31 octobre 2014

Burkina Faso : Compaoré chassé du pouvoir en 48 heures par le peuple !

 

             

Prostestataires burkinabés

Il n’aura fallu que 48 heures au peuple du pays des hommes intègres pour chasser du pouvoir Blaise Compaoré. Retour sur les principaux évènements de la chute du désormais ex-Président du Burkina Faso.

Jamais Blaise Compaoré n’aurait imaginé que sa chute serait aussi rapide. C’est en 48 heures que le peuple du Faso a eu raison de lui, surprenant le désormais ex-Président du Burkina Faso. Il a annoncé officiellement, ce vendredi, sa démission, dans un communiqué, aux alentours de 13 h (heures locales). Il y évoque une transition de 90 jours, assurant accepter la vacance du pouvoir, priant en conclusion pour que Dieu bénisse le Burkina Faso.

Jeudi, jour de vérité

Tout s’est accéléré jeudi matin, à partir de 10 h (heure locale), à Ouagadougou, la capitale du pays. Des milliers de manifestants, un million selon l’opposition, déferle vers le Parlement. Les protestataires contestent alors le vote de la révision de la Constitution qui devait permettre le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré. Seulement, les manifestants ne laissent même pas le temps aux députés de se prononcer sur la question. Plusieurs centaines d’entre eux pénètrent dans l’enceinte du Parlement, saccagent tout sur leur passage, provoquant la fuite des policiers, brûlant l’Assemblée nationale. La situation est alors extrêmement confuse. On parle déjà d’un mort.

Dans la deuxième ville du pays pays, des protestataires brûlent le siège du parti présidentiel et la mairie de la localité. Dans le même temps, une partie de l’armée encore fidèle au Président Blaise Compaoré affronte les manifestants pour tenter de les contenir. Certains observateurs sur place affirment que des balles réelles sont tirées sur la foule. Cette dernière, d’ailleurs qui ne décolèrent pas, annonce qu’elle compte se diriger vers le palais présidentiel pour déloger Blaise Compaoré et le contraindre à quitter le pouvoir !

Le pouvoir capitule face au peuple

Face à la situation chaotique du pays, le gouvernement annonce, dans un communiqué, l’annulation du vote du projet de loi, appelant la population au calme et à la retenue. Mais cette annonce ne suffit pas à calmer les manifestants, qui veulent beaucoup plus : la démission de Blaise Compaoré ! L’armée se réunit alors avec les principaux leaders d’opposition, indiquant qu’une annonce sera effectuée après cette concertation sur la suite des évènements. Mais Blaise Compaoré, qui ne compte pas démissionner, prend les devants et annonce la dissolution du gouvernement, décrétant un couvre-feu.

La confusion règne de plus belle dans le pays après une telle annonce, qui ne concorde pas avec celle de l’armée. Après une attente interminable pour les manifestants, le chef d’état-major des armées, Honoré Traoré, annonce à son tour la dissolution de l’Assemblée nationale et l’instauration d’un gouvernement de transition. « Cet organe de transition va être mis en place dans le cadre de consultations avec tous les partis politiques et l’ordre constitutionnel sera rétabli dans un délai qui ne devrait pas excéder 12 mois », affirme le général Honoré Traoré, lors d’une conférence de presse.

C’est l’imbroglio politique. Qui croire ? L’armée qui n’indiquait pas officiellement si le chef d’Etat burkinabè est toujours au pouvoir ni qui est aux commandes du pays. Où se trouve Blaise Compaoré ? Des questions qui trottent donc toute la nuit dans l’esprit des Burkinabè qui se réveillent tous, ce vendredi matin, dans la confusion totale. Dès les premières lueurs de la matinée, sous le soleil brûlant du Burkina Faso, une masse de manifestants, qui ne veulent entendre rien d’autre que la démission de Blaise Compaoré, se rassemblent sur la place de la Nation. Ils attendent alors impatiemment une annonce de l’armée, espérant qu’elle se range de leur côté, pour leur annoncer que Blaise Compaoré n’est plus au pouvoir et le nom du nouveau chef du pays.

La chute

Finalement, la nouvelle tombe en fin de matinée : Blaise Compaoré n’est plus au pouvoir, selon l’armée, annonce à la foule le mouvement du Balais citoyen. Explosion de joie ! On danse. On saute. On s’embrasse. On pleure de bonheur. On annonce l’information sur les réseaux sociaux ! Et à peine une heure après, alors qu’on s’interroge sur le sort de Blaise Compaoré, ce dernierannonce officiellement sa démission, signée dans un communiqué.

