29 mars 2015

Félix Tshisekedi : « Le dialogue, ce n’est pas pour gouverner avec Kabila mais pour garantir des élections fiables »

felixTshis

Alors qu’il continue à se déclarer le « président élu » en 2011 et que l’UDPS, son parti, dénie toute légitimité à Kabila et au parlement qu’il considère issus d’une fraude électorale, Etienne Tshisekedi a surpris son monde en appelant au dialogue avec… Joseph Kabila. Hasard malheureux du calendrier, cet appel a été fait alors que la rue était en train de faire plier le pouvoir sur une révision de la loi électorale qui allait permettre indubitablement à Joseph Kabila de s’octroyer une rallonge de son mandat. Faute politique ou juste une bévue stratégique, Afriqu’Échos est allé requérir l’éclairage de Félix Tshisekedi, secrétaire national aux relations extérieures de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Compte-rendu d’une longue interview téléphonique avec notre rédacteur en chef Botowamungu Kalome.

AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : SI on vous retire votre patronyme, qu’est-ce qui ferait encore votre légitimité au sein du parti et en RDC ?

FÉLIX TSHISEKEDI (FT) : Comme ça je serais coupable d’être le fils de mon père ? Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi (Rires). Ça ne serait pas juste, moralement et intellectuellement, de créer un délit de patronyme, un délit de filiation. Oui, je suis le fils de mon père et fier de l’être. Cela a-t-il joué dans mon ascension au sein du parti ? C’est possible, mais j’ai un vécu et un parcours qui plaident pour moi car, par la force des choses, j’ai subi la politique toute mon enfance, toute mon adolescence, toute ma jeunesse. Tout cela m’a aguerri. Souvenez-vous : en 1983, je faisais déjà partie de la suite de mon père lors de sa première relégation, par Mobutu, à Mumpopa, dans le territoire de Kabeya Kamwanga, au Kasaï Oriental. Le combat politique s’est imposé à moi, j’y baigne depuis toujours. Les gens oublient que mon père, ma famille et moi avons subi le régime atroce de Mobutu et le régime des Kabila ne nous a pas ménagés non plus. Vous avez vu comment mon père a été mis dans une prison à ciel ouvert après avoir gagné les élections en 2011 ? Toutes ces épreuves m’ont grandi et les instances du parti ne m’auraient pas confié les relations extérieures si je n’en avais pas l’étoffe.

AEM : ça vous pèse qu’on vous le répète souvent ?

FT : Non, c’est à moi de faire de la pédagogie, c’est à moi de faire mes preuves. Vous savez contrairement à d’autres, mon premier mandat dans les institutions n’a jamais été le fait de prince, ni un cadeau paternel (sourire malicieux)… J’ai été élu député, en faisant campagne tout seul et avec un discours politique qui n’avait fait aucune référence à ma filiation.

AEM : C’était sans doute plus facile pour vous de vous faire élire dans cette circonscription où le nom de votre père a dû quand même peser ?

FT : Il faudra peut-être que je m’excuse de m’appeler Tshisekedi ? (Sourire). Je ne peux non plus m’amuser à dire que ma filiation ne m’apporte rien, mais il faut relativiser les choses. Mais rappelez-vous, alors qu’il n’y avait aucune échéance électorale en vue, j’ai fait la tournée des provinces à la rencontre des Congolais. Quand, au Kasaï des foules en liesse sont venues m’accueillir et m’écouter, certains ont dû souligner que j’étais chez moi avec les miens. Mais, je suis allé ensuite au Katanga prétendument acquis à Joseph Kabila, il y a eu la même mobilisation, le même engouement. Et je vais continuer cette tournée en avril dans les provinces de l’Est. Certains sont arrivés aujourd’hui au plus haut sommet de l’Etat sans avoir organisé la moindre réunion politique, même dans le salon de leur maison… Et ceux-là n’en sont capables qu’en puisant dans les caisses de l’Etat et en achetant des soutiens factices.

« Si nous avions rejeté le 1+4, ce n’est pas pour demander une formule similaire aujourd’hui »

AEM : Votre parti considère toujours Etienne Tshisekedi comme le président élu en 2011, alors que la rue était en train de faire plier la majorité présidentielle sur la révision de la loi électorale, vous appelez au dialogue avec Joseph Kabila ? C’est un peu déroutant…

FT : Si l’UDPS avait rejeté le 1+4, ça ne serait pas pour accepter une formule similaire aujourd’hui avec un pouvoir finissant, impopulaire, fébrile et qui perd son sang-froid à la moindre contestation. Le dialogue que nous appelons ne vise nullement à cogérer le pays avec Kabila, mais uniquement à travailler dans un cadre serein et républicain à la préparation des élections transparentes et fiables. L’organisation des élections ne pourrait être un objectif en soi, le penser serait s’accommoder de tous les dysfonctionnements et tricheries qui ont faussé le résultat en 2011 et en 2006. Il faut arrêter cette spirale néfaste qui fournit des prétextes à des forces négatives qui choisissent les armes mais en se parant des revendications appelant à l’instauration d’une vraie démocratie. Notre parti fait le choix des discussions apaisées maintenant plutôt que de crier au loup après coup.

AEM : Comment pourriez-vous dialoguer avec Kabila si vous ne le reconnaissez pas toujours comme le président élu ?

FT : Nous ne faisons pas de fixation ni sur la personne de Kabila, ni sur cette élection de 2011 même si c’est très douloureux pour nous en tant que démocrates de voir perdurer cet état de faits. Si vous lisez notre feuille de route, vous verrez que nous soulignons que « les élections de 2011 ont eu le mérite de configurer politiquement la classe politique congolaise et de recadrer la ligne de démarcation claire entre ceux qui soutiennent le système en place et leurs alliés, d’un côté, et ceux qui réclament la vérité des urnes, de l’autre. » A partir du moment où nous pensons que la crise politique actuelle tire son origine de ce contentieux électoral, nous préconisons un dialogue entre les tenants du statu quo et nous autres qui prônons le changement.

