31 décembre 2013

RDC: les attaques de Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kindu ont fait 113 morts, selon Lambert Mende

 
Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communications et médias de la RDC ce 28/07/2011 à Kinshasa, lors d’un point de presse. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLambert Mende Omalanga, ministre de la Communications et médias de la RDC ce 28/07/2011 à Kinshasa, lors d’un point de presse. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le bilan définitif de différentes attaques de lundi à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kindu fait état d’un total de cent treize morts, dont 94 assaillants. Le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, l’a annoncé mardi 31 décembre lors d’un point de presse à Kinshasa. «Il y a un problème d’efficacité dans la sécurisation des bâtiments publics» en RDC, a-t-il reconnu. L’opposition et la majorité ont déploré le dysfonctionnement des services de sécurité.   

Lambert Mende a affirmé qu’après ces attaques à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kindu, le bilan était «très lourd» pour la RDC :

«A l’Etat-major général des FARDC à Ngaliema [Kinshasa], seize terroristes ont été tués, deux capturés. Un officier supérieur des FARDC a été tué. A la RTNC, quatorze terroristes ont été tués et dix-sept capturés; parmi lesquels deux gravement blessés sont aux soins. Deux éléments des FARDC ont été tués [et] huit journalistes blessés

A l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, selon la même source, vingt-et-un «terroristes» ont été tués et cinq capturés. Deux civils, passagers d’aéronefs en attente de décollages, ont été blessés.

Le ministre Mende a également annoncé le bilan des attaques survenues dans deux villes du Katanga, au sud-est du pays:

«A Lubumbashi, quarante terroristes ont été tués et soixante-seize capturés, en compagnie des deux enfants. Cinq éléments des FARDC ont été tués. A Kolwezi, un terroriste a été tué et soixante-dix autres ont été capturés

A Kindu au Maniema, selon lui, deux «terroristes» ont été encore tués et deux autres capturés.

Failles des services de sécurité

A la question de savoir comment ces groupes d’hommes armés ont pu s’infiltrer dans les lieux stratégiques de la RDC, comme la RTNC au point d’arriver  jusque sur le plateau de la télévision nationale censée bien sécurisé par la garde républicaine, Lambert Mende a répondu :

 
Des assaillants abattus le 30/12/2013 à Kinshasa, lors de l’attaque de la station de télévision nationale(RTNC) par des hommes non identifiés. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Au centre, une vue actuelle du tour administratif de la radio télévision nationale congolaise (RTNC), situé dans la commune de Lingwala, à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Une vue du centre ville de Lubumbashi

«Il y a un problème d’efficacité dans la sécurisation des bâtiments publics. C’est l’objet d’une enquête qui est en cours. S’il faut que des sanctions tombent, elles vont tomber. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la force publique n’a pas mis beaucoup de temps à les [assaillants] évacuer

A la RTNC, a-t-il expliqué, les assaillants ont trouvé seulement deux gardes, «les autres étant en période de relèvement [...] Ils connaissaient manifestement bien ce qui se passait. Et ils tiré à bout portant sur les deux jeunes gens.»

«Manque d’anticipation»

Ces événements ont suscité des réactions  dans les rangs de l’opposition. Le sénateur Jacques Djoli du Mouvement de libération du Congo (MLC) a déploré « cette irruption de violence » et demandé qu’une enquête indépendante sur ces attaques presque simultanées:

«Le caractère plus ou moins cohérent des attaques pose le problème d’efficacité des services de sécurité et leur capacité d’anticipation [ainsi que] leur réaction qui semble assez disproportionnée. Il faudra une commission d’enquête parlementaire indépendante, parlementaire ou autre pour  déterminer  les causes de ces attaques, quels son sont ces assaillants […], quelles sont les ramifications et surtout comment les services ont réagi ou n’ont pas pu anticiper

Même son de cloche de la part de la majorité présidentielle. Le député Henri Thomas Lokondo membre estime que les services de renseignements n’ont pas joué leur rôle préventif:

«Il y a un problème central qui demeure, celui du dysfonctionnement des services des renseignements, celui de la prévention et de la dissuasion pour réduire sensiblement ce genre d’actes terroristes. La coordination surréaliste de ces opération en temps réel à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et à Kindu pose le problème de l’efficacité maximale de nos services, au niveau de l’armée, de la police et civil

Ce parlementaire a par ailleurs appelé le Gouvernement et le Parlement à une large réflexion sur «la formation continue de ces agents et surtout de moyens appropriés qu’ils doivent avoir, mais qu’ils n’ont pas malheureusement pour étouffer dans l’œuf ce genre d’actions

Une autre réaction, c’est celle du chef de la Monusco, Martin Kobler, qui a condamné fermement ces événements, qu’il a qualifiés d’«inacceptables.»  Il a exprimé ses sincères condoléances aux Forces armées congolaises. Par la même occasion, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies a invité les autorités congolaises à faire, au plus vite, la lumière sur ces incidents «regrettables.»

radiookapi.net

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RDC : Un coup d’état d’opérette à la fin de l’année.

Surprenant et subliminale du cœur de l’Afrique – Afrique du taz-éditeur Dominic Johnson

von Dominic Johnson 

Quelle fin de l’année mouvementée pour la République démocratique du Congo:

un "coup d’Etat" présumé a secoué la ville de Kinshasa ce matin. Alors  qu’ il était  apparu complètement ridicule ce matin, par la suite il est apparut   un peu plus complexe que sa première impression, même s’il est encore trop mystérieux pour en  donner un jugement définitif.

Mais le cours des événements révèle beaucoup d’information cachées sur la la manière de fonctionner de la politique au Congo d’ aujourd’hui.

Voici les évenements. A 08h40, selon les témoins oculaires, un groupe d’une dizaine d’hommes en T-shirts, armés de gourdins et "bâtons" pénètrent dans un studio de la télévision d’Etat RTNC de Kinshasa et ils expliquent aux journalistes présent qu’ ils sont " libres " et qu’ils doivent  nécessairement informer le public maintenant à propos de leur message. Dans des scènes chaotiques, quelques minutes avant que le signal transmis soit éteint (prétendument par le gouvernement lui-même), les assaillants prononcent  la phrase "Mukungubila est le roi, Mukungubila est notre libérateur" ( il est venu sauver les congolais du joug rwandais). Qui est Mukungubila?

On verra cela plus tard.

