31 octobre 2013

RDC : comment les FARDC ont pris le dessus sur le M23

Un tank de l'armée congolaise près de Goma, en juillet. Un tank de l'armée congolaise près de Goma, en juillet. © AFP/Phil Moore

L'armée congolaise menait, jeudi, une nouvelle opération militaire pour déloger les quelques centaines de combattants du M23 retranchés dans les collines proches de Bunagana. Selon une source à la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), les combats sont entrés "dans une phase finale". Retour sur le franc succès de l'offensive fulgurante menée depuis vendredi dernier par les FARDC et la brigade d'intervention de l'ONU.

Vendredi 28 octobre. Au petit matin, les hostilités reprennent au sud de la ligne de front sur la colline de Kanyamahoro, à moins d'un kilomètre de Kibumba (ancien poste avancé de l'armée avant la prise de Goma, en novembre 2012, à 25 km au nord de la capitale du Nord-Kivu). Durant les mois précédent, le M23 y avait considérablement renforcé ses positions. C'est donc là que les affrontements sont les plus intenses.

Dans le même temps, les FARDC, parfois assistés de la brigade d'intervention de la Mission des Nations unies en RDC, lance des offensives plus au Nord, avec pour but d'encercler les éléments du Mouvement du 23-Mars (M23). L'armée congolaise se déploie sur deux axes : autour de Rumangabo (seule) et de Rutshuru (avec l'appui de la brigade d'intervention). En tout, trois fronts sont ouverts. En quatre jours, le M23 est délogé de ses positions clés. Samedi, Kibumba tombe après d'intenses combats. Dimanche, c'est autour de Kiwanja et de Rutshuru d'être abandonnées par les rebelles. Lundi, Rumangabo, base militaire importante, est reprise, puis Bunagana, mercredi.

Les deux hommes clés du redressement des FARDC

On avait quitté une armée congolaise démoralisée par la prise de Goma en novembre 2012. Force est de constater qu'un an après, les FARDC se sont considérablement réorganisées. Pour beaucoup d'experts, le mérite revient notamment à deux hommes : le nouveau commandant de 8e région militaire du Nord-Kivu, le major-général Lucien Bahuma Ambama (nommé en juin 2012) et le lieutenant-général François Olenga, chef d'état-major de l'armée de terre depuis décembre 2012. "Ces deux hommes ont fait plus attention à ce que la logistique soit acheminée au bon endroit, que les salaires soient payés sans retard", explique sur son blog Jason Stearns, chercheur au Rift Valley Institute.

Nommé en remplacement du controversé général Amisi, Olenga est un proche du président Joseph Kabila. "Il a le sens de la communication en temps de guerre. C'est aussi quelqu'un qui a du caractère. Cela peut faire douter l'adversaire et regonfler le moral des troupes", soulignait un analyste congolais après sa nomination. De son côté, le général Bahuma restructure le commandement militaire du Nord-Kivu et y place des hommes de confiance. Ainsi, la discipline au sein des unités s'est améliorée, pendant ou entre les opérations militaires.

Nouvelles unités

Des formations aux droits de l'homme ont également été organisées. Surtout, plusieurs nouvelles unités sont mises sur pieds. Les 321e et 322e Bataillons URR - Unités de réaction rapide - ont ainsi été formés par des instructeurs belges. Ces unités commandos de la nouvelle force de réaction rapide de l´armée régulière sont sous le commandement du colonel Mamadou Moustafa Ndala. Déterminé et efficace sur le terrain, cet officier trentenaire, natif de Watsa (Province orientale), incarne le renouveau opérationnel des FARDC.

Reste la question du renseignement. Il y a quelque mois, les officiers congolais se plaignaient d'être mal orientés, piégés par des rumeurs. Désormais, ils savent où frapper un ennemi sur lesquels ils ont plus d'informations. Le ras-le-bol d'une partie de la population contre la présence rebelle peut en partie expliquer cette amélioration. Mais, si aucune preuve tangible ne permet d'étayer cette supposition, il y a fort à parier que l'armée congolaise a pu bénéficier des moyens de surveillance onusien.

