11 avril 2013

Une héroïne dans l'ombre

Ndaya était d'une beauté rare. Sa peau d'ébène lisse brillait au soleil et ses rondeurs de guêpe n'étaient en rien affectées par une maternité précoce. Lorsqu'elle se mouvait en balançant innocemment ses hanches de dix-sept ans, tous les regards mâles se tournaient vers elle avec admiration. Par contre les filles de son quartier étaient très jalouses. Lorsqu'elle avait décidé de quitter son mariage  où elle était troisième femme, elle ne pouvait plus sortir de la maison parentale pour, ne fut-ce que faire un tour dans le quartier ou aller au marché. Car, les autres filles se moquaient d'elles sur son passage.

Un jour, elle dit à son père: "Père, j'ai suivi tes conseils. Je me suis mariée. Je viens de divorcer avec un enfant sur les bras. En tant que fille-mère, les chance d'un deuxième mariage sont très minimes dans cette région. Je voudrais bien, avec ta permission, me rendre à Sashanti, chez ma tante. Peut-être, y trouverai-je l'homme de ma vie."  Puis, elle se tut un moment, attendant la réaction de son père. Celui-ci le regarda tranquillement, sans rien dire. C'est que le problème de Ndaya travaillait beaucoup le pauvre homme. Ndaya était sa première fille, aînée d'une famille de neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Le pauvre paysan avait pensé à l'époque tirer profit du mariage de sa fille avec un riche diamantaire qui avait plusieurs immeubles, une entreprise de transport et un hôtel-bar. Mais hélas!  Fermant les yeux, il revoyait cette nuit où sa fille enceinte, vint, sous une pluie battante, frapper à sa porte pour y chercher refuge. Trempée jusqu'aux os et grelottant comme une poule mouillée, elle était incapable de raconter à ses parents ses déboires du foyer à quatre. Quel que fût ce qui s'était passé, le père avait décidé de ne plus laisser sa fille, son premier sang, retourner chez cet homme, si riche fût-il. Quelques mois plus tard, Ndaya donna naissance à un petit garçon qu'elle nomma Mundi...

Lorsque le père rouvrit les yeux après ce long silence, il dit à sa fille: "Ma fille, ton problème me préoccupe beaucoup. J'ai déjà eu tort en te mariant très jeune à cet homme qui était déjà marié. Je n'aimerais pas commettre une deuxième faute. Si telle est ta volonté de te rendre chez ta tante, à Sashanti, je ferai le nécessaire. Je vendrai mes chèvres pour te payer ton voyage par train. Mais tu me jureras une chose: Tu ne tomberas pas dans la prostitution, quoi qu'il arrive!" Ndaya, prise d'une joie inattendue, répondit à son père: "Je le jure, père!".  Les préparations du voyage se firent dans la discrétion la plus totale. Ndaya prit son train à la gare de Bashilang un soir du mois de mars, laissant son fils d'à peine un an dans les bras de sa mère. Tous l'embrassèrent en pleurant avant qu'elle monte dans le train. Si tôt entrée, elle fut happée dans le wagon bondé de passagers, entassés les uns à côté des autres. Le train, donna un dernier coup de sifflet lugubre. Les vieux wagons gémirent dans un grincement des ferrailles, emportant Ndaya vers cette terre inconnue où elle avait pris rendez-vous avec son destin.

Trois mois s'écoulèrent sans incident chez sa tante,  petite-soeur de sa mère. C'était une femme , pas très belle, mais de stature imposante, une mastodonte qui dominait sur toutes ses quatre filles et son mari, un bout d'homme trapu qui lui arrivait presque à la hanche. Mais à la différence de sa femme, il était d'un coeur d'ange, incapable de faire du mal à une mouche. Il travaillait comme cuisinier dans un restaurant de la place. C'est, sûrement, la raison pour laquelle il était souvent absent de la maison. Lorsque Ndaya arriva chez lui, munie seulement d'un brevet de cycle d'orientation, il la conseilla de faire neuf mois de coupe et couture dans un centre de formation de la place. En effet, à dix-sept ans, le temps de continuer le cycle normal était déjà passé, lui avait-il dit. Comme l'année scolaire avait déjà débuté, il lui fallait attendre la prochaine session qui allait démarrer six mois plus tard, au mois de septembre. Ndaya ne put atteindre cette échéance chez sa tante. Car, les événements se passèrent autrement et de façon dramatique.

Un samedi soir, Ndaya devait accompagner sa cousine qui avait presque même âge qu'elle à une fête. Cette dernière lui prêta l'une de ses belles robes de soirée et la maquilla. La tante lui prêta aussi sa perruque "afro"qu'elle portait rarement. Ndaya ne se reconnut pas lorsqu'elle se contempla dans le miroir que tenait sa cousine devant elle. "Tu es belle et ravissante comme une star américaine", lui dit sa cousine avec une pointe de jalousie dans la voix. "Tous les regards ne seront que pour toi, ce soir! Tu vas nous voler la vedette!

Effectivement, lorsque les deux filles entrèrent dans la salle, les sifflements et les cris d'admiration fusèrent de partout. Les amis de la cousine accoururent et voulaient mieux connaître la nouvelle venue, belle comme une âme du bon Dieu. "C'est ma cousine; elle s'appelle Ndaya" leur répondait-elle sans plus. Et tous ces regards et marques de sympathie rendaient Ndaya encore plus timide, elle, cette "Mowuta" (habitante d'une province!) qui prenait part, pour la première fois, à une fête dans Sashanti, la capitale de Nzadi, grand pays du grand fleuve! N'ayant pas la maîtrise du lingala, la langue parlée dans la capitale, elle répondait toujours par des phrases courtes du genre: "Sango te!, Kombo na ngai Ndaya, merci mingi" et ajouter un peu de français.

