04 novembre 2013

Kampala : le M23 prêt à signer un accord de paix avec Kinshasa « sans condition »

 
En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012En avant-plan, Sulutani Makenga, le chef de la branche armée de la rébellion du M23 à Goma le 20 novembre 2012

Dans un communiqué ce lundi 4 novembre, la rébellion du M23 annonce qu’elle est prête à signer l’accord de paix avec le gouvernement congolais proposé par la médiation ougandaise le dimanche 3 novembre à Kampala. Le mouvement rebelle précise qu’il est disposé à signer cet accord sans condition et à tout moment que le facilitateur du dialogue en programmera la cérémonie «étant donné que cet accord reste l’expression de la volonté de toutes les parties au dialogue».

Les pourparlers de Kampala entre Kinshasa et le M23 avaient été suspendus le 20 octobre dernier, les deux parties n’ayant pas trouvé de compromis sur certains points de la propositon finale de la facilitation.

Il s’agit notamment de la question d’amnistie des rebelles et leur réintégration dans l’armée. Kinshasa refuse d’amnistier les auteurs de graves crimes comme les crimes de guerre et contre l’humanité mais se dit plutôt prêt pour un traitement du dossier au cas par cas.

Mais le 2 novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Raymond Tshibanda, qui conduit la délégation gouvernementale à ces discussions est retourné dans la capitale ougandaise.

Ce retour du chef de la diplomatie congolaise à la table de négociations est intervenu alors que l’armée congolaise a repris la quasi-totalité des positions tenues par les rebelles du M23 dans l’Est de la RDC.

Malgré cette victoire militaire, le chef de l’Etat congolais a expliqué au cours d’une adresse à la nation que les efforts politiques et diplomatiques pour rétablir une paix durable dans cette partie du pays devaient se poursuivre.

De son côté, Bertrand Bisimwa, le président du M23 a ordonné le dimanche 3 novembre la « cessation immédiate des hostilités » contre les Forces armées de la République démocratique du Congo, invitant tous les combattants de son mouvement à s’abstenir de tout acte ou comportement contraire à l’ordre donné.

Mais au lendemain de cette annonce, les combats entre l’armée congolaise et les rebelles ont repris. Le M23 a pilonné la cité de Bunagana, faisant au moins six morts et dix blessés parmi les civils.

De son côté, le porte-parole de la rébellion accuse l’armée régulière d’avoir attaqué à l’arme lourde les positions de son mouvement.

radiookapi.net

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Kinshasa se réjouit de la “blitzkrieg” à la congolaise