La brigade d'intervention

Loin du temps où le président ougandais Yoweri Museveni accusait l'ONU de faire du "tourisme militaire" en RDC, l'apport de la Monusco et des 3 069 hommes de sa brigade d'intervention est un élément clé pour expliquer le succès de l'offensive.

Pour la première fois, la brigade était au complet – le dernier bataillon d'infanterie du Malawi étant arrivé en octobre. Avec eux, des Casques bleus de Tanzanie et d'Afrique du Sud. "Ils ont davantage le souci de nous aider que les Uruguayens et les Indiens, qui ne viennent pas du même continent que nous", explique un lieutenant-colonel des FARDC cité, jeudi, par le quotidien français Libération.

Dès vendredi, la brigade se positionne en soutien des FARDC sur les fronts Sud (Kibati) et Nord (Rutshuru et Kiwanja). L'apport des hélicoptères onusiens MI-8s et MI-26s y ont été primordiaux pour prendre les collines tenues par les rebelles.

La présence de la brigade a aussi eu un effet psychologique indéniable, auprès des FARDC comme du M23. De plus, les soldats congolais ont pu bénéficier des rations de l'ONU.

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Par Vincent Duhem, avec Laurent Touchard


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RDC: des milliers de réfugiés fuient les combats en Ouganda

Des déplacés congolais qui fuient l’avancée des combats, le 27 octobre 2013.
Des déplacés congolais qui fuient l’avancée des combats, le 27 octobre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe
Par RFI

L’offensive de l’armée contre les rebelles du M23 se poursuit en RDC. Un conflit qui a des répercussions dans les pays voisins et surtout en Ouganda. À Kisoro, ville frontalière de Bunagana, dernier bastion congolais du M23 repris mercredi par l’armée congolaise, les humanitaires doivent gérer un afflux de réfugiés massif depuis le début de la semaine.

La journée de mercredi a été rude pour les humanitaires ougandais. Fuyant l’avancée de l’armée congolaise, des milliers de familles se sont réfugiées chez leur voisin par le poste frontalier de Bunagana.

«C’était un afflux massif, confirme Jimmy Ogwang, un employé de terrain du HCR. A midi on avait comptabilisé entre 5 000 et 8 000 réfugiés. La plupart était des femmes et des enfants. A 17h, on en avait transféré plus de 1 400 au centre de transit».

Risque de crise sanitaire

Et dans le centre de transit il faut s’assurer que la situation sanitaire demeure stable. «Parfois ils viennent des villages et ne sont pas habitués à utiliser les latrines. Notre travail est de veiller à ce qu’ils les utilisent. Car s’ils ne les utilisent pas bien, c’est là qu’il y a un risque d’épidémie. Mais pour l’instant je ne vois pas de gros risque sanitaire dans le centre», ajoute Jimmy Ogwang.

Si une petite partie des réfugiés est repartie en RDC, une fois la cité de Bunagana sous contrôle de l’armée, le HRC reste sur ses gardes : «Nous nous attendons à recevoir plus de réfugiés car la situation au Congo est toujours incertaine. Les forces gouvernementales ont repris la majorité de la zone, mais on voit que le M23 ne fait que se retirer, donc on ne sait pas trop ce qu’il pense en ce moment. Et, après le M23 il y a d’autres milices dans la zone ».

Des rebelles cachés parmi les réfugiés

Dans l’immédiat, les humanitaires tentent d’avoir accès aux milliers de réfugiés qui se sont dispersés le long de la frontière, chez des proches ou dans des bâtiments publics. Selon des agents du HCR et de la Croix-Rouge sur le terrain, pour sûr deux militaires M23 qui ont traversé en même temps que les réfugiés ont été remis aux autorités ougandaises.

 
Chauffeur de taxi ougandais

"Tout a commencé ce matin, lorsque les militaires FARDC, ont été signalés aux environs de Tchengerero. Les populations ont commencé à affluer vers la frontière. Mais lorsque les combats ont commencé, certains militaires M23 ont ôté leurs tenues et ont traversé parmi les civils. J’en ai compté une trentaine. J’en ai pris sept dans mon taxi. Je les connaissais. Ils m’ont dit qu’ils étaient chômeurs au Rwanda et qu’ils étaient partis d’eux-mêmes, chercher du travail de l’autre côté de la frontière dans les rangs du M23. Arrivés à quelques mètres du poste frontalier de Cyanika, à la frontière avec le Rwanda, ils sont descendus du véhicule."

