30 avril 2015

Tshisekedi a refusé de rencontrer Mubake à Bruxelles

valentin mubake

Conseiller politique du président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Valentin Mubake Numbi, 62 ans, vient de passer une semaine à Bruxelles. But : rencontrer Etienne Tshisekedi wa Mulumba. La rencontre n’a pas eu lieu. Mubake dit haut et fort sa « désolation ». Outre la situation interne au sein de l’UDPS, il répond à quelques questions de Congo Indépendant sur l’actualité congolaise. Pour Mubake, « le décor est planté pour qu’il y ait ‘glissement’ du calendrier électoral ».

Quel est le but de votre séjour à Bruxelles ?

Je suis à Bruxelles depuis une semaine. Le but est de rencontrer le président de mon parti, M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Comme vous le savez peut-être, l’UDPS fait face à des problèmes internes. J’entendais évoquer avec lui non seulement ces questions mais aussi les enjeux électoraux à venir. C’était l’occasion de lui proposer des pistes de réflexions et obtenir des orientations éventuelles. Je tiens à préciser pour ceux qui ne le savent pas que je n’ai pas de fonctions statutaires au sein du parti. En tant que conseiller politique, je dépends directement de mon chef hiérarchique qui est le président national de l’UDPS.

Avez-vous rencontré Etienne Tshisekedi ?

Je n’ai pas rencontré le président Tshisekedi ! A partir de Kinshasa, j’ai tenté de renouer le contact avec lui. En vain. C’est ainsi que j’ai décidé de me rendre en Belgique. Lorsque je suis arrivé à Bruxelles, j’ai mis trois jours pour savoir à quelle porte frapper. Après trois jours, j’ai pu obtenir les coordonnées téléphoniques de son épouse, Mama Marthe. Je lui ai fait part de ma demande. Trois jours après, soit le vendredi 25 avril, j’aurai au téléphone Maître {Papis} Tshimpangila. Celui-ci me dira qu’il a un message pour moi de la part du président Tshisekedi. Il me fixera rendez-vous à l’hôtel Sofitel.

Quelle était la teneur de ce message ?

Il m’a délivré le message ci-après : « M. Tshisekedi est offusqué par le fait que vous avez méconnu son autorité à travers trois décisions. A savoir, celles démettant M. Pierre-Adolphe Mbuyi et Claude Kiringa en qualité respectivement de représentant de l’UDPS au Benelux et au Canada et renommant M. Bruno Mavungu en qualité de secrétaire général du parti. Avant de vous recevoir, M. Tshisekedi vous demande de réparer cette offusquation ».

En faisant quoi ?

C’est la question que j’ai posée au messager : «En quoi consisterait la réparation ? ». M. Tshimpangila me dira : « Il ne m’a pas dit en quoi consiste cette réparation ».

A votre avis ?

J’ai dit à mon interlocuteur deux choses. Premièrement : « c’est la première fois que je vois M. Tshisekedi transmettre à un de ses collaborateurs, via un messager, une « demande de réparation » à son endroit. Ce n’est pas le Tshisekedi que je connais ». En second lieu, j’ai demandé au messager de transmettre à M. Tshisekedi l’objet de ma visite. « S’il y avait des problèmes notamment de décisions méconnues, nous aurons l’occasion d’en parler », avais-je ajouté tout en soulignant que ce n’était pas le but de ma venue à Bruxelles.

Avez-vous méconnu des décisions prises par le président de l’UDPS ?

Je suis le conseiller politique de M. Tshisekedi. Celui-ci, signe, en toute souveraineté, des décisions. A-t-il franchement besoin de ma « réparation » pour conférer la légitimité à sa signature ? M. Tshisekedi ne peut pas me demander, à travers un messager, de « réparer », au préalable, « quelque chose » qui l’aurait offusqué. Connaissant M. Tshisekedi depuis 1991 jusqu’à ce jour, j’ai la conviction qu’il y a des « gens » qui ont posé des actes en ses lieu et place. Ces gens cherchent une « blanchisserie ». Une couverture.

Quel est votre sentiment en votre qualité de « vieux cadre » de l’UDPS?

C’est une grande désolation. Non pas pour moi dans la mesure où mon voyage ne procède pas d’une initiative personnelle. Mais bien pour tous les militants aux quatre coins du pays. Des militants qui attendent mon retour pour savoir si j’avais rencontré le président Tshisekedi. Je ne vous dis pas les supputations que cette rencontre manquée pourrait générer au niveau de la base de notre parti. Je me garde de me lancer dans des spéculations. Je ne peux m’empêcher de faire remarquer que notre parti est arrivé à un point où deux choses doivent être clarifiées. Il y a, d’une part, la famille biologique du président Tshisekedi. Celle-ci a le droit de s’occuper de sa santé. Il y a, d’autre part, la famille politique de M. Tshisekedi devant laquelle celui-ci est comptable pas seulement devant les membres et cadres du parti mais aussi à l’égard de toute la nation congolaise. Une nation qui a placé tout son espoir en cet homme-là. Le moment est venu de mettre fin au « mélange » entre les « ayant-droits biologiques » et les « ayant-droits politiques ». Je me trouve en Belgique au nom des ayant-droits politiques. J’ai des comptes à rendre à ceux-ci par rapport à ce voyage.

Qui, selon vous, doit mettre fin à cette confusion ?

Chacun de nous doit rester à sa place. Quelle est ma place ? Je suis le conseiller politique du président Tshisekedi. J’ai, par conséquent, le droit de m’entretenir avec lui dans le cadre de mes fonctions. Si je ne peux pas le faire, ce qu’il y a un problème. S’il s’avérait que je ne peux pas le rencontrer pour une raison ou une autre, la famille devrait comprendre qu’elle a, sur le plan politique, l’obligation de mettre cartes sur table en disant les raisons politiques pour lesquelles je ne peux pas rencontrer le Président du parti. C’est à ce niveau-là que nous sommes arrivés. C’est pourquoi, je dis que la situation me semble grave ! Si cet aspect de choses n’est pas clarifié, nous allons ouvrir la porte aux spéculations. Et les spéculations entrainent toujours des dérapages aux conséquences imprévisibles…

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que l’UDPS est tiraillée entre plusieurs courants antagonistes ?

