13 mai 2015

En bref: Un Coup d'Etat en progression au Burundi?

Selon Rfi, il y aurait une tentative de coup d'Etat au Burundi. Le Général Adiambare aurait fait une déclaration sur les ondes d'une radio locale annoncant la destitution du président Kurunziza et de son gouvernement.  

Le président Kurunziza est en Tanzanie à la réunion des chefs d'Etat de l'Afrique de l'Est où la question du Burundi est en train d'être discutée.

Lumbamba Kanyiki


 

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12 mai 2015

Kemerhe, son brave discours devant Claude Bartlone, Président de l’Assemblée Nationale de la France

Kemerhe, son brave discours devant Claude Bartlone, Président de l’Assemblée Nationale de la France

Il est à cheval entre son pays et l’occident pour parler de la Rd-Congo. L’autre fois, c’était aux USA à la suite de l’invitation de Barack Obama sur la situation politique qui prévaut en Rd-Congo. Et hier, c’était sur invitation du président de l’Assemblée nationale Française, Claude Bartlone que Kamerhe a pris part au dîner-débat qui a eu lieu à l’hôtel Lassay, résidence officielle du Président de l’Assemblée nationale française. Un dîner qui focalisait autour de la refonte de la politique européenne de voisinage et de la fondation verticale. A ses interlocuteurs, VK a présenté les opportunités, potentialités et richesses que possède la Rd-Congo. D’où, il les a invités dans son discours à appuyer une Afrique riche et prospère. Cela, d’après lui, exige un leadership fort à la tête de chaque Etat Africain. VK était le seul Africain à participer à ces assises. « Lire ci-dessous l’adresse de Kamerhe lue devant Claude Bartlone ».

Mesdames, et Messieurs,
C’est pour moi un honneur d’être invité à participer à ce dîner-débat sur un projet aussi vital pour l’Afrique et l’Europe, « Fondation La Verticale Europe – Méditerranée – Afrique ».
Permettez moi donc, avant toute chose, de présenter mes vifs remerciements à Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale Française, Claude Bartolone, et à Messieurs Radhi Meddeb et Jean Louis Guigou, respectivement ; Président et Député Général de l’Institut de Prospective économique du Monde Méditerranéen (IPEMED). Quand j’ai lu le résumé sur la présentation du projet, j’ai pensé à Frantz Fanon qui écrivait dans « Les Damnés de la Terre » ; « Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir » ; et je me suis dit « Enfin ! »
Enfin, car pour l’Afrique, dès l’aune des indépendances, cette réalité s’est imposée à nos dirigeants.
Enfin, car le destin de l’Europe est naturellement et solidairement lié à celui de l’Afrique ; le Président Houphouët Boigny avait si bien bien rendu cette incontournable réalité lors d’une interview en présence du Président François Mitterrand, et du Président Mobutu par un adage ivoirien ; « Il faut que vous nourrissiez votre enfant jusqu’à ce qu’il ait poussé des dents, afin qu’il vous nourrisse quand vous aurez perdu les vôtres ».
En effet, il a toujours été dans « l’intérêt de l’Afrique de se rapprocher de ses voisins du Nord pour promouvoir une croissance productive et durable », qui sans l’inclusion et le partage est tout simplement irréalisable.
« C’est l’intérêt de l’Europe de mettre « cap au Sud » pour affronter les défis du XXIe siècle. »
Au-delà des défis soulevés par le changement climatique, le besoin d’énergies propres, renouvelables et non polluantes, la démocratisation des institutions ; .« de nos jours, plus sans doute qu’au cours des époques successives qu’a traversé l’humanité, la paix mondiale est indivisible », Et sans la paix, aucun développement n’est envisageable. La Verticale « Europe-Méditerranée-Afrique », outil de paix et de développement, est une réponse au chaos actuel aux frontières européennes, au chaos actuel sur le continent africain. Imaginons un court instant ce que pourrait devenir l’Afrique et donc l’Europe, si Boko-Haram, les Anti-Balaka, les Shebab,… s’emparaient des zones minières de l’Est de la RDC? L’appui de l’IPEMED à la consolidation des démocraties africaines, constitue à mes yeux un des facteurs clef de la garantie de réussite du projet La Verticale « Europe-Méditerranée-Afrique ».
Partant de l’approche perspective et sectorielle du Projet portant sur des secteurs prioritaires comme l’énergie, l’eau, l’agriculture, le transport,… quelle incroyable base pour ce nouveau projet de développement productif, durable et solidaire que le 3ème plus grand potentiel hydroélectrique au monde, les 80 millions d’ha de terres arables, les 62% de réserve d’eau douce du continent africain et 25% du monde, les 60% de forêt du bassin du Congo, les réserves minérales estimées à 24.000 milliards de US$, le carrefour des 5 communautés économiques régionales du Continent,.., la CEEAC, le COMESA, la CIRGL, la CEP- CL et la SADC, un marché de plus de 250 millions de personnes ?
J’espère et appelle de toutes mes forces, Le Projet La Verticale « Europa-Méditerranée-Afrique » de l’IPEMED à être le DOIGT qu’attend depuis des décennies la gâchette du Revolver de Frantz Fanon !
Je vous remercie.

