07 avril 2014

Cologne à la rencontre de l'écrivain In Koli Jean Bofane

In_Koli_Jean_Bofane1n

L'écrivain d'origine congolaise In Koli Jean Bofane était à Cologne ce dimanche, 06 avril sur l'invitation de l'Association Stimmen Afrikas ( Voix de l'Afrique) pour la promotion de "Sinusbogen überm Kongo", la version allemande de son livre "Les mathématiques congolaises". La rencontre avec ses lecteurs potentiels, les amis de la lecture, a eu lieu à l'Institut Français sous la modération de madame la bourgmestre de Cologne, Angela Spizig. La lecture en allemand était assurée par monsieur Robert Dölle. 

Après une brève présentation de monsieur Bofane faite par madame Lipzig, l'écrivain d'origine congolaise a procédé à la lecture en français d'un extrait de son livre "les mathématiques congolaises". Ensuite, il y a eu celle en langue allemande de Robert Dölle qui était alternée des questions de madame Spizig et des commentaires de Jean Bofane sous les applaudissements de l'assistance. 

En fait, sous le personnage principal de Celio, le livre traite de la vie quotidienne à Kinshasa avec les difficultés de tous les jours, la lutte pour la survie, la corruption, les affaires de ligablos (petites boutiques) mais aussi de la dictature. A la question de savoir si la situation relatée dans son livre, dont l'original est apparu en 2008, a évolué depuis lors, monsieur Bofane a répondu qu'il y aurait quelques signes positifs mais que la faim utilisée comme arme de domination contre le peuple persistait toujours. C'est ainsi, par exemple que le peuple ne peut pas soutenir une grève de plusieurs jours puisqu'il est appelé à se battre au quotidien pour survivre. Une autre question était celle de savoir si la pratique de la corruption était encore courante dans l'administration publique. La réponse de monsieur Bofane était, à ce sujet, très claire: "Lorsqu'un député national touche 12000 Dollars par mois dans un pays où un militaire qui meurt au front de l'Est touche 100 Dollars, vous appelez ça comment? C'est de la corruption institutionnalisée!"

La rencontre s'est terminée après environ deux heures, soit de 13 heures à 15 heures. Ce qui est à déplorer, c'est la faible participation des africains à ces genres des rencontres. Sur une cinquantaine de participants, il n'y avait que trois noirs africains! C'est ainsi que monsieur Bofane nous avait dit être très content de notre présence dans la salle.

Nous demandons à nos frères et soeurs de faire un effort pour soutenir les nôtres dans des circonstances comme celle d'hier. Monsieur In Koli Jean Bofane sera encore ici à Cologne au mois de juillet lors de la conférence prévue sur le coltan de sang. Ce sera le 02 juillet 2014 de 19 heures à 22 heures sous la direction d'Afrikanische Gemeinde Köln(Association des Africains de Cologne) avec Allerweltshaus. L'adresse exacte vous sera communiquée à temps.

Lumbamba Kanyiki

Posté par lumbamba à 20:41 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


03 avril 2014

Kasaï-Occidental: les autorités démentent la spoliation du musée national de Kananga

 
Les masques Lulua du Kasaï-Occidental (RDC). Ph. Okapi.Les masques Lulua du Kasaï-Occidental (RDC). Ph. Okapi.

Il n’y a ni spoliation ni vente du bâtiment de l’Etat octroyé au Musée national de Kananga, a affirmé mercredi 2 avril le ministre provincial de l’Intérieur, Faustin Kambala. Il démentait les informations livrées par le directeur de ce musée faisant état de la spoliation du terrain sur lequel est construit cet édifice.

Dans sa correspondance datée du 18 mars et adressée au directeur général de l’Institut des Musées nationaux du Congo, le responsable du musée de Kananga avait indiqué que ce terrain a été vendu à la Direction générale des impôts (DGI). Il avait regretté que son musée construit en 1957 soit menacé de déguerpissement.

Le ministre provincial de l’Intérieur a reconnu que le gouvernement provincial avait reçu la demande de la DGI pour détruire ce bâtiment et construire un immeuble de quatre étages.

« Dans sa politique de modernisation des infrastructures de la province, le gouverneur a reçu la demande de la DGI qui compte construire un immeuble ici au Kasaï-Occidental. Ce vieux bâtiment a été ciblé pour être détruit et en contrepartie, la division de la Culture et des Arts devrait bénéficier d’une construction pour loger tous ses services », a expliqué Faustin Kambala, précisant que le terrain sur lequel est bâti ce musée appartient à la division de la Culture et Arts de la province.

A en croire le ministre, la DGI s’est engagée à construire un nouveau bâtiment qui va abriter tous les services de la division de la Culture et des Arts dont le musée de Kananga. En attendant la construction de ce bâtiment, a-t-il affirmé, la DGI a remis 2 000 dollars américains à la division de la Culture pour trouver un bâtiment afin de loger le musée.

« Au moment où je vous parle, elle est déjà logée. On a trouvé un bâtiment pour le musée au niveau du grand bâtiment administratif qui héberge plusieurs services», a déclaré le ministre Faustin Kambala, ajoutant que les autorités de la province ont « tout intérêt » à préserver ce musée où sont logés plus de huit cents objets historiques.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 22:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

A Kinshasa, enterrer les morts ruine les vivants

N’enterre pas ses morts qui veut dans la capitale congolaise Kinshasa, où la mode est aujourd’hui aux dépenses somptueuses et ruineuses, mêmes pour des familles aux revenus assez modestes…

Morgue de l’hôpital Saint Joseph à Limete, samedi 29 mars, 11h. Inconsolables, des mamans en sanglots se roulent par terre, atterrées par la douleur de perdre un fils dans la fleur de l’âge. Au milieu de ces femmes éplorées, d’autres membres de famille dont des hommes, font montre de courage en essayant de relever les personnes à terre. D’autres, des papiers mouchoirs en mains, contiennent leur peine en essuyant les larmes qui leur perlent des yeux. Adossé à une vieille voiture de marque Toyota rouge qui a amené quelques instants plus tôt le corps sans vie à cette morgue, Athanase, un septuagénaire qui vient de perdre là son petit-fils de 19 ans, par ailleurs son homonyme, est très abattu. Les yeux levés au ciel comme pour implorer un quelconque secours divin, il laisse libre cours à son désespoir ! « Gaston, la famille n’avait déjà pas de quoi te soigner de ton vivant, où allons-nous trouver de l’argent pour organiser les funérailles afin de t’offrir un enterrement digne ? Seigneur, comment allons-nous faire !? », se dit le vieil homme à lui-même avec des trémolos dans la voix.