C’est possible qu’il y ait des courants politiques antagonistes. S’il n’y avait que des courants politiques, je ne vois rien à redire. Les divergences doivent faire l’objet de débat. C’est d’ailleurs pour cela que les partis organisent des congrès ou des universités d’été. Ce sont des lieux propices à la discussion.

Etes-vous en train de sous-entendre qu’il manque à l’UDPS un « fédérateur »?

Vous allez trop loin ! Il y a un Président du parti. Selon nos statuts, c’est lui qui engage notre formation politique. A titre d’exemple, nous aurons bientôt des élections. Avant que le président Tshisekedi ne vienne en Belgique, nous parlions souvent de l’impérium. Il tient à son impérium et il a raison. Et ce tout simplement parce qu’il a gagné les élections en 2011. Cette victoire est inaliénable.

Quatre années après, cette question de l’impérium ne devient-elle pas anachronique ?

Elle ne peut pas être anachronique parce que c’est un droit. S’il parvenait à arracher son impérium, c’est son droit. Or au même moment, on parle de dialogue et de feuille de route.

Bruno Mavungu Puati et Félix Tshisekedi Tshilombo {Ndlr : respectivement secrétaire général et secrétaire national aux relations extérieures de l’UDPS}, demandent le dialogue. Apparemment, vous n’êtes pas pour…

Je voudrais savoir en quoi va consister ce dialogue. D’après ce que j’avais entendu, au départ, le dialogue avait pour but de fixer le momentum de la passation de pouvoir entre Kabila et Tshisekedi. On imagine donc que les deux hommes vont se retrouver autour d’une table en présence de la communauté internationale. Aussitôt, Kabila invoque la « fatigue » et demande à Tshisekedi de prendre sa place. Il ne faut pas être naïf !

N’est-ce pas une contradiction de votre part par rapport à l’impérium ?

Absolument pas ! Je n’ai jamais dit que l’impérium s’obtiendra autour d’une table de négociation. M. Tshisekedi tient à son impérium. Il a le droit de l’arracher…

Comment ?

Il vous souviendra qu’à l’occasion de son adresse à la nation congolaise en 2012, M. Tshisekedi s’est adressé à l’armée, la police ainsi qu’aux services de sécurité. Il leur a demandé de lui faire allégeance. Une allégeance sans laquelle il ne peut pas avoir cet impérium. Au début, ce dialogue devait être convoqué par la communauté internationale dans le cadre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Le dialogue dont on nous parle aujourd’hui aurait pour but de convenir des conditions pour des « élections apaisées ». Ce dialogue devrait-il constituer un préalable ? Voilà autant des questions que je devais évoquer avec le président Tshisekedi.

Il y a apparemment des divergences fondamentales au sein de l’UDPS…

Bien-sûr ! Je suis convaincu que le dialogue, tel qu’entendu au départ, devait aboutir à une « passation de pouvoir » entre Kabila et Tshisekedi, Celui-ci n’y a jamais cru. Kabila avait dépêché le chef de sa maison civile, M. Mugalu, à Limete, dans ce sens-là. Tshisekedi lui avait donné la réponse que je connais. Comment voulez-vous que le même Tshisekedi envoie aujourd’hui certains de ses collaborateurs pour finaliser un dialogue dans le même sens ? Ce n’est pas le Tshisekedi que je connais.

A vous entendre parler, on est tenté de conclure qu’Etienne Tshisekedi serait devenu « l’otage » d’un groupe de gens…

Je ne voudrais pas me lancer dans des supputations. Reste que l’objet de mon séjour bruxellois c’était aussi cela. Etant donné que je n’ai pas rencontré le Président du parti, comment pourrais-je interdire à des membres de l’UDPS ou à des journalistes, comme vous, d’arriver à penser ainsi ? Je ne suis pas tenu de donner une explication précise pour la simple raison que je ne l’ai pas rencontré. C’est fort dommage !

La tonalité de votre voix trahit une certaine déception …

Bien entendu ! Tshisekedi, c’est mon chef. Je milite à ses côtés, sans discontinuité, depuis 1991. Je connais M. Tshisekedi. C’est un homme très valeureux pour un pays comme le Congo. C’est un immense investissement pour ce pays-là. Il est tout à fait normal que j’éprouve quelques sentiments de tristesse.

Nous sommes aujourd’hui dimanche 26 avril 2015. Peut-on dire que M. Valentin Mubake Numbi est toujours le conseiller politique du président Etienne Tshisekedi ?

Je me considère comme tel jusqu’à preuve du contraire !

(Suite à la prochaine édition)

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L’opposition politique conditionne sa participation aux provinciales à l’enrôlement des électeurs âgés de 18 ans et plus

fayulu

Dans un mémo déposé hier à la Ceni

La Commission électorale nationale indépendante a reçu l’opposition politique congolaise hier lundi 27 avril 2015 à son siège dans la commune de Gombe.

L’opposition politique s’y était rendue en vue de remettre à la centrale électorale congolaise un mémorandum contenant entre autre les conditions de sa participation aux élections provinciales.

A en croire Jean Lucien Bussa, le modérateur de l’opposition politique qui s’est confié à la presse, » la démarche de l’opposition de ce jour dictée par élan patriotique d’aider la CENI à se ressaisir, à offrir au peuple congolais un processus électoral inclusif, crédible, apaisé et de lui épargner les désordres inutiles « .

Selon Jean Lucien Bussa, l’opposition congolaise veut effectivement aller aux élections. » Mais elle ne s’engagera surement pas tête baissée dans un processus gibbeux et biaisé, comme ce fut le cas en 2006 et en 2011 « .

L’opposition politique congolaise conditionne sa participation aux élections provinciales à l’enrôlement de tous les électeurs âges de 18 ans et plus sur toute l’étendue du territoire national ; à l’adoption par toutes les parties prenantes d’un calendrier électoral réaliste ; à la neutralité de la CENI conformément à l’esprit et à la lettre de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante telle que modifiée à ce jour.

