07 novembre 2013

RDC : le chef militaire du M23 Sultani Makenga se rend aux autorités ougandaises

 
En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012

Le chef militaire de la rébellion du M23, Makenga Sultani, et plusieurs centaines de combattants de son mouvement ont traversé la frontière ougandaise le mercredi 6 novembre. Des sources de la région indiquent que le groupe aurait été arrêté par les services de sécurité ougandais. Mais aucune source officielle du gouvernement ougandais n’a confirmé l’arrestation et la détention du chef rebelle avec son groupe.

Les autorités militaires congolaises au Nord-Kivu n’ont pas encore commenté cette information.

Un haut responsable militaire ougandais cité par l’AFP a annoncé que le chef militaire du M23 avait bien franchi la frontière avec beaucoup de ses hommes et se trouvait entre les mains de l’armée ougandaise.

« Il a franchi la frontière avec certains de ses hommes, il est avec nous», a-t-il déclaré sous couvert de l’anonymat, sans préciser sa localisation.

La même source n’a pas précisé si Sultani Makenga était ou non libre de ses mouvements et s’il avait formellement fait acte de sa reddition aux autorités ougandaises.

Pour sa part, le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda, a indiqué à la même agence de presse qu’environ 1 500 rebelles du M23, soit l’essentiel de ses effectifs combattants, étaient entrés en Ouganda et s’étaient rendus à l’armée ougandaise. Mais il n’a pas confirmé la présence de Sultani Makenga parmi eux.

Les rebelles du M23 ont été délogés le mardi dernier de leurs dernières positions dans les collines de Chanzu et Runyoni. Le porte-parole de l’armée congolaise au Nord-Kivu, colonel Hamuli, avait indiqué que la plupart de ces rebelles avaient pris la direction du Rwanda et de l’Ouganda.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 16:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


RDC: la réforme de l'armée congolaise, la clef du succès

Les soldats de l'armée congolaises rient et se reposent sur la colline qu'occupait il y a encore 24h le M23, heureux de cette victoire.
Les soldats de l'armée congolaises rient et se reposent sur la colline qu'occupait il y a encore 24h le M23, heureux de cette victoire.
RFI / Léa-Lisa Westerhoff
Par RFI

Il y a un an l’armée congolaise avait été humiliée après la prise de Goma en novembre 2012 par quelques centaines de rebelles. Un an plus tard c’est un tout autre visage qu’a révélé l’armée congolaise, celui d’une armée qui emporte la bataille et ce en grande partie car elle est mieux organisée.

Le réveil de l’armée congolaise est incarné par deux hommes. Il est marqué par le lieutenant-général François Olenga, chef d'Etat-major de l'armée de terre depuis décembre dernier, en charge de la logistique. Grâce à lui, les soldats ont reçu de la nourriture, de l’eau et des cartouches sur le front. Ce qui n’a pas toujours été le cas.

Ensuite, l'armée congolaise doit son renouveau au général, Lucien Bahuma Ambama, formé en France et en Belgique, à partir de juin, date de sa nomination. Il simplifie la chaîne de commandement et y place des hommes de confiance. Résultat, la discipline au sein des unités s'est améliorée. Là aussi c’est une nouveauté.

Premier résultat, fin juillet

Les forces congolaises résistent aux attaques du M23 à Mutaho pendant quatre jours; sans aide de la Monusco. Par ailleurs, ces derniers mois, Américains, Belges, Chinois et Sud-Africains forment différents bataillons. Les 321ème et 322ème unités de réaction rapide par exemple ont été entraînées par des instructeurs belges.

Enfin, il y a eu bien sûr le soutien de la mission des Nations unies au niveau du renseignement d’abord avec ses hélicoptères de reconnaissance. Mais aussi sur la ligne de front à deux  reprises la brigade d’intervention a tiré. Reste à confirmer cette première victoire. Il faut désormais sécuriser le territoire repris et la lutte contre les groupes armés ne fait que commencer.