UN COMMERCE FUNEBRE FLORISSANT
La douleur de cette famille éplorée parait sans fin. Car, elle sait qu’enterrer un mort aujourd’hui à Kinshasa coûte les yeux de la tête aux vivants. La mode est aux dépenses somptueuses et ruineuses, même pour des familles aux revenus modestes. Les premières dépenses commencent, lors du retrait de la dépouille mortelle. A la morgue, il faut faire face à tout un chapelet de frais : 10 000 Fc (10,8 $) par jour de conservation du corps au frigo, 10 $ pour le certificat de décès, 10 $ pour les agents, autant pour laver le corps… La dépouille doit ensuite être embaumée et chiquement habillée. Pour habiller son frère mort, un enseignant du primaire confie qu’il avait épuisé ses petites économies. Il dit avoir dépensé jusqu’à 300 $ pour l’achat d’un costume, des chaussures neuves, une chemise, une cravate, des chaussettes et des gants blancs…
Mais ce n’est pas tout. Pour la famille du disparu, le plus dur est à venir. Car il faut acheter un cercueil, louer un corbillard, une chapelle ardente de préférence avec tapis rouge, catafalque, tentes, chaises, acheter des gerbes de fleurs, louer une fanfare… "Nous fournissons une chapelle six piquets, la décoration qui va avec, le catafalque, plus deux tentes, deux cents chaises et une caméra pour le reportage à 900 $, propose Altobeli, gérant d’une entreprise de pompes funèbres.

Un commerce funèbre très vivace fleurit sous les fenêtres de l’Hôpital général de Kinshasa. Le malaise des patients n’embarrasse ni les autorités ni les marchands du temple : l’offre répond simplement à la demande…Cercueils, croix, chapelles ardentes, corbillards, couronnes et vêtements mortuaires. A plus de 100 mètres de l’hôpital ex-Mama Yemo, malades et familles sont déjà dans l’ambiance. Le long de Wangata, la grande avenue qui y mène, le commerce de la mort est au rendez-vous. Une vingtaine d’entreprises de pompes funèbres se sont installées aux portes même de l’établissement, comme pour attendre les morts qui en sortent. Dans une cacophonie de surenchère, tels des charognards, les vendeurs se disputent les clients. Dans ce bric-à-brac mortuaire, seules des pharmacies, qui se comptent sur le bout de doigt de la main, redonnent espoir aux malades en leur rappelant utilement qu’il y a une vie avant la mort.
Selon un préposé à la morgue de l’Hôpital général de Kinshasa, tous les mois, un à deux corps des indigents dont les proches ne peuvent supporter la panoplie de dépenses mortuaires sont ainsi abandonnés. Le service social de l’Hôtel de ville avec l’aide de la Croix rouge se charge alors de les enterrer.

UNE OCCASION POUR EXHIBER SA FORTUNE
Selon qu’on veut enterrer son mort dans un cercueil en bois rare finement travaillé ou pas, celui-ci peut coûter les yeux de la tête. Entre 180 et 1000 $. Le corbillard, il y en a pour toutes les bourses, du camion à la limousine : 50 $ pour le plus modeste, jusqu’à 200$ pour le modèle de luxe. Du plus simple au plus décoré, une chapelle ardente coûte entre 120 et 1000 $... Dans certains quartiers de Kinshasa où les rues sont étroites et les parcelles peu espacées, de plus en plus les corps sont exposés pour les derniers hommages dans des salles de fête, des cours des maisons communales, des salles paroissiales ou des terrains de foot, loués entre 200 et 500 $, selon un gérant d’une salle dans la commune de Masina. A cela s’ajoutent les uniformes en pagne que se confectionnent les membres de famille ou les proches du disparu pour les derniers hommages. Dans la capitale, les cérémonies funéraires prennent ainsi une allure de grosse fête qu’il faut, pour obéir à la mode, à tout prix réussir.

C’est au début des années 90 qu’enterrer un mort avec pompe est devenu presqu’une tradition à laquelle trop peu de familles se soustraient. Avant, le deuil se passait dans le recueillement. Les morts étaient enterrés un ou deux jours après leur décès, explique Sylvain Gomo, un lieutenant des FARDC qui attend sa retraite de l’armée. Alexandre Kotanze, un septuagénaire, pense que les gens dépensent aujourd’hui beaucoup d’argent pour des funérailles parce qu’ils ont fait de la mort une occasion d’exhiber leurs richesses. A l’instar des naissances ou des mariages. ?A la place du deuil, on organise des cérémonies jubilatoires. Même des familles pauvres préfèrent se ruiner complètement alors que 400 $ auraient suffi, du vivant de la personne, pour ses soins !?, déplore Kotanze.

