28 mars 2014

RDC : une cinquantaine d'opposants mettent en garde Kabila contre un 3e mandat

Joseph Kabila, à Kinshasa le 26 février 2014. Joseph Kabila, à Kinshasa le 26 février 2014. © AFP

Une cinquantaine d'élus congolais, majoritairement issus de l'UDPS, ont mis en garde jeudi le pouvoir contre "toute initiative" qui permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présidentiel.

Ils sont une cinquantaine, principalement des élus de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition, à s'opposer fermement à "toute initiative" qui permettrait au président Joseph Kabila de rester au pouvoir "au-delà de 2016", le terme de son deuxième et dernier mandat, selon la Constitution.

Les élus UDPS, suivis par une dizaine de députés de petits partis de l'opposition et ses alliés, "exigent le respect des échéances, de la durée et du nombre des mandats dans l'organisation des élections et ce conformément aux dispositions pertinentes reprises à l'article 220 de la Constitution", a déclaré jeudi 27 mars le député Samy Badibanga (UDPS).

Mais "au lieu de préparer l'alternance démocratique dans le respect des règles de l'art", le pouvoir "fait de la résistance et voudrait expérimenter des formules périlleuses qui ont valeur d'usine à gaz", a-t-il ajouté.

Les députés de l'UDPS et leurs alliés "rejettent" aussi "toute idée d'organiser les élections provinciales au scrutin indirect", estimant qu'à terme l'objectif est de faire "élire le président de la république au scrutin indirect, d'instaurer un septennat et d'établir un système des mandats illimités".

Vendredi dernier, la Majorité présidentielle avait indiqué qu'elle envisageait "sérieusement" un référendum pour modifier la Constitution pour changer le mode de scrutin des élections provinciales censées avoir lieu en 2015, tout en niant la moindre volonté de "comploter [...] contre la Constitution".

Pour l'opposant Vital Kamerhe, chef de l'Union pour la nation congolaise (UNC), "cela servira de prétexte à une révision constitutionnelle plus large destinée à permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir".

Dans le même temps, le gouvernement congolais a décrété jeudi un deuil national de trois jours après la mort de 251 réfugiés congolais dans le naufrage d'un bateau sur le lac Albert, à la frontière entre l'Ouganda et la RDC, un des pires accidents de ces dernières années.

(Avec AFP)

 


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Présidentielle en RDC | RDC : une cinquantaine d'opposants mettent en garde Kabila contre un 3e mandat | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Posté par lumbamba à 15:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Diomi : l’ombre d’une justice à deux vitesses

L’Arrêt de la Cour Suprême de Justice condamnant Eugène Diomi Ndongala, député national déchu et ministre honoraire, à dix ans de prison ferme, n’a nullement surpris tous ceux qui suivaient le dossier.

A partir du huis clos décrété par cette haute cour pour empêcher la presse et le public d’assister à un procès des mœurs dont tous les détails ainsi que les identités du présumé auteur du double viol et des présumées mineures violées étaient sur la place publique, le sort du prévenu était scellé. C’était clair dès lors que ses avocats, mécontents du refus des juges d’examiner l’exception relative à la filiation controversée des victimes, s’étaient retirés de la barre. La sévérité du réquisitoire du ministère public – 28 ans de prison- était fort révélateur de ce qui attendait Diomi.

Il s’avère malheureusement qu’après le verdict, l’affaire Diomi laisse le goût d’une flagrante injustice à l’égard de l’accusé. Le non respect de plusieurs éléments de la procédure a conforté les observateurs dans la persistance d’une justice à deux vitesses en République Démocratique du Congo.

Pourtant, l’opinion publique avait grandement besoin de connaître la vérité dans les faits mis à charge de cette personnalité politique, dont la famille biologique figure dans les annales de l’histoire nationale, au crépuscule de la colonisation belge comme lors des deux premières République. Fils de Gaston Diomi, un des pères de l’indépendance, Eugène Diomi avait la dignité de tout un clan à défendre. D’où, il était nécessaire que l’accusation dépose, devant la barre, toutes les preuves de sa culpabilité.