 

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Exclusif RDC-Vital Kamerhe : Kabila ? La question est tranchée !

 

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Interview exclusive de Vital Kamerhe, ancien Président de l’assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Une analyse sans langue de bois de la situation politique et des développements qu’il appelle de ses vœux.

AFRIK.COM : Comment évaluez-vous la situation politique actuelle de la République démocratique du Congo et les chances du Président sortant Joseph Kabila de se représenter ou d’être réélu ?

Vital KAMERHE : Pour Kabila, la question ne se pose plus. L’obstacle constitutionnel ne saurait être levé, deux mandats, pas un de plus. Or il a déjà accompli deux mandats. Nous avons assisté à plusieurs tentatives de la part du pouvoir pour dépasser cette limitation : tout d’abord une tentative de révision de la Constitution pour autoriser un troisième mandat. L’opposition politique et la société civile se sont immédiatement réveillées et j’ai lancé avec l’UNC le slogan “touche pas à ma Constitution”, gros succès… Les événements de Ouagadougou ont prouvé qu’un peuple qui refuse la reconduction tacite de ses dirigeants peut toujours l’emporter. La deuxième tactique mise en jeu est dilatoire : retarder indéfiniment les élections en les subordonnant a la finalisation d’un recensement de la population congolaise et à une révision des listes électorales. La ficelle était trop grosse, une loi, fût-elle électorale, ne peut pas suspendre l’application de la Constitution. Or, le recensement ne saurait être finalisé avant le 19 décembre 2016 à minuit. Troisième biais pour décaler la fin du mandat : la multiplication des scrutins. Le calendrier électoral est surchargé. Nous en avons déjà pour près de 500 millions de dollars d’organisation, et ces élections, dont certaines se déroulent pour la première fois, vont entraîner des contentieux, la définition des circonscriptions étant porteuse de conflits entre groupes et communautés…. Cela justifie l’établissement d’un calendrier “à 23 contraintes” pour les élections présidentielles ; 18 de ces contraintes relèvent du gouvernement, 5 de l’Assemblée nationale… Nous serons attentifs à toute instrumentalisation du calendrier. Quatrième obstacle que nous devons franchir : le redécoupage des provinces, de 11 à 25, porte en lui les germes d’une véritable explosion. Kabila semble vouloir rééditer une méthode des années Mobutu, “la territoriale des originaires” : une forme d’épuration ethnique au niveau local. La chasse aux non originaires. Au Katanga, cela réveille le spectre d’une sécession, car Sud et Nord du Katanga sont complémentaires : l’agricole et le minier doivent marcher main dans la main, et ne surtout pas se tourner le dos. Mais ce n’est qu’un exemple… La mise en œuvre forcée de cette nouvelle carte des provinces risque de provoquer un glissement du calendrier électoral. Mais nous nous y opposerons par tous les moyens. La population dispose d’un repère clair : la résolution 2211 du Conseil de sécurité dispose que les élections présidentielles se tiendront le 27 novembre 2016 pour une passation des pouvoirs le 20 décembre. Tout le reste peut glisser, mais ces deux dates sont intangibles. C’est pourquoi l’opposition propose un autre calendrier électoral, en retardant toutes les autres échéances après la Présidentielle, à l’exception des seules élections provinciales à l’occasion desquelles les fichiers électoraux pourront être révisés, afin de ne pas exclure tous ceux qui sont devenus majeurs après 2011 ! Dans un pays à forte natalité comme le Congo, cela représente près de 18 millions d’électeurs.