AEM : Le dialogue pour quel résultat ? Pourquoi ne pas concentrer vos forces plutôt dans la préparation des échéances électorales à venir ?

FT : L’un n’empêche l’autre, les deux doivent justement s’emboîter. Par deux fois, la vérité des urnes a été tronquée. Cette fois nous avons le devoir patriotique et moral de prévenir une nouvelle fraude. Le dialogue que nous appelons de nos vœux vise uniquement à préparer des élections fiables et à instituer de la cohérence et de la logique dans le cycle des prochaines consultations électorales. Il faut retenir également que nous proposons la présence à ce dialogue du représentant du secrétaire général des Nations-unies et chef de Monusco.

AEM : Concrètement, de quoi sera-t-il question ou plutôt quelles seraient les exigences que vous allez présenter à ce dialogue ?

FT : Chaque partie sera représentée par 20 personnes. Dans nos propositions, nous demandons que soient écartés de l’ensemble du processus électoral tous ceux qui étaient mêlés de près ou de loin à la fraude de 2011. Ensuite, nous proposons que l’on commence par l’élection présidentielle couplée avec les législatives. Et pour éviter toute fraude, nous demandons que la CENI soit composée d’une manière paritaire de 6 personnes désignées par chaque camp. Quant aux 9 membres de la cour constitutionnelle, il faudrait qu’ils soient nommés par consensus.

AEM : Le recensement avant les élections aurait peut-être permis d’avoir un fichier électoral fiable…

FT : Il y avait dans ce projet des arrière-pensées pour se maintenir au pouvoir, le peuple l’avait compris et l’avait exprimé avec hardiesse et fermeté. Vous connaissez le résultat…

Par contre, nous souhaitons un audit externe pour analyser le fichier électoral et une révision pour obtenir un fichier électoral inclusif qui tiendrait compte des nouveaux majeurs, des non-inscrits, des Congolais de l’étranger et des doublons. Nous tenons également à la présence obligatoire des témoins dans tous les bureaux de vote et que des copies des procès-verbaux leur soient remises à la fermeture des bureaux. Nous appelons également à la mise en place d’un observatoire pour certifier les résultats, celui-ci serait composé notamment de la Monusco, de l’église catholique, de l’AETA et des ONG actives sur la thématique des élections.

« J’ai le plus grand respect pour les combattants d’Europe »

AEM : Cet appel au dialogue a jeté un trouble chez beaucoup, notamment auprès de ceux qu’on appelle « combattants » en Europe…

FT : Je comprends cette réaction, le mot dialogue est malheureusement associé dans notre pays au partage du gâteau entre politiques supposés opposés entre eux. Nous avons compris qu’il nous faut communiquer, expliquer pour clarifier notre position. Nous leur devons ça, car vous savez l’histoire saura leur être reconnaissante de la détermination qu’ils ont montrée dans la dénonciation des velléités de l’occupation de notre pays et dans leur lutte contre la dictature. J’ai le plus grand respect pour leurs motivations et pour leur combat même s’il faut reconnaître que certains de leurs discours et de leurs actions ont suscité émoi et controverses. Je regrette évidemment les dissensions qui ont traversé ce mouvement car c’est toujours unis qu’on est plus forts.

Je signale également que nous avons déjà commencé la campagne de vulgarisation de la Feuille de route à Kinshasa et nous allons l’intensifier. De même, en ma qualité de secrétaire national chargé des relations extérieures, j’ai entrepris une tournée des diplomates accrédités à Kinshasa pour leur en parler. Je vais continuer cette campagne à l’extérieur auprès des Congolais de l’étranger.

AEM : Certains n’ont pas hésité à parler de la corruption par le pouvoir…

FT : Si l’argent était notre moteur, nous ne serions pas en dehors des institutions. Nous aurions des ministres et des mandataires publics qui auraient permis à notre parti de se constituer un trésor de guerre pour les élections et pour des enrichissements personnels comme beaucoup l’ont fait durant le 1+4. Sur cette question, les faits parlent pour nous et depuis l’époque de Mobutu déjà.

AEM : Vous pensez que Kabila et la majorité présidentielle répondront favorablement à votre demande de dialogue.

FT : Ils n’ont pas le choix car nous exprimons fidèlement, par cette démarche, les aspirations du peuple congolais qui pourrait toujours, s’ils s’entêtaient, les leur exprimer directement comme en janvier dernier.|Propos recueillis par Botowamungu Kalome(AEM)

Source : http://www.afriquechos.ch/?p=6330

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Dix trucs bizarres dans votre corps quand vous dormez

Chère lectrice, cher lecteur,

Tandis que vous dormez, votre corps fait plein de choses bizarres dans votre dos.

Pas de panique : c'est normal.

Mais quand vous aurez lu ceci, vous ne vous coucherez plus comme avant.

1. Vos muscles sont temporairement paralysés

C'est inquiétant mais c'est pourtant bien cela qui se passe : vos muscles sont déconnectés de votre cerveau. Mais c'est une très bonne chose ! C'est ce qui vous empêche de passer à l'acte quand vous êtes en train de rêver.

2. Vos yeux sautillent

Lors de la phase du sommeil dit « paradoxal », qui est la phase où vous rêvez, vos yeux roulent dans tous les sens. Ce phénomène est appelé « mouvement oculaire rapide », ou Rapid Eye Movement (REM) en anglais.

On pense que ces mouvements accompagnent le travail de mémorisation qui s'effectue pendant le sommeil paradoxal, mais les chercheurs ignorent à quoi cela sert au juste. Parfois, les mouvements sont en rapport direct avec le contenu du rêve : si vous rêvez de tennis par exemple, vos yeux iront de droite à gauche comme s'ils suivaient la balle.