La fête commença enfin. Ndaya fut entraînée sur la piste par un jeune homme très élégant dans un abacost de superwax fleuri. Bien que timide au début, elle n'eut aucune difficulté à adapter ses pas sur ceux de son cavalier. En effet, elle dansait à merveille. Après environs trois heures de danses et de rires, les filles se retirèrent dans les toilettes pour se refaire leur beauté. C'est en ce moment que l'une des filles s'intéressant  à Ndaya,  lui retira sa perruque qu'elle essaya sur sa tête. Elle lui allait très bien, épousant les contours de son visage comme ses propres cheveux. Attirée par la même curiosité, Ndaya prit aussi la perruque de la fille qu'elle avait déposée sur le lavabo et l'enfonca sur sa tête. Celle-ci était lisse, de type européen. Lorsque Ndaya se regarda dans le miroir, elle émit un petit soupir de satisfaction et se fit un clin d'oeil.

Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte de la toilette. C'était son cavalier qui voulait que Ndaya l'accompagne sur la piste. "Fais vite, Ndaya! Mon morceau préféré risque de passer sans que j'aie dansé avec toi"lui cria-t-il. Ndaya courut après lui sur la piste, haussant le bas de sa robe sur les genoux pour ne pas tomber, dévoilant, en même temps,des longues jambes bien bâties. Aussitôt sur la piste, elle se glissa dans ses bras. Son corps souple épousa le sien, la tête couchée sur sa poitrine musclée et les bras noués autour de son cou  dans un slow à couper le souffle. Ils dansèrent longuement, très longuement même, les slows se succédant les uns après les autres. Ils ne se rendirent même pas compte que tous les couples s'étaient retirés de la piste, tellement ils étaient concentrés comme transportés dans un autre monde, un paradis quoi!

Le temps passa très vite et la cousine oublia l'heure limite que lui avait donnée sa mère. Lorsqu'elle jeta un coup d'oeil sur sa montre, elle cria à Ndaya: "Oh nous devons rentrer très vite; si non, nous aurons des problèmes sérieux avec ma mère." Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux filles dirent rapidement au revoir à leurs amis et se mirent à courir sur la route de retour comme des folles.

Il faisait environ une heure lorsqu'elles arrivèrent à la maison. Malheureusement, ce fut la mère qui vint leur ouvrir la porte lorsqu'elles s'annoncèrent. "Pourquoi vous rentrez si tard? Qu'est-ce que je vous avais dit?  Quelle heure fait-il maintenant?" Et avant que les filles n'aient placé un mot, elle se tourna vers Ndaya: " Où est ma perruque?" Celle-ci toucha la perruque qu'elle portait sur la tête, la retira et la porta devant ses yeux hagards. C'était la toute première fois qu'elle voyait sa tante dans cet état. "Excuse-moi, ma tante, c'est... c'est-à-dire que .. Prise de panique, elle ne pouvait pas expliquer à sa tante qu'une fille était restée avec par oubli. Enivrée, comme elle l'était, par la magie de la danse, elle ne s'était pas rappelée de reprendre la perruque de sa tante." Tu sors maintenant et tu vas vite chercher ma perruque. Si non, tu n'entreras plus dans cette maison." lui cria-t-elle. Sa fille voulut l'accompagner, mais la mère la stoppa net. " Et toi là-bas, tu reviens ici tout de suite et tu vas dormir. Lorsqu'elle osa protester, sa mère l'empoigna par le bras et la poussa d'autorité vers sa chambre.

Prise de panique, Ndaya sortit de la maison et s'enfonca dans l'obscurité de la nuit. Dans ses pensées, elle voulait corriger son erreur, c'est-à-dire retrouver la perruque, la remettre à sa tante et enfin se jeter sur le lit qu'elle partageait avec sa cousine pour dormir.  Elle allait rapidement sur une route déserte à cette heure de la nuit, se maudissant d'avoir commis un oubli aussi grossier et maudissant, par la même occasion, son cavalier d'un soir qui lui avait fait connaître la magie du slow. source de ses malheurs. Et si la fille était déjà partie, elle aussi? se dit-elle.  Oh mon Dieu, quelle catastrophe! Elle chassa cette idée de sa tête. Il allait bientôt arriver à la salle, trouver la fille et récupérer la perruque. Les choses devaient se passer ainsi. Pas de si. Mais pendant que Ndaya était prise dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite la fourgonnette qui venait de la dépasser et s'arrêter un peu plus loin. Ce ne fut que lorsqu'elle aperçut quatre policiers venir à sa rencontre qu'elle réalisa ce qui allait se passer. Elle voulut courir, mais il était trop tard. Ils s'emparèrent d'elle, deux de chaque côté, la jetèrent à l'arrière de la fourgonnette et puis sautèrent dedans après elle. Le véhicule démarra en trombe. (A suivre)

Lumbamba Kanyiki

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10 avril 2013

RDC: «Atalaku» ou l’urgence du témoignage

Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
DR
Par Antoinette Delafin/RFI

Le film du Congolais Dieudo Hamadi, Atalaku, a obtenu le prix Joris Ivens au Cinéma du Réel 2013, le célèbre festival du documentaire qui s’est achevé fin mars à Paris. Il s’agit de son premier long-métrage, qu’il a effectivement tourné tout seul, caméra à l’épaule.

