17 août 2013

«C’est de la musique de chez nous!»

Le rappeur belgo-congolais Baloji sera samedi soir sur la scène du Pukkelpo

baloji

p. Le festival rock s’ouvre à d’autres styles, l’époque elle-même est au brassage des cultures. Pour en finir avec la «world music».

Il n’y a pas que le rock au Pukkelpop. Preuve par deux: un des meilleurs concerts de jeudi a été donné par des Touaregs, Bombino, et samedi, c’est le rappeur belgo-congolais Baloji qui terminera le festival sur la petite scène. Car si les grands raouts musicaux de l’été sont souvent présentés comme des manifestations bien ciblées (rock à Werchter et au Pukkelpop, alternatif à Dour, électro à Tomorrowland, world à Couleur Café…), la réalité est bien plus métissée.

«C’est la troisième fois que je joue au Pukkelpop. On était déjà venu avec Starflam», lance directement Baloji. Alors, quand on lui demande son sentiment, en tant qu’artiste world, de jouer dans un festival rock, la réponse fuse: «Ce que je déteste avec cette expression de world music c’est qu’il y a un côté fantasme occidental. Cette vision d’une Afrique dans le besoin, des gens toujours souriants qui jouent du djembé dans des vêtements traditionnels… C’est très lié à une perception occidentale et passéiste du monde.» Et d’enchaîner: «On ne dit pas de Kanye West qu’il est world parce qu’il sample Otis Redding. Par contre, si je sample Franco… En fait, dès que c’est africain, c’est world, ça n’a pas de sens!»

L’époque est en effet au brassage culturel. Ainsi, un groupe comme Vampire Weekend est autant influencé par la musique africaine que Baloji. Les uns sont blancs et new-yorkais, l’autre est européen d’origine africaine, mais la base est commune: un mélange d’Occident et d’Afrique. «On essaie de représenter une musique de diaspora, continue le rappeur, on assume le fait d’avoir une double identité, d’avoir été bercé par la musique africaine un peu malgré nous étant gamins, et d’avoir ensuite grandi en écoutant du rap et du rock. A partir de là, on trouve des jonctions de manière très naturelle.»

On en aurait donc fini avec cette vision Live Aid de l’Afrique, très clivée, finalement, entre «eux et nous». Aujourd’hui, tout le monde sort de la même marmite, ce que Baloji résume dans une de ses chansons avec cette phrase-slogan: «Ce n’est pas de la world music, c’est de la musique de chez nous!»

Une phrase qui est d’ailleurs entendue et comprise aux quatre coins du monde. Car Baloji, qui s’est construit un réseau international grâce aux réseaux sociaux (Le Soir du 29 juillet), est aujourd’hui fort demandé. En automne, notre homme enchaînera des tournées en Scandinavie, au Brésil, aux Etats-Unis et en Afrique de l’Est. Il a aussi un projet de film qui traîne depuis deux ans et est actuellement en production, et un pied ancré dans la mode.

Et au niveau discographique? D’abord, Baloji a deux titres sur une compilation hommage à Fela Kuti («Red Hot Fela»), dont un en collaboration avec l’ancien batteur de Fela, Tony Allen («Une expérience incroyable»). Ensuite un album est en préparation («On a une vingtaine de titres écrits»). Enfin, un EP est prêt à sortir, mais attend preneur («Un gros indépendant, normalement»). Sur cet EP, on entendra «moins d’instruments traditionnels, beaucoup de programmations» et pas mal d’invités prestigieux parmi lesquels Metronomy, Four Tet et Jamie XX.

Justement, The XX joue samedi soir au Pukkelpop: «Oui, on va essayer de faire un truc ensemble…» Tous dans la même marmite!

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16 août 2013

Ray Lema : « La musique congolaise est victime de son succès »

Pianiste, guitariste, et compositeur de renommée internationale, le musicien congolais Raymond Lema a Nsi dit Ray Lema a évoqué avec le correspondant du journal Le Potentiel en France, Robert Kongo, l’état actuel de la musique de la RD Congo, telle qu’il la conçoit et la perçoit, et ses débuts en musique, ses goûts musicaux, son nouvel album, l’action des « combattants » en Europe. « La musique congolaise est victime de son succès », estime-t-il. Chaleureux et aimable, l’homme et l’artiste s’interpénètrent.


Qu’est devenu l’artiste musicien que vous êtes ?

Je suis toujours le même artiste. Un parmi tant d’autres qui existent dans le monde. Je fais des disques, des tournées…Je ne suis pas devenu quelqu’un de spécial à part ce que je suis.

Beaucoup de mélomanes congolais ne vous connaissent pas. Comment expliquez-vous cette méconnaissance, par le grand public, de votre talent, malgré votre renommée sur le plan international ?

Simplement parce que je ne sers pas assez la musique dominante. Il y a une musique dominante au Congo : la rumba. C’est quelque chose dont je me plains d’ailleurs. Comme directeur de musique du Ballet national congolais, j’ai été missionné par la présidence du Zaïre, à l’époque, de sillonner le pays afin de réunir au sein du Ballet national les représentants des meilleurs musiciens de toutes les ethnies de notre grand pays.

J’ai ramené à Kinshasa environ 70 musiciens. Nous avons travaillé et monté des spectacles ensemble. Je connais donc le nombre de musiques différentes que nous avons au Congo. Ce que je ne comprends pas, bien que j’aime la rumba, c’est la dominance d’un seul type de musique dans un pays aussi riche, culturellement et artistiquement, qu’est la RD Congo. Je refuse même de le comprendre.

Que fait-on pour promouvoir un peu plus notre culture et notre art ? La question mérite d’être posée, car la culture et l’art constituent la véritable richesse d’une nation, ainsi que le moteur de son existence et de son développement. 

En RD Congo, si vous ne faites pas de la rumba, vous êtes un ringard, voulez-vous dire ?

Oui. Malheureusement, c’est ça, et le constat est terrible.

Etes-vous de l’avis de ceux qui disent de la musique congolaise qu’elle est en perte de vitesse ?