Chez les aveugles, ce phénomène n'existe pas : au lieu de bouger les yeux, ils font des bruits et des mouvements du corps.

3. Vous grandissez

Vous ne pourrez pas forcément devenir joueur de basket professionnel en vous réveillant mais c'est un fait, vous grandissez quand vous dormez. Les disques de cartilage qui sont entre vos vertèbres se comportent comme des coussins : ils se réhydratent et gonflent la nuit car le poids de votre corps ne pèse plus sur eux.

Pour maximiser les effets, dormez sur le côté, en position fœtale : c'est la position qui minimise le poids sur votre dos.

4. Votre pression sanguine baisse

Lorsque vous êtes couché, le cœur n'a plus besoin de pomper aussi fort pour renvoyer votre sang de vos orteils jusqu'à votre cerveau. Il ralentit, vos artères se détendent et votre pression sanguine baisse, donnant le temps à votre système cardiovasculaire de se relaxer.

Les personnes souffrant d'hypertension doivent, plus que les autres, veiller à avoir assez de sommeil. Cela réduit leur risque d'accident cardiaque.

5. Sursaut brutal

Lorsque vous vous endormez, il se peut que vous sursautiez brutalement. C'est normal : 70 % des gens connaissent ce phénomène. Ces sursauts peuvent être généralisés ou ne toucher que les jambes, et s'accompagnent souvent d'une sensation de chute, ou de perte d'équilibre, parfois d'un cri.

Dans de rares cas ils sont handicapants, mais la plupart du temps, ils sont tout à fait normaux. Les médecins appellent cela des « myoclonies d'endormissement ».

Par contre, si vous aimez vous blottir dans les bras de votre conjoint pour vous endormir, veillez à vous écarter un peu juste avant de sombrer, pour ne pas vous réveiller mutuellement.

6. Emission de gaz

Les gens n'aiment pas que je parle de ça, mais le fait est que le sphincter se détend la nuit, augmentant le risque que des gaz ne s'échappent.

Heureusement, le sens de l'odorat – et celui surtout de votre conjoint – est fortement réduit pendant le sommeil. C'est ce qui explique aussi pourquoi les alarmes incendie ont été inventées : l'odeur du brûlé a peu de chance de vous réveiller quand vous dormez.

7. Votre peau rajeunit

Avez-vous pris récemment dans vos bras un petit enfant qui se réveille, après avoir fait « le tour du cadran » (dormi 12 heures) ?

La peau de son visage est toute douce, chaude, d'une belle couleur de pêche, bien irriguée.

Lorsque vous dormez, vous êtes en état de jeûne, et votre corps produit de l'hormone de croissance pour commander à vos cellules graisseuses (adipocytes) de relâcher du gras pour servir d'énergie à votre organisme. Mais l'hormone de croissance stimule aussi la production de collagène, une protéine qui forme la trame des os, des vaisseaux sanguins et de la peau.

Une bonne nuit de sommeil a un effet rajeunissant sur la peau, et réduit les rides et ridules. Réciproquement, une mauvaise nuit et plus encore une nuit blanche donnent les traits tirés, vieillis.

Vous savez désormais pourquoi.

8. Votre température baisse

Juste avant de vous endormir, la température de votre corps diminue, déclenchant la production de mélatonine, l'hormone du sommeil qui règle votre horloge biologique (cycle circadien).

Votre température est au plus bas vers 2 h 30 du matin. C'est en général à cette heure-là que vous essayez de voler un peu de couverture à votre conjoint.

9. Excitation sexuelle

Les hommes comme les femmes connaissent des épisodes d'excitation sexuelle durant les phases de sommeil paradoxal, et cela n'a rien à voir avec les rêves évocateurs.

Le cerveau est plus actif pendant cette phase qui est celle où il rêve, ce qui augmente le besoin en oxygène et donc le flux sanguin dans le cerveau, mais aussi dans le reste du corps.

Ce qui provoque des gonflements intempestifs.

10. Quel type de dormeur êtes-vous ?

Il y a les « couche-tôt » et les « lève-tard ».

Il y a ceux qui sont toujours en forme malgré des nuits courtes, et ceux qui sont toujours fatigués malgré des nuits longues.

Au fond, il n'y a que cette dernière catégorie qui pose problème. Si vous dormez mal et que vous êtes fatigué la journée, c'est certes dommage, mais ce n'est pas très étonnant.

Nous avons souvent donné des conseils pour améliorer le sommeil de façon naturelle si vous souffrez d'insomnie. Vous pouvez les retrouver ici.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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26 mars 2015

Le Lion et le Rat

Le Lion dormait paisiblement dans sa tanière par un après-midi ensoleillé. Quelques instants plus tard, le Rat, qui était à la recherche de la nourriture, s’introduisit comme par hasard chez le Lion et le frôla. Ce dernier se réveilla aussitôt et attrapa le Rat.

-          Qu’est-ce que tu cherches ici, chez moi, pauvre petit imprudent ? Voilà, je vais maintenant te corriger pour ton audace. En effet, le Lion voulait tuer le pauvre Rat pour le manger. Mais celui-ci s’écria de sa petite voix aiguë :

-          Maître, je te demande pardon ; aie pitié de moi et laisse-moi vivre ! Le jour où tu seras en danger, je pourrai aussi te venir en aide.

Le Lion rit aux éclats. Il se demandait, en effet, comment une aussi petite bête pouvait lui sauver la vie, lui, grand Lion tout puissant ! Mais pris de pitié, il laissa, tout de même, partir le pauvre Rat.

Dix mois plus tard, le Rat se promenait comme d’habitude dans la forêt à la recherche de la nourriture. Il entendit aussitôt les rugissements venant non loin de l’endroit où il se trouvait. Curieux, il voulut en avoir le cœur net. Et voilà, il tomba sur le Lion pris au filet d’un chasseur. Il s'était débattu pour se libérer, mais n’y était pas parvenu.

