faraon

L’Afrique paraît aujourd’hui comme le continent le moins nanti où la misère et le sous-développement ont pris le dessus sur tout. Pourtant, la plus grande richesse culturelle eut pour berceau l’Afrique. Ce constat malheureux a été fait par les participants au symposium international de l’Union des médias francophones, tenu à Kinshasa du 24 au 25 avril 2015.

A l’issue d’une analyse profonde des causes qui freinent le développement africain, les participants au forum de Kinshasa sont tombés unanimement d’accord que l’Afrique est malade de ses propres fils. C’est-à-dire, les détenteurs de l’intelligentsia africaine se sont remis en cause pour emprunter un modèle de développement qu’on leur a fait croire être le meilleur de la planète.

Plusieurs éminences grises, ayant exposé en marge des travaux ont démontré, exemples à l’appui, que les maux dont souffre le continent résident dans le fait que les Africains n’ont plus confiance en eux. Ils ont développé une sorte de remise en cause à la suite des discours démobilisant et démoralisants répétitifs des colonisateurs. Ce qui a fini par créer le doute en eux, en les amenant à copier ou prendre pour modèle ce que l’Occident leur dicte.

Pour le professeur Kä Mana, l’un des orateurs, il est temps que les Africains prennent conscience de ce qu’ils furent et ce qu’ils représentent aujourd’hui, afin de lever l’option d’autodétermination pour changer leur destin.

Avant d’en arriver à cette recommandation, l’orateur a jeté un regard sur l’histoire pour comprendre le pourquoi de tares dont le continent africain souffre à ce jour par rapport à d’autres. Après l’analyse des phénomènes, il est parvenu à conclure que la cause principale demeure le fait que les Africains ont renoncé à leur culture pour copier celle du colon ; oubliant que la culture est un facteur déterminant pour le développement.

Des exemples ont été alignés pour étayer cette affirmation. C’est le cas des peuples juif, nippon ou encore chinois qui ayant compris que le secret de l’émergence réside dans les valeurs culturelles, ont dé- montré aujourd’hui de quoi ils sont capables.

Les Juifs par exemple, le fait qu’on répétait toujours et cela des générations en générations que « vous êtes un peuple élu de Dieu », ont fini, partout où ils se trouvent à travers le monde, par intérioriser cet enseignement et se comporter autrement. Quelle que soit leur origine, la plupart des gagnants dans divers domaines ou concours se révèlent des Juifs, a soutenu le professeur, Kä Mana. Idem pour les peuples japonais et chinois qui, ayant compris la nécessité de puiser dans leurs propres collures, sont aujourd’hui à la pointe du progrès technologique.

A quand la renaissance de peuple africain, descendant direct de Pharaon, ancêtre de la civilisation du monde ? Pourquoi ceux qui étaient venus apprendre chez leur ancêtre Pharaon, ont-ils pris le dessus, alors que c’est lui l’héritier de Pharaon auprès de qui venaient se ressourcer les autres.

A ces questions capitales, l’orateur a répondu en faisant remarquer qu’on ne pourra jamais décoller en nous écartant de notre propre culture. Une culture d’emprunt ou imposée n’impulse jamais le développement. Il n’y a qu’à regarder pour constater que les aides et autres interventions des institutions financières internationales n’apportent rien en termes de développement réel attendu.

Voilà l’essentiel du message du Symposium international de Kinshasa sur le thème « Médias africains et Renaissance africaine », Consacré â la réflexion et au débat sur le rôle et la responsabilité des médias africains dans la renaissance africaine.

Pendant deux jours, des éminences scientifiques et’ des professionnel des médias se sont succédé à la tribune pour démontrer, la nécessité pour l’Africain de s’investir dans la valorisation de ses richesses, culturelles, gage du développement, plutôt que de continuer à suivre à l’aveuglette le modèle occidental. Les violons des, intervenants se sont, accordés pour affirmer qu’aussi’ longtemps que l’Africain (dirigeant; scientifique, journaliste, etc.) ne se sera pas affranchi du dictat de l’Occident, on ne pourra pas prétendre à l’émergence.

Dans la déclaration finale sanctionnant les assises de Kinshasa, les participants ont réaffirmé certains principes débattus et adoptés durant les travaux. Il s’agit, entre autres, de cet appel pathétique lancé aux hommes des médias à se spécialiser davantage, à s’investir pour l’émergence africaine en s’émancipant de l’aliénation occidentale dans laquelle on est longtemps demeuré. Pour ce faire, il faut imprimer la dynamique africaine dans le travail.
Au sujet de ce que nombre d’intervenants, ont qualifié d’aliénation, le professeur Kä Mana a brillé par une multitude de qualificatifs pour l’Africain, à savoir « l’homme africain créé, forgé, formaté par des stations cruelles de l’histoire contemporaine du continent ».

L’orateur n’est pas allé par quatre chemins pour souligner que l’homme africain n’a plus de repères. Il a tout perdu de ses richesses culturelles pour se laisser piloter par l’Occident qui lui ‘dicte tout. De la politique à la culture, en passant par le système de l’enseignement; tout est occidentalisé. Un dangereux modèle qui ne peut pas permettre le’ développement, soutient-il.

De la même manière que l’Occident dicte sa loi en politique, avec parfois des positions ambigües (Combattre des dictateurs là-bas, et en fabriquer ici), le système n’épargne à ce jour aucun domaine de la vie en Afrique.

Face à cela, l’orateur invite ses frères africains à combattre l« imposition » du modèle occidental qui freine le développement du continent afin de continuer à servir le « maître inspirateur». C’est ici qu’il en appelle au nouveau formatage pour le peuple africain qui doit prendre conscience de sa condition et lever l’option dé rompre définitivement d’avec ‘le modèle d’emprunt.

L’Occident a fait des Africains de véritables aliénés acquis à sa cause, soutient-il. Il accuse, sur la même lancée, les églises d’aider à précipiter le peuple dans l’imbécilisation.
Dans le secteur de l’enseignement, il fait remarquer que tous les cours ont d’origine occidentale. Ceux d’origine africaine atteignent à peine 2%.

Face à la situation, il propose la prise de conscience des Africains et l’option de rompre avec l’aliénation qui ne peut jamais promouvoir le développement.

 

Par Dom