 
Le rôle de la Monusco dans la chute du M23

La prise de Goma par le M23 fin novembre dernier, c'était l'humiliation. Peut-être celle de trop pour une mission très critiquée pour son inaction. La réponse de la communauté internationale, ce fut l'idée de créer une brigade d'intervention rapide au mandat renforcé, celui de combattre les groupes armés. C'est chose faite le 28 mars avec l'adoption de la résolution 2098. La FIB, puisque c'est son nom, n'entre en action que fin août. C'est la première fois, à Kibati, que le M23 doit faire face à l'artillerie onusienne.

Alors que les pourparlers de paix piétinent à Kampala, selon plusieurs sources, Innocent Kaina, dit India Queen, l'un des commandants du M23 les plus redoutés, installe au dessus du camp de la Monusco de Kiwanja des pièces d'artillerie, pointées vers le détachement de casques bleus indiens. L'objectif : déstabiliser la Monusco et l'empêcher d'intervenir dans les combats à venir. Un véritable test. Mais en réponse, la nouvelle brigade montre ses muscles et envoie quelques quelques 500 hommes dans le zone.

En ce qui concerne la dernier offensive, en plus de l'appui logistique traditionnel, la Monusco a apporté à l'armée congolaise des conseils tactiques, pas toujours suivis, reconnaissent des sources onusiennes, et un appui sans précédent en terme de renseignements. Lundi, officiellement pour protéger les civils, la brigade d'intervention envoie ses chars et surtout ses hélicoptères d'attaque contre le M23. Un soutien décisif.

Dernier élément qui explique cette métamorphose, c'est la motivation des troupes et notamment les Tanzaniens qui trépignaient d'impatience d'en découdre avec une rébellion accusée d'être soutenue par le Rwanda. Or les relations sont particulièrement tendues entre les deux pays.

Posté par lumbamba à 10:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Vidéo: La réunion du comité du Grand Kasai e.V. tenue à Erftstadt samedi, le 02 novembre 2013

Le comité directeur du Grand Kasai e.V. a tenu samedi dernier sa réunion ordinaire au domicile de monsieur Kanyiki. Ci-dessous, veuillez voir la vidéo de la dite réunion.

Réunion GK du 02.11.2013

Lumbamba Kanyiki

Posté par lumbamba à 00:23 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

RDC : accord de paix avec le M23 ou simple déclaration à Kampala ?

Un soldat congolais exhibe fièrement l'insigne du Rwanda qu'il affirme avoir trouvé sur un uniforme laissé à Chanzu mardi 5 novembre 2013.
Un soldat congolais exhibe fièrement l'insigne du Rwanda qu'il affirme avoir trouvé sur un uniforme laissé à Chanzu mardi 5 novembre 2013.
RFI / Léa LIsa Westerhoff
Par RFI

En République démocratique du Congo (RDC), le calme semble revenu dans l’est du pays après la chute de la rébellion du M23. La Monusco, la mission de l'ONU en RDC, annonce qu'elle renforce le contrôle aux frontières pour empêcher que les armes ne transitent vers le Rwanda et que les rebelles hutus des FDLR (les Forces démocratiques de libération du Rwanda) retournent dans le pays voisin. Quant au gouvernement congolais, le ministre de la Communication, Lambert Mende, a semé le trouble en annonçant qu'il n'y aurait pas d'accord de paix signé à Kampala avec la délégation du M23 mais une simple déclaration.

« Accord » ou bien « déclaration », la différence serait « purement sémantique », assure le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

L’argument de l’Etat congolais, c’est de dire «impossible de signer un accord de paix avec un groupe rebelle qui n’existe plus, vu qu’il a été dissous» et de là découle sa décision de vouloir retenir le terme de « déclaration » plutôt que d’« accord ». Une façon sans doute aussi d’asseoir sa position de vainqueur auprès de l’opinion publique.

Mais sur le fond, pas de changement. Le Congo et l’ex-rébellion du M23 se seraient bien mis d’accord sur 11 points, parmi lesquels figure un engagement formel du M23 à renoncer définitivement à la lutte armée, ce qu’il a déjà fait par voie de communiqué de presse. De son côté, le gouvernement congolais promet de faciliter la réinsertion sociale et l’intégration, dans l’armée, des ex-membres du M23 qui n’ont pas commis de crimes tout comme d’accélérer l’adoption d’une loi d’amnistie.