Par Colette Braeckman

« C’est une blitzkrieg à la congolaise : en huit jours d’offensive, nous avons délogé le M23 de toutes ses positions et la localité de Mbuzi, adossée à la frontière rwandaise, vient de tomber. Hier c’était Bunagana, dans les heures qui viennent, ce sera Chanzu…Désormais, nos adversaires doivent soit accepter de rendre les armes, soit traverser la frontière et choisir l’exil… »
Depuis le Nord Kivu, le général François Olenga, chef d’état major de l’armée congolaise et proche du président Kabila, dirige personnellement les opérations militaires et il est sur le point de proclamer la victoire complète. Même si le M23, ce mouvement rebelle lié au Rwanda, a, par la voix de son président Bertrand Bisimwa, décrété la fin des hostilités, cela ne suffit visiblement pas à l’armée congolaise. Les FARDC, qui ont cette fois le vent en poupe et se sentent soutenus par les Casques bleus de la Monusco, entendent bien obtenir, les armes à la main, une reddition totale de leurs adversaires. « Il faut que soit proclamée la fin de la rébellion » nous déclare le général Olenga « afin que le recours aux armes soit proscrit, une fois pour toutes » L’intransigeance actuelle de l’armée congolaise peut s’expliquer par les humiliations et les revers qui s’étaient accumulés ces dernières années face à des rebelles inférieurs en nombre, mais assurés de soutiens extérieurs : des officiers félons communiquaient la position des troupes, des corrompus détournaient les soldes ou les rations des soldats, des stocks d’armement étaient abandonnés sur la ligne de front… Le général Olenga explique les succès actuels par « une meilleure planification », par une «autre gestion des hommes ».
Un peu plus explicite, le ministre congolais de l’Information Mende Omalanga nous rappelle les divers aspects de la reprise en mains des troupes : « il y a eu un changement de mentalités. Des officiers plus âgés, démoralisés par trop de défaites successives, ont été remplacés par des cadres plus jeunes, mieux formés, dotés d’un autre état d’esprit. Des officiers dont la loyauté était douteuse (soupçonnés de communiquer avec l’ennemi..) ont été rappelés à Kinshasa pour participer à un séminaire… qui dure toujours. Les portables, si faciles à écouter, ont été remplacés par des talkie walkie sécurisés…» Ironique, le ministre précise : « auparavant, James Kabarebe (le ministre rwandais de la Défense) pouvait appeler qui il voulait au sein de l’armée congolaise, il connaissait tout le monde. Ce n’est plus le cas… »
La détermination des forces onusiennes, galvanisées par le nouveau représentant spécial, l’Allemand Martin Kobler, a également joué, de même que les soutiens diplomatiques dont celui de Didier Reynders : « lorsqu’il a dit qu’une « ligne rouge » était tracée et que Kinshasa ne pouvait aller plus loin dans la voie des concessions, cela nous a aidés… » souligne Lambert Mende. Mais pour lui, in fine, c’est l’attitude américaine qui a été déterminante : « exerçant de fortes pressions sur le Rwanda, l’envoyé spécial américain Russ Feingold a dissuadé Kigali de se porter au secours de ses alliés du M23, qui se sont retrouvés inférieurs en nombre. Aujourd’hui, minés par les défections, ils ne sont plus que 200, au maximum… »
Si la défaite est orpheline, la victoire a donc de nombreux pères, mais est-elle complète pour autant ?
Il serait certainement prématuré de croire que le Rwanda a définitivement lâché ses alliés et des « réunions au sommet » se succèdent à Kigali sur le sujet…En outre, si la presse de Kinshasa congratule les forces armées et, majorité comme opposition, félicite le chef de l’Etat qui participe à un sommet régional à Pretoria, à Goma, nos interlocuteurs se montrent plus circonspects : «sur la route menant à Rutshuru, il y a encore des incidents, un motard vient d’être tué » nous assure un défenseur des droits de l’homme, qui ajoute » des embuscades, des actions de guerilla sont toujours possibles… »
Chacun reconnaît aussi que le M23, le plus combatif, le plus articulé des mouvements armés, celui qui représentait le plus grand défi pour l’autorité de l’Etat, n’est qu’une partie du problème : une vingtaine d’autres groupes attendent encore d’être désarmés, dont les combattants hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda).
Optimiste, le ministre Mende assure qu’ils seront « la prochaine cible » et il récuse les accusations selon lesquelles des « génocidaires »auraient pu être enrôlés sous uniforme congolais.
Restera à gérer l’après guerre dans l’Est du pays : démobiliser les enfants soldats, organiser le retour des déplacés et des réfugiés, veiller à la pacification des relations tous les groupes de la mosaïque congolaise. S’il est exact que de nombreux officiers rwandophones ont loyalement combattu les rebelles et que certains sont morts sur le terrain, nos interlocuteurs, à Goma, n’en redoutent pas moins les représailles et les règlements de compte « la paix sera aussi difficile à gérer que la guerre elle-même… »

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RDC : l’armée reprend au M23 la colline de Mbuzi

 
Des militaires congolais renforcent leurs positions autour de Goma au second jour des affrontements face aux rebelles du M23 (Photo Monusco)Des militaires congolais renforcent leurs positions autour de Goma au second jour des affrontements face aux rebelles du M23 (Photo Monusco)

Les Forces armées de la RDC ont pris lundi  4 novembre la colline de Mbuzi, une des dernières positions des rebelles du M23 retranchés aux confins du Rwanda et l’Ouganda, au Nord-Kivu. Les combats se poursuivent depuis la matinée, malgré le cessez-le-feu unilatéral décrété dimanche par le M23 et l’appel à la retenue de la communauté internationale.

Le porte-parole des FARDC au Nord-Kivu, le colonel Hamuli, a déclaré à Radio Okapi que les combats pour la reprise de Mbuzi ont été très rudes.

« L’ennemi a été délogé après environ 3 jours de combats », a-t-il confié.

