25 avril 2013

Le chasseur et l'antilope

Il était une fois...

Le chasseur se prépara comme d'habitude pour la grande chasse: Fusil en bandoulière et couteau de chasse bien aiguisé attaché à la ceinture à multiples pochettes remplies de balles, autour de sa taille. Il prit, seul, le chemin de la brousse.  Après des heures et des heures d'une chasse infructueuse, il aperçût soudain dans un buisson une belle antilope en train de brouter. Il s'approcha furtivement de l'animal, pointa son arme et appuya sur la gâchette. Sa joie était immense lorsque l'animal tomba sur le coup, atteint par les balles. "La famille aura quand même de quoi se mettre sous la dent pendant quelques jours", se dit-il.

Le chasseur tira le couteau de sa ceinture, s'accroupit et commença à dépecer l'antilope. Mais sitôt qu'il eut terminé d'arracher la peau, celle-ci se mit promptement débout et s'échappa des mains du chasseur avec toute sa chair d'où coulait du sang par endroits. Le chasseur fut très surpris. Jamais pareille chose ne lui était arrivée avant. Alors, il s'adressa à l'antilope:

- Nyam'etu kuyaya aku kuyi ne tshiseba, ne wambe munyi bia kukonkabu ne tshiseba tshiepi? (Ma chère antilope, maintenant que tu t'en vas sans peau, que diras-tu á ceux qui te demanderont où tu as laissé ta peau?)

L'antilope regarda calmement le chasseur et lui rétorqua:

Muntu badi bangamba, bakuamba biebe. Kadi wewe ne tshiseba, munyinyi udi kuepi? ( L'homme, la même question te sera aussi posée. Tu as seulement la peau, mais où est la viande?)

Morale: Nul n'est connaisseur.

C'était le conte tel qu'il m'as été raconté.

Lumbamba Kanyiki

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27 mars 2013

Le voyant et le non-voyant

Il était une fois...

Le voyant et le non-voyant qui étaient des grands amis s'en allaient  en voyage à pied. Un très long voyage.  Ils arrivèrent à un cours d'eau et voulurent faire une petite pause, question de prendre une collation, se désaltérer et récupérer un peu d'énergie. Pendant qu'ils se reposaient, les deux voulurent se laver. Alors, le voyant dit à son ami:

- Cher ami, tu peux aller te laver en amont; moi, je resterai me laver ici sur place.

Le non-voyant qui ne trouvait pas d'inconvénient à la proposition de son ami, s'en alla se laver en amont. Aussitôt qu'il avait disparu de sa vue, le voyant ouvrit le sac de voyage de son ami et soutira furtivement le meilleur costume du non-voyant. Lorsque ce dernier rentra, il ouvrit son sac afin de prendre la lotion pour le corps. C'est en ce moment qu'il remarqua la disparition de son costume.

Quelques instants plus tard, le voyant demanda au non-voyant:

- Bantu badia pamue, banua pamue; aba bantu badi mua kutanda anyi? Est-ce que les gens qui mangent ensemble et qui boivent ensemble peuvent se chamailler?

Alors, le non-voyant lui répondit:

- Eyowa badi mua kutanda bu muwakuenza amu. Exactement, ils peuvent se chamailler à cause de ce que tu as fait là.

Et il continua à appliquer la lotion sur le corps. Au bout de quelques minutes, le voyant rampant sans bruit, remit le costume du non-voyant dans son sac et renouvela sa question:

- Mpofo'etu, meme tshivua mumvue bimpe, muena dianyi. Bantu badia pamue, banua pamue, aba bantu badi mua kutanda anyi? Mon cher ami, non-voyant, je n'avais pas bien entendu ta réponse. Les gens qui mangent ensemble et qui boivent ensemble. Est-ce que de telles personnes peuvent se chamailler?

Le non-voyant resta un moment silencieux puis lui répondit: Eyowa kabena mua kutanda bu muwakuenza amu. Sûrement, ils ne peuvent pas se chamailler comme tu viens de le faire.

Moralité: Kudi kabende kudi diyoyo. Il faut vous contenter de ce que vous avez et ne pas envier ce que les autres possèdent.

C'était le conte tel qu'il m'a été raconté par Kulusutu.

 

Lumbamba Kanyiki

 

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19 mars 2013

L'homme et le boa

Il était une fois...

L'homme et le boa étaient des très bons amis. Un jour, le boa organisa une grande fête et invita son ami, l'homme.

-  Wewe Muntu ulue muanyi, bualu meme, ndi musue kusanka ne muena dianyi. (Je t'invite à ma fête, car j'aimerais me réjouir avec toi, mon meilleur ami).

L'homme laissa femme et enfants et se rendit répondre à l'invitation du boa. Effectivement, c'était une grande fête qui dura toute la journée. Comme La nuit avait fini par couvrir tout le village de son manteau sombre, l'homme, qui voulait se reposer, s'adressa à son ami:

-  Moma wetu muena dianyi, pantu naya kua muena dianyi, meme ntu naladila munda, bualu munda muanyi muntu naya kudila bidibua ( Mon cher ami, boa, lorsque moi, je me rends chez mes amis, j'ai toujours  préféré dormir dans le ventre, car c'est là que j'ai toujours choisi de prendre mes repas.

Sans discussion, le boa lui ouvrit le ventre et l'homme y entra. " ukuata ku mafuta, wanyisha buimpe bua moma !", Il se délecta des graisses dans le ventre du boa,  se réjouissant de l'hospitalité de son ami. Le lendemain matin, il en sortit et rentra chez lui.

Après des jours et des semaines, l'homme organisa, à son tour, une grande fête et voulut y associer son ami, le boa.