Personnellement, je n’ai pas ce sentiment. Je dirais plutôt que notre musique est victime de son succès. Tout succès a un prix. Souvent quand on a du succès, on se replie sur soi-même ; on ne fait plus cas de ce qui se fait ailleurs. C’est ce qui se passe avec la musique congolaise, qui a servi, pendant très longtemps, d’exemple à presque toutes les musiques en Afrique. C’était la première musique en Afrique. Aujourd’hui, l’artiste musicien congolais ne travaille plus assez et s’est enfermé dans son succès. Le problème est là. De plus, en Afrique, et plus précisément  au Congo, le chanteur s’appelle  musicien. L’instrumentiste, le vrai musicien, a perdu son statut en devenant un simple travailleur au service du chanteur. L’instrumentiste, qui est censé faire le travail de fond, n’est plus motivé. Il ne crée plus. Il est plafonné. Pour sortir de cette hibernation, il faut redonner à l’instrumentiste son rôle de compositeur de musique. C’est important.

Comment avez-vous découvert votre passion pour la musique ?

J’avais 11 ans quand j’ai commencé à jouer à la musique. Je suis rentré au séminaire car j’éprouvais l’envie d’être prêtre. A mon arrivée au séminaire, on m’a fait passer, à l’instar de tous les aspirants, des tests d’aptitude. J’ai essayé plusieurs activités, dont le football et la musique, notamment la guitare. Les pères m’ont trouvé très doué pour la musique. Ils m’ont dit que ma vocation était la musique. Ils m’ont donc cloué à la musique. De ce fait, ils m’ont mis à l’orgue pour accompagner les messes grégoriennes. Après la musique  grégorienne, les pères m’ont mis à la musique classique grâce à un piano qu’ils ont fait venir de Belgique. Mon premier contact avec la musique, c’est la musique classique. J’ai commencé par jouer du Beethoven, Mozart, Bach…Deux ans après, pour des raisons personnelles, j’ai quitté le séminaire. J’ai continué mes études, secondaires et universitaires, avant de devenir musicien professionnel. Je devins guitariste dans le groupe de Gérard Kazembe. Ma passion pour la musique devenait trop forte que j’ai dû abandonner mes études universitaires pour me consacrer à cette activité.

Vous avez des goûts musicaux très éclectiques. Vous jouez du blues, du  jazz, du rock, la musique classique, les rythmes congolais traditionnels et modernes. Rien ne vous est étranger.  Comment définissez-vous votre style musical ?

Je n’ai pas de style et je ne cherche pas d’en inventer un. En tant qu’instrumentiste, la seule manière de progresser est de s’intéresser à toutes les musiques. Je m’intéresse à toutes les musiques. Je n’ai donc aucun problème pour jouer du reggae, du jazz, du rock, la musique symphonique… J’aime la diversité  qui doit s’appliquer aussi en musique. Comme je sais lire et analyser la musique, il me suffit seulement d’écouter et je comprends ce qu’il faut jouer. C’est ma façon de fonctionner et cela me va bien.

Lors d’une interview sur une des chaines de télévision françaises, vous avez fait l’éloge de la musique traditionnelle du Kasaï. Qu’a-t-elle de particulier ?

J’avais parlé de la musique traditionnelle chez les Lulua du Kasaï. Les Lulua, dans la pratique de leur musique, utilisent un mode musical particulier (Ray Lema en fait la démonstration en jouant au piano, NDLR). Ce mode n’existe que dans cette petite partie du Congo et dans une portion de territoire de l’Inde. Cette constatation m’a toujours intrigué. Je profite de l’occasion pour rendre hommage à la personne qui m’a beaucoup aidé à comprendre les musiques traditionnelles : un Lulua. Il s’appelait Tshibamba. Il fut un grand joueur de la Sanza. Il n’est plus de ce monde. Au début, en jouant les musiques traditionnelles, moi en tant que musicien moderne, j’étais perdu. Tout le monde essayait de me persuader de la pertinence de sa musique. Grâce à lui, je suis arrivé, au fil du temps, à comprendre la philosophie de différentes musiques que nous avons au Congo. 


Avez-vous un modèle en musique ?

J’en ai beaucoup. En tant que professionnel, j’écoute toutes les musiques. J’essaie d’expliquer aux jeunes que le premier secret du progrès en musique, c’est d’apprendre à admirer les autres artistes pour voir ce qui vous  manque. Sinon, vous n’avancerez  jamais. Ce principe, je me le suis toujours appliqué à moi-même. 

Avez-vous actuellement un album sur le marché ?

Oui, c’est le VSNP pour Very Special New Production. C’est du pur jazz. C’est la première fois que je fais un album qui s’en tient à un seul et unique style. Et il a été très bien reçu.

Comment réagissez-vous à l’action des  « combattants », qui interdisent les concerts en Europe,  accusant les artistes musiciens congolais résidant en RD Congo de « collaborer » avec le pouvoir en place à Kinshasa ?

Je n’ai pas approché d’assez près les « combattants » pour connaître leur motivation profonde. A mon avis, ce sont des choses qui doivent se régler par le dialogue. Je n’ai jamais été pour la violence. Je pense que les artistes musiciens congolais et les « combattants » peuvent s’asseoir autour d’une table et débattre du problème. Si problème il y a. Nous sommes tous des adultes. La violence n’arrange rien.  

Quels sont vos projets ?

J’ai des projets pleins la tête. Je fais trop de choses : musique, théâtre… Ce qu’il faut savoir, il n’y a pas seulement la musique de Ray Lema. Je travaille sur plusieurs projets pour d’autres artistes et créateurs. Et je ne m’en lasse pas.

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13 août 2013

Le Congo s’invite sur le canal

MEULDERS RAPHAÈL 

BRUXELLES La croisière OK a joint l’utile à l’agréable en mettant en avant le fleuve Congo.
 
Ambiance africaine, ce samedi, le long du canal de Bruxelles. Bien que parti avec une heure de retard, le joyeux bateau de la croisière OK est bien arrivé à bon port, celui d’Anvers en fin de journée. L’idée de ce projet belgo-congolais est pour le moins ambitieux : "renouer" des liens culturels et économiques entre les deux pays, tout en invitant les plus curieux à un voyage, celui de la découverte de l’immense fleuve Congo qui traverse la RDC de long en large. Un voyage imaginaire donc, puisqu’à chaque arrêt, le long du canal de Willebroek, correspond une ville du fleuve congolais, description à l’appui.