Cela n’ayant pas été fait, le doute va continuer à envelopper à jamais un procès au goût d’inachevé. Qui va croire que Diomi a réellement commis un double viol, tant que l’on aura pas clarifié les relations de filiation entre les deux vraies-fausses sœurs prétendues victimes et leur vrai-faux père ? Qui va apaiser tous ceux qui attendent des réponses sur les dates de naissance controversées des deux filles, dont l’espacement des maternités est inférieur à six mois ? Qui va éclairer tous ceux qui doutent du lieu du délit, dès lors qu’une fille prétend qu’elle et sa sœur avaient été violées du côté de Huileries, au siège de la Démocratie Chrétienne, alors que sa permanence se trouve à Gombe, tandis que l’autre affirme qu’elles avaient répondu au rendez-vous de Diomi à sa propre résidence, à Ma Campagne.

Qui est réellement le monsieur qui se fait passer pour le père des victimes, d’autant que les rumeurs en circulation à son sujet le donnaient pour un opportuniste recruté pour les besoins de la cause ? En tous les cas, son comportement a paru fort suspect. En principe, un respectable père aurait eu pour premier réflexe de protéger l’anonymat de ses deux filles, mineures d’âge et partant futures candidate potentielles au mariage et à une vie professionnelle normale. Que non… ! Notre papa avait pris un malin plaisir à s’exhiber, aux côtés de ses filles, sur des chaînes de télévision, en vue de faire accréditer la thèse du viol. En affirmant haut et fort que les « services » rendus à Diomi étaient monnayés et qu’il avait abusé d’elles plusieurs fois, a-t-il pensé aux retombées négatives de son scénario, qui a plus fait passer lesdites filles non pas pour des victimes d’un viol mais des professionnelles du sexe ?

Ce sont toutes ses zones d’ombres que la Cour Suprême de Justice aurait dû éclairer. Il est fort dommage que cette juridiction n’ait pas réussi à évacuer tous les doutes qui planaient sur les prétendues relations sexuelles entre Diomi et ses « objets » de jouissance. Tout au long du procès, aucune démonstration de la flagrance des faits n’a été faite, ce qui fait penser que le précité a été condamné sur la base des présomptions, non étayées par des pièces à conviction, des témoignages ou des aveux.

Un roman policier à la congolaise

            Pendant presque deux ans, de juin 2012 à mars 2014, la scène politique congolaise a été dominée par le feuilleton de l’affaire Diomi, marquée par des rebondissements à répétition. Lorsqu’en juin 2012, l’opinion tant nationale qu’internationale apprend qu’Eugène Diomi Ndongala, homme politique bien connu de la place de Kinshasa, ministre honoraire et député national élu, a échappé à une arrestation policière, au motif qu’il aurait violé deux filles mineures, c’est l’étonnement, mêlé de doute. Pour convaincre, la police du district de la Lukunga, qui a perquisitionné son présumé « abattoir » de l’avenue Colonel Ebeya, au restaurant-hôtel Green Garden, fait passer sur plusieurs chaînes de télévision les objets du délit : lit, matelas, préservatifs, produits aphrodisiaques, parfums, savons de toilettes, etc.

            Cinglant démenti de l’incriminé, par le biais de son parti, la Démocratie Chrétienne, qui soutient qu’il s’agit d’un montage grossier car Diomi était rentré chez lui en début de soirée, après avoir présidé, devant témoins, une réunion préparatoire à la première sortie publique de la MPP (Majorité Présidentielle Populaire), en sa qualité de Coordonnateur de cette nouvelle plate-forme politique attachée à la vérité des urnes, à savoir la victoire d’Etienne Tshisekedi comme président élu de la RDC en novembre 2011.

            Une semaine après, la même police de la Lukunga fait état de l’arrestation de Diomi, pour besoin d’enquête, mais sa famille biologique parle de son enlèvement par les « services ». La confusion s’amplifie par la suite, lorsque les sources policières parlent de l’évasion de l’intéressé, alors que sa famille biologique et son parti crient à la ronde qu’il a été enlevé et détenu au secret dans les cachots des services spéciaux. Ainsi, pendant plus de trois mois, Diomi ne fait pas signe de vie. Entre-temps, le Procureur général de la République a introduit, auprès du Bureau de l’Assemblée Nationale, une requête sollicitant l’invalidation de son mandat et la levée de son immunité parlementaire, en vue du déclenchement des poursuites judiciaires à sa charge.