AFRIK.COM : Doit-on redouter des affrontements civils ?

Vital KAMERHE : Rien n’est à exclure quand le peuple est atteint dans sa souveraineté. C’est le scenario qu’essaient de prévenir les membres du G7, les Eglises, pleines de vitalité, et les partis d’opposition, qui forment un front commun sur ces sujets. Les affrontements, quelle qu’en soit la cause, c’est la stratégie du chaos, celle qui conduirait à un maintien de Kabila au pouvoir. Mais il n’y a pas de plus forte armée que la détermination d’un peuple décidé à prendre son destin en main.

Je pense que pour faciliter les alternances, il faudrait créer en Afrique un statut “d’ancien président de la République”, comme il existe en France, ou aux Etats Unis, avec quelques facilités logistiques et une assurance d’immunité dans des conditions très larges, excluant seulement les crimes de sang !

AFRIK.COM : Le front de l’opposition restera-t-il vraiment uni ?

Vital KAMERHE : Il n’existe jamais de front absolument uni. Ce serait contraire à la démocratie… Mais l’opposition politique ne s’est jamais si bien portée. Nous nous sommes tous mobilisés, du 19 au 25 janvier, à la fois les leaders des partis politiques et les éléments de la société civile, à la seule exception de l’UDPS. Pour bâtir un programme politique alternatif commun. Que voulons-nous faire du Congo ? Ensuite débutera le processus qui doit aboutir à la désignation d’un candidat unique de l’opposition. Cela reposera sur un accord minimum entre toutes les composantes de ce front uni, à la fois sur l’action à mener, et sur la répartition des charges et responsabilités qui permettra de l’entreprendre efficacement.

AFRIK.COM : Front uni de l’opposition avec l’UPDS en franc tireur… Mais quid de Moïse Katumbi ? Etes vous prêt à l’accueillir au sein de votre “Front uni” s’il quittait les rangs de la majorité ?

Vital KAMERHE : Il ne s’agit pas de faire une chasse aux sorcières, comme on le voit au Burkina Faso ! Tous ceux qui sont aujourd’hui encore dans les rangs du parti majoritaire peuvent aussi appuyer l’alternance, et ils auront leur place dans la construction de l’avenir. Je demande à Moïse Katumbi d’aller jusqu’au bout de sa démarche actuelle et d’entrer dans l’opposition. Pour moi, il n’est pas souhaitable qu’il soit le candidat de la majorité sortante. Nous devons construire l’alternance avec toutes les forces vives, de Tchisekedi à Bemba, quel que soit leur âge ou leur situation judiciaire du moment. De même, Moïse Katumbi à toute sa place parmi nous. Etienne Tchisekedi a un rôle d’aîné, aujourd’hui. Il n’est pas souhaitable qu’il s’expose en première ligne, il faut qu’il soit le sage et le référent qui arbitrera au sein du Front Uni de l’opposition pour calmer les velléités personnelles.

AFRIK.COM : Certains évoquent la possibilité d’un scénario russe à la Poutine/ Medvedev ou brésilien, à la Lula /Dilma Roussef…

Vital KAMERHE : Nous ne sommes ni en Russie ni au Brésil, où les Présidents que vous citez terminaient leur mandat avec une énorme popularité ! En République démocratique du Congo, avec un taux de croissance de 9%, aussi spectaculaire que durable et installé dans le temps, nous avons encore le taux de pauvreté le plus élevé du monde. C’est insupportable. Et le peuple ne le supporte plus. Donc le candidat qui serait amené par Kabila n’aurait aucune chance d’être élu…

Le peuple congolais ne peut plus accepter que les bénéfices de la croissance soient accaparés entre les mains de quelques individus tandis que la majorité de la population est clochardisée. Le réquisitoire a été délivré par un ancien gouverneur de la Banque centrale congolaise : l’économie congolaise à une double réalité : celle de la croissance et du décollage, et celle de la régression du pouvoir d’achat des masses congolaises. La coexistence de ces deux réalités ne saurait perdurer.

