04 septembre 2011

Une dame exige le divorce pour un problème de chien

Ni le mari ni les enfants ne l’aident à sortir le chien ou le promener.  Alors une dame demande à son mari de quitter la maison et exige le divorce.

Les faits se déroulent dans une ville de la Rhénanie du Nord. Une dame se plaint que personne à la maison ne l’aide à promener leur chien qui était en fait un cadeau d’anniversaire de leur fille. Le couple a deux enfants. L’aîné, un garçon a aujourd’hui 15 ans et sa sœur cadette en a 13. L’homme que nous avons approché s’explique :

« Lorsque notre fille qui, à l’époque avait six ans, avait manifesté l’envie d’avoir un chien, je n’étais pas d’accord. Le chien exige beaucoup de soins et d’attention. Personnellement, je n’aime pas les chiens et je n’ai pas le temps matériel pour m’en occuper. Mon épouse et moi sortons chaque matin pour rentrer dans les après-midi.  Lorsque le chien est arrivé à la maison, les enfants s’en occupaient dans les premières semaines. Depuis, c’est devenu notre travail à mon épouse et à moi. Je dois sortir le chien avant d’aller au travail. Le soir, je suis obligé de promener le chien avant d’aller dormir. N’en pouvant plus,  j’ai demandé à ma femme de remettre le chien au home de chiens. Elle ne veut pas en entendre parler »

La dame de la maison trouve que c’est inhumain de la part de son mari de vouloir faire partir le chien de la maison, car, selon elle, celui-ci fait déjà partie de la famille. D’après elle, ou le mari accepte de s’occuper du chien ou il doit faire ses valises.

Pour le moment, l’homme a quitté le toit conjugal et vit chez des amis. La femme a pris contact avec son avocat pour engager une procédure en divorce.

Tshiamba ya Bende

 

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13 août 2011

Tuyaya kunyi ?

Lorsque le téléphone a sonné, je venais à peine de terminer à manger et je voulais juste faire une petite sieste. Le coup d’œil sur le display m’apprit qu'il s’agissait d’un appel du Congo. Ne connaissant pas tous les numéros par cœur, c’est donc avec beaucoup d’hésitations que je soulevai l’appareil. Je reconnus aussitôt mon correspondant. Un ami de longue date, en fait. Après échange des civilités. Il m’annonce l’objet de son appel. Ne vous y trompez pas ! Il ne s’agissait pas d’argent

-          Tshiamba ya Bende, j’ai besoin de toi.

-          Accouche au plus vite. Tshitu kabidi ne patience to. Ntshilumbu kayi ? Je lui demande.

-          Tuyaya kunyi, mon cher ?

Je lui réponds : « Tuyaya kunyi », c’était le nom d’un journal qui sortait chez nous quand nous étions des enfants. Ça vient faire quoi ici ?

Nous nous esclaffons tous les deux. Et puis, il enchaîne.

-          Mon cher, c’est plus grave que ça. Figure-toi que je passais aujourd’hui dans une rue à Kasa-Vubu et fus attiré par une foule devant une parcelle des Balubas. Là, je vois une jeune femme qui devait avoir une trentaine d’années, en pleurs, avec ses deux petits enfants qui la tenaient au pagne, les yeux hagards. A côté d’elle, des voisins cherchaient à calmer une autre femme, vieille, celle-là, qui, comme je l’appris plus tard,  était sa grand-mère. Au milieu de la parcelle, se trouvaient pèle-mêle, des habits, des casseroles et assiettes qui, comme je l’avais supposé, appartenaient à la jeune femme. « Elle doit partir où elle veut avec ses enfants. C’est une mauvaise fille ! »  Criait la vieille femme. Alors, je me suis approché de la jeune femme en pleurs. « Qu'est-ce qui s’est passé ? Arrêtez de pleurer comme ça ! » je lui crie. Alors son histoire m’a bouleversé. Je m’en vais te la raconter.

