01 mars 2014

Rwanda: l'opposition en exil se réunit à Bruxelles

 

Rwanda: l'opposition en exil se réunit à Bruxelles

Plusieurs partis d'opposition rwandais se réunissent ce samedi à Bruxelles. Une initiative lancée par l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu. Les 7 partis concernés pourraient décider ou non de s'unir et si oui, déterminer quelle forme pourrait prendre cette union.

Leur objectif: obtenir des négociations avec Kigali pour le retour de tous les réfugiés rwandais et l'instauration d'une véritable démocratie dans le pays. Ce n'est pas la première fois que l'opposition rwandaise en exil envisage de s'unir. Il y a déjà eu plusieurs tentatives dans le passé, en vain. Pourquoi une nouvelle tentative maintenant ?
 

A écouter les responsables des différents partis politiques en exil, il y aurait urgence.

D'abord parce que - expliquent certains de ces opposants - le président rwandais Paul Kagame ne peut pas se représenter en 2017, à moins de modifier la Constitution. Ce qu'il fera, assurent-ils, tout en ajoutant que cela pourrait finir de le « décrédibiliser » aux yeux de la communauté internationale.

Plusieurs de ces dirigeants évoquent aussi le discours de Paul Kagame le 12 janvier dernier. Quelques jours après l'assassinat de Patrick Karegeya, son ancien chef des renseignements extérieurs. Paul Kagame avait mis en garde contre « les conséquences de la trahison ».

Des propos qui, selon ces opposants en exil, constitueraient une nouvelle dérive du pouvoir. « C'est de notre responsabilité de proposer une alternative crédible », explique l'un d'eux, qui souligne également que les déclarations très dures des Etats-Unis contre Kigali sur la question du soutien au M23 et sur la succession d'assassinats d'exilés rwandais constituaient « un tournant diplomatique ».

Troisième facteur de poids. Sous pression militaire de la Monusco, les FDLR, les rebelles hutus rwandais, sont à la recherche d'une solution politique. En contact avec plusieurs partis, ils ont finalement choisi de s'allier à l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu.

Pour rappel, la Tanzanie avait incité Kigali à négocier avec ce groupe rebelle au grand dam du gouvernement rwandais qui l'accuse d'être dirigé par des génocidaires. Mais cette prise de position inédite a donné de l'espoir à bon nombre d'opposants rwandais d'un soutien régional à leur demander de dialogue politique avec le Rwanda.

Cette initiative de Faustin Twagiramungu a-t-elle plus de chance de réussir ?

Ce qui caractérise l'opposition rwandaise en exil, c'est la méfiance des partis politiques les uns envers les autres.

Méfiance d'abord envers les FDLR, les rebelles hutus rwandais dont les dirigeants sont accusés par Kigali d'avoir participé au génocide. Faustin Twagiramungu a choisi malgré tout en janvier de s'allier avec eux. Il souhaiterait que d'autres partis s'associent à leurs démarches pour obtenir un dialogue avec Kigali.

Si parmi les dirigeants qui envisagent aujourd'hui rejoindre l'initiative de l'ancien premier ministre rwandais, il n'y a pas d'opposition de principe aux FDLR, à leurs droits de rentrer au pays ou de s'exprimer politiquement, beaucoup s'interrogent sur la capacité de Faustin Twagiramungu ou toute entité politique à les contrôler. Ont-ils déposé les armes? Que se passerait-il s'ils décidaient à nouveau d'attaquer le Rwanda ou de commettre des exactions contre la population congolaise ?

Méfiance également concernant les modalités de ce rapprochement entre partis d'opposition. Faustin Twagiramungu deviendrait-il de fait le leader de l'opposition ? Faut-il une simple plateforme à la structure légère ou une alliance aux règles bien établies ? Comment conserver l'identité de chaque parti ou encore éviter l'ingérence de Kigali dans les affaires de l'opposition ?

Face à la question d'une simple participation à cette initiative, deux partis ont déjà connu des dissensions. Les FDU (Forces démocratiques unifiées) de Victoire Ingabire. Et le RNC (Congrès national rwandais) du général Kayumba Nyamwasa.

Méfiance enfin qui - de l'avis de tous les partis - est surtout liée à l'histoire violente du Rwanda. « Quand on s'est entretué comme on l'a fait, il n'y a rien de plus normal », s'accordent à dire plusieurs responsables politiques en exil.