Les contraintes du Cinéma du réel, Dieudo Hamadi les a respectées à la lettre. Plutôt qu’un candidat, il a choisi de filmer des jeunes d’un quartier populaire de Kinshasa, ceux qui servent de « petites mains », pour filmer la campagne électorale de 2011 en République démocratique du Congo. Ces élections, législatives et présidentielle, ont eu lieu à l’issue du premier mandat du président Joseph Kabila, précise un carton d’entrée de jeu. C’est la deuxième fois depuis 1960 que des élections libres ont lieu dans ce pays-continent, y explique-t-on, rappelant au passage le coup d’Etat de Mobutu, resté trente-deux ans au pouvoir avant d’être renversé en 1997.

Gaylor loue ses services au plus offrant
 
Pasteur « dans le civil », Gaylor, le personnage principal de ce film de 60 mn, loue ses services au plus offrant, battant campagne pour l’un ou l’autre des candidats en lice à la députation. Publicité pour les meetings, recherche de groupes de musiciens pour les animer… Gaylor s’est transformé en « Atalaku » (le titre du film), qui signifie « crieur » en lingala. On le voit passer de l’Eglise, où il incite ses fidèles à faire des dons pour la paroisse, aux étals des marchés où il cherche à convaincre les « mamans » de se rendre au meeting de « son » candidat, une Bible dans une main, des liasses de billets dans l’autre, distribuant parcimonieusement les précieuses devises.
 
La démarche de Dieudo Hamadi s’apparente-t-elle, comme le signifie son prix au Cinéma du réel, à celle de Joris Ivens, ce cinéaste néerlandais, mort en 1989 à Paris, qui a fait école en parcourant le monde, caméra à l’épaule ? Sans doute par l’urgence qu’il ressent de témoigner. Un« concours de circonstances », dit-il, a fait qu’il a été retenu après la première élection de 2006 (avait-il déjà l’envie de tourner ?) pour suivre une formation de cinéma, d’abord à Kisangani, sa ville natale, à l’est de la RDC, puis à Kinshasa. Cet ancien étudiant a arrêté ses études de médecine deux ans avant la fin pour devenir cinéaste…
 

Une scène du film "Atalaku" de Dieudo Hamadi.
DR

Au total : 30 heures de rushes
 
Ce n’est sans doute pas anodin, le sujet de son premier film (Dames en attente) porte sur une femme séquestrée dans une maternité de Kinshasa parce qu’elle n’a pas les moyens de payer ses frais d’accouchement... Une « pratique courante » qu’il a voulu montrer. Sensible à la sécurité des femmes de sa région d’origine, il a tourné son second court-métrage à l’est du pays, dans la ville de Bukavu, où il a suivi une commissaire de police chargée de lutter contre les violences sexuelles…

Atalaku
est son premier long-métrage, qu’il a effectivement tourné tout seul, caméra à l’épaule (voir interview ci-dessous). Au total : 30 heures de rushes. Et personne pour avancer les financements… Pourtant, en faisant vivre ces élections comme si on y était, chaque scène – même approximative - fait travailler l’imaginaire. Quand l’échéance approche, et que les fraudes pourrissent l’ambiance dans les bureaux de vote, la relation des Congolais des quartiers populaires à leur classe politique ne semble pas aussi dépourvue d’enjeux qu’il y paraît. Et réciproquement.

Dieudo Hamadi: «Les élections, ça ne peut pas attendre»
Le réalisateur congolais Dieudo Hamadi, auteur du documentaire "Atalaku", prix Joris Ivens au Cinéma du Réel 2013.
DR

Vous filmez les élections de 2011, censées élire des représentants du peuple. N’était-ce pas aussi le moment de tous les dangers ?

Le contexte était assez tendu. Personne ne savait à quoi s’attendre. On sentait bien que le candidat en place, Joseph Kabila, n’était pas prêt à perdre. Et son challenger principal, Etienne Tshisekedi, le « père » de l’opposition congolaise, savait, vu son âge, que c’était sa dernière chance. Ils étaient déterminés à en découdre. Kabila, s’il perdait, c’était fini. Et Tshisekedi, s’il ne réussissait pas, ce serait compliqué pour plus tard.

Le film se termine par leurs deux discours qui s’entremêlent. Chacun dit qu’il a gagné...

A la fin du scrutin, deux présidents se sont déclarés élus. C’était important de rendre cela. Dans le film, j’ai choisi de le montrer comme ça : d’avoir leurs voix, sur des images du cimetière, qui disent quasiment toutes la même chose.

Ces élections ne mettent-elles pas aussi en danger ceux qui entrent dans la danse pour défendre un candidat.

Oui. Il y avait beaucoup de tensions entre les militants de chaque parti ou de chaque candidat. Les politiciens se sont servis des kuluna, ces bandits qu’on voit dans le film, des jeunes désœuvrés qui ont grandi dans les rues et qui ravissent leurs affaires aux passants. Ils s’en sont servis comme main-d’œuvre pendant la période électorale, pour aller « foutre le bordel » dans la campagne de l’autre et vice versa. Ce n’était pas le sujet de mon film, mais, oui, c’était assez tendu de ce point de vue là aussi.

Quand le pasteur Gaylor sort de son Eglise pour aller embaucher un groupe de musiciens pour le prochain meeting du candidat qu’il soutient, il a intérêt à aligner l’argent pour convaincre…

L’argent est partout. C’est un peu ce qui m’a poussé à lier dans ce film l’Eglise et la politique. L’enjeu, principalement, c’est l’argent. On le voit dans la scène d’ouverture où les fidèles doivent en donner pour le carburant, le transport des serviteurs de Dieu, un Coca-Cola pour le pasteur... Et c’est pareil de l’autre côté. Pour se faire élire, les politiciens promettent de l’argent, ils le distribuent pour être sûrs qu’ils vont être « votés ». Cela m’a paru intéressant de montrer cette similitude au Congo entre le monde religieux et la vie politique.