-          Elle me dit : Je suis orpheline de père et de mère. Je suis restée avec mes grands-parents. Celle qui est en train de me sortir de la parcelle, que vous voyez ici, c’est ma grand-mère. La mère de ma mère. J’étais mariée. Mon mari est mort, il y a de cela cinq ans. N’ayant pas d’autres ressources, je suis rentrée avec mes enfants vivre auprès de mes grands-parents. Comme vous me voyez là, je suis très malade et je ne sais pas combien de jours j’ai encore à vivre. Au début, ça allait bien. La situation s’est dégradée depuis que  mon oncle qui vit en Europe a commencé à m’envoyer de l’argent afin de subvenir à mes besoins. Hier, mon oncle a appelé pour m’annoncer qu'il m’avait envoyé cent dollars. Etant trop fatiguée, j’ai demandé à mon cousin de m’accompagner à la banque pour retirer l’argent. C’est là que j’apprendrai que l’oncle avait envoyé aussi à grand-mère 100 dollars. Sur le chemin de retour, j’ai acheté une boîte de lait pour ma grand-mère. Mais lorsque j’ai voulu la lui remettre, elle a refusé et exige de moi 10 dollars ! C’est ça la source des problèmes.

Emu, je lui demande : et toi, comment as-tu réagi après avoir écouté la pauvre femme ? Mon cher Tshiamba ya Bende, me dit-il, uvua kumvua ne ndi mushipe muntu’s. Et si tu voyais la grand-mère en question ! Eu baaba mukole mbo, wenda ulaaba sabanga, tshikunda tshikole kobion, tshienda tshilaaba sabanga, tshiutu umvua bimba kudi Bayuda atshio ! Je lui ai dit : « Tuyaya kunyi ne malu a bundu nenku eu ?. Comment tu peux traiter la fille de ta pauvre fille de la sorte ? » Alors, je l’ai bousculée et l’ai menacée. Les gens qui la suppliaient m’ont vu comme un fou. J’ai remis toutes les affaires de la jeune femme dans la maison et  je lui ai promis de repasser le lendemain pour voir la situation. Tuyaya kunyi, Tshiamba ya Bende ?

Alors, je lui réponds :  « bimueneke ne Nkolo Yezu ukadi pakulwa. Bualu ebi, mbia dikema be!

Tshiamba ya Bende

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11 août 2011

La commémoration des massacres et de l'épuration ethnique des Kasaiens du Katanga en 1992

La Maison du Kasayi (MDK) organise le 15 de ce mois une journée kasaienne du souvenir pour commémorer les massacres et l'épuration ethnique des Kasaiens au Katanga en 1992. Ci-dessous, nous publions, in extenso, quatre textes de cette organisation: le "lusanzu lwa Baluba" en Tshiluba, un texte introductif relatant brièvement la situation vécue par les Kasaiens du Katanga, chassés et obligés de rentrer chez eux, une invitation à la journée de commémoration et le programme de la journée.

Lusanzu lwa Baluba
(KABASELE LUMBALA, “Ndi muluba”)

Kia, Mulopo wa Cyama,
Twetu kukenga nunku,
Kwendabu netu kadyabata kudi bisamba byônso,
Twetu kwenza amu bu kiishi ka kunwina ku maala.
[…]
Baana ba Muluba kufwa kwelangana nyima
Ne nzala, ne nyota, ne munya ne mvula.
Tukaadi batangalaka buloba bujima,
Bu bantu badyombola benda basokoma,
Kwetu kushala, kupandika mbuwa, kumena bisuku,
Bukwamatunga bututa mbonga ya mu eetu maloba.
Twetu kupanga boobumwe, e kupanga ne bukalenga.
[…]
Wewa Mulopo Maweeja-Nangila,
Dîba katangilaayi cishiki, wakutangila dyamosha
nsesa.
Nwenu Bankambwa beetu ba cisamba cya Baluba.
Ki luzanzu lutudi twela alu :
Amu cisamba cya Baluba ciikala cikubenga wewa
Mulopo,
Anu cisamba cya Baluba ciikala cinyenga bukalenga
bwa bende.
Anu cisamba cya Baluba ciikala kaciyi ciswa
kusomba ne bantu.
Amu cisamba cyetu ciikala ciyila ditunga dya Kongo
mu cipangu.
Kadi piikala ku wetu mwela kakyi mashi,
Nanku muntu yonso watuyila mu cipangu,
Cisa cyonso cyakina Muluba cyanana,
Cibwa cyacyo ku mesu, kacimonyi nganda.
Muluba yonso wapangila mwanabo,
Ne ngwa ku Katanga, ne ngwa ku Kasayi
Wasangana ne mâyi kupweka any’ee
Wapweka !

COMMÉMORATION DES MASSACRES ET
DE L’ÉPURATION ETHNIQUE
DES KASAYENS AU KATANGA : GENÈSE.

