerne la forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ainsi que les droits et libertés de la personne et les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées qui ne peuvent jamais être réduits.

Contrairement à une tradition instituée depuis 2016, l’IDGPA n’organisera pas de conférence et célèbrera autrement le 12e anniversaire de la Constitution qui intervient à un moment particulièrement douloureux où les valeurs fondamentales de la République et de la démocratie pour lesquelles plusieurs milliers de Congolais avaient risqué et perdu leurs vies sont de nouveau méconnuesCette célébration qui commence le dimanche 18 et se clôturera le dimanche 25 février 2018 se fera dans la méditation et dans la prière autour de cet instrument sacré car sacrée, la Constitution l’est et le reste incontestablement. Du reste, son adoption par référendum en 2005 était l’expression de la prise de conscience et de la détermination de « Nous peuple congolais » d’assumer « nos responsabilités devant Dieu, la Nation, l’Afrique et le Monde » en bâtissant un pays plus beau qu’avant.

C’est le lieu de rappeler la disposition du tout premier article de la Constitution relative à l’hymne national de la République. « Debout Congolais » n’est pas une simple exhortation, mais un devoir sacré que le peuple congolais s’est imposé depuis l’indépendance et qui devrait revêtir une résonnance particulière en ce 12eanniversaire de la Constitution. L’exécution de cet hymne national nous rappelle que ce pays appartient à tous les Congolais et que nous sommes tous à la fois testateurs et légataires d’un serment d’autant plus inviolable qu’il est « immortel ». Nous n’avons pas reçu des Pères de l’indépendance tout comme nous ne léguerons pas à notre postérité un quelconque serment de servitude vis-à-vis de qui que ce soit, mais plutôt un « Serment de Liberté » et un serment de « liberté pour toujours » !

Les Congolais ont donc le devoir de rester debout et de lutter en permanence pour la liberté qui est notre bien le plus précieux et qu’il est plus facile de perdre que de conquérir et de conserver. Cette liberté requiert la démocratie qui est inscrite en lettres d’or dans le nom de la RDC. Un peuple qui se veut indépendant et libre n’est pas un peuple qui dort, qui pleurniche ou qui se contente des lamentations à longueur des journées ou au fil des années. C’est plutôt un peuple responsable qui s’assume, un peuple debout et un peuple qui lutte pour conserver son indépendance et sa liberté et que ni les coups de tonnerres, ni  un feu descendant du ciel, ni les privations matérielles, ni les intimidations, ni les persécutions, ni les grenades lacrymogènes, ni les jets d’eau chaude, ni les chiens policiers,  ni les cliquetis des armes, ni la terreur de la nuit, ni les flèches qui volent le jour, ni les chants des oiseaux, ni le rugissement des lions, ni le bourdonnement des abeilles  ne pourraient jamais décourager pour l’amener à renoncer à l’indépendance ou à la liberté chèrement acquise.

Dans le contexte de la délinquance constitutionnelle et de l’illégitimité des institutions et de leurs animateurs, la Constitution elle-même prescrit un autre devoir tout aussi sacré que celui de se mettre debout. Il s’agit du devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation des dispositions de la Constitution qui aura survécu contre tous les projets machiavéliques et diaboliques des artisans de l’inanition de la Nation.

Prof André Mbata Mangu

Directeur exécutif de l’IDGPA

Professeur des Universités

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12 février 2018

MAMU ANASTASIE BIATA, LA MÈRE DES MAMANS SUZI MPIANA ET ALBERTINE MUSUAMBA, N’EST PLUS

communiqué

Il a plu au Seigneur de rappeler auprès de lui sa servante, mamu Anastasie Biata, la mère des mamans Albertine Musuamba et Zusi Mpiana. Mamu Anastasie Biata  est morte le dimanche, 11 février 2018 à Mbuji Mayi de suite d’une longue maladie. Le programme du deuil et des obsèques vous sera communiqué incessamment.

Kasai Direct présente ses condoléances à la famille éprouvée.

Lumbamba Kanyiki

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30 janvier 2018

MBUYI MIFUBA OSBILL N’EST PLUS

communiqué

C’est avec une profonde douleur que je vous annonce le décès de notre frère et ami Mbuyi Mifuba Osbill. Osbill nous a quittés cet après-midi à l’hôpital de Wesseling après une longue et pénible maladie. Il laisse derrière lui une grande famille. Le programme du deuil vous sera communiqué incessamment.

Kasai Direct présente à la famille ses condoléances les plus attristées.

Kasai Direct

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24 janvier 2018

Funérailles de maman BERNADETTE MUJINGA WA NDUAYA, la mère de monsieur l'abbé Jeannot Mukeke

communiqué

Funérailles de maman BERNADETTE MUJINGA WA NDUAYA, décédée mardi 23 janvier 2018 à l'hôpital Saint Joseph à Kinshasa.
- Mardi 30 janvier 2018 à 10 h sortie du corps pour l'église de la paroisse NOTRE DAME DE LA PAIX (MAMA WA BOBOTO), avenue Kulumba 63, Q.2 MASINA, près de BKTF au croisement de la route BKTF et avenue Kulumba : exposition, messe à 20 h et veillée.
- Mercredi 31 janvier 2018 à 12 h messe à l'église suivie de l'enterrement au cimetière de Kinkole.

L'abbé Jeannot MUKEKE et toute sa famille vous remercient de vos pensées, prières et gestes de consolation.

Pour large diffusion: Kasai Direct

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