Alors, le Rat contempla le grand Seigneur Lion enroulé dans le filet du chasseur. Sans dire un mot, il coupa de ses petites dents pointues les mailles du filet et put libérer ainsi le Lion.

Moralité : On a toujours besoin d’un plus petit que soi.

Ceci est un conte traduit du latin et raconté par Lumbamba Kanyiki.

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Un notable de Ngandajika écrit à Joseph Kabila

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Fustigeant le rattachement de ce territoire à la future province de Lomami à travers une pétition déposée au parlement

Le nouveau découpage de la RDC en 26 provinces soulève aussi des vagues de protestations au Kasaï Oriental suite au rattachement de Ngandajika et Mwene-Ditu à la future province de Lomami, alors que les deux territoires ont toujours été administrativement, culturellement, et sur le plan linguistique attaché à la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental.

Face à cette situation, M. Mulundu Kabeya Kamwena, notable de Ngandajika et initiateur d’une pétition introduite depuis longtemps au parlement et signée par 100.000 personnes, a décidé d’écrire au chef de l’Etat.

Dans une lettre ouverte datée du 21 mars 2015 adressée à Joseph Kabila, Mulundu Kabeya rappelle à celui-ci l’existence de cette pétition introduite conformément à l’article 218 de la constitution.

Tout en rappelant que le territoire de Ngandajika a toujours appartenu à l’ancienne province du Sud-Kasaï depuis 1960, et que le fait de le rattacher à la nouvelle province de Lomami sans que le parlement examine la pétition introduite à ce sujet serait une violation de la constitution.

Mulundu Kabeya sollicite dans sa lettre l’implication du chef de l’Etat, afin que  » les droits des Baluba, peuple pacifique et respectueux des lois du pays, ne soient pas arrachés injustement « .

Ce notable propose enfin trois pistes au Président de la République en sa qualité de Garant de la Nation.

Il s’agit soit d’amener le parlement à examiner la pétition et de rattacher le territoire de Ngandajika à la province du Kasaï Oriental, soit de surseoir à l’applicabilité de ces limites litigieuses entre le Kasaï Oriental et le Lomami, soit encore de consulter par voie référendaire les Baluba à ce sujet.

Ci-dessous l’intégralité de cette correspondance.

Expéditeur: Mulundu Kabeya Kamwena

Kinshasa, le 21/03/2015

Monsieur le Président de la République à Kinshasa

Monsieur le Président,

Vu que je n’ai pas la possibilité de vous contacter physiquement à cause de vos multiples et lourdes charges de traiter les dossiers concernant la vie de la nation, j’ai jugé bon de m’adresser à vous par cette voie de presse.

Le problème qui me pousse à vous écrire par ce biais est celui de la fixation des limites de 25 provinces, notamment de la province actuelle du Kasaï Oriental à laquelle j’appartiens.

Ces limites telles qu’elles sont fixées par le parlement ne correspondent pas à la réalité socio-économique de ma province.

Depuis l’accession de notre pays à son indépendance en 1960, la province de Baluba du Kasaï Oriental, province anciennement appelée  » Sud-Kasaï  » avait les 3 grandes régions Tshilenge, Ngandajika et Mwene-Ditu.

Vu le danger qui planait sur nos têtes, nous avons déposé notre pétition contenant les signatures de 100.000 personnes au parlement National (ASSN et SENAT), qui suivant ce que l’art 218 de la constitution exige de déposer la pétition contenant 100.000 signatures des personnes au parlement.

C’est en respectant cette disposition constitutionnelle que nous avons déposé notre pétition contenant plus de 100.000 signatures des personnes auprès de ce pouvoir législatif national pour demander que le territoire de Ngandajika soit attaché à notre future province du Kasaï Oriental parce qu’en 1960 il appartenait à notre ancienne province appelée le Sud-Kasaï.

En outre, je vous informe, Monsieur le Président de la République, que la province de Lomami avait ses régions que voici : Kabinda et Lubao et jamais au delà.

Notre pétition à ce sujet fut déposée à l’époque où Monsieur Boshab fut Président de l’Assemblée Nationale.

Nous les Baluba du Kasaï Oriental nous nous apercevrons que ce parlement n’a pas tenu compte de notre pétition, et cela, Monsieur le Président, nous ne pouvons pas l’accepter.

Monsieur le Président de la République, quand vous jetez un coup d’œil sur la carte comprenant les 25 provinces, vous aurez la peine de voir cette province très minuscule du Kasaï-Oriental réservée au peuple Luba.

Monsieur le Président, tant que cette pétition n’est pas respectée par le Parlement et tant que le territoire de Ngandajika n’est pas rattaché à notre province, nous continuerons toujours à le réclamer.

Monsieur le Président, le principe selon lequel chaque district se transforme automatiquement en province n’est pas constitutionnel et n’est pas prévu par l’article 2 qui a crée ces 25 provinces.

Cet article annonce simplement la création de 25 entités provinciales.

La preuve en est que la province du Bas-Congo qui a à son sein les districts : districts de la Lukaya, du Bas-Fleuve et des Cataractes n’a pas été démembrée en trois(3) provinces.

La constitution a maintenu son unité géographique. C’est pour montrer que cette disposition de la constitution n’a pas stipulé expressément que chaque district devient automatiquement une province, elle a tout simplement créé les 25 provinces sans faire référence aux districts.

Monsieur le Président, j’aimerai que ce Parlement vous dise pourquoi il n’a pas démembré la province du Bas-Congo en 3 provinces, chaque district devenant automatiquement une province ?

Nous les Baluba, nous sommes un peuple pacifique et nous voulons respecter les lois de notre pays, mais nous refusons que nos droits nous soient arrachés injustement.