AFRIK.COM : Mais est-ce possible quand les richesses naturelles et géologiques de la République démocratique du Congo sont en réalité exploitées par des pays voisins ? Pensons par exemple au koltan, dont le premier exportateur mondial est le Rwanda, alors que son sous-sol n’en contient pas ?

Vital KAMERHE : Je suis heureux que vous fassiez cette remarque et je ne peux que m’associer à cette interrogation. Je pense que la solution est un modèle de coopération régionale. Les richesses minières peuvent donner lieu à des coopérations transfrontalières, pétrole, gaz, minerais… koltan… Mais cela doit se faire d’abord et avant tout dans le respect de la souveraineté territoriale de chacun, dans le cadre de coopérations ouvertes. Il y en a d’autres encore : une aide régionale au Sud Soudan serait également un acte de solidarité et de stabilisation de l’Afrique Centrale.

La République démocratique du Congo a vocation à être une plaque tournante mais nous devons, avant toute chose, remettre de l’ordre dans notre propre maison. Il n’y a pas de routes correctes entre le Katanga et la province Orientale. Nous manquons encore d’infrastructures de base. Le pays est écartelé et soumis à des logiques centrifuges. Les minerais, quand ils ne sont pas pillés, sont exploités à l’état brut.

Nous pouvons trouver des créneaux d’exploitation partagée avec nos voisins, qui gagneront également à ne plus “prendre” par effraction : il vaut mieux passer par la porte que par la fenêtre. Trop de drames sont artificiellement entretenus pour faciliter ces trafics : tueries, viols, rébellions, déplacements massifs, tragédies humanitaires… Pourtant personne ne gagne durablement à propager la haine et la peur. Pour construire dans la durée le décollage économique de l’Afrique centrale, nous devons nous entendre et partager.

La République Démocratique du Congo adhérente à la Communauté Economique des Pays d’Afrique de l’Est : je n’y vois que des avantages. Quand on définit des intérêts communs, on ne se fait plus la guerre.

AFRIK.COM : Et que pensez-vous de la situation au Burundi ?

Vital KAMERHE : Elle me préoccupe beaucoup. Il y a déjà un problème humanitaire à régler au Congo avec l’afflux de réfugiés qui redoutent les violences. Le Président burundais avait l’occasion de quitter le pouvoir avec les honneurs et de continuer son chemin en sage. Mais son entêtement risque de coûter cher en vies humaines. J’ai envie de lui dire…”Vous n’allez pas régner sur des cadavres…”

 

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11 mai 2015

RDC : Mwenze Kongolo favorable au dialogue mais s’oppose au « glissement »

 

mwenze kongolo

 
Mwenze Kongolo. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Le dialogue national entre l’Opposition et la Majorité présidentielle (MP) doit  aboutir à la tenue d’une table ronde au format réduit pour ne discuter que du  calendrier électoral global. Le président du parti « Patriote kabiliste », Mwenze Kongolo l’a affirmé dimanche 10 mai, au cours d’une conférence de presse organisée à Lubumbashi au Katanga.

 

« Si nous allons parler avec le pouvoir, nous devons parler du calendrier. Tel qu’il est, il n’est pas réaliste. Nous avons fait une contre-proposition et c’est cette contre-proposition que nous voulons discuter. Si elle est mauvaise pour cette population, on verra ce qu’on pourra faire », a affirmé Mwenze Kongolo.

Le chef de l’Etat a récemment envoyé un émissaire notamment dans les états-majors de l’UDPS, MLC et l’UNC, trois grands partis politiques de l’opposition, ainsi qu’au Groupe parlementaire des Libéraux démocrates et socialistes pour discuter sur l’organisation d’un éventuel dialogue national.

Pour l’opposant Mwenze Kongolo, ladite table ronde ne devrait pas être un lieu de partage du pouvoir entre l’opposition et la majorité et devrait surtout éviter tout « glissement » pour le prolongement du mandat de l’actuel chef de l’Etat.

« Un dialogue pour le partage de pouvoir, ça ce n’est pas nous et je le dis au nom de beaucoup de partis politiques de l’opposition. Quand nous sommes en train de circonscrire la table-ronde, c’est pour éviter le glissement », a ajouté Mwenze Kongolo.

Il a proposé que s’il y aura dialogue, il faudrait qu’on limite le nombre de participants.