Ainsi Blaise Compaoré, meurtrier de Thomas Sankara, son frère d’arme, est à son tour mort politiquement. A la seule différence qu’il n’a été ni trahi, ni tué par un ami, ou un frère. Mais destitué par son peuple, qui a repris le pouvoir en main et retrouvé sa souveraineté, après l’avoir averti que ses ambitions lui coûteraient cher. On ne récolte que ce que l’on a semé... Une page du Burkina Faso vient d’être fermée par le peuple. Le pays des hommes intègres va désormais écrire une nouvelle page de son histoire. Mais cette fois-ci avec sa propre encre...

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Burkina Faso : Compaoré annonce qu'il quitte le pouvoir


BURKINA

INTERNATIONAL - Un représentant de l'armée burkinabé a affirmé ce vendredi à la foule que le président Blaise Compaoré "n'est plus au pouvoir", provoquant une explosion de joie parmi les dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le centre de Ouagadougou.

"A partir de ce jour, Blaise Compaoré n'est plus au pouvoir", a lancé peu avant 12h30 locales et GMT le colonel Boureima Farta, hissé sur les épaules de militaires. L'officier était venu, à pied et sous escorte, depuis l'état-major des armées, tout proche de la place de la Nation, où les manifestants ont afflué dans la matinée.

Quelques minutes plus tard, Compaoré a annoncé qu'il quittait le pouvoir, après 27 ans à la tête du pays, dans un communiqué lu sur une télévision locale. "Dans le souci de préserver les acquis démocratiques, ainsi que la paix sociale (...), je déclare la vacance du pouvoir en vue de permettre la mise en place d'une transition devant aboutir à des élections libres et transparentes dans un délai maximal de 90 jours", selon le texte du communiqué, lu par une journaliste à l'antenne de la télévision BF1.

Un général devient chef d'Etat

Au même instant, l'Union européenne a estimé qu'il "revenait au peuple burkinabé de décider de son avenir", au lendemain d'émeutes contre le régime. "Nous appelons au sens de la responsabilité de toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines ainsi que du peuple burkinabé pour bâtir ensemble un nouvel avenir pour le pays, de façon apaisée, dans le respect des principes démocratiques et de la Constitution", a déclaré un porte-parole du service diplomatique de l'UE.

La France, dans un communiqué de la présidence de la République, a également salué ce départ "qui permet de trouver une issue à la crise".

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Kamerhe : ‘‘Finis les présidents providentiels en Afrique’’

Kamerhe

(KINSHASA)- Le leader de l’Union pour la nation congolaise, Vital Kamerhe a indiqué que l’époque des présidents providentiels est terminée en Afrique. Il réagissait à l’ébullition burkinabée qui a déracinée le pouvoir de Campaoré. Pour lui, le temps est venu où le peuple africain a compris qu’il faut prendre son destin en main face à des gens qui veulent s’éterniser au pouvoir. Le leader de l’Unc espère que ceux qui sont encore dans cette logique, vont renoncer. Il appelle la classe politique et le peuple congolais à s’inspirer de l’exemple burkinabé pour défier le totalitarisme.

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Burkina-Faso Une léçon pour le regime

kabBurkina

Personne ne pouvait prévoir la chute du président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, hier jeudi 30 octobre20 14. Le tombeur de Thomas Sankara est placé en résidence sur­veillée dépuis hier soir. Desormais, le Burkina-Faso est dirigé par le Chef d’Etat major de l’Armée, le Général Kouame Longe après un consensus avec l’opposition. Pas plus que personne ne pouvait penser que les burkin­abés, près d’un million d’entre eux, répond­rait mardi dernier à l’appel de l’Opposition pour faire échec à la présidence à vie que se concoctait tout bon­nement Blaise Com­paoré. Lui qui se croyait plus malin que le peuple en jouant à la prolon­gation de son bail à la tête de l’Etat, à coup de révisions constitution­nelles sous le regard complice d’un Parle­ment des godillots, a été surpris par la marée humaine. Tôt ou tard l’Histoire elle-même se charge de régler son compte à ses tyrans qui confondent l’Etat à leur personne. L’Histoire triomphe toujours de la fourberie politique des hommes d’Etats, sur­tout africains, dont la pathologie commune est de se maintenir au pouvoir jusqu’à leur mort. Le soulèvement populaire des burkin­abés est une véritable bouée d’oxygène dé­mocratique dans cette Afrique étouffée par des dictateurs.