Vers 12 heures locales, un détachement de soldats congolais posté à Ntamugenga a laissé éclater sa joie en chantant après avoir reçu un message radio indiquant que leurs frères d’armes ont atteint la crête de la colline de Mbuzi et qu’ils progressent vers le sommet.

Mbuzi est l’une de trois collines qui culminent à environ 2.000 mètres d’altitude où résistent encore quelques centaines d’éléments du M23 depuis la chute de Bunagana mercredi dernier.

L’armée a “conquis totalement le collectif montagnard de Mbuzi”, a indiqué à l’AFP un haut responsable militaire ayant requis l’anonymat.

Les militaires congolais considèrent la colline de Mbuzi comme « très stratégique ». Elle donne une vue sur les collines de Chanzu et Runyonyi, encore tenues par les rebelles.

Tôt le matin, trois obus lancés par le M23 depuis la colline de Chanzu ont fait six morts et dix blessés parmi les civils aux quartiers Karambo et Masoro obligeant les habitants de Bunagana à se réfugier en Ouganda. Un autre obus tombé dans ce pays n’a pas fait des victimes.

D’autres obus sont tombés dans la localité de Tchengerero, à environ 4 km de Bunagana. Des sources militaires indiquent qu’une femme et un homme ont été tués.

Dimanche, le président de la branche politique du M23, Bertrand Bisimwa, avait ordonné à ses troupes de «cesser immédiatement les hostilités avec les FARDC». Son ordre est tombé alors que l’armée pilonnait les derniers bastions des rebelles où étaient retranchés 200 à 300 combattants.

Dans un communiqué publié lundi 4 novembre, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a indiqué « le M23 doit faire une annonce claire, nette et sans ambiguïtés de la fin de la rébellion armée qu’il a lancé depuis 20 mois dans le Nord-Kivu ».

« Ce qui est attendu, ce n’est pas un cessez-le-feu. C’est la fin de toute activité militaire du M23 », précise le texte.

Poursuivre le processus politique

Les envoyés spéciaux des Nations unies, de l’Union européenne, de l’Union africaine et des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs ont pour leur part «exhorté le M23 à renoncer à sa rébellion comme déjà convenu». Ils ont également demandé au gouvernement de la RDC de «s’abstenir de toute action militaire à ce stade».

Dans un communiqué publié le lundi 4 novembre, ils ont déclaré avoir pris acte de l’annonce du M23 de mettre fin aux hostilités. Ils considèrent cette annonce comme la première étape indispensable vers la paix.

Les Envoyés spéciaux exhortent le mouvement rebelle et le gouvernement congolais à poursuivre leur engagement pour faire aboutir le processus politique par un accord final et le principe garantissant le désarmement et la démobilisation du M23.

radiookapi.net

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RDC : le M23 pilonne Bunagana malgré son cessez-le-feu

 

Le Mouvement du 23 mars (M23), dont les combattants sont confinés sur quelques collines à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, pilonne depuis 7 heures 30 locales la cité de Bunagana (Nord-Kivu) malgré l’appel à l’arrêt des hostilités militaires lancée dimanche 3 novembre par son président Bertrand Bisimwa depuis Kampala où il se trouve en pourparlers de paix avec le gouvernement congolais.

Les obus lancés par les rebelles du M23 depuis les hauteurs de Chanzu ont fait au moins quatre morts et dix blessés parmi les civils, ont indiqué des sources militaires. La population de Bunagana a une fois de plus trouvé refuge en Ouganda.

Pendant ce temps, les Forces armées de la RDC poursuivent leurs opérations contre les positions rebelles à Chanzu, Mbuzi et Runyonyi, derniers bastions des rebelles qui ont subi d’importants revers ces dernières semaines, renseignent ces sources.

Dimanche, le président de la branche politique du M23, Bertrand Bisimwa, avait ordonné aux troupes de cette rébellion de «cesser immédiatement les hostilités avec les FARDC». Son ordre est tombé alors que l’armée pilonnait les derniers bastions des rebelles où étaient retranchés 200 à 300 combattants.

Dans une déclaration commune publiée le même dimanche, les envoyés spéciaux des Nations unies, de l’Union européenne, de l’Union africaine et des Etats-Unis ont «exhorté le M23 à renoncer à sa rébellion comme déjà convenu». Ils ont également demandé au gouvernement de la RDC de «s’abstenir de toute action militaire à ce stade».