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Bouteflika, Ouattara, Kabila... Quels sont les salaires officiels des dirigeants africains ?

La palme de la transparence revient en revanche aux États d'Afrique de l'Est. La palme de la transparence revient en revanche aux États d'Afrique de l'Est. © Montage J.A.

Jeune Afrique vous propose de découvrir les salaires officiels et les différents avantages octroyés aux chefs d'État et de gouvernement africains. Qui est le mieux payé ? Le plus avantagé ? Le mieux loti ?

S'attaquer aux salaires et avantages officiels octroyés aux chefs d'État et de gouvernement africains n'est pas chose aisée. La tâche s'avère même particulièrement délicate dans certains pays. Parmi les plus opaques, sur lesquels nous n'avons réussi à glaner aucune information : le Soudan, la Gambie, l'Érythrée, par exemple.

Certains pays de la bande sahélienne (Mauritanie, Niger, Tchad…) s'illustrent également par leur opacité.

La palme de la transparence revient en revanche aux États d'Afrique de l'Est, centrale et australe, et tout particulièrement aux pays anglophones. Certains, comme le Rwanda ou le Nigeria, publient aux yeux de tous, dans des textes officiels, les montants des salaires présidentiels.

Officiellement, le chef d'État le mieux payé est le Sud-Africain Jacob Zuma, avec une rémunération mensuelle de 19 765 euros. Le plus "petit" salaire officiel est celui du Camerounais Paul Biya, rémunéré 200 euros par mois pour son mandat de président. À titre de comparaison internationale, Barack Obama a un salaire mensuel de 24 264 euros par mois, François Hollande de 13 764 euros par mois, et Vladimir Poutine de 7 460 euros.

D'après nos résultats, la grande majorité des dirigeants africains sont payés entre 2 500 et 8 000 euros par mois. À ces chiffres s'ajoutent bien évidemment diverses indemnités mensuelles et de nombreux avantages liés à la fonction, qui selon les pays, sont plus ou moins secrets.

Dans la Gazette officielle rwandaise n°46 bis datée du 12 novembre 2012, il est ainsi précisé que Paul Kagamé dispose d'une "résidence présidentielle avec tous les équipements nécessaires", de cinq véhicules de fonction ou encore de "frais de représentation au service à la charge de l'État". Mais le Rwanda est une exception. Dans la majorité des cas, les avantages en nature ne sont pas précisés dans les textes de lois.

Notre enquête, basée sur les sources de la rédaction de Jeune Afrique mais aussi sur des articles de presse locaux, ne prétend pas être exhaustive. Elle sera mise à jour régulièrement selon les réactions que cette carte ne manquera pas de susciter.

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Benjamin Roger, carte réalisée par Elena Blum 


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Carte interactive | Bouteflika, Ouattara, Kabila... Quels sont les salaires officiels des dirigeants africains ? | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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L'UNC exige une enquête indépendante sur l'assassinat manqué de Kamerhe à Bukavu


(KINSHASA)- L'Union pour la nation congolaise a exigé vendredi à Kinshasa la constitution d'une commission d'enquête indépendante pour élucider les événements tragiques de Bukavu qui ont failli coûter la vie à son leader, Vital Kamerhe.

Le secrétaire général de l'Unc, Jean Bertrand Ewanga a annoncé par la même occasion que son parti se réserve le droit de traduire en justice le gouverneur du Sud-Kivu, le maire de la ville et le colonel Masirika Ruzigane. Le colonel précité est accusé d'avoir tiré sans sommation et lancé une grenade lacrymogène sur la figure de Kamerhe entraînant sa chute du typoy alors qu'il était déjà sur la place de l'indépendance. Il s'en est suivi la tentative de son assassinat au moyen d'une baillonnette qui a grièvement blessé Thierry Cizungu, son assistant'', indique Ewanga. Pour tous ces motifs, le parti de Kamerhe a demandé la suspension de ces trois personnes qui constituent un escadron de la mort contre les paisibles citoyens dans la province du Sud-Kivu.