SE SAIGNER A BLANC
Pourtant, en République démocratique du Congo, le revenu moyen des familles ne dépasse pas 100 $ par mois. Se saigner à blanc pour s’offrir des funérailles est incompréhensible. Pour les familles nanties, ces dépenses ne posent aucun problème. Ils viennent avec la liste d’objets qu’ils désirent, paient au comptant et s’en vont, témoigne Altobeli. Chez les moins fortunées, on se donne la main. La solidarité au sein de la famille, la générosité des voisins et amis aident à se sortir quelque fois du problème. Mais d’autres s’endettent carrément auprès des pompes funèbres, ou chez des usuriers. Quand ils s’endettent en nature (cercueil, corbillard, croix…), c’est de l’argent comptant qu’ils empruntent ?, explique Innocent Yeye, cambiste et usurier qui accorde des prêts parfois avec 50% de taux d’intérêt.
Les jours qui suivent l’enterrement ne sont pas faciles à vivre non plus. Déjà suffisamment ruinées, les familles éprouvées par la perte d’un de leurs doivent observer une période de 40 jours de deuil. Des proches restent encore là pendant quelques jours pour les consoler. Les dépenses se poursuivent, jusqu’au jour où le deuil sera définitivement levé… Là aussi, c’est d’autres dépenses pour le 40ème jour. DIDIER KEBONGO

Posté par lumbamba à 10:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 avril 2014

L’écrivain congolais Franck Cana espère « combler le manque d'interaction entre les familles culturelles »

 

L’écrivain congolais Franck Cana, président du Cercle des écrivains et artistes des Afriques (CE2A) depuis le 1er mars 2014, ambitionne de « combler le manque de communication et d'interaction existant entre les différentes familles culturelles, et à l'intérieur même de ces propres familles ».


L’assemblée générale du CE2A tenue à Paris a défini les statuts et élu le nouveau bureau composé du vice-président Jean-Aimé Dibakana, de la trésorière Laura Kutika, du secrétaire général Philippe Ngalla Ngoïe et du secrétaire à la communication Ivan Arthur Mougani.

Les membres d’honneur sont Maxime N'Débéka (président d’honneur), Martin Lemotieu et Benoit Moundele Ngollo (vice-présidents d'honneur), tandis que la scénariste, réalisatrice et auteure Laura Kutika, les écrivains Virginie Mouanda, Marilena Mica-Masala, Jean-Aimé Dibakana, Obambe Ngakosso, Itoua-Ndinga, Phil Majivan’N et Franck Cana sont membres fondateurs du CE2A.

« Satanisme et pouvoir politique en Afrique »

L’ouvrage de l’écrivain Franck Cana publié le 14 janvier 2014 par Minguabiango porte un titre évocateur pour les Africains : « Satanisme et pouvoir politique en Afrique ».

« Au lendemain des indépendances administratives des territoires africains dans les années 1960, une vague de dirigeants en culotte furent imposés à ces nouveaux états par les pays qui choisissent les Guides en Afrique », explique-t-il.

Il note qu’« une fois en place, ces autorités considérèrent que l’onction occidentale n’était pas suffisante pour la garantie du pouvoir, face au danger du coup d’état qui pourrait provenir de partout, accompagné à l’époque d’une mort certaine. Ils décidèrent donc d’aller chercher un appui supplémentaire, spirituel celui-là, afin de parer à toute éventualité ».

« C’est ainsi que la sphère du pouvoir fut envahie par le fétichisme, le maraboutage, la sorcellerie, les pratiques magiques importées des grands maîtres de l’Inde, à partir des palais présidentiels, suivis plus tard par la franc-maçonnerie nègre », rappelle-t-il.

A titre d’exemple, Franck Cana cite le maréchal-président Joseph-Désiré Mobutu du Zaïre : « L’un des précurseurs en la matière fut le maréchal-président Joseph-Désiré Mobutu du Zaïre, actuelle République démocratique du Congo ».

« Des multiples pratiques magiques de ce dernier, qui n’ont jamais permis à son pays d’aller de l’avant, l’enfonçant aux contraire dans les ténèbres, on peut entre autres retenir, le déversement de ses selles et urines dans l’une des principales sources d’eau du pays. D’ailleurs, lors de sa repentance publique, son ministre de la Communication, feu Sakombi Inongo, dira : « Le maréchal-président prenait un verre de sang humain le matin » », écrit encore l’écrivain Franck Cana.

« Prélèvements d’organes sur les personnes assassinées »

Un autre exemple, est celui du Gabon. Et l’écrivain Franck Cana raconte : « Au Gabon, débutés sous l’ère de l’ancien président Omar Bongo, les crimes rituels initiés par la classe politique sont toujours d’actualité dans une véritable impunité avec leurs lots de victimes démembrées ».

« A savoir qu’à partir des années 1990, la déferlante des loges de la franc-maçonnerie nègre en Afrique francophone vint également accentuer la douleur de la population gabonaise. Une franc-maçonnerie nègre qui s’est au fil du temps avérée être en terre africaine une pure fabrique du crime et de la misère, tenue par ceux qui prêtent serment la nuit. En effet, toute période pré-électorale plonge le peuple dans la psychose », relève-t-il.

Franck Cana note que, « dans ces conditions, pas étonnant que des hommes de bon sens et l’association de lutte contre les crimes rituels (ALCR) que préside Jean Elvis Ebang Ondo, soient montés au créneau à la veille des scrutins départementaux et communaux du 14 décembre 2013 ».

« Sang humain retiré frais et bu dans les temples maçonniques »

Jean Elvis Ebang Ondo, cité par l’écrivain congolais, parle « des hommes politiques comme de « véritables prédateurs » en cette période pré-électorale ; une période de « douleurs et de pleurs » pour les gabonais ».


Malgré les appels à la responsabilité du chef de l’Etat et des pouvoirs publics, les organisations des droits de l’homme demeurent ulcérées par la persistance des crimes rituels politiques. Au point, d’appeler la communauté internationale à s’intéresser à la barbarie de ceux qui sont censés diriger et protéger les populations.