Pour Jean Lucien Bussa, la République Démocratique du Congo est confrontée à une crise multiforme sans précédent sur les plans politique, sécuritaire, économique et sociale qui a sérieusement mis à mal à la cohésion nationale indispensable à la paix, la stabilité, la coopération, la solidarité et au développement durable du pays et de la région.

Depuis son indépendance, le 30 juin 1960, a-t-il rappelé, la RDC est confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs , le constituant a résolu d’y mettre fin en instaurant un nouvel ordre politique ,fondé sur la constitution du 18 février 2006 et sur la base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants au terme des élections libres, pluralistes, démocratiques, transparentes et crédibles.

Cependant, tous les observateurs sérieux nationaux comme internationaux sont unanimes pour admettre que deux raisons fondamentales sont à l’origine de cette situation à savoir, les élections chaotiques du 28 novembre 2011 ainsi que la faillite des institutions congolaises, du fait de la mauvaise gouvernance.

En effet, ces élections ont été bâclées, entachées de nombreuses irrégularités, de fraudes massives et ont donc souillé la crédibilité de leurs résultats ,tels que publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), brisant ainsi le pacte républicain péniblement scellé dans l’Accord Global et Inclusif le 17 décembre 2002 à Pretoria en Afrique du Sud et provoquant une rupture de la cohésion nationale.

Pour l’opposition politique,la décision de la CENI de janvier 2014 présentée devant l’Assemblée nationale d’organiser les élections provinciales au suffrage indirect violait certaines dispositions constitutionnelles notamment les articles 197 et 220.

La loi électorale initiée par le gouvernement de connivence avec la CENI, intentionnellement attentatoire à la Constitution présentée au parlement et qui conditionnait les élections au recensement et à l’identification de la population par l’ONIP a provoqué la colère du peuple congolais qui l’a exprimée, au prix de sang, dans semaine du 19 au 25 janvier 2015.

Finalement , la CENI va publier , le 12 février 2015 , le calendrier global réclamé par le peuple mais en prenant bien soin de le surcharger à dessein ,le rendant ainsi incohérent, irréalisable, inopérationnel ,couteux et renfermant le risque d’un chaos électoral programmé ;l’opposition politique congolaise , dans sa déclaration du 27 février 2015 avait suffisamment élaboré sur tous les points relevé le » ponce pilatisme » de la CENI exprimé dans les contraintes externes à la réalisation de son calendrier :elle avait néanmoins noté les acquis importantes qui en ressortaient notamment la date des élections présidentielle et législatives soit le 27 le 20 décembre 2016.

Elle avait corrigé la violation des articles 5 et 6 de la constitution en procédant à l’enrôlement des nouveaux majeurs depuis novembre 2011.

L’opposition congolaise avait , en toute responsabilité , pris position le 20 avril 2015 , en décidant de rejeter purement et simplement l’activité en rapport avec le dépôt des candidatures aux élections provinciales débutée le 15 avril 2015 en attendant l’issue de la rencontre pour un processus électoral inclusif ,crédible et apaisé.

La position de l’opposition congolaise est davantage confortée par le fait que la CENI à ce jour, n’a pas respecté son propre calendrier , et les contraintes qu’elle a énumérées n’ont pas été évacuées aux dates critiques mentionnées, hypothéquant ainsi sa réalisation.

L’opposition politique congolaise exige donc de la CENI , des assurances attenantes à ce qui a été déjà réalisé à ce jour et qui justifie ses affirmation que les élections provinciales auront bel et bien lieu en octobre 2015. L’opposition a été représente par Vital Kamerhe UNC, Martin Fayulu FAC ET ECIDE, Jean marie Bamporiki UNL, José Makila ATD, Jean Claude Mvuemba.

Par Julie Muadi

 

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Trop des dignitaires absents : Mystère Que cache le séjour prolongé à l’étranger de Malu Malu, Francis Kalombo...

maluKalombo

Le régime mange-t-il ses propres enfants ? C'est la question que la plupart des rd-congolais se posent après avoir constaté qu’un nombre important de dignitaires du régime sont absents du pays pour diverses raisons. La raison qui revient le plus souvent pour expliquer cette absence prolongée des dignitaires du régime à l’étranger c’est la santé. A croire que les 100 millions USD engloutis dans l’Hôpital du Cinquantenaire, rabâché à toutes les oreilles, par les thuriféraires du régime, comme l’hôpital le plus moderne d’Afrique centrale, n’ont finalement servi à rien car l’exode sanitaire se poursuit aux frais de l’Etat. La rédaction de C-NEWS a tenté de comprendre ce phénomène dont l’ampleur commence à inquiéter. Le premier à ouvrir le bal du tourisme « sanitaire » fut le député national Francis Kalombo.

Kabiliste et surtout proche du gouverneur Moïse Katumbi, son départ pour l’Europe avait donné lieu à plusieurs spéculations car il intervenait dans un contexte politique trouble. Le gouverneur Katumbi, après lui aussi un séjour prolongé à l’étranger pour des raisons sanitaires, était dans la tourmente après avoir prononcé sa célèbre allégorie footballistique qui n’était pas du tout du goût du régime. Le départ de Kalombo, intervenu à cette époque, avait été interprété comme une fuite en avant. En quittant Kinshasa, il avait trouvé un moyen de ne pas se prendre position en faveur du gouverneur du Katanga qui venait de s’opposer à l’éventualité d’un 3ème mandat présidentiel. Aux dernières nouvelles, Kalombo serait aux USA où il suit des soins. Un autre dignitaire, pour des raisons sanitaires est à l’étranger, c’est l’abbé Apollinaire Malu Malu, le président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Malu Malu, alors que son institution a plus que besoin de lui, a été opéré d’une tumeur au cerveau. Ses proches parlent d’un caillot de sang qui s’était formé dans son cerveau pour minimiser la gravité de la maladie. Comme pour démentir les nouvelles rassurantes de ses proches, Malu Malu n’a pas tenu une seule semaine après son retour au pays. Aussitôt rentré, aussitôt presque évacué vers l’Afrique du Sud.

