28 décembre 2012

Les vieux Kasaiens résidant en Allemagne sont-ils réellement des bibliothèques pour les jeunes ?

Avant l'enterrement du vieux Mario au cimetière de Cologne, j'étais en conversation avec un vieux du Kasai dont je tais le nom. C'était devant la chapelle ardente à l'intérieur de laquelle se déroulaient les obsèques du Vieux Mario. Soudain, arrive un autre vieux Kasaien. Après les échanges d'usage, il interpelle celui avec qui j'étais en conversation: " Tu es toujours ici en Allemagne? ça fait combien d'années que nous ne nous sommes pas vus?" L'autre de répondre: "Je ne sais pas; cinq ou six". Alors, je n'ai pu m'empêcher de m'exclamer. "Vous vivez l'un l'autre dans un rayon de 30 kilomètres et vous faites cinq ou six ans sans vous voir!"  Quelques années auparavant, j'avais croisé l'un de ces deux vieux à une fête. Je le salue chaleureusement: "Tutu, wetu'awu!". Et lui de me répondre: "Bonjour monsieur!". Chacun analysera comme il l'entend.

Par ailleurs, nous savons tous que lorsqu'un vieux meurt en Afrique, c'est une bibliothèque qui brûle. Etre vieux chez nous, c'est connaître plus, c'est être sage, c'est être conseiller et un modèle pour les plus jeunes. Les jeunes, surtout eux, ont besoin de vieux pour les questions liées à la vie et à la culture.  Lorsque nous avons créé le Grand Kasai e.V., au lieu de rencontrer un encouragement de la part de nos vieux, nous avons été déçus par leurs propos: "Vous n'irez pas loin; nous avons tenté à notre époque, sans succès. Nous les Kasaiens, c'est comme une malédiction. Allez-y; nous allons voir!".

Aujourd'hui, le Grand Kasai e.V. a totalisé quatre ans et elle se porte très bien. Les mêmes vieux n'ont ni répondu favorablement à nos invitations, ni cotisé pour le Grand Kasai e.V. Par contre, aujourd'hui, l'un d'eux vient d'engager une polémique au sein de notre association pour créer la zizanie. Ayant été pris au dépourvu par un cas de deuil d'une cousine résidente dans une ville voisine et dont il n'avait même pas appris l'existence de son vivant, il se retourne vers le Grand Kasai e.V., s'empare abusivement de sa banque de données pour informer ses membres de son cas de deuil. Mais lorsque nous lui avons répondu que nous ne pouvions pas engager le Grand Kasai e.V. pour ce cas et que les Kasaiens qui le voulaient pouvaient se rendre individuellement au deuil, il nous emmène dans des polémiques qui ne peuvent pas nous élever.

Le Grand Kasai e.V. s'appuie sur trois piliers solides pour sa stabilité: il s'agit de 1) la volonté de ses membres de vivre ensemble, 2) la rigueur et la discipline dans l'application de ses statuts et règlement d'ordre intérieur et 3) la transparence dans la gestion. De toutes les façons, nous ne nous laisserons pas distraire. Notre jeunesse a besoin de "bibliothèques" et nous devons nous y préparer. L'adhésion au Grand Kasai e.V. est souhaitable pour tout Kasaien, mais il n'est pas obligatoire. Ceux qui adhéreront seront les bienvenus dans ce que nous considérons comme une grande famille.  Bualu bulanda bua mikolo mbupite bua biuma. Nous respectons aussi la volonté de ceux qui ne veulent pas adhérer, mais de grâce, qu'ils ne viennent pas nous déranger lorsqu'ils sont dans des problèmes. "Mvula wakaleja kalume kuabu".