A un moment, Gaylor est pris à partie par des femmes du quartier qui lui disent de ne plus ramener « son » candidat qui ne leur a rien donné…

Quand j’ai commencé à filmer Gaylor, il était déjà en train de mener sa campagne. Il avait amené la veille un candidat qui avait promis à chacun 5 dollars, des pagnes et des tee-shirts. C’est comme ça que ça se passe. Mais, à la fin, quand ils se sont retrouvés « à boire du jus », comme ils disent, le candidat était déjà parti… Je suis tombé juste quand il se faisait un peu sermonner. On lui rappelait qu’on est fatigué des promesses.

Les candidats sont-ils adoptés ou rejetés selon l’argent qu’ils ont distribué ?

On l’avait beaucoup vu lors des premières élections de 2006, où seuls les candidats « riches » ont été massivement élus. En 2011, la population savait que les politiciens allaient lui donner de l’argent en promettant tout ce qu’on connaît si elle acceptait de voter pour eux. Et elle a joué le jeu. On voyait beaucoup de monde dans les meetings du candidat qui avait le plus de moyens et donnait beaucoup de vivres. Mais après, il est arrivé que ces candidats échouent. C’était la surprise de ces élections. Il ne suffisait plus d’être riche, de distribuer l’argent à la population pour se faire élire.

 
Ne croit-on pas du tout aux candidats ?
 
Vous savez, il y avait 19 000 candidats-députés [pour 740 députés, ndlr]. Personne n’a eu le temps de tous les connaître. Ce qui intéressait la plupart des gens à Kinshasa, c’était qui pouvait offrir le plus. Mais beaucoup de politiciens s’en sont mordu les doigts. C’est ce que j’appelle une bonne surprise. C’est vrai, les gens espéraient avoir un peu d’argent pendant un ou deux jours, mais en réalité, ils ont aussi appris la valeur de ce fait de voter. Et que, même si l’on reçoit de l’argent, une fois seul dans l’isoloir, on peut voter pour la personne qu'on veut… J’ai entendu beaucoup de gens dire cela.

Selon vous, on se moque des partis de Tshisekedi, de Kabila ou d’autres…

Dans mon film, en tout cas, mes personnages, oui. Et (avec eux) beaucoup de Congolais. Ils n’ont pas beaucoup d’intérêt à savoir qui va gagner. Mais ce sont mes personnages. Je ne pouvais pas être partout en ville et filmer toutes les situations. Il y avait aussi cet enjeu assez important que vous évoquiez tout à l’heure, entre les partisans du président Kabila et de Tshisekedi. Eux savaient vraiment pourquoi ils se battaient. Il fallait absolument que leur candidat puisse être élu.

Pourquoi n’abordez-vous pas du tout le contenu dans ce film ?

Parce que pour beaucoup de gens, mais aussi pour les personnages que j’ai choisi de suivre, cela n’avait pas d’importance, le contenu. Cela ne servait à rien. C’était courant d’entendre un Kinois dire : de toute façon, qu’est-ce qu’ils vont dire de plus que ce qu’on connaît déjà ? En plus, beaucoup de Congolais ne parlent pas convenablement ou ne comprennent le français et les politiciens s’adressent à la population en français dans des discours assez techniques…

Pourtant, vous dites qu’il y a de vrais enjeux entre les uns et les autres.

Entre les principaux challengers, oui. Il y avait même une question idéologique.

L’idéologie ne concerne-t-elle pas aussi la rue ?

Oui. Ou au contraire, la rue est juste instrumentalisée par ces gens-là qui se battent pour de vraies idéologies. Mais la masse ne comprend pas grand-chose.

Autre épisode violent, c’est l’émeute dans le bureau de vote. Est-ce à cause de la caméra ou parce qu’il y a eu fraude ? Ou les deux mêlés ?

C’est vrai, personne n’est pareil quand il y a une caméra. Il y a toujours quelque chose qui change un tout petit peu. Mais, juste après cette scène-là, j’ai appris que ça s’était mal fini. Il a fallu que l’armée intervienne pour faire sortir le Monsieur accusé des tricheries... Bien loin des caméras, la tension a continué de monter. Donc, il y avait une vraie frustration. Ce que j’ai pu « capter » dans le film, c’est qu’il y avait des « gentils » ce jour-là. Des gens ont été tabassés. Il y a eu des blessés et même des morts, des bureaux de vote incendiés...

On dirait que vous vous autocensurez.
 
Non, non. Ce sont juste des images que je n’ai pas pu filmer, tout simplement parce que mes personnages n’étaient pas allés là-bas. Moi, je suivais des personnes et c’est eux qui me conduisaient. On l’a suivi dans des émissions de télé… Mais je me suis limité à montrer ce que j’ai pu filmer avec mes personnages.

Vous portez un regard critique sur le pouvoir d’en haut dont les gens d’en bas ne bénéficient pas. Est-ce le message du film : donner plus de pouvoir à la base ?

Déjà, j’ai filmé ce que j’avais envie sans avoir pour autant nécessairement de message à faire passer. J’ai juste voulu montrer une réalité. Je me suis limité à montrer ce que j’ai vu, à ma manière. Je n’avais pas de préméditation. J’avais juste envie de témoigner d’un moment important de l’histoire de ce pays qui se trouve être le mien.

Dans le film, des militants de la société civile apprennent aux gens comment voter...

Quand je pensais à ce film, des mois avant les élections, j’avais suivi une émission à la télé animée par les représentants de la société civile. Leur combat m’a plu et j’ai décidé de les associer.
 
On a l’impression d’un film fait dans l’urgence, et en même temps intemporel. N’est-ce pas un peu ça l’écart ?