Les envoyés spéciaux ont encouragé les deux parties à poursuivre le processus politique afin d’aboutir à un accord de principe pour le désarmement et la démobilisation du M23 et que les auteurs de violation des droits de l’homme répondent de leurs actes.

radiookapi.net

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RDC : le gouvernement salue l'annonce de cessez-le-feu par le M23

Le général Ilongi conduit la progression de ses troupes à pied vers la ville de Bonaga mercredi, pour éviter que les véhicules puissent être ciblés par le M23. Les bataillons franchiront 24 km à pied jusqu'à Bona.
Le général Ilongi conduit la progression de ses troupes à pied vers la ville de Bonaga mercredi, pour éviter que les véhicules puissent être ciblés par le M23. Les bataillons franchiront 24 km à pied jusqu'à Bona.
Léa-Lisa Westerhoff / RFI
Par RFI

Après huit jours de combats, huit jours de défaite, le M23 a demandé pour la première fois à stopper les affrontements « pour permettre que le processus politique [engagés à Kampala] se poursuive ». Une décision saluée par le gouvernement congolais, même si, sur le terrain, la situation reste volatile.
 

La diplomatie pourrait-elle prendre le pas sur les armes ? C’est en tout cas de nouveau, l’espoir de la communauté internationale. Hier pour la première fois, le M23 a demandé la cessation des hostilités. En face, le gouvernement congolais a parlé d’un premier pas, en attendant de constater l’arrêt définitif des combats.

Car toute la journée les affrontements ont été intenses des deux côtés, d’après des sources militaires. Les tirs n’ont cessé qu’avec la nuit. Reprendront-ils avec le lever du jour ? C’est toute la question.

Mais d’après une source diplomatique, les communiqués du M23 et du gouvernement congolais pourraient marquer des petits pas vers la paix. Car à Kampala, un accord, recherché depuis des mois, pourrait être enfin trouvé.

L’offensive de ces huit derniers jours a fait la différence. Pour preuve : l’appel du M23 à cesser les hostilités. Du jamais vu ! Reste à savoir si la branche politique arrivera à prendre le dessus sur son aile militaire, tant les dissensions ont émaillé l’histoire du M23.

Réaction des deux parties

Bertrand Bisimwa, président du M23, assure que les deux délégations du M23 et du gouvernement congolais se sont mis d'accord pour une cessation des hostilités à Kampala. Il espère que le gouvernement tiendra parole.

 
Bertrand Bisimwa, Président du M23

"Nous avons obtenu des garanties du gouvernement : il s'inscrit également dans cette logique de cessation des hostilités. Nous attendons sa déclaration en ce sens, de manière à ce qu'il n'y ait aucune force qui tire sur l'autre, et que les conditions soient réunies pour la poursuite du processus de paix de Kampala."

Du côté du gouvernement, on assure que des instructions ont été passées en ce sens. Il n'y aura pas de combats si le M23 cesse de se battre. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais .

 
Lambert Mendé, Porte-parole du gouvernement congolais

"Notre objectif, c'est que le M23 se démobilise. Il n'est pas une force régulière, il n'est pas autorisé à porter des armes. Donc Cesser les hostilités, c'est déposer les armes."

Un charnier à Rumangabo ?

Alors que l’armée congolaise récupère morceau par morceau des pans de son territoire occupés par la rébellion du M23, l’armée congolaise découvre des armes, des prisonniers mais aussi des morts. C’est comme ça que dans le camp militaire de Rumangabo à une quarantaine de km au nord de Goma, des habitants affirment qu’il y a un charnier.

C’est un grand champ de maïs derrière la prison. Quand on s’y enfonce, à un endroit, un corps est allongé sur le ventre dans l’herbe, à moitié enterré, visiblement tué récemment. Mais pour les villageois et les militaires qui ont repris possession de ce camp, après le départ du M23, il y en aurait beaucoup plus dans ce champ : « Ce matin, j’étais dans ce champ de maïs, là où il y a des fosses sceptiques, il y a des corps qui y ont été jetés ».