Mais, à deux jours de l’ouverture du sommet de la Francophonie à Kinshasa, Eugène Diomi réapparait brusquement. Sa famille et son parti racontent qu’on l’a retrouvé abandonné sur la route du Bas-Congo, malade et terriblement affaibli…la barbe hirsute. Des sources policières et judiciaires relèvent, pour leur part, que l’incriminé est sorti de lui-même de sa cachette, après trois mois de cavale, en vue d’attirer sur lui l’attention des participants à la rencontre mondiale de l’espace francophone.

            Alors que l’on croit l’affaire close, son dossier rebondit à la session parlementaire de septembre. Malade et opéré à l’Hôpital de l’Amitié de Ndjili, à en croire sa famille et ses avocats, Eugène Diomi fait savoir au Bureau de l’Assemblée Nationale qu’il n’est pas, physiquement, en mesure de répondre à son invitation en vue de présenter ses moyens de défense. Au finish, il est déchu de son mandat de député. Et le temps passe, sans que l’on sache si le Parquet général de la République va effectivement passer à l’action ou classer le dossier sans suite. La réponse ne tarde pas à venir. Au mois d’avril 2013, Diomi est de nouveau mis aux arrêts, entendu au Parquet général de la République puis placé en détention préventive à la Prison Centrale de Makala.

            En dépit de ses ennuis de sa santé et d’un Arrêt de la Cour Suprême de Justice l’assignant à résidence, il est maintenu à « l’Université de Makala », jusqu’à ce jour. Pour avoir déjà passé près d’une année en prison, il lui reste encore 9 années à purger, en compagnie d’un autre célèbre détenu d’opinion, le pasteur Kutino Fernando. Condamné lui aussi à dix ans, il en est présentement à sa huitième année à Makala.

Kimp

Posté par lumbamba à 13:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Velléités de révision de la Constitution : le groupe UDPS et Alliés s’accroche à l’article 220

Le groupe parlementaire UDPS et Alliés s’insurge contre toute initiative tendant à maintenir le président de la République actuel au pouvoir au-delà de 2016.

Faisant le point de la session parlementaire en cours, les membres de cette plate-forme estiment qu’elle tend à prendre un virage dangereux, au regard des matières inscrites à son ordre du jour.

 Ces acteurs de l’opposition parlementaire  révèlent que les modifications envisagées par des « faucons » de la Majorité Présidentielle visent la révision constitutionnelle : cas du mode de l’élection des députés provinciaux au suffrage indirect (art.197), du charcutage la Constitution via le référendum populaire, de l’élection du Président de la République au scrutin indirect, de l’instauration d’un septennat en lieu et place d’un quinquennat pour le mandat présidentiel, et du retour aux mandats présidentiels illimités comme sous la deuxième République, alors que cela est proscrit par le législateur à l’art 220.

Entouré de Fabien Mutomb, Jean-Claude Vuemba, Franck Diongo et Basile Olongo, le président dudit groupe parlementaire, première force politique de l’opposition à la chambre basse du Parlement, Samy Badibanga a, dans une déclaration lue hier jeudi 27 mars 2014 dans les couloirs du Palais du Peuple, fait remarquer que « c’est le refus d’une frange des politiques au pouvoir de tirer les conséquences de l’Article 220 de la Constitution qui érige en dispositions intangibles les questions relatives au nombre et à la durée  des mandats du Président de la République qui justifie les convulsions politiques actuelles donnant ainsi en spectacle la RDC aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale ».

Concernant le débat sur l’éventualité de la révision constitutionnelle ou de l’opportunité du changement de la Constitution par voie référendaire, il a précisé qu’il est à ce jour sans objet étant donné qu’à l’heure actuelle, la Constitution dans ses dispositions présentes ne posent aucun problème d’application.

Il accuse le pouvoir en place de faire de la résistance et de vouloir expérimenter des formules périlleuses qui ont valeur d’usines de gaz au lieu de préparer l’alternance démocratique dans le respect des règles de l’art et de s’assurer une sortie honorable.

Le président du groupe parlementaire UDPS et alliés a lancé un vibrant appel aux forces vives de la nation de rester vigilantes et à la communauté internationale qui joue sa crédibilité de prendre la mesure de la gravité de la menace afin de ne laisser place à aucune velléité de violation de la Constitution de 2006, socle du consensus national chèrement acquis.