J’en suis ravi. C’est un film fait dans l’urgence. Les élections, c’est ce que j’ai voulu filmer, et ça ne peut pas attendre. Je n’ai pas attendu, par exemple, d’avoir les sous pour engager une équipe. J’ai filmé à l’arrache avec une caméra Sony Z7 qu’on m’avait prêtée pour des journées bien définies. Pendant le tournage, il est arrivé qu’on me la reprenne. Je devais attendre le lendemain pour la récupérer. J’ai filmé tout seul. Au début, je voulais vraiment avoir une équipe, un cadreur qui filmait mieux que moi. Mais la réalité, c’est que je ne pouvais pas me l’offrir. Du coup, je me suis décidé à y aller tout seul. Là, maintenant que le film est fini, je me dis que c’était peut-être la meilleure façon de filmer tout ça.

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08 mars 2013

Quand le pasteur drague

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GROUPES DE PRIERE OU AGENCES DE DIVORCE ?

Ces derniers temps en europe, en Afrique du sud ou aux... USA...nous assistons à un phénomène bizarre qui se développe dans la communauté congolaise : la prolifération tous azimuts des sectes religieuses nébuleuses connues plus sous le vocable de « Groupes de prière ». La quasi-totalité de ces sectes est dirigée par des « Charlatans » qui galvaudent la réputation des véritables « Pasteurs ».

Exploitant la crédulité de leurs fidèles, ces faux « Pasteurs » se permettent souvent d’organiser des veillées de prière soi-disant d’expiation, auxquelles sont conviés les Frères et Sœurs en Christ.

C’est pendant ces veillées que nos « Pasteurs » font des révélations surprenantes à l’endroit de certaines Sœurs en Christ de mœurs légères ; du type : « Nzambe apesi ngai vision, alobi ete yo ozali mwasi oyo mpenza atindelaki ngai. Mobali oyo ozali kovanda na ye akoki na yo te ». (Dieu m’a donné une vision, tu es la femme qu’il m’a envoyée, ton mari n’étant pas l’homme qu’il te faut).

Naïve et déstabilisée par cette fausse révélation, la Sœur en Christ n’a pas d’autre choix que de céder aux avances de notre « Pasteur Kinsekwa ». En rentrant chez elle, c’est la dispute avec son mari légitime et quand ce dernier , irrité par la conduite de sa femme, porte la main sur elle, c’est le moment choisi par Madame pour quitter le foyer et aller squatter chez notre divin Pasteur. Celui-ci, qui profitant de la situation, n’hésite pas à engrosser la Sœur en Christ pour faire le Christ. En plus de ces abus sexuels, nos « Pasteurs » n’hésitent pas à truander leurs fidèles en leur exigeant des Mabonza, toujours au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, alors que celui-ci n’a rien demandé.

Quel mari pourra tolérer que sa femme puisse fréquenter ces Temples du Mal ?

Parmi les femmes congolaises mariées qui fréquentent régulièrement ces groupes de prière et leurs différentes veillées de prière, certaines profitent du laxisme de leurs maris pour se livrer à la débauche en allant passer la nuit avec ou chez leurs amants abusant ainsi de la confiance de leurs maris qu’elles traitent de « de vrais yuma ». « Vrais yuma, ils ne se donnent jamais la peine de vérifier si réellement madame est partie à la veillée de prière ou ailleurs.

Aujourd’hui en europe par exemple, ces groupes de prière sont devenus des véritables agences de divorces ! Dans la quasi-totalité de couples où seule la femme fréquente ces groupes de prière, les disputes conjugales sont monnaie courante et les problèmes tournent toujours autour de « notre pasteur a révélé ceci ou cela. Soit notre maison est envoûtée ou que la famille du mari ne veut pas de notre mariage. Donc, il faut faire appel à notre « Pasteur » pour le désenvoûtement…. Et quand le mari refuse d’accueillir le Pasteur charlatan, à la maison il est alors taxé de « Ndoki ou sorcier et de complice avec sa famille ».

Ces « Pasteurs » qui prétendent être détenteurs des pouvoirs divins et qui trompent leurs fidèles avec des fausses prédications sont-ils conscients des dégâts qu’ils causent dans plusieurs foyers ?

Ce n’est pas en mémorisant quelques passages bibliques que l’on peut se faire passer pour un Pasteur ou « Papa mokambi » dans le but d’abuser sexuellement des femmes d’autrui… et de recueillir l’argent sous forme de « Mabonza ou offrande et collecte » qui ne sert pratiquement qu’au Pasteur et à sa famille.

Le temps est venu que les véritables représentants de Dieu se mobilisent pour mettre hors d’état de nuire ces brebis galeuses.
 
Denis Kabiona Kaseke Mukulungu
 

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21 janvier 2013

Situation confuse au sein de l'orchestre Dynastie Mutuashi, Tshala Mwana et MJ 30 se jettent la balle

Devenue depuis quelques temps, la coqueluche de l'orchestre Dynastie Mutwashi, la chanteuse à la voix gémissante, MJ 30, n'est plus en odeur de sainteté avec sa patronne et protectrice, l'artiste musicienne Tshala Mwana dit Reine de Mutwashi ou Mamu Nationale. Et pour faire  propre,  il a même été signifié à celle-ci qu'elle est révoquée du groupe.

Mais pour quelle raison s'interroge plus d'un mélomane, dès lors qu'avec le largage sur le marche discographique de l'album " Mastor ", le climat devait en principe être au beau fixe entre ces deux artistes.

Personne parmi les deux ne prend le courage de livrer à l'opinion, les raisons profondes de cette pomme de discorde.

