(KINSHASA)- Le professeur Evariste Mabi Mulumba, président de la  commission économique, financière et de la bonne gouvernance du sénat  a indiqué que le Congo-Kinshasa n'est pas encore sur la voie des pays  à économie émergente.

L'émergence, selon lui, est caractérisée par une  forte intégration de l'économie nationale à l'économie internationale  du point de vue commercial et financier. L'ancien premier commissaire  d'état sous Mobutu ajoute que l'émergence est liée aussi à la  diversification et la modernisation de la structure de l'économie  nationale.

Sa thèse contredit les prétentions du premier ministre,  Augustin Matata Ponyo qui parle du Congo comme pays en voie de  l'émergence. D'après les données de la Banque centrale du Congo,  l'économie congolaise connait une volatilité liée à la nature de ses  exportations. Les produits miniers et hydrocarbures occupent une part  prépondérante avec plus de 98% du total des recettes d'exportation  alors que la part des produits agricoles et industriels est plus que  marginale. Le professeur Mabi Mulumba rappelle qu'à l'accession de la  RDC à l'indépendance, les produits miniers représentaient près de 58%  et les produits agricoles 42% dans les recettes d'exportations.

Ainsi,  il fait voir à travers son analyse que la vulnérabilité de l'économie  congolaise s'est accentuée d'années en années depuis l'indépendance.  Des facteurs tels que la qualité de la législation et la  réglementation sur l'exercice des affaires, la qualité du système  juridique et judiciaire, la nature des procédures administratives  liées à l'exercice des affaires, la qualité de la main d'oeuvre, la  qualité de la logistique économique et commerciale prouvent que le  pays pose encore des problèmes sérieux pour prétendre obtenir ce  statut d'émergent. Le président de la commission Ecofin croit que le  Congo-Kinshasa se trouve dans l'obligation de se doter d'un schéma  directeur contenant un programme intégrant des objectifs à atteindre  mais s'appuyant surtout sur un chronogramme précis s'il veut entrer  dans l'émergence. C'est la seule façon d'éviter que l'émergence en  tant qu'objectif ne se résume en simple slogan, a-t-il conclu.