Enfin, ce texte doit établir les conditions de désarmement et de cantonnement de tous les ex-rebelles.

De son côté, le M23 avance avoir respecté toutes les demandes de la communauté internationale, notamment celle d’annoncer la fin de la lutte armée. Aujourd’hui, il demande donc au gouvernement congolais de respecter ses engagements et de bien signer un accord politique qui lie les deux parties et non pas une simple déclaration.

Comment va se résoudre ce conflit sémantique ? Difficile à dire. Le rendez-vous a en tout cas été pris le 9 novembre pour signer un document. 

Le calme semble être revenu à Chanzu après la chute de la rébellion du M23
Des soldats se reposent sur la colline de Chanzu à plus de 2 000 m d'altitude.
RFI / Léa-Lisa Westerhoff

Posté par lumbamba à 00:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 novembre 2013

Des Katangais contre Kyungu sur la prolongation



Gabriel Kyunguwa Kumwanza a provoqué des réactions en chaîne contre lui. A la base, ses déclarations dans un média kinois selon lesquelles «le mandat de Kabila ne fait que commencer» avec la victoire des FARDC sur le M 23. Les réactions les plus virulentes sont venues des organisations des jeunes katangais qui ont préféré s’exprimer dans les colonnes de «CONGONEWS» sous le couvert de l’anonymat. Précaution qui s’impose de crainte des représailles de la part d’un Kyungu qui entretient une milice dénommée Zoulou sans que Kinshasa ne s’en émeuve outre mesure. Dans un «mémorandum collectif» expédié à «CONGONEWS», ces jeunes rappellent à Joseph Kabila des attaques nocives du même Kyungu contre sa personne. Ils affirment que si Baba a décidé de ménager le Chef de l’Etat, c’est contre le poste de président de l’Assemblée provinciale qui lui a été cédé avec menaces à l’appui. «Faites-le partir de là, vous verrez s’il a une quelconque loyauté envers le Président Joseph Kabila», écrivent ces jeunes venus de tous les horizons du Katanga. Ils se demandent jusqu’où un homme aussi vénal pourrait soutenir Kabila si jamais cela tourne mal dans la logique du passage en force où il pousse le régime. Ici, une analogie est établie avec les hommes de Mobutu dont le même Kyungu, son dernier gouverneur dans la province cuprifère. Ils avaient été si prompts à pousser le Maréchal à conserver le pouvoir envers et contre tous mais lorsque vint la chute, ils ont été les premiers à rallier le régime de l’AFDL. Ils ont même laissé Mobutu mourir dans l’anonymat.
Depuis que l’ancien dictateur a été inhumé au cimetière chrétien de Rabat au Maroc, combien de ses anciens collaborateurs s’y sont déjà rendus pour rendre hommage à sa mémoire. Beaucoup ne connaissent même pas sa tombe.
Le mémo de la jeunesse katangaise félicite Kabila pour la victoire des FARDC mais le met en garde de ne pas prêter oreille à ses partisans qui cherchent à faire de la récupération politique. Au moment où la cohésion nationale est devenue le maître mot, une telle tendance risque de favoriser les forces centripètes. « Cette victoire doit rester la victoire de tous les Congolais», conseille la jeunesse katangaise. A Kabila de savoir lire les signes du temps pendant que les Américains l’ont déjà pris au mot pour respecter l’esprit et la lettre de la Constitution sur le mandat présidentiel.
L’envoyé spécial de Barack Obama a été on ne peut plus clair, exigeant un processus électoral crédible avec la tenue de l’élection présidentielle en 2016. Avec toutes les principales forces de l’opposition (UDPS, MLC, UNC, RCD K/M), en dehors du futur gouvernement de cohésion, des observateurs ne voyaient pas comment Kabila allait prolonger son mandat au-delà de 2016 sans provoquer des dégâts majeurs. Le jeu vaut-il la chandelle?
PAUL MULAND