Tout en rejetant des élections provinciales au scrutin indirect, le groupe UDPS et alliés exige que l’élection présidentielle se tienne au plus tard en 2016.

Parlant de la feuille de route de la CENI, Samy Badibanga a rappelé que dans sa formule rénovée,  cette institution d’appui à la démocratie n’est pas le fruit d’une génération spontanée. Elle découle d’un exercice d’évaluation assorti d’une feuille de route dont l’action est circonscrite au parachèvement du cycle électoral enclenché en 2016.

« Il n’est donc pas question pour le bureau de la CENI d’inverser l’ordre organisationnel des élections, de suggérer le changement du mode de scrutin, de tenter d’éponger les arriérés législatifs de 2006, encore moins d’ériger la finalisation du chantier électoral lié au processus de décentralisation en préalable à la poursuite du processus électoral », a-t-il martelé, avant de souligner que « s’adonner à de telles exigences reviendrait à dérouler des mécaniques qui risquent de faire sauter le verrou constitutionnel de 2016 et de pérenniser le règne des institutions illégitimes ».

Revenant sur les concertations nationales, il a tenu à souligner que ce forum n’est pas une source du droit et  que ses résolutions n’engagent que ceux qui y adhèrent.

ERIC WEMBA

 

Posté par lumbamba à 12:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 mars 2014

De l’inopportunité de la décentralisation en RDC


Écrit par FREDDY MULUMBA KABUAYI
/ Lepotentiel

 

Point de vue

Depuis un certain temps,  la communauté internationale exhorte les pays africains à s’engager dans le processus de la décentralisation. Dans le cas de la Rdc, la décentralisation a été inscrite dans l’Accord cadre d’Addis-Abeba.



La démarche de la décentralisation rentre dans le cadre d’un nouveau paradigme pour le développement : la gouvernance démocratique. Pour des experts, la décentralisation offre une chance pour ré-légitimer l’Etat africain.  Si cela reste vrai pour la plupart des pays africains, en RDC, la décentralisation soulève par contre plus d’inquiétudes que d’espoirs. Ces inquiétudes se situent autour du risque d’implosion ou de la balkanisation du pays.

    Voilà pourquoi les universitaires congolais doivent se mobiliser pour éclairer l’opinion publique voire les hommes politiques sur les contours duprocessus de la décentralisation. Ceci pour éviter qu’ils soient traités un jour de complices ou d’irresponsables face au risque d’implosion ou de balkanisation de la RDC.

    Etant un processus lié au bon fonctionnement de l’Etat, la décentralisation  est au cœur du débat sur la ré-fondation de  l’Etat congolais. D’où l’importance de partir de l’analyse de l’Etat au Congo pour comprendre les enjeux. 

QUESTION DE L’ETAT AU CONGO


    Depuis sa création, le Congo-Kinshasa a connu deux Etats.  Le premier,   l’Etat colonial construit par le Roi Léopold II en 1885 et annexé à la Belgique en 1908.  Le deuxième,  c’est l’Etat patrimonial construit en 1965  par le président Mobutu.

    L’Etat colonial et l’Etat patrimonial ont quelque chose en commun : ils sont calqués sur le modèle occidental.  Pour le politologue français, Bertrand Badie,  cette occidentalisation est un échec parce que la greffe est impossible (l’Etat importé, l’occidentalisation de l’ordre politique). En d’autres termes, ces deux Etats n’ont jamais eu des racines dans la société congolaise.  Ils sont considérés comme prédateurs et étrangers de la société congolaise. Cela se remarque dans le langage populaire des Congolais.  Durant la colonisation, les Congolais qualifiaient l’Etat de Bula Matari, c’est-à-dire casseur de pierres, pour illustrer sa domination et sa prédation. Du coté de l’Etat patrimonial, le concept des biloko ya l’Etat vise à dénoncer la privatisation de l’Etat.

    Pour imposer leurs dominations, Léopold II, Roi des Belges, et le président Mobutu ont recouru aux  méthodes staliniennes.  Pour sa survie, l’Etat colonial a mis en place la trinité coloniale, selon Crawford Young, dans son ouvrage « Politics in The Congo ou introduction à la politique congolaise.  Il s’agit de l’administration, des missions et des grandes sociétés.  En ce qui concerne l’administration coloniale, il y avait 10.000 fonctionnaires et officiers dans l’administration, la magistrature et l’armée.  Pour Crawford Young,  il n’était possible  à un Congolais, qu’il résidât en ville ou dans la brousse, de ne pas s’apercevoir qu’il était administré. 