Pour sa part Tshala Mwana clame à qui veut l'entendre que celle qui était hier sa pouliche aurait versé dans la trahison, l'anarchie et l'indiscipline, non sans  avouer dans ses déclarations qu'en dépit de toutes ces accusations, elle continue  à la considérer, comme sa propre fille.

De son côté, MJ 30 nie toutes ces accusations, lorsque l'on arrive à l'aborder sur la question. Elle souligne avec insistance qu'à aucune occasion, elle ne s'est dérobée des directives de sa patronne. " J'attends que cette révocation me soit signifiée officiellement " a-t-elle déclaré sur une chaîne de radio. Quoiqu'il arrive note-t-elle, Tshala Mwana demeure pour elle une mère, qui a beaucoup contribué à sa promotion.

Mais au cas où MJ 30 se serait rendue réellement coupable d'un quelconque manquement, pourquoi Tshala n'a pas recouru à la procédure disciplinaire normale qui consisterait soit par une mise en garde, plutôt que de prendre une décision extrémiste. C'est ce qui ressort de l'avis de l'opinion, la même qui se demande s'il ne s'agit pas là d'une stratégie vernie aux couleurs d'une querelle, juste pour faciliter la vente de l'opus réalisé par les deux, qui est sur le marché.

Les deux sont pour le moment en train de se jeter la balle dans un élan où le respect mutuel semble être de mise, dépouillé de tout décor polémique.

De toute façon, révoquée d'une manière ou d'une autre, il est connu de tous que le milieu de nos musiciens congolais,  est un monde à part. Que M.J 30 qui a encore toute la jeunesse devant elle, prenne son courage en mains, en vue d'une autre aventure ailleurs. Le monde ne s'est pas arrêté de tourner. Aussi, même sans elle, Tshala Mwana qui n'est pas encore au bout du rouleau continuera à faire danser son  mutwashi.

Maurice Bakeba

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16 janvier 2013

Commune de Gombe : un cadre de concertation pour résoudre le problème des enfants de la rue



La structure a été initiée à  l'issue d'une sensibilisation faite par Mme José Kalombo, chef de bureau à la division urbaine du genre, famille et enfant de la ville-province de Kinshasa. Chefs de quartiers, parents, responsables des ONG et de certaines écoles de la commune de la Gombe ont tous répondu à l'appel de la division urbaine du genre, famille et enfant dans l'objectif de trouver des solutions sur l'encadrement des enfants dans cette municipalité.

Parmi les problèmes épineux qui dérangent cette commune, les participants ont, au cours des échanges, cité les enfants de la rue qui envahissent le terrain et qui, pour la plupart, viennent de l'est de la capitale et des camps militaires. L'arrivée des bateaux dans les ports viennent aussi déverser des jeunes dans la ville, lesquels deviennent des enfants de la rue, ont souligné les participants.

Pour réduire sensiblement le nombre de ces enfants dans la rue, les familles sont appelés à prendre leurs responsabilités en mains pour assurer un encadrement adéquat à leurs enfants. Les chefs de quartiers également doivent contribuer à cet exercice. Par ailleurs, les médias aussi sont appelés à sensibiliser la communauté tout entière sur la nécessité d'assurer un avenir meilleur aux enfants.

De façon concrète, les participants à cette rencontre ont adhéré à la mise en place d'un cadre de concertation permanente pour partager les idées au sujet de l'encadrement des enfants de la rue. « Cette table de concertation sera animée avec le concours des communes limitrophes de la Gombe, où nous discuterons sur les mécanismes d'encadrement des enfants de la rue et sur le partage des responsabilités pour y parvenir », a déclaré le bourgmestre de la commune de la Gombe, Dolly Makambo Nawezi. Les membres de cette concertation devront se réunir très prochainement et de façon régulière sous la coordination du bourgmestre.

Gypsie Oïssa Tambwe

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28 décembre 2012

Les vieux Kasaiens résidant en Allemagne sont-ils réellement des bibliothèques pour les jeunes ?

Avant l'enterrement du vieux Mario au cimetière de Cologne, j'étais en conversation avec un vieux du Kasai dont je tais le nom. C'était devant la chapelle ardente à l'intérieur de laquelle se déroulaient les obsèques du Vieux Mario. Soudain, arrive un autre vieux Kasaien. Après les échanges d'usage, il interpelle celui avec qui j'étais en conversation: " Tu es toujours ici en Allemagne? ça fait combien d'années que nous ne nous sommes pas vus?" L'autre de répondre: "Je ne sais pas; cinq ou six". Alors, je n'ai pu m'empêcher de m'exclamer. "Vous vivez l'un l'autre dans un rayon de 30 kilomètres et vous faites cinq ou six ans sans vous voir!"  Quelques années auparavant, j'avais croisé l'un de ces deux vieux à une fête. Je le salue chaleureusement: "Tutu, wetu'awu!". Et lui de me répondre: "Bonjour monsieur!". Chacun analysera comme il l'entend.

Par ailleurs, nous savons tous que lorsqu'un vieux meurt en Afrique, c'est une bibliothèque qui brûle. Etre vieux chez nous, c'est connaître plus, c'est être sage, c'est être conseiller et un modèle pour les plus jeunes. Les jeunes, surtout eux, ont besoin de vieux pour les questions liées à la vie et à la culture.  Lorsque nous avons créé le Grand Kasai e.V., au lieu de rencontrer un encouragement de la part de nos vieux, nous avons été déçus par leurs propos: "Vous n'irez pas loin; nous avons tenté à notre époque, sans succès. Nous les Kasaiens, c'est comme une malédiction. Allez-y; nous allons voir!".