Posté par lumbamba à 17:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Le chef rebelle, Bertrand Bisimwa annonce la fin du M23



(KAMPALA)- Quelques heures après la déroute de Sulutani Makenga et ses hommes sur les collines de Runyonyi et Chanzu, le chef politique du M23, Bertrand Bisimwa a annoncé depuis Kampala la fin de la rébellion. ‘‘La Direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour, de mettre fin à sa rébellion et de poursuivre, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont prévalu à sa création’’, indique le communiqué signé par lui-même Bisimwa. Le chef d’état major général et les  chefs de commandement militaire des grandes unités du M23  ont été appelés à préparer les troupes au processus de désarmement, cantonnement, démobilisation et réinsertion sociale, en attendant les modalités à convenir avec le gouvernement de la Rd-Congo. Le verrou de Chanzu ayant sauté, le M23 ne pouvait qu’abdiquer au regard de la pression militaire sur terrain.  Le gouvernement a rappelé que l’amnistie se fera au cas par cas comme aussi l’intégration des ex rebelles au sein des Fardc.

Posté par lumbamba à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Human Rights Watch plaide pour la traduction en justice des leaders du M23 coupables de violations des droits humains

 
Le M23 se dirgeant ce dimanche 9 décembre vers la salle de conférence de Munyonyo à Kampala/ Photo Innocent Olenga-Radio Okapi.Le M23 se dirgeant ce dimanche 9 décembre vers la salle de conférence de Munyonyo à Kampala/ Photo Innocent Olenga-Radio Okapi.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) souhaite que les leaders du M23, coupables des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité au Nord-Kivu, soient arrêtés et traduits en justice. Ida Sawyer, chercheuse au sein de cette organisation l’a dit mardi 5 novembre à Radio Okapi. Elle a également appelé les Forces armées de la RDC (FARDC) a éviter des actes des représailles pour favoriser le retour rapide de la paix dans le Nord-Kivu.

«Nous pensons que c’est très important que les Forces armées de la RDC et les autres services de sécurité congolais fassent des efforts clairs pour éviter des actes de représailles, ou les arrestations arbitraires et d’autres attaques contre les membres de l’ethnie Tutsi ou d’autres personnes qui sont suspectées d’être collaborateurs du M23», a déclaré Ida Sawyer.

Elle a par ailleurs invité le gouvernement congolais et la Monusco à s’engager dans la lutte contre les autres groupes armés qui s’illustrent par des exactions contre les populations civiles dans la partie Est de la RDC.

Pour la chercheuse, la victoire de l’armée congolaise sur la rébellion du M23 constitue une étape importante dans la recherche de la paix et la stabilité dans l’Est de la RDC mais elle reconnaît que beaucoup reste à faire.

Human Rights Watch s’était déjà opposé à toute amnistie en faveur des auteurs des violations des droits de l’homme, précisant que les auteurs de ces crimes se comptent aussi bien dans les groupes armés que dans les rangs des militaires gouvernementaux.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 16:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Déroute du M23 : la main invisible de Londres et Washington


La facilité avec laquelle les Forces armées de la RDC ont défait les rebelles du M23 a suscité des interrogations dans certains milieux. Avec un peu de recul, l’on sait maintenant ce qui s’est réellement passé sur le front de l’Est. La déroute du M23 est le fait d’une forte pression diplomatique exercée particulièrement sur le Rwanda, principal soutien du M23. Et la pression a été telle que les chefs de la diplomatie américaine et britannique ont personnellement intimé l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de ne pas venir en renfort au M23. C’est la preuve qu’une nouvelle dynamique s’installe désormais dans la région des Grands Lacs.

En moins d’une semaine, les Forces armées de la RDC, appuyées par les éléments de la Brigade spéciale d’intervention des Nations unies, ont délogé les rebelles du M23 des positions stratégiques qu’ils occupaient dans les territoires passés sous leur contrôle depuis plus d’une année. Et la déroute du M23 s’est déroulée à la vitesse éclair que, dans les milieux spécialisés, certains se sont interrogés sur les causes réelles de cette débâcle. Pour un mouvement rebelle qui a résisté pendant longtemps à plusieurs assauts des FARDC, il y avait de quoi se poser des questions.