- Wewe moma ulue muanyi, bualu meme ndi musue kusanka ne muena dianyi. (Viens chez moi, grand ami, parce que j'aimerais me réjouir avec toi).

Le boa laissa femme et enfants et se rendit chez son ami, l'homme. La fête était magnifique. Tard dans la soirée, le boa s'adressa à l'homme: Muntu'etu muena dianyi, pantu meme naya kua muena dianyi, muan'a tatu, meme ntu na ladila munda, bualu munda muanyi muntu naya kudia bidibua. (Mon cher ami, lorsque je me rends chez mes amis, j'ai toujours passé nuit dans leurs ventres. Car, c'est là que j'ai toujours pris mes repas).

L'homme, étonné et désorienté,  commença à se plaindre à tout celui qui voulait l'entendre: "Katshia ngenda, katshia ngenda, bana ba tatu, tshitu muanji kumona nyoka mulale munda mua muntu, ebu bualu mbua bipia bantu ba baba" (Depuis que le monde est monde, je n'ai jamais vu un serpent dormir dans le ventre d'un homme. Ça, c'est tout simplement inconcevable).

Alors, le boa ayant perdu patience,  usa de toute sa force pour s'introduire dans le ventre de son ami, qui se mit à pleurer.

- Mes chers amis, comment pouvez-vous me laisser avec un serpent qui s'entroduit en moi par force?

Mais personne ne vint à son secours si bien que  son calvaire dura jusqu'au grand matin.

Moralité: Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse.

 

Lumbamba Kanyiki

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17 mars 2013

Le renard et le le léopard

Il était une fois...

Le léopard était très fier et sûr de lui. A tous ceux qui voulaient l'entendre, il disait qu'il était le plus fort et le plus beau de tous les animaux. Certains croyaient en lui, mais le renard  répliquait toujours avec humour chaque fois qu'on lui rapportait les propos du léopard :

- L'oncle léopard raconte des histoires! Il connaît sa propre force, mais il doit savoir qu'il existe plus forts que lui.

Cela sentait comme un défi du renard au léopard. Avec le temps, sa déclaration tomba dans les oreilles du léopard et cela l'irrita beaucoup. Un jour, Il se dit dans son for intérieur: "Ce petit renard se joue de moi. Je vais lui faire voir que c'est bien moi le roi de tous les animaux. "  Ainsi, chaque fois que les autres animaux lui rappelaient les propos du renard " L'oncle renard nous a dit qu'il existe plus forts que toi", il leur disait en retour:

- Le petit renard recevra sa leçon un de ses quatre matins.

Alors, l'oncle renard, très malin, eut vent du projet macabre du grand léopard. Il se dit aussi dans son coeur qu'un jour ou l'autre, le léopard tenterait de l'agresser. D'où, il devait se préparer en conséquence. "Tshimbu tshitu tshiafua!  Comme il s'y attendait, le léopard frappa un soir à sa porte .

- Entrez! Répondit le renard, sans hésiter.

Le grand léopard sourit avec malice et entra. Mais si tôt entré, une surprise l'attendait. Le pavement du salon du renard était couvert d'un tapis de peaux de léopards. Le grand léopard se planta, étonné au milieu du salon, et vit quelques peaux encore fraîches dans un grand bassin tandis que d''autres encore, d'où suintait du sang frais, pendaient au coin du salon. Alors, le grand léopard demanda au renard:

- Manseba kabundi, manseba kabundi, comment fais-tu pour avoir toutes ces peaux? (Manseba kabundi signifie oncle renard).

Le renard lui rétorqua:

Manseba, amu mutudi n'ebe emu ( Mon oncle, je les obtiens exactement comme nous sommes ici!). Le plus fort et plus beau léopard se retourna rapidement sur ses pattes et s'enfuit, sans demander son reste.

Voilà le conte tel qu'il m'a été raconté.

Moralité: est pris qui croyait prendre

Lumbamba Kanyiki

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23 janvier 2013

Le conte tel qu'il m'a été raconté: le serpent et le crapaud

Crapeau et serpent

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois...

L'oncle serpent se trouvait un soir à la maison avec toute sa famille. La pluie qui était tombée pendant toute la journée venait de cesser. Les petits se mirent à pleurer sans arrêt, accrochés aux pagnes de leur mère " Nous n'avons rien à manger dans cette maison", dit cette dernière, un peu énervée, à son mari. L'oncle serpent réfléchit un moment, contemplant calmement ses enfants comme ils pleuraient. Il secoua la tête et sortit, sans rien dire.

A peine qu' il était parti, il cria à sa femme: " Teeka mayi a nshima minene pa kapia; ndi ndua mpindieu ne bia kudia nabio! ( Mets déjà de l'eau sur le feu pour un grand repas; je suis là dans quelques minutes avec une bonne viande ). En effet, il venait de rencontrer sur son chemin un grand crapaud qu'il croyait attraper facilement pour ramener à sa femme. Mais aussitôt qu'il avait crié à sa femme, l'oncle crapaud répliqua: " Anza kwindila! Tutshidi tuelekeja maboko!" ce qui veut littéralement dire: Attends d'abord puisque nous nous mesurons encore!".

Je  laisse à chacun la liberté de terminer ce joli conte très instructif  comme il l'entend. Il m'a été raconté par mon frère Simon-Pierre Tshitungu d'Iserlohn. Si vous en avez aussi d'autres, je vous prie de me les raconter surtout pour nos jeunes lecteurs. D'avance, je vous dis "merci".

Lumbamba Kanyiki

 

 

 

 

 

 

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