L’affaire rebondit maintenant alors que les faits remontent au 22 décembre 2017 à Strasbourg. En ce jour-là, une jeune fille de 22 ans, Naomi Musenga, ressent, en fin de matinée, des douleurs intenses au ventre. Eelle téléphone le SAMU pour être secourue. L’opératrice qui recoit son appel se moque d’elle avec ses collègues. Elle appelle plusieurs fois et supplie l’opératrice de faire quelque chose: « Madame, j’ai très mal au ventre; je vais mourir ». L’opératrice refuse carrément de la prendre en charge et l’oriente vers les médecins d’urgence. Elle lui communique même le numéro. Naomi Musenga succombera plus tard de suite d’une hémorragie interne à l’hôpital universitaire de Strasbourg.

Ce qui fait mal dans cette triste affaire, c’est qu’elle rebondit seulement maintenant, presque cinq mois après les faits. Dans la foulée, une enquête administrative a été initiée  seulement aujourd’hui par l’hôpital universitaire de Strasbourg et l’opératrice a été suspendue de ses fonctions « à titre conservatoire ».  La ministre de la santé, qui a été informée, a reconnu plusieurs dysfonctionnements dans cette affaire raciste et a initié sa propre enquête pour en savoir plus. La famille de la victime, elle,  a porté plainte contre le SAMU pour non assistance de personne en danger.

Nous avons peur de voir cette affaire honteuse de racisme se terminer comme la plupart des procès intentés aux Etats-Unis dans lesquels les policiers criminels ont été relaxés par la justice américaine après avoir abattu froidement des jeunes Noirs sans armes.

Lumbamba Kanyiki