« C’est pour cela qu’on doit limiter le nombre de participants, on doit limiter le temps, on doit limiter les thèmes et le thème, comme je venais de le dire, c’est le calendrier et le calendrier c’est pour justement arriver aux élections au temps prévu par la constitution. Donc, nous n’allons pas au-delà. Nous sommes allergiques à aller au-delà de ce que la constitution a prévu », a poursuivi Mwenze Kongolo.

radiookapi.net

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10 mai 2015

Burundi : les contestataires refusent de céder au diktat des autorités

Des soldats montent la garde sur la rue principale de Bujumbura le 9 mai 2015.
Des soldats montent la garde sur la rue principale de Bujumbura le 9 mai 2015. © Phil Moore/AFP

Les opposants à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza refusaient dimanche de se plier à l'injonction des autorités qui ont exigé un "arrêt immédiat" de leur "insurrection", et qualifiaient cette sommation de "déclaration de guerre au peuple".

Dans plusieurs quartiers contestataires de la capitale, des manifestants ont renforcé leurs barricades samedi soir à l'issue d'une journée de "trêve", craignant une intervention des forces de sécurité à qui les autorités ont donné 48 heures pour les démanteler. Les opposants réaffirmaient avec fermeté leur refus d'abandonner leur mouvement tant que M. Nkurunziza n'aura pas renoncé à sa candidature, qu'ils jugent contraire à la constitution.

Dans le quartier de Musaga, au sud du centre-ville, des policiers arrivés dimanche dès l'aube ont réussi à dégager la majeure partie des barricades. "Un groupe de policiers s'est déployé à l'aude au pas de course, ils nous ont surpris, certains d'entre nous se préparaient à aller à la messe d'autres dormaient encore", explique à l'AFP Claude, un étudiant de 25 ans. "On ne peut pas résister, mais même s'ils ont déblayé, on remontera les barricades", assure-t-il.

Selon des témoins, il y a eu beaucoup de coups de feu et plusieurs blessés. Un d'entre eux serait décédé à son arrivée à l'hôpital, selon des témoignages recueillis par l'AFP. 

"Les militaires sont venus nous dire que les routes devaient être débloquées et qu'on ne pouvait pas résister à des gens armés de fusils", a expliqué à l'AFP Fabrice, un des leaders du quartier. "Nous avons décidé de laisser faire, mais ça ne veut pas dire que nous n'allons pas assurer notre sécurité, ce soir nous reprendrons nos rondes", a-t-il ajouté.

Le Conseil national de Sécurité (CNS) a exigé samedi que cesse "immédiatement et sans condition aucune, ce mouvement d'insurrection" et ordonné aux forces de l'ordre de "libérer les voies de communication" sous 48 heures, à Bujumbura et dans le reste du pays. "Les mesures du Conseil national de Sécurité, on s'en fout! Que Nkurunziza parte d'abord! Sinon nous allons continuer", a réagi Fiacre, 26 ans, dans le quartier contestataire de Cibitoke, au nord du centre-ville.

Le "Collectif contre un 3e mandat", qui regroupe un millier d'associations de la société civile et les deux centrales syndicales du pays, "considère la déclaration du Conseil national de sécurité (CNS) comme une déclaration de guerre au peuple burundais", a réagi Pacifique Nininahazwe, un de ses dirigeants, passé dans la clandestinité.

"Jusqu'ici, aucun président n'a gagné contre son peuple", a-t-il averti, citant Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Egypte ou encore Blaise Compaoré au Burkina Faso, qui tous ont dû quitter le pouvoir après être restés sourds aux revendications de la rue. "Les manifestations vont continuer jusqu'à ce que Pierre Nkurunziza comprenne qu'il ne pourra pas avoir un troisième mandat, qu'il ne pourra pas violer notre Constitution", a assuré M. Nininahazwe.

Au moins dix-huit personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont débuté le 26 avril, au lendemain de la désignation du président sortant comme candidat de son parti à un nouveau mandat. 

Faisant fi de la contestation, le président Nkurunziza avait été le premier vendredi à déposer son dossier de candidature à la présidentielle du 26 juin au siège de la Commission électorale (Céni). Au total, huit candidats ont été enregistrés par la Céni après l'expiration du délai de dépôt des dossiers samedi soir. Parmi eux, le principal opposant, Agathon Rwasa, chef historique des FNL, la plus ancienne rébellion hutu, qui a réclamé un décalage du calendrier électoral.