Lumbamba Kanyiki

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15 octobre 2012

Reejer : 8950 jeunes filles sont dans la rue de Kinshasa



Le Réseau des éducateurs des enfants et jeunes de rue (Reejer) est préoccupé par la situation de la jeune fille en République démocratique du Congo. En tant que plate-forme de prévention du phénomène « enfant de la rue », de protection et de promotion des droits des enfants, le Reejer sensibilise tous les acteurs impliqués pour empêcher la descente des enfants dans la rue, particulièrement les jeunes filles. C'est ce qu'a déclaré Maguy Djokaba de cette plate-forme, le 11 octobre, lors de la commémoration, pour la première fois à Kinshasa de la Journée internationale de la jeune fille. La jeune fille en tant qu'acteur de sa propre protection, soutient-elle, doit suffisamment être formée et informée sur les risques que représente le mariage précoce dans sa vie et dans son épanouissement, lequel la prive de jouir pleinement de ses droits, notamment l'éducation, la participation active à la vie de la société. Maguy Djokaba estime que l'école est le seul moyen qui permettra d'échapper au mariage précoce : « Accrochons-nous à nos études qui, à la fin, ferons de nous des filles et mères responsables, capables d'assumer l'éducation de nos progénitures. Particulièrement pour vous les filles, à moins de 18 ans, vous n'êtes pas prêtes sur le plan physiologique, votre corps n'est pas prêt à recevoir la maternité », dit-elle.

Les statistiques disponibles au ministère du genre indiquent que trente-neuf millions de filles n'ont pas accès à l'école primaire et quatorze millions de filles âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans le monde entier. À Kinshasa, 8950 jeunes filles sont dans la rue. La conséquence est que deux bébés naissent tous les jours dans la rue, soit trois mille naissances chaque année. Près de 50% des filles de moins de 15 ans sont victimes d'agression sexuelle.

La RDC a souscrit à plusieurs instruments internationaux et régionaux qui protègent l'enfant congolais, en l'occurrence, la jeune fille. Il s'agit notamment de la convention relative aux droits de l'enfant, la charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, le protocole interdisant la vente d'enfants, le trafic d'enfants et la pornographie impliquant les enfants, etc. La loi portant protection de l'enfant promulguée le 10 janvier 2009 démontre l'engagement du gouvernement à assurer la protection sociale, judiciaire et pénale de l'enfant.

Gypsie Oïssa Tambwe

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23 septembre 2012

KANANGA – Bientôt un projet diocésain de protection des droits des artistes kasaiens

BY  

Chasseur traditionnel représenté en statue et exposé au Musée National de Kananga.

Un siège royal luba à cariatide agenouillée, attribuée au Maître de Buli de la République démocratique du Congo, a été adjugé à 5,44 millions d’euros, a indiqué Sotheby’s, la maison organisatrice de la vente aux enchères d’arts d’Afrique et d’Océanie à Paris. Cette pièce exceptionnelle, achetée –il y a deux ans par un collectionneur anonyme, était estimée entre 3,5 et 4,5 millions d’euros. C’est le deuxième prix le plus haut jamais atteint pour un objet d’art africain, derrière une pièce adjugée 5,9 millions d’euros en 2006, à l’Hôtel Drouot, a indiqué Sotheby’s.
Plus que son diamant, son or ou son bois, le Kasaï a démontré que le génie créateur de ses fils et filles peut le placer sur l’orbite. Dans le souci d’aider l’artiste Kasaien à vivre du fruit de son œuvre, l’archidiocèse de Kananga veut monter un projet de valorisation de nos arts du Kasaï. La première phase va consister à sensibiliser les artistes à se regrouper en association. Ces derniers devront collectivement entrevoir toutes les démarches administratives avec l’état. Ce projet vise à offrir plus de visibilité à nos artistes. Leur offrir une salle d’exposition de leurs objets d’art. Une page web ou facebook créée à leur intention pourrait également leur ouvrir une fenêtre sur le monde. En tout cas, le diocèse de Kananga veut promouvoir non seulement la culture kasaienne dans son ensemble, mais surtout son fer de lance. A Kananga, on y pense déjà à voix haute. Le musée du grand séminaire de Kabwe contiendrait des œuvres artistiques de qualité. Nul doute que ce musée pourrait servir de première phase du projet. En attendant, voici le portrait d’une œuvre anonyme luba qui a fait le bonheur du Maître de Buli.

 

Paris: un objet d’art luba vendu à 5,44 millions d’euros

Sotheby’s a vendu à Paris l’une des œuvres les plus importantes de l’année, tous marchés confondus. Ses propriétaires, une famille de colons belges, ne l’avaient pas montrée publiquement depuis plus de 65 ans.

 

Cette pièce exceptionnelle de l’art Luba, achetée par un collectionneur anonyme, a été vendu à 5,44 millions d’euros.