    Quant à l’Etat patrimonial, le président Mobutu a mis en place un système de parti unique, Mouvement populaire de la Révolution, qui deviendra parti-Etat. C’est-à-dire que le parti et l’Etat congolais étaient confondus. Le président Mobutu avait mis en place un réseau des clients politiques à travers tout le pays,  avec les services de renseignements, pour asseoir son contrôle sur toute la société congolaise. 

    Cependant l’Etat colonial et l’Etat patrimonial ont connu une fin dramatique. L’Etat colonial s’est désintégré en 1960 avec le départ en catastrophe des colons belges de l’administration et de l’armée.  C’était la fin de l’Etat colonial qui a vécu durant 80 ans.  Dans ce vide étatique, le chaos s’est installé de 1960 à 1965.

    Quant à l’Etat patrimonial,  il  ne va pas échapper à ce triste sort.  En 1984, Crawford Young et Thomas Turner annoncent déjà  les couleurs dans un ouvrage intitulé ‘ the Rise and Decline of the Zairian state (la montée et le déclin de l’Etat zaïrois).  C’est avec la guerre d’agression menée par le Rwanda et l’Ouganda soutenus par les puissances occidentales et leurs multinationales occidentales  à travers l’Afdl que  l’acte du décès de l’Etat patrimonial a été signé.  Le président Mobutu et ses clients vont fuir le Congo en 1997 comme ce fut le cas du départ des colons belges en 1960.  Pour la deuxième fois, le vide étatique s’installe au Congo jusqu’à ce jour malgré  toutes les tentatives pour reconstruire un nouvel Etat congolais.

    Quand on part de la définition de la décentralisation comme  processus consistant pour l’Etat à transférer au profit des collectivités territoriales certaines compétences et les ressources correspondantes, on peut  poser une question de savoir si l’on peut décentraliser dans le vide étatique.

    Cette question soulève certaines inquiétudes. D’abord, au moment où on parle de la décentralisation, il y a une étude de l’Union africaine financée par les Allemands sur la révision des frontières africaines. Ensuite, depuis la guerre d’agression, le Rwanda a des visées sur le Kivu. En 1998, dans une conférence de presse à Kigali  à l’hôtel Méridien, l’ancien Président pasteur a montré la carte pré-coloniale sur les frontières du Rwanda. La grande partie de la province du Nord Kivu est considérée  comme un ancien territoire rwandais. Enfin, la manière dont les fonds sont alloués à la décentralisation par la communauté internationale devrait susciter un débat entre la communauté internationale et les élites congolaises.

    En tout état de cause, les Congolais doivent prendre leur destin en mains au lieu de laisser la communauté internationale décider à leur place.  Le problème du Congo, c’est la reconstruction de l’Etat et cela est de la responsabilité des Congolais qui sont encore lucides.

Posté par lumbamba à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Terrorisme d’Etat contre les opposants : Jacob Zuma fait convoquer Kagame à Luanda !


Un sommet restreint de chefs d'Etat de la région des Grands Lacs s'est tenu mardi 25 mars à Luanda en Angola. Parmi les sujets en discussion : la lutte contre les groupes armés et notamment les Ougandais des ADF-NALU et les Rwandais des FDLR, deux groupes qui sévissent à l'est du Congo-Kinshasa.

Mais la lutte contre ces groupes armés n'était pas le seul sujet à l'ordre du jour. La crise diplomatique entre le Rwanda et l'Afrique du Sud a été aussi largement abordée par les chefs d'Etat présents.
Cinq présidents de la Conférence internationale pour les Grands Lacs étaient présents à Luanda, hier, mardi 25 mars : l'hôte et président en exercice de la CIRGL, l'Angolais José Eduardo Dos Santos, le Rwandais Paul Kagame, les Congolais Joseph Kabila et Denis Sassou Nguesso, l'Ougandais Yoweri Museveni, auxquels est venu s'ajouter le président sud-africain Jacob Zuma. Le Tanzanien Jakaya Kikwete, invité lui aussi, ne s'est finalement pas joint aux discussions.

