Des violences sexuelles ont accompagné ces expulsions, à en croire l’Ong Médecins du Monde/Belgique. Alors que les Congolais de Kinshasa n’ont pas encore oublié les images fortes d’expulsions brutales de leurs compatriotes vivant au Congo-Brazzaville,

l’Angola, apprend-t-on, a également refoulé, dans des conditions analogues à celles opérées au pays de Denis Sassou Nguesso, 1 411 RD Congolais.
Ce, sur fonds de violences sexuelles, à en croire l’Ong internationale Médecins du Monde/Belgique, qui craint des « conséquences graves » sur les santés des victimes.
 
Cette Ong, qui a livré cette information le mercredi 25 juin dernier, s’est basée sur les données médicales enregistrées dans près de 11 espaces de santé dans la province du Kasaï Oriental. Près de 13300 ressortissants ont été consultés dans les services curatifs, dans la période allant de juillet 2013 à février 2014, selon cette association internationale dans son rapport intitulé « Migrations frontalières, expulsions, violences sexuelles faites aux femmes : la tragédie des Congolais expulsés d’Angola ».
 
Plus de 44000 Congolais ont déjà été expulsés d’Angola depuis 2013, peut-on lire dans ce document. Médecins du monde/Belgique appelle la communauté internationale ainsi que les gouvernements congolais et angolais à prendre des mesures concrètes pour mettre un terme aux violences et protéger les migrants congolais. “ Le fait de se retrouver d’un autre côté de la frontière de manière illégale ne peut constituer matière à être victime de violence. Nous avons plusieurs conventions, je ne peux pas toutes les citer, dont les gouvernements congolais et angolais sont signataires.
 
Ce sont des conventions qui ont été ratifiées et qui garantissent l’intégrité physique des ressortissants. Il suffit de les appliquer, donc c’est une volonté politique “, a déclaré e chef de programme Médecins du monde RDC/Mali, François Fille.
 
La République démocratique du Congo doit revoir ses relations diplomatiques avec ses voisins de l’Ouest et du Sud-ouest pour éviter que ses fils et filles soient régulièrement objets d’humiliation, ce qui démontre d’ailleurs la faiblesse des dirigeants sur cet aspect délicat. Surtout que, concernant particulièrement les réfugiés de Brazza, toutes les démarches initiées aussi bien par les autorités de la ville de Kinshasa que par le gouvernement central se sont avérées vaines. Même l’envoyé spécial de Joseph Kabila, Léon Kengo Wa Dondo, n’a pas réussi à arrêter l’hémorragie, dont les conséquences sont encore visibles à ce jour.
 
Toutefois, Kinshasa reconnaît qu’il y a de cela quelques jours, Luanda avait officiellement annoncé qu’elle procéderait à l’opération de recensement, en prévision des prochaines élections en Angola, et que tous les étrangers en situation irrégulière serait obligé de quitter le pays. Mais cela ne donne pas, pour autant, lieu, aux policiers angolais, de verser dans les violences sexuelles. Une enquête doit être ouverte incessamment pour établir les responsabilités et punir les coupables.
GODÉ KALONJI MUK