Tout cela aurait pu ne pas être pris au sérieux si presque simultanément on n’aurait pas entendu des tirs à l’arme lourde et légère dans  tous les principaux sites stratégiques de la ville: de  l’aéroport de Ndjili international, à la plus grande base militaire Tshatshi, jusqu’au " Palais de Marbre » (où loger le président) et quelques autres endroits sensibles. Un panique générale éclate à Kinshasa. Les bruits commencent à circuler d’un coup d’état en exécution. Pourquoi? Cela aussi on le verra plus tard.

Le cauchemar qui vivent les Kinois et même les habitants d’autres villes se termine rapidement. Près de trois heures après la première attaque, le ministre de l’Information, Lambert Mende, parle d’une attaque "terroriste" par un "groupe non identifié" et a annoncé le bilan suivant: RTNC – tué 8 des 30 attaquants, 2 arrêtés; aéroport – 10 tués 20 assaillants; état-major général – 16 tués 20 attaquants. fait un total de 34 morts. "Nous n’avons pas l’impression que les attaquants,  avec un tel équipement maigre et un petit nombre,  auraient pu avoir une autre  objecif que celui de de susciter la panique et la terreur à la veille des célébrations du Nouvel An», a déclaré Mende.

Le coup et la logistique etaient certe reduit mais pas si maigres que cela. Des témoins oculaires, en effet,  parlent d’opérations militaires massives contre des adversaires armés soupçonnés opérer dans diverses parties de la ville. Tant à  l’aéroport qu’à la  RTNC sont par la suite signalés des cadavres " rwandophone» (comme si les cadavres pourraient parler…..).

Certains témoins parlent de combats internes entre des unités des forces de sécurité. Impossible d’en savoir plus. Les rumeurs les plus folles commencent à circuler.

D’autant plus que  dans d’autres villes des combats sont signalés. Dans la capitale du Katanga,  Lubumbashi,  ainsi que dans l’importante  ville minière de Kolwezi des échanges de tirs sont signalés. Dans la capitale du Maniema, des prétendus  miliciens Maï-Maï occupent brièvement l’aéroport de la capitale, Kindu.

Le bilan officiel des victimes est revu à la hausse dans la soirée à 52 assaillants morts et trois membres morts des forces de sécurité à Kinshasa et 39 emprisonnés. Une vidéo qui circule sur le net, montre un camion ouvert plein de cadavres sanglants. (le 31/12/2013 l’AFP donne un bilan total de 140 civils tués à Kinshasa et Lubumbashi- ndlr).

Les premiers rapports disent que que les assaillants  avaient annoncé la « libération du Congo des Rwandais » à  la télévision d’Etat RTNC. Ce message n’a pas été  réitérée par la suite. Cette revendication semble se référer à l’accusation que certaines forces politiques lancent contre Kabila d’être un ressortissant rwandais.

1* . Version publiée: Le prédicateur patriotique illuminé Mukungubila dont les  les assaillants «libérateurs» seraient les adeptes, est un chef de culte évangélique du Katanga, où il y a des nombreux de ce genre – la plupart du temps partisans du président Kabila. Joseph Mukungubila Mutombo mène une église appelée "Ministère de la restauration" et ilse fait appler le "prophète de l’éternel" et il se réfère pour cela à deux versets bibliques.

Le premier,  Isaïe 61, 1-2: «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que il m’a oint. Il m’a envoyé pour prêcher aux humbles, pour guérir le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, prêcher pour réconforter tous ceux qui pleurent la venue de l’année de grâce du Seigneur et le jour de vengeance de notre Dieu, ". et la deuxième aux actes 3, 19-21: "Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la présence du Seigneur……

Mukungubila est né, comme nous le lisons sur Internet, en 1947 à Kisala (Nord-Katanga, la région d’origine de la famille Kabila, avec qui il est censé être, selon une version, lié par des liens de famille) . En 1977 Dieu lui avait rendu visite deux fois et puis il avait fondé son église. En 2006, il rejoint l’élection présidentielle au Congo en 2006 comme indépendant et il s’est présenté sous la bannière «L’élu de Dieu» (Le choix de Dieu) obtenant officiellement 59 228 votes (0,35%) -.

Depuis, il diffuse ses prises de positions politiques sur son site Internet où il va s’attaque  ouvertement au  Rwanda et de toute influence rwandaise suspectée au Congo .

Par exemple, il y  a  écrit une lettre ouverte de Novembre 1996 (le début des guerres du Congo) au dictateur zaïrois Mobutu, dans laquelle il protestait contre les visées du Rwanda  à dominer le pays. Dans des tons millénaristes,  il met en garde contre l’occupation et envisage une armée professionnelle ;  il écrit entre autre  "elle doit fonctionner selon la volonté de l’éternel »".  .  Dans une autre lettre ouverte, le plus en deux parties 5 et 27 Décembre a été publié en 2013, Mukungubila s’insurge contre l’intégration des rebelles du M23 dans l’armée, affirmant qu’il a des soldats rwandais qui prenne position partout dans le pays  - à Lubumbashi, Kindu, Kisangani, Kananga. "Chers compatriotes,  écrit-il, «Nous connaissons tous ces intrigues. Par conséquent, M. Kagame, avec lequel il a menacé la vie du peuple congolais, doit arreter son jeu » conclut-il avec l’appel suivant, qui contient une menace:« La communauté internationale doit nous aider à faire partir  tous les Tutsis rwandais qui sont déversés sur notre région. Les éloigner rapidement est necessaire. Les éloigner immédiatement! Le dernier mot est réservé donc au Seigneur dans le ciel, le propriétaire de la victoire. Nous sommes maintenant prêts à honorer le Dieu éternel pour chanter et danser. " .

On peut supposer que Mukungubila n’est pas juste un électron libre, mais qu’il sert de porte-parole pour une certaine ligne politique, dont le contenu doit être suffisamment clair.

Sa lettre ouverte datée du 5 et 27 Décembre fait reference comme par  pure coïncidence presque à tous les lieux où il a eu des combats aujourd’hui.