La campagne électorale des législatives et communales du 26 mai, qui précédent la présidentielle du 26 juin, a été officiellement ouverte dimanche.

 



Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Burundi | Burundi : les contestataires refusent de céder au diktat des autorités | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique 
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09 mai 2015

L’opposition suspend sa participation aux travaux de l’assemblée nationale

L’opposition suspend sa participation aux travaux de l’assemblée nationale

(KINSHASA)- Les présidents des quatre groupes parlementaires de l’opposition ont signifié au président de l’assemblée nationale la suspension de leur participation aux travaux parlementaires jusqu’à ce qu’une option claire sera levée sur la question d’examen de motions de défiance. Ils ont dénoncé le blocage par la majorité de toute initiative du contrôle parlementaire. Ils considèrent que la mise à l’écart de la motion de défiance visant Evariste Boshab, constitue un précédent fâcheux. Dans leur lettre, les opposants ont dénoncé également la violation du règlement intérieur par le président de l’assemblée nationale, Aubin Minaku qu’ils accusent de jouer le jeu de son camp politique. Samy Badibanga, le président du groupe Udps et alliés s’est dit indigné que la majorité empêche à l’opposition d’aller au bout de la procédure lorsqu’il s’agit de motion de défiance. C’est malheureux ce qu’on connaît à l’assemblée nationale, a-t-il dit. Passant de la parole à l’acte, les opposants ont séché la plénière de ce vendredi consacrée à l’examen de la motion de défiance visant le vice-premier ministre des Pt-Ntic, Thomas Luhaka.

L’absence du porte-parole des signataires à la plénière a fait que la motion de défiance tombe en désuétude. Albert Puela, son auteur ne s’est présenté dans la salle en signe de solidarité avec ses collègues de l’opposition ayant décidé de suspendre leur participation aux travaux.

Pourtant, d’autres élus de l’opposition sont restés dans la salle. Ils ont accusé le groupe ayant quitté la salle de s’être fait corrompre pour fuir les débats. C’est la corruption qui est à la base de cette attitude, a déploré le radical Franck Diongo.

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Crise au Burundi: le président rwandais critique l’attitude de Nkurunziz

Crise au Burundi: le président rwandais critique l’attitude de Nkurunziza

Le président rwandais Paul Kagame a critiqué vendredi l’attitude de son homologue et voisin burundais, Pierre Nkurunziza, qui se présente à un troisième mandat en dépit d’un mouvement de protestation à Bujumbura et des pressions internationales.

« Si vos propres concitoyens vous disent: +nous ne voulons pas que vous fassiez ça ou que vous nous dirigiez+, peut-être sont-ils en train de dire que vous n’avez pas fait assez pour eux », a déclaré M. Kagame, interrogé sur la situation actuelle au Burundi, lors d’un symposium organisé par l’université de Saint-Gall, en Suisse.

« Comment pouvez-vous alors dire: +je reste, que vous vouliez de moi ou non+? C’est un problème très sérieux », a poursuivi M. Kagame, dont les propos, filmés, ont été mis en ligne sur le site YouTube ainsi que sur le compte Twitter de la présidence rwandaise.

Le Burundi traverse une profonde crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a été désigné par son parti le 25 avril pour briguer un nouveau mandat à la tête de ce petit pays qu’il dirige depuis 10 ans. Vendredi, M. Nkurunziza a officialisé sa candidature auprès de la commission électorale du pays.

L’opposition et la société civile manifestent depuis 13 jours contre cette candidature, essentiellement dans la capitale Bujumbura, arguant que la Constitution du Burundi et les accords de paix signés en 2000 pour mettre fin à une longue guerre civile n’autorisent pas un troisième mandat.

Ces manifestations, interdites par le pouvoir et émaillées de heurts parfois violents opposant les contestataires à la police et aux jeunes du parti présidentiel, ont fait 18 morts.

La crise burundaise fera l’objet, mercredi prochain à Dar es Salaam (Tanzanie), d’un sommet spécial de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dont font partie le Rwanda et le Burundi.