Une version que confirment huit anciens prisonniers du M23, ex-membre de l’armée congolaise. Il y a une semaine ils ont pris la fuite au moment de la débandade. Major Rukeba Mkapa témoigne : « Le 5 septembre, on avait exécuté treize personnes, et le 12 octobre, huit personnes. Nous le savions parce quand on allait aux toilettes le matin, parfois vous constatez que quelque uns ne sont plus là ».

Impossible pour eux, de dire si ces vingt corps ont été enfouis dans le champ. Les ex-prisonniers sont par contre formels sur la méthode employée par la rébellion du M23 pour exécuter des personnes soupçonnées d’être Maï-Maï ou FDLR.

Selon toujours Major Rukeba Mkapa, « On n’utilisait pas des cartouches mais des tronçons d’arbre pour frapper sur les têtes et dans la nuque pour les tuer facilement et sans trace ».

Des allégations graves qu’il va falloir vérifier. La mission des Nations unies au Congo, tout comme l’armée ont promis une enquête, et des fouilles pour voir combien de corps reposent dans le champ de la base militaire de Rumangabo.

Calme précaire

Les annonces d'hier suffiront-elles à ramener le calme? Pour beaucoup de réfugiés qui ont dû fuir en Ouganda les combats, la reprise par l'armée régulière de la quasi totalité des localités occupées par les rebelles du M23 ne change pas grand-chose. Pour bon nombre d’entre eux, cette situation a un goût amer du déjà vu.

 
 

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03 novembre 2013

RDC: le chef du M23 appelle ses troupes à l’arrêt des hostilités avec l’armée régulière

Un soldat congolais près de Bunagana, au nord de Goma, le 1er novembre 2013.
Un soldat congolais près de Bunagana, au nord de Goma, le 1er novembre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe
Par RFI

Le chef du M23 a adressé ce dimanche 3 novembre un ordre à toutes les forces de son mouvement pour que cessent immédiatement les hostilités avec l'armée congolaise, mais cet après-midi encore on entendait des tirs dans l’extrême est du pays.

Tirs à l’arme lourde et mitrailleuses, le bruit des armes résonnait toujours dans les collines de Chanzu et Runyoni ce dimanche après-midi. Selon des sources militaires, l’armée congolaise ne se trouverait plus qu’à 1 kilomètre de Chanzu, là où se concentrent les derniers irréductibles du M23, entre 200 et 300 rebelles. Selon plusieurs sources, leur chef, Sultani Makenga, serait parmi eux. Des rebelles qui, jusque-là, ont fait preuve de résistance et répliqué à plusieurs reprises dans la journée.

Cet appel des dirigeants politiques du M23 à stopper les combats va-t-il changer la donne ? Difficile à dire. Selon plusieurs sources, reste dans ces collines proches de la frontière rwandaise le noyau dur, le plus radical. Et notamment des commandants qui pourraient être poursuivis pour crimes de guerre.

De la même façon, en face, l’armée congolaise pourrait être tentée de poursuivre son offensive jusqu’au bout, jusqu'à l'obtention d'une victoire totale.

Pendant ce temps à Kampala, les pourparlers de paix se sont de nouveau bloqués dimanche, entre autres sur les questions d’amnistie. Difficile dans l’immédiat de voir qui des politiques ou des militaires va l’emporter.

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RDC : nouvelle offensive de l'armée contre les derniers bastions du M23

Des soldats congolais à Bunagana, près de la frontière avec l'Ouganda, le 1er novembre 2013 en RD Des soldats congolais à Bunagana, près de la frontière avec l'Ouganda, le 1er novembre 2013 en RD © AFP

L'armée congolaise a lancé dimanche matin une nouvelle offensive contre les dernières positions des rebelles du M23 sur quelques collines de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué à l'AFP le général Lucien Bahuma, commandant de la 8e région militaire congolaise.