Selon l’écrivain congolais Franck Cana, « le corps affreusement mutilé de la jeune Yollye Babaghéla était découvert le 20 janvier 2013 à Libreville ; sept adolescentes ont par la suite connu un sort identique dont Astride Atsame, 7 ans, retrouvée horriblement mutilée sur une plage de Libreville ».

S’adressant à ses concitoyens, Jean Elvis Ebang Ondo, les a mis en garde : « Surveillez vos enfants, vos proches, vos tombes, soyez vigilants. On égorge des enfants comme des moutons et le sang est retiré frais pour être consommé dans les temples ».

L'aube de l'odyssée et Opération Restore Hope

L’écrivain congolais Franck Cana est également l'auteur de l'essai « L'aube de l'odyssée » (Editions La Bruyère, 2012) et « Opération Restore Hope » qui est un roman géopolitique et humanitaire allant de rebondissement en rebondissement.

« Opération Restore Hope » met en lumière les mécanismes de la domination, de l'exploitation et de l'exclusion qu'on ne pourra pas longtemps éluder.

« Par le réel, il nous permet d'aller de l'impensé à l'espérance », commente un lecteur.

Posté par lumbamba à 01:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 mars 2014

Hommage à Kabasele Mwamba

Kabasele Mwamba  Clément
Voici une prononciation d’un texte que je me permets de mettre, avec tendresse  attristée, dans la bouche et coeur de votre chère et tendre épouse, de vos enfants, de vos frères et soeurs chéries, de vos amis et amies. Je leur dis d’être là, Tu nous vois en train de chercher comment nous nous libérons du faux. Tous, esprits vifs, Tu nous vois en pleine souffrance pour négocier le virage de cet événement qui nous colle à la peau.

Evénement étrange, étrangé, dans son étrangeté, non ! Événement quand même que nulle magie ne peut changer ni faire disparaître.

Clément, mon grand, regarde, regarde donc cette foule pleureuse aux sentiments si attachants à l’oeil nu visible – Regarde Clément, comment le fugitif réalise nos coeurs solitaires, ce moment de douleur éprouvant. Tu vois ces larmes, ces eaux chaudes qui sillonnent, sans murmures, ni cris, nos jougs et tristes visages. Clément Kabasele

Mwamba Wa Baluba, dis-nous ! Quoi peindre et retenir en ce moment ? Te voici là dedans dans ton lit funéraire dignement décoré pour ton plaisir, notre plaisir. Toi mort, on te voit entendre ces chants, ces cris, ces mélodies, ces soupirs.

Toi mort, je te salue ; toi être destructeur; je te salue, messager céleste, porte-flambeau de l’Immortel ; nous te regardons las de ta mort, dans cette mort non voulue. Clément, laisse donc ta mort, nous permettre tous de célébrer la grandeur de la vie. Ni mutilation, ni dislocation, ni lésion de ton être inépuisable, laisse-nous te dire, Clément, que tu viens d’opérer l’éprouvant passage vers l’Eternel. De purification en purification, de la libération juste, en Eucharistie en ton honneur, tous, nous croyons à jamais en ta vie nouvelle auprès de Maweja -a – N’nangila, l’Eternel. Tshiendelele. Ton ensevelissement de tout à l’heure est pour nous, ce retour merveilleux à la terre notre mère. Ici,
Clément, nous nous affirmons pour dévoiler le saint sein de notre demeure éternelle.

Kabasele Mwamba Wa Baluba, par ton oeuvre. monumentale, tu es, tu étais déjà aux côtés de tous tes amis et collèges inventeurs du monde entier. Tu as accompli le bon combat des esprits créateurs. Au feu I’injustice, au feu I’iniquité, au feu la folie des hommes. Dans la cour d’Albert Einstein nous te voyons déjà, nous voyons ton nom déjà inscrit en face du coucher du soleil à perte de vue. Assis, tu observes le temps, I’instant présent, tu observes ce sphinx reposant dans la divinité lumineuse qui consume lentement et discrètement pour entrer dans la présence de nos mémoires.

Clément, souviens-toi nous disions ensemble, que dans la vie, il faut savoir se retirer en soi-même, pour créer, créer encore, créer l’esprit, créer le corps, créer les perceptions, créer l’univers, créer enfin, toutes les choses que nous nomions réalité. Je te disais singulièrement que le temps, l’instant
présent appartient à son propriétaire, à Dieu. Le « Mikombo wa kaleo Nkayende mudifuke ». «  Le Diiba katangidi, tshishiki», l’Omnipotent qui n’appartient à personne qui est Eternité dans l’éternité. Clément, tu as passé toute ta vie à griffer le temps de Dieu. N’est-ce pas que tu es grand inventeur, plusieurs fois lauréat des prix d’honneur à toi décernés à travers le monde ? Ta biographie à ce sujet est réellement impressionnante et laisse voir que tu as exercé ton intelligence dans la dance éternelle de la création.

Clément, nous te connaissons un véritable guerrier de lumière qui savait prêter attention aux regards des enfants, car ceux-ci savent voir le monde sans amertume. Guerrier de lumière tu l’étais, Clément; car tu as compris le miracle de la vie, tu as lutté jusqu’au bout, même terrassé par la maladie. Tu as su entendre les charmes que la vie fait retenir dans ses profondeurs.

Et mes frères, mes soeurs, laissez-moi terminer cette oraison en vous disant avec le prophète que la vie est réellement élan.

Et tout élan est aveugle, sauf là où il y a savoir.
Et tout savoir est vain, sauf là où il y a travail.
Et tout travail est vide, sauf là où il y a amour.
Et lorsque vous travaillez avec amour, vous vous liez à vous-même, et l’un à l’autre, et à Dieu.
La mort de Kabasele Mwamba Wa Baluba est tout un événement.