Aujourd’hui, la vérité commence timidement à éclore. L’on sait, à quelques exceptions près, ce qui s’est réellement passé il y a une semaine sur le front militaire de l’Est. Et l’on sait aussi pourquoi le Rwanda qui se préparait ouvertement à la guerre entassant des matériels à la frontière de la RDC, n’est pas intervenu dans la dernière offensive menée par les FARDC et la Brigade spéciale des Nations unies.

En réalité, un ordre est venu directement des Etats-Unis et de Grande-Bretagne intimant l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de se mettre en dehors de ce conflit. Ce qui explique le silence de Kigali et son inaction face à la déroute du M23.

La nouvelle dynamique

Ces révélations sont du journal britannique, Daily Telegraph. Selon ce tabloïd, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, et son homologue britannique, William Hague, ont eu Kagame au téléphone séparément dans la journée du vendredi 25 octobre 2013, lui intimant l’ordre de ne pas mettre ses troupes en mouvement pour venir en renfort au M23. D’après le journal, William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a été le premier à appeler Paul Kagame, suivi dans la journée par John Kerry, secrétaire d’Etat américain.

Ce n’est donc pas pour rien que le Rwanda est resté passif dans la nouvelle offensive menée contre les rebelles. De tout temps, des actions antérieures lancées contre les positions du M23 se sont butées à une forte présence des militaires de l’armée rwandaise dans les rangs du M23. Cette fois-ci, il n’en a pas été le cas. La raison est bien simple : la main invisible de Londres et Washington a agi. Ce qui, évidemment, ne dénature pas la bravoure des FARDC qui se sont courageusement battues pour récupérer les territoires occupés par le M23.

Les révélations de Daily Telegraph traduisent seulement un fait. En effet, la donne a complètement changé. La politique menée particulièrement par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis a connu une mue, donnant moins de marges de manœuvre au président rwandais, Paul Kagame. Ainsi, nous l’avons repris dans une précédente édition, Barack Obama, président des Etats-Unis, a pesé de tout son poids dans ce basculement.

Mais, pourquoi avoir entendu trop longtemps pour changer de politique dans la région des Grands Lacs ? Fallait-il autant de morts, soit plus de six millions, pour que Londres et Washington se ravisent ? Autant de questions qui n’en finissent pas de tarauder les esprits. Mais, le plus important est que Londres et Washington ont fini par comprendre les vrais enjeux de la région.

En obligeant Kagame à se mettre en dehors de l’offensive menée contre le M23, ces deux capitales ont lancé un message que Paul Kagame devait saisir à juste titre. Il y va non seulement de sa survie en tant que dirigeant de la région, mais surtout de son régime qui traverse manifestement une zone de très fortes turbulences.
Les FARDC ratissent large

Sur le front de l’Est, les nouvelles sont plutôt rassurantes. Plusieurs sources confirment que l’armée congolaise a pris hier lundi la colline de Mbuzi, l’une des dernières positions où se sont retranchés les rebelles du M23.

Pris en tenaille, le M23 a décrété dimanche un cessez-le-feu unilatéral qui, malheureusement, n’a pas eu d’effet sur l’avancée des FARDC. Dans un communiqué diffusé lundi (lire encadré), le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a exigé que le M23 fasse «une annonce claire, nette et sans ambiguïté de la fin la rébellion armée».

De leur côté, face à la «nouvelle explosion de violence entre le M23 et l'Etat congolais», les envoyés spéciaux de la communauté internationale pour la région des Grands Lacs, chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), Martin Kobler, de Mary Robinson, envoyée spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs, et de ses homologues de l'Union africaine, Boubacar Diarra, de l'Union européenne, Koen Vervaeke et du gouvernement américain, Russel Feingold, ont réitéré leur appel à l'apaisement, alors que s'ouvrait hier lundi à Pretoria, rapporte l’AFP, un sommet régional africain consacré à la situation en RDC.

