fanfare collège bandayi

Je me trouvais aujourd’hui à Lechenich sur une artère fortement fréquentée en ce jour férié ensoleillé, en train d’observer un courant fluide  de gens un peu pressés qui affluait vers le centre commercial et un autre très espacé qui faisait un mouvement inverse avec des couples, des jeunes gens et des enfants en train de lécher leur crème glacée. Juste à côté de moi, une ruelle débouchait d’un bâtiment commercial abritant des cabinets médicaux, une pharmacie et un home de personnes âgées. Tout à coup, un jeune garcon, 10 ans environ, en sort à pas pressés. « Nicht so schnell, Philipp! » (Pas si vite, Philipp!) lui crie sa mère, une femme d’une quarantaine d’années  qui le suivait à une dizaine de mètres. Lorsqu’elle est arrivée à mon niveau, nous nous sommes souri et j’en ai profité pour lui dire que dans le temps, c’était plutôt le contraire. « Ya richtig » (Oui, c’est exact!) m’a-t-elle répondu tout en continuant sa route vers le centre commercial. Directement, mes pensées sont allées à cette chanson que nous avions apprise, encore enfants, au petit collège Saint Clément de Mwila Mufiedi:

Papa o papa,
Attends-moi. je ne peux pas
Papa si tu vas à grands pas, je ne peux pas
Un pas, c’est un pas
Mais ton pas, je ne l’ai pas
Papa o papa, je ne peux pas!

C’était comme cela que chantait l’enfant en train de suivre péniblement son père qui allait à grands pas, le matin.  Puis vers midi, les deux continuaient côte à côte leur route.  Enfin, vint le soir. Le père, dos voûté par le poid de l’âge, s’en allait tout doucement, courbé sur sa troisième jambe, son bâton. Ne pouvant plus tenir le rythme de son fils, il traînait loin derrière lui. Mais j’ai complètement oublié comment il chantait. Comme bientôt, je serai dans sa situation, je vous prie de me rappeler son couplet. S’il vous plaît!

Kwacila mwana mpasu…

Lumbamba Kanyiki