classe politique congolaise

« Ngando akimi mbula akoti na ebale! » comme disent les Bangala. Le crocodile de Kabila a fui les gouttes de pluie du cardinal Monsengwo Pasinya, archévêque de Kinshasa pour se réfugier dans le fleuve de l’Eglise protestante. Les familles biologique et politique de Kabila avaient choisi l’Eglise du Christ au Congo pour commémorer le dix-septième anniversaire de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila. C’était très mal tombé pour elles puisque cette Eglise était la cible de beaucoup de Congolais qui condamnaient son silence alors qu’ils attendaient qu’elle envoie ses adeptes se joindre aux laics de l’Eglise catholiques pour se battre pour la libération du Congo. Elle a dû donc faire amende honorable.

Le sermon du Révérand pasteur Francois-David Ekofo a tourné autour de trois parties essentielles: l’adresse à la classe politique congolaise, l’avertissement aux voisins qui envient le Congo et veulent sa répartition et un appel au soutien de la communauté internationale.

Adresse à l’intention de la classe politique congolaise

D’entrée de jeu, l’orateur du Jour, le pasteur Francois-David Ekofo, a rappelé aux dirigeants présents dans la cathédrale du centenaire, pleine comme un oeuf, le serment leur laissé par Laurent-Désiré Kabila: « Ne jamais trahir le Congo ».  Poursuivant son sermon, il leur a encore rappelé que les Congolais ont recu un Congo uni et riche. Ils ont donc la mission de le transmettre  tel qui l’est aux générations futures. Illustrant ses propos par une image, il s’est dit préférer toujours dans l’athlétisme la course de relais dans laquelle les athlètes se remettent un passage de témoin jusqu’à l’arrivée. « On choisit toujours le meilleur au départ; car de l’action de celui-ci dépend la victoire finale ». Le tableau qu’il a dépeint ensuite du Congo était de plus sombre: le pays est  compté parmi les plus pauvres de la planète alors qu’il renferme des richesses incommensurables qu’il a même énumérées: le pétrole, le coltan, l’or , le diamant, etc; un Congo qui importe des produits alimentaires alors qu’il a des millions d’hectares des terres arables, « C’est inadmissible » s’est écrié le pasteur Ekofo devant les Kabilistes; un Congo aux dimensions d’un continent mais dont les routes sont impratiquables, un Congo où tout le monde n’est pas égal devant la loi et où les gens ne circulent pas librement. Il ne croit même pas vraiment en l’existence d’un Etat de droit au Congo, car  les lois ne sont ni respectées ni appliquées. « A celui à qui on donne plus, on exigera aussi plus » a dit le pasteur Ekofo, Dieu nous demandera ce que nous aurons fait de toutes les richesses dont il nous a comblés »

Tous les visages qui étaient animés au début du sermon dans la salle sont devenus de marbre. Certains comme Henri Mova, Boshab, Olenga Nkoyi, Ruberwa, Tambwe Mwamba, les têtes retirées dans leurs épaules comme des tortues se sont enfoncés dans leurs sièges, souhaitant même disparaître. Olive Lembe, gênée par des propos inattendus faisait semblant de jouer avec son portable. Ses enfants tournaient leurs têtes dans tous les sens. Les applaudissements nourris au départ lorsque le pasteur a déclaré que le Congo appartient aux Congolais, étaient devenus timides. A la fin, il n’y en avait plus. Toutes les têtes étaient tournées vers le sol comme les tournesols le soir après le coucher du soleil. La Kabilie, honteuse et confuse, a recu une douche froide dont elle se souviendra toujours.

Avertissement aux voisins du Congo

« Nous ne céderons aucun millimètre de notre territoire national » tel était le message adressé par le pasteur Ekofo aux voisins du Congo qui le destabilisent depuis des décennies. Illustrant ses propos par l’exemple d’un petit pays, la Suisse, entouré par les grands mais qui a aussi, à sa manière, prospéré, il a encouragé les petits pays, voisins du Congo à demander à Dieu de les inspirer pour leur prospérité et de ne pas continuer de lorgner le grand Congo. « Nous sommes peut-être faibles aujourd’hui. Une partie de son territoire que le Congo perdrait aujourd’hui sera, à coup sûr, récupérée par nos enfants demain » a-t-il martelé. Ici, il a fallu voir le visage de ruberwa! Très ennuyé, l’homme qui ne jure que par la balkanisation du Congo, toujours affecté au ministère de la décentralisation avec mission de trouver des terres pour les « Banyamilenge », tribus inventée par des esprits cyniques et malvaillants pour balkaniser notre pays, cherchait où poser son regard tant les caméras étaient braquées sur lui!  Zoé s’est incliné et sa soeur Janet a fait semblant de s’occuper de l’enfant qu’elle portait. Mawa trop!

Appel au soutien de la communauté internationale

Le pasteur Ekofo leur a rappelé le cours immuable de l’histoire des civilisations qui ont dominé ce monde. Il y a eu d’abors les Egyptiens, puis les Grecs, les Romains. Aujourd’hui, on parle des Américains, la première puissance du monde. Qui ne dit pas que demain, ce sera aussi l’Afrique? leur a-t-il demandé? Le Congo constitue, avec sa superfucie et sa population, un grand marché pour le futur. Si les riches d’aujourd’hui consentent à aider le Congo « malade » à se relever, ils en tireront des dividendes sûres dans le futur. Il a encore illustré ses propos avec des exemples très pratiques.

Réactions

Les réseaux sociaux ont failli exploser avec des réactions venant de toute part. Plusieurs louent le courage du pasteur Ekofo qui est désormais entré dans l’histoire du Congo comme l’homme qui a savonné la médiocre classe politique congolaise après le cardinal Monsengwo.

Ils sont aussi plusieurs qui préfèrent voir les deux grandes Eglises travailler, la main dans la main, pour chasser les imposteurs qui  sont désormais isolés. La claque recue par la kabilie résonnera pendant plusieurs jours et rétentira comme une victoire du peuple qui se débarrasse petit à petit de la peur.

Lumbamba Kanyiki