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Nord-Kivu : l’armé attaque les collines où se sont retranchés les rebelles

 
Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain LiechtiDes soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont attaqué ce jeudi 31 octobre dans l’après-midi les collines de Mbuzi, Chanzu et Runyonyi où se sont retranchés les rebelles du M23. Cette information annoncée par les responsables de l’armée dans cette province est confirmée par des sources locales qui font état des détonations d’armes lourdes.

Les FARDC ont d’abord ouvert un front sur la colline de Mbuzi. A en croire un responsable militaire se trouvant au front, cette position est très stratégique. Une fois reprise aux mains des rebelles, assure-t-il, les soldats congolais auront une vue sur les collines de Chanzu et Runyonyi.

Jusqu’en ce début de soirée, des détonations d’armes lourdes étaient entendues dans cette région.

Le porte-parole de l’armée congolaise au Nord-Kivu, le colonel Olivier Hamuli, a indiqué que depuis le début de l’assaut ce matin, l’armée a gagné du terrain.

Dans quelques heures, a-t-il ajouté, l’ennemi sera délogé de cette colline.

Pendant ce temps, une délégation constituée du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, de l’adjoint du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU chargé de l’Est de la RDC, le général Abdallah Wafi et du chef de bureau de la Monusco au Nord-Kivu a fait une brève visite à Tchengerero, localité située à 24 kilomètres de Rutshuru sur la route de Bunagana.

Le but de cette visite était de réconforter les populations civiles de cette zone récemment libérée du joug de la rébellion du M23. Julien Paluku a promis aux habitants de cette localité le retour total de l’autorité de l’Etat dans toute cette partie du pays.

radiookapi.net

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Nord-Kivu: les FARDC préparent une attaque contre les dernières positions du M23

 
Un campement des FARDC à Kibati Goma, au Nord-Kivu.Un campement des FARDC à Kibati Goma, au Nord-Kivu.

Des responsables de l’armée congolaise indiquent que les FARDC vont lancer bientôt lancer un assaut contre sur le dernier verrou du M23. Après avoir été délogé de Bunagana, mercredi 30 octobre, ces rebelles se sont retranchés sur les collines de Mbuzi, Chanzu et Runyonyi dans les groupements Jomba et Kisigari.

Les mêmes sources affirment que les militaires congolais se sont déjà positionnés dans la vallée du secteur de Mbuzi, Chanzu et Runyonyi.

« Le temps de mettre au point le dernier plan d’attaque qui devrait leur permettre de déloger les rebelles du M23 encore retranchés dans ces collines », confie un responsable militaire.

Des témoins rapportent qu’un important arsenal militaire est déployé dans cette zone.

Le colonel Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC au Nord-Kivu, annonce que des combattants du M23 ont commencé à se rendre à l’armée régulière ; après avoir pris connaissance de l’imminence de l’attaque de l’armée congolaise.

Par ailleurs, le camp des réfugiés de Nyakabande et la ville de Kisoro en Ouganda se vident petit à petit. Les Congolais, qui y avaient trouvé refuge à la suite des combats entre les rebelles et l’armée, ont commencé à rentrer dans leur pays en passant par le poste frontalier de Bunagana.

radiookapi.net

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RDC : jour de la libération de Bunagana, ex-capitale et poumon économique du M23

Aussitôt après la victoire de l'armée congolaise, les habitants ont fêté la libération de Bunagana, le 30 octobre 2013.
Aussitôt après la victoire de l'armée congolaise, les habitants ont fêté la libération de Bunagana, le 30 octobre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe
Par RFI

Ce matin, deux localités Tshanzu et Runyoni, enfouies dans les collines près du Rwanda sont encore aux mains du M23. Un territoire minuscule par rapport à celui que le mouvement contrôlait encore il y a une semaine. Mais, la journée du mercredi 30 octobre restera marquée par la reprise de Bunagana, ville frontalière avec l’Ouganda, véritable capitale politique et dernier bastion du M23.