Vu que ce Parlement a failli à sa mission de respecter l’article 218 de la constitution, nous recourons à vous, Monsieur le Président de la République, pour solutionner ce problème. En votre qualité de Président de la République vous avez la possibilité d’envisager les 3 pistes de solutions que voici :

¢ Soit ordonner à ce Parlement d’examiner notre pétition et de rattacher ce territoire de Ngandajika à la province du Kasaï Oriental

¢ Soit sursoir à l’applicabilité de ces limites litigieuses entre la province du Kasaï Oriental et la Province de Lomami

¢ Soit consulter par voie de référendum les Baluba pour connaitre leur opinion sur ce cas précis.

En vous adressant cette missive, je suis sûr qu’en votre qualité de Garant de la paix et de l’équité entre toutes les provinces, vous examinerez cette question avec tout le sérieux voulu pour que le droit du peuple Luba du Kasaï Oriental qui est aussi votre peuple soit respecté en rattachant son territoire de Ngandajika dans son giron naturel qui est la province du Kasaï Oriental et que la province de Lomami garde des régions de Kabinda et Lubao comme ce fut le cas en 1960.

Sur ce, je vous prie, Monsieur le Président de la République, d’agréer l’expression de mon profond respect.

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25 mars 2015

Les Américains réclament leurs enfants adoptés en RD Congo

Les Américains réclament leurs enfants adoptés en RD Congo

C’est peut-être un autre front que les USA veulent ouvrir contre les autorités congolaises. A la ligne de mire, la Sous Secrétaire d’Etat américain en charge des Questions Consulaires, Michelle Bond, en séjour depuis quelques jours en RD Congo. L’émissaire de Barack Obama vient pour une question d’emblée sociale mais ayant une forte implication politique. “ Je suis venue ici pour les centaines d’enfants congolais adoptés par des familles, américaines “, a déclaré Michelle Bond à la presse au sortir d’une audience lui accordée par le président de Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko.

Question hyper délicate
Au cours de son entretien hier vendredi 2,0 mars 2015 avec le patron de la chambre basse du parlement congolais, la sous secrétaire d’Etat Américain en charge des affaires consulaires, Michelle Bond, accompagné par l’Ambassadeur des USA en RDC dit avoir parlé de la situation de enfants congolais adoptés par des parents américains mais toujours bloqués en RDC sur décision du gouvernement congolais. Elle a précisé en outre que la plupart de parents adoptifs ont terminé la procédure légale et disposent des documents d’adoption. Cependant, l’adoption des enfants a été suspendue en RDC par un moratoire du Gouvernement.

Par cette mesure, les autorités congolaises ont voulu protéger nos enfants contre certaines pratiques devenues récurrentes dans les pays d’adoption. Il a été rapporté par certains médias internationaux que certains réseaux de trafic d’enfants africains opèrent sous le mode d’adoption mais soumettent par la suite ces derniers aux pratiques contre nature (pédophilie, zoophilie…).

Réagissant à cette préoccupation soulevée par la presse congolaise, l’émissaire de l’administration américaine a souligné que les enfants adoptifs sont protégés tant par la loi congolaise, que par la loi américaine. “ Puisqu’ils sont encore très’ jeunes, ces enfants devront quitter la République Démocratique d Congo accompagnés de leurs parents adoptifs “, a fait savoir Madame Michelle Bond.

Quid des parents gays!

A la question de savoir quand est ce que ces enfants rejoindront leurs nouvelles familles adoptives aux USA, la diplomatie dit l’ignorer. Tout ce qu’elle sait est que les familles d’adoption ont rempli toutes leurs formalités procédurales en matière d’adoption. Mais quand ces enfants vont quitter la RDC pour les USA. La question reste posée.

Signalons qu’avant les Américains, les officiels belges venus.au début du mois de mars courant ont aussi formulé la même demande en faveur de leurs concitoyens ayant adopté des enfants en RDC. Eux, s’ont allés loin en soulignant que ces enfants ne sont plus congolais dès lors que leurs parents adoptifs ont rempli la procédure légale.” li s’agit des enfants mineurs pour la plupart qui vivent loin de leurs familles “, a indiqué un officiel belge après un entretien avec le président de l’Assemblée nationale.

Il reste à savoir si les USA comme les Européens obtiendront gain de cause au moment où les autorités congolaises semblent jalouses de l’avenir de la RDC.
Certains analystes estiment que l’équation reste difficile même au niveau du parlement d’autant plus que certaines familles d’adoption, sont constituées des couples gays. La loi congolaise n’autorisant pas le mariage homosexuel, comment le gouvernement pourrait-il laisser les enfants congolais aux mains des personae non gratta ? C’est toute la question.

Par Martinez Ngyaluka

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16 mars 2015

Des leaders de Y’en a marre et du Balai citoyen arrêtés à Kinshasa

 

conférence de presse filimbi

Trois leaders des mouvements sénégalais Y’en a marre et burkinabè Balai citoyen ont été interpellés dimanche 15 mars à Kinshasa. Selon un communiqué de Filimbi, le mouvement d’action civique de jeunes congolais qui avait invité ces activistes sénégalais et burkinabé pour animer un séminaire sur l’engagement civique des jeunes, une trentaine d’autres personnes ont aussi été interpellées. Le porte-parole du gouvernement affirme qu’il leur est reproché de faire la promotion de la violence. Il annonce également qu’un diplomate américain arrêté avec le groupe a été relâché le même dimanche.

A en croire le secrétaire exécutif de la Ligue des électeurs, Me Sylvain Lumu, les leaders de Y’en a marre et du Balai citoyen étaient venus en RDC dans le cadre d’échanges d’expérience avec les jeunes congolais sur la participation au processus électoral.

« Vous savez le rôle combien important ces organisations ont joué pendant les élections au Sénégal et aussi pendant le processus qui a conduit à l’abdication du président Compaoré au Burkina Faso. Dans le cadre des échanges des expériences, nous avons été au Sénégal pour travailler avec ces collègues. Et eux, après toutes ces expériences ils étaient au Togo, au Mali, au Cameroun. C’est dans le même contexte qu’ils étaient ici à Kinshasa pour échanger avec la jeunesse congolaise sur comment améliorer son environnement, comment participer au processus démocratique dans son pays », explique Me Sylvain Lumu.