L'Union pour la nation congolaise et ses alliés considèrent que l'acharnement du pouvoir contre Vital Kamerhe ne vise pas uniquement la personne de leur leader mais plutôt l'étouffement des libertés, de droits fondamentaux de citoyens et de la démocratie. ''M. Kabila veut instaurer la tyrannie au pays et prolonger indéfiniment son mandat présidentiel qui prend irrémédiablement fin le 19 décembre 2016'', a menacé le secrétaire général de l'Unc. Ainsi, l'Unc et alliés invitent la population à la vigilance, au courage pour venir à bout de la dictature qui s'est enracinée au pays après les élections chaotiques de novembre 2011.

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Ewanga restitue la caravane de la paix

Le secrétaire général de l’Union pour la Nation Congolaise –UNC, Jean- Bertrand Ewanga Ise Ewanga Iwoka tient un point de presse aujourd’hui. Ce rendez- vous aura lieu au Centre pour la Promotion de l’Action Sociale –CPAS, en début d’après-midi. 

  Au cours de ce face-à-face avec les chevaliers de la plume et les professionnels du micro, Ewanga va  éclairer l’opinion sur les événements malheureux, du jeudi 20 février dernier, à Bukavu dans le Sud-Kivu, lors de la caravane de la paix de président de l’UNC, Vital Kamerhe et ses alliés. Il sied de noter que le président de l’UNC et sa délégation ont interrompu leur périple pour rentrer à Kinshasa, le mardi 25 février dernier. La reprogrammation ou non de cette caravane de la paix sera sans doute évoquée au cours de ce point de presse. Tenez, cette caravane qui a ratée à deux reprises, n’a pas connu son aboutissement heureux. Vital Kamerhe n’a effectué que l’étape du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. A Bukavu, le leader de l’UNC a été accueilli comme un roi avec des discours en public à chaque arrêt de son cortège des partisans et d’autres fans. C’est dans cette province que les choses ont mal tourné avec la série d’incidents à laquelle  le président Kamerhe a risqué sa vie. Le Kasaï-Oriental et la province Orientale qui figuraient dans son agenda, n’ont pas pu être visités.

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La réponse des Américains à Tshisekedi formule une nouvelle invitation


La lettre d’excuses d’Etienne Tshisekedi au comité d’organisation des «Journées de prière» du Congrès américain a reçu un écho favorable à Washington.

En retour, Doug Coe, président du comité, lui  a adressé une correspondance datée 17 février dont des fuites sont parvenues à la rédaction de «CONGONEWS» via des réseaux diplomatiques. Dans sa lettre, Coe renouvelle avec insistance son invitation pour une visite de Tshisekedi dans la capitale américaine.

Toute une expression de coeur d’autant que l’Américain l’a écrit à la main en post-scriptum. D’ailleurs, il désigne comme «un frère et un ami». Reste à savoir si Tshisekedi a été assez touché pour ne pas pétexter une nouvelle fois un agenda chargé alors qu’il passe son temps à se tourner les pouces à la rue Pétunias pour terminer ses soirées arrosées de quelques bouteilles de Mutzig et des cacahuètes grillées et pelées. Si les Américains insistent autant, c’est tout dire de la place qu’ils donnent à Tshisekedi dans le schéma en gestation à Washington. Coe propose même à Tshisekedi qu’il prend pour un «homme de conviction profonde et celui qui se tient debout pour ce qui est juste... d’appeler si nous pouvons aider». A plus de 80 ans, il faut savoir saisir une opportunité comme celle- là. La correspondance de Coe est marquée d’un bout à l’autre d’une dimension religieuse.

Elle reprend même un verset biblique, Hébreu 10:24-25. Tshisekedi avait fait montre d’autant de piété dans sa lettre d’excuse citant Dieu plus d’une fois. Ce qui avait fait mouche pour une Amérique si pieuse pour frapper le billet de dollar de la transcendante épitaphe «In God, We trust». Selon des sources proches de l’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa, les Américains souhaiteraient recevoir Tshisekedi le plus tôt possible. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que les Etats-Unis sont fondamentalement opposés à une prolongation du mandat de Joseph Kabila. Ils l’ont fait plus d’une fois par le biais de Russ Feingold, l’envoyé spécial de Barack Obama, dans la région des Grangs lacs. Tout laisse croire qu’ils ont un plan. Ce n’est pas pour rien qu’ils se sont impliqués directement pour mettre fin à la guerre à l’Est. Maintenant, ils poussent pour mettre hors d’état de nuire tous les groupes armés. Voilà qui explique la décision du représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies, Martin Kobler, de déployer des casques bleus au Katanga, dans le triangle de la mort entre Mitwaba, Pweto et Malemba-Nkulu.