L’objet est haut d’environ cinquante centimètres et sculpté dans un bois dense et lourd, il représente une femme assise sur ses talons dont les mains allongées supportent un plateau, qui fait office d’assise. Le visage de la porteuse exprime une intériorité rare, alors que la plastique générale de l’œuvre est toute en tension.
Ce siège à cariatide ayant appartenu à Harry Bombeeck compte parmi le petit nombre de chefs-d’œuvre que comporte le corpus des sculptures attribuées au « Maître de Buli ». Ce maître, ou ces maîtres, car les opinions des experts divergent en la matière, était actif au Katanga, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Le « Maître de Buli » produisait des artefacts destinés aux personnes qui exerçaient le pouvoir : les rois, les princes et les « chefs ». Chez les Luba, l’idée même du siège à cariatide est intimement liée au statut de celui qui exerce l’autorité et qui l’utilise pour remplir bon nombre de ses fonctions. Il s’agit véritablement d’un trône, qui assoit tant le pouvoir spirituel que le pouvoir politique d’un chef.

Archi-kan

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30 août 2012

Ces noirs qui veulent devenir blancs!

Pourquoi cherchons-nous toujours à avoir le contraire de ce que l’on a? Pourquoi se blanchir la peau quand on a la peau noire? Voilà une tendance, qui n’est pas nouvelle, mais en forte augmentation chez les femmes à la peau noire.

Malgré son interdiction en France, la dépigmentation se pratique dans l'Hexagone, mais également en Afrique et dans les départements d’Outre-Mer.

Pourquoi un tel engouement pour cette pratique?  

«Pour répondre à des normes culturelles qui établissent que la peau claire est « plus belle que la peau foncée», lit-on sur le site Terrafemin.

Un diktat culturel que les femmes s’imposent, selon la militante anti-raciste Rokhaya Diallo:

«Défrisages réguliers, perruques, voire produits éclaircissants, tout cela a un coût. Ce budget exceptionnel n’est pas le fait d’une coquetterie particulière ou d’une hypothétique culture portant aux nues le culte du corps, mais bel et bien le prix d’une normalisation.»

L’histoire coloniale permet de comprendre ce phénomène. Certains chercheurs font un lien entre la politique d’assimilation de la France et cette pratique.

«Il faut comprendre que lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté», affirme Djiby Diakhaté, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

En Afrique, la pression de la peau blanche serait encore plus forte que chez la diaspora.

«Là-bas, les hommes aiment les femmes plus claires, même si cela a beaucoup diminué. Il y a des complexes. Je pense que c’est pour les hommes si elles s’éclaircissent la peau», confie Emma, une pharmacienne d’origine ivoirienne.

Jusqu’ici, seules les femmes étaient attirées par cette pratique, mais selon Djiby Diakhaté, même les hommes suivent cette tendance et commencent à s’éclaircir la peau à l’aide de crèmes éclaircissantes.

«Cette pratique était encore inimaginable il y a dix ans en Afrique de l’Ouest», note-t-elle.

Lu sur Terrafemina

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04 août 2012

Mbuji-Mayi : début de la semaine du livre

 
Des mains d'une lectrice tenant un livre. Radio OkapiDes mains d'une lectrice tenant un livre. Radio Okapi

La semaine du livre de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental) a débuté le mercredi 1er août. Cette manifestation organisée par le conseil provincial des associations et centres « Club Unesco » a pour objectif de sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics sur les difficultés que rencontrent les professionnels du livre (écrivains, imprimeurs, bibliothécaires, libraires, etc.). Il s’agit notamment du manque d’éditeurs, de mécènes et de la culture de la lecture.

Pour Alphonse Kabeya, coordonateur du conseil provincial des associations et centres « Club Unesco » au Kasaï-Oriental, cette semaine du livre permet aussi à tous les professionnels du livre de discuter de l’évolution de leur métier.

Il affirme que les organisateurs de cette semaine du livre ont invité des personnes qui peuvent aider financièrement les écrivains à publier leurs écrits.

Alphonse Kabeya estime que pour promouvoir les métiers du livre, il faut organiser plus souvent ce genre de manifestations.

Son organisation compte organiser un salon du livre avant la fin du mois de septembre.

Comme lors de la Foire annuelle du livre de Francfort en Allemagne, les écrivains pourront présenter leurs œuvres au public de Mbuji-Mayi, aux éditeurs et aux mécènes au cours de ce salon.