Sous la grisaille de la banlieue bruxelloise, il faut donc pas mal de créativité pour s’imaginer à Banana ou Matadi, mais des écrans géants et, surtout, une musique africaine omniprésente aident à créer l’illusion. Albert Delbecq connaît par cœur le nom de ces villes, même s’il n’a ajamais mis les pieds en Afrique, il lesa "toutes apprises à l’école primaire". "Mais je voyage chaque nuit le long du fleuve Congo, dans mes rêves." L’homme, qui travaille dans l’informatique, espère joindre l’utile à l’agréable lors de cettte croisière chapeautée par l’Agence wallonne à l’exportation (Awex). Il n’est pas le seul, au premier étage, les cartes de visite s’échangent aussi vite que les mikate, les beignets congolais. "Le but de cette croisière est aussi de mettre en avant les immenses potentialités du fleuve Congo et de ses affluents. Nous voulons redynamiser les échanges économiques entre la RDC et la Belgique à ce niveau", explique Olivier Kayomo, l’organisateur de l’événement, surpris par le nombre inattendu de participants (plus de 300) à cette deuxième édition.

Parmi eux, pas mal "d’anciens" du Congo venus se déhancher sous les airs d’un jeune groupe du quartier Matonge de Bruxelles. Plusieurs assosiations étaient également de la partie, dont l’une venue sensibiliser aux ravages de la drépanocytose. D’autres veulent participer à ce redynamisme fluvial , comme l’explique Stéphane Plumat, directeur de l’Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l’Etranger (APEFE). "Nous avons un projet en RDC qui consiste à apporter les moyens nécessaires pour permettre aux pêcheurs de se structurer, de mieux produire et de mieux commercialiser leurs produits."

 

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12 août 2013

RDC – Les chrétiens appelés à rendre un hommage mérité à Alain Moloto

BY  

Compositeur hors-pair, Alain Moloto a été un adorateur assidu.

Compositeur hors-pair, Alain Moloto a été un adorateur assidu.

Le comité d’organisation des obsèques de l’artiste musicien Alain Moloto vient de délocaliser le lieu des funérailles initialement prévu au stade Tata Raphaël, pour le stade des martyrs situé dans la commune de Kinshasa, apprend-t-on de l’un des membres de ce comité, Aimant Moloto. Pour cela, le comité présente ses excuses à la population Kinoise pour ce changement brusque. De son côté, le frère Patrice Ngoy Musoko, membre très influent de la corporation des musiciens chrétiens, a invité tous les chrétiens à l’union pour rendre un hommage mérité à l’illustre disparu.

 

Le programme des obsèques prévoit ce qui suit:
- La levée du corps est maintenue le lundi 12 août à 12 heures à la clinique Ngaliema et l’enterrement intervient le 13 août à la Nécropole ciel et terre.

Frère Alain Moloto, le chanteur charismatique du du Groupe adorons l’Eternel (GAEL) est décédé, vendredi 2 août 2013 à 19h55 à la polyclinique du centre catholique Nganda à Kinshasa de suite d’une longue maladie. A 52 ans, le patron du GAEL était un artiste compositeur très connu dans les milieux évangéliques en RDC et à l’étranger. Né à Kisangani (Province Orientale) le 27 juillet 1961, fils de Moloto Évariste (militaire) et de Bikoka Régine, Alain Moloto était troisième d’une famille de quinze enfants. Il était marié à Christine Tshiabu avec laquelle il a eu quatre enfants au terme de treize années de vie conjugale. Il a effectué une grande partie de ses études dans la ville de Lubumbashi (Katanga) avant de rejoindre Kinshasa pour les humanités et les études supérieures.

Le frère Alain a su élever l’adoration de l’Éternel comme Culte de la Nation.

Alain Moloto a débuté ses études supérieurs en 1983 à l’ISC (Institut supérieur de commerce) où il s’était engagé dans le théâtre universitaire dans lequel il écrivait particulièrement des chansons françaises dans le cadre de la dramaturgie. Il y joue le rôle de chantre et de parolier. Sa grande et merveilleuse surprise est qu’en dehors du théâtre, les gens s’intéressaient vraiment à ses chansons. Moloto est ainsi poussé un peu plus tard à embrasser une carrière en solo.
Ce groupe musical a perdu trois de ses membres les plus actifs en l’espace de quelques semaines, notamment Marthe Bulayi, Christian Mvuanda et Alain Moloto. L’équipe rédactionnelle d’Archi-Kan présente ses condoléances à toute la famille de Dieu éprouvée par cette triste nouvelle.

PROGRAMME DEFINITIF DES OBSEQUES DE PAPA ALAIN MOLOTO/KINSHASA
DEMAIN LUNDI 12 AOUT 2013 11H: LEVEE DU CORPS DE LA MORGUE DE CLINIQUE NGALIEMA ET EXPOSITION A L’ESPLANADE DU STADE DES MARTYRS DE KINSHASA
MARDI 13 AOUT 2013 A 12H: LEVEE DU CORPS POUR L’ENTERREMENT AU CIMETIERE NECROPOL A LA NSELE
Contact direct: Robert Ngoy +243815170907 +243994319209

Archi-Kan

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11 août 2013

Installation du comité directeur de l’Association socioculturelle « Buluba-i-Bukata »