Dans tous les cas, la main invisible des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans le retournement de la situation est un message en direction des dirigeants de la région des Grands Lacs. Car, après avoir longtemps soutenu l’entreprise de guerre dans la région, Londres et Washington ont décidé finalement de recadrer leur politique étrangère dans la région. La population qui continue de payer le plus lourd tribut attend maintenant les juger par les actes pour se convaincre de leur sincérité.

Posté par lumbamba à 11:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

RDC : le M23 veut exister politiquement après avoir été vaincu militairement

Des combattants du M23, le 3 août dernier, près de Rushuru, dans l’est de la RDC.
Des combattants du M23, le 3 août dernier, près de Rushuru, dans l’est de la RDC.
REUTERS/James Akena
Par RFI

L’armée congolaise a obtenu, mardi 5 novembre, une victoire historique en battant la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Après cette défaite sur terrain, le M23 se retrouve en position fragile. En déroute, il annonce avoir renoncé à la lutte armée et dit vouloir se transformer en parti politique. Le M23 espère toujours conclure un accord politique avec Kinshasa mais, pour le gouvernement congolais, cet accord n'est plus d'actualité.

Vaincu militairement, le M23 sera-t-il écrasé politiquement ? L'ex-mouvement rebelle, qui a renoncé mardi à la lutte armée et qui annonce vouloir devenir un mouvement politique, a cédé à toutes les exigences de Kinshasa. Cependant, le M23 veut - coûte que coûte - obtenir la signature, à Kampala, d'un accord politique traitant notamment des questions de démobilisation et d'amnistie de ses combattants.

Mais, pour Kinshasa, cet accord n'est plus d'actualité. Le gouvernement congolais annonce vouloir signer une simple déclaration et affirme déjà que son contenu sera très différent de ce qui a été discuté à Kampala. « Nous sommes allés à Kampala pour écouter les griefs de nos compatriotes qui sont au M23. Ca ne leur donnait aucune légitimité. On ne peut pas, étant une force négative, signer des accords avec un gouvernement. Je pense que tous nos partenaires de la communauté internationale sont d’accord avec ce point de vue et c’est donc une simple déclaration qui sera signée, pas un accord », a ainsi déclaré Lambert Mende Omalanga, le porte-parole du gouvernement congolais.

« Je dirais que le contenu de cette déclaration est différent des propositions que le M23 avait amenées sur la table et qui faisaient en quelque sorte de lui une sorte d’Etat dans cette partie de l’est de la RDC, chose que nous avons toujours refusée. Je pense que leur infortune sur le terrain militaire les a poussés à devenir un peu plus raisonnable, et c’est une bonne chose », a conclu le porte-parole du gouvernement.

Le M23 va-t-il devoir boire le calice jusqu'à la lie ? Et si oui, quelles en seront les conséquences ? Les centaines de combattants qui se sont rendus à la Monusco (la force des Nations unies au Congo) seront-ils considérés, par Kinshasa, comme des prisonniers de guerre ou seront-ils démobilisés ?

Quel sort pour les combattants en fuite ?

Autre question : qu'en sera-t-il des deux à trois cents combattants partis avec leur chef Sultani Makenga de l'autre côté de la frontière ? Si leur sort n'est pas réglé sur le papier, ne risquent-ils pas de constituer une menace à moyen terme ?

Et puis enfin, le vide laissé par le M23 ne va-t-il pas laisser libre champ aux rebelles hutu rwandais des FDLR (les Forces démocratiques de libération du Rwanda) ? Kinshasa a d'ores et déjà prévu cette éventualité en affirmant que les FDLR étaient désormais les prochaines cibles des forces congolaises.