Bunagana était le poumon économique du M23 et l’une de ses prises les plus prestigieuses. La ville frontalière avec l’Ouganda représente un vrai carrefour de marchandises et notamment pour l’exportation des minerais. Une source de revenus conséquente pour les rebelles qui selon les habitants de la ville, taxaient absolument tout ce qui passait la frontière, des bouteilles d’eau à la cacérite. Des dizaines de millions de dollars ont été collectés.

Mais la ville est aussi un symbole de l’humiliation infligée à l’armée congolaise il y a 20 mois lorsque le M23 s’était emparé très vite du contrôle de cette ville. Aujourd’hui, pour les Congolais, la revanche est consacrée.

Une victoire saluée par les habitants mais un combat non terminé

L’armée congolaise est entrée à 16h à Bunagana ville frontalière de l’Ouganda. L’Etat a récupéré son autorité sur son territoire. Même si le M23 n’a offert que très peu de résistance, des tirs d’armes légères matés aussitôt par des tirs. Qu’importe soldats et habitants de la ville n’ont pas boudé leur plaisir mercredi 30 octobre. Des chants, des pagnes aux pieds des libérateurs, des haies d’honneur, la fête s’est prolongée jusqu’aux premières pluies à la tombée de la nuit.

La lutte contre les rebelles loin d’être terminée. Désormais, il faut sécuriser et ratisser toutes les collines alentour, pour éviter que les rebelles ne reviennent notamment à Tshanzu et Runyoni, 25 km plus au sud. Ces deux localités enfouies au pied de collines entourée de forêt étaient les premières prises il y a un et demi par le M23. Elles seront très probablement les dernières à être contrôlées par l’armée congolaise. Hier, des combats s’y déroulaient toujours.

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30 octobre 2013

RDC: Bunagana, le fief politique du M23, est tombé sous le contrôle de l’armée congolaise

Des hélicoptères de la Monusco en route vers Kiwanja et Rutshuru lundi, deux villes fraîchement tombées sous le contrôle de l'armée congolaise.
Des hélicoptères de la Monusco en route vers Kiwanja et Rutshuru lundi, deux villes fraîchement tombées sous le contrôle de l'armée congolaise.
Lea Lisa
Par RFI

La Monusco confirme la reprise de Bunagana, la capitale politique du M23, par l'armée congolaise. Selon la presse ougandaise, Bertrand Bisimwa, président du M23, aurait fui et se serait rendu aux autorités ougandaises. Ce dernier a démenti à la mi-journée, affirmant être toujours au Congo.

La Monusco, qui a tenu une conférence de presse ce mercredi 30 octobre dans la matinée, affirme que la situation est redevenue calme à Rutshuru et Kiwanja, deux anciennes places fortes du M23 récupérées par l'armée ces derniers jours.

La Mission des Nations unies a également affirmé avoir dépêché une équipe pour enquêter sur la présence de fosses communes dans les zones contrôlées auparavant par le M23.

 → A RELIRE : L’ONU estime que les rebelles du M23 en RDC sont «quasiment» finis en tant que force militaire

Selon le porte-parole de la mission au Nord-Kivu, les hélicoptères de l'ONU devraient survoler dans les prochaines heures les collines environnant cette ville frontalière où se seraient repliés les combattants de la rébellion.

Plusieurs sources affirment que le chef militaire du M23, Sultani Makenga, et ses principaux lieutenants se seraient repliés sur les collines autour de Mbusi et Tshanzu.

C'est là que Bosco Ntaganda, l'ancien chef militaire du M23, avait trouvé refuge pendant plusieurs semaines lorsqu'il avait fait défection des FARDC l'an dernier.