Après la rencontre entre les chefs d'état-major et une réunion des chefs d'Etat élargis à certains membres des délégations, s’est tenu un sommet à huis clos plus restreint. Pendant un peu plus d'une heure, les six présidents sont restés seuls dans la salle de réunion. « Un huis clos, c'est l'opportunité d'une discussion franche et honnête de nature à aplanir les différends », explique une source au sein de la CIRGL. Le différend en question, c'est bien sûr la montée de tension entre l'Afrique du Sud et le Rwanda.
Offensive diplomatique
Selon plusieurs sources, c'est Pretoria qui aurait demandé à l'Angola de convoquer un sommet de chef d'Etats, alors que deux mois après le précédent sommet, un simple point étape avec les chefs d'état-major de la région aurait pu suffire à évoquer les avancées ou non dans les opérations militaires en cours dans l'est de la RDC.
Depuis deux semaines, l'Afrique du Sud s'est lancé dans une offensive diplomatique auprès de sept capitales clés de la région. L'objectif est d’expliquer les raisons de son différend avec Kigali, les attaques contre des opposants rwandais sur son sol mais aussi préparer ce sommet restreint. L'Afrique du Sud a-t-elle réglé ses comptes devant témoins ? C'est ce qu'avancent en tout cas certaines sources. Pretoria aurait souhaité montrer qu'on ne s'attaquait pas à la puissance continentale impunément.
D'autres se contentent de dire que le Rwanda est allé à Luanda à reculons, craignant une certaine hostilité. D'autres encore s'interrogent sur l'absence du président Kikwete accusé par Kigali d'être proche des FDLR. Joseph Kabila aurait quant à lui hésité jusqu'à la dernière minute à venir. Il devait ouvrir lundi une conférence à Goma sur les mines.

Posté par lumbamba à 12:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


L’ACORD préconise la prise en charge des filles de la rue

Dans quelques jours, le mois de la femme va refermer ses pages en RDC. Le moment est arrivé pour faire une sorte de bilan, et le lieu de s’interroger sur les quelques avancées enregistrées et les étapes qui restent à franchir.

L’on sait que le ministère du Genre, Famille et Enfant a organisé une série d’activités politiques et culturelles. La grande question que l’on peut aujourd’hui se poser est celle de savoir ce qui a été fait pour améliorer les conditions sociales de la femme, et à travers elle, de toute la société congolaise.

Si sur le plan politique, on lutte encore pour la parité Homme-Femme, et on se réjouit pour les 30 % accordés aux femmes dans les différents postes de responsabilité dans les institutions, l’on doit reconnaître que sur le plan social, beaucoup reste à faire.

Le constat fait dernièrement par l’ingénieur Michel B. Wangu, vice-président national de l’Alliance des Congolais pour la réforme et la démocratie, est amer et interpelle les gouvernants. Le spectacle est tout simplement ahurissant, fait savoir le vice-président national de l’ACORD, dans un entretien qu’il a eu hier, mercredi 26 mars 2014, avec Le Phare. Des bandes d’adolescentes âgées de 7 à 16 ans, squattant certains marchés de Kinshasa et les bâtiments inachevés, peuplent la plupart des quartiers chauds de la capitale. Elles ne vivent que grâce à la générosité des personnes de bonne volonté, et sont toutes livrées à la débauche avec les gamins de leur génération, et souvent sauvagement abîmées par des adultes sans scrupules ou qui les livrent en pâtures aux obsédés de la pire espèce.

Et les conséquences sont déplorables. L’ingénieur Michel B. Wangu note à ce sujet, la contamination aux maladies sexuellement transmissibles, et au VIH/Sida, des grossesses indésirables et la naissance des enfants de la rue. Et comment dans ces conditions, s’est interrogé l’ingénieur Michel B. Wangu, peut-on vaincre les MST et le Sida dans notre pays ? Des années plus tard, quel type des femmes pourrait-on avoir en RDC ? C’est sûr que ce serait des prostituées dont certaines seront emportées par ces maladies.

Pour le vice-président national de l’ACORD, le mois de la femme après, l’on doit se tourner vers l’avenir et élaborer des programmes multisectoriels de développement, notamment dans les secteurs de l’éducation, de santé publique, de l’hygiène et de la salubrité, de l’agriculture, de l’habitat, du travail et de la prévoyance sociale, de l’épargne et de la protection de l’environnement.