Écrit par 

M. Ilunga wa Batame, directeur administratif de l’Assemblée provinciale du Katanga, a présidé dernièrement au bâtiment du 30 juin, la cérémonie d’installation du comité directeur de l’Association socioculturelle « Buluba i Bukata », a constaté l’ACP. Dans son allocution, M. Ilunga wa Batame a remercié Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza pour les efforts déployés en vue de la restauration de la paix sur l’ensemble de la province du Katanga. Il a rappelé les efforts du gouvernement provincial du Katanga pour la réhabilitation des infrastructures routières dans la cité de Kamina, chef-lieu du district du Haut-Lomami. Le Dr Ilunga a transmis au nouveau comité directeur de cette association, un message d’amitié et de soutien du gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi. Quant au Pr. Marcel Mpoyo, président du comité directeur de cette association, il a lancé un appel à tous les Baluba du Katanga de participer au processus de développement de la province du Katanga. et moderniser la RDC. Pour sa part, le président sortant du comité Buluba i Bukata, M. Nday Matembo, a présenté le bilan de son mandat avant de féliciter son prédécesseur pour les efforts qu’il a fournis afin que leur association aille de l’avant. Le nouveau comité de l’association Buluba i Bukata qui est élu pour un mandat de trois ans, est composé de 18 membres. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Dr Augustin Ilunga Ndjoloko, ministre provincial de la Santé représentant le gouverneur, des sénateurs et députés provinciaux et nationaux et de plusieurs invités, rappelle-t-on. ACP./Ndombe Vangu Luky

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28 juin 2013

Le comité du Grand Kasai s'est réuni samedi passé à Siegburg

GK Réunion comité juin 2013

Samedi dernier, les membres du comité directeur s'étaient donné rendez-vous chez Jeancy Bouloba à Siegburg pour une réunion ordinaire. Ils étaient tous présents sauf le vice-président Ilunga Mufukadibwa empêché pour raison de maladie et Tshitenge Mbayabu qui s'était excusé. A l'ordre du jour figuraient certains points importants, à savoir la lecture du compte rendu de la réunion de février, la proposition des membres aux postes vacants, l'évaluation des projets et la situation financière.

Après la lecture du compte rendu de la dernière réunion, le président a présenté les deux postes laissés vacants par les démissions de l'adjoint à la trésorerie et du secrétaire général adjoint. Le président a proposé Jeancy Bouloba au poste du secrétaire général adjoint et Placide Mbo Lodika au poste de l'adjoint à la trésorerie. Jeancy a accepté le poste lui proposé. Par contre la réponse de Placide est attendue dans les jours à venir. 

En ce qui concerne le point relatif aux projets, le comité s'est penché sur le projet des orphelins du Kasai. Les membres ont regretté du peu d'intérêts que les nôtres manifestent pour ce projet. Le comité a décidé néanmoins de pouvoir transférer le montant essentiellement constitué des versements des membres du comité aux nécessiteux dans le Kasai profond. Mais ils ont promis de battre campagne afin de continuer à sensibiliser un plus grand nombre.

La présentation de la situation financière a été faite par le Chargé de la trésorerie, Daniel Kitenge. Les finances du Grand Kasai sont bonnes. La plupart des membres se cotisent régulièrement. Mais toujours en rapport avec les finances, quelques membres ont soulevé une objection en ce qui concerne les cotisations pour les anniversaires. Ils ont trouvé qu'ils sortaient un peu trop d'argent par rapport à leur situation financière. Après débat, le comité a décidé de continuer le projet avec ceux qui peuvent le faire, mais à partir de janvier 2014.

La réunion s'est terminée autour de 21 heures dans une ambiance bon enfant. comme on pourra le voir dans la vidéo ci-dessous

Réunion du comité directeur GK

Lumbamba Kanyiki

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22 juin 2013

Une héroine dans l’ombre (suite5)

Madame Eyenga ouvrit difficilement les yeux et jeta un coup d’œil sur sa montre posée sur la table de chevet. Six heures du matin. La chambre était plus ou moins éclairée par la lumière du jour qui pointait déjà à l’horizon. Elle tendit l’oreille. Toute la maison dormait encore, mais elle pouvait entendre les cris des oiseaux et de temps en temps, les vrombissements des véhicules qui passaient déjà sur la route. Après un grand effort, Elle parvint à s’asseoir sur le lit, se frotta encore les yeux avant de se diriger vers la salle de bain. En effet, depuis qu’elle était dans les affaires, elle se réveillait toujours tôt le matin pour vaquer à ses occupations.  Elle avait même réussi à imposer ce rythme à ses enfants qui ne connaissaient pas la grasse matinée même pendant les vacances. « La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt » leur répétait-elle. Elle  sortit quelques minutes plus tard, de la salle de bain, enveloppée dans un peignoir bleu ciel. Après s’être habillée, elle s’assit devant une glace très grande montée sur une coiffeuse en ébène pour se maquiller. Chez elle, le maquillage était obligatoire. « Même après ma mort, je vous prie de me faire un peu de maquillage avant de me porter en terre ! Un peu de rouge à lèvre, un crayon foncé sur les sourcils et un petit coup de tire-cils ne me feront pas de mal. Et surtout ne pas oublier un grain de beauté sur ma joue gauche !», ne cessait-elle de répéter à ses proches.

Une porte claqua quelque part dans la maison. C’était sûrement sa fille qui allait dans la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. Un autre coup d’œil rapide à sa montre lui apprit qu’il était déjà six heures vingt-sept. Elle tira doucement sur le tiroir de la commode et en sortit sa chaînette en or, ses boucles d’oreilles, sa gourmette et ses bagues. Se rappelant de Ndaya, elle se rua rapidement dans le couloir vers la cuisine et demanda à Nancy de la réveiller au plus vite pour ne pas être en retard. Mais lorsque celle-ci frappa à la porte de la chambre où dormait Ndaya et entra, elle la trouva, assise sur le lit,  coudes sur ses cuisses, soutenant sa tête entre les deux mains. Quelques minutes plus tard, toutes les trois se trouvaient à table pour le petit-déjeuner.

N’ayant pas de voiture, madame Eyenga louait les services d’un chauffeur qui venait chaque matin la prendre avec sa fille et les ramener, elle à son commerce et la fille à son école à Gombe. Car, le transport était un des problèmes majeurs de Sashanti, une grande ville d’environs cinq millions d’âmes, dépourvue de voies cyclables ! Le matin déjà, les bus de transport public et les foula-foula (Camions transformés en bus par les privés pour le transport en commun) étaient pris d’assaut par les passagers qui se rendaient en ville. Pour y trouver une place débout ou assise, il fallait se battre en se donnant des coups de coudes à l’entrée. D’autres passagers, petits et grands, hommes comme femmes, s’y introduisaient carrément par les fenêtres qui, pour la plupart étaient dépourvues de vitres. Les Balados (nom donné aux jeunes chômeurs et voyous),  débout sur le pare-chocs, s’accrochaient derrière pour ne pas payer. Les mini-bus et les taxis subissaient le même sort. Souvent prévus pour sept personnes, les combis pouvaient en contenir une vingtaine. Les voitures taxi de quatre places assises en prenaient neuf ou dix !