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27 février 2014

RDC : pourquoi Kinshasa ne peut pas arrêter Omar el-Béchir sur son sol

Profitant de la présence d'Omar el-Béchir à Kinshasa du 26 au 27 février, 88 ONG congolaises des droits humains exigent "l'arrestation immédiate du président soudanais", poursuivi pour crimes contre l'humanité.

Une démarche qui met les autorités de la RDC dans une "situation bien délicate" dans sa coopération avec la CPI.

Omar el-Béchir a-t-il pris un risque en se rendant à Kinshasa ? Depuis l'annonce de l'arrivée du président soudanais dans la capitale congolaise pour participer au XVIIe sommet du Comesa (Marché commun de l'Afrique orientale et australe, NDRL) du 26 au 27 février, les ONG congolaises des droits humains se mobilisent pour demander "l'arrestation immédiate" de celui qui est poursuivi depuis 2009 pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide.

La Cour pénale internationale (CPI) a en effet déjà émis deux mandats d'arrêts internationaux – en 2009 et en 2010 - contre Omar el-Béchir pour sa responsabilité "en tant que coauteur ou auteur indirect" des crimes graves commis notamment au Darfour, dans l'ouest du Soudan. La procureure Fatou Bensouda l'a rappelé, le 25 février, en demandant à la chambre de la Cour de rappeler à la RDC son "obligation permanente" de coopérer en vue de l'arrestation des personnes poursuivies par l'institution pénale internationale.

"Une situation bien délicate" pour la RDC

Souvent classée parmi les "bons élèves" de la CPI, la RDC – qui a arrêté et remis à la Cour encore récemment un député poursuivi pour "subornation des témoins" – va-t-elle exécuter les deux mandats émis contre Omar el-Béchir ?

    La RDC est tenue à respecter la position de l'UA sur les mandats d'arrêt émis contre les chefs d'États en exercice.
    Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais

"C'est une situation bien délicate", admet Lambert Mende. Contacté par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais demande aux ONG qui réclament l'arrestation d'Omar el-Béchir de "comprendre que la RDC a non seulement des obligations auprès de la CPI, mais également auprès du Comesa qui a invité le président soudanais dans la capitale congolaise". Décodage : Kinshasa ne va pas arrêter Omar el-Béchir. Mais "cela ne veut pas dire que les autorités congolaises refusent de coopérer avec la CPI", tente de nuancer Lambert Mende. La RDC s'aligne seulement derrière "une position claire de l'Union africaine par rapport aux mandats d'arrêts émis contre les chefs d'État en exercice". "C'est un cas spécifique", insiste-t-il.

La Monusco appelée à "intervenir"

Une position qui ne surprend pas les ONG. Elles s'y attendaient même."Nous avons prévu de rencontrer Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, pour lui demander d'intervenir, en cas du refus des autorités congolaises", explique Me Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice. Et de rappeler : "En vertu de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, la Monusco (Mission de l'Onu pour la stabilisation de la RDC) se doit d'appuyer les initiatives qui visent à arrêter et à traduire en justice les personnes responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, notamment en coopération avec la CPI". Pour l'instant, silence radio du côté de la Monusco.

En attendant, "une grande banderole sera déroulée pour appeler à l'arrestation immédiate d'Omar el-Béchir à Kinshasa", annonce Germain Kapiamba. Les ONG, elles, comptent également déposer une plainte devant le parquet général de la république pour demander au procureur congolais d'exécuter les mandats de la Cour. Pas gagné.

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26 février 2014

Pétition à Kinshasa, meetings politiques à l’intérieur du pays : les opposants jouent leur rôle de contrepoids du pouvoir

Richard Muyej Mangez s’est entretenu hier mardi 25 février 2014, avec les journalistes, à l’Hôtel Sultani, sur la situation sécuritaire de la RDC, en se focalisant sur les opérations «Likofi 1 et 2» à Kinshasa, et à l’Est de la RDC.

Après une sorte de rétrospective de «Likofi 1 et 2», il a annoncé l’imminence de l’opération «kuluna 3» qui dans sa future configuration, sera précédée d’une campagne de sensibilisation, et sera totalement encadrée pour éviter cette fois, des dérapages.