Depuis plusieurs décennies, les différentes autorités qui ont présidé aux destinées du Congo ont créé et entretenu, contre les ressortissants du Kasayi, un climat de haine, et suscité, à leur égard, un sentiment permanent de rejet chez certains de nos compatriotes. Multiples expressions passées dans le langage
populaire tendent à imputer au Kasayen la responsabilité de toutes les misères du peuple congolais.

Il y a exactement dix-neuf ans, cette stratégie du bouc-émissaire fut publiquement et intensément développée par messieurs Nguz Karl I Bond et Kyungu wa Kumwanza, à l’époque respectivement Premier Ministre du Zaïre et Gouverneur du Katanga. L’épuration ethnique qui s’ensuivit, fit parmi les Kasayens, de
100.000 à 150.000 morts et environ deux millions d’autres dépouillés de tous leurs biens et refoulés vers le Kasayi (Statistiques MSF). Leur seul et unique tord était que le sang kasayen coulait dans leurs veines. Faits aujourd’hui encore superbement ignorés par les autorités congolaises actuelles qui, comme pour récompenser Kyungu wa Kumwanza, lui accordent encore des responsabilités politiques. Votre présence parmi nous lors de cette journée contribuera à dénoncer cette stratégie et constituera une preuve du combat
contre ce fléau en réclamant justice pour les victimes de cette épuration ethnique.
Lusanzu lwa Baluba

JOURNÉE KASAYENNE
DU SOUVENIR
Lundi 15 août 2011
A partir de 11 heures
Salle VITA (Porte 5 )
Basilique de Koekelberg
Parvis de la Basilique 1
1083 Bruxelles
— 19e ANNÉE —

PROGRAMME— Première partie
Modératrice : Mlle Modi NTAMBWE

10h30 : Accueil des participants
11h15 : Ouverture — Allumage de la flamme — Présentation des associations organisatrices par la modératrice— Rappel de la genèse du refoulement par les jeunes (Lectures).

11h30 : Mémoire du refoulement
— Retrospective audiovisuelle
— Recueillement

12h00 : Chant Kasayi wa Balengela
12h15 : Lectures / Temoignages
12h25 : Causerie 1
— Insécurité et refoulements des Kasayens du Katanga : l’Armée Nationale passive ou complice ? Pourquoi et
comment ? Par M. Leopold Henri Tita (Bureau d’Etudes Stratégiques).

13h00 : Espace inter générations
— Coutumes et Traditions du Kasayi : Expressions libres. Par M. Pie Tshibanda, M. Kadima Tshimanga et les jeunes.

13h20 : Pause
— Collation offerte aux participants par Rayon de Soleil asbl. (PAF services)

PROGRAMME— Deuxième partie
Modératrice : Mme Mpunga wa Ilunga

14h00 : Coutumes et Traditions du Kasayi (suite)
14h30 : Rencontre (1) avec la communauté
— “Parcours d’un Sage kasayen” : Par et avec M. Joseph Mbungu Nkandamana.

15h00 : Rencontre (2) avec la communauté
— “Kompany wa Kompany” par lui-même.

15h30 : Séance des questions-réponses
16h00 : Echos & Oeuvres en faveur du Kasayi
— Temoignages par des représentants de divers organismes : SOKAM, Cap Santé, SIUMBE...

17h30 : Synthèse & clôture de la journée
17h25 : Espace culturel Folklores , chants et danses du Kasayi :
— Hommage à JOJO NKASHAMA
— Concert : MONIK TENDAY

La Journée Kasayenne est une organisation de La Maison du Kasayi
COORDINATION
Stanis MPUNGA — 0497 31 61 46
Lay-Lay LUAMBUA — 0495 53 93 68
Dieudonné KAZADI — 0486 10 72 35
Rue Ernest Laudestraat 1A — Bruxelles 1030 Brussel
journeekasayenne@gmail.com

 

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31 juillet 2011

Accueil de Tshisekedi au Katanga en vidéo

A côté de son album-photos "Arrivée Tshisekedi à Lubumbashi", le Grand Kasai publie dans ses colonnes une vidéo de l'accueil au Katanga d'Etienne Tshisekedi, président de l'UDPS et candidat aux élections présidentielles de novembre 2011, . C'était un accueil des superlatifs. Beaucoup en ont parlé. Nous en avons parlé aussi. Mais voir la vidéo est mieux que tous les discours et textes. Bimpe waditangila! Suivez donc la vidéo!