Madame Eyenga voulait se payer une voiture, mais remettait toujours à plus tard ce projet. D’abord, elle avait peur de conduire dans une ville où les règles de circulation n’existaient pratiquement pas. Ensuite, elle se disait qu’une voiture allait bloquer une partie de son capital. Le taxi les déposa, elle et Ndaya devant le magasin qui portait majestueusement sur le fronton « Ets Madame Eyenga, commerce général ». Quelques clients, des revendeurs aux détails, attendaient déjà à l’entrée. Madame Eyenga ouvrit un à un plusieurs cadenas avant de tirer sur les battants. L’intérieur était  spacieux. Les marchandises y étaient disposées en trois rangées : une à gauche, une autre au milieu et une dernière à droite, toutes séparées les unes des autres par un couloir plus ou moins large pour en faciliter le passage. On y trouvait des cartons et des sacs : Savons, sucre, riz, haricots, oignons, tomates, huile d’olive, etc. Le bureau de madame Eyenga et la caisse se trouvaient juste à droite, à l’entrée du magasin.

Madame Eyenga avait deux travailleurs : un homme qui aidait à sortir les cartons et servir les clients et une femme dont madame Eyenga avait parlé la veille. Elle recevait les clients et percevait les commandes. Elle les appela devant son bureau et procéda aux présentations. « Je vous présente Ndaya Mundi » commença-t-elle « Elle va travailler avec nous et prendra les attributions de Mimi ». Puis se tournant lentement vers cette dernière, elle continua « Mimi, je t’ai toujours dit que je ne suis pas satisfaite de ta prestation. Désormais, tu pourras t’occuper de la propreté du local et veilleras avec Bob à ce que les produits soient bien arrangés. Ndaya pourra me remplacer à la caisse à mon absence. C’est clair ? » Elle n’attendit pas leur réponse et les renvoya à leurs postes de travail. Mimi jeta un regard jaloux à Ndaya qui ne le remarqua pas heureusement. Car, elle avait déjà les yeux tournés vers les clients qui entraient en masse. Madame Eyenga lui remit une liste des produits avec leurs prix au regard de chaque nom. « Jette un coup d’œil pour te familiariser avec les produits et nos prix. Mais de temps en temps, je te prie de m’aider à surveiller les entrées et sorties des clients. Car, les voleurs se glissent parmi eux » lui dit-elle. Elle s’installa, elle-même, à la caisse.

Jusqu’à onze, ils vendirent sans discontinuer. « Bob, trois cartons de savon le cop…Bob, deux sacs de riz « longs grains »…Mimi, regarde, est-ce qu’il y a encore de l’huile d’olive? Etc. » Et tout le monde était en mouvement, courant dans tous les sens. Puis, vint un moment d’accalmie. Mais madame Eyenga ne semblait pas épuisée par tous ces bruits et les va et vient de ses clients. Elle tira un gros classeur de l’étagère et le déposa sur son bureau, puis fit signe à Ndaya de s’approcher. « Dans ce classeur, sont disposées les fiches de chaque marchandise. Regarde bien ! Sur chaque fiche est écrit le nom du produit. Ensuite, viennent différentes colonnes : Une pour la date, une pour les numéros d’ordre, une pour les entrées, une pour les sorties et la dernière pour les soldes » elle continua avec les explications. « Les soldes sont la différence entre les entrées et les sorties des produits. C’est en principe, les quantités qui doivent se trouver présentement dans le stock. Mais souvent, Mimi qui doit me mettre ces fiches à jour, ne le fait pas correctement. Ce qui fait que des fois, je me retrouve en rupture de stock parce que les fiches contiennent des informations erronées. Par ailleurs, tu veilleras à ce que les produits alimentaires, surtout, qui sont entrés premièrement puissent aussi être les premiers à sortir. Ceci afin d’éviter qu’ils traînent dans le magasin et pourrissent». Elle sortit quelques fiches qu’elle tendit à Ndaya. « Tu trouveras ces articles dans cette rangée-là » lui dit-elle en  indiquant la rangée de gauche. « Regarde combien de cartons il reste encore et tu me les notes dans la colonne des soldes avec la date d’aujourd’hui. C’est tout pour l’instant » conclut-elle. Puis, elle sortit de son sac un carnet bleu. Elle l’ouvrit et commença doucement à tourner les pages. Partout des noms et des chiffres, certains étant déjà raturés. C’était le carnet contenant les noms de ses débiteurs. Les noms raturés signifiaient que les intéressés s’étaient déjà acquittés de leurs dettes. Elle prit sa calculatrice et se mit à pianoter dessus, puis elle franca les sourcils. « Mimi, viens vite ici » appela-t-elle, en colère. Cette dernière accourut et se présenta devant sa patronne. « Va au marché et demande à Ndona et Timba d’apurer leur situation du mois passé. Elles ne doivent pas te dire qu’elles n’ont pas vendu, ces menteuses ! Elles veulent ma faillite ou quoi ? »  Mimi happa le papier et disparut en vitesse. « Fais attention » ajouta-t-elle « Il faut rentrer vite. Je ne veux plus entendre des explications. Le travail, c’est le travail ». Mimi répondait toujours poliment « Oui madame » Mais elle venait toujours avec des explications, ce qui énervait sa patronne. La vérité était que Mimi avait beaucoup d’amies au grand marché et passait des heures à causer avec elles.  