Selon des témoins, Malu Malu s’était évanoui peu avant son évacuation sanitaire. Ce qui prouve que le président de la Ceni est gravement malade. Envisager sa succession à la tête du Bureau serait donc faire signe de lucidité à l’aube d’un processus électoral complexe. Si pour Malu Malu, il n’y a aucun doute sur les raisons de son séjour prolongé à l’étranger, il n’en est pas de même pour le patron de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama. Il est rentré fraîchement au pays après un long séjour aux USA. Lui aussi selon certaines indiscrétions à la Police, était allé se faire soigner au pays de l’oncle Sam. Il y a de quoi, surtout psychologiquement, depuis qu’il est dans le viseur de la communauté internationale pour son zèle dans la répression des émeutes sanglantes de janvier dernier. On comprend la difficulté qu’il a à trouver son sommeil. Honni par les Kinois et même par ses coreligionnaires, Kanyama dit « esprit de mort » est aussi sur la sellette pour sa conduite brutale et inhumaine de l’opération Likofi contre le banditisme urbain et juvénile. A ce propos, les conclusions du rapport sur cette opération controversée sont attendues. Il ne reste plus qu’à Evariste Boshab de les rendre publiques car ils sont déjà sur sa table depuis longtemps.

Peut-être le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité attendait le retour de Kanyama à qui il réserve la primeur des conclusions de l’enquête ? On ne le sait pas encore. Est-il que Kanyama n’était pas le seul de l’appareil sécuritaire du régime à rechercher la douceur des pays respectueux des droits humains. Le patron de la DGM (Direction générale des migrations) François Beya est aussi à l’étranger pour des raisons aussi « sanitaires ». Un 4ème bonze le serait aussi. Souvent les demandes de sortie des autorités nationales pour des raisons de santé, cachent la volonté de s’exiler ou celle de prendre un peu du recul par rapport à un régime qu’on sert et qui au fil du temps vous bouffe la santé aussi bien physique que psychique. Les missions à l’étrangers et les sorties pour raisons sanitaires ont toujours constitué des moyens pour se désolidariser d’un régime dont on sent qu’il a bout de souffle. Le régime de Kadhafi et celui de Saddam Hussein l’ont démontré à leur crépuscule. Ce n’est pas encore le cas avec le régime de Kinshasa qui bien qu’affaibli fait mine de bien se porter. Mais cela n’abuse que les aveugles. Bien qu’aucun dignitaire à l’étranger pour tel ou tel autre motif n’ait encore fait défection ouvertement, cela ne veut pas dire que cette hypothèse est exclue. Mais au moins une chose est certaine, trop des dignitaires à l’étranger n’est jamais bon signe. Cela traduit la lassitude morale en l’absence des perspectives claires pour ne pas avoir trop se salir pour se maintenir au pouvoir.

PAUL MULAND

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29 avril 2015

Crise à l’UDPS : Tshisekedi partagé entre son fils Félix et son SG

 

drapeau udps

Formation politique phare de l’Opposition depuis les années 90,1’ Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) est quasiment au bord de l’implosion. Si rien n’est fait, un schisme risque de s’installer au sein du parti cher à Etienne Tshisekedi.

Avec la deuxième place occupé par Etienne Tshisekedi lors de la présidentielle de 2011 avec près de 33%, d’aucuns avaient cru que l’UDPS allait davantage s’organiser pour viser le podium en 2016. Mais dans la pratique, on se rend vite compte que le parti de l’ancien Premier ministre de Mobutu n’a pas chassé ses vieux démons de la division. Depuis quelques jours, en effet, l’UDPS émet deux sons de cloche sur le dossier ayant trait à l’organisation des élections provinciales, locales et municipales. En tournée dans l’Est de la République démocratique du Congo, plus précisément à Goma, dans le Nord-Kivu – où il a tenu un meeting populaire sans être inquiété – Félix Tshisekedi, Secrétaire national du parti chargé des Relations extérieures, prenait à contre-pied le bureau politique de l’UDPS.

Le Secrétaire général de 1’UDPS, Bruno Mavungu, signait, avec les autres partis politiques de l’opposition, la déclaration au terme de laquelle ils prenaient la décision de ne pas prendre part aux élections provinciales, locales et municipales. Et de Goma où il se trouvait, Félix Tshisekedi va surprendre tout le monde en affirmant que son parti prendra part aux élections provinciales et locales, et qu’il conditionnait seulement la présidentielle de novembre 2016. Félix Tshisekedi a maintenu sa position même après que la direction de son parti ait rectifié le tir afin de le ramener à l’ordre.
La question que d’aucuns se posent aujourd’hui est celle de savoir qui dirige réellement l’UDPS ? Est-ce Félix Tshisekedi, le Secrétaire national chargé des Relations extérieures ? Ou Bruno Mavungu, le Secrétaire national du parti?

Silence coupable ou complice d’Etienne Tshisekedi

Que dit le président national du parti par rapport à ce débat sur la position finale que doit prendre l’UDPS en ce qui concerne les élections provinciales et locales ? L’homme s’alignerait-t-il sur la position de son fils Félix Tshisekedi ou sur celle de Bruno Mavungu, le Secrétaire général de son parti ? D’aucuns auraient voulu entendre Etienne Tshisekedi se prononcer officiellement sur ce sujet. Mais jusque-là, c’est le silence radio.

Cependant, l’on apprend qu’Etienne Tshisekedi a, depuis Bruxelles, indiqué que son parti, participera à toutes les élections. Cette information a été donnée par Rubens Mikindu, un membre influent du parti qui avoue avoir parlé pendant plusieurs minutes au téléphone avec son leader, Etienne Tshisekedi. Il a même souligné que l’entretien avait été facilité par Félix Tshisekedi.

Au niveau de la base, les combattants ne savent plus qui écouter ou qui suivre. Déjà, certains observateurs de la scène politique congolaise, surtout ceux qui suivent de près la marche de l’UDPS depuis sa création n’hésitent pas à conclure que Félix Tshisekedi parle au nom de son père, mais surtout comme probable futur président national de 1’UDPS.