Un mani­festant sur France 24, a dit que « cela serve de leçons à toute l’Afrique ». En tous les cas, les burkinabés ont rendu les africains fiers par leur bravoure en faisant échec aux projets de ces pseudos démocrates qui considèrent que le fauteuil présidentiel leur revient de droit. Blaise Compaoré a beau évoqué la « légalité », mais le peuple ne l’a pas suivi. Son parlement qui s’apprêtait a modifié la Constitution pour lui of­frir un autre mandat, a été pillé par le peuple. Une leçon pour Minaku qui passe aujourd’hui pour un dur à cuir dans la Kabilie. Le parlement burkinabé, dépassé par les évènements, s’est vite fendu d’un com­muniqué annonçant l’ajournement de la révi­sion de la Constitution suivi de la mise en place de l’Etat d’urgence et de la démission du gou­vernement. Trop tard le train de l’Histoire était déjà en marche.

Et il balaie tout sur son pas­sage. Tous les minis­tres et thuriféraires du pouvoir se sont terrés. Une autre leçon pour les chefs d’Etats qui doivent se méfier des courtisans qui s’enfuient aussitôt que la situation dérape. Une leçon aussi pour Olivier Kamitatu, cadre de la Majorité présiden­tielle, qui avait pris une position forte anti révi­sion à partir de Oua­gadougou où il a avait dit « qu’il ne fallait pas changer la Constitution pour le destin d’un hom­me ». Ses amis burkin­abés ont matérialisé leur conviction alors que lui reste muet dans le dé­bat constitutionnel qui agite la RD-Congo actu­ellement. Par manque de courage politique, le président de l’ARC s’est tu. Blaise Compaoré était tellement obnubilé par le pouvoir qu’il n’a pas suivi les conseils de la Communauté inter­nationale. Le président français François Hol­lande lui avait écrit pour l’encourager à ne pas modifier la Constitution, il ne l’a pas écouté non plus. A Kabila enfin de tirer toutes les leçons qui s’imposent sur le sort réservé à Blaise Compaoré. La Com­munauté nationale et internationale exhorte le Raïs au respect de la Constitution. Entendra-t-il la voix de la raison ? L’avenir nous le dira !

En prenant d’assaut l’Assemblée nationale, jeudi matin, à Ouagadougou, les manifestants ont eu raison du vote du projet de loi sur la modification de la Constitu­tion burkinabè, qui doit per­mettre à Blaise Compaoré de se présenter à la prési­dentielle de 2015. Depuis la situation a dégénéré. Après plusieurs heures de tracta­tions, le chef de l’État a an­noncé la dissolution du gou­vernement et décrété l’état de siège. Le Burkina Faso vit des heures sous haute tension. Alors que les 127 députés de l’Assemblée na­tionale devaient se pronon­cer, jeudi 30 octobre, sur le projet gouvernemental de révision de la Constitution, qui doit permettre à Blaise Compaoré de se présenter à la présidentielle de 2015, des manifestants ont pris d’assaut l’Assemblée nation­ale. Après plusieurs heures de tractations, le chef de l’État a annoncé la dissolu­tion du gouvernement et décrété l’état de siège

Jeuneafrique.com

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Faire-part: Monsieur Mukenge Kabamba Joseph alias Cosmos n'est plus

cosmos

Il a plu au Seigneur de rappeler à lui son humble  serviteur    MUKENGE  KABAMBA  JOSEPH « COSMOS »  en date du 24/10/2014 à Lubumbashi.

A tous ceux qui l’ont connu, à tous ceux qui l’ont aimé  et en particulier  à notre frère et ami  Pierre  NDIBU  KABAMBA (Mange), l’équipe du Grand Kasai  présente ses condoléances les plus attristées.

Cosmos était né le 11/10/1948 à Luluabourg. Il a fait ses études primaires à Notre Dame (Basonga), ses Humanités à  l’Ecole Normale de Mikalayi, et ses études supérieures à l’ISP/Lubumbashi pour les terminer en Europe.

Directeur au Service informatique de la SNCC à Lubumbashi, il renonça à ses fonctions pour se consacrer pleinement à son Seigneur  en qualité de Représentant Légal de l’Eglise Néo- Apostolique au Katanga (Lubumbashi).

Cosmos laisse une grande famille et une grande Eglise.
L’inhumation a eu lieu à Lubumbashi le 29/10/2014.