Kwajiki.
Clément repose en paix auprès du Seigneur Jésus-Christ

 

 

Posté par lumbamba à 12:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


17 mars 2014

Kinshasa : le nombre de demande de divorce en hausse au tribunal de paix d’Assosa

 
Tribunal de paix de la Gombe à Kinshasa, lors du procès de Koffi Olomide. Radio Okapi/ Ph. John BompengoTribunal de paix de la Gombe à Kinshasa, lors du procès de Koffi Olomide. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le tribunal de paix d’Assosa (Kasa-Vubu) affirme avoir noté une augmentation du nombre de demande de divorce depuis quelques années. Selon le bureau du greffe civil de cette institution, trente-et-une demandes de divorce ont été enregistrées en trois mois, dont certains concernant des couples mariés depuis moins de trois ans. Il parle d’un phénomène social qui prend des allures inquiétantes dans la capitale congolaise. Les raisons vont du simple fait d’insoumission à l’infidélité d’un conjoint.

«Il y a des couples, après un mois, ils sont venus en divorce», confie un greffier de ce tribunal.

Ces cas sont loin d’être isolés. De jeunes couples, après s’être engagés pour une vie commune à vie, se dédisent quelques mois plus tard, oubliant les efforts consentis par leurs deux familles, ainsi que les manifestations parfois faramineuses offertes aux invités, a-t-il poursuivi.

Une réalité que déplore le greffier, fervent défenseur du mariage :

«On se marie pour le meilleur et pour le pire. Cela ne dit pas que chaque jour vous aurez toujours des moyens suffisants, chaque jour vous serez toujours bien. Vous pouvez avoir des tiraillements, vous pouvez manquer des moyens, mais il faut supporter».

Si une certaine sagesse populaire affirme que les liens de famille peuvent s’étirer sans jamais se briser, c’est de moins en moins le cas en ce qui concerne les liens conjugaux.

Et les causes de cette montée du divorce restent très variées. Elles vont de l’incompatibilité du caractère à l’infidélité d’un conjoint, en passant par l’insoumission des femmes, la perte de l’intérêt pour le mariage, les problèmes liés à la vie sexuelle ou encore des problèmes liés à la différence d’âge.

Selon le greffier du tribunal de paix d’Assosa, la situation n’est pas meilleure dans les autres tribunaux de la capitale congolaise.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 10:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 mars 2014

MIKALAYI – Clôture du centenaire de Mfuki: une fête de Saint Joseph riche en symbole

By

Cathédrale de Mikalayi


La cathédrale de Mikalayi, plus de cent ans déjà …

La Mission Catholique Saint Joseph Mikalayi va célébrer dans la joie et l’allégresse sa fête patronale : Saint Joseph, Epoux de la Vierge Marie ce mardi 19 mars 2013. Comme d’habitude, c’est un devoir pour l’Archevêque de Kananga de célébrer une grande messe dans sa Cathédrale dédié à Saint Joseph.
La célébration de ce dimanche 16 mars 2014, a eu beaucoup de couleurs : Le jubilé d’argent de quatre couples, le jubilé d’or de l’Œuvre Balami pour le Secteur pastoral de Kazumba et la clôture de l’année centenaire de l’Institut Mfuki. Toutes ces fêtes ont été célébrées en communion avec l’Eglise Universelle qui intronise son nouveau Pontife, le Pape François.
Comme cela pouvait se laisser remarquer, c’est la joie indescriptible sur les visages des filles et fils de la Mission Saint Joseph Mikalayi et du Secteur Pastoral de Kazumba. La Cathédrale a été archipleine. Les hommes et femmes, les jeunes et les enfants en tenue de fête ont célébré avec faste tous ces événements qui ont entouré la fête de Saint Joseph. Les écoliers de toutes les écoles de la place étaient au rendez-vous.
Dans sa prédication, l’archevêque de Kananga a seulement qualifié ce jour de spécial parce que le regard de tous les chrétiens catholiques est tourné vers la Ville Sainte, la ville de Rome pour l’intronisation de sa Sainteté le Pape François. C’est donc un jour où il y a trop à dire. En cette Année de la Foi, a affirmé Monseigneur Madila, ce qui nous rassemble en ce lieu Saint c’est notre foi. C’est cette foi qui a poussé les missionnaires à arriver ici chez nous pour annoncer le Christ, construire la première école, celle pour laquelle nous ouvrons aujourd’hui l’année du centenaire, donner différents sacrements dont celui de mariage que nous exaltons en célébrant le jubilé d’argent de certains couples et fonder l’œuvre Balami qui totalise cinquante ans dans notre Archidiocèse.

Mikalayi est, sans aucun doute, le lieu historique du début de l’expérience de foi en Jésus-Christ dans le Grand Kasaï.

la fête du centenaire de Mikalayi


la fête du centenaire de Mikalayi Mfuki a été lancée ce mardi 19 mars…

Ainsi, en ce jour, Saint Joseph reste notre modèle. Homme Juste qui savait ce que Dieu avait prévu, Joseph reste cet homme de silence et de foi qui a fait ce que l’ange lui avait dit. Sa foi est ainsi non seulement une foi professée, mais aussi et surtout vécue. Nous devons donc nous poser des questions pour savoir à quel point nous nous situons dans notre cheminement de foi. Le grand souhait de l’Archevêque de Kananga a été de voir tous les chrétiens de Kananga devenir en cette Année de la Foi, des hommes et des femmes de foi, assidus à la prière,fréquents régulièrement aux différents sacrements, en particulier celui de l’eucharistie qui renouvelle notre vie, et dociles à l’écoute de la Parole de Dieu. Que Saint Joseph protège nos foyers, notre diocèse et notre Eglise universelle, a fini Monseigneur Madila.
Après cette grande célébration, c’est l’heure à la fête dans l’enceinte de l’Institut Mfuki. Le repas de fête a été précédé d’un grand défilé de toutes les écoles de Mikalayi ainsi que des chrétiens de différents groupes et catégories. A la place de Monseigneur l’Archevêque, qui est rentré sur la ville avant la fin des manifestations pour d’autres urgences, l’Abbé Aimé Tshiyombo, Préfet de l’Institut Mfuki, a clôturé la journée en rappelant que le centenaire est ouvert, et à nous tous, ressortissants de Mfuki et catholiques de Kananga d’imprimer une nouvelle figure à ce monument de l’histoire scolaire du Kasayi par notre participation active à travers les différentes contributions pour la réfection des différents bâtiments victimes du poids de l’âge.
Abbé Augustin KALAMBA