Autre information au sein de l’UDPS : Valentin Mubake, jusqu’ici, Conseiller politique d’Etienne Tshisekedi est en train de tourner les pouces à Bruxelles, en Belgique, où il remue ciel et terre pour être reçu par son mentor. L’homme dit, à qui veut l’entendre qu’on lui a fait dire que le président de son parti ne veut pas le recevoir, Pour quelle raison ? La question reste posée !

Par CONGO NOUVEAU

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ELECTIONS : L’OPPOSITION FAIT PART DE SES INQUIÉTUDES A LA MONUSCO

ELECTIONS : L’OPPOSITION FAIT PART DE SES INQUIÉTUDES A LA MONUSCO

Après avoir rencontré les membres du Bureau de la CENI, les acteurs politiques de l’opposition ont rencontré, ce mardi 28 avril 2015, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies.

Les représentants des partis politiques de l’opposition ont fait part à Martin Kobler de leurs inquiétudes sur le processus électoral en cours.

Tout en réaffirmant leur volonté de participer à un processus électoral crédible et apaisé, les opposants ont évoqué les contraintes et inquiétudes liées au respect des délais constitutionnels, la prise en compte de tus les majeurs non enrôlés ainsi que le décaissement des fonds.

Les acteurs politiques de l’opposition ont souhaité une implication de la mission onusienne.

Ci-dessous, le lien du compte rendu fait par le modérateur Jean-Lucien BUSSA.

https://www.youtube.com/watch?v=H0jhNwbvGuE&feature=youtu.be

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Dr Denis Mukwege: en RDC, «beaucoup de victimes attendent la justice»

RFI   

Par Sonia Rolley

Dr

Il a été le prix Sakharov 2014, un prix pour la liberté de l’esprit remis par le Parlement européen. Le Dr Denis Mukwege est ce médecin congolais qui depuis plus de 15 ans soigne les femmes victimes de viol à l’hôpital de Panzi à Bukavu dans l’est de la RDC.
Un film documentaire lui est aujourd’hui consacré : L’homme qui répare les femmes, la colère d’Hippocrate. Signé des Belges Thierry Michel et Colette Braeckman, le long métrage sort officiellement le 15 avril sur les écrans belges, et est depuis deux semaines présenté en avant-première aux Pays-Bas, en Belgique et en France, avant le Québec et les Etats-Unis. De passage à Paris, le docteur Mukwege est l’invité de Sonia Rolley. 
Dans le film qui vous est consacré, vous racontez une anecdote terrible qui dit beaucoup : un jour vous avez opéré une fille de 8 ans, née à Panzi, issue elle-même d’un viol. Et c’est là que vous vous êtes décidé à prendre votre bâton de pèlerin pour témoigner à travers le monde. Où en est la situation aujourd’hui ?
Dr Denis Mukwege : Il y a deux ans, avec la diminution des zones de conflit après la défaite du M23, il y a beaucoup de groupes armés congolais qui ont rendu leurs armes. On constate quand même qu’il y a une diminution du nombre des victimes de viols et de violences sexuelles qui arrivent à l’hôpital. Par contre, ce qui est triste, c’est de constater que c’est un mal qui est entré et est en train de se propager dans la société comme une métastase d’un cancer. Ça arrive dans des zones où il n’y a pas de conflits. Ça ne veut pas forcément dire que ce sont des civils qui commettent ces actes puisqu’il y a un gros problème dans la démobilisation. Les personnes qui constituent aujourd’hui l’armée et la police viennent des groupes armés, la plupart de ces jeunes gens sont entrés dans des groupes armés très jeunes, ils ont appris à faire des atrocités sur les populations civiles. Ce n’est pas le fait de changer de tenue qui va changer leur façon de faire. Donc il y a un gros travail à faire sur le plan psychologique de tous ces jeunes qui ont pris les armes très jeunes.
Dans le film, on voit également beaucoup d’enfants arriver à l’hôpital. Est-ce que c’est aussi un phénomène que vous constatez, c’est-à-dire plus de viols sur mineurs ?
Absolument. Ça, c’est un phénomène tout à fait nouveau. Et c’est ce qui nous inquiète : ça se passe dans des endroits où il n’y a pas de conflits et ça se passe sur des mineurs, des enfants de moins de cinq ans. Pendant le conflit, on n’avait très peu d’enfants et aujourd’hui, le nombre d’enfants ne fait que s’accroître.
Dans le film, vous dites : « L’impunité a commencé ici à Lemera », Lemera c’est l’hôpital où vous vous trouviez dans les années 1990. Qu’est-ce qui s’est passé dans cet hôpital ? Et pourquoi, c’est un phénomène qui perdure jusqu’à aujourd’hui ?
En effet, à ce moment-là, on devait déjà se poser des questions par rapport à la guerre qui a commencé en 1996 puisque la première attaque s’était faite au niveau de l’hôpital de Lemera où les malades ont été massacrés dans leur lit. A cette époque-là, pour moi, c’était inimaginable que le monde puisse se taire devant une telle atrocité. Et j’en avais parlé avec les autorités internationales qui auraient dû agir. Mais il ne s’était rien passé. Quand vous tuez quelqu’un dans son lit de malade, après tout est permis.
On a vu quelques procès se dérouler, notamment le procès de deux groupes armés sur ces questions de viols. Est-ce que vous avez l’impression que les efforts sont suffisants pour lutter contre l’impunité ?
Ce n’est pas suffisant. Il y a beaucoup de victimes qui attendent de savoir pourquoi elles ont subi ce qu’elles ont subi et elles attendent la justice. Si on prend des cas isolés, ça ne pourra pas résoudre la question. Il faut pouvoir dire la vérité sur ce qui s’est passé entre 1996 à ce jour. Pourquoi les civils sont massacrés sans qu’il y ait des suites ? Pourquoi il y a ces viols massifs qui donnent une très mauvaiseimage de notre pays alors que ces viols massifs n’ont jamais existé avant, quand on a connu d’autres guerres, on n’avait jamais connu des viols massifs comme on en connaît aujourd’hui. Il faut qu’il y ait d’abord la vérité. On ne doit pas vivre dans un esprit de haine. Il faut absolument pouvoir avancer. Et il faut absolument une réconciliation.
Est-ce que ce que vous suggérez, ce serait une Commission de vérité et réconciliation (CVR) ?
Absolument. Lorsqu’on a signé les accords de Sun City, parmi les Commissions qui étaient mises en place, il y avait une CVR. C’est finalement la seule Commission qui n’a jamais fonctionné.
Certains vous reprochent d’avoir des discours trop politiques et peut-être vous soupçonnent d’avoir des ambitions. Que leur répondez-vous ?
Ce que je dis, c’est tout simplement un discours citoyen. Je rencontre des filles, des femmes, qui ont souffert énormément et qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer. Je porte tout simplement leur voix.
Vous êtes parfois accusé de ternir l’image du pays, de ternir l’image de l’armée par vos discours à travers le monde. Est-ce que vous comprenez cette attitude des autorités congolaises, et finalement parfois ce manque de soutien à ce que vous êtes en train de faire au Sud-Kivu ?
Je suis Congolais, j’aime mon pays, je me bats pour mon pays. Je suis au Congo malgré toutes les difficultés que je peux rencontrer. Ce n’est pas en cachant la vérité, en vivant dans le déni d’une situation qui est grave qu’on va trouver des solutions. Je pense que dire tout simplement que ça ne va pas, ce n’est pas forcément donner une mauvaise image de son pays. La bonne image du pays devrait venir du fait que nous voulons résoudre le problème pour avancer une bonne fois pour toutes.
L’hôpital de Panzi a eu des problèmes tout récemment avec le fisc congolais, avec les impôts. On vous réclamait plusieurs millions de dollars. On a même saisi les comptes de l’hôpital. Est-ce que ce problème est réglé ?
Le personnel de l’hôpital était dans la rue pour demander son droit et refuser la discrimination. C’est un droit qu’il soit traité comme les autres qui ont le même statut. Et aujourd’hui l’affaire est toujours pendante.
Le même statut que d’autres hôpitaux qui bénéficient d’une certaine exonération...
Exactement, on en avait bénéficié depuis la création de l’hôpital. Et donc en novembre, nos comptes avaient été saisis et c’était leur droit de pouvoir réclamer puisque ça fait plus de quinze ans que nous travaillons avec ce statut. Pourquoi seulement au mois de novembre ? C’est là où on se réveille le matin et on se rend compte qu’il faut changer le statut. Mais l’affaire est pendante, nous attendons que le gouvernement puisse se déterminer sur cette question.
Cette année, l’année prochaine, un grand cycle électoral s’ouvre au Congo. Qu’est-ce que vous espérez pour votre pays ?
J’espère que tout peut se passer en toute démocratie et qu’il puisse y avoir une alternance. Nous, peuple congolais, nous rêvons une alternance démocratique, que nous ayons des élections qui nous permettent à ce qu’il y ait d’autres équipes qui peuvent proposer autre chose. Si chez vous, les choses marchent, c’est parce que l’opposition peut s’exprimer, peut venir avec ses propositions. Et si la population tranche pour un camp ou un autre, on fait progresser les choses. Si on échoue, il faut accepter qu’on ait échoué et on passe la main. Ce que j’espère pour le Congo, c’est que 2016 soit une année où nous allons vraiment jouir d’élections libres et transparentes et qui vont permettre au pays de construire une démocratie solide. Car si on y arrive en 2016, j’espère que ça pourra continuer après et que peut-être on va écarter les cycles de violence pour avoir le pouvoir.
La communauté internationale semble inquiète ces dernières semaines avec l’arrestation de jeunes activistes de la société civile congolaise et aussi de la société civile africaine en terme général, puisque « Y en-a-marre » et « le Balai citoyen » qui étaient à Kinshasa pour des rencontres autour de l’investissement des jeunes dans la citoyenneté. Ces jeunes sont aujourd’hui accusés de terrorisme, d’avoir voulu créer une insurrection armée au Congo. Qu’est-ce que ça vous inspire cette situation ?
C’est triste parce que cette jeunesse est une jeunesse qui réclame tout simplement qu’on s’occupe d’elle. C’est une jeunesse qui sent que leur avenir est hypothéqué, c’est une jeunesse qui ne voit pas l’espoir d’un emploi, qui ne voit pas un avenir devant lui. S’ils ne peuvent même pas avoir le droit de réclamer, c’est triste.