Pour la famille à Bruxelles, un office religieux  sera organisé en mémoire du disparu  à Bruxelles le samedi  01/11/2014 à 15 heures  à  1030  Schaerbeek,  Eglise Epiphanie,  rue de Genève  470.

Ce communiqué tient lieu de faire-part.

Kasai Direct


 

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30 octobre 2014

Chute de Blaise Compaoré : un jeudi historique pour le Burkina et l'Afrique

 

Ecrivain et journaliste

le peuple dans la rue

Il y a une dizaine de jours, le gouvernement du Burkina Faso annonçait un référendum en vue d'une modification de la Constitution. L'objectif en était de lever le verrou de l'article 37 qui limitait la possibilité de se présenter à la fonction suprême à deux mandats.

En Afrique et dans ce pays en l'occurrence, la constitution avait deja été modifiée pour assurer à Blaise Compaoré son éternité à la tête de son pays. Tous les pays d'Afrique centrale sont passés par là. Le "traficotage" de leurs constitutions. Au Cameroun, les modifications du président Paul Biya sont passées comme une lettre à la poste malgré des protestations virulentes quant à leur (il)légalité.

Le peuple burkinabé a fixé son agenda à l'armée en poussant Blaise Compaoré dans ses derniers retranchements. La rue a impulsé son opposition en investissant le parlement. Une chose est acquise, Blaise Compaoré ne sera pas le prochain président burkinabé.

C'est une révolution qui en appelle d'autres, y compris au Cameroun où se passent actuellement des choses d'une extrême gravité et une situation sécuritaire tendue qui autorise tous les abus.

27 ans après le coup d'Etat qui a arraché à l'Afrique Thomas Sankara, l'Afrique est heureuse de retrouver en ce peuple d'"hommes intègres" un peuple d'hommes debout qui ne se laissent pas infiniment marcher dessus.

Ce mouvement ne se circonscrira pas au Burkina Faso, c'est le pari que nous prenons en ce saint jeudi, historique, où l'on voit Thomas Sankara et le journaliste Norbert Zongo ressusciter en toute une nation.

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Flash Burkina Faso: Une partie de l'armée rallie les manifestants

mort d'un manifestant burkinabè

A la place de la Nation, les militaires du camp Guillaume ont rallié les manifestants avec qui ils font la fête et annoncent que l’armée a pris ses responsabilités. Une autre partie de l'armée s'affronte aux manifestants aux abords du palais présidentiel. François Compaoré, un frère de Blaise Compaoré a été arrêté à l'aéroport. Les violences ont causé  plusieurs blessés par balles. Hôpitaux débordés.

Kasai Direct

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Flash: Les autorités du Burkina Faso annulent le vote sur le projet de révision de la constitution

Les autorités du Burkina Faso ont annulé le vote sur le projet de révision de la constitution pouvant permettre à Blaise Compaoré de se représenter en 2015. Des milliers de manifestants seraient en route vers le palais présidentiel où des coups de feu ont été entendus. Parmi les dégâts, on dénombre aussi le siège du parti présidentiel incendié par les manifestants. Le gouvernement appelle au calme et à la retenue.

Kasai Direct

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Burkina Faso: Les manifestants envahissent le parlement et mettent les députés en fuite

manifestants burkina faso

De source de france24 et de RFI les manifestants burkinabé ont réussi à forcer le dernier barrage et ont envahi le parlement qu'ils ont saccagé. Les députés ont été évacués avant l'entrée des manifestants. La situation autour du parlement est chaotique: les véhicules sont incendiés et un des plus grands hôtels pillé. Les manifestants se sont dirigés au siège de la Télévision Nationale qui a cessé d'émettre. Les forces de l'ordre sont débordés et n'arrivent pas à contenir les manifesants qui occupent toutes les rues. Des coups de feu ont été entendus. Jusque-là, on dénombre un mort. La session a été suspendue; il n'y a donc pas eu de vote.

Les Burkinabé manifestent depuis plusieurs jours à l'appel de l'opposition pour empêcher le président Compaoré à la tête du pays depuis 27ans de modifier la constitution pour briguer un cinquième mandat. Cette situation est suivie par plusieurs pays comme la RDC dont les présidents sont tentés de modifier les constitutions pour se maintenir éternellement au pouvoir.