La Foire du livre de Francfort est un événement, qui a lieu en octobre, où durant cinq jours, les professionnels du livre viennent acheter et vendre des droits.

C’est la plus grande manifestation mondiale autour du livre. Elle regroupe plus de 7 300 exposants, venus d’une centaine de pays et accueille 299 000 visiteurs sur 175 000 mètres carrés. En comparaison, le salon du livre de Paris se déroule sur 50 000 mètres carrés et reçoit 198 000 visiteurs.

radiookapi.net

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03 août 2012

La mort du guide phacochère-deuxième partie

Tous les jeunes se retirèrent chez eux. Les jours passèrent comme des semaines et aucun incident ne vint perturber le cours normal de la vie.  Ils avaient presqu' oublié leur condition misérable lorsque ce qui devait arriver arriva. Cet après-midi -là, le soleil lançait ses premiers rayons après la pluie qui s'était abattue le matin,  bloquant tous les habitants chez eux. Les hibiscus faisaient un tango au rythme du vent léger qui soufflait dans les branches. Les papillons multicolores volaient dans tous les sens, d'arbre en arbre, donnant dans le décor des allures de fête.  Monsieur le bouc sortit avec son épouse et son enfant pour une petite promenade. Ils causaient, saluaient gaiement les amis qu'ils rencontraient et échangeaient des nouvelles sur le temps. Le jeune cabri courait derrière les papillons, s'arrêtait par moment pour admirer les fleurs qui souriaient au soleil. Au bout de la rue, un véhicule aux vitres fumées qui venait en sens inverse s'arrêta à leur niveau. Trois jeunes chacals en descendirent et obligèrent l'épouse de monsieur le bouc à monter à bord. Mais celle-ci résista fermement.

- Où voulez-vous l'amener? C 'est mon épouse! Intervint le pauvre époux. Les chacals  l'ignorèrent un moment et s'emparèrent de force de la femme. Lorsque monsieur le bouc voulut s'interposer, un des chacals, muni d'un gourdin, lui asséna un coup mortel sur la nuque. Le pauvre tomba inerte. Son enfant, qui devait avoir environ trois ans, pleurait et courait derrière la mère qui se débattait entre deux chacals. Alors, le chacal, qui avait tué le père, lui lança un coup de pied sur la poitrine, le renvoyant plusieurs mètres dans la brousse. L'enfant tomba et manqua de s'évanouir. Il revient haletant vers son père qui gisait à terre; mais l'enfant ne savait pas que son géniteur n'était plus de ce monde. Il le prit par la main et pleura:

- Papa, lève-toi, nous allons chercher maman! Lève-toi, papa! Mais voyant que ce dernier ne bougeait pas, il s'assit à côté de lui et se mit à pleurer.  Quelques gens qui avaient observé la scène accoururent en criant leur indignation. Au bout de quelques minutes, tout le pays des plaines était informé du drame. Ils accourent tous et tout en pleurant, se fabriquèrent une civière de fortune avec les branches coupées des arbres. Ils  y placèrent le corps sans vie du bouc et confièrent temporairement l'enfant à une femme des femmes qui étaient dans la foule. Ensuite, en procession, ils  prirent, tous, la route qui menait chez le vieux phacochère. Ils le trouvèrent comme à l'accoutumée assis à l'ombre de son arbre à palabre. Il ne montra même pas d'émotions lorsque les jeunes descendirent le corps du bouc inanimé devant lui. Un des jeunes prenant la parole lui dit:

- Phacochère, notre guide, nous mourrons jusqu'au dernier sur notre propre sol si tu ne nous aides pas. Envoie-nous au combat; nous nous libérerons de ces ennemis qui nous ravissent nos femmes et nous tuent sans ménagement. En guise de réponse, le vieux s'inclina et se mit à écrire avec son doigt sur la terre. Des longues minutes s'écoulèrent. Le vieux semblait sourd aux lamentations de son peuple. Pris de colère, un des jeunes sortit sa machette et lui trancha la tête. Il coupa un morceau de sa chair et en mangea. Ensuite, il recueillit le sang qui coulait de ses artères ouvertes et en but quelques gorgées. Aussitôt, le miracle se produisit. En un clin d'oeil, Il se transforma en un jeune phacochère, vigoureux, avec des longues canines sortant de sa bouche comme des cornes pointues. Il était prêt pour le combat.