    

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28 avril 2015

Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester

 

manifestants burundais

Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester © AFP

Les opposants à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza ont promis de poursuivre mardi les manifestations de protestation à Bujumbura, interdites et violemment réprimées par la police depuis dimanche.

Le pouvoir burundais restait de son côté tout aussi déterminé. La RPA, radio indépendante la plus écoutée du pays, était toujours muette après avoir été fermée lundi car accusée de relayer les appels à manifester.

Pierre-Claver Mbonimpa, patron de la principale organisation de défense des droits de l'Homme du pays, qui avait appelé à descendre dans la rue, est toujours aux mains de la police.

Un mandat d'arrêt a par ailleurs été émis contre Vital Nshimirimana, le principal organisateur au sein de la société civile de la campagne anti-Nkurunziza, passé dans la clandestinité mais qui, dans un entretien téléphonique à l'AFP, a promis de poursuivre le mouvement.

Lundi soir, le porte-parole du Service national de renseignement (SNR), Télésphore Bigirimana a confirmé à l'AFP l'arrestation par cet organisme de M. Mbonimpa dont ses proches et avocats ignoraient jusqu'alors où il était détenu.

"Oui, il est bien détenu dans nos services", a déclaré M. Bigirimana, refusant d'en dire plus.

M. Mbonimpa a été arrêté sans mandat "dans une procédure de flagrance car il était en train d'appeler la population à l'insurrection", dans une émission de radio en direct, a de son côté expliqué à l'AFP un haut cadre des services de renseignement, ayant requis l'anonymat.

La fermeture de la RPA et l'arrestation de cette figure de la société civile, aux avant-poste de la contestation, risquent de faire monter encore d'un cran la colère des manifestants. Ils protestent depuis dimanche contre la désignation samedi, par le parti au pouvoir (Cndd-FDD), de Pierre Nkurunziza candidat à la présidentielle prévue le 26 juin.