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Nord-Kivu : les FARDC prennent le contrôle de Bunagana




 
Des militaires congolais en patrouille à Goma (Photo Monusco)Des militaires congolais en patrouille à Goma (Photo Monusco)

Les militaires congolais ont pris le contrôle de Bunagana ce mercredi 30 octobre en début d’après-midi. Des témoins assurent que les FARDC ont conquis cette cité sans réelle opposition des rebelles du M23 qui l’occupaient depuis une année. Bunagana, située à la frontière ougandaise, était considérée comme le fief politique de la rébellion.

L’armée congolaise a confirmé la reprise de cette cité sur twitter:

« Depuis un peu plus d’une heure, Bunagana est totalement sous notre contrôle. On a combattu depuis tôt ce matin. Les autres [les rebelles, NDLR] ont décroché et certains se sont repliés sur les collines de Mbuzi et Chanzu, d’autres sont partis en Ouganda, comme Bertrand Bisimwa », le président de la branche politique du M23, a déclaré à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Dans la matinée, des sources dans la région indiquaient que le gros des troupes de la rébellion ainsi que les cadres politico-militaires du mouvement rebelle, n’étaient plus visibles à Bunagana.

Les mêmes sources affirmaient que les rebelles avaient pris position dans les collines de Chanzu, Mbuzi et Runyonyi.

radiookapi.net

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Jean-Paul Epenge : "Le M23 a quitté Bunagana, Makenga se trouve en RDC"

Selon Epenge, le M23 a quitté Bunagana et 'Sultani Makenga se trouve en RDC'. Selon Epenge, le M23 a quitté Bunagana et "Sultani Makenga se trouve en RDC". © DR

Alors que le M23 s'est replié dans les montagnes à la frontière avec l'Ouganda et que ses cadres ont quitté Bunagana, le fief de la rébellion, pour Kampala, le porte-parole du mouvement en Europe, Jean-Paul Epenge, fait le point sur la situation. En exclusivité pour Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Quelle est la situation sur le terrain au cinquième jour de l'offensive des FARDC, appuyée par la brigade internationale ?

Jean-Paul Epenge : La situation est calme. Mais, aujourd'hui [30 octobre] à 11 heures [locales], les troupes du M23 ont quitté Bunagana, avec armes et munitions. Nous nous sommes repliés mais nous restons sur le territoire congolais. Notre stratégie consiste à ne pas se battre contre les éléments de la brigade d'intervention des Nations unies.

Bertrand Bisimwa, le chef politique de votre mouvement, aurait quitté Bunagana pour Kampala. Confirmez-vous cette information ?

Oui, les cadres du mouvement ont quitté Bunagana pour se rendre à Kampala. Des contacts entre les délégués de Kinshasa et ceux du M23 demeurent et les pourparlers continuent. Présentement, le chef de notre délégation, René Abandi, discute avec la médiation pour voir comment finaliser le projet d'accord.

Le M23 serait-il finalement prêt à signer le projet d'accord présenté par le gouvernement congolais à Kampala ?

Kinshasa n'a jamais présenté les choses telles qu'elles sont. Intégration dans les FARDC ? Nous n'en voulons pas ! La plupart de nos soldats sont des jeunes dont les parents vivent encore dans les camps des réfugiés au Rwanda, en Ouganda et ailleurs. Ils ont donc vocation à protéger leurs familles qui sont souvent menacées par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDRL). Si des dispositions sont prises pour éliminer la menace FDLR, nous nous démobiliserons nous-mêmes.

L'essentiel pour nous, c'est la question de l'amnistie et de la traque des FDLR

Quant à l'amnistie, nous sommes d'accord mais exigeons une amnistie globale. Pourquoi Kinshasa veut-il exclure Sultani Makenga [chef militaire du M23, NDRL] et certains autres chefs militaires du M23 ? Ils sont certes sous le coup des sanctions des Nations unies, mais ils ne sont pas recherchés par une juridiction internationale.
Concernant l'avenir des chefs politiques, c'est une question subsidiaire : chacun décidera au moment opportun. Cela dépendra de l'accord que nous allons signer. L'essentiel pour nous, c'est la question de l'amnistie et de la traque des FDLR.

Avec la reprise par l'armée de tous les territoires que vous contrôliez, pensez-vous être aujourd'hui en position de force pour poser vos conditions à Kampala ?