Le secrétaire exécutif de la Ligue des électeurs précise que la rencontre avec les jeunes congolais se tenaient dans la commune de Masina, dans l’Est de la capitale, dans une salle de spectacle.

« Ils se sont retrouvés à Masina derrière l’Hôtel Apocalypse dans une salle de spectacle où ils tenaient un atelier d’échange d’expérience avec les autres rappeurs de Kinshasa. Et ils ont été enlevés par les agents non autrement identifiés des services de sécurité avec une Jeep blanche et les ont emmenés à un endroit inconnu », affirme-t-il.

« Des preuves ont été accumulées »

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, indique qu’il est reproché aux leaders de Y’en a marre et du Balai citoyen de promouvoir la violence en assurant une formation des jeunes congolais à l’usage des instruments de violence.

« Pour les Sénégalais et le Bukinabé, il y a des problèmes de sécurité assez importants parce qu’ils semblent que c’est des gens qui sont venus, sous le couvert d’activités généralement quelconques, faire de la politique active en RDC. Mais surtout promouvoir la violence en assurant une sorte de formation, une sorte de coaching de certains groupes de jeunes proches d’une certaine opposition à l’usage des instruments de violence contre d’autres groupes ou contre des institutions de la République », indique Lambert Mende.

Selon le porte-parole du gouvernement, des preuves ont été accumulées contre eux depuis le vendredi 13 mars.

« Le dimanche n’a été en fait que le point culminant de la surveillance dont ils étaient l’objet depuis leur arrivée dans le pays », fait-il savoir.

Il annonce également que les personnes arrêtées vont comparaître devant la police judiciaire avant d’être présentées à la justice « très rapidement ».

Sur sa page Facebook, l’ambassade des Etats-Unis en RDC indique avoir sponsorisé en partie cet événement. La conférence de presse tenue par les dirigeants de Y’en a marre et du Balai citoyen devait être suivi d’un concert.

« Cet événement, sponsorisé en partie par le gouvernement des Etats-Unis, est l’une des diverses activités que le gouvernement américain soutient et auxquelles prennent part les jeunes et la société civile, dans le cadre de notre engagement global visant à encourager la prise en compte d’un large éventail d’opinions », indique l’ambassade américaine.

Le mouvement Y’en a marre a contribué à mettre fin aux ambitions d’Abdoulaye Wade qui voulait briguer un troisième mandat présidentiel au Sénégal. Le Balai citoyen a été au centre des événements qui ont conduit à la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso.​

radiookapi.net

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14 mars 2015

Communiqué: Mamu Bitota Wamba Nyembwe n’est plus

mamu Bitota

Mamu Bitota Wamba Nyembwe a quitté la terre des hommes le lundi, 09 mars 2015 à Cologne. Le deuil se tient chez monsieur Kalonji Kalo Carlos sur Grasnechenweg 19, 50765 Köln (Cologne).

Le corps de la défunte sera exposé le jeudi 19 mars de 15 heures à 17 heures à Ahlbachbestattung sur Venloerstr. 685, 50827 Köln.

L’enterrement aura lieu le vendredi 20 mars à 11 heures au cimetière de Cologne-Bücklemund  (West-Friedhof).

Contacts:

0152/16895114
0157/2053017
0173/4005412

Kasai Direct

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08 mars 2015

Martin Fayulu face à la diaspora congolaise d’Allemagne

Martin Fayulu

Martin Fayulu, député national et président de l’Ecidé (Engagement pour la Citoyenneté et le Développement) était ce samedi, 07 mars 2015 à Cologne pour s’entretenir avec la diaspora congolaise de cette partie d’Allemagne sur la situation politique de la République Démocratique du Congo.

Dans son mot d’introduction, il a expliqué à l’assistance qu’il voulait juste rencontrer la diaspora et dire aux Congolais que le Congo est une affaire de toutes et de tous. Le développement du Congo dépend de toutes les filles et de tous les fils du Congo. Il a remercié la diaspora pour le travail abattu dans la sensibilisation de la communauté internationale sur les problèmes de la RDC et pour l’apport financier de cette diaspora dans le soutien des familles restées au pays. Il attend encore de cette diaspora des idées concrètes nécessaires  pour chasser kabila du pouvoir. Car, a-t-il reconnu, “notre problème pour nous Congolais, c’est Kabila”.

Dans le jeu de questions-réponses qui a suivi, plusieurs thèmes ont été abordés pêle-mêle. Nous retiendrons principalement son voyage  aux Etats-Unis, les élections de 2016,  l’unité de l’opposition,  la libération des prisonniers politiques et les événements de janvier 2015.

De son voyage aux Etats-Unis

Les intervenants voulaient savoir ce que monsieur Fayulu était parti faire au pays d’Obama. Serait-ce pour aller rendre compte sur les derniers événements qui se sont déroulés en RDC ou pour aller chercher le pouvoir? Monsieur Fayulu leur a confirmé qu’il y était allé répondre à une invitation du Sénat et du Congrès américains qui organisent chaque année des petits-déjeuners des prières pour tous les chrétiens.