Posté par lumbamba à 19:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 mars 2014

Les obsèques de King Kester Emeneya organisés au Palais du peuple à Kinshasa

 
Hommage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corp en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John BompengoHommage à King Kester Emeneya le 01/03/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivée du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

La dépouille de King Kester Emeneya est exposée ce samedi 1er mars à l’esplanade du Palais du peuple, à Kinshasa en provenance de Paris (France). Des milliers de personnes sont venus lui rendre hommage. Le corps de l’artiste musicien est arrivé dans les petites heures du matin, à l’aéroport de Ndjili, avant d’être conduit en fin de matinée au Palais du peuple. Il y sera exposé jusque dimanche, jour de l’enterrement.

A midi, les gens arrivaient toujours de plus en plus nombreux pour rendre hommage, les uns, à un enfant du pays, les autres, à un musicien de talent qui, durant 30 ans de carrière, les aura accompagnés de sa voix charismatique.

 
Didi Kinuani rendant des hommages à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John BompengoDidi Kinuani rendant des hommages à King Kester Emeneya le 01/03/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivée du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Depuis les autorités du pays jusqu’aux fans anonymes, en passant par ses collègues musiciens, aucun ne pouvait cacher son émotion devant la triste réalité du départ vers l’éternité de Emeneya Mubiala, dit King Kester Emeneya, Evala ou encore Muntu ya zamani.

 
Hommage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corp en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John BompengoHommage à King Kester Emeneya le 01/03/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivée du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

A tour de rôle, les gens ont défilé autour du cercueil pour lui rendre un dernier hommage.

Parmi les présences les plus remarquées, on a noté celle des membres de la Société des ambianceurs et personnes élégantes (Sape). A leur manière si spéciale et leur démarche originale, ils ont rendu hommage à celui qui savait aussi vanter la qualité et l’originalité des vêtements de grands créateurs.

Le chanteur King Kester Emeneya, de son vrai nom Jean Emeneya Mubiala Kwamambu, est décédé jeudi 13 février, à l’hôpital Marie Lannelongue, en région parisienne, où il était admis depuis novembre dernier pour des problèmes de cœur.

Mort à 57 ans, le patron du groupe musical Victoria Eleison Emeneya laisse une dizaine d’enfants. Il sera enterré dimanche 2 mars au cimetière « Nécropole entre Ciel et Terre » à Kinshasa.

 
Didi Kinuani le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, lors de l’arrivee de la dépouille du King Kester Emeneya après l’arrivee de dépouille en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
La dépouille de King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
A droite, Tshatsho Mbala et sa delegation rendant hommage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee de la dépouille en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des députés rendant hommage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple, siège du parlement à Kinshasa après l’arrivee de la dépouille en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des proches du King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des autorités congolaises rendant homage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corps en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
La dépouille de King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
La dépouille de King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Hommage à King Kester Emeneya le 01/02/2014 au palais du peuple à Kinshasa, après l’arrivee du corp en provenance de Paris. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

radiookapi.net :

Posté par lumbamba à 15:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 février 2014

Une héroine dans l’ombre (suite7)

Après quatre mois de vie commune, l’intégration de Ndaya dans la famille de madame Eyenga fut totale. Elle avait acquis, en peu de temps, la maîtrise du lingala et pouvait communiquer parfaitement avec les autres membres de la famille. Madame Eyenga la présentait, d’ailleurs, à ses copines comme étant sa « fille ». Ce qui la mettait encore plus en confiance. Au niveau de son travail, elle réussit à convaincre madame Eyenga par la qualité de sa prestation et son intégrité morale. C’est pourquoi madame Eyenga, qui n’avait pas pris de congé depuis belle lurette, pouvait se permettre de rester à la maison, voire effectuer des voyages d’affaires de quelques jours à l’étranger.

Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis qu’elle avait rédigé sa lettre à ses parents. Mais la réponse ne venait toujours pas. Au début, à chaque fois qu’elle rentrait du magasin, elle demandait à Nancy : « il n’y a pas eu des lettres pour moi ? » Et Nancy de lui répondre en secouant la tête de gauche à droite : « Non, non; si non je t’en aurais parlé tout de suite. »  Finalement, elle finit par se dire que les parents ne répondraient pas à sa lettre ; peut-être que la lettre ne leur était pas parvenue. Mais on pouvait percevoir sur son visage une certaine déception qu’elle essayait tant bien que mal de dissimuler.  

Mais un jour qu’elle revenait du magasin comme à l’accoutumée, une surprise l’attendait à la maison. Après avoir franchi la porte d’entrée, elle n’en crut pas de ses yeux. Il était là, en chair et en os, en train de causer avec madame Eyenga qui était restée à la maison ce jour-là. « Non, c’est pas possible » s’écria-t-elle. « C’est toi ou ton fantôme, mon frère à moi ? ». « C’est bien moi » lui répondit son frère en lui ouvrant les bras. Ils s’embrassèrent et pleurèrent comme des gamins. Madame Eyenga, sa mère, sa sœur et Nancy formèrent un petit demi-cercle autour d’eux et les regardaient tranquillement, toutes prises d’une vive émotion.