Roger Lumbala, vice-président de la délégation du M23 à Kampala, joint par RFI, affirme que seul un accord politique permettra de régler définitivement la question de l’ex-mouvement rebelle du Nord-Kivu. L’aile politique du M23 attend de la communauté internationale qu’elle pousse Kinshasa à respecter ses engagements. « La communauté internationale a sorti un communiqué aujourd’hui disant qu’il faut respecter les onze points qui étaient déjà adoptés », a ainsi rappelé Roger Lumbala. Et d'affirmer : « Si le gouvernement veut saboter les actions qui sont menées par la communauté internationale, c’est à la communauté internationale de juger le comportement du gouvernement de Kinshasa. »

Pour lui, le M23 n’est pas mort. « En fonction des articles qui ont été déjà adoptés, le M23 va se transformer en parti politique. Donc, la vie du M23 continue », a encore assuré Roger Lumbala.

Posté par lumbamba à 01:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 novembre 2013

RDC: le M23 met un terme à sa rébellion dans l'est du pays

Un soldat des FARDC, le 1er novembre sur la ligne de front, face aux rebelles du M23, près de Bunagana.
Un soldat des FARDC, le 1er novembre sur la ligne de front, face aux rebelles du M23, près de Bunagana.
REUTERS/Kenny Katombe
Par RFI

Le porte-parole du gouvernement congolais a déclaré, ce mardi matin 5 novembre, que les FARDC ont obtenu « une victoire totale » sur le M23, avec la prise des collines de Chanzu et Runyonyi. Dans la foulée, le mouvement rebelle a annoncé qu'il mettait « un terme à sa rébellion ». Les deux parties étaient pourtant tombées d'accord pour arrêter les combats, il y a moins de 48 heures. La cessation des hostilités n'a en fait jamais été d'actualité.

Avec notre envoyée spéciale en l'est de la RDC,

La confirmation est venue de trois sources militaires, entre autres un général sur le terrain, et le porte-parole de l’armée congolaise. Les deux collines verdoyantes, Chanzu et Runyonyi, dernières places fortes du M23, ont été reprises par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ce mardi 5 novembre, un peu avant l’aube, vers 3 h (TU). D’après le porte-parole de l’armée, Olivier Hamouli, qui s'est confié à RFI, un commando spécial serait parvenu à brûler un dépôt de munitions à Chanzu, cette nuit.

Les derniers rebelles - une centaine d’éléments - auraient alors choisi de prendre la fuite, « faute de munitions », nous dit le porte-parole de l’armée. Les uns ont fui vers le Rwanda, les autres vers l’Ouganda.

Mais une autre source militaire bien informée affirme que le M23 aurait, en fait, choisi de prendre la fuite avant l’assaut final de l’armée congolaise et de tout brûler avant de partir, dont le dépôt de munitions et une quarantaine de voitures.

Le M23 reconnaît sa défaite

Seule certitude, ce mardi matin, tout est calme. Vers 5 h 30, six tirs à l’arme lourde ont résonné dans les collines. Depuis, plus rien. Le général de l’armée congolaise serait à l’heure actuelle sur place, pour constater la victoire des FARDC. Une victoire obtenue de haute lutte, après 12 jours d’une offensive marquée par des combats intenses.

Quelques heures après l'annonce du porte-parole du gouvernement congolais, le M23 a annoncé qu'il mettait un terme à sa rébellion. La direction du M23 « annonce qu'elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création », indique le communiqué des rebelles.

 → A (RE)LIRE : L’armée congolaise poursuit son offensive contre les derniers bastions du M23

Plus de 3000 soldats étaient engagés dans la bataille face à quelques centaines de rebelles. Attendue depuis des semaines, cette victoire sonne en tout cas pour l’armée congolaise, et tout le pays, comme la revanche tant attendue sur une rébellion qui était parvenue à prendre Goma il y a un an.

Les combats ont duré toute la journée de lundi

« C'est impossible d'arrêter de tirer », expliquait, lundi, un rebelle du M23. « L'armée nous tire constamment dessus et c'est comme ça depuis dimanche. » Même son de cloche du côté des FARDC, qui accusent le M23 d'avoir volontairement bombardé le centre-ville de Bunagana, tuant des civils. Bombardement qui aurait incité l'armée à répliquer. « Ils ont violé le cessez-le-feu », s'accuse-t-on de part et d'autre, à Kampala, où se déroulaient des pourparlers.