Aujourd'hui, le Grand Kasai e.V. a totalisé quatre ans et elle se porte très bien. Les mêmes vieux n'ont ni répondu favorablement à nos invitations, ni cotisé pour le Grand Kasai e.V. Par contre, aujourd'hui, l'un d'eux vient d'engager une polémique au sein de notre association pour créer la zizanie. Ayant été pris au dépourvu par un cas de deuil d'une cousine résidente dans une ville voisine et dont il n'avait même pas appris l'existence de son vivant, il se retourne vers le Grand Kasai e.V., s'empare abusivement de sa banque de données pour informer ses membres de son cas de deuil. Mais lorsque nous lui avons répondu que nous ne pouvions pas engager le Grand Kasai e.V. pour ce cas et que les Kasaiens qui le voulaient pouvaient se rendre individuellement au deuil, il nous emmène dans des polémiques qui ne peuvent pas nous élever.

Le Grand Kasai e.V. s'appuie sur trois piliers solides pour sa stabilité: il s'agit de 1) la volonté de ses membres de vivre ensemble, 2) la rigueur et la discipline dans l'application de ses statuts et règlement d'ordre intérieur et 3) la transparence dans la gestion. De toutes les façons, nous ne nous laisserons pas distraire. Notre jeunesse a besoin de "bibliothèques" et nous devons nous y préparer. L'adhésion au Grand Kasai e.V. est souhaitable pour tout Kasaien, mais il n'est pas obligatoire. Ceux qui adhéreront seront les bienvenus dans ce que nous considérons comme une grande famille.  Bualu bulanda bua mikolo mbupite bua biuma. Nous respectons aussi la volonté de ceux qui ne veulent pas adhérer, mais de grâce, qu'ils ne viennent pas nous déranger lorsqu'ils sont dans des problèmes. "Mvula wakaleja kalume kuabu".

Lumbamba Kanyiki

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15 octobre 2012

Reejer : 8950 jeunes filles sont dans la rue de Kinshasa



Le Réseau des éducateurs des enfants et jeunes de rue (Reejer) est préoccupé par la situation de la jeune fille en République démocratique du Congo. En tant que plate-forme de prévention du phénomène « enfant de la rue », de protection et de promotion des droits des enfants, le Reejer sensibilise tous les acteurs impliqués pour empêcher la descente des enfants dans la rue, particulièrement les jeunes filles. C'est ce qu'a déclaré Maguy Djokaba de cette plate-forme, le 11 octobre, lors de la commémoration, pour la première fois à Kinshasa de la Journée internationale de la jeune fille. La jeune fille en tant qu'acteur de sa propre protection, soutient-elle, doit suffisamment être formée et informée sur les risques que représente le mariage précoce dans sa vie et dans son épanouissement, lequel la prive de jouir pleinement de ses droits, notamment l'éducation, la participation active à la vie de la société. Maguy Djokaba estime que l'école est le seul moyen qui permettra d'échapper au mariage précoce : « Accrochons-nous à nos études qui, à la fin, ferons de nous des filles et mères responsables, capables d'assumer l'éducation de nos progénitures. Particulièrement pour vous les filles, à moins de 18 ans, vous n'êtes pas prêtes sur le plan physiologique, votre corps n'est pas prêt à recevoir la maternité », dit-elle.

Les statistiques disponibles au ministère du genre indiquent que trente-neuf millions de filles n'ont pas accès à l'école primaire et quatorze millions de filles âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans le monde entier. À Kinshasa, 8950 jeunes filles sont dans la rue. La conséquence est que deux bébés naissent tous les jours dans la rue, soit trois mille naissances chaque année. Près de 50% des filles de moins de 15 ans sont victimes d'agression sexuelle.

La RDC a souscrit à plusieurs instruments internationaux et régionaux qui protègent l'enfant congolais, en l'occurrence, la jeune fille. Il s'agit notamment de la convention relative aux droits de l'enfant, la charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, le protocole interdisant la vente d'enfants, le trafic d'enfants et la pornographie impliquant les enfants, etc. La loi portant protection de l'enfant promulguée le 10 janvier 2009 démontre l'engagement du gouvernement à assurer la protection sociale, judiciaire et pénale de l'enfant.

Gypsie Oïssa Tambwe

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23 septembre 2012

KANANGA – Bientôt un projet diocésain de protection des droits des artistes kasaiens

BY  

Chasseur traditionnel représenté en statue et exposé au Musée National de Kananga.

Un siège royal luba à cariatide agenouillée, attribuée au Maître de Buli de la République démocratique du Congo, a été adjugé à 5,44 millions d’euros, a indiqué Sotheby’s, la maison organisatrice de la vente aux enchères d’arts d’Afrique et d’Océanie à Paris. Cette pièce exceptionnelle, achetée –il y a deux ans par un collectionneur anonyme, était estimée entre 3,5 et 4,5 millions d’euros. C’est le deuxième prix le plus haut jamais atteint pour un objet d’art africain, derrière une pièce adjugée 5,9 millions d’euros en 2006, à l’Hôtel Drouot, a indiqué Sotheby’s.
Plus que son diamant, son or ou son bois, le Kasaï a démontré que le génie créateur de ses fils et filles peut le placer sur l’orbite. Dans le souci d’aider l’artiste Kasaien à vivre du fruit de son œuvre, l’archidiocèse de Kananga veut monter un projet de valorisation de nos arts du Kasaï. La première phase va consister à sensibiliser les artistes à se regrouper en association. Ces derniers devront collectivement entrevoir toutes les démarches administratives avec l’état. Ce projet vise à offrir plus de visibilité à nos artistes. Leur offrir une salle d’exposition de leurs objets d’art. Une page web ou facebook créée à leur intention pourrait également leur ouvrir une fenêtre sur le monde. En tout cas, le diocèse de Kananga veut promouvoir non seulement la culture kasaienne dans son ensemble, mais surtout son fer de lance. A Kananga, on y pense déjà à voix haute. Le musée du grand séminaire de Kabwe contiendrait des œuvres artistiques de qualité. Nul doute que ce musée pourrait servir de première phase du projet. En attendant, voici le portrait d’une œuvre anonyme luba qui a fait le bonheur du Maître de Buli.