Mukungubila a répondu à des événements d’aujourd’hui. Dans un communiqué publié sur Facebook il écrit: Le dimanche soir, 29 Décembre j’ avais distribué aux «enfants» à Lubumbashi des exemplaires de ma Lettre ouverte citée ci-dessus. Ils les ont arrêtés et le lendemain matin, la maison d’un de ses partisans avaient été attaqués à Lubumbashi et  il y avait eu plusieurs morts. Nous avons demandé à la MONUSCO, la mission de l’ONU en RDC,  d’intervenir mais en vain. En signe de protestation, les disciples du Prophète s’étaient ainsi soulevés dans plusieurs villes.  Le Porte-parole de son église ont nié dans des interviews télévisées qu’ils étaient derrière les attaques. "Nous n’avons pas d’armes, nous avons Dieu", a déclaré un porte-parole. L’église elle-même ne faisait que répondre aux attaques contre leur prophète à Lubumbashi.

A en croire cela, Mukungubila serait plus puissant et mieux connectés que le M23 et tous les autres mouvements rebelles du pays. Peut-il être vrai ? Mais comment justifier tous les évenements d’au jour d’hui ?

2. Ce qui est important de souligner ces sont les luttes de pouvoir non résolus au sein du pouvoir kabiliste à Kinshasa. Rappelons que le Président Kabila, dans son discours à l’issue de la concertation nationale le 23 Octobre 2013,  avait annoncé un vaste mais indéfinis et  vague ensemble de réformes. Y compris un nouveau exécutif, un "gouvernement de cohésion nationale» (Gouvernement de la cohésion nationale), élargi à  l’opposition et la société civile; ainsi que d’autres ouvertures  dans les entreprises publiques et services de l’Etat. Initialement il avait donné l’impression que ces changements aller se passer  cette année (2013).

Les  journaux de Kinshasa ce sont régulièrement plaint du retard qui prenaient les reformes ainsi que de l’inertie dans laquelle était placées les institutions de l’Etat.

Cela a été causé par le retard enregistré dans les  négociations avec le mouvement rebelle M23, qui ont abouti à un accord  de paix signé seulement le  12 Décembre 2013. En attendant, les hypothèses les plus folles circulent. Comme celle qui concerne le général François Olengha, qui est considéré comme l’un des artisans de la victoire des FARDC de l’armée nationale contre les rebelles, qui serait nommé désormais chef d’état-major à la place du général Etumba. Le chef intérimaire de la police, le général Bisengimana, enfin confirmé à la place qu’il occupe depuis 2010 à la place de l’ancien chef de la police, John Numbi, suspendu  en raison de sa prétendue implication dans l’assassinat du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya. Dans cette vague de changement Matata Ponyo, Premier ministre, serait obligé de quitter son bureau en faveur d’un représentant de l’opposition politique, ou même en faveur d’une personnalité de l’entourage présidentiel … Toutes ces questions empoissonnent l’atmosphere politique à Kinsahsa.

 Le dimanche 29 Décembre . un certain nombre de remaniements ont été annoncés au sommet de la police – pour commencer.

Et en effet, le général John Numbi a finalement perdu son poste – il  était suspendu depuis trois ans et demi - en faveur du général Charles Bisengimana.

Et entre autres choses, on a nommé le nouveau chef de la police à Kinshasa brigadier Célestin Kanyama.

Bisengimana, fils de l’ancien chef de cabinet de Mobutu Barthélémy Bisengimana, vient de la fois puissante famille tutsie dans le pays, avec une ferme dans le Masisi et beaucoup d’influence. Il est considéré comme un lien crucial entre le président Kabila et les Tutsis de l’est du Congo, qui n’ont pas milité dans le M23. Bisengimana s’était mis en exergue  fin 2011 pour réprimer les manifestations à Kinshasa contre la fraude électorale. Son ascension formelle offusque beaucoup de "patriotiques" congolais qui la rejettent…( il sied de rappeler les massacres du 26 novembre 2011 le dernier jour de la campagne électoral à l’aéroport de Ndjili).

Kanyama, un ancien policier de Mobutu province de Kasai, qui a été viré à la dernière seconde avant la chute de Kinshasa en 1997 ,  est surnommé à Kinshasa "Esprit de la Mort"Kuluna qui ont lieu à Kinshasa pendant plusieurs semaines, ont coûté de nombreuses vies(12 exécutions extrajudiciaires ndlr).

Kanyama est en partie responsable de certains assassinats politiques mystérieuses à Kinshasa et aussi de la  disparition et l’arrestation de l’opposant Diomi Ndongala, leader de l’opposition congolaise de la Démocratie Chrétienne gravement malade en prison, récemment hospitalisé en urgence et enlevé des urgences par un commando militaire le 28/12/13 à 23h00 pour être de nouveau emprisonné, au risque de sa vie, après un avc qui n’a pas été soigné.

Kanyama  était également impliqué dans la repression  de la police contre l’opposition après les élections de 2011.

Ces cercles de perdants des nouvelles nominations tous du nord Katanga comme John Numbi , cercles auxquels appartient aussi le "prophète" Mukungubila, auraient pu s’allier.

Le risque pour certaines personnalité  de perdre le pouvoir et l’influence si le président Kabila fait une ouverture politique, est bien établi. Mais au dela des personnalité de l’appareil étatique et de sécurité qui risquent d’être marginalisés, d’autres structures de pression sont apparu dernièrement, comme la milice Maï-Maï, qui commette régulièrement des campagnes terroristes contre la population civile dans le nord du Katanga, la "Bakata Katanga", selon le slogan d’une sécession du Katanga, ce sont à plusieurs reprises attaqué à Lubumbashi et à d’autres villes, et chaque fois ils ont pu rapidement et mystérieusement disparaître ; d’autres groupes de pression sont les églises protestantes, comme celle des «prophètes» Mukungubila

La référence à ces groupes est bien souvent considéré comme une théorie du complot classique à Kinshasa. Le souci d’exhaustivité de notre analyse  veut qu’au dela des groupes de pression mentionné soient cité aussi d’autres élements à prendre en compte pour justifier les récentes déstabilisations:

La lutte pour le pouvoir à la tête de l’armée FARDC affecte également le chef de l’armée limogé Amisi (Tango Fort), qui avait dirigé l’armée au moment où elle allait de  défaite en défaite contre le  M23.