A l’Alliance des Congolais pour la réforme et la démocratie, on pense que l’on doit constituer des réseaux d’ONG du secteur social, les rassembler et les outiller pour que des actions soient menées pour le recensement de ces populations d’êtres vulnérables, leur assurer une prise en charge médicale et psychologique, avant de sensibiliser leurs parents, afin de les amener à les récupérer pour pouvoir les réinsérer dans leurs familles.

Le ministère du Genre, Famille et Enfant, devrait soutenir des initiatives comme celles préconisées par ACORD, si nous espérons gagner la bataille contre les antivaleurs qui prolifèrent et rongent dangereusement la société congolaise. Les cas des Kuluna, ces redoutables marginaux, craints pour leur dangerosité, sont des témoignages de l’insécurité galopante enregistrée dans nos villes.

Si ce problème d’encadrement des adolescentes de la rue n’est pas résolu, a prévenu l’ingénieur Michel B. Wangu, attendons-nous à vivre des scènes insupportables des victimes tuées à coups de machettes, des survivants de cette cruauté aux bras coupés et portant des blessures sur la tête et le corps.

Encore une fois, le vice-président national de l’ACORD pense que l’heure est venue pour qu’ensemble, nous puissions nous atteler aux maux qui rongent notre société et pour lesquels nous devons associer nos solutions de lutte, afin de sortir ces bandes d’adolescentes de l’enfer où elles sont enfermées.
J.R.T.

Posté par lumbamba à 12:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

L’Opposition républicaine prend acte de la volonté de Joseph Kabila de respecter la constitution

 
Lisanga Bonganga. Radio Okapi/ John BompengoLisanga Bonganga. Radio Okapi/ John Bompengo

Dans une déclaration faite mercredi 26 mars à Kinshasa, la coalition « Opposition républicaine » dit prendre acte de la volonté manifeste du président de la République de respecter la constitution actuelle de la RDC. Alors que le débat sur le respect des mandats présidentiels bat son plein en RDC, le président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin Minaku, avait déclaré jeudi 27 mars après une réunion de sa plate-forme politique autour du président Kabila : «le président de la République est respectueux de la constitution et il la respectera ».

« L’Opposition Républicaine reste confortée dans sa position de ne pas toucher à la constitution », a indiqué Lisanga Bonganga, coordonnateur de l’Opposition républicaine.

Il s’est réjoui des déclarations publiques du président de l’Assemblée nationale.

Lisanga Bonganga a également affirmé être satisfait des propos tenus récemment à ce sujet par le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, et l’Envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique pour la région de Grands Lacs, Russ Feingold.

Le premier avait déclaré au cours de l’émission Internationales diffusée le 9 mars dernier sur RFI et TV5 :

«Le président Kabila respectera strictement ce qui est écrit dans la constitution. Il nous a dit qu’en 2016, il y aura un passage de flambeau civilisé entre un président qui sort et un président qui entre».

Pour sa part, le diplomate américain interrogé sur les prochaines élections en RDC, au Burundi, au Rwanda et en Ouganda, a déclaré sur RFI :

« Nous appellerons instamment la RDC et ses voisins à respecter leurs Constitutions et cela inclut les dispositions sur la limitation du nombre de mandats. »

Lire aussi: Claude Mashala : «La prochaine élection n’est pas en 2016»

Cependant, Lisanga Bonganga a déploré une certaine contradiction entre ces prises de position avec l’éventualité évoquée par la Majorité présidentielle de recourir à un référendum. L’opposant à appelé le peuple congolais à la vigilance.

Après la rencontre de Kingakati, Aubin Minaku avait fait savoir que s’il fallait consulter le peuple, « nous le ferons conformément à la constitution».

« En tout état de cause, cette constitution, c’est le peuple qui nous l’a confiée et il appartiendra à ce même peuple de décider de l’avenir de la République. Pour nous, c’est là l’essentiel. Notre devoir, c’est d’honorer le mandat du peuple et s’il faut consulter ce peuple nous allons le consulter conformément à la constitution », avait expliqué Aubin Minaku.