Une candidature pour un troisième mandat que la société civile et l'opposition estiment inconstitutionnelle, la loi fondamentale du Burundi limitant à deux le nombre de mandats présidentiels.

Mais le camp de M. Nkurunziza assure que son premier mandat (2005-2010), en tant que premier président post-transition élu par le Parlement et non au suffrage direct, tombe sous le coup d'une disposition particulière et n'entre pas en ligne de compte dans la limitation.

 

- 'Nous ne partirons pas d'ici' -

Lundi, l'annonce de la fermeture de la radio et l'arrestation de Pierre-Claver Mbonimpa ont provoqué des heurts dans le quartier périphérique de Musaga, dans le sud de Bujumbura, où des jeunes ont affronté la police à jets de pierre, auxquels répondaient des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes, et parfois des tirs d'intimidation à balles réelles.

Au moins un policier a été blessé, ont constaté des journalistes de l'AFP et un manifestant touché par balle, selon un ambulancier. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

Les jeunes du quartier ont joué plusieurs heures durant au chat et à la souris avec la police, disparaissant dans les ruelles adjacentes à chaque charge de la police, appuyée par un canon à eau monté sur un camion.

"Nous ne partirons pas d'ici, tant que" M. Nkurunziza ne renoncera pas à se présenter, a assuré Thierry, musicien de 29 ans. "En plus maintenant ils ferment les radios", a-t-il souligné en référence à la coupure du signal de la RPA (Radio publique africaine).

"Ce ne sont que des voyous qui cherchent à provoquer le désordre", a pour sa part expliqué un officier de police à l'AFP.

Dans la matinée lundi, dans le quartier de Cibitoke, un déploiement massif de police avait empêché les jeunes de descendre vers le centre de la capitale burundaise, déserte toute la journée, où de nombreux magasins et entreprises sont restés fermés.

"Demain, mardi, ça va continuer", affirmait toutefois Jonathan, 26 ans qui vient de finir ses études et se retrouve au chômage comme de nombreux Burundais. "Le problème n'est pas que (le maintien au pouvoir de Nkurunziza) soit trop long, c'est qu'il (le président) passe en dehors de la loi".

Pour l'heure, la contestation reste endiguée par la police aux quartiers périphériques et les opposants au 3e mandat de M. Nkurunziza n'ont pas réussi à converger massivement vers le centre de Bujumbura, leur objectif principal.



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : | Burundi: les opposants au 3e mandat de Nkurunziza promettent de continuer à manifester | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 

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Tensions à Bujumbura: afflux des réfugiés burundais à Uvira

 
Un quartier de la cité d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu (RDC).Un quartier de la cité d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu (RDC).

Plus de 2800 réfugiés burundais ont été déjà enregistrés, à la date du vendredi 24 avril, par la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) dans les territoires d’Uvira et de Fizi au Sud-Kivu. Ces réfugiés, qui traversent sporadiquement en masse depuis fin mars dernier, disent avoir fui «l’enrôlement forcé dans la milice du pouvoir» au Burundi voisin. Les services congolais aux frontalières s’attèlent à leur enregistrement.

Le conseil territorial de sécurité d’Uvira s’est réuni lundi matin pour dégager un plan de contingence sur cet afflux des sujets burundais, qui traversent la frontière congolaise. Il a été recommandé aux services de sécurité (la migration, la police et autres) à procéder à leur enregistrement aux frontières.

D’après ces services de l’Etat, ce sont en majorité les jeunes gens, les femmes et les enfants qui se déplacent avec bagages en mains.
Selon l’assistant aux opérations de rapatriement à la Commission nationale pour les réfugiés/Uvira, Frederik Salumu, jusqu’à vendredi passé, plus de 2800 Burundais ont été enregistrés.

Certains, munis des documents migratoires et provenant des provinces burundaises de Bubanza et de Cibitoke, sont localisés dans la plaine de la Ruzizi. D’autres en provenance de Makamba, Bururi et Nyanza Lacs traversent le lac Tanganyika par pirogue pour rejoindre le territoire congolais de Fizi.

La même source affirme que ces Burundais évoquent la peur et l’insécurité en prévision de l’élection présidentielle dans leur pays ainsi que l’enrôlement forcé dans une milice du pouvoir en place.

Après cette opération de pré-enregistrement, d’autres mesures pourraient être envisagées par le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et le gouvernement congolais, a rassuré Frederik Salumu.

Tensions à Bujumbura

Et pour ce qui est de la situation sur place au Burundi, des heurts opposent les manifestants et forces de l’ordre à Bujumbura depuis l’annonce samedi de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel. Deux nombreux manifestants ont été tués dimanche.

Et malgré l’interdiction de manifester décrétée par le pouvoir, les opposants à cette candidature sont de nouveau descendus dans la rue ce lundi. Et selon RFI, Pierre

Claver Mbonimpa, militant de la société civil, qui avait appelé à manifester, a été arrêté ce lundi matin. Dimanche, ce sont 200 personnes qui ont été arrêtées. L’armée est déployée dans les quartiers de Bujumbura depuis la nuit de dimanche à ce lundi, mais ne participe pas aux actions anti-émeute.

La Radio publique africaine (RPA) n’émet plus à Bujumbura. Le signal de la principale radio privée au Burundi a été coupé à la mi-journée par les autorités.

radiookapi.net

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27 avril 2015

RDC: l’opposition s’inquiète de l’indisponibilité de Malumalu

 

opposition

Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

L’opposition politique se dit inquiète de l’indisponibilité du président de la Commission électoral indépendante (Ceni), abbé Apollinaire Malumalu. Une délégation des présidents de partis politiques et des groupes parlementaires de l’opposition l’a signifié lundi 27 avril à Kinshasa lors d’une rencontre avec le bureau de la Ceni, axée les propositions et les préalables des opposants à l’organisation de prochaines élections en RDC.