 Il a distribué des mises en garde aux acteurs politiques aux discours incendiaires et injurieux à l’endroit des animateurs des institutions de la république. La presse a été alors sidérée d’entendre le ministre de l’Intérieur parler de la politique du bâton et de la carotte. Pourtant, au sortir des concertations nationales devant aboutir à la cohésion nationale, il a été recommandé aux gens du pouvoir et ceux de l’opposition de s’abstenir des attitudes et des propos qui mettraient en péril la fragile réconciliation difficilement tissée à cette occasion. On aurait bien voulu que le ministre de l’Intérieur puisse mettre de l’eau dans son vin pour apaiser les esprits, en invitant les uns et les autres à la retenue. Quand il invoque des exemples du jeu démocratique en France, en Belgique et dans d’autres pays de vieille démocratie, on ne voit pas la police mobilisée pour empêcher une campagne de collecte de signatures quand il s’agit de bloquer un projet contesté ou d’arracher une décision de l’autorité pour une revendication. On ne verra pas non plus la police disperser les meetings des opposants, ni interpeller les dirigeants de l’extrême-droite dont on sait qu’ils ont un discours populiste enflammé qui va à l’encontre de la politique gouvernementale.

 En agitant le spectre du bâton et de la carotte, l’opinion s’interroge si pour tous ceux qui sont au pouvoir, les opposants ne sont opposants que pour tisser des lauriers et adresser des louanges aux dirigeants ou leur dérouler le tapis, afin de bénéficier de quelques avantages indus ou pour partager le pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de cohésion nationale.

Les journalistes ont demandé au ministre pourquoi alors que les opérations «Likofi 1 et 2» se déroulaient à Kinshasa, on a vu « Chaleur » et « Carlos », deux célèbres kuluna, se pavaner à travers la capitale, défiant ainsi la police. Une façon de faire voir que «Likofi 1 et 2» ne ciblaient que les menus fretins, en évitant les gros poissons.  L’évasion de Gédéon, ce redoutable chef Maï-Maï du Katanga, a intéressé les chevaliers de la plume qui ne s’expliquent pas les raisons de la lenteur des enquêtes, alors que trois officiers ayant favorisé sa fuite, sont aux arrêts. Qui l’a armé et assure ses approvisionnements en armes et munitions ? Un autre journaliste a demandé au ministre s’il a pu faire une étude sur la traçabilité des armes dont se servent les Bakata Katanga, et pourquoi il n’a pas évoqué le cas des Mbororo en Province Orientale.

Pour cette série des questions, Muyej Mangez a invité la population et les journalistes à dénoncer les Kuluna, afin d’aider la police à maîtriser ces inciviques. Cas Gédéon, il a  indiqué que les enquêtes sont en cours et s’est abstenu de faire des révélations pouvant perturber le cours normal des enquêtes.

Lors de leur reddition, les Bakata Katanga ont cité les noms de leurs commanditaires. Et Muyej Richard pense qu’il faut laisser les enquêtes aboutir pour établir les responsabilités.

Le cas de Mukunkumbila a été épinglé par les représentants des organes de presse qui notent qu’il s’est évadé avec la complicité des officiers militaires. Le ministre de l’Intérieur a promis de le traquer dans son pays d’exil et de solliciter son extradition.

Pétition à Kinshasa et meetings politiques de l’opposition à l’intérieur, les actions policières ne seraient-elles pas des intimidations, alors que des échéances électorales s’approchent. Le ministre de l’Intérieur est convaincu que l’opposition a peur des élections et n’en veut pas, multipliant des incidents et des actes de provocation. D’ailleurs, ils ne parviennent pas à s’entendre pour trouver le porte-parole de l’opposition. Avant d’affronter la majorité, a fait remarquer Muyej, ils doivent au préalable mettre de l’ordre dans leurs milieux politiques.
 