TSHISEKEDI AU KATANGA . VIDEO D'ACCUEIL

L.K.

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30 juillet 2011

Tshisekedi, le rassembleur, à Lubumbashi!

Acueil Tshisekedi à LubumbashiJ’étais  chez le vétérinaire ce matin avec Muenda Nende. Car, il faisait un peu de fièvre et n’avait pas bien passé la nuit. A mon retour, je vois Kanyeba, presqu’accrochée au combiné de notre téléphone. En me voyant, elle me fait signe d’approcher vite et active le haut parleur pour que je suive en direct les commentaires de notre correspondant à Lubumbashi. Ce dernier lui  faisait vivre, en direct,  l’arrivée de Tshisekedi à Lubumbashi. Sensationnel !  « Tuambila-mbila, tuafua bundu, ne tukaji tuabue, ne tumbayabue ! » criait l’autre au bout du fil.

Comme il l’avait promis, le sphinx de Limete est rentré chez lui au Congo par Lubumbashi. « Si je ne trouve pas de place pour dormir à Lubumbashi, j’irai dormir chez mon petit-frère, Kiungu Wa Kumwanza. » avait déclaré Etienne Tshisekedi. Certains avaient pensé à une provocation. Mais Tshisekedi udi Tshinkunku, nsanga bilembi ! Il a démontré à la face du monde qu’on peut avoir des idéologies différentes, mais on reste toujours frères. "Ditapuluka dia bisamba kadiena mua kubuela munkatshi muetuemu !" Nous espérons que cette lecon sera suivie par toutes les Congolaises et tous les Congolais qui voient le tribalisme partout.

Le candidat aux élections de novembre restera 10 jours dans le Katanga où il pourra visiter Likasi, Kipushi et Kolwezi. Ensuite, il rentrera à Kinshasa avant de faire le tour du Congo profond pour battre campagne.

Tshiamba ya Bende

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11 juillet 2011

Les Congolaises font honte en Allemagne

La porte venait de s'ouvrir rapidement et au même moment, Muenda Nende se mit à aboyer. Du salon où je me trouvais, je compris que Kanyeba était de retour. Elle était allée faire des achats à Cologne.  Quelques instants plus tard,  visage de marbre et souffle coupé, elle entre au salon,  jette son sac à côté du canapé et s'y laisse tomber, sans oser un regard dans ma direction. Muangate mpala wa mudimu!

- Il fait chaud dehors? Je lui demande.

En guise de réponse, elle me demande un verre d'eau. Lorsque je le lui apporte, elle en  boit quelques gorgées et attaque sans transition:

- Certaines Congolaises font honte; je me demande  ce qu'elles sont même venues chercher en Europe.

Je lui ai toujours dit que les problèmes des autres ne la concernent pas. Kadi yeye, mmulongeshi. Elle veut mettre de l'ordre partout. Comme j'étais curieux, voulant connaître la suite, je lui demande:

- Que s'est-il encore passé?

Kanyeba utu bu muasa ku nzembu. Tshianga kumuedi musungu. Lorsqu'elle commence à parler, udi bu dikapa-kapa. A une  toute petite question, suit une réponse qui n'en finit pas!

- Je viens de chez Singh, tu connais le Pakistanais qui a son magasin à Cologne-Ehrenfeld? 

- Celui que les Congolais ont rendu riche? Bien sûr que je le connais! Je confirme.

- Figure-toi que les vendeurs qui travaillent dans ce magasin tripotent les fesses des Congolaises pour un tube de produit éclaircissant! Congolaises idi itupuekesha mishinga kudi nnyama yonso eyi. Pendant que j'étais en rang, attendant mon tour pour payer à la caisse,  je vois un des travailleurs  tapoter les fesses d'une Congolaise. Celle-ci se retourne, uladika mesu en riant et lui demande si elle pouvait prendre "à crédit" un tube d'un produit éclaircissant. Bu ndumba bu bua nzolu'a tshikuku!

- Et comment as-tu réagi? ai-je voulu savoir.