Des élections présidentielles de 2016

Plusieurs questions ont été posées en rapport avec les élections de 2016. Y aura-t-il un candidat unique? Si oui quels sont les critères exigés d’un candidat unique de l’opposition? Est-ce que monsieur Fayulu sera candidat à l’élection présidentielle de 2016? Pourquoi aller aux élections organisées par Malu-Malu considéré comme conseiller de Kabila? Sans langue de bois, monsieur Fayulu a répondu à toutes ces questions.  Selon lui, les membres de l’opposition acquis au changement ont signé un contrat de confiance. Ils se sont assigné, à travers ce contrat de confiance, certains objectifs à atteindre. Le moment venu, ils feront connaître à la population s’il y aura un candidat unique ou pas. Il a donc invité l’assistance à la patience. A propos du candidat unique de l’opposition, il a avancé quelques critères: le futur candidat devra d’abord être accepté par le peuple. Il devra jouir d’une bonne  intégrité morale, il devra montrer son parcours politique, etc. “Certains autres critères, c’est vous le peuple qui devrez nous les donner”, a conclu monsieur Fayulu. Toujours selon Martin Fayulu, les opposants n’iront pas aux élections dans les conditions actuelles déterminées par Malu-Malu. Ils sont en train de travailler dessus pour obtenir un calendrier consensuel tenant compte des réalités sur terrain. Car soutient-il, la CENI a surchargé le calendrier électoral sur le plan budgétaire et sur le plan opérationnel pour obtenir le glissement tant décrié par l’opposition. Il faudra donc rester vigilant.

De l’unité de l’opposition

Plutôt qu’une question, c’est un souhait exprimé par beaucoup: L’unité de l’opposition pour parler un même langage et élaborer un programme commun et unique en vue de l’alternance voulue par tous. Monsieur Fayulu s’est dit prêt à s’effacer en toute humilité pour un autre candidat, s’il le faut. Il souhaite  l’unité non seulement de l’opposition mais aussi de la diaspora tout entière pour faire bloc contre Kabila.

Des prisonniers politiques

Le Président de l’association africaine de Cologne et des environs, le docteur Denis kapuku Mukuna, quant à lui, a voulu connaître les actions que l’opposition a entreprises pour la libération des prisonniers politiques Diomi Ndongala, Ewanga, Muyambo et Ngoyi. Monsieur Fayulu a expliqué comment il se bat personnellement au quotidien pour leur libération. Mais la volonté de la diaspora est de voir toute l’opposition se mobiliser pour leur libération immédiate.

Des événements du 19, 20 et 21 janvier 2015

La remarque est venue de Jules Makofo de l’UDPS. Il ne comprend pas comment les membres de l’opposition ayant initié la manifestation du 19 janvier avaient abandonné les manifestants seuls contre les forces de l’ordre de kabila et pourquoi ils n’avaient pas suspendu leur participation aux séances de l’Assemblée Nationale afin d’exiger la libération des manifestants arrêtés lors de ce soulèvement populaire.

La rencontre commencée vers 17 heures 30 s’est terminée vers 20 heures 30. Nous déplorons la modération qui n’a pas exactement joué son rôle. Pour quelques dizaines de participants présents dans la salle, le modérateur distribuait la parole selon les visages des gens. Certains gardaient la parole plus longtemps que prévu sans le moindre rappel à l’ordre. Ce qui fait que nous ne pouvions pas poser les questions que nous avions pourtant préparées à l’intention de monsieur Fayulu. C’est dommage!

Voici quelques photos de la rencontre:

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Lumbamba Kanyiki

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02 mars 2015

NOTES DE LECTURE : VOUS AVEZ DIT BALKANISATION ?

La République démocratique du Congo, autrefois connue sous l’appellation République du Zaïre, a disparu en 2060. (…) Après avoir soutenu l’annexion du Kivu, la communauté internationale encouragea l’inclusion du district de Kwango et la province du Bas-Congo dans la République d’Angola. Un mois plus tard, le Katanga proclama son indépendance, suivi de la province de l’Equateur qui prit le nom de la République de Dongo élargie aux districts de Maï-Ndombe et de Kwilu. Le sort de la ville de Kinshasa fut réglé par les Accords de Pointe-Noire entre l’Angola et la République du Congo qui confièrent l’ancienne capitale de la République démocratique du Congo aux descendants du royaume des Bateke. Ceux-ci érigèrent la République de Malebo et entreprirent de lutter contre les érosions qui avaient déjà emporté les trois quarts de la superficie de la vieille capitale. La province du Maniema devint le Royaume de Kambelembele, la province Orientale amputée de sa partie septentrionale devint la République de Makiso. Le Grand Kasaï se constitua en un Etat souverain sous l’appellation de la République du Kasaï Uni….

José Tshisungu wa Tshisungu, l’auteur de ces lignes, n’est ni un illuminé ni un bouffon. C’est un éminent intellectuel congolais, écrivain talentueux, prolifique et polyvalent1, longtemps enseignant à l’Université de Lubumbashi et qui s’est expatrié dans les années 90 au Canada, où il poursuit sa brillante carrière d’universitaire.
Son essai, Les Kasaïens et le démembrement du Congo2, tente de décrire et d’expliquer le destin exemplaire de la mosaïque ethnique du Kasaï, l’évolution de la conscience politique, les errances des élites, l’investissement du peuple dans une citoyenneté douteuse et l’émigration vers des terres lointaines et hostiles. Recourant à la science-fiction, l’auteur veut tenir le taureau par ses cornes et aborder, sans tabou ni fioritures, la sulfureuse question de la balkanisation du pays. Le propos paraîtra, à certains, provocateur, voire iconoclaste, à d’autres, rabâchant dans la mesure où l’auteur ne fait que nous assener des vérités que nous feignons d’ignorer depuis longtemps. Il note en effet que « l’autisme politique gangrenait les appareils idéologiques d’Etat à tel point qu’aucune réflexion lumineuse n’atteignait sa cible ».