Il a été accusé d’ avoir vendu des armes aux rebelles et aux milices dans l’est du Congo. Amisi n’est pas seulement un vieil ami des anciens chefs rebelles Laurent Nkunda, mais aussi un  de collègue du Général  Kanyama dans la formation militaire à l’École Kananga général de 1990. Amisi et Kanyama seraient entré dans l’ AFDL de Laurent Désiré Kabila en 1997, peu de temps avant la prise de Kinshasa. Depuis quelque temps, circulent maintenant des rumeurs selon lesquels Amisi et ses partisans dans l’armée préparaient un coup d’État et ce matin 30/12/13  certaines sources speculaient sur la préparation d’un coup d’Etat par l’ancien chef d’Etat-major de l’Armée de Terre.

 Quelle est la verité? Une révolte des aigris anti-rwandais? Un coup de semonce du pouvoir de l’élite du Katanga proches du  président Kabila? Une tentative de coup d’Etat par un général déchu avec des complicités dans l’appareil? Ou tous ensembles? Ou rien de tout cela et simplemant un montage de l’appareil d’Etat pour justifier la répression des opposants et d’autres personnalités derangeantes? Personne ne peut le dire avec certitude. 

Pour chaque théorie, il y a  des arguments valables à évoquer. Aucun d’entre eux doit être consideré comme absolu. Quoi qu’il en soit, les objectifs énoncés publiquement à la RTNC pour justifier le coup n’ont pas été atteints. Peut-être les véritables objectifs restent, cependant, très bien cachés.

 TRADUCTION LIBRE DC VIA GOOGLE

de Dominic Johnson

http://blogs.taz.de/kongo-echo/2013/12/30/ein-operettenputsch-zum-jahresende/

 

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 Cette vidéo donne un témoignage à "chaud" de l’implication de certains collaborateurs de haut- gradés dans  les évènements du 30/12/2013. Le militaire que la donne le fait avec extrême spontanéité, citant la présence de gardes du corps et chauffeurs de généraux en fonction parmi les assaillants du 30/12/2013. Ecoutez le témoignage:

 

http://www.youtube.com/watch?v=w5OvdPb52N0&feature=share

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Violences en RDC: le général Numbi nie toute implication et conteste les propos de la RTBF

Belga 

 
International Il reproche à la RTBF de n'avoir " à aucun moment cherché à prendre contact" avec lui.

L'ancien chef de la police congolaise, le général John Numbi, a démenti mardi par le biais de son avocat bruxellois toute implication dans les attaques menées lundi contre plusieurs sites importants dans trois villes de la République démocratique du Congo (RDC), dont la capitale, Kinshasa. Le général Numbi "conteste avec la plus grande vigueur et fermeté toute implication quelconque dans ces événements", a-t-il affirmé dans un communiqué adressé à l'agence BELGA.

L'ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise (PNC) réagissait à un commentaire diffusé par la RTBF-télévision lundi soir et qui le citait comme "l'un des commanditaires potentiels" des attaques qui ont fait plus d'une centaine de morts dans plusieurs villes de RDC.

"Tant les propos tenus lors du reportage de la RTBF que le montage des images diffusées lorsque ces propos étaient tenus ont un caractère calomnieux et diffamatoire", ajoute cet ancien proche du président Joseph Kabila.

Il reproche également à la RTBF de n'avoir "à aucun moment cherché à prendre contact" avec lui, ce qui constitue à ses yeux "un manque grave à la plus élémentaire déontologie journalistique", dans ce communiqué transmis par l’intermédiaire de son avocat, Me Emmanuel De Wagter.

Le général Numbi a été suspendu après sa mise en cause dans l'assassinat au printemps 2010 du directeur exécutif de l'ONG de défense des droits de l'Homme, La Voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya Bahizire, et de son chauffeur, Fidèle Bazana Edadi. Il a été révoqué samedi par le président Joseph Kabila qui a nommé le général Charles Bisengimana pour lui succéder.

Les militaires belges de Kindu pas inquiétés

La petite trentaine de militaires belges déployés près de Kindu, le chef-lieu de la province du Maniema (est de la République démocratique du Congo) n'ont pas été inquiétés par l'attaque menée lundi par des assaillants armés contre l'aéroport de cette ville, a-t-on assuré mardi de source militaire. Un petit contingent belge séjourne depuis des mois à Kindu où des instructeurs belges ont assuré par périodes, depuis 2008 et jusque fin novembre, la formation de trois bataillons d'élite (les 321ème, 322ème et 323ème) de l'armée congolaise, affectés Unités de réaction rapide (URR) des Forces armées de la RDC.

Après le retour en Belgique du gros des troupes - jusqu'à 250 militaires belges - un petit détachement est resté sur place pour fournir un appui à la rénovation du camp de Kindu, un projet baptisé Famiki dans le cadre du Programme de Partenariat militaire (PPM) belgo-congolais. Ce camp est rénové avec des crédits de la Coopération au Développement belge. La main d'oeuvre est fournie par des militaires du génie congolais formés au cours des dernières années par la Belgique.

Cette trentaine de personnes n'ont pas été inquiétées par l'attaque menée lundi contre l'aéroport de Kindu, situé à une quinzaine de kilomètres du camp, a indiqué un porte-parole militaire interrogé par l'agence Belga.

Selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, "à Kindu, un petit groupe de rien du tout a essayé de désarmer deux ou trois gardes au niveau de l'aéroport, ils ont été neutralisés". "Donc il n'y a pas eu d'événement majeur", avait-il affirmé lundi lors d'une visite sur les sites ciblés par des attaques à Kinshasa.

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RDC - Paul-Joseph Mukungubila : "Ils nous ont massacrés pour rien"

Le pasteur Paul-Joseph Mukungubila. Le pasteur Paul-Joseph Mukungubila. © DR

Vingt heures après les attaques simultanées de ses "frères" à Kinshasa, Lubumbashi, et Kindu, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila livre à Jeune Afrique sa lecture des événements du 30 décembre. Il accuse notamment les autorités congolaises d'avoir "massacré" ses adeptes alors qu'ils n'étaient pas armés, selon lui. Interview.

Plus de 100 personnes tuées en une journée. Kinshasa a revu à la hausse, le 31 décembre, le bilan des attaques de la veille dans la capitale congolaise mais aussi à Lubumbashi et à Kindu commises par un groupe de personnes se réclamant du pasteur Paul-Joseph Mukungubila, candidat malheureux à la présidentielle de 2006 en RDC (0,35% au premier tour).