Tout le monde insiste sur la solution politique à cette crise. Ce n'est pas pour rien. Nous, nous sommes retirés volontairement pour démontrer notre bonne foi. Nos neuf brigades sont intactes sur des collines. Nous appelons donc la médiation à convoquer les belligérants, sinon nous prendrons nos responsabilités. Il ne sera pas question pour nous d'aller vivre dans les camps des réfugiés.

Pour le M23, la solution passe toujours par les pourparlers de Kampala ?

La solution passe par les négociations. Car même si le M23 disparaît, les problèmes du Congo demeurent. À l'Est, il y a une trentaine de groupes armés qui demeurent actifs.

Où se trouve Sultani Makenga ?

Le général Makenga se trouve toujours sur le territoire national.

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Propos recueillis par Trésor Kibangula

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Le chef rebelle Bertrand Bisiimwa en fuite en Ouganda

M23 leader Bertrand Bisimwa in the rebel-held town of Bunagana, North Kivu, April 26, 2013.

Selon le journal ougandais en ligne New Vision de ce jour, le chef rebelle Bertrand Bisiimwa aurait été bloqué à la frontière entre Bunagana et Ouganda où il s'était présenté ce matin. Il semblerait qu'il aurait voulu demander l'asile politique à partir de ce poste frontière. Mais ce qui est sûr, c'est que le ministre de la défense, le Dr Crispus Kiyonga, qui est en même temps le facilitateur des négociations entre le M23 et le gouvernement de Kinshasa, a dépêché son envoyé spécial pour le faire entrer dans le pays afin de "prendre part aux pourparlers de paix".

Ce journal rapporte aussi l'affluence de plusieurs milliers des Congolais en Ouganda fuyant les futurs affrontements de Bunagana. Certains sont accueillis chez des connaissances et d'autres dorment depuis hier à la belle étoile. Ces informations confirment celles diffusées par radio okapi selon lesquelles la localité de Bunagana s'est vidée de tous ses habitants fuyant des éventuelles confrontations entre les FARDC et les Rwandais du M23. Elles confirment aussi la fuite des dirigeants politico-militaires de ce mouvement rebelle vers l'Ouganda.

Lumbamba Kanyiki

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Consolider les succès militaires dans une stratégie de guerre totale pour enterrer définitivement la foire à Kampala

Par Jean-Jacques Wondo

Images FARDC

Depuis mai 2013, les FARDC, appuyées par la brigade internationale de la Monusco, font preuve d’une grande performance  dans leurs affrontements contre le M23 qui méritent d’être salués.

Après plusieurs rounds infructueux des négociations vouées à l’échec à Kampala, avec la médiation d’un pays jugé à la fois comme juge et acteur du conflit, l’on se rend compte que seule l’option militaire, réclamée dans nos dernières analyses en convergence avec le point de vue avancé par d’autres acteurs du terrain directement touché par cette guerre : le Gouverneur Julien Paluku ou les activistes de la société civile : Thomas’D’Aquin Mwiti et maître Omar Kavota, était la seule option à privilégier pour conclure de la manière la plus satisfaisante le macabre épisode du M23. http://desc-wondo.org/julien-paluku-la-solution-a-la-crise-securitaire-au-nord-kivu-est-essentiellement-militaire/ ; http://radiookapi.net/emissions-2/dialogue-entre-congolais/2013/09/30/ce-soir-la-societe-civile-du-nord-kivu-soppose-lintegration-des-elements-du-m23-au-sein-des-fardc/

Certes, les récents succès militaires des troupes loyalistes congolaises ne doivent pas nous faire perdre de vue que le plus important est de consolider ces acquis sur les plans politiques et militaires.