Pour l’Opposition républicaine, ce qui importe, c’est le respect scrupuleux et l’application effective des recommandations des concertations nationales. La coalition dit saluer l’attitude du peuple burundais qui vient de s’opposer au projet de la modification de la constitution dans son pays.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 09:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

RDC : Diomi Ndongala condamné à 10 ans de prison

 
Eugene Diomi Ndongala le 16/09/2013, lors d’un procès à la cour suprême de justice à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John BompengoEugene Diomi Ndongala le 16/09/2013, lors d’un procès à la cour suprême de justice à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

La Cour suprême de justice a condamné mercredi 26 mars Eugène Diomi Ndongala à 10 ans de prison. L’opposant congolais était poursuivi pour viols sur mineures. Des faits qui se seraient produits en juin 2012 à Kinshasa. Son parti, la Démocratie chrétienne, a toujours considéré cette affaire comme un procès politique intenté contre leur leader à cause de son soutien à l’opposant Etienne Tshisekedi qui a contesté en 2011 la réélection du président Kabila pour un mandat de 5 ans.

C’est depuis avril 2013 qu’Eugène Diomi Ndongala est incarcéré à la prison centrale de Makala à Kinshasa. Son immunité parlementaire a été levée en janvier de la même année sur demande du Procureur général de la République pour engager des poursuites judiciaires contre lui.

Avant cette levée d’immunité, Diomi Ndongala était porté disparu en juin 2012. Il a été retrouvé vivant quatre mois plus tard dans la capitale de la RDC. Sa famille et son parti politique ont toujours estimé que l’opposant avait été enlevé et détenu par les services secrets à cause de ses prises de position en faveur d’Etienne Tshisekedi, candidat malheureux à la présidentielle de 2011 qui conteste la réélection de Joseph Kabila.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mars 2014

RDC : la location de bus rwandais pour la Conférence des mines à Goma fait polémique

 

 RDC : la location de bus rwandais pour la Conférence des mines à Goma fait polémique

La ville de Goma, dans l'est de la RDC, accueillait du 24 au 25 mars la Conférence nationale des mines. Pour le déplacement des invités, les organisateurs ont fait appel à une compagnie de transport basée à Rubavu, au Rwanda. Une option qui fait jaser sur les réseaux sociaux.

C'est une "honte". Le mot revient souvent, ce 25 mars, pour qualifier la décision des organisateurs de la deuxième édition de la conférence nationale des mines de la RDC. De fait, ceux-ci ont fait appel à une compagnie rwandaise de transport pour assurer le déplacement de leurs invités à Goma.

Dans le groupe des indignés de la république, Ley Uwera, journaliste congolaise, basée dans la capitale du Nord-Kivu, voisine du Rwanda. Elle est la première à voir partager son indignation sur Twitter (le Rwanda est soupçonné d'actionner en sous-main les ex-rebelles du M23).

Posté par lumbamba à 19:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Kasaï-Oriental: 34 bâtiments incendiés lors d’une altercation entre jeunes à Lodja

 

 
Le point rouge, le territoire de Lodja dans la province du Kasai-Oriental en RDC.

Un calme précaire est revenu dans la cité de Lodja après l’altercation de mardi 25 mars entre les jeunes des quartiers Okita Ndeke et Lokenye dans la cité de Lodja. Bilan dressé par la police : un mort de la bande du quartier Okita Ndeke, trois blessés dont deux policiers et l’administrateur du territoire, et trente-quatre bâtiments incendiés. Une dette contractée par un chauffeur de taxi-moto du quartier Lokenye auprès du leader de ceux de Okita Ndeke serait à la base de ces incidents.

Parmi les bâtiments incendiés, des habitations, le bureau de cette cité du Kasaï-Oriental et l’institut secondaire Okundji.

L’administrateur de territoire de Lodja a été blessé alors qu’il a voulu intervenir dans ce conflit. Le guide des jeunes Eketo lui, a reçu une balle et est mort sur place, selon les sources locales.
Le commissaire provincial de la police, le général David Masandi a souligné que quatre jeunes, présumés auteurs de troubles, ont été arrêtés.

L’administrateur de territoire et les deux policiers blessés sont soignés dans une formation médicale locale.

Certaines personnes sur place affirment que les activités tournent timidement mercredi 26 mars à Lodja. Les écoles, les marchés et les hôpitaux sont déserts.

Les notables de cette cité ont appelé le gouvernement central à s’impliquer pour sanctionner les auteurs de cette bagarre qui a commencé le dimanche dernier.

radiookapi.net

Posté par lumbamba à 18:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]