Restons donc dans la fiction telle que la développe l’auteur pour essayer de comprendre comment on en est arrivé là. Des erreurs politiques monumentales, des choix malheureux ou des mauvaises décisions ont été prises dans la gestion des affaires publiques, illustration du manque d’anticipation et de stratégie alternative qui ont été à la base de l’absence d’antidote à la crise qui a fini par emporter et démembrer le pays. Pourtant, des signes avant-coureurs se sont accumulés dans le ciel congolais, et dont la lecture lucide aurait pu susciter un sursaut national et ou éviter en tous les cas l’irréparable. Et l’auteur d’égrener le phénomène de dérèglement climatique et ses multiples conséquences sur le plan environnemental ; le classement du pays en zone de maladies dangereuses dont l’accès fut en 2038 déconseillé aux étrangers ; la mutation virale de l’anophèle, responsable du paludisme et de la filariose, apparue en 2055 et qui va s’avérer l’une des principales causes de la morbidité au Congo ; etc.

1 Auteur, entre autres, de Semences, Lubumbashi, Editions du Soupirail, 1982 ; Discours sur l’universalité de la francophonie, Paris, Editions de l’ACCT, 1987 ; Le croissant des larmes, Paris, L’Harmattan, 1989.
2 Sudbury-Toronto, Editions Glopro, 2010, pp. 101-113.
Sur ces entrefaites arrive le démembrement. Il n’a pas été, nous révèle l’auteur, « le fait d’un referendum populaire [mais] le point d’achèvement d’une situation déjà à l’oeuvre depuis de nombreuses années. L’urgence de démembrer le Congo reposait sur quelques convictions de la communauté internationale qui voulait accéder au sol et sous-sol du pays sans entrave, comme prévu à la Conférence de Berlin (1885) créant l’Etat indépendant du Congo ».

Alors que la communauté congolaise recherchait un Etat normal, viable, un Etat partenaire responsable, c’est plutôt un Etat presque failli, fantôme, qui se dressait devant elle : « Ce qui tenait lieu d’Etat congolais n’était pas capable de contrôler les frontières et d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Par ailleurs, durant cent ans, les élites avaient démontré leur incapacité à servir l’intérêt général. En outre, la culture politique des Congolais était peu portée à se préoccuper de l’avenir collectif ».
La culture politique congolaise, parlons-en ! On connaît bien l’adage : Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. En fait, la messe noire ou plutôt l’oraison funèbre était déjà dite depuis longtemps, « dans la mesure, nous apprend le nécrologue, où l’Occident et la Chine avaient besoin de matières premières [et qu’il devenait] un devoir moral pour eux d’organiser l’exploitation de richesses en se passant de la souveraineté du Congo, en arguant qu’après tout, ces ressources naturelles étaient le bien commun de l’humanité [ et qu’] il eût été irresponsable de les laisser entre les mains d’un peuple peu conscient de cela »

La balkanisation consommée, les croisés de communauté internationale, jouant à la fois au pyromane et au pompier, se fendirent en protestations et en condamnations, avant de changer radicalement de discours peu de temps après. Le démembrement du Congo était désormais vanté comme remède ayant permis « de rapprocher les gouvernés des gouvernants, de rendre transparente la gestion et d’impulser le développement durable ».

La chronique s’achève par un gros plan sur la République du Kasaï Uni, avec ses cinq provinces : Kabinda, Sankuru, Lubilandji, Luluwa et Cikapa. On apprend que cette entité est née à la suite de l’échec des négociations pour le rattachement au Katanga et à l’Angola. L’indépendance fut proclamée à l’issue d’un conclave de neuf jours, tenu au Lac Mukamba et réunissant les représentants de toutes les ethnies du Kasaï et une trentaine de membres de la Diaspora.
Je rappelle que ce texte date de … 2010 et que toute ressemblance avec des évènements réels ou annoncés est, selon la formule consacrée, purement fortuite.

Charles Djungu-Simba K.
Journaliste & Ecrivain

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APPEL À COMMUNICATION COLLOQUE : MABIKA KALANDA ET LE XXIe SIÈCLE CONGOLAIS

CRNV, Montréal (Canada), Samedi 30 mai 2015
Il y a un demi-siècle, Mabika Kalanda terminait la rédaction d’un livre ambitieux, lucide et critique sur le Congo et les Congolais. Il y proposait une méthode radicale, celle de la remise en question de certains aspects de la double culture ancestrale et coloniale, pour que la décolonisation du pays fût totale. Plusieurs générations d’intellectuels se sont appuyés sur ses idées pour mener des recherches en sciences sociales et humaines ou rédiger des travaux universitaires. Il s’agit d’un maître à penser dont il faut relire l’extraordinaire contribution à la pensée africaine en ces temps de désarroi.
À l’occasion du cinquantenaire de la conception de La Remise en question, la revue Vents croisées et les Éditions Glopro organisent un colloque sur Mabika Kalanda et le XXIe siècle congolais. À partir d’une lecture individuelle du livre de ce penseur, le colloque aura pour objet d’analyser d’abord les thèses de l’auteur à la lumière des enjeux du XXIe siècle, de mesurer leur impact et leur actualité; et, ensuite, d’indiquer les pistes d’une nouvelle culture politique pour le Congo.
Les propositions de communication pourront se décliner suivant les thèmes ci-dessous :
1. La conscience nationale et la crise de l’État-nation;
2. Les élites et la personnalité congolaise;
3. La philosophie de la décolonisation, du néocolonialisme et de la coopération internationale;
4. La formation de la jeunesse;
5. Le messianisme religieux;
6. L’économie du développement.
Le résumé de la proposition de communication d’environ 280 mots, accompagné d’un titre et d’une courte biobibliographie (cinq lignes), devra être adressé au plus tard le 30 mars 2015 aux deux adresses suivantes : josetshis@total.net et katchelsk@yahoo.fr
Pour la documentation, écrire à mbikay2008@gmail.com
1 La Remise en question, base de la décolonisation mentale, Bruxelles, Remarques africaines, 1967, 205 p. L’ouvrage a paru deux ans après la réception du manuscrit par l’éditeur.
2 Les organisateurs s’attendent à ce que les intervenants aient lu La Remise en question, base de la décolonisation mentale.

José Tshisungu wa Tshisungu

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