- J'étais très fâchée naturellement! Je lui ai demandé si chez eux au Pakistan, il pouvait tolérer qu'un étranger s'amuse avec leurs filles. Il s'est beaucoup gêné de ma remarque. Mais quand je me suis retournée du côté où s'était rendue la Congolaise, celle-ci avait disparu. La garce!  Un monsieur, qui était à côté de moi,  avait suivi toute la situation. Il s'approche de moi et me souffle avec une colère retenue :

- Félicitation, madame! Nos filles nous font honte dans ce pays. Elles se prostituent avec tous ces imbéciles comme des chiennes en chaleur ! Et tout ça pour une bouchée de pain!

Pour terminer son récit, Kanyeba se tourne vers moi fièrement:

- Alors, je lui ai crié d' un ton autoritaire pour lui rappeler sa position d'exécutant:

"Porte toutes mes affaires à ma voiture!" J'allais ajouter "Espèce de Taliban", mais je me suis retenue.

Là, je me suis esclaffé en lui faisant remarquer qu'elle risquait de se faire exploser,elle et tous ceux qui se trouvaient dans le magasin.

Tshiamba ya Bende

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29 juin 2011

La colère de Tshiamba ya Bende

Sous une pluie fine de ce matin de juin, je tirais Muenda Nende qui s’arrêtait tout le temps pour regarder les passants sous leurs parapluies. Comme j’avais toute mon attention sur lui, une voiture qui passait non loin de là, roulant sur un aqua planning a failli m’éclabousser. De toutes mes forces, j’ai sauté un peu plus loin pour éviter le pire. C’est au moment où je jurais entre mes dents que je l’ai apercue. 

     -        Bonjour Tshiamba ! Quel temps tu nous amènes là ce matin !

-        Mukaj’a tshiluwa, je marmonne entre les dents et à haute voix, je lui dis : « Le temps de canard, comme disent les Français ».  

 S’approchant, elle me fait remarquer :

 -        Tu n’as pas bonne mine aujourd’hui. Il s’est passé quelque chose ?

Mais comment lui dire qu’effectivement, il se passe quelque chose de bizarre dans la rédaction du Grand Kasai, que je n’étais pas d’accord avec mon chef qui me demande d’écrire des choses qui me mettraient en conflits avec mes lecteurs ?

Elle m’observe attentivement. Sûrement que mon silence prolongé va renforcer ses convictions. Alors, là, tel que je la connais, il faudra que je trouve une parade. Mais quoi ? Lui dire que mon chef a recu un commentaire pas très beau de la part de mukalenge Kalala qui lui reproche un prétendu parti pris pour l’UNC de Kamerhe, d’être faiseur des rois ? Madame Petkova ne comprendrait rien. Elle me répondrait : « Et où est ton problème là dedans ? » Mais ce qu’elle ne sait pas est que mon chef me demande de rédiger à mukalenge Kalala pour lui expliquer la situation. Mais pourquoi ne le ferait-il pas, lui-même ? Mushika nkunde wa batoke eu kena ne tshiumvuidi nansha kakese ! Comment lui dire que Kalala menace de ne plus me lire si le chef continue de parler de Kamerhe ? Comprendrait-elle si je lui parler de mon tourment : Le chef me demande de dire à Kalala que nous ne sommes pas des faiseurs des rois, mais plutôt des vrais démocrates. Mais ce n’est pas mon point de vue, à moi. Ne ngenze tshinyi ?

 -        Madame Petkova, je vais bien. J’ai seulement quelques ennuis de santé, mais tout va bien. J’étais simplement en train de penser à un article que je vais publier ce soir.

 Alors, elle me harcèle de questions :

-        De quoi vas-tu parler ? De Strauss-Kahn ? De Tshishekedi ( oh la la ! Elle ne sait même pas prononcer le nom de Ya Tshitshi ! Tshishekedi !)

Je lui demande si elle a écouté la dernière chanson dont j’avais posté le link. Les Congolaises et les Congolais demandent à Ya Tshitshi de le retourner au Rwanda. Elle me demande, sans attendre :

 -        « de retourner qui au Rwanda ? ».

-        Tu as toujours été une femme intelligente. Comment ne sais-tu pas de qui on parle ?

Je lui crie en partant : Atshio ntshikutangile. Tu le sauras un jour. De retour à la maison, je lui ai envoyé ce link : http://www.youtube.com/watch?v=1rb9YQSy_pc

Tshiamba ya Bende

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27 juin 2011

Bon début de semaine!

Chers tous,

Je vous souhaite une bonne détente et un bon début de semaine avec

http://www.youtube.com/watch?v=1rb9YQSy_pc

Tshiamba ya Bende

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29 mai 2011

De la poudre aux yeux !