 

Paris: un objet d’art luba vendu à 5,44 millions d’euros

Sotheby’s a vendu à Paris l’une des œuvres les plus importantes de l’année, tous marchés confondus. Ses propriétaires, une famille de colons belges, ne l’avaient pas montrée publiquement depuis plus de 65 ans.

 

Cette pièce exceptionnelle de l’art Luba, achetée par un collectionneur anonyme, a été vendu à 5,44 millions d’euros.

L’objet est haut d’environ cinquante centimètres et sculpté dans un bois dense et lourd, il représente une femme assise sur ses talons dont les mains allongées supportent un plateau, qui fait office d’assise. Le visage de la porteuse exprime une intériorité rare, alors que la plastique générale de l’œuvre est toute en tension.
Ce siège à cariatide ayant appartenu à Harry Bombeeck compte parmi le petit nombre de chefs-d’œuvre que comporte le corpus des sculptures attribuées au « Maître de Buli ». Ce maître, ou ces maîtres, car les opinions des experts divergent en la matière, était actif au Katanga, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Le « Maître de Buli » produisait des artefacts destinés aux personnes qui exerçaient le pouvoir : les rois, les princes et les « chefs ». Chez les Luba, l’idée même du siège à cariatide est intimement liée au statut de celui qui exerce l’autorité et qui l’utilise pour remplir bon nombre de ses fonctions. Il s’agit véritablement d’un trône, qui assoit tant le pouvoir spirituel que le pouvoir politique d’un chef.

Archi-kan

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30 août 2012

Ces noirs qui veulent devenir blancs!

Pourquoi cherchons-nous toujours à avoir le contraire de ce que l’on a? Pourquoi se blanchir la peau quand on a la peau noire? Voilà une tendance, qui n’est pas nouvelle, mais en forte augmentation chez les femmes à la peau noire.

Malgré son interdiction en France, la dépigmentation se pratique dans l'Hexagone, mais également en Afrique et dans les départements d’Outre-Mer.

Pourquoi un tel engouement pour cette pratique?  

«Pour répondre à des normes culturelles qui établissent que la peau claire est « plus belle que la peau foncée», lit-on sur le site Terrafemin.

Un diktat culturel que les femmes s’imposent, selon la militante anti-raciste Rokhaya Diallo:

«Défrisages réguliers, perruques, voire produits éclaircissants, tout cela a un coût. Ce budget exceptionnel n’est pas le fait d’une coquetterie particulière ou d’une hypothétique culture portant aux nues le culte du corps, mais bel et bien le prix d’une normalisation.»

L’histoire coloniale permet de comprendre ce phénomène. Certains chercheurs font un lien entre la politique d’assimilation de la France et cette pratique.

«Il faut comprendre que lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté», affirme Djiby Diakhaté, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

En Afrique, la pression de la peau blanche serait encore plus forte que chez la diaspora.

«Là-bas, les hommes aiment les femmes plus claires, même si cela a beaucoup diminué. Il y a des complexes. Je pense que c’est pour les hommes si elles s’éclaircissent la peau», confie Emma, une pharmacienne d’origine ivoirienne.

Jusqu’ici, seules les femmes étaient attirées par cette pratique, mais selon Djiby Diakhaté, même les hommes suivent cette tendance et commencent à s’éclaircir la peau à l’aide de crèmes éclaircissantes.

«Cette pratique était encore inimaginable il y a dix ans en Afrique de l’Ouest», note-t-elle.

Lu sur Terrafemina

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04 août 2012

Mbuji-Mayi : début de la semaine du livre

 
Des mains d'une lectrice tenant un livre. Radio OkapiDes mains d'une lectrice tenant un livre. Radio Okapi

La semaine du livre de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental) a débuté le mercredi 1er août. Cette manifestation organisée par le conseil provincial des associations et centres « Club Unesco » a pour objectif de sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics sur les difficultés que rencontrent les professionnels du livre (écrivains, imprimeurs, bibliothécaires, libraires, etc.). Il s’agit notamment du manque d’éditeurs, de mécènes et de la culture de la lecture.

Pour Alphonse Kabeya, coordonateur du conseil provincial des associations et centres « Club Unesco » au Kasaï-Oriental, cette semaine du livre permet aussi à tous les professionnels du livre de discuter de l’évolution de leur métier.

Il affirme que les organisateurs de cette semaine du livre ont invité des personnes qui peuvent aider financièrement les écrivains à publier leurs écrits.

Alphonse Kabeya estime que pour promouvoir les métiers du livre, il faut organiser plus souvent ce genre de manifestations.

Son organisation compte organiser un salon du livre avant la fin du mois de septembre.

Comme lors de la Foire annuelle du livre de Francfort en Allemagne, les écrivains pourront présenter leurs œuvres au public de Mbuji-Mayi, aux éditeurs et aux mécènes au cours de ce salon.

La Foire du livre de Francfort est un événement, qui a lieu en octobre, où durant cinq jours, les professionnels du livre viennent acheter et vendre des droits.

C’est la plus grande manifestation mondiale autour du livre. Elle regroupe plus de 7 300 exposants, venus d’une centaine de pays et accueille 299 000 visiteurs sur 175 000 mètres carrés. En comparaison, le salon du livre de Paris se déroule sur 50 000 mètres carrés et reçoit 198 000 visiteurs.

radiookapi.net

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