Le reste de la journée se passa sans incidents. Vers quinze heures, la plupart des magasins commencèrent à fermer. Mais plusieurs autres comme celui de madame Eyenga restait ouvert jusque tard. Souvent jusqu’après dix-huit heures, ce qui n’était pas sans danger. D’après ce qui se racontait, il semblerait qu’un jour sur la même rue, un magasin était resté ouvert jusque tard dans la soirée. Les voleurs seraient venus avec un camion et auraient braqué le patron qui était là avec ses travailleurs. Ils les auraient amenés au fond du magasin et les auraient tenus en joues, visages contre les murs.   Après avoir chargé le camion, ils auraient lancé les revolvers qui étaient en fait des anguilles fumés en direction du patron et ses travailleurs, avant de s’enfuir. Certaines mauvaises langues disaient même qu’une des anguilles lancées atterrit sur la tête du patron qui s’évanouit aussitôt, croyant avoir reçu une balle dans la tête. On n’a jamais retrouvés les voleurs. Vraie ou fausse, cette histoire ? Personne ne le sait.

Madame Eyenga congédia Bob et Mimi. Après avoir fait ses comptes, elle ferma, elle-même, la grande porte, la bloquant avec des gros  cadenas. Enfin, elle et Ndaya allèrent attendre le taxi pour la maison. A leur arrivée devant la parcelle, madame Eyenga, apercevant ses deux camions stationnés devant, cria joyeusement à Ndaya : « Mes grands sont là ; merci Seigneur ! » (A suivre)

Lumbamba Kanyiki

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10 juin 2013

Une héroine dans l’ombre (suite 4)

La porte s’ouvrit sur un salon spacieux, garni d’un canapé et de quatre fauteuils en cuir brun foncé autour d’une table basse en bois d’ébène. Un ensemble de buffet, meuble TV et bibliothèques du même bois, remplis non seulement des livres mais aussi des vidéos-cassettes occupait toute la façade à droite. Une lumière douce et filtrée, diffusée par les abat-jours placés dans les coins, éclairait le pavement couvert d’une moquette fleurie sur fond brun rouge bordeaux.

Madame Eyenga indiqua un fauteuil à Ndaya pour s’asseoir et cria : « Il n’y a personne dans la maison ? » C’était comme un rituel. Chaque fois qu’elle rentrait chez elle, elle commençait toujours par demander s’il n’y avait personne dans la maison. Car, tout son petit monde préférait passer le temps dans un grand balcon derrière la maison ou dans la chambre de la mère de madame Eyenga. Ndaya se laissa tomber dans le fauteuil. Ses yeux se promenaient sur les murs tapissés de papiers peints dont les motifs bruns et rouges bordeaux ressemblaient à ceux de la moquette. Les cadres de photos y étaient accrochés. Elle reconnut madame Eyenga. Les autres visages plus jeunes pouvaient être ses enfants, se dit-elle. La porte du couloir s’ouvrit sans bruit et laissa apparaître une jeune fille d’environs seize ans. « Bonsoir maman » cria-t-elle d’une voix joyeuse. Une silhouette d'une femme d'un certain âge vint se planter derrière elle. C’était la mère de madame Eyenga. « Où est-ce que tu as déniché celle-là ? » demanda-t-elle d'une voix pleine d'étonnement. Madame Eyenga, indignée par la question, lui rétorqua avec une pointe d’agacement dans sa voix : « Qui, celle-là ? » Alors, pointant cette fois son doigt vers Ndaya, sa mère lui demanda de nouveau : « Ce…ce n’est pas Mboyo, ça ? » Madame Eyenga éclata de rire et lui dit qu’elle s’était laissée aussi prendre par la forte ressemblance. Pendant qu’elles s’entretenaient, apparut encore une silhouette qui s’immobilisa au milieu du salon comme électrocutée à la vue de Ndaya. Madame Eyenga la rassura : « Ce n’est pas ta fille ; reste calme ! » Mais, n’étant pas sûre de ce que sa grande-sœur lui disait, elle fit quelques pas vers Ndaya pour mieux l’observer de plus près.

En effet, Sisika, la petite-sœur de madame Eyenga vivait chez sa sœur depuis son divorce quelques deux années auparavant. Elle avait laissé ses cinq enfants auprès de son ex-mari à Mbandaka dont l’aînée Mboyo avait environ l’âge de Ndaya. D’après elles toutes, Ndaya avait une forte ressemblance avec Mboyo. Est-ce que c’est cette ressemblance qui facilita l’accueil et l’intégration de Ndaya dans la famille ? Nul ne le sait.

Nancy, la fille de madame Eyenga, s’assit à côté de Ndaya et alluma la télé. Sa grand-mère tira une chaise de la salle à manger et s’assit aussi en face de Ndaya pour mieux la contempler. En effet, elle ne voulait pas s’asseoir dans les fauteuils parce que, disait-elle, s’était pour la nouvelle génération ! Ce qui faisait rire tous ses petits-enfants.

Madame Eyenga disparut dans le couloir vers sa chambre, sûrement. Quelques minutes plus tard, la table était prête. Sisika chercha sa sœur du regard. Ne la voyant plus, elle alla dans sa chambre pour l’inviter à table. Celle-ci ne tarda pas à réapparaître, plus fraîche et encore plus naturelle dans : son pagne d'ingo avec une blouse légère de couleur bleue ciel. Elle s’était débarrassée de tous ses bijoux en or. Alors, tout le monde passa enfin à table.

Ndaya ne mangea pas avec beaucoup d’appétit bien qu’elle n’avait pas mangé de toute la journée. Madame Eyenga qui l’observait du coin de l'oeil lui demanda : « Tu ne manges pas la chikwangue, Ndaya ? ». « si » lui répondit-elle « mais je n’ai pas faim » Madame Eyenga lui passa la casserole de riz et l’assiette de viande. « Sers-toi et fais comme chez toi ». Elle se servit encore un peu de riz et deux ou trois morceaux de viande qu’elle arrosa avec la sauce aromatisée. Le reste du souper se passa dans un silence complet. Lorsque le repas se termina, Ndaya aida à débarrasser la table, puis revint au salon pour rester avec les autres. C’est alors que madame Eyenga lui demanda de lui raconter ce qui s’était vraiment passé avec sa tante.