Les autres jeunes ayant vu le miracle qui venait de se produire sous leurs yeux, n'eurent pas à raisonner. Ils se jetèrent tous sur le corps du vieux, se l'arrachèrent et burent son sang. En quelques minutes, tous les jeunes, filles et garçons mangèrent la chair qui n'en finissait pas et burent le sang qui continuait à couler du corps du vieux.   Et naturellement, ils devinrent tous des phacochères, vigoureux, avec des canines sortant de leurs bouches, longues comme des cornes et pointues comme des flèches. Ils criaient à l'unisson: " A nous, les chacals, à nous les chacals". Il était presque sombre, lorsqu'ils sortirent pour  l'assaut final. A suivre.

Lumbamba Kanyiki

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01 août 2012

Mbuji Mayi : la fête des parents vidée de son sens par la crise, selon un parent

 
Un parent viens de récupérer ses enfants à l’école le 5/9/2011 à Kinshasa, lors de la rentrée scolaire 2011-2012. Radio Okapi/ Ph. John BompengoUn parent viens de récupérer ses enfants à l’école le 5/9/2011 à Kinshasa, lors de la rentrée scolaire 2011-2012. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La fête des parents célébrée ce mercredi 1er aout en RDC est vidée de son sens à cause des difficultés socioéconomiques qui minent les familles, témoigne un parent de Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental. Pour Baba Isaac Kalonji, le parent actuel n’est pas seulement financièrement pauvre, mais il est aussi « pauvre en esprit », car incapable de gérer sa famille.


Baba Isaac Kalonji dresse en ces termes le portrait du parent actuel :

« Les parents ne sont pas seulement pauvres aux avoirs. Ils sont pauvres même en esprit : incapacité de gérer la famille, de gérer les enfants, la progéniture, et incapacité due à la crise, due aussi à l’inconscience, faute de travail. Moi-même j’ai des petits fils et des petites filles qui n’ont pas pu avoir leurs bulletins à cause de la situation que traversent les parents ».

Pour lui, les parents sont aujourd’hui loin d’être «l’arbre à ombrage protecteur» d’autrefois.

« De 1965 à 2011, nous avons connu plus d’un million d’enfants de rue. Ils ont des parents qui les ont abandonnés. Aujourd’hui, cette fête n’a pas son sens. Qu’est-ce que je peux dire, en tant que parent, aux enfants qui n’ont pas le moyen d’aller à l’école, qui n’ont pas la possibilité de se faire soigner et qui n’ont pas à manger. Actuellement, nous n'avons pas d'argent et  nous sommes confrontés à d’énormes problèmes d’ordre social, si bien que je doute fort que la fête des parents soit réellement une fête ».

En RDC, la fête des parents est couplée de la journée dédiée aux morts. C’est l’occasion pour certains d’aller visiter les cimetières où ont été inhumés des proches disparus.

radiookapi.net

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27 juillet 2012

La mort du guide phacochère

Il était une fois le vieux phacochère... Il vivait dans le pays des grandes plaines traversées par des grandes et longues rivières aux rivages verdoyants. Ce pays faisait la  convoitise de ses voisins à cause de ses richesses. Depuis la chute du roi-léopard, chassé par les chacals venus des montagnes de l'Est, ceux-ci régnaient sans partage sur l'ensemble du territoire, pillant les richesses du pays des grandes plaines, enlevant les belles filles et les emmenant comme butins au royaume des montagnes de l'Est.

Le vieux phacochère qui vivait au milieu de ce peuple, jouissait du respect des autres animaux, toutes les races confondues. Ils lui exprimaient une reconnaissance sans faille, voyant  en lui, leur guide, le messie, le seul capable de les aider à se libérer du joug des chacals. En effet, du temps du roi-léopard, c'était lui, phacochère, jeune et vigoureux, qui, par son courage, pouvait tenir tête au roi-léopard. Il lui crachait des vérités en face sur sa gestion calamiteuse du royaume, plongeant le peuple dans la misère indescriptible. Lorsque les chacals chassèrent le roi-léopard et commencèrent à sémer la terreur dans le royaume, c'était encore lui, phacochère qui, en première ligne montait à l'attaque contre les assaillants. Aidé des jeunes, il leur tendait des embuscades  et les égorgeait sans aucune pitié. Mais avec le poids de l'âge, il finit par se fatiguer. Comme tous les vieux, plus les jours et les années passaient, plus il se souvenait de son Dieu. Alors, pour se rapprocher plus de lui, il passait des longues heures de la journée à la méditation et à la prière à  l'ombre de l'arbre à palabres. Ainsi chaque fois que les jeunes venaient lui demander de les conduire à l'attaque contre les chacals, il leur répondait toujours:

- Muenyi katamba-tamba muena ditunga, muena ditunga nngutu wa tamba! ( L'étranger ne peut jamais vaincre l'autochtone, c'est l'autochtone qui l'emporte toujours sur l'étranger). Soyons sereins! Ils ne nous feront rien.

Alors, les jeunes rentraient chez eux, mécontents. Mais que faire? Ils avaient une confiance sans faille dans leur vieux phacochère.  Plus les jours passaient, plus la domination des chacals devenait insupportable. Ils se décidèrent de rentrer de nouveau chez le vieux afin de le persuader de monter à l'attaque. Étant arrivés chez lui, ils le trouvèrent en méditation. Après qu'il eut terminé, ils s'adressèrent à lui:

- Les chacals nous tuent sans pitié; ils prennent nos filles, nous dépouillent de nos biens et les emportent au royaume des montagnes. C'est toi qui, par ton courage, nous as montré comment nous battre contre le roi-léopard. C'est toi qui, par ta ténacité, nous as appris à nous défendre contre les chacals. Ta présence en première ligne nous a toujours imprimé du courage. Sors, accompagne-nous! Nous bouterons les chacals hors de notre royaume. Si tu ne peux pas nous accompagner, dis seulement un mot et nous les retournerons dans leur royaume des montagnes.

Le vieux phacochère se mit à écrire par terre, sans rien dire. Les jeunes se regardèrent, ne comprenant rien à ce qu'il écrivait. Au bout de quelques minutes, il leur répéta:

Muenyi katamba-tamba mena ditunga, muena ditunga ngutu wa tamba! Soyons sereins! Ils ne nous feront rien!

Les jeunes se mirent à râler et très tristes, ils reprirent le chemin de retour. Mais à peine ils eurent quitté le domicile du vieux phacochère, qu'ils tombèrent sur une vieille femme qui sortait d'on ne sait où.

- Pourquoi êtes-vous si abattus, jeunes gens? Leur demanda-t-elle. Ils se mirent à lui parler de la situation du royaume et de leur volonté d'en finir avec les chacals. Mais le Vieux leur demande de rester sereins, car l'étranger ne peut vaincre l'autochtone,mais c'est l'autochtone qui finit par l'emporter sur l'étranger. Alors, la Vieille leur rétorqua simplement: "Mais il a raison le vieux phacochère!" Les jeunes voulurent l'interrompre, mais elle les stoppa avec autorité.

-Ecoutez-moi, leur dit-elle. Le vieux phacochère n'est plus en âge de se battre. A cet âge, on se détache des choses de la terre et on se rapproche de plus en plus de l'Eternel. Peut-être par idéal, peut-être par peur de la vie qu'on a menée pendant la jeunesse. Une autre guerre implique d'autres morts. Or le Vieux ne veut pas davantage charger sa conscience. La  peur du  jugement dernier.  Mais il vous reste une chose: Tuez le Vieux; que chacun d'entre vous mange sa chair et boive son sang. Alors vous verrez ce qui va vous arriver!

Les jeunes se regardèrent, stupéfaits. Comment allons-nous manger notre leader qui a enlevé, en nous, la peur et nous a donné du courage pour nous battre contre le roi-léopard et maintenant contre les chacals? C'est tout simplement abominable. Alors, la Vieille leur dit:

- Mais si vous voulez vous débarrasser des chacals, vous n'avez pas d'autre choix!  Elle reprit sa route sans ajouter un autre mot, puis disparut après un virage, là où commençait une grande forêt.

- C'est de la pure folie, se disaient les jeunes issus de toutes les races des animaux. Nous ne tuerons pas notre Vieux, quoiqu'il arrive, mais nous ramènerons les chacals d'où ils sont venus.