Joint au téléphone par Jeune Afrique, l'investigateur présumé des attaques du 30 décembre s'est dit d'emblée "affecté" par ce lourd bilan. Paul-Joseph Mukungubila, père de "10 ou 12 enfants" (il ne se rappelle plus du "nombre exact"), soutient toutefois qu'il n'y a pas eu de préméditation de la part de ses "frères" qui ont attaqué les différents sites à Kinshasa (le siège de la télévision nationale congolaise, l'aéroport de N'djili et l'état-major de l'armée) et dans les autres villes du pays.

Jeune Afrique : Les personnes qui ont attaqué certains sites, le 30 décembre, à Kinshasa ont déclaré agir en votre nom. Vous reconnaissez-vous dans ces attaques ?

Paul-Joseph Mukungubila : mes frères ont agi ainsi parce que je venais d'être attaqué pour la cinquième fois par le pouvoir en place à Kinshasa. Il me reproche d'avoir écrit récemment deux lettres ouvertes dans lesquelles je dénonce l'imposture de Kanambe [nom attribué à Joseph Kabila, président de la RDC, par certains de ses détracteurs qui ne lui reconnaissent pas la nationalité congolaise, NDRL]. Celui qui est à la tête du pays n'a jamais digéré ma candidature à la présidentielle de 2006 parce qu'il craignait que je dévoile sa vraie identité. Il sait très bien que je suis le frère de Laurent-Désiré Kabila, l'ami de son père. Ce qui s'est passé le 30 décembre était commandité par le pouvoir. Avant-hier [le 29 décembre], les forces de l'ordre ont arrêté des enfants, accusés de distribuer ces lettres ouvertes. Puis, elles ont encerclé la maison d'un autre frère, avant d'attaquer ma résidence à Lubumbashi. C'est ainsi que, pris de colère, mes frères ont attaqué les différents sites à Kinshasa et à Kindu. Ce n'était pas prémédité. Mais un mouvement de colère par des civils non armés.

Pourquoi avoir envoyé vos "frères" dans cette entreprise qualifiée de "suicidaire" par le gouvernement congolais, vu leur nombre et leurs armes.

Nous nous considérons déjà comme morts.

Je ne les ai pas envoyés. C'était un mouvement spontané. Mes frères ont réagi par la colère pour démontrer à cet homme [Joseph Kabila] ce dont nous sommes capables. De toutes les façons, nous nous considérons déjà comme morts.

Le bilan est lourd. Plus de 100 morts selon Kinshasa…

Je suis complément dépassé. Ils nous ont massacrés pour rien. Mes frères étaient en civil et sans armes.

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que les attaques du 30 décembre auraient un rapport avec le récent réaménagement à la tête de la police nationale congolaise ?

Je n'ai pas de problème avec Charles Bisengimana [récemment confirmé chef de la police nationale congolaise, en remplacement du général John Numbi, NDRL]. Mon problème, c'est celui qui se trouve à la tête du pays. Il ne faut pas chercher à changer de sujet.

Étes-vous en contact avec les miliciens indépendantistes Kata Katanga ?

Nullement. Dieu m'a donné la mission de défendre l'ensemble du Congo et non celle de le couper en morceaux.

On vous suspecte pourtant de recruter vos adeptes parmi les anciens miliciens maï-maï démobilisés ?

Ceux qui ont attaqué les différents sites à Kinshasa ne sont pas des anciens miliciens, mais de jeunes gens, étudiants, commerçants. Toutefois, il n'est pas interdit aux anciens combattants maï maï de se convertir et de croire en Dieu. Ils sont les bienvenus dans mon église pour apprendre la parole de Dieu.

Kinshasa dit que vous avez fui. Où êtes-vous en ce moment ?

(Rires). Non, je ne peux pas répondre à cette question pour des raisons de sécurité.

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Propos recueillis par Trésor Kibangula


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : RDC | RDC - Paul-Joseph Mukungubila : "Ils nous ont massacrés pour rien" | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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Au coeur des attaques qui remettent en cause le pouvoir Kabila

PAR Direct.cd

congo_2777437bLes forces armées congolaises ont repoussé lundi une série d’attaques quasi-simultanées dans la capitale Kinshasa et dans d’autres villes du pays, dans des échanges de tirs nourris qui ont fait au moins 70 morts parmi les assaillants anti-gouvernementaux dans ce qui s’apparente à un véritable coup de force. Le ministère congolais de la Défense a annoncé lundi soir que les forces armées contrôlaient « totalement » la situation. Au total, plus de 70 assaillants et trois militaires – dont un officier supérieur – ont été tués, et deux civils ont été blessés à l’aéroport de Kinshasa, a précisé à l’AFP le porte-parole gouvernemental Lambert Mende. Les autorités ont également indiqué que 52 « terroristes » avaient été tués et 39 capturés rien qu’à Kinshasa. Une partie de ces assaillants s’est réclamée du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo – opposant au chef de l’Etat Joseph Kabila.

Tour à tour, les assaillants, munis d’armes et de machettes ont attaqué le siège de la télévision nationale, l’aéroport international et la base de l’état-major militaire dans la capitale congolaise. Des attaques ont aussi été signalées à Lubumbashi, la deuxième plus grande ville du pays, et à l’aéroport de Kindu, capitale de la province diamantifère du Maniema, où des troupes de la Mission de l’ONU (Monusco) ont riposté face aux agresseurs, selon Martin Nesirky, un porte-parole de l’ONU. M. Mende a souligné qu’un bilan plus précis serait communiqué mardi « le temps de compiler les données » sur les trois villes qui ont été attaquées: Kinshasa, Lubumbashi, capitale de la riche province du Katanga (sud-est), et Kindu. Aucun détail n’avait encore filtré en début de soirée sur le mode opératoire de ces attaques qui ont pris la population congolaise par surprise.

C’est en regardant la télévision nationale lundi matin, où des assaillants en armes et avec des machettes ont réclamé la lecture d’un communiqué anti-gouvernemental, que les Congolais ont réalisé qu’une attaque était en cours. Peu après, les programmes ont été interrompus. Joseph Kabila A l’antenne, une partie des assaillants à Kinshasa se sont clairement réclamés du pasteur Mutombo, candidat à la présidentielle de 2006, remportée par l’actuel chef de l’Etat, Joseph Kabila. Les deux hommes sont originaires du Katanga, où se trouve actuellement le président Kabila. Mutilations de cadavres Juste quelques instants plus tard, des tirs ont résonné à l’aéroport international de Ndjili et à l’état-major général à Kinshasa.