J.R.T

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CHARLES ONANA: "ON OBTIENT PAS DE RECONCILIATION A TRAVERS UNE INFLATION DE LOIS D'AMNISTIE"


La loi d’amnistie pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques, promulguée  le 11 février dernier par le président de la RDC, Joseph Kabila, alimente encore les conversations dans l’opinion nationale et internationale. Interrogé à ce sujet, Charles Onana, journaliste d’investigation et l’un des meilleurs spécialistes de la région des Grands Lacs africains, donne son point de vue sur ce texte, l’un des engagements pris par le gouvernement congolais à l’issue de la guerre dans l’Est contre le mouvement du M23, et considérée par une majorité des Congolais comme un chèque en blanc accordé aux rebelles.        
En tant que journaliste d’investigation, vous travaillez beaucoup sur la situation dans la région des Grands Lacs et vous y avez consacré un certain nombre d’ouvrages. Avec l’éclairage qui est le vôtre, pourriez-vous dire aujourd’hui que la guerre est finie dans l’Est de la RDC avec la défaite du M23 ?
Au risque de vous décevoir, Non ! La guerre n'est pas finie et rien ne prouve que le M23 a disparu. Le nom du mouvement va probablement disparaître mais pas ceux qui l'ont créé, armé  et financé. Ceux qui ont installé le RCD, le CNDP et le M23 n'ont pas encore disparu de la région.  A chaque fois qu'ils sont débusqués notamment par les rapports des experts de l'ONU, ils font le vide et remettent les compteurs à zéro en attendant de revenir sous un autre visage.
L’armée congolaise a toujours été perçue comme une armée indisciplinée et désorganisée. A quoi attribuez-vous les prouesses réalisées par les FARDC ?
Il n'y a pas encore d'armée congolaise patriotique comme il existe une armée coréenne, américaine, française, britannique, canadienne, sud-africaine, marocaine, etc. Il ne faut pas oublier que les FARDC sont un produit du DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion, ndlr) fabriqué par l'Union Européenne et dans lesquelles se trouvent encore des mercenaires de l'Armée Patriotique Rwandaise, des collègues de Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda, etc. Beaucoup d'excellents officiers congolais ont été assassinés, empoisonnés, parce qu'ils menaient la vie dure aux occupants illégaux et aux terroristes de l'Est du Congo. Des enquêtes judiciaires sérieuses n'ont jamais été menées pour identifier les vrais auteurs de ces crimes. Vous comprendrez que je garde de très grandes réserves sur de quelconques « prouesses » des FARDC contre le M23.
Que vous inspire la loi d’amnistie, promulguée en RDC, censée favoriser la réconciliation nationale en permettant la réinsertion sociale d’anciens rebelles ?
On n'obtient pas de réconciliation à travers une inflation de lois d'amnistie. Que signifie d'abord le terme « réconciliation » pour les Congolais aujourd'hui ? Est-ce l'urgence d'absoudre tous ceux qui ont commis des viols et des crimes contre l'Humanité en RDC ? Est-ce le fait d'ignorer l'immense traumatisme causé au peuple congolais depuis 1998 ? Est-ce le fait pour eux d'oublier toutes les fraudes électorales précédentes pour des promesses d'un développement et d'une vie démocratique incertains ? Le terme de « réconciliation » est tellement galvaudé qu'il risque de plus signifier grand chose aussi bien pour ceux qui l'emploient que pour ceux qui en sont les destinataires. Ce qui se passe en RDC est en dessous de toute rationalité. Pourtant, les institutions congolaises sont remplies de gens très rationnels et particulièrement intelligents. Mais bien des observateurs ont du mal à comprendre pourquoi certaines décisions ne reflètent pas cette intelligence.
Une écrasante majorité des Congolais ont le sentiment que cette loi a fait la part belle aux rebelles du M23 , qui restent menaçants  pour la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC, à partir de leurs bases en Ouganda et au Rwanda. Partagez-vous ce sentiment ?
Je pense finalement que la rationalité est davantage du côté de cette écrasante majorité des Congolais. C'est dommage que cette majorité ne soit pas celle qui décide.
Les autorités congolaises ont-elles accordé un chèque en blanc au M23 ?
Il faut leur poser cette question car les négociateurs ont certainement eu une feuille de route et tous ceux qui ont participé aux discussions doivent être en mesure de dire s'ils ont défendu les intérêts du Congo et du peuple congolais ou s'ils ont agi dans le sens contraire de ces intérêts.