A suivre   

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22 juillet 2012

Le comité directeur du Grand Kasai a tenu hier sa réunion ordinaire

Le Grand Kasai, association sans but lucratif, établie en Allemagne a tenu hier sa réunion ordinaire à Aachen chez son vice-président, Mufukadibwa Ilunga. Tous les membres du comité avaient répondu à l'appel à l'exception du trésorier qui s'était excusé. Parmi les participants, nous avions noté la présence de monsieur Kabongo Bayamba,  visiteur du président Pontien Kayumba, venu de France.

L'ordre du jour proposé et approuvé prévoyait les points suivants: analyse de certaines pistes de projets, la présentation de la situation financière et les divers.

La présentation de certaines propositions des projets

Prenant la parole, le secrétaire général a parlé du souci qu'éprouvent les jeunes qui grandissent ici en Europe dans la recherche de leur identité. C'est la raison pour laquelle il souhaiterait que le Grand Kasai fasse appel au docteur Bilolo, Égyptologue pour une rencontre avec les jeunes d'origine congolaise. L'idée d'élaborer un projet allant dans ce sens a été adoptée par l'ensemble du comité. Le secrétaire général, en tant qu'initiateur de la proposition, a été prié de prendre contact avec les professeurs Bilolo et Lufuta pour voir la faisabilité de ce projet et d'en faire part au comité directeur.

La deuxième proposition du projet consistait à un soutien financier du Grand Kasai aux orphelinats de deux Kasai. D'après les informations en provenance du Kasai, les orphelinats qui étaient jadis soutenus par des religieuses européennes sont à l'abandon aujourd'hui. Les enfants, souvent mal habillés et dormant dans des mauvaises conditions, n'arrivent pas à manger à leur faim. Les responsables des orphelinats négocient même avec les familles d'où ces enfants sont issus pour qu'ils  les reprennent en charge avant leur majorité. Mais la crainte de revoir ces enfants abandonnés dans la rue est grande. Selon le secrétaire général, si la proposition faisait l'assentissement du comité, celui-ci créerait un projet dénommé "dix euros pour les enfants du Kasai". Ainsi, tous les ressortissants du Kasai seront interpellés pour participer à ce projet avec le versement mensuel de dix euros pour soutenir les orphelins du Kasai. Tout celui ou toute celle qui se croit ressortissant du Kasai se verra par ce projet obligé de restituer, en quelque sorte, ce que le Kasai lui aura  donné.

Le vice-président a rappelé au comité qu'il y a déjà plusieurs projets qui ont été initiés, mais qui n'ont pas encore abouti. Il souhaiterait qu'on se concentre sur les premiers dossiers et d'évoluer petit à petit vers les projets récents. Le conseiller Denis Mukuna lui a répondu qu'aucun projet n'a été abandonné. Si certains projets n'ont pas vu leur heureux aboutissement jusqu'à ce jour, C'est puisque les moyens financiers et matériels ne le permettent pas encore. Mais ils sont en cours d'exécution. Il a illustré ses dires par l'exemple du projet des T-Shirts. L'impression des T-shirts par des tiers étant très chère, une machine de presse a déjà été achetée. Certaines autres pourront suivre pour l'impression des T-shirts et des tasses. Le comité a demandé que tous les projets soient enregistrés et gérés selon leur importance. Le secrétaire général a été prié d'élaborer le dit projet et de le présenter au comité à la prochaine réunion. Le conseiller Denis Kapuku Mukuna a été chargé de la gestion et du suivi de tous les projets.

La présentation de la situation financière

La présentation de la situation financière a été faite par le trésorier adjoint, Kabasele Ngalamulume, en l'absence de monsieur  Daniel Kitenge.
La trésorerie du Grand Kasai est bonne, voire très bonne depuis qu'elle est entre les mains de Daniel Kitenge. De novembre, le mois où il a pris les choses en mains jusqu'à ce jour, les comptes sont tenus à jour dans une transparence digne d'un professionnel. Tout le monde se sent, donc,  en confiance et les cotisations se font régulièrement. Outre les membres du comité directeur qui se cotisent régulièrement, une mention spéciale revient à certains membres qui, bien que ne participant pas aux réunions, effectuent chaque mois leurs virements bancaires sur le compte du Grand Kasai. A tout seigneur tout honneur, il s'agit des messieurs Kalonji Carro Kassongo, Antoine Félicien Muembia Ilunga et de madame Claude Malu. Qu'ils daignent recevoir, à travers ces lignes, les encouragements du Grand Kasai! Par ailleurs, il a été décidé que tout membre qui met son argent sur le compte du Grand Kasai et qui aimerait en connaître la situation, puisse, à tout moment, formuler sa demande auprès de la trésorerie. Celle-ci lui répondra dans un bref délai. Car le maître mot reste la transparence.