"Nous sommes en train de pilonner Mbuzi [...], après l'artillerie vient l'infanterie", a indiqué le général, joint par téléphone depuis Kiwanja, ville située à une vingtaine de kilomètres des combats et d'où l'on entendait au loin depuis 10H00 (08H00) GMT des détonations rapprochées d'armes lourdes. "On est en train de récupérer les collines. Ca tire au niveau des montagnes de Ntamugena, Mbuzi et Runyonyi. Les rebelles sont en train de fuir", a affirmé à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, un capitaine des Forces armées de la RDC (FARDC) à l'arrière.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) a été mis en déroute par l'offensive lancée le 25 octobre par les FARDC dans la province du Nord-Kivu, qui correspond à la 8e région militaire de la RDC. Depuis la prise mercredi, de leur fief politique, Bunagana, les rebelles ne contrôlent plus que quelques collines proches de cette ville située à la frontière avec l'Ouganda, à 80 km au nord de Goma, la province du Nord-Kivu.


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02 novembre 2013

RDC : le chef de la diplomatie retourne à Kampala pour les négociations avec le M23

Le ministre des Affaires étrangères de RDC, Raymond Tshibanda (g). Le ministre des Affaires étrangères de RDC, Raymond Tshibanda (g). © AFP

Le ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), Raymond Tshibanda, est retourné samedi à Kampala, où Kinshasa et les rebelles du M23 dialoguent tant bien que mal depuis décembre, a-t-on appris de source aéroportuaire à Kinshasa.

Le retour de M. Tshibanda, chef de la délégation gouvernementale à ces pourparlers dans la capitale ougandaise, a lieu alors que l'armée congolaise a repris depuis le 25 octobre l'intégralité du territoire que contrôlait encore le M23 dans l'Est du pays, à l'exception de quelques collines, à 2.000 mètres d'altitude, où sont retranchés les derniers combattants de la rébellion. M. Tshibanda est parti de Kinshasa accompagné de l'ambassadeur congolais en Ouganda, Jean-Charles Okoto, selon la source à l'aéroport de Kinshasa.

Vendredi, l'armée a donné aux irréductibles du M23 une "dernière chance" de se rendre et d'éviter un assaut final, mais le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a insisté sur le fait que "le succès de [la] contre-offensive militaire n'[était] pas une panacée". Les actions "politiques et diplomatiques [...] nous paraissent être les seules à même de garantir une paix durable à notre pays", avait ajouté M. Mende, alors que les rebelles parlent depuis mercredi de l'imminence de la signature d'un accord à Kampala.

Le gouvernement congolais maintenait une délégation "technique" à Kampala depuis la suspension des pourparlers le 21 octobre. Les discussions entre les deux parties semblent avoir repris en milieu de semaine, et le retour de M. Tshibanda signifie a priori que le dialogue progresse. Joint par téléphone samedi, le chef adjoint de la délégation du M23 à Kampala, Roger Lumbala, a déclaré à l'AFP qu'"il restait un dernier point important [à négocier] concernant l'amnistie" que demandent les rebelles. Selon lui, la signature d'un accord "pourrait intervenir dans la journée", sinon "la semaine prochaine" compte tenu de l'agenda du ministre de la Défense ougandais, Crispus Kyonga, chef de la médiation entre les deux parties.


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RDC: l’armée encercle les dernières collines aux mains du M23

Un rebelle du M23 sur les hauteurs de Bunagana, en juillet 2012.
Un rebelle du M23 sur les hauteurs de Bunagana, en juillet 2012.
AFP PHOTO / PHIL MOORE
Par RFI

L'armée congolaise se préparait, vendredi 1er novembre, à mener de nouvelles opérations contre les positions rebelles dans la région de Bunagana, à environ 80 km au nord de Goma, près de l'Ouganda. Elle s'est donnée pour objectif de déloger les rebelles des collines avoisinantes.

Déployée au nord-est, le long de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda, et un peu plus à l'ouest du côté du parc des Virunga, l’armée tentait hier encore, vendredi, de prendre les dernières positions des rebelles en étau.

A plusieurs reprises dans la journée, des tirs à l’arme lourde ont résonné en direction des trois collines où se terrent les quelques centaines d’irréductibles du M23 : Chanzu, Runyoni et Mbuzi, les trois cibles de l'armée désormais.

Il s’agit de collines agricoles, couvertes de champs de bananiers ou de forêts très denses. Elles sont particulièrement difficiles d’accès, d’autant plus qu’elles se trouvent tout près de la frontière rwandaise et que ceux qui poursuivent le combat coté rebelle maîtrisent très bien ce terrain.