D’aucuns disent que la communauté internationale a fait pression sur la RDC pour faire adopter cette loi à l’Assemblée nationale ? Qu’en pensez-vous ?
Je ne suis un membre de la communauté internationale mais si j'en juge par mon expérience de ce qui passe au sein de l'Union Européenne, il est évident que certains s'épuisent à faire constamment des pressions plutôt qu'à sanctionner les agents de déstabilisation de la RDC. Ils y trouvent probablement une grande satisfaction à maintenir le Congo et les Congolais dans une position de soumission à leur diktat.
Pourquoi les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) ne bénéficieraient-elles pas du même traitement que le M23, Selon vous ?
Parce qu'ils ne sont pas si importants que ça ! On fatigue les Congolais avec les FDLR. Tout le monde sait que ce groupuscule de Rwandais n'a pas les moyens d'entretenir une guerre longue, coûteuse, traumatisante contre la RDC. C'est l'alibi qui a été trouvé depuis dix ans pour entretenir le mensonge sur le drame de l'Est du Congo. Je connais le poids de ce mouvement et même celui de ses membres en Europe. Ils n'ont ni la valeur ni le pouvoir qu'on veut absolument leur donner. Combien de fois nous a-t-on dit qu'on démantelait les FDLR ? Kagame avait dit qu'il fallait les éradiquer. Kinshasa semblait aussi partager cette position. Où en est-on avec ce projet d'éradication des FDLR ? En vérité, s'il n'y a plus le nom des FDLR en RDC, on sera obligé de parler des vrais gangsters de la région. Pour ne pas avoir à en parler, il faut faire vivre les fantômes, c'est rassurant pour certains !
N’y aurait-il pas un risque, en RDC, que d’autres inciviques se lancent dans des aventures criminelles identiques à celles du M23 pour être eux aussi récompensés ?
C'est déjà le cas. C'est pour cela qu'on parle de démantèlement du M23 ou des FDLR même si, pour moi, ces deux mouvements ne sont pas à mettre au même niveau de nuisance ou de criminalité en RDC. Mais le discours envahissant sur ces mouvements évite de parler de façon exhaustive des vrais prédateurs, y compris les nouveaux. On essaye, par ce procédé, de faire croire que la situation est figée depuis des années et qu'elle tourne uniquement autour du M23 ou des FDLR. Que cette présentation des choses est commode !
Comprenez-vous la différence faite par la CPI entre « crimes ethniques » et « crimes contre l’humanité » à propos des accusations portées contre Jean-Bosco Ntaganda, mercenaire Rwandais, nommé général au sein des FARDC ?
L'arrestation de cet individu a été vécu avec beaucoup d'enthousiasme par certains à l'époque. Mais son passage dans une « cellule de dégrisement » ou de « débriefing » à l'ambassade des Etats-Unis à Kigali semble avoir donné la direction vers laquelle son procès allait s'acheminer : nulle part. Ce serait d'ailleurs intéressant de savoir si Kinshasa participe activement à la collecte des preuves contre Ntaganda, ex CNDP et ex-général des FARDC.
En tant que spécialiste de la région des Grands Lacs, que préconisez-vous comme solution pour mettre un terme à la crise qui secoue la partie Est de la RDC depuis bientôt vingt ans ?
Il y a d'imminentes personnalités à la tête de la RDC payées par le contribuable congolais et agissant en son nom. Ce sont ces personnalités qui doivent trouver des solutions à la crise du Congo. Elles ont la légitimité ou le pouvoir d'agir. Si elles ne trouvent pas de solution depuis vingt ans, c'est un peu surprenant et c'est même très étonnant. Si elles n'ont pas d'idées, il faut donc faire un référendum pour demander aux Congolais quelles mesures faut-il prendre contre les prédateurs nationaux ou étrangers de la RDC et contre les auteurs et responsables des crimes contre l'Humanité au Congo. Il est certains qu'en moins de 24 heures, les imminentes personnalités qui peinent depuis une décennie auront l'embarras du choix dans la liste des mesures urgentes que leurs proposeront le peuple congolais. Je suggère donc qu'en cas de difficulté majeure à trouver la solution, le peuple congolais peut la trouver très rapidement et ce sera certainement plus efficace.
A qui profite le désordre en RDC ?
A tous ceux qui n'agissent pas pour que ça s'arrête. Mais aussi à ceux qui racontent des sornettes pour faire illusion. Ils s'opposent farouchement à la vérité et refusent de voir le peuple Congolais debout et digne.
Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France 