Comme je l’écrivais également dans une précédente analyse : « Dans une guerre, on ne peut désigner le vainqueur qu’en considérant les fins, positives ou négatives, de la guerre ou de la campagne militaire. La méconnaissance de cette règle peut mener à des succès militaires sur le plan tactique mais qui peuvent être en même temps des échecs stratégiques. La défaite de l’un des camps en présence est consommée lorsqu’il ne peut plus raisonnablement espérer de la continuation de la lutte un redressement politico-militaire qui lui permettrait d’obtenir de meilleures conditions de cessation des hostilités. »

Le but fondamental de la stratégie (politique et militaire) est la défaite (ou la soumission totale) de l’ennemi. Cette proposition, qui n’est en elle-même guère discutée, pose un problème de délimitation. Quand peut-on dire que la victoire est acquise, que l’ennemi est défait ? Quand il se reconnait vaincu. Sans doute mais on ne fait que reporter le problème car les succès militaires intermédiaires ne signifient pas nécessairement une victoire finale. C’est ici que l’expression « perdre une bataille mais pas une guerre » prend parfois tout son sens.

Il n’y pas de facteur unique de la victoire ou de la défaite : un belligérant peut perdre une immense étendue de territoire tout en parvenant à replier ses forces en bon ordre ; c’est le cas de la défensive allemande de l’Est de 1943 à 1945 : les forces allemandes ont conservé leur cohésion et leur capacité combattante jusqu’à la bataille finale de Berlin.

Les stratégistes se focalisent moins sur l’éclat des batailles que sur leurs suites et impacts (politiques, diplomatiques, sociaux, économiques…) à long terme. D’autant qu’en stratégie, l’option militaire, quoique déterminante, ne suffit pas à elle seule pour déterminer la réalisation finale des objectifs poursuivis dans une guerre. Celle de prolonger la politique par d’autres moyens en contraignant l’adversaire à la soumission. L’épreuve de vérité n’est pas une bataille gagnée, aussi brillante soit-elle, mais la mise hors combat durable de l’ennemi, soit par la destruction de ses forces, soit par la maîtrise d’un espace de sécurité politiquement, économiquement et militairement suffisant. Ou encore par les dividendes diplomatiques de la défaite militaire engendrés à la suite d’une bataille militaire. http://desc-wondo.org/victoire-militaire-tactique-mais-echec-strategique-le-cas-du-m23-et-du-rwanda/

Et là, nous sommes au cœur de la théorie de la guerre, modélisée par le Général et théoricien prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) dans son célèbre livre « Vom Kriege » (De la guerre).

Ainsi pour ce célèbre stratégiste, analyste pragmatique du phénomène «  guerre » sous sa forme de « duel », la guerre est et doit demeurer l’instrument politique.

La guerre pour Clausewitz reste un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ; son dessein immédiat est d’abattre l’adversaire afin de le rendre incapable de toute résistance, voire de toute manœuvre politique ou diplomatique ultérieure.

Ainsi, dans sa conception politique de la guerre, Clausewitz avance que tant que je n’ai pas complètement abattu ou annihilé la capacité de nuisance de l’adversaire, je peux craindre qu’il m’abatte à tout moment. Je ne reste pas encore complètement mon propre maître, car il peut encore me dicter sa loi comme je lui dicte la mienne.

Cette mise en garde vaut son pesant d’or lorsque l’on analyse l’évolution des différents conflits qui ont eu cours à l’est de la RDC depuis 1998 où l’on a vu des retournements des situations surréalistes au moment où les populations jubilaient à une victoire finale. Cela doit amener à une vigilance tous azimuts pour que cette fois-ci, aucune fausse note ne provienne des instances supérieures (politiques et militaires) de l’armée qui tenteraient d’ordonner aux troupes la cessation des hostilités ou le retrait des zones reconquises alors que l’ennemi M23 n’est pas encore totalement défait.

C’est ici que doit intervenir une seconde étape de consolidation de la victoire acquise et de la poursuite des hostilités jusqu’à ce que le M23 se conjugue au passé. Cette étape consiste à ne pas considérer la reprise de Rutshuru, Kiwanja, Rumangabo comme une fin en soi mais des étapes dans une victoire finale (militaire, politique et diplomatique). Cela n’est possible que dans une configuration de considérer la guerre imposée au Congo depuis 1996 comme étant une guerre totale.