Après s’être assise, Ndaya, qui ne comprenait toujours pas comment son grand-frère était arrivé là, attaqua : « Comment as-tu fait pour avoir mon adresse. Papa t’aurait écrit ? ». Celui-ci s’emporta sans même tenir compte de la présence des autres : « Le jour que je serai à Bashilang, je dirai deux mots à ton père. Je ne sais pas ce que je lui ai fait, moi. Finalement, sommes-nous encore une famille ou pas ? Et c’est même une grande honte. Comment peux-tu vivre dans cette ville pendant tout ce temps et je ne suis au courant de rien ? » Il se tut, un moment,  pour calmer sa colère, regarda tout à coup madame Eyenga, qui était assise en face de lui et s’excusa : « Excusez-moi, madame ! »

Un silence d’ange plana au salon. Personne n’osait parler. La petite assistance regardait, tour à tour, Ndaya et son frère. La ressemblance était frappante. A la seule différence que le frère, de taille moyenne, était d’une carrure imposante avec une poitrine large d’un lanceur de poids.  La calvitie, qui brillait à la lumière que diffusait l’abat-jour, lui avait ravagé toute la tête. De ses cheveux, il ne restait que quelques duvets. Et pourtant il n’avait qu’environ vingt-huit ans.  

Madame Eyenga se leva en s’excusant et se retira avec les autres pour permettre à Ndaya et son frère de mieux s’expliquer.  Ce dernier lui tendit une enveloppe déjà ouverte. « Tout est là dedans. Lis et tu sauras comment j’ai su que tu es ici. »

Ndaya prit l’enveloppe que lui tendait son frère, s’empressa de l’ouvrir et se mit à lire la lettre en silence : « Mon grand, Je sais que cette lettre te trouvera en bonne santé… » Au premier paragraphe, l’oncle donnait des informations sur la santé de la tante. Celle-ci souffrait toujours de la gastrique et des maux de dos. Ca, elle le savait aussi. Le deuxième paragraphe parlait de l’enfant qu’il avait fait avec sa deuxième femme. Ndaya le sauta rapidement, ses yeux cherchant ce qui l’intéressait. Elle comme tous les enfants n’aimaient pas la deuxième femme de leur oncle. Comment peut-on se marier à cet âge et continuer à faire des enfants ? se demandaient-ils. Les yeux atterrirent sur le troisième paragraphe. Car l’oncle, en bon administratif formé pendant le temps colonial, écrivait très bien ses lettres : concises, claires et ne s’attardant pas sur des détails inutiles. Ndaya continua la lecture. « Hier, j’étais chez ton oncle. Tout le monde se porte bien, mais je ne savais pas que Ndaya était déjà à Sashanti. Ca fait plusieurs mois qu’elle y est. Je suis sûr que toi aussi, tu ne le sais pas. Elle était chez sa tante maternelle, qui l’aurait virée de la maison. Pour une histoire de perruque, si j’ai bien compris. Tu connais ton oncle. Il ne veut pas m’en parler parce que, pour lui et sa femme, je suis un sorcier. Néanmoins, un coup d’œil jeté sur la lettre qui traînait sur la table m’apprit l’adresse que voici… Fais vite pour retrouver la petite. Nous ne devons pas suive toutes les bêtises de ses parents.

Ndaya fut interrompue dans la lecture de la lettre. Quelqu’un frappa frénétiquement à la porte. Madame Eyenga alla ouvrir et se trouva en face du convoyeur d’Ingo. Elle eut un grand choc, manquant de s’évanouir. « Que s’est-il passé » lui demanda-t-elle dans un souffle. « Où est mon fils ? » demanda-t-il, angoissée. « Madame Eyenga, Paul me charge de vous dire qu’il est passé avec Ingo à l’hôpital général. Il a fait un accident avec son camion sur le chemin de retour, à plus ou moins quatre-vingts kilomètres d’ici. Ses jours ne sont pas en danger, mais on soupçonne un bras gauche et quelques côtes cassées. ».

Tout le monde se mit à pleurer. Madame Eyenga retourna vite dans la maison, s’enferma quelques minutes dans sa chambre. Lorsqu’elle en sortit, elle demanda à sa sœur de l’accompagner à l’hôpital. Elle n’eut même pas le temps de dire au revoir au frère de Ndaya. Ce dernier se mit débout et promit à Ndaya de repasser la prendre avec ses affaires. Mais avant cela, elle devait d’abord causer avec madame Eyenga. (A suivre)

Lumbamba Kanyiki

Posté par lumbamba à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 janvier 2014

Rachel Mwanza : "Je reviens du petit enfer de Kinshasa"

 

© Sarah Leduc/FRANCE 24

Texte par Sarah LEDUC

Actrice congolaise de 17 ans, Rachel Mwanza était il y a trois ans une enfant des rues à Kinshasa. Vedette du film "Rebelle", elle s’engage auprès de l’Unesco pour devenir l’ambassadrice de ces enfants que "personne ne veut voir, ni entendre".

Elle pourrait être une adolescente comme les autres. Peinant à se remettre d’un réveil trop matinal, Rachel Mwanza traîne ses baskets compensées sur l’asphalte du Ve arrondissement de Paris, planquée sous la capuche d’une fourrure synthétique. La jeune actrice congolaise, récompensée d’un Ours d’argent en 2012 et finaliste aux Oscars pour sa prestation magistrale dans "Rebelle", le film de Kim Nguyen sur des enfants soldats en Afrique australe, n’a pas très envie de se raconter ce matin-là. Sa vie, elle la raconte déjà dans son livre "Survivre pour voir le jour", qui vient de sortir. Depuis, elle enchaîne les interviews et frise l’overdose.

Mais quand on lui demande de parler de son engagement pour les enfants des rues en République démocratique du Congo (RDC), elle sort la tête du chocolat chaud qu’elle siffle à la petite cuillère et soudain on oublie qu’elle n’a que 17 ans. Il y trois ans à peine, elle aussi était une "shegué", une enfant des rues en argot  kinois, et elle se battait pour survivre.
 
