Le professeur Kalamba Nsapo nous parle de la nécessité de soutenir les chercheurs et savants issus du continent africain et de sa diaspora.

MAP Info : Bonjour Monsieur Kalamba Nsapo, merci de consacrer un peu de temps à cette interview. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs du MAP ?

KN : Je m’appelle Kalamba Nsapo. Je suis docteur en sciences théologiques, diplômé en philosophie. J’enseigne à l’Université Protestante d’Etudes Interculturelles de Bruxelles. Dans cette institution, je suis également doyen de la faculté d’études interculturelles. Je suis auteur de plus de 17 livres. Je publie surtout dans le domaine de la théologie et de l’interculturalité. J’écris aussi dans les domaines de la sociologie, de l’historiographie, de l’anthropologie religieuse et des religions africaines.

En outre, je suis professeur à l’Institut universitaire africain d’études prospectives (INADEP). Cet Institut à vocation africaine est sous la responsabilité du ministère congolais de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Une section Europe de l’INADEP a été créée au début de cette année.

MAP Info : Vous venez de participer au Salon du livre panafricain qui s’est déroulé à Bruxelles les 4 et 5 octobre 2014, que pouvez-vous nous dire sur cet événement international ?

KN : Ce fut un événement grandiose, aux dires de nombreux participants. Pour d'aucun, il a redonné l’espoir au continent. Pour ma part, je tiens à dire que le Salon du livre panafricain a donné l’occasion de nous réunir, de nous retrouver, de communier à l’idéal panafricain et interculturel à travers la réalité du livre. En outre, il nous a été donné de consacrer les plus grands savants africains et de récompenser l’effort et la créativité des jeunes chercheurs et de leurs aînés. C’était un grand bonheur.

MAP Info : Qu’est-ce que le Prix international Cheik Anta Diop ?

KN : En tant que fondateur du Prix International Cheikh Anta Diop, je perçois celui-ci comme une récompense de portée internationale attribuée aux plus grands chercheurs kamites pour encourager leur gros labeur, leur éthique du sacrifice intellectuel et de l’abnégation, et saluer leur créativité.

MAP Info : Existe-t-il à votre avis suffisamment de dispositifs pour soutenir et encourager les chercheurs et savants du continent africain et de la diaspora ?

KN : La réponse est négative. Les chercheurs et savants du continent africain et de la diaspora travaillent dans la solitude et la précarité. Ils ne bénéficient généralement d’aucun soutien. Ils sont parfois obligés de s’endetter pour financer leurs publications.

MAP Info : En quoi le Prix international Cheik Anta Diop pourrait contribuer au développement du continent Africain ?

KN : Le Prix international Cheik Anta Diop pourrait contribuer au développement du continent Africain en stimulant une émulation féconde, en poussant les récipiendaires et les jeunes chercheurs à intensifier la recherche en laboratoire, à rattraper le retard du continent et à inverser la tendance de la courbe.

Ce Prix est susceptible de faire naître une nouvelle Afrique dans la mesure où il vise la promotion d’une autre image du Continent, avec une Afrique redevenue compétitive, inventive, capable de participer à son propre développement et à la recherche mondiale. Ce Prix peut faire éclore une image positive et une estime de soi qui sont indispensables à la promotion des peuples, en général, et des nations kamites, en particulier. Il porte les germes d’un nouvel imaginaire et d’une révolution mentale indispensable à l’avènement d’un nouvel ordre culturel, économique, politique, etc.

MAP Info : Pour conclure, quel message enverrez-vous au continent africain et à sa diaspora ?

KN : L’Afrique ne représente aujourd’hui que 1,7 % de la production scientifique mondiale. Cette situation est plus que préoccupante. C’est pour corriger ces statistiques sévèrement désavantageuses pour notre Continent que j’ai créé le Prix International Cheikh Anta Diop. J’invite tous les Kamites du monde à le soutenir. Je lance un appel aux responsables politiques du continent et à toutes les institutions susceptibles de mesurer l’enjeu d’un Prix International d’accompagner mes efforts et les actions que je compte mener avec mes collègues et collaborateurs dans le cadre de ce Prix International en vue de permettre à l’Afrique de retrouver une place de choix dans le concert des nations du monde. J’attire également leur attention sur le fait que les chercheurs africains dotés de grandes capacités d’inventivité ne devraient pas se retrouver continuellement dans l’état d’isolement qui les affecte aujourd’hui. Il importe de les encadrer, de les soutenir, de les mettre à l’abri des soucis alimentaires.

collectifmap.org


Comment adhérer au MAP?

L’adhésion au MAP peut se faire sur la base du volontar...