Tout le monde l’écouta sans poser beaucoup de questions. Mais madame Eyenga ne comprenait toujours pas comment une tante pouvait renvoyer de chez elle sa nièce pour une histoire de perruque ! « Vous les enfants, vous ne dites pas souvent la vérité »lui dit-elle « Il se peut que tu sois sortie avec des garçons ; c’est peut-être cela qui aurait mis ta tante en colère ou quelque chose dans ce sens-là » continua-t-elle en la regardant dans les yeux. Ndaya jura qu’elle n’avait rien fait de pareil, puis se prit la tête entre ses mains, ce qui attrista encore madame Eyenga. Cette dernière regarda sa mère, sa sœur puis se tournant vers Ndaya, elle lui dit : « Je sais que vivre chez des gens n’est pas toujours facile. Nous aussi avons connu des moments difficiles. Mais ils peuvent toujours nous être bénéfiques si nous prenons les choses du bon côté » Puis, elle enchaîna «Tu pourras rester chez moi, le temps que la colère de ta tante passe» Elle se tourna vers sa mère qui ne disait toujours rien, puis son regard revint vers Ndaya. « Tu pourras m’aider à l’entrepôt dès demain. Ce n’est pas un travail compliqué ; je te montrerai. La femme qui vend pour le moment ne me donne pas entière satisfaction. Mais tu devras apprendre vite ou si non… »

Elle ferma les yeux et changea de conversation. Se tournant cette fois vers sa sœur, elle lui demanda : « Quand est-ce que les garçons vont rentrer ? ça fait deux jours qu’ils sont partis, n’est-ce pas ? » « Oui, en effet », répondit sa sœur. « Nous espérons les revoir dès demain si tout va bien ». Elle garda toujours ses yeux fermés pour mieux réfléchir.

Madame Eyenga avait deux fils de 30 et 28 ans, issus de son premier mariage. Tous les deux avaient terminé des études universitaires, mais n’avaient pas trouvé du travail. Lorsque madame Eyenga acheta ses deux camions, elle les intéressa à ses affaires. C’étaient donc eux qui géraient les camions et faisaient le transport à l’intérieur du pays. Le divorce de madame Eyenga avec leur père remontait à une vingtaine d’années. Ils s’étaient connus lors d’un voyage en bateau entre Sashanti et Mbandaka. Lui était étudiant qui se rendait en vacances chez ses parents. Elle faisait des navettes entre la capitale et Mbandaka dans le cadre de son commerce qu’elle faisait depuis l’âge de treize ans.

Lorsque son père mourut, elle, madame Eyenga, Sisika et leur mère étaient prises en charge par le petit-frère du père comme l’exigeait leur coutume. Mais il s’est avéré que l’oncle était plutôt attiré plus par les charmes de celle qui fut sa belle-sœur que par le souci d’encadrer la veuve et les orphelines. S’étant vite lassé de la mère d’Eyenga, il l’abandonna à son triste sort avec ses enfants. Un jour, n'en pouvant plus, elles décidèrent de fuir nuitamment pour rentrer à Baskes, le district natal de la mère. Le père de madame Eyenga les accueillit à bras ouverts, mais la famille était pauvre. Il fallait, donc, se débrouiller pour survivre.

Madame Eyenga, à l’époque, âgée de treize ans commença à aller dans la forêt cueillir les champignons et les fruits sauvages pour les vendre au marché local. Douée du sens de commerce et de gestion, du marché local, elle se lança au marché de Mbandaka où elle allait non seulement vendre, mais aussi acheter tous les produits qui pouvaient se vendre à Baskes. La rencontre avec celui qui allait devenir le père de ses enfants était comme un coup de foudre. Ils se marièrent quelques mois plus tard et le couple décida de s’installer à Sashanti où le mari poursuivait ses études de droit. Les problèmes financiers ne se posèrent pas puisque madame Eyenga continuait à faire ses affaires qui prospéraient de jour en jour.

Les deux garçons vinrent au monde pendant que le père était encore étudiant. Les études terminées, le mari ne tarda pas à trouver du travail dans un cabinet d’un avocat célèbre de la capitale. Plus tard, il ouvrit son propre cabinet, mais il ne connut pas beaucoup de succès. Par contre, il trouvait plus de succès auprès de femmes. Dans l’entourage de madame Eyenga, on racontait que monsieur rentrait toujours tard à la maison et disait chaque fois à madame Eyenga qu’il était retenu par des dossiers importants. Mais un jour qu’il rentra tard comme d’habitude, il trouva madame Eyenga déjà au lit. Il se mit à se déshabiller. Lorsqu’il fit descendre son pantalon, madame Eyenga remarqua que monsieur portait un slip de femme ! « Et le slip que tu portes là, ce sont tes clients qui te l’ont donné comme cadeau, je pense ? » Lui demanda-t-elle d’une voix dédaigneuse. Il s’en suivit une grande crise dans la famille à l’issue de laquelle madame fit un dernier avertissement à son mari « Je ne suis pas le genre de femmes qui supportent les bêtises des hommes. La prochaine fois sera la dernière. ». Mais comme on dit « il n’y a jamais deux sans trois », madame Eyenga apprit des années plus tard que son mari avait une liaison extra-conjugale avec un fils en plus ! Après vérification, les faits étaient établis. Son mari ne pouvant rien nier, fut mis à la porte. Le divorce était consommé. Nancy vint au monde quelque quatre ans après le divorce. D’après madame Eyenga, le père serait un Togolais qu’elle avait connu pendant un de ses voyages d’affaires. Il fut ministre semblait-il. Voilà pour la petite histoire.

Lorsque madame Eyenga ouvrit les yeux, il remarqua que Ndaya manifestait déjà des signes de fatigue, s’assoupissant sur l’accoudoir du fauteuil. Madame Eyenga demanda à sa fille de lui montrer la chambre d’hôte pour dormir et se mit à son tour débout. Souhaitant le bonsoir à sa sœur et sa mère qui étaient toujours en train de regarder l’émission « en plein vent » qui passait chaque dimanche soir, elle alla, titubant dans sa chambre pour dormir (à suivre)

Lumbamba Kanyiki

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03 juin 2013

L'église évangélique de Brühl (Allemagne)- Séminaire de trois jours sur le rôle de l'Eglise

Séminaire FeG Brüuhl

Du 31 mai au 02 juin 2013, il s'est tenu à Brühl, Allemagne, un séminaire en l'église évangélique libre de la même ville ( Freie evangelische Gemeinde FeG) avec comme thème principal "Le rôle de l'Eglise". Le séminaire était dirigée par le pasteur Kabongo venu d'Anvers en Belgique à qui Jean Didier Matadi, le pasteur de la dite église avait fait appel pour édifier les chrétiens. Nous avons pu, pour notre part, assister à la séance du dernier jour.