La sorcellerie qui a volé son enfance
 
Rachel Mwanza a eu une enfance heureuse dans la province du Kassaï, au centre de la RDC, avec ses parents et ses 5 frères et sœurs. "Une vie paisible entre la maison, l’école, les amis, l’église et les promenades dans la nature", écrit-elle dans sa biographie. Une vie d’enfant qui s’arrête brusquement quand son père, remarié, envoie première épouse et progéniture à Kinshasa, à quelque 1000 kilomètres de là. Abandonnée et démunie, sa mère, manipulée par un pasteur évangéliste et une grand-mère hostile, accuse Rachel de sorcellerie. La petite n’a que 10 ans.
 
"Ma maman est allée voir un faux prophète qui lui a dit que j’étais une sorcière. Il a dit que je provoquais le malheur. Je sais que ce n’était pas vrai, mais à l’époque je l’ai cru", raconte Rachel Mwanza à FRANCE24.  Une accusation qui a détruit son enfance. Après diverses tentatives d’exorcisme, administré à des prix dépassant tout entendement par l’une de ces églises dites de "réveil" qui pullulent à Kinshasa, Rachel, accusée de tous les maux de la famille, est jetée à la rue.
 
"On est comme des rats dans un resto chic"
 
Commence alors une vie de misère et d’infortune qui va durer quatre ans. Comme près de 20 000 enfants qui errent dans les rues de Kinshasa, Rachel connait la faim, la violence, la drogue, le viol. Elle dort sur un carton  et se nourrit dans les poubelles. "Les 'shegués' sont comme des rats dans un restaurant chic et propre. On fait tâche. Les gens ne veulent pas de nous, ils ne veulent pas nous voir, pas nous entendre. Ils nous détestent", raconte-t-elle.
 
"J’ai cherché tous les moyens pour me nourrir, j’ai vendu du chanvre, j’ai nettoyé des habits, fait le ménage ", poursuit-elle, avant de préciser : "Mais j’ai gardé mon corps. C’est très important pour les Baluba [son peuple, ndlr]". Entendre : elle a échappé à la prostitution, mais pas aux mauvaises rencontres. "Dans la rue, tu peux aimer, mais tu vas toujours tomber sur de mauvaises personnes qui vont te faire du mal", prévient-elle.
 
Quand la nuit tombe, les 'shegués' comme elle sont la proie des "phaseurs" (mendiants plus âgés), des "kulunas" (voyous armés), des flics véreux ou encore des vieux vicieux. Un soir de pluie, alors qu’elles sont affamées et grelottantes, Rachel et sa petite sœur qu’elle a retrouvé dans la rue sont hébergées par un homme qui a l’âge d’être leur grand-père. Il abuse d’elles. Rachel se réfugie dans le silence à l’évocation de cet épisode : "Je reviens du petit enfer", résume-t-elle pudiquement.  
 
C’est pourtant en se remémorant cet épisode que sa vie a basculé, en 2010. Lorsque Rachel participe par hasard au casting sauvage du  reportage belge "Kinshasa Kids", elle doit prononcer la phrase : "Monsieur le gendarme, on m’a violée". C’est la révélation : "Je ne joue pas une scène écrite mais ma vie. (…)  Je dis ma réplique et tout le monde reste bouche bée", écrit-elle dans sa biographie. Elle a 14 ans et c’est le début d’une nouvelle vie. Après cette première expérience, elle décroche le  premier rôle pour le film de Kim Nguyen et la suite est celle que l’on sait.
 
"Je ne veux pas qu’on ait pitié de moi"
 
"Elle est d’une force incroyable. Elle fait partie de ces gens à qui l’on peut prédire un grand destin, loin de ce qu’ils pourraient imaginer eux-mêmes", prophétise son éditeur parisien Yves Michalon. Comme tous ceux qui rencontrent la jeune femme, il est tombé sous le charme de cette force de caractère, modèle de résilience et de détermination. Rachel a ainsi séduit Valérie Trierweiler, la compagne du président François Hollande qu’elle appelle son "amie", ou Yamina Benguigui. La ministre française de la Francophonie n’a pas hésité à décrocher son téléphone pour convaincre le gouvernement congolais de donner son feu vert pour que la jeune femme puisse être ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco. Chose faite. À 17 ans seulement, Rachel Mwanza a été nommée porte-parole des enfants des rues.
 
"Je ne veux pas qu’on ait pitié de moi. J’ai écrit un livre pour qu’il soit porteur d’espoir. Il n’y a pas longtemps, j’étais 'shegué'. Je veux maintenant les aider, les encourager à aller à l’école", explique-t-elle. La jeune fille, dont la priorité est aujourd’hui de réapprendre à lire et écrire, fait soudainement preuve d’une maturité qui va bien au-delà de ses 17 ans. "La rue c’est d’une violence que vous, ici [en France, ndlr], vous ne pouvez pas imaginez. Chez moi, il y a des enfants qui ont des enfants ; des enfants qui mangent dans les poubelles ; des enfants qui se font tuer. Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez", insiste-t-elle, en plantant ses yeux de jais dans ceux de son interlocuteur, avec l’aplomb d’un vieux sage qui a porté la vie sur ses épaules.
 
Puis un cri suraigu, dont seule les adolescentes ont le secret, coupe court à la méditation qu’avait imposé cette leçon de vie. Rachel vient de récupérer un magazine people qui lui a consacré un article : "On parle de moi dans le même journal que Beyoncé !". Rachel pouffe de joie et se met à danser sur le trottoir parisien. Elle a retrouvé ses 17 ans et sa joie de vivre. La rue ne lui aura pas tout volé.
 
Rachel avec le magazine people qui lui a consacré un article : "On parle de moi dans le même journal que Beyoncé !" chanteuse dont elle est complètement fan. © Sarah Leduc

Posté par lumbamba à 21:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]