Dépistage volontaire des prisonniers de la prison centrale de Makala par l’Onusida le 29/05/2014 à Kinshasa, lors de la célébration de la journée internationale des casques bleus. Radio Okapi/Ph. John BompengoDépistage volontaire des prisonniers de la prison centrale de Makala par l’Onusida le 29/05/2014 à Kinshasa, lors de la célébration de la journée internationale des casques bleus. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Dans un communiqué publié à l’occasion de la journée mondiale du Sida célébrée le 1er décembre de chaque année, Médecins sans frontières (MSF) indique que la République Démocratique du Congo accuse 15 années de retard dans la lutte contre le Sida. «Alors que les financements ne cessent de diminuer, plus de 80% des 440 000 personnes vivant avec le VIH/Sida en RDC sont toujours en attente du traitement qui pourrait leur sauver la vie», explique l’ONG dans ce communiqué intitulé «Journée Mondiale du Sida : Pas de fête pour la République Démocratique du Congo».

Pour MSF, l’une des raisons expliquant le retard de la RDC dans la lutte contre le sida est que 38% du financement des soins est supporté par les patients.

Malgré la gratuité des médicaments antirétroviraux, fat remarquer l’ONG, le malade paie 3 dollars américains pour l’ouverture d’un dossier, 6 dollars pour une consultation médicale, 5 dollars pour les examens CD4 et 10 dollars pour le dosage de la charge virale.

Même le dépistage, qui devait être gratuit, est également conditionné à des tests préliminaires payants.

A en croire MSF, cette barrière financière empêche les personnes de se faire tester et de demander un traitement.

Pour rattraper le retard dans la lutte contre le Sida, Médecins sans frontières demande au gouvernement congolais d’assurer l’accès gratuit à la prévention et à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida, d’augmenter les moyens budgétaires alloués à la lutte contre cette maladie et d’assurer le décaissement complet des fonds pour des activités directement bénéfiques pour les patients.

En outre, MSF appelle toutes les parties prenantes, en premier lieu le Gouvernement, à reconnaître l’urgence de la lutte. L’ONG dénonce les promesses oubliées et les engagements non tenus.

Elle appelle à une mobilisation de tous les acteurs, non seulement à hauteur de leurs engagements, mais surtout selon les besoins réels exprimés sur le terrain.

« Mettre fin au Sida est possible »

A l’occasion de la célébration de cette journée mondiale du Sida, le Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler, a estimé que mettre fin au Sida était possible. Il a plaidé pour la réduction de l’écart entre les malades qui ont accès au traitement et ceux qui n’y ont pas accès.

« Mettre fin à l’épidémie du Sida est possible. Mais seulement en réduisant l’écart entre les personnes qui ont accès aux services de la prévention du VIH, du traitement, des soins et de soutien et ceux qui sont laissés derrière. En fermant l’écart de dépistage du VIH, les centaines de milliers de Congolais qui ignorent leur séropositivité, peuvent commencer à obtenir de l’aide. En fermant l’écart de traitement, les 440 000 congolais vivant avec le VIH auront accès à la médecine de sauvetage. En fermant l’écart dans l’accès aux médicaments pour les enfants, les 66 000 enfants congolais vivant avec le VIH pourront accéder au traitement », indique-t-il dans une déclaration radiodiffusée.

Martin Kobler affirme que la RDC a démontré avec Ebola « qu’elle avait toutes les capacités pour contrôler, maîtriser et éradiquer une épidémie désastreuse ».

« Faites le test VIH, informer vos amis et votre famille, protégez-vous lors de vos relations sexuelles, engagez-vous auprès des associations de soutien aux personnes infectées. Ensemble, nous pouvons mettre fin au Sida », exhorte-t-il

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