Le pasteur Kabongo a d'abord défini ce qu'est l'Eglise. Selon lui, l'Eglise n'est pas un local ou se réunissent les chrétiens pour prier; l'Eglise n'est pas non plus une association ou un groupe déterminé de gens se réunissent pour partager la parole de Dieu, mais l'Eglise est une institution instituée par Dieu. Selon le pasteur Kabongo, puisque l'Eglise est une institution divine, le chrétien doit d'abord, se laisser guider par Dieu. Il doit savoir jouer son rôle comme chrétien. Ensuite, le chrétien doit influencer son environnement. Il doit se démarquer du monde par ses oeuvres et être un exemple. Ce n'est pas le pasteur qui sauve. Ce n'est pas une association quelconque qui sauve, mais tout chrétien doit mettre sa foi en Jésus-Christ qui est le chef de l'Eglise et le sauveur du monde.

L'assistance était très émue lorsqu'elle a appris que le pasteur Kabongo est venu les soutenir pendant ces trois jours de séminaire alors que sa mère venait de mourir et que le corps se trouvait encore à la morgue de Bruxelles attendant l'enterrement ce mercredi.

Le pasteur Jean Didier Matadi a, quant à lui, lancé un vibrant appel afin que beaucoup s'intéressent à l'oeuvre de l'Eglise. Il aimerait avoir des prédicateurs et des évangélistes qui peuvent l'épauler dans la conduite des travaux de l'Eglise et pourquoi pas préparer la relève. C'est ici aussi l'occasion de saluer le groupe musical qui avait agrémenté ce séminaire. Car ce groupe, composé essentiellement de jeunes, a galvanisé l'assistance et l'a accompagnée tout au long de se séminaire.

Suivez la vidéo!

FeG Qu'est ce que l'Eglise

 

Lumbamba Kanyiki

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01 juin 2013

Les dessous de l’économie de la Sape en RDC

Dada Weston dans un ensemble en cuir vieilli signé Jean Paul Gaultier.
Dada Weston dans un ensemble en cuir vieilli signé Jean Paul Gaultier.
RFI/Habibou Bangré
Par Habibou Bangré

Souvent démunis, les sapeurs de Kinshasa multiplient les stratégies pour posséder les plus grandes griffes. Beaucoup font appel à la générosité de leurs proches à l’étranger, mais d’autres s’y refusent et traquent les bonnes affaires jusque sur internet.

« Mon père aimait tellement la Sape… Je me souviens encore comment il se chamaillait avec ma mère parce que dès qu’il avait son salaire, il allait en acheter. Dans la rue, on l’avait même surnommé Weston parce qu’il aimait trop les chaussures de cette marque », raconte Darling « Dada Weston » Mbaki, un cambiste de 29 ans installé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Hier comme aujourd’hui, les fidèles de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes (Sape) vénèrent toujours les grands créateurs, dont les vêtements, chaussures et accessoires peuvent coûter plusieurs centaines ou milliers d’euros. Une fortune pour les deux tiers des 68 millions de Congolais qui vivent avec 1,25 dollar par jour dans l’ex-colonie belge, où le salaire minimum a été revalorisé à 90 dollars.

« Un vêtement n'a pas de prix ! »

Une fortune ? « Un vêtement n’a pas de prix ! », rétorque John Sambi, 27 ans, autoproclamé « Roi de la Sape ». Les sapeurs – qui seraient quelques milliers à Kinshasa, ville de 10 millions d’habitants – ne sont pourtant pas mieux lotis. Junior Kipulu – alias « Maison Rei », une référence à la créatrice japonaise de Comme des Garçons, Rei Kawakubo – reçoit pour l’heure des créations offertes par des proches en Europe.

« La vie est difficile, justifie le céramiste de 28 ans qui, les mois fastes, gagne 350 dollars. J’ai un enfant qui va à l’école et je ne veux pas dépenser le coût des frais de scolarité pour de la Sape ». Pour Mobonda Elabe, connu dans le milieu sous le nom de « Chancelier », c’est une aberration. « Un sapeur qui fait la mendicité des habits n’est pas un vrai sapeur », tonne avec dédain ce cambiste de 37 ans.

Lui est marié et père de trois enfants. « Je gagne environ 800 dollars et, tous les mois, j’en garde 300 pour la sape ». Résultat : des malles et des valises qui débordent de vêtements Marithé et François Girbaud, Cerruti, Jean Paul Gaultier, Yohji Yamamoto, Issey Miyake, Dior, qu’il repère sur internet. Il transfère ensuite la somme nécessaire à ses sœurs en France et en Angleterre.

Des boots en poil de lion John Galliano

Dada Weston se ravitaille aussi grâce au web. « Je négocie les meilleurs tarifs par email avec des Congolais de la diaspora à Paris et, quand ils viennent au pays, j’achète avec les petits 10 ou 20 dollars que j’avais mis de côté ». Il a ainsi acquis, entre autres, des boots en poil de lion de John Galliano et, sans surprise, une paire de Weston : « En Europe, elle coûte 1 100 euros mais je l’ai ai achetées à 220 dollars ».

Acheter des créations d’occasion provenant de l’étranger : une pratique tolérée par les puristes de la Sape. Mais être surpris à fouiner dans les friperies kinoises, c’est prendre le risque d’être déconsidéré, voire méprisé. Reste qu’en secret – faute de moyens – certains s’habillent dans des friperies et que, du coup, « jamais ils ne le diront », affirme Deogracias Kihalu, un photographe qui suit souvent les sapeurs.

Plus c’est cher, mieux c’est ? De plus en plus, on vante dans les shows de Sape les marques de prêt-à-porter H&M ou Zara. « Toute griffe est considérable, tout ce qui est étiquette a de la valeur pour la Sape », justifie Maison Rei. Chancelier acquiesce. « Zara coud très bien. La Sape, ce n’est pas forcément acheter le plus cher, il faut avoir le coup d’œil ».

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