A Lubumbashi, des tirs ont également été entendus, tout comme à Kindu, où l’aéroport a été ciblé par des assaillants. Une source proche du pouvoir a évoqué des « attaques bien orchestrées à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu », sans toutefois donner davantage de précisions. « Des affrontements » ont opposé « les forces du gouvernement et des éléments armés non identifiés », a déclaré lundi soir Martin Nesirky. La Monusco, dont un employé congolais a été blessé à l’aéroport de Ndjili, a placé ses troupes en état d’ »alerte » dans les trois villes attaquées, a-t-il ajouté.

A l’aéroport de Kinshasa, un journaliste de l’AFP a dénombré 24 corps d’assaillants. Ils étaient tous en tenue civile et étaient âgées d’une vingtaine d’années. Des habitants ont mutilé leurs corps, prélevant leur sexe, vraisemblablement à des fins mystiques. Alors qu’un bandeau déroulant sur la RTNC indiquait que l’aéroport était désormais « rouvert aux vols nationaux et internationaux », les compagnies aériennes annonçaient la suspension de leurs vols en raison de « l’insécurité », ont indiqué à l’AFP deux agences gérant les vols.  Le « prophète de l’Eternel » Le pasteur Mukungubila Mutombo, qui s’est surnommé « prophète de l’Eternel », est originaire, comme M. Kabila, du Katanga, poumon économique du pays.

Dans une lettre ouverte datée du 5 décembre, il a dénoncé une mauvaise gestion du pays et tenu un discours haineux contre le Rwanda voisin, dont il a rappelé les agressions contre la RDC et avec lequel, selon le pasteur, le chef de l’Etat pactise. Vers 09h00 GMT, « il y a eu des crépitements de balles » près de la résidence (à Lubumbashi) du +prophète+ Joseph Mukungubila », a déclaré à l’AFP Timothée Mbuya, président de l’ONG des droits de l’Homme Justicia. Il a précisé plus tard que des tirs à l’arme lourde avaient ciblé la maison et l’église du pasteur, et qu’une de ses églises avait été visée à Kolwezi, au sud de Lubumbashi.

A Kinshasa, entre 09h00 et et 10h30 (09h30 GMT), une journaliste a entendu plusieurs tirs d’arme lourde. Un chauffeur de taxi a pour sa part évoqué « plusieurs tirs d’arme lourde, six à sept tirs ». Selon lui et un autre habitant, ces tirs étaient localisés vers l’état-major général. Les attaques menées à Kinshasa sont liées, selon le porte-parole du gouvernement, M. Mende, qui accuse les assaillants d’avoir mené une « agression » visant à terroriser la population. Une source gouvernementale a affirmé que les assaillants étaient tous des « adeptes du pasteur Mukungubila ». En fin de journée, le calme était revenu à Kinshasa et Lubumbashi, où un important dispositif sécuritaire a été déployé. La situation s’était aussi normalisée à Kindu, selon la Monusco. Selon une source gouvernementale, « une bonne moitié des assaillants (…) a été neutralisée (arrêtée ou tuée) » et « les autres ont pris la fuite en traversant le fleuve (pour rejoindre le Congo voisin) ou en se dispersant dans Kinshasa ». Source : Avec AFP et Agences 

Un article de Direct.cd Lisez la version originale ici: Au coeur des attaques qui remettent en cause le pouvoir Kabila | Direct.cd

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Qui est Joseph Mukungubila, présumé instigateur de l’attaque contre la RTNC

 

Qui sont donc les assaillants de la RTNC et de l’aéroport de Kindu ? Officiellement, leur identité sera connue après l’enquête initiée le lundi 30 décembre par la police. Mais lors de leur incursion sur le plateau de la télévision nationale, ils ont cité le nom du prophète Mukungubila. A Kindu, les assaillants qui sont tombés sous les balles des forces de sécurité à l’aéroport portaient des T-shirts à l’effigie de Paul-Joseph Mukungubila. Et c’est dans le quartier Kabulameshi où il réside à Lubumbashi que les forces de sécurité ont lancé l’assaut le lundi. Qui est donc ce personnage ?

Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo est surnommé par ses fidèles “prophète de l’Eternel”. Il est à la tête de l’« Eglise du Seigneur Jesus-Christ » implantée notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kalemie.

Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2006, il se présente comme un opposant au régime de Joseph Kabila.

Dans ses interventions dans les médias, il dénonce régulièrement les tentatives de balkanisation de la RDC ainsi que le bradage et le pillage des ressources naturelles du pays par ses voisins.

Le prophète Mukungubila a signé le 5 décembre dernier, une lettre ouverte dans laquelle il a fait part de son amertume quant à la gestion du pays et a tenu un discours très critique à l’encontre du Rwanda.

En 2010, une manifestation des fidèles de Mukungubila avait été dispersée à Kinshasa non loin du siège des services des renseignements militaires.

L’enquête initiée par les services spéciaux de la police pourra déterminer s’il est impliqué ou pas dans les attaques d’hier.

radiookapi.net

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Chaude alerte à Kinshasa

Le carnet de Colette Braeckman

Chaude alerte à Kinshasa : trois attaques en des points stratégiques font 40 morts