Beaucoup de nos compatriotes vivant en Europe savent que c’est avec des sentiments mêlés de peur et d’incertitudes qu’on ouvre sa boîte aux lettres chaque matin. Lorsqu’on n'y trouve rien, on s’écrie « ouf ! Dieu merci ! Pas de nouvelle, bonne nouvelle ! ». En effet, les lettres tombent chaque jour, alors que vous n’en avez écrit aucune ! L’Etat et ses services vous gèrent du matin au soir, du lundi au dimanche, de janvier en décembre. Ils vous écrivent pour vous coller une amende pour mauvais stationnement ou excès de vitesse. Ils vous écrivent pour les informations que vous avez déjà données mille fois : confirmation d’adresses, actualisation des données pour ceci et pour cela. Leurs entreprises vous écrivent pour vous réclamer le règlement des factures d’eau, de courant, de téléphone et même pour la radio et la télévision. Ils vous écrivent pour vous obliger à acheter leurs produits et pour les sondages.  C’est dans ses conditions que j’ai recu hier une lettre de madame Petkova, sans savoir exactement qu’elle venait d’elle. Des mains tremblantes,  j’ai vite coupé le coin de l’enveloppe, au risque de couper même le bout de papier  à l’intérieur. Je le sors avec empressement (pakaadi muntu mufue, katu utshina kabidi kubola to !)  et je tombe des nues. Encore elle ! Je l’ai évitée pendant toute la semaine et elle me poursuit par la poste !

Sans tarder, je m’en vais vous lire le contenu de la dite lettre. « Cher monsieur Tchaba (entendez Tshiamba !), Je vous ai cherché toute la semaine. Avez-vous changé vos heures de promenade ou alors, vous êtes, peut-être, tombé malade ? Cela est possible avec les changements brusques de temps ces jours-ci: Aujourd’hui, il fait chaud avec du soleil et le demain, on est obligé de sortir les manteaux. Je voulais juste partager avec vous les informations que j’ai lues sur Internet. Il paraîtrait qu’au cours d’une réunion avec les responsables de la SNEL et de la Regideso le gouvernement congolais aurait décidé de débloquer 55 millions de Dollars pour mieux desservir Kinshasa en courant et eau. Cette réunion d’urgence aurait eu lieu après la coupure de courant au palais du peuple pendant que les honorables discutaient sur la loi électorale. Qu’en est-il au juste ? Ceci est une bonne nouvelle pour la population kinoise…et qu’en est-il du courant et de l’eau à Kananga ?  J’espère vous lire par retour du courrier. Frau Petkova ».

Ah ! C’était ça ? Mais pourquoi doit-elle s’intéresser, de cette façon, à la politique de la RDC ? Elle finira par gagner sa vie sur le dos de la RDC, je me dis.  N’est-il pas vrai que beaucoup l’ont déjà fait avant elle ? Pensez à Collette Braeckmann et consorts. Tout rapporte de l’argent au Congo : Son sous-sol rapporte de l’argent aux prédateurs; On s’enrichit avec des films documentaires tournés sur les pauvres Congolais dans nos villages. Les journalistes étrangers (blancs) écrivent des livres sur le Congo et les vendent en métropole. Petkova serait-elle en train d’écrire le sien et exploiter ainsi ma bonne foi ?

Je lui prépare, sans enthousiasme, ma réponse. De toutes les façons, si elle prépare quelque chose de ce genre-là, je le saurai, me dis-je intérieurement. Je lui écris donc in grosso modo : La résolution prise par le gouvernement pour l’amélioration de la desserte de Kinshasa en eau et électricité n’est que de la poudre aux yeux. Ce gouvernement a engagé, par-ci, par-là, des petits travaux pour justifier les promesses non tenues à la population congolaise pendant tout le mandat. Voilà ! Je ne sais pas si elle sera satisfaite de ma réponse. Enfin, j’ai voulu lui demander de ne plus troubler ma tranquillité avec des informations sans importance. Mais je me suis retenu en dernière minute. Peut-être que ces choses aussi simples, soient-elles, méritent qu’on s’y attarde un peu. N’est-ce pas ?

Tshiamba ya Bende

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15 mai 2011

Non ! Il n’est pas raciste, mais il s’y prend mal!