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Accord d’Addis-Abeba : la communauté internationale salue les progrès réalisés

 
Conférence de presse animée par Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grands Lacs le 4/09/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John BompengoConférence de presse animée par Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grands Lacs le 4/09/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Un an après la signature de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération intervenue le 24 février 2013 à Addis-Abeba par onze chefs d’Etat, les envoyés spéciaux de la communauté internationale  saluent « des progrès indéniables » obtenus grâce à cet engagement.

« Nous avons vu le mouvement rebelle du M23 vaincu et le gouvernement de la RDC conclure avec les rebelles un processus de paix. Nous avons également assisté à une construction progressive de la confiance et du consensus dans la région et une plus forte détermination de la part de ses leaders à trouver des solutions à travers l’accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération », déclarent dans un communiqué les envoyés spéciaux de Ban Ki-moon dans les Grands Lacs et en RDC, les envoyés spéciaux de l’Union européenne, de l’Union africaine et des Etats-Unis dans les Grands Lacs.

« Les volets social et économique de l’Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération devront être accélérés. La paix ne saurait s’enraciner sans que les entreprises et l’emploi prospèrent. Les énergies productives des femmes, de la jeunesse et la Société civile devront être incorporées dans la recherche des solutions durables et la responsabilité de rendre compte par toutes les parties dans la mise en œuvre de l’Accord », souligne le document.

Quoiqu’il reste encore des tâches importantes à accomplir, les indicateurs sont tout à fait positifs pour atteindre les objectifs de la paix et la sécurité dans la Région des Grands Lacs, estiment par ailleurs les envoyés spéciaux.

Deux autres signataires ont parafé l’accord-cadre d’Addis-Abeba en 2013, ce qui porte à 13 le nombre total de signataires de ce document.

Le communiqué a été signé par :

  • Mary Robinson, Envoyée Spéciale du Secrétaire-général des Nations Unies pour la Région des Grands Lacs
  • Martin Kobler, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la Monusco
  • Boubacar Diarra, Représentant Spécial de l’Union Africaine pour la Région des Grands Lacs
  • Russel Feingold, Envoyé spécial des Etats-Unis pour la Région des Grands Lacs et la RDC
  • Koen Vervaeke, Coordonnateur principal de l’Union Européenne pour la Région des Grands Lacs

radiookapi.net

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RDC: arrestation d'un député faisant signer une pétition contre la Commission électorale.

KINSHASA, AFP Le député de l'opposition Martin Fayulu a été arrêté lundi à Kinshasa avec un dizaine de collaborateurs alors qu'il faisait signer une pétition demandant notamment la "démission immédiate" du président de la Commission électorale, a-t-on appris auprès de l'opposant.

"Nous sommes retenus à la police. Nous sommes une dizaine. Nous avons été arrêtés alors qu'on faisait signer la pétition" demandant entre autres le départ du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l'abbé Apollinaire Malu-Malu, a déclaré M. Fayulu dans un cours entretien téléphonique à l'AFP.

"Nous (...) exigeons la démission immédiate de monsieur l'abbé Apollinaire Malu-Malu", indique une pétition datée du 17 février notamment signée par des partis d'opposition, dont ceux réunis dans la plateforme Forces acquises au changement (FAC) que dirige M. Fayulu, un opposant très actif.
 
Mi-janvier, l'abbé Malu-Malu, 52 ans, a annoncé des élections locales pour fin 2014.
 
Il "ne donne aucun gage de transparence ni de neutralité dans l'organisation des élections, au contraire il démontre une inféodation à la mouvance kabiliste (du président Joseph Kabila) comme lors des élections de 2006" qu'il avait organisées, affirme la pétition.

L'abbé Malu-Malu avait présidé la Commission électorale indépendante (CEI), créée après les accords de paix inter-congolais de 2002, qui avait organisé en 2006-2007 les élections provinciales, législatives, sénatoriales et présidentielle - premières élections démocratiques du pays.

La CEI a par la suite été remplacée par la Céni, dirigée, avant la désignation de l'abbé Malu-Malu, par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Ce dernier a travaillé pour le président Kabila en tant que conseiller "spirituel", tandis que l'abbé Malu-Malu a été expert au service présidentiel d'études stratégiques.

M. Kabila et son camp ont remporté la présidentielle et les législatives contestées du 28 novembre 2011. L'opposition avait rejeté les résultats, accusant la Céni de fraude en faveur du pouvoir.
hab/jpc

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