Cette notion, conceptualisée et appliquée par le Général stratège et homme politique allemand Erich Ludendorff (1865-1937) veut que la guerre dite totale ne soit pas uniquement une affaire de la seule armée mais concerne également les populations. Dans sa conception de la notion de guerre totale, Ludendorff avance que la guerre totale ne peut être menée que si l’existence ou la survie du peuple (d’une nation) entier est menacée et s’il est décidé d’en assumer la charge. « Le caractère de la guerre totale exige toute la force d’un peuple dès qu’elle dresse contre lui ».

Suivant cette évolution et sous l’influence des faits immuables, le cercle des devoirs de la politique aurait dû s’élargir et transformer la politique elle même. Celle-ci doit, comme la guerre, avoir un caractère total. Pour obtenir le maximum de puissance d’un peuple dans une guerre totale, la politique doit s’identifier au principe conservateur de la vie d’un peuple, fait à sa mesure. La politique doit identifier les besoins et les aspirations du peuple dans tous les domaines.

En bref, la guerre totale, selon Ludendorff, doit amener à la mobilisation totale de toute la société au service de la guerre, lorsque l’armée et le peuple, le militaire et le politique doivent fusionner dans une « cohésion animique » qui seule permettra la victoire finale sur l’ennemi. Une victoire qui n’est pas encore totalement acquise. Cela exige, au-delà de l’euphorie triomphaliste actuelle, de demeurer vigilante, dans une cohésion animique « Armée-Nation » de telle sorte qu’aucune parcelle du terrain repris aux agresseurs à la solde du Rwanda et de l’Ouganda ne puisse encore leur être restitué sous quelques motifs que ce soit, notamment au motif du respect des engagements de cessez-le-feu pris en vue des négociations de Kampala.

Car constatons-le, Kampala s’arrête là où l’option militaire commence et permet à la RD Congo des avancées qui lui étaient impossibles il y a un an. D’autant qu’avec une rébellion, il faut la mâter sinon elle vous écrase. Et on l’a expérimenté chaque fois que des directives émanaient de Kinshasa pour ordonner des replis ou des trêves injustifiés au moment où les FARDC avaient le dessus sur le M23, cette dernière force négative, déjà affaiblie pour des raisons expliqués autrefois, se reconstituait et recommençait le hostilités car elle n’a d’autre alternative que la rhétorique belliciste :

(http://www.lepotentielonline.com/110-online-depeches/7034-le-m23-n-a-d-autre-recours-que-la-strategie-belliciste). Ce au point que le M23 s’est permis à au moins deux reprises d’attaquer les hélicoptères de  la Monusco.

Le reste du volet diplomatique (ou politique) à venir, certainement plus à Kampala, ne consistera que pour le M23 et ses parrains, à signer l’acte de leur reddition militaire et de leur disparition politique. Mais avant cela, il faut d’abord que les troupes FARDC et la brigade d’intervention reprennent au M23 la zone de Bunagana  et tous les territoires encore sous son contrôle, en y consolidant leurs positions. En effet, Kamapala étant à la fois juge et partie de la crise à l’est du Congo qui reste une crise régionale et non congolaise, contrairement à ce que Kampala voudrait la présenter. C’est au niveau de l’accord-cadre d’Addis-Abeba qu’il faut désormais poursuivre le processus de pacification régionale. D’autant que l’accord-cadre prône une approche régionale, globale et systémique de la résolution de la crise des Grands-Lacs qui invite également le Rwanda et l’Ouganda à fournir des efforts de leur côté en promouvant également des actions politiques internes avec leurs rébellions respectives préconisées par le président Kikwete. C’est d’ailleurs ce que j’ai avancé à l’émission du 29 octobre 2013 sur Radio Okapi (http://radiookapi.net/emissions-2/dialogue-entre-congolais/2013/10/29/ce-soir-le-territoire-de-rutshuru-declare-zone-sinistree/).

Rutshuru, Kiwanja, Rumangabo… ce sont des batailles gagnées qui doivent être applaudies, mais il faut que les populations accompagnent les FARDC à la victoire totale en mettant entre autres la pression sur les autorités comme elles l’ont fait depuis qu’elles se sont rendu compte des coups-fourrés des ordres de repli injustifiés qui ont amené à la chute de Goma.

Jean-Jacques Wondo

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