Ainsi, les positions du M23 ont beau être réduites à des toutes petites localités rurales et leurs troupes en grande partie en débandade, quelques éléments semblent toujours résister efficacement.

Dernière chance de se rendre

Une nouvelle fois, hier, l’Etat congolais a lancé un appel à la défection. « Nous donnons une dernière chance à tous les combattants du M23 de se rendre », a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Amuli, porte-parole de l'armée pour le Nord-Kivu.

 → A (RE)LIRE : Thierry Vircoulon sur RFI : « Que reste-t-il à négocier avec le M23 en RDC ? »

« La guerre n’est pas une panacée », a affirmé de son côté, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, encourageant les rebelles à signer un accord politique pour garantir une paix durable.

 
Des éléments des FARDC en opération au nord de Goma, le 31 octobre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe

En effet, alors que l’offensive militaire contre les rebelles du M23 est toujours en cours, en parallèle les pourparlers politiques entre les deux parties continuent. La communauté internationale espère même qu’un accord pourrait être signé dans les jours qui viennent, comme l’explique le chef adjoint de la Monusco, Abdallah Wafy.

« Il y a toujours des pourparlers qui continuent au niveau de Kampala [Ouganda], explique ce dernier, l’objectif étant d’obtenir un accord politique […]. Mais les deux options restent sur la table : l’option militaire et l’option diplomatique. L’une n’excluant pas l’autre. »


 ■ REACTION : « On peut tenir une année », affirme un officier du M23

Face à l’avancée des FARDC, les militaires du M23 se sont retirés sur des collines à 2000 mètres d’altitude près de Bunagana. Certains sont également passés côté ougandais. C’est le cas de cet officier supérieur qui témoigne de manière anonyme au micro de RFI.

Il est assis, tête basse et regard fuyant, en jean et chaussures de sport. Mercredi, il a traversé la frontière vers l'Ouganda. Selon lui, ils sont une cinquantaine à avoir fait de même, notamment des cadres et des policiers.

« Le M23 n’est pas encore fini. Nous avons au moins cinq brigades et nos deux états-majors. Et les munitions que nous avons sont suffisantes. Nous les avons prises à Goma l’année dernière et un peu partout ailleurs. On peut tenir une année. »

Il dément tout recrutement forcé de militaires ou d’enfants. Il explique cependant que le mouvement enrôlait de force des voleurs dans des comités d’autodéfense. Il dément également tout soutien du Rwanda et de l’Ouganda à la rébellion.

« Les fosses communes existaient avant nous »

Concernant les fosses communes découvertes à Kibumba, ce dernier estime que le M23 n’y est pour rien : « Ces fosses communes existaient avant nous. Même lorsque nous étions dans l’armée régulière, nous savions qu’elles étaient là. Tout le monde sait qu’elles datent de l’époque du RCD. Ces accusations sont le fait de personnes mal intentionnées qui veulent nous faire porter le chapeau. »

Pour lui, désormais, l’avenir est incertain : « Je souhaiterais rejoindre mon unité au Congo, dès que possible. Mais la route est désormais barrée par les FARDC ». Selon le combattant, des « camarades » viennent d’être arrêtés au Rwanda voisin. Une nouvelle porte de sortie qui se referme.

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RDC: le M23 en 12 dates

Recherché pour crimes de guerre, le chef du M23 Bosco Ntaganda s'est spontanément constitué prisonnier en mars dernier pour être jugé par le CPI..
Recherché pour crimes de guerre, le chef du M23 Bosco Ntaganda s'est spontanément constitué prisonnier en mars dernier pour être jugé par le CPI..
DR
Par Tirthankar Chanda

Depuis la reprise des hostilités au Nord-Kivu, vendredi 25 octobre, l’armée congolaise soutenue par l’ONU ne cesse de marquer des points face à la rébellion. Les principales bases arrières du mouvement rebelle M23 sur le territoire congolais sont tombées au cours des derniers jours, ses combattants réduits à fuir vers l’Ouganda et le Rwanda. Il y a encore quelques semaines, les rebelles contrôlaient un large territoire de la province du Nord-Kivu.
Rappel des étapes majeures de l'évolution de la rébellion du M23.

■ Repères

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu connaissent depuis plusieurs années des cycles de violence et de conflits armés axés autour des importantes richesses minérales et des terres fertiles de cette partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC).