« Plus de peur que de mal », ainsi que l’écrivait, un peu vite, un quotidien de Kinshasa, ou un sérieux avertissement au chef de l’Etat qui a du différer son retour de Lubumbashi, son avion n’ayant pu atterrir dans la capitale ?
Lundi matin, Kinshasa s’est à nouveau réveillée dans la peur, secouée par des coups de feu éclatant dans trois endroits différents, le siège de la RTNC (radio télévision nationale), l’aéroport de N’Djili et le siège de l’état major général.
En ces trois lieux, les affrontements ont été brefs, spectaculaires et violents. Vers 8 heures du matin, un groupe d’hommes en civil, armés de machettes et d’armes à feu, se sont introduits dans les studios de la RTNC. Alors qu’ils se glissaient derrière deux jeunes présentateurs, l’antenne fut coupée avant que les assaillants aient pu délivrer leur message. Les inconnus, qui brandissaient des machettes, ont occupé les lieux jusqu’à l’intervention de la police nationale. Au même moment, le quartier général de l’armée était attaqué à son tour ainsi que l’aéroport international de N’Djili, où les avions furent cloués au sol durant plusieurs heures.
Prise de panique, la population reflua en hâte vers les quartiers périphériques tandis que la police et l’armée se déployaient dans le quartier administratif de la Gombe, siège des principales institutions.
En fin de matinée, le ministre de l’ Information Lambert Mende déclara que les forces de l’ordre avaient repris le contrôle de la situation, précisant que les affrontements avaient fait une quarantaine de morts, 16 à l’aéroport, huit au siège de la RTNC, et 16 à l’état major général. Pour lui, cet assaut avait pour objectif premier « de terroriser la population à la veille de la nouvelle année, de semer la panique et la terreur. »
Les assaillants se seraient présentés comme des partisans du chef religieux Paul Joseph Mukungubila, qui s’était présenté aux élections présidentielles au Katanga et qui a installé à Kinshasa le siège de son église évangélique, le « ministère de la restauration ».
Le message que les assaillants auraient souhaité lire faisait allusion à ce pasteur qui avait vivement critiqué la position du gouvernement face aux rebelles du M23, accusant le pouvoir d’avoir signé un accord de paix avec les mutins et capitulé devant les Rwandais. Ce qui n’est précisément pas le cas parce que Kinshasa, se reposant sur sa victoire militaire, n’a signé aucun accord avec les rebelles défaits. Ces derniers se sont repliés en Ouganda où, selon certaines sources, ils auraient repris du service à l’occasion des récentes attaques dans la région de Beni.
A la mi journée, une autre attaque était signalée à Kindu dans la province du Maniéma où un groupe de Mai Mai, des combattants traditionnels, a pris d’assaut une base militaire proche de l’aéroport, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Ces combattants, dirigés par un certain Caesar qui fut tué lors de l’assaut, se réclamaient eux aussi du pasteur Mukulungubila. A Lubumbashi, des tirs ont éclaté autour de la résidence du religieux, tenu pour responsable des évènements de Kinshasa.
A l’analyse, même si ce dernier ne cachait pas son hostilité à l’encontre du pouvoir, il paraît douteux qu’il ait pu organiser une attaque simultanée en trois points stratégiques de la capitale, ce qui suppose des hommes, de l’argent et des complicités au plus haut niveau des services de sécurité.
L’origine de ces troubles serait plutôt à rechercher dans le camp des mécontents, grossi par plusieurs décisions récentes du chef de l’Etat : le week end dernier en effet, le général Charles Bisengimana, un Tutsi congolais Munyamulenge a été confirmé à la tête de la police nationale, un poste qu’il occupait par interim depuis la suspension du général John Numbi, accusé d’avoir été impliqué dans l ‘assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya. Le général Raus Chalwe, un fidèle du régime a été déplacé de son poste dans le Bas Congo pour devenir l’adjoint de Bisengimana tandis que le général Charles Kamanya, apprécié pour sa lutte contre la criminalité, a été nommé chef de la police pour Kinshasa. Ces nominations de personnalités de confiance, connues pour leur efficacité, ont suscité des mécontentements dans les rangs « katangais » où on attend toujours que soit choisi un Premier Ministre qui remplacerait l’actuel Matata Mponyo, toujours en affaires courantes…

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L'attaque de Mukungubila révèle l'échec de la cohésion nationale

Des soldats congolais se dirigeant vers le siège de la télévision d'Etat dans la capitale Kinshasa, le 30 décembre 2013.Avec une centaine d'hommes dans la capitale et quelques centaines encore à Lubumbashi et dans le Kindu, l'attaque de monsieur Mukungubila révèle encore le malaise du peuple congolais face à un pouvoir désormais en décalage par rapport à la volonté populaire. La cohésion nationale voulue par monsieur Kabila  est désormais un pieux rêve qu'il ne pourra jamais réaliser dans un pays où 9 Congolais sur 10 sont opposés à sa présence à la tête de l'Etat. L'attaque de ce 30 décembre est à mettre au passif d'un roi fainéant incapable d'assurer  le bien-être aux Congolais.

Monsieur Mende, le fameux ministre de l'information et porte-parole du gouvernement, connu pour ses mensonges récurrents, a parlé des gens armés de fusils AK-47 et munis de moyens de communication sophistiqués. Mais les travailleurs de la RTNC, témoins de l'attaque de cette entreprise de média public, eux, parlent des gens armés de machettes et des gourdins, incapables même de se servir des fusils abandonnés par quelques militaires en fuite, chargés de protection de cette entreprise de l'Etat.

Mais l'opinion retiendra que cette attaque intervient au lendemain de la nomination de monsieur Bisengimana, un sujet rwandais à la tête de la police nationale, en remplacement de John Numbi accusé par le peuple congolais pour avoir assassiné Floribert Chebeya, activiste des droits de l'homme et son chauffeur Mazana. Le peuple considère cette nomination comme une volonté de monsieur Kabila de naviguer à contre courant afin de renforcer la mainmise des Rwandais sur tout l'appareil de l'Etat. L'attaque du 30 décembre serait donc le point culminant du mécontentement du peuple depuis la mauvaise gestion de la guerre contre le M23, les trahisons successives de monsieur Kabila,  la signature des accords avec le M23 défaits par les armes et  l' emprisonnement sans motif valable de l'opposant Diomi Ndongala, bras droit du président Etienne Tshisekedi. 

Monsieur Kabila, que plusieurs considèrent comme le pantin des Occidentaux, ne pourra plus jamais diriger en toute quiétude le grand Congo aux dimensions continentales. La nomination des Rwandais aux postes-clés de nos institutions plutôt que de lui assurer une certaine sécurité va sûrement le précipiter dans une chute imminente. Car même sans armes sophistiquées, la volonté populaire finira par avoir raison de lui.