Les divers

Le comité, par la bouche de son conseiller Mukuna, a saisi l'occasion qui lui a été offerte par la présence de monsieur Kabongo Martin John Bayamba, afin que ce dernier lui fasse un aperçu de la façon dont nos frères et soeurs, résidents en France se seraient organisés pour le vivre ensemble et la solidarité. Prenant la parole, monsieur Kabongo a remercié le comité et, à travers lui, toutes les Kasaiennes et tous les Kasaiens vivant en Allemagne pour leur organisation et leur ténacité dans le soutien des activités du Kasai. Ils les a encouragés à oeuvrer pour l'unité et la fraternité affichées. "Nous avons tous un Kasai". A-t-il dit. "Nous devons toujours vivre ensemble comme les enfants d'un même père et d'une même mère".  Manifestant son souhait de recevoir des invitations pour participer, malgré la distance aux réunions du Grand Kasai, il a promis de parler de ce qu'il a vu aux frères et soeurs restés en France. A la prochaine réunion, le comité espère recevoir une bonne délégation en provenance du pays de François Hollande.

La réunion s'est terminée par un buffet présenté de façon professionnelle par Mamu "Mua Mbuyi", l'épouse du vice-président. Il y avait un peu de tout: De Ndakala, biteku-teku aux mansamba aux poulets grillés en passant par des matamba aux aubergines. Pour le dessert, l'assistance était gâtée par des tumbele tua mayi avec du manioc bouilli et des salades de fruit. Signalons en passant que Mua Mbuyi organise depuis un certain temps un service traiteur pour toutes les occasions: fêtes de mariage, de communion, d'anniversaires ou des retraits de deuil.

Lumbamba Kanyiki

 

 

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16 juillet 2012

Hommages : après Kinshasa, Kananga honore la mémoire de Grand Kallé

La journée artistique qu'a en vue de tenir cette semaine Zénon Mfwamba au cœur du Kasaï-Occidental fait suite au concert intervenu en juin dernier au Venus Hotel.

L'Agence congolaise de presse (ACP) a fait savoir, en début de week-end dernier qu' « un groupe de musiciens se propose d'organiser une journée artistique en mémoire de Joseph Kabasele Tshiamala, alias Grand Kallé ». Zénon Mfwamba, initiateur de ce projet, entend, à l'occasion de cette journée voulue mémorable, proposer au public un répertoire fourni avec plusieurs chansons connues de l'illustre disparu. Il a été évoqué notamment les tubes « Indépendance cha cha », « Kallé Kato » et « Para fifi » qui, à ce jour, ont pour office de le rappeler aux bons souvenirs des mélomanes. Ainsi en dépit de sa disparition intervenue il y a près de trois décennies, soit le 11 février 1983, son souvenir reste vivace.

Se souvenir du passage glorieux sur la scène de Kallé, compté à raison au nombre des pionniers de l'art musical moderne au Congo, Zaïre d'alors, a pensé Zénon Mfwamba ne saurait s'arrêter à cet exercice d'interprétation. Aussi, a-t-il à cœur de procéder à une double célébration. En effet, le podium réservé aux chanteurs et musiciens ne devrait pas être le seul pole d'attraction de la journée artistique car au côté des vedettes du jour se tiendra une exposition, a-t-on indiqué. Seront mis en exergue textes de chansons, disques, images et autres réalisations de l'artiste, a précisé l' ACP.

Par ailleurs, on sait que les œuvres du Grand Kallé inscrits dans le patrimoine culturel de la RDC participent toujours à l'ambiance contemporaine. En effet, loin de demeurer dans les oubliettes de l'histoire, ses compositions continuent d'alimenter notre chronique musicale et garde des empreintes tenaces dans le continent à l'instar d' « Indépendance cha cha ». Une contribution de taille dans la sphère musicale continentale qui passe désormais pour plusieurs pour « l'hymne des indépendances » d'Afrique.

Nioni Masela

Photo : Kabasele Tshamala, alias Grand Kallé

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