Ici, les rébellions succèdent aux rébellions. La dernière en date est celle menée par le mouvement M23 constitué en avril 2012. Ce courant est composé d’ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui a sévi dans la région dans les années 2000. Le CNDP était dirigé par Laurent Nkunda, général déchu de l’armée congolaise et proche du Rwanda.

Les rébellions qui ont ensanglanté le Nord-Kivu sont soutenues par les voisins rwandais et ougandais de la RDC. Le mouvement M23 ne déroge pas à la règle, même si Kigali et Kampala ont toujours nié ces allégations.

■ Chronologie

                                                                  2012

29 avril : Début d’affrontements dans le Nord-Kivu (à Masisi) entre l’armée congolaise (FARDC) et des militaires mutins.

6 mai : Publication du communiqué annonçant la création du Mouvement du 23 mars (M23). Ce mouvement dirigé par le général Bosco Ntaganda, un ancien du CNDP, doit son nom à l’accord de paix signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement congolais et les rebelles pro-rwandais du CNDP. Les mutins du M23 invoquent le non-respect du pacte au terme duquel le gouvernement congolais s’était engagé à intégrer dans l’armée régulière les combattants du CNDP et à les maintenir dans leur fief du Nord-Kivu.

Ils redoutaient également l’extradition par Kabila de leur chef Bosco Ntaganda (surnommé « Terminator ») vers la Cour pénale internationale (CPI). L’homme est poursuivi par la CPI pour des crimes de guerres notamment l’enrôlement d’enfants. Sultani Makenga, un autre commandant du M23, a été lui aussi impliqué dans le recrutement et l’utilisation d’enfants militaires.

6 juillet : Chute de Bunagana, important post-frontière avec l’Ouganda et poumon économique de la région. La ville passe aux mains du M23.

 

 
Des membres des forces armées du M23 dans une rue de Goma, le 20 novembre 2012
REUTERS/James Akena

15-20 novembre : Offensive majeure des rebelles jusqu’aux portes de Goma, ce qui provoque l’exode massif de réfugiés. Le 20, chute de Goma, malgré la présence sur place de la force de maintien de la paix de l’ONU, la Monusco. MSF évoque « plus de 100 000 déplacés ». L’ONU accuse les rebelles d’avoir enlevé des femmes et des enfants.

24 novembre : Ouverture à Kampala (Ouganda) de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le communiqué final de la CIRGL appelle les combattants du M23 à se retirer de Goma. Les rebelles amorcent leur retrait pour se replier au nord de cette ville.

9 décembre : Début de pourparlers à Kampala entre le gouvernement congolais et le M23.

                                                                     2013

24 février : Signature d’un accord-cadre à Addis-Abeba par onze pays africains pour la pacification de l’Est congolais.

19 mars : Guerre des chefs au sein du M23, débouchant sur la présentation spontanée de Bosco Ntaganda à l’Ambassade des Etats-Unis pour se constituer prisonnier. Les autorités consulaires américaines le transfèrent à la CPI qui le recherchait depuis 2006 afin de le juger pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

28 mars : Résolution du Conseil de sécurité qui renforce la Mission de l’ONU (Monusco) en créant pour la première fois  une brigade d’intervention chargée de « neutraliser les groupes armés » opérant dans l’Est congolais.

20 mai : Recrudescence de combats dans la région frontalière entre les forces de M23 et l’armée congolaise après six mois d’accalmie.

30 août : Retrait des rebelles de la ligne de front au nord de Goma, suite à l’offensive de l’armée congolaise, soutenue par les brigades de la Monusco. C’est le véritable tournant de la guerre.

 

 
« Photo de famille » lors de la prise de Bunagana entre différents colonels du nord Kivu pour fêter la victoire.
RFI/Léa-Lisa Westerhoff

Fin octobre : Suspension des négociations de paix à Kampala entre la RDC et les rebelles du M23.

Les combats recommencent après deux mois de trêve, avec l’armée et la brigade d’intervention de l’ONU reprenant le contrôle de Rutshuru et Kiwanja, deux anciennes localités aux mains du M23. Le 30, reconquête par les Forces armées congolaises de Bunagana, le dernier grand fief du M23.

Posté par lumbamba à 03:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]