La chèvre et le coq passaient leurs nuits dans une étable étroite derrière la maison de leur propriétaire. Ce dernier venait de se marier. Quelques jours plus tard, le jeune propriétaire reçut pour la première fois la visite de son beau-père. Grande était sa joie. Alors, il dit à sa femme : « Comme c’est la toute première fois que mon beau-père arrive chez nous, nous devons lui organiser une réception due à son rang. Demain, nous tuerons à son honneur notre unique chèvre que nous élevons. »  Le coq qui ne dormait pas à cette heure de la nuit, entendit les propos de son maître. Il se réjouit parce qu’il ne s’entendait pas bien avec la chèvre qui, selon lui, prenait toute la place dans l’étable.

Lorsque le jour vint, il sortit de l’étable et s’en alla raconter à tout celui qui voulait l’entendre : « Aujourd’hui, c’est le dernier jour pour notre amie, la chèvre. On va la tuer pour faire honneur au beau-père de notre maître » Alors, les autres animaux qui voyaient la chèvre brouter en silence lui demandaient si la nouvelle que propageait le coq était fondée. Elle leur répondait toujours : « Si c’est la volonté du Très-Haut, je ne pourrai rien faire pour me défendre. Que sa volonté soit faite ! » La peur dans l’âme, la pauvre chèvre continuait à brouter non loin de la maison de son maître. Le coq qui ne se doutait de rien picorait non loin de là, attendant le moment fatidique pour  la pauvre chèvre.

Soudain, le propriétaire du lieu sortit de la maison et demanda aux jeunes gens qui étaient assis sous un arbre  d’attraper le coq pour la réception du beau-père. Le coq, surpris par l’ordre qu’il venait d’entendre, crut d’abord à une erreur. Mais voyant les jeunes gens à ses trousses, il se mit à courir dans tous les sens. Les garçons ne mirent pas beaucoup de temps à l’attraper. Le coq commença à se lamenter : « c’est une erreur ; c’est la chèvre que le maître voulait tuer. Pas moi »

Ce que le coq ne savait pas, c’est que le matin, son maître s’était entretenu avec son père qui l’avait conseillé de tuer le coq pour la réception et de remettre la chèvre au même beau-père le jour de son départ. Ainsi était la pratique.

Quelques heures plus tard, les autres bêtes voyant toujours la chèvre en train de brouter derrière la maison de son propriétaire lui demandèrent pourquoi elle vivait encore. « Ne vous ai-je pas dit que si c’était la volonté du Très-Haut, je ne pourrais rien faire pour me défendre ? Eh bien, si je continue à vivre, c’est encore par la volonté du Très-Haut »

A vous de me dire quelle leçon de morale nous pouvons tirer de ce conte

Lumbamba Kanyiki