Lumbamba Kanyiki

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Burkina Faso: tension palpable à Ouagadougou avant un vote crucial

manifestants burkina faso

Des manifestants à Ouagadougou mercredi 29 octobre 2014, contre la révision constitutionnelle qui permettrait à Blaise Compaoré de rester au pouvoir.REUTERS/Joe Penney

Ce jeudi matin 30 octobre, les députés burkinabès vont examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution. La majorité présidentielle souhaite une modification de l’article 37 afin d’ouvrir la voie à une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015, contre l’avis de l’opposition. Si le projet de loi est adopté à la majorité simple, la question sera soumise à un référendum, mais si le « oui » l’emporte à la majorité qualifiée des trois-quarts, la Constitution sera modifiée directement par les parlementaires. Comme depuis une semaine, la tension était encore vive durant la nuit de mercredi à jeudi à Ouagadougou.

A la veille d'un vote crucial pour le pays, la tension restait vive à Ouagadougou. A l’appel des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile, de nombreux jeunes déterminés ont tenté de franchir les barrages afin de passer la nuit devant le Parlement ou dans des espaces publics, comme la place de la Nation ou le rond-point des Nations unies, avant d’être dispersés par la police à coups de gaz lacrymogène. Armes en bandoulière, bérets rouges vissés sur la tête, les soldats et les manifestants se sont regardés en chiens de faïence.

L'objectif des jeunes, après la forte mobilisation de mardi et la grève générale de mercredi, était d'exprimer leur refus de voir révisée la Constitution, qui permettrait à Blaise Compaoré, déjà président depuis 27 ans, de se maintenir au pouvoir.

Accès restreints à l'hémicycle

« Pas d’exception, personne ne passe ici ! Devant, il y a déjà le feu, tout est bouclé ici, faites demi-tour ! », nous lance un manifestant à qui nous voulions négocier un passage.
« Ils nous ont chassés du rond-point des Nations unies, mais ce jeudi nous seront tous à l’Assemblée », crie un jeune manifestant.

Face à la détermination des jeunes manifestants à s’opposer au projet de révision constitutionnelle, le gouvernement a durci le ton. L’accès à l’hémicycle sera filtré ce jeudi. En plus d’un laissez-passer délivré par le service d’information du gouvernement, un bus sera mis à la disposition des journalistes pour rallier le ministère de la Communication et l’Assemblée, distants seulement de quelques dizaines de mètres.

Des députés CDP ont évoqué des menaces

Tous les députés de la majorité étaient logés dans un hôtel du centre-ville pour mieux se soustraire à la pression de la rue.

L’hôtel Indépendance, en plein centre de Ouagadougou, avait de curieux airs de camp retranché, mercredi soir. Mitoyen de l’Assemblée nationale et muni d'un passage dérobé, l'hôtel comptait une centaine de ses chambres réservées pour les députés de la majorité afin de faciliter leur déplacement jusqu’au Parlement ce jeudi matin.

Cette astuce doit permettre aux élus du CDP et des partis alliés d’éviter de traverser une ville quadrillée par les forces de l’ordre qui ont veillé toute la nuit face aux opposants.

Les députés de l’alliance CDP ADF/RDA étaient peu loquaces au sortir d’une réunion nocturne qui a commencé vers 21 heures, pour se conclure une heure plus tard dans une salle de l’hôtel. Aucun n’a accepté de s’exprimer devant les journalistes présents, s’éparpillant rapidement dans les couloirs à la vue d’un micro ou d’un stylo. Les plus accessibles ont juste évoqué anonymement les menaces dont ils disent faire l’objet de la part des opposants s’ils votaient en faveur d’une révision de la Constitution ce jeudi.

« Nous souhaitons que le peuple nous départage »

Pour Fatou Diendéré, députée depuis 1997 et secrétaire nationale chargée des femmes au sein du CDP, les parlementaires de la majorité ont le devoir de soutenir le camp avec lequel ils ont été élus : « Aux élections municipales, nous avons 11 arrondissements sur 12, ce qui veut dire que Ouagadougou est sous la bannière du CDP. Nous allons jouer notre rôle. Celui des députés, c’est de voter des lois, nous pensons qu’à l’unisson nous allons voter cette loi. »

Pour la députée, il s'agit surtout de laisser le peuple s'exprimer : «  Actuellement, deux camps se disputent et chacun parle au nom du peuple. Nous souhaitons que ce dernier nous départage. Nous pensons que si l'on peut donner l’occasion au peuple de penser, on saura de quel côté il va se placer. Si les députés de la majorité donnent un vote approbatif aux trois-quarts des suffrages exprimés, nous allons appliquer la loi. »

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