madila-et-kambayi-650x276

A la lecture, sur 7sur7, de la réponse du gouverneur du Kasai Central Denis Kambayi au mémorandum des prêtres de l’archidiocèse de Kananga sur la recrudescence de l’insécurité, nous avons l’impression que monsieur Kambayi vit dans une bulle, déconnecté du vécu des Kasaiennes et des Kasaiens. D’après lui, puisque le Kasai Central sort d’une période de conflits suite au décès du chef coutumier Kamuina Nsapu, les prêtres et curés, ceux-là mêmes  qui vivent au quotidien avec la population meurtrie, ne devaient pas dénoncer le climat actuel de recrudescence d’insécurité. A l’entendre, c’est tout à fait normal qu’il y ait encore au sein de la ville de l’insécurité parce que la région sort de la période de conflits. Mais ce dont parlent les prêtres, c’est d’un phénomène nouveau,  les prêtres relaient les cris alarmants de la population qui  dénoncent bien l’existence de « Kashinyi katoke », une camionnette blanche qui enlèvent des jeunes gens au grand jour. Ils dénoncent les enlèvement des paisibles citoyens qui, pour retrouver leur liberté, les familles doivent débourser des sommes importantes alors qu’ils n’ont commis aucun délit.  Ils dénoncent la gâchette facile de ces gens indisciplinés, assoiffés du sang, qui tuent très facilement.

Et qui en sont les auteurs? Des hommes en armes qui emmènent leurs victimes dans des endroits bien déterminés. Ils parlent bien des Rwandais qui ont érigé leur camp avec des tentes et disposent des containers-cachots.  Censés sécuriser la province dans le cadre de leur soi-disante zone opérationnelle, ces gens, au vu de leur mode opératoire,  ont mission non avouée de terroriser les paisibles citoyens, de piller leurs biens,  de les tuer, bref de semer le chaos! Mais dans quel but?

Il est tout à fait inutile de trouver des tireurs des ficelles chez des frères et soeurs qui vivent dans d’autres coins du monde alors que ceux-ci s’inquiètent, á juste titre, de l’avenir de leur province et de la sécurité de leurs membres de famille restés au pays.

Par ailleurs, monsieur Kambayi regrette que les médias aient exploité le mémorandum qui lui était adressé avant que, lui-même, l’ait parcouru. Voilà comment ceux qui nous dirigent fonctionnent:  monsieur le gouverneur reçoit un document important, signé par plusieurs personnes et non des moindres parce qu’il s’agit quand même des prêtres de sa province. Il le classe dans un tiroir quelque part et remet à plus tard son exploitation. Mais plus tard quand, monsieur le gouverneur puisqu’il s’agit des vies humaines?

A quoi peut-on s’attendre après la réponse de monsieur Kambayi? Ce qui est vrai est que, dans sa bulle où il s’est enfermé, monsieur Kambayi comme les autres prétendues autorités politico-administratives savent bien ce qui se passe au Kasai Central. Ce sont des malheureux au service de l’occupant. Ils sont devenus  sourds aux cris de leurs frères et soeurs; ils sont devenus aveugles  à leur sang qui coule au quotidien. Seul comptent, pour eux, les miettes qui tombent de la table de leur « rais ». Et c’est malheureux!

Lumbamba Kanyiki