Lumbamba Kanyiki

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30 décembre 2013

Kinshasa : bilan en hausse, 52 assaillants tués dans les attaques contre trois sites stratégiques

 
(Avant-plan, 2e en partant de la droite), le général François Olenga, chef d’état-major de l’armée de terre conduisant des officiers supérieurs des FARDC à la RTNC attaquée le 30/12/2013 par des jeunes gens munis d’armes blanches. Radio Okapi/Ph. John Bompengo(Avant-plan, 2e en partant de la droite), le général François Olenga, chef d’état-major de l’armée de terre conduisant des officiers supérieurs des FARDC à la RTNC attaquée le 30/12/2013 par des jeunes gens munis d’armes blanches. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les attaques menées ce lundi 30 décembre dans la matinée au siège de la radiotélévision nationale congolaise (RTNC), à l’aéroport de N’djili et au siège de l’état-major de l’armée congolaise à Kinshasa ont fait 52 morts dans les rangs des assaillants, trois membres des forces de sécurité ont été tués, trente neuf assaillants ont été capturés et neuf civils blessés, selon un bilan actualisé livré par le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende dans la soirée au cours du journal télévisé de la RTNC. Il n’a en revanche pas été en mesure d’avancer des chiffres pour les villes de Lubumbashi et Kolwezi, dans le Katanga et celle de Kindu dans le Maniema qui ont aussi été attaquées par des assaillants qu’il n’a pas identifiés.

Quinze assaillants ont été tués au siège de la télévision publique, la RTNC, à Kinshasa, 15 autres capturés, et deux membres des forces de sécurité sont morts sur ce site, a indiqué Lambert Mende. La RTNC a montré dans son édition du journal de 20 heures des armes notamment de marque AK-47, des munitions et des appareils de radiocommunication Motorola trouvés sur les assaillants, selon M. Mende.

Peu après 8 heures 30, des jeunes gens surexcités en tenue civile dont un transpirait abondamment ont investi le plateau de la télévision et intimé l’ordre aux deux présentateurs de l’émission “Le Panier” de répéter la phrase ” Mukungubila, c’est le roi de ce pays, Géo Mukungubila notre libérateur” avant que le signal ne soit coupé. Candidat malheureux à la présidentielle de 2006, Paul Joseph Mukungubila est un leader d’une église évangélique très engagé en politique.

Les forces de l’ordre ont ensuite quadrillé le périmètre de la RTNC et délogé les assaillants que Lambert Mende n’a pas identifiés. D’après lui, leur identité sera connue après l’enquête qui vient d’être initiée, soulignant que le gouvernement ne peut pas « se fier aux rumeurs ».

Il a précisé que seize assaillants ont été tués au Camp Tshatshi, siège de l’état-major de l’armée, un autre a été capturé et qu’un militaire a trouvé la mort dans l’attaque de cette garnison.

A l’aéroport international de N’djili, également attaqué ce matin, vingt-et-un assaillants ont été tués, sept capturés, deux blessés grièvement et deux civils blessés.

Le porte-parole du gouvernement n’a en revanche pas donné le bilan des attaques sur l’aéroport de Kindu qu’il a qualifiée de « mineure » et dans les villes de Lubumbashi et de Kolwezi qui ont été, d’après lui, « un peu plus sérieuses ».

Dans l’après-midi, le calme était revenu à Kinshasa mais les principales artères de la ville ne connaissaient pas leur affluence habituelle, les habitants préférant rester chez eux.

radiookapi.net

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Coup d’Etat permanent à Kinshasa, il n’y rien à signaler, circulez!

Congoone
Écrit par Raymond LUAULA

La kabilie adore jouer à se faire peur. La stratégie de coup d’Etat permanent a encore une fois de plus été actionnée. Le message à décoder est toujours le même : le pouvoir contrôle la situation.
Quelques heures après des coups de feu tirés ce lundi matin à Kinshasa par des inconnus ( ?) qui avaient occupé la très officielle Radio télévision nationale congolaise (RTNC), Mende Omalanga s’est invité sur la même chaine « occupée » pour inviter les Kinois à vaguer à leurs occupations, comme si rien ne s’était passé.
Sans expliquer ce qui venait de se passer dans la ville-capitale, Mende s’est contenté de souligner que des assaillants, qu’il a qualifiés des terroristes, avaient attaqué ce lundi matin le bâtiment de la RTNC, l’aéroport de Ndjili ainsi que l’Etat-major de l’armée au camp colonel Tshatshi! Selon le porte-parole du gouvernement Kabila, une quarantaine d’assaillants armés (en tout et pour tout) des machettes et de fusils ont été tués par les forces de sécurité.
Curieux tout de même, cette fois-ci, les assaillants ont été assez gentils pour ne pas attaquer la résidence du fermier de Kingakati comme ce fut le cas lors de l’attaque attribuée aux hommes de Faustin Munene le dimanche 27 février 2011.
On se souviendra de ce que rendant compte de ladite attaque, Mende Omalanga, encore et toujours lui, avait affirmé le dimanche 27 février 2011 que six assaillants avaient été tués et que d’autres s’étaient enfouis dans les faubourgs de Kinshasa où ils étaient poursuivis par la garde présidentielle.
Quelques mois après, Kabila Kabange faisait exécuter douze de ses gardes du corps « impliqués » dans ce qui fut présenté comme une tentative de coup d’Etat alors qu’il n’en était rien (lire à cet effet Congoone dans son édition du 9 mars 2011).
Que cet ultime épisode de coup d’Etat permanent intervienne à la veille de la nomination des chiens de garde de la kabilie au sommet de la police nationale, Bisengimana, en qualité d’inspecteur divisionnaire en remplacement de John Numbi dont il assumait l’intérim depuis trois ans, avec Raus Chalwe comme adjoint, et Kanyama comme responsable de la Ville de Kinshasa en remplacement du général Oleko ; cette tentative de coup d’Etat ne peut que rappeler le remake « des mutins de la Voix du Zaïre » dont le régime de l’Aigle de Kawele avait habitué les ex-Zaïrois. Le coup de théâtre de ce matin se veut donc un message destiné à la consommation intérieure : après la neutralisation convenue du M23, Kabila reste seul maître à bord.
Au lieu d’en rire, il faut plutôt en pleurer, car pendant que la kabilie joue à se faire peur, le pays est piloté à vue sans aucune perspective d’avenir si ce n’est la folie de la conservation du pouvoir.
En attendant de connaitre, peut-être un jour, l’identité des assaillants (que certaines spéculations font passer pour des adeptes du gourou Paul Mukungubila) ainsi que leurs revendications, on ne serait pas surpris d’apprendre un de ces quatre matins que ceux qui auraient été appréhendés auraient avoué qu’ils auraient été commandités par Faustin Munene et que leurs actions auraient été financées par Honoré Ngbanda. C’est en tout cas la dernière version qui a été mise en exergue au procès des assaillants de la résidence du fermier de Kingakati en février 2011, qui se déroule à l’ex-prison centrale de Makala à Kinshasa et qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets.

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