Laurent_BlancHier, la journée était bonne, fraîche mais ensoleillée.  J’ai dit à Kanyeba, muena dianyi, que je voulais faire un petit tour au centre commercial, question de dégourdir mes vieux os. Chemin faisant, je me suis finalement retrouvé sur la terrasse d’un café avec des vieux amis avec lesquels je joue habituellement aux boules. Nous causions de tout et de rien, sans plus. Tout d’un coup, j’attends Muenda Nende aboyer. Ça ne lui arrive pas toujours de me déranger comme cela lorsque je suis avec des amis.  Je l’observe et suis son regard. C’est en ce moment que je l’ai remarquée, toujours elle avec son chien ! Trop tard pour m’éclipser ou faire quoi que ce soit. L’avez-vous compris ? Il s’agit de madame…Petkova !

Guten Tag, Herr Tshiamba ! Me lance-t-elle. Et comme toujours, elle oublie „ya Bende“. C’est comme si, moi, je pouvais l’appeler Frau Pet ! Cette fois, je lui dis à haute voix : «  Mona mesu bu tshidi kuiku mpe kapia ! ». Ne comprenant rien à ma langue, elle me demande ce que je marmonne là. « Non, madame ! Je disais qu’il fait beau temps aujourd’hui ». En effet, pourquoi créer des problèmes là où il n’y en a pas ? 

Ignorant mes copains, elle me demande directement :

 -        Le Lolo-là, il est raciste. Hein ? Comment, lui, entraîneur, peut-il proposer des quotas dans la sélection de l’équipe nationale ? »

En ce moment, les autres la regardent, ne comprenant rien à ce qu’elle dit. Vous savez, tous les Allemands ne s’intéressent pas aux informations de la France. Je tente de la contrarier, un peu gêné.

      -    Madame Petkova, ce n’est pas vraiment du racisme, mais il s’y est mal pris, tout simplement. Je connais des Noirs africains qui pensent aussi que l’équipe de France de football devait être représentative de toutes les races constituant la société française. Ils se sentent gênés de voir un pays européen, représenté essentiellement dans des compétitions internationales par des Noirs. Selon eux, les Français ne se retrouvent pas dans cette équipe !               

      -    Et toi, qu’en penses-tu ? » me demande-t-elle en me toisant.

Alors, je lui explique : « Tous ces jeunes gens, qu’on voudrait laisser tomber si le quota était appliqué, auraient pu faire de bonnes études ou d’autres formations. Il s’est fait que, quelque part, leurs parents et eux sont discriminés. Ces jeunes grandissent dans des conditions difficiles des banlieues qui les obligent à interrompre très tôt leurs études. Pour beaucoup, le foot est la seule voie d’émerger dans la société. Dites-moi ce qu’ils deviendraient si on leur fermait encore cette unique porte de survie ?  Personnellement, ça ne me gêne en rien de voir toute une équipe de France composée de Blacks puisqu’en Afrique d’où nous venons, nous avons des entreprises dans lesquelles 80% des membres du conseil d’Administration sont des Blancs ! La France, elle-même, a encore des territoires d’Outre-mer, occupés majoritairement par des Noirs, mais dont les économies sont entre les mains d’une minorité blanche ! Les Francais veulent appliquer les quotas? Très bien! Mais alors à tous les niveaux de la vie nationale!»  

A ce moment, un de mes amis qui, jusqu’ici avait gardé le silence, renchérit : 

     -     Monsieur Tshiamba ya Bende, ce que les Français tentent maladroitement d’instituer aujourd’hui  est déjà appliqué dans d’autres pays européens, sans que personne puisse lever un petit doigt pour en parler ! Pourquoi donc, à titre d’exemple, est-ce que la plupart de ces enfants étrangers qui jouent dans des présélections en Allemagne ne deviennent pas des professionnels ? Observe aussi la situation en Hollande, alors tu comprendras ! »

Juste en ce moment, tout le monde veut prendre la parole. Alors, Ca devient un problème politique ! En effet, un de mes professeurs me disait toujours que si tout le monde parle d’un problème, ça devient un problème politique. Or moi, je n’aime pas faire la politique. Tshidiidi, dishima, buivi et j'en passe!

Pendant que je sens la tension monter,  Muenda Nende s’énerve en tirant sans cesse sur sa laisse. Doucement, je me mets débout et annonce à la ronde: « Veuillez m’excuser ; je vais promener mon chien. A la prochaine ! Continuez à discuter si vous le voulez ! »

Tshiamba ya Bende

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