Après une longue absence pour des soins, l’abbé Malumalu est réapparu le 16 avril dernier à Kinshasa au cours d’une réunion extraordinaire de l’assemblée plénière de la Ceni. Depuis lors, il n’est plus visible.

Cette situation inquiète les opposants. Pour eux, l’indisponibilité de l’abbé Apollinaire Malumalu (issu de la société civile) depuis un temps laisse ainsi le champ libre au parti présidentiel (PPRD) à travers son délégué, le premier vice-président de la commission.

Vital Kamerhe, Martin Fayulu, José Makila, Jean-Claude Vuemba, Alexis Lenga, Jean-Lucien Busa, Ingele Ifoto, Martin Mukonkole et Samy Badibanga, qui ont constitué cette délégation de l’opposition, voulaient avoir de la Ceni des réponses à leurs préoccupations contenues dans leur mémorandum du 27 février.

 
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Le rapporteur de la Ceni, Jean-Pierre Kalamba Mulumba N’galula le 27/04/2015 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des opposants congolais à Kinshasa, le 27/04/2015 devant le siège de la Ceni. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Il s’agit notamment de «l’exclusion de plus de dix millions de Congolais qui avaient moins de 18 ans en 2011» à ces nouvelles élections, la question des délais irréalistes contenus dans le calendrier électoral, la présentation par la Ceni du plan de décaissement des fonds pouvant convaincre que l’organisation électorale se fera sans problème.

Pour l’opposition, cette rencontre s’est tenue dans un esprit de construction démocratique pour éviter à la RDC et à ses citoyens un chaos électoral pourtant évitable maintenant.

A la question savoir s’il y a eu ou non compromis lors de cette rencontre, le rapporteur de la Ceni, Jean-Marie Kalamba, a répondu:

«L’essentiel est que la Ceni reste à l’écoute des uns et des autres, mais prend ses décisions souverainement conformément et à la constitution et à la loi organique et à la loi électorale. Il n’y a pas un problème de compromis. Parce que, si nous trouvions un compromis avec les opposants maintenant à 14 heures, dites-vous qu’à 18 heures, nous aurons à recevoir ceux de la majorité et, le lendemain, nous recevrons ceux de la société civile.»

De leur côté, les opposants déclarent attendre de la Ceni des réponses formelles le plus rapidement possible.

radiookapi.net

 

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RDC – Rwanda : l’ONU inquiète les Congolais

RDC – Rwanda : l’ONU inquiète les Congolais

Des troupes de l’armée rwandaise se sont signalées au milieu de la semaine dernière dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Des autorités civiles et militaires congolaises ont fait état d’infiltrations qui se sont étendues sur environ un kilomètre, avant que les « assaillants » ne décrochent, après avoir ouvert le feu sur une patrouille de FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), dans le Parc de Virunga.

Cette énième bavure militaire rwandaise est intervenue, comme par hasard, au moment où Hervé Ladsous, Secrétaire général Adjoint des Nations Unies chargé des Opérations de maintien de la paix, était en visite d’information dans la partie Est du pays. Interrogé au sujet de ce qui venait de se passer, il a fait savoir que s’il y a eu effectivement une présence militaire rwandaise en RDC – ce qui restait à vérifier – cela constituerait une violation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé pat les Etats de la sous-région des Grands Lacs en février 2013. Il a juste souligné que les Nations Unies étaient pour le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC Sans plus.

Il va sans dire que les Congolais se sentent un peu déçus par ce type de discours qui laisse croire que les Nations Unies se trouveraient dans’ le doute au sujet des accusations de Kinshasa contre Kigali. En lieu et place d’une attitude de réserve, ils auraient aimé entendre un discours de fermeté, dans la droite ligne des opérations, de traque des «forces négative », internes et’ externes, pour lesquelles, le Conseil de Sécurité a décidé de reconduire en mars dernier, pour une année supplémentaire, le mandat de la Monusco en
RDC.

Si la sécurité n’était pas menacée au Nord-Kivu et au Sud-Kivu par des « forces négatives » instrumentalisées par l’Ouganda et le Rwanda, comme attestées par plusieurs rapports d’enquêtes onusiennes, les effectifs de la Monusco ne tourneraient pas autour de 20.000 hommes et qu’on n’aurait pas arrêté la fourchette de 10% pour la première vague de rapatriement des Casques bleus.

Retour aux années sombres des rébellions ?

La nouvelle approche onusienne de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC fait penser aux années sombres de la négation, par le Rwanda, de la présence de ses’ troupes au Nord-Kiwi et au Sud-Kivu, e dépit des occupations à répétition de plusieurs-villes et villages par des mouvements rebelles tels que le RCD, le CNDP et dernièrement le M23. La voix de Kinshasa était inaudible à la tribune des Nations Unies, de 1996 sous Mobutu à 1999 sous Laurent Désiré Kabila.

Il avait fallu que les armées rwandaise et ougandaise s’affrontent pendant six jours, en pleine ville de Kisangani, en juin 2000, pour convaincre la communauté internationale de la situation sécuritaire précaire de la RDC. Le décor du moment s’apparente à celui des préparatifs d’une nouvelle épopée militaire rwandaise en RDC. Les incursions de juin 2014 et d’avril 2015 sont révélatrices des intentions de Kigali de reprendre pied au Nord-Kivu, cette fois à visages découvert, à la faveur du nouveau bornage de la frontière commune par une commission d’experts congolais et rwandais.

La révision des limites territoriales héritées de la Conférence Internationale de Berlin (1885) et de la colonisation belge (1911) se présente comme un prétexte inespéré pour le Rwanda de revendiquer, de la manière la plus officielle qui puisse être, des pans entiers du territoire de Nyiragongo aujourd’hui, et ceux d’autres contrées d l’Est de la RD dans les mois et années à venir.

Si la RDC ne s’organise pas ici et maintenant pour la défense de sa souveraineté et de l’intégrité de son territoire, elle risque d’être surprise par son belliqueux voisin, dans la course à un nouvel espace vital. Comme dit et répété plusieurs fois, la réforme, de l’armée ne doit plus attendre, en termes d’hommes de troupes, de cadres militaires, d’équipements, de moyens financiers et de patriotisme.

Par Kimp

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