→ A (RE)LIRE : Jour de la libération de Bunagana, ex-capitale et poumon économique du M23

Pourtant, selon l'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs, l'annonce d'un cessez-le-feu par le M23 n'était pas suffisante pour le gouvernement congolais. Kinshasa estime, selon lui, qu'il faut que le mouvement rebelle annonce qu'il renonce à la lutte armée. Ce qui, de sources concordantes, figure déjà dans le texte sur lequel les deux parties se sont mises d'accord.

Alors, comment expliquer ce quiproquo ? « Pourquoi signer un accord, quand on est si près d'obtenir la victoire totale ? », répond un spécialiste de la région. « Jamais Kinshasa n'a été aussi près d'aboutir et, surtout, avec un tel soutien de la Monusco », ajoute-t-il. Si les hélicoptères et les chars de la mission onusienne sont intervenus, c'est officiellement pour protéger les civils. « Ils nous soutiennent, c'est tout ce qui compte », commente simplement une source militaire congolaise.

Rencontre diplomatique au sommet à Pretoria

Sur le plan diplomatique, les dirigeants d'une quinzaine d'Etats de la région se sont retrouvés, lundi 4 novembre à Pretoria, en Afrique du Sud, pour un sommet conjoint de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), sur la crise congolaise. Le président congolais, Joseph Kabila, était présent. Le Rwanda était en revanche représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Au cœur des débats : la question du renoncement du M23 à la lutte armée.

La rencontre - trois heures de discussions à huis clos - devait permettre de faire un point sur la situation dans l’est de la RDC. Un point sur la situation militaire, alors que des combats avaient repris il y a une semaine entre l’armée congolaise et les rebelles du M23. Mais un point, également, sur les discussions en cours entre les deux parties dans la capitale ougandaise. D’après le communiqué de fin de sommet, le gouvernement congolais et les rebelles du M23 étaient tombés d’accord sur les onze points qui étaient en discussion à Kampala, sans préciser lesquels.

Le communiqué ajoutait qu’un accord pouvait désormais être signé, à condition cependant que le M23 annonce publiquement qu’il renonce à la rébellion. Après quoi, le gouvernement congolais accepterait publiquement et, cinq jours plus tard, une signature officielle de cessez-le-feu pourrait avoir lieu. Voilà ce qui a été accepté par les deux parties à Kampala. C'était avant l'annonce de la victoire totale des FARDC.


■ REPORTAGE: A Chengero, l'un des derniers villages meurtris par les combats

Avec notre envoyée spéciale dans le Nord-Kivu,

Ils sont une cinquantaine. Un petit nombre de personnes, qui pressent le pas sur la route. Femmes et enfants, un matelas, une valise ou un grand baluchon sur la tête. Tous fuient les obus qui se sont écrasés sur leurs villages, un peu plus tôt.

« La bombe est tombée au niveau de l'école vétérinaire et ça a fait beaucoup de morts là-bas. Je ne sais pas combien. Tout le monde a couru dans toutes les directions. J'ai perdu de vue deux de mes enfants, je ne sais pas où ils sont », raconte Meriem, qui tient un enfant par la main.

Cédric a, lui aussi, fui au plus vite. « Moi, j’ai pris mes habits, et puis j’ai couru. J’ai laissé mes parents. Je ne sais pas où sont mes parents. Nous, nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix. »

Villages bombardés

Un peu plus haut, le village de Chengerero a été déserté. Ici et là, un impact d’obus de mortier. Sur la route, un homme recroquevillé sur lui-même est mort sur le coup. Un cortège porte une victime, dans une natte en pagne.

Tout à coup, des coups de feu retentissent. Une nouvelle attaque. Les tirs viennent des collines où se sont retranchés des éléments du M23. Toute la journée de lundi, une douzaine d’obus de mortier se sont écrasés sur des villages près de la frontière ougandaise.

Postée le long de la route qui mène à ces localités, l’armée congolaise a répliqué, tout comme la brigade d'intervention de l’ONU, et ses chars, postés plus haut dans les collines.

Posté par lumbamba à 12:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]