 

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Kamerhe : VISITE ÉCLAIRE À PARIS, CHEZ HOLLANDE

 

 Vital Kamerhe a quitté précipitamment, Kinshasa, le mardi 5 mai dernier dans la soirée, pour Paris où il est convié par des autorités Françaises de haut rang afin de discuter de la situation politique qui prévaut au pays avec le dialogue que propose Kabila aux opposants pour se maintenir au pouvoir.

 A Paris, la question sera certainement débattue entre Kamerhe et des autorités Françaises qui veulent avoir une idée sur le dialogue de Kabila.

Dans un autre registre, VK profitera de son séjour en France pour rencontrer des dirigeants Européens avec qui ils échangeront toujours sur la question relative au dialogue.

Kamerhe ne manquera certainement pas de donner la position de son parti, l’UNC qui pose des préalables au régime avant de participer au dialogue. Il y a notamment la libération des détenus politiques, l’enrôlement des nouveaux majeurs, le recadrage du processus électoral. Pour le pacificateur, c’est à ces conditions que pourra être organisé un dialogue inclusif entre Kabila et toute l’opposition. Lequel dialogue, selon lui, qui ne devrait pas violer la Constitution via un glissement avec le partage du pouvoir. D’après un de ses collaborateurs, VK est allé au pays d’Hollande avec un canevas complet sur la situation politique du pays. Sauf imprévu, l’ancien speaker de l’Assemblée nationale regagnera le pays ce vendredi 8 mai. 48 heures après son retour, soit le dimanche 10 mai prochain, VK va s’en voler pour la Grèce pour quelques jours. C’est sûr et certain que le chairman de l’UNC prendra part à la déclaration de l’opposition du dimanche 10 mai, au siège du MLC avant de prendre son vol, le même dimanche dans la soirée.

En outre, pour se ranger en ordre de bataille, Kamerhe et son UNC ont organisé des primaires dans la perspective de 2016. Lesquels primaires ont porté Mwenze Kongolo à la tête de l’AVK-Alliance Vital Kamerhe, une structure qui comprend 80 partis-politiques.

XAVIER PERES

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08 mai 2015

RDC: Gabriel Kyungu menace de trainer Evariste Boshab en justice

 

 

 
Kyungu wa Kumwanza. Radio Okapi/ Ph. John BompengoKyungu wa Kumwanza. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Le  président  de l’Union  nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), Gabriel Kyungu wa Kumwanza, menace d’ester en justice contre le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab Mabudj. Ce cadre de la majorité présidentielle (MP) a exprimé son intention de saisir la justice, jeudi 7 mai, au cours d’un point de presse à Lubumbashi, chef-lieu du Katanga.

Gabriel Kyungu accuse Evariste Boshab d’avoir reconnu l’ancien secrétaire général national  de l’Unafec qui a été récemment exclu de ce parti de la majorité présidentielle. Le président de l’Unafec qualifie cet acte d’illégal et d’anticonstitutionnel.

Il s’étonne également que le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité s’ingère dans la gestion des affaires internes de son parti politique.

«Nous avons de petits problèmes au sein de l’Unafec, fait privé avec ses règlements et ses statuts. Nous ne pensons pas que Monsieur le vice-Premier ministre s’est transformé en gestionnaire des partis politiques installés au pays. Nous ne savons pas depuis quand cela a été institué», a dénoncé Gabriel Kyungu.

Il a assuré que des problèmes internes au sein de l’Unafec n’ont jamais causé de troubles ou de mort d’hommes pour que le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur n’intervienne.

«J’insiste, je  persiste et je signe que moi j’ai confiance en la justice de  notre pays. Et nous ne  pouvons pas nous rendre justice nous-mêmes. Nous avons des cours et tribunaux chez nous, seuls compétents à trancher des conflits qui peuvent surgir dans les formations politiques et non au ministre fut- ce-t-il  du PPRD. Nous sommes un pays des droits», a poursuivi le président de l’Unafec.

Il y a deux semaines, où l’Unafec avait demandé au Premier ministre Matata Ponyo de démettre de ses fonctions, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Bijoux Mushitu Kat, qui représente ce parti au sein du gouvernement.

L’Unafec avait indiqué qu’elle est exclue du parti pour s’être rangée parmi les frondeurs, qui avaient démis le président du parti, Gabriel Kyungu wa  Kumwanza.

Le président de l’Unafec menaçait déjà de saisir